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f 



SOCIÉTÉ 

BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



FASCICULE 



LIÈGE 
IMPRIMERIE L. GRANDMONT-DONDERS 



SOCIÉTÉ 

BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



BULLETIN 
II] 



LIEGE 

IMPRIMERIE L. GRANDMONT-DONDERS 



THE NEW YORK 

PUBLIC LI3BABY 

ASTOK. UNOX AND 
TILDEN FGI'NDATIONS 
1^48 L 



SOCIÉTÉ 



DES 



BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



FONDÉE LE 13 MARS 1863 



Article 1 er . 

Une Société est fondée à Liège sous le nom de Société 
des Bibliophiles Liégeois. Elle publie les documents, soit 
manuscrits, soit imprimés mais devenus rares, concernant 
l'histoire politique et littéraire de l'ancien pays de Liège. 

Article II. 

La Société se compose de soixante- quinze membres rece- 
vant des exemplaires spéciaux de toutes les publications. 
Leur cotisation annuelle est fixée à vingt-cinq francs 
payables dans le mois de janvier. En cas de non payement 
après deux avertissements par écrit, ils sont censés démis- 
sionnaires. 



— 6 — 



Article III. 



La présentation d'un candidat doit être faite par trois 
membres. L'admission est décidée par bulletin secret et à 
la majorité absolue des suffrages. 



Article IV. 

Les réunions ont lieu sur la convocation du Secrétaire. 

Aucune mesure ne peut être adoptée si sept membres au 
moins ne sont présents. Les décisions sont prises à la 
majorité des voix. En cas de parité, la proposition est 
rejetée. Sur la demande de trois membres, on procède au 
scrutin secret. 

Article Y. 

Le Bureau se compose du Président, du Secrétaire, du 
Secrétaire-adjoint, du Trésorier et du Bibliothécaire. 11 est 
renouvelé tous les deux ans dans le courant du mois de 
janvier. Les membres sortants sont rééligibles. 



Article VI. 



Le Président veille à l'exécution du règlement, il dirige 
les travaux et les discussions des réunions. En cas d'absence 
du Président, le membre le plus âgé en remplit les fonctions. 



— 7 — 



Article VII. 



Le Secrétaire tient les procès-verbaux des séances et la 
correspondance. Il est chargé de la conservation des 
archives et du sceau de la Société. 

Il convoque les membres huit jours d'avance en indiquant, 
d'après les instructions du Président, les objets à Tordre 
du jour. 

Les procès-verbaux et décisions de la Société sont signés 
par le Président et le Secrétaire. Ce dernier signe les pièces 
qui n'impliquent aucune décision de la Société. 

Article VIII. 

Le Trésorier est chargé des recettes et des dépenses. Il 
n'effectue aucun payement que sur ordonnance signée par 
le Président. Il rend compte de sa gestion dans le courant 
du mois de janvier de chaque année. 

Article IX. 

Les publications se font par volumes ou fascicules et à 
des époques indéterminées. Chaque membre a le droit de 
présenter les documents qu'il croit utile de publier. La 
Société les adopte ou les rejette et fixe au besoin le rang 
de publication. 

L'éditeur du document est désigné par la Société. Il pourra 
y joindre une introduction et des notes. 

La Société n'assume point la responsabilité des opinions 
de ses membres. 



— 8 — 



Article X- 



Pour arriver à une exécution matérielle uniforme, le bon 
à tirer ne sera donné que sur le visa du Président et du 
Secrétaire. 

Chaque •volume porte sur le faux-titre : Société des 
Bibliophiles Liégeois et sur le titre le nom de son éditeur. 

Toute publication est imprimée à soixante-quinze exem- 
plaires destinés aux membres. L'éditeur a droit, en outre, à 
dix exemplaires sur papier ordinaire. La Société décide si 
l'ouvrage doit être mis dans le commerce et fixe, en ce cas, 
le chiffre du tirage. 

Tous les exemplaires sont numérotés. 



Article XI. 

Les modifications au règlement ne peuvent être adoptées 
qu'après avoir été proposées par trois membres dans deux 
séances consécutives et votées par les deux tiers des 
membres présents. 

Article XII. 

La Société ne peut être dissoute que par une décision, 
prise en assemblée générale convoquée à cette fin un mois 
d'avance. La résolution doit être votée à la majorité des 
trois quarts des membres présents. Ceux-ci décideront en 
même temps de remploi qui sera fait des exemplaires 
restant en magasin et de ravoir social. 



LISTE DES MEMBRES 



1886 



Fiess (Joseph), docteur en droit, bibliothécaire de l'Univer 
site de Liège; fondateur. Décédé le 19 août 1875. 
Frêsaut (Oscar), à Liège; reçu le 9 janvier 1876. 

2 
Helbig (Henri), homme de lettres, à Liège ; fondateur. 



Bormans (Stanislas), docteur en philosophie et lettres, 
membre de l'Académie royale de Belgique, adminis- 
trateur-inspecteur de l'Université de Liège ; fon- 
dateur. 

4 

Poiain (Mathieu), administrateur-inspecteur de l'Univer- 
sité de Liège, membre de l'Académie royale de 
Belgique ; fondateur. Démissionnaire le 17 février 
1871. Décédé le 4 avril 1872. 

Morren (Edouard), professeur à l'Université, à Liège, 
membre de l'Académie royale de Belgique ; reçu 
le 10 mars 1872. Décédé le 28 février 1886. 



— 10 — 
5 

Martial (Épiphane), avocat, à Liège ; fondateur. Décédé 
le 1 er juin 1880. 

de Pitteurs de Budingen (baron Léon), docteur en droit, 
à Liège ; reçu le 21 novembre 1880. 

6 

de Theux de Montjardin (chevalier Joseph), docteur en 
droit, à Bruxelles; reçu le 15 mars 1863. Décédé le 
16 juin 1868. 

Lohest (Pascal), à Liège; reçu le 10 mars 1872. 



de Sauvage (chevalier Félix), banquier, à Liège ; reçu le 
3 mai 1863. Décédé le 10 juin 1880. 

Body (Albin), archiviste et bibliothécaire de la ville de Spa ; 
reçu le 30 janvier 1881. 

8 

de Looz-Corswarem (comte Hippolyte), sénateur, à Liège ; 
reçu le 12 avril 1863. 

9 

de Theux de Montjardin (chevalier Xavier), docteur en 
droit, président de la Société des Bibliophiles de 
Belgique, à Bruxelles ; fondateur. 

10 
Francotte (Gustave), à Liège; fondateur. 



— Il — 

h 

Terry (Léonard), professeur au Conservatoire royal de 
Liège, membre de l'Académie royale de Belgique ; 
fondateur. Démissionnaire le 6 janvier 1871. 
Décédé le 25 juillet 1882. 

Matthieu (Jules), professeur et bibliothécaire de la ville 
de Verviers, à Andrimont (lez-Verviers) ; reçu le 
12 mars 1871. 

12 

Capitaine (Ulysse), conseiller provincial, à Liège; fonda- 
leur. Décédé le 31 mars 1871. 

de Limbourg (Philippe), propriétaire, à Theux; reçu le 19 
novembre 1871. 

13 

de Borman (chevalier Camille), docteur en droit, député 
permanent du Limbourg, à Liège; fondateur. 

14 

Wittert (baron Adrien), à Bruxelles ; fondateur. 

15 

de Chbstret de Haneffe (baron Jules), à Liège; reçu le 
15 mars 1863. 

16 

Goffart (Eugène), docteur en médecine, conseiller pro- 
vincial, à Liège; reçu le- 15 mars 1863. Décédé le 
22 février 1867. 



— 12 — 

de Renesse (comte Camille), à Liège; reçu le 10 avril 1870. 
Démissionnaire en 1873. 

de Luesemans (Charles), gouverneur de la province de Liège ; 
reçu le 12 janvier 1873. Décédé le 26 mars 1882. 

Demarteau (Joseph), rédacteur en chef de la Gazette de 
Liège; reçu le 10 avril 1882. 

17 
Fresart (Jules), banquier, à Liège; reçu le 12 avril 1863. 

18 

de Limburg-Stirum (comte Philippe), sénateur, à Liège; 
reçu le 12 avril 1863. 

19 

Smeets (Théodore), pharmacien, à Liège; reçu le 12 avril 
1863. Décédé le 6 septembre 1866. 

Hock (Auguste), à Liège; reçu le 19 avril 1868. 

20 

Grandgagnage (Charles), sénateur, président de l'Institut 
archéologique et de la Société de littérature wal- 
lonne, à Liège; reçu le 3 mai 1863. Décédé le 10 
janvier 1878. 

de Marneffe (Edgard), à Bruxelles; reçu le 24 novembre 
1878. Démissionnaire le 9 février 1881. 

Terme (Antonin), archéologue, à Liège; reçu le 4 décembre 
1881. 

21 

Dognée (Eugène), avocat, à Liège; fondateur. Démission- 
naire le 26 février 1865. 



— 13 — 

Grandmont (Alphonse), avocat, à Liège; reçu le 11 mars 
1866. 

22 

Daris (Joseph), chanoine de la Cathédrale et professeur au 
Séminaire de Liège ; fondateur. Démissionnaire le 
12 novembre 1867. 

Digneffe (Léonce), à Liège; reçu le 10 mars 1872. 

23 

Wauters (Hyacinthe), tanneur, à Liège ; reçu le 7 juin 

1863. 

24 

Van den Steen de Jehay (comte Xavier), à Bassinnes; 
reçu le 28 février 1864. Démissionnaire le 12 février 
1867. Décédé le 24 juillet 1885. 

Thts (Edouard), abbé, à Liège; reçu le 12 mars 1871. 
Décédé le 30 mars 1882. 

de Villenfagne de Sorinnes (baron Albert), à Liège ; reçu 
le 16 avril 1882. 

25 

Grandjean (Mathieu), docteur en philosophie et lettres, 
bibliothécaire de l'Université de Liège; fondateur. 

26 

Van der Haeghen (Ferdinand), bibliothécaire de l'Univer- 
sité de Gand ; reçu le 28 février 1864. 

27 

de Limburg-Stirum (comte Thierry), docteur en droit, 
sénateur, à Gand ; reçu le 28 février 1864. 



— 14 - 

28 

Vergauwen (François), sénateur, à Gand ; reçu le 28 février 

1864. Décédé le 12 juillet 1881. 
de Cartier de Marchiennes (baron Emile), château de Mar- 

chiennes; reçu le 4 décembre 1881. 

29 

de Kerckhove de Denterghem (comte Charles), représen- 
tant, à Gand; reçu le 17 avril 1864. Décédé le 21 
février 1882. 

de Sélys-Fanson (baron Robert), à Liège ; reçu le 16 avril 

1882. 

30 

Serrure (P.-C), professeur à l'Université de Gand, membre 
de l'Académie royale de Belgique; reçu le 17 avril 
1864. Démissionnaire le 9 janvier 1870. 

Couclet (François), graveur, à Liège; reçu le 12 juin 1870. 

31 

Raikem (Joseph), ancien ministre de la justice, procureur- 
général honoraire de la Cour d'appel à Liège ; reçu 
le 15 janvier 1865. Décédé le 25 janvier 1875. 

d'Oultremont de Warfusée (comte Théodore), château 
de Warfusée ; reçu le 7 février 1875. Décédé le 8 
octobre 1875. 

de Clermont (Guillaume), avoué, à Liège; reçu le 9 janvier 
1876. 

32 

Dereux (Mathieu), avocat, à Liège; reçu le 26 février 1865. 
Décédé le 15 février 1870. 



— 15 — 
Dbredx (Léon), avocat, à Liège; reçu le 13 mars 1870. 

33 

Chalon (Renier), docteur en droit, membre de l'Académie 
royale de Belgique, président de la Société royale 
de numismatique belge, à Bruxelles ; reçu le 21 
mai 1865. 

34 

Delhasse (Félix), homme de lettres, à Bruxelles ; reçu le 
21 mai 1865. 

35 

L'Université de Liège; reçue le 28 janvier 1866. 

36 

Carlier (Joseph), à Liège; reçu le 11 mars 1866. Décédé le 
10 mars 1876. 

Carlier (Hyacinthe), à Liège; reçu le 11 juin 1876. Décédé 

le 1 1 mai 1877. 
Orban de Xivry (Jules), à Stavelot ou au château de 

Gaillarmont (par Grivegnée, Liège); reçu le 18 mai 

1879. 

37 

Hagemans (Gustave), représentant, à Bruxelles ; reçu le 8 
avril 1866. Démissionnaire en 1875. 

de Limminohe (comte Léon), château de Gesves (Namur) ; 
reçu le 28 octobre 1877. 

38 

Poswick (Eugène), château d'Ingihoul (par Engis) ; reçu le 
8 mars 1868. 



- 16 — 



39 



S. A. R. Monseigneur le Comte de Flandre, à Bruxelles ; 
reçu le 10 mai 1868. 

40 

de Sélys-Longchamps (baron Edmond), sénateur, membre 
de l'Académie royale de Belgique, à Liège ; reçu le 
19 avril 1868. 

41 

de Hbmricourt de Grunne (comte Arthur), docteur en 
droit, sénateur, château de Hamal (par Tongres) ; 
reçu le 13 mars 1868. 

43 

d'Andrimont (Julien), sénateur, à Liège ; reçu le 10 avril 
1870. Démissionnaire le 17 février 1879. 

Van den Berg (Joseph); reçu le 21 novembre 1880. Démis- 
sionnaire le 31 janvier 1886. 

43 

L\ Société d'Histoire et d'Archéologie de Maestricht ; 
reçue le 8 mai 1870. 

44 

de Schoutheete de Tervarent (chevalier Amédée), con- 
seiller provincial, château de Moeland (S'-Nicolas- 
Waes) ; reçu le 8 mai 1870. 

45 

de Qoër de Hervé (baron Eugène), à Bruxelles ; reçu le 
8 mai 1870. 



— 17 — 

46 

Alexandre (Joseph), archiviste provincial, à Liège ; reçu le 
12 juin 1870. 

47 

de Croy-Dulmen (prince Alfred-Emmanuel), secrétaire de 
légation, au Roçulx (Hainaut) ; reçu le 6 novembre 
1870. Démissionnaire le 27 janvier 1882. 

Lohest (Herman), avocat, à Liège; reçu le 19 février 1882. 

48 

de Berlaymont (comte Guy), château de Bormenville (par 
Hamois-Condroz); reçu le 6 novembre 1870. 

49 

Delecourt (Jules), conseiller à la Cour d'appel, à Bruxelles ; 
reçu le 6 novembre 1870. Démissionnaire le 20 dé- 
cembre 1885. 

50 

La Bibliothèque Royale de Bruxelles ; reçue le 6 
novembre 1870. 

M 
Renier (Jean), professeur, à Verviers ; reçu le 8 avril 1883. 

52 

de Geradon (Charles), banquier, à Liège ; reçu le 20 mai 
1883. 

53 

Ophoven (Armand), à Liège; reçu le 20 mai 1883. 



— 18 — 

84 

Càrlier (Georges), à Liège; reçu le 20 mai 1883. 

55 

Schoolmeesters (Emile), curé-doyen de Saint-Jacques, à 
Liège; reçu le 20 mai 1883. 

56 

De Soer (Maxime), à Liège; reçu le 20 mai 1883. 

57 

van Eyll (baron Victor), château de Labaye (par Nandrin) ; 
reçu le 20 mai 1883. Démissionnaire en 1886. 

58 
Poswick (Jules), à Limbourg; reçu le 20 mai 1883. 

59 

Poswick (Prosper), château de Tihange (par Huy) ; reçu le 
20 mai 1883. 

60 

Frésart (Félix), banquier, à Liège ; reçu le 20 mai 1883. 

61 
Jamar (Edmond), architecte, à Liège ; reçu le 20 mai 1883. 

62 

de Lhoneux (Madame Gustave), à Huy ; reçue le 17 juin 
1883. 



— 19 — 

63 

Vierset-Godin (Emile), architecte, à Huy; recule 17 juin 
1883. 

64 
de Geloes (comte René), château d'Eysden; reçu le 17 juin 

1883. 

65 

de Villenfagne de Vogelsanck (baron Gaston), à Liège; 
reçu le 17 juin 1883. 

66 

Olivier (François-Jean), libraire, à Bruxelles ; reçu le 17 
juin 1883. Démissionnaire en 1886. 

67 

de Làmberts-Cortenbàch (baron Rodolphe), château de la 
Zangrie (par Bilsen); reçu le 17 juin 1883. 

68 

de Blanckart (baron Charles), docteur en droit, château de 
Lexhy (par Fexhe); reçu le 17 juin 1883. 

69 
Cormaux (Denis), imprimeur, à Liège ; reçu le 22 juin 1884. 

70 

Naveau (Léon), château de Bomershoven (par Tongres) ; 
reçu le 22 juin 1884. 



— 20 — 

71 

L'Hoest (Isidore), inspecteur chef de service au chemin de 
fer Nord-Belge, à Liège; reçu le 31 janvier 1886. 

72 
Wilmart (Charles), docteur en droit; reçu en juillet 1886. 

73 

L'Université de Louvain ; reçue le 12 septembre 1886. 



BUREAU POUR 1886 ET 1887 

Président. H. HELBIG, rue de Joie, 8. 

Secrétaire. M. GRANDJEAN, rue du Jardin Botanique, 21. 

Secrétaire-adjoint. J. ALEXANDRE, rue Volière, 15. 

Trésorier. Baron de PITTEURS de BUDINGEN, rue Lou- 

vrex, 77. 

Bibliothécaire. F. COUCLET, rue du Pont-d'Ile, 28. 



PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ 

depuis sa fondation 

N° 1. Chronique des évèques de Liège, xin* siècle. — Stan. 
Bormans. 1864. 

8. Chronique de Mathias de Lewis, d'après un manuscrit 
du xrv e siècle. — Stan. Bormans. 1865. 

3. Le Martyre de saint Eustache, tragédie de Pierre 
Bello. — H. Helbig. 1865. 

4. Collection de documents contemporains relatifs au 
meurtre de Sébastien de La Ruelle, bourgmestre de 
Liège, recueillis et publiés par Ulysse Capitaine. Tome 
premier. Avec quatre planches. 1868. 

6. Les Hommes illustres de la nation liégeoise, par Louis 
Abry. — H. Helbig et Stan. BormanB. Avec dix-huit 
planches. 1867. 

6. Essai sur le Pays de Liège et sur ses lois fondamen- 
tales, par Michel Deschamps. — Ulysse Capitaine. 1867. 

7. Traicté des maisons nobles du Pays de Liège, par 
Ernest de Rye. — Stan. Bormans et Eugène Poswick. 
Avec quarante planches. 1870. 

8. Mahomet II, tragédie par le baron Biaise Henri de 
Waleff. - H. Helbig. 1870. 



— 22 — 

N° 9. L'Anarchie à Liège. Poème satyrique en quatre chants, 
par le baron BlaiBe Henri de Waleff. — H. Helbig. Avec 
planche. 1871. 

10. Chronique de l'abbaye de Saint-Trond, publiée par le 
chevalier Camille de Borman. Tome premier. 1877. 

11. Voyage de Philippe de Hurges à Liège et à Maestricht 
en 1615. — H. Michelant. Avec neuf planches. 1872. 

12. Annales Sancti Iacobi Leodiensis. — Chronicon brève 
Leodiense ex codice Aureaevallis. — J. Alexandre. 1874. 

13. Voyage de Pierre Bergeron es Ardennes, Liège et 
Pays-Bas en 1619. — H. Michelant. 1875. 

14. Mémoires concernant des négociations de la France 
relatives à la neutralité du Pays de Liège en 1630. — 
H. Helbig. 1875. 

15. Chronique de l'abbaye de Saint-Trond, publiée par le 
chevalier Camille de Borman. Tome second. 1877. 

16. Mémoires pour servir à l'histoire monastique du Pays 
de Liège, par le Père J. P. R. Stéphani, publiés par 
J. Alexandre. Avec neuf planches. Tome premier. 1876. 

17. Mémoires pour servir à l'histoire monastique du Pays 
de Liège. Avec planche. Tome second. 1877. 

18. Nouveaux mélanges historiques et littéraires. Œuvres 
inédites du baron H. N. de Villenfagne d'Ingihoul, 
publiées par X. de Theux. Avec planche. 1878. 

19. Histoire chronologique des abbés-princes de Stavelot 
et Malmedy, par François-Augustin Villers, publiée par 
J. Alexandre. Tome premier. Avec deux planches. 1878. 

20. Histoire chronologique des abbés-princes de Stavelot 
et Malmedy. Tome second. Avec deux planches. 1879. 



— 23 - 

N° 21. Histoire chronologique des abbés- princes de Stavelot 
et Malmedy. Tome troisième. Avec trois planches. 1880. 

22. Collection de documents contemporains relatifs au 
meurtre de Sébastien de La Ruelle, bourgmestre de 
Liège. Supplément publié par X. de Theux. 1878. 

23. Papiers de Jean-Remi de Chestret pour servir à 
l'histoire de la Révolution liégeoise (1787-1789), publiés 
par un de ses descendants. Tome premier. Avec planche. 
1881. 

24. Liégeois et Bourguignons en 1468. Étude historique 
par le D r H. F. J. Estrup, d'après les rapports du légat 
Onufrius. Traduction du danois avec une introduction 
par Stanislas Bormans. 1881. 

25. Papiers de Jean-Remi de Chestret. Tome second. 1882. 

26. Chronica Lobbiensia. — Annales Leodienses. Chro- 
nicon rhytmicum Leodiense. — Annales Fossenses. — 
J. Alexandre. 1882. 

27. Chiroux et Grignoux. — H. Helbig. 1883. 

28. Recueil héraldique des membres du Conseil ordinaire 
de la principauté de Liège, par Louis et Simon-Joseph 
Abry, publié et continué par Eugène Poswick. 1884. 

29. Rervm Leodiensivm Statvs. Anno m.dc.xlix. Avec 
traduction française par J. Alexandre. 1885. 

Bulletin de la Société des Bibliophiles Liégeois. 
Tome premier, 1882-1883 ; Tome second, 1884-1885. 



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— 24 — 

Séance du 31 janvier 1886 

La séance est ouverte à 10 1/2 heures, sous la présidence 
de M. Henri Helbig. 

Sont présents: MM. Henri Helbig, président; Grandjean, 
secrétaire; docteur Alexandre, secrétaire-adjoint; baron de 
Pitteurs, trésorier; Couclet, bibliothécaire; chevalier 
Camille de Borman, baron de Chestret de Haneffe, Eugène 
Poswick et Schoolraeesters. 

Le procès-verbal de la séance du 31 décembre 1885 est lu 
et approuvé. 

Il est donné communication à rassemblée de la démission 
de M. J. Van den Berg comme membre de la Société. 

Les membres du Bureau sont réélus par acclamation pour 
la période de 1886 et 1887. 

M. de Pitteurs, trésorier, présente les comptes de Tannée 
1885. 

Les recettes se sont élevées à fr. 4,523,00 

Les dépenses à » 438,66 

Boni en caisse au mois de janvier 1886 . . fr. 4,084,61 

M. Isidore L'Hoest, inspecteur au chemin de fer Nord- 
Belge, est élu à l'unanimité, membre de la Société. 

M. Charles Wilmart, est présenté comme candidat à une 
des places de membre encore vacantes. Il sera procédé au 
ballottage à la prochaine séance. 

M. de Borman annonce qu'il est prêt à remettre à l'im- 
primeur, le manuscrit des Admissions à la Bourgeoisie. 

La Société lui accorde vingt exemplaires de ce travail au 
lieu de dix. 

M. de Borman fait connaître encore que la publication 
du Recueil des Échevins de Liège est en préparation. 

La séance est levée à midi. 



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UNE IIPMSSION LIEGEOISE RETROUVÉE 



M. Albin Body signale dans ce Bulletin (1) une brochure 
imprimée à Spa, en 1794, qui, paraftil, est inconnue des 
Bibliophiles liégeois. Il provoque des recherches et semble 
manifester le désir de savoir en quoi elle consiste. Comme 
un exemplaire de l 'Impression liégeoise à retrouver 
repose dans ma bibliothèque, je réponds bien volontiers en 
quelques mots à l'appel adressé aux possesseurs de la pièce 
dont il s'agit. 

La brochure est un in-octavo de trente pages, intitulé : 
Fragment de l'histoire ancienne de la Chine ou l'an- 
cienne république royale des Chinois. Non omnibus. 

Au recto du deuxième feuillet est la dédicace : « A Mon- 
sieur Nitnatsnoc Sikram ed Izzuram Slif » (*). 

J'y relève une seule phrase, elle me semble renseigner le 
berceau des marquis de Maruzzi : « En attendant, Monsieur, 
je vous exhorte à ne point négliger le grec, qui est votre 
langue maternelle, et celle de vos illustres ayeux habitans 
des délicieuses vallées de l'Olimpe et du Tempe. <• Au bas 
la signature Duahtra (3) Cayargensis. 

(1) Bulletin de la Société des Bibliophiles liégeois, t. II, p. 316. 

(2) Constantin Markis de Maruzzi fils. 
(3} Arthaud. 



- 26 - 

Au verso du même feuillet, l'auteur s'adresse au lecteur : 
il lui explique comment il est en possession de cette histoire 
traduite de l'arabe en latin par un Père Jésuite, admis à la 
Cour chinoise en 1666. 

Les pages 5 à 14 sont consacrées à un aperçu sur l'histoire 
de la Chine, particulièrement à une révolution qui boule- 
versa anciennement le céleste empire, entraînant après elle 
la chute des rois, la guerre avec les puissances de l'Asie, les 
malheurs du pays qui se trouva aux abois. 

Un vieillard du nom de Guanghi, dans un discours pro- 
noncé à rassemblée des Sages de tous les États de la 
nation, engage cette assemblée à placer un roi à la tête 
de la république, tout en lui conservant les institutions 
qu'elle s'est donnée, afin de la tirer de l'état désastreux 
dans lequel elle est plongée. 

La nécessité d'adopter le conseil de Guanghi se faisait 
sentir, beaucoup de membres de l'assemblée opinaient en 
faveur du rétablissement de la royauté, mais les Sages ne 
prenaient aucune résolution. En présence de l'indécision de 
ses concitoyens, le vieillard leur propose d'envoyer quatre 
députés de la nation vers le mage Artha, petit-fils de 
Zoroastre, afin d'implorer son assistance et ses bons offices 
pour tirer la Chine des embarras inextricables dans lesquels 
elle se trouvait. 

Artha vient à leur secours, il prend la parole et dans son 
discours suggère aux représentants de la nation l'idée 
d'adopter une Constitution, dont il donne le texte intitulé : 
Base d'un gouvernement pour une république royale. 
La Constitution comprend trente articles. Ils occupent les 
pages 15 à 27 et sont analysés dans la lettre à M. de Lan- 
celin, datée de Spa le 21 mai 1794 (i). 

(1) Bulletin cité, p. 321. 



— 27 — 

Les pages 28 et 29 sont la continuation du discours du 
mage et l'acceptation de sa proposition par les Chinois. 

Enfin vient un sonet (sic) signé comme la dédicace au 
jeune Maruzzi. 

Le fragment de l'histoire de la Chine est une allusion à 
l'état politique intérieur et extérieur de la France à la fin 
du xvm e siècle; on y reconnaît les faits qui se sont déroulés 
dans la monarchie de Louis XIV pendant les premières 
années de la révolution de 1789. 

Le marquis et la marquise de Maruzzi étaient à Spa dès 
le 12 juin 1794 (î) ; peut-être même y habitaient-ils toute 
Tannée. 

Pas plus qu'en 1792, on ne voit dans la liste de 1794 le 
nom d'Arthaud ni celui d'Otto, nom sous lequel l'auteur 
était, il est probable, principalement connu à Spa, car dans 
la lettre du 19 mai 1794 («), le précepteur du fils du marquis 
de Maruzzi est désigné sous le nom de Aurtar ou Otto et 
J.-P. de Limbourg a écrit sur son exemplaire — aujourd'hui 
le mien — du Fragment de l'histoire ancienne de la Chine : 
- M r Otto, Préc. chez M r le M. de M. » 

Ce petit opuscule dont l'auteur dissimule à peine son nom, 
ne présente aucun intérêt liégeois; le seul qu'il a est d'avoir 
été imprimé à Spa et d'avoir mis en mouvement la police du 
prince- évêque de Liège. 

Ph. de Limbourg. 
Theux, le 12 août 1886. 

(1) Leur nom se trouve sur la première liste des Seigneurs et Dames venus 
aux eaux minérales de Spa, l'an 1794 : « Monsieur et Madame la marquise 
de Maruzzi : au Coq, Grand'Place. » Immédiatement après : « Monsieur et 
Madame la comtesse de Soulange et Mademoiselle de Soulange, au Cheval 
Noir, Grand'Place. » 

(2} Bulletin cité, p. 320. 



V 



E CURIOSITÉ BIBLIOGRAPHIQUE 



GÉNÉALOGIE DES SOMZÉ 



Dans un procès récent qui a mis la justice en échec et 
qui a eu beaucoup de retentissement, il a été produit un 
mémoire imprimé, portant le titre : 

« Recherches généalogiques sur la famille Somzé, 

» de somsée, de gomzée, 

» Pièces authentiques relevées des archives de l'État à Liège 

• 1550-1869 

* Schaerbeek-Bruxelles 

» Typographie et lithographie Henri Mommens 

« 12, rue de Beughem, 12 

» 1885. • 

Sur quelques exemplaires, soumis à la Cour d'appel de 
Bruxelles, à l'appui de la revendication du nom de « de 
Soinsée, » se trouve le titre : 

« Recherches généalogiques sur la famille de Somsée. * 

(Le restant comme ci-dessus.) 

Ce mémoire, tiré à un nombre peu considérable d'exem- 



— 29 - 

plaires, est aujourd'hui introuvable ; cependant il en existe, 
à Liège, trois exemplaires : 

1° dans le dossier judiciaire d'une instruction répressive 
dont il sera question ci-après ; 

29 à l'Hôtel de ville, division de l'État civil ; 

3° à la Bibliothèque de l'Université. 

Le tableau ci-après y rattache, à la famille noble des * 
Gomzée, la famille Somzé : ce tableau commence à Symon 
de Gomzée, vivant au xvi e siècle, et aboutit aux fils de 
M. Léon Somzé, membre de la Chambre des représentants. 

Ce tableau, précédé d'un commentaire-paraphrase, est 
suivi d'une série d'actes concernant la famille de Gomzé 
(8 feuillets, dont u pages de texte), et se termine par la 
série des actes concernant les Somzé (7 feuillets, dont 9 
pages de texte) : un feuillet intermédiaire, dont une page 
de texte, contient certains actes destinés à former la liaison 
désirée entre les de Gomzée et les Somzé. 

La seule différence entre les deux éditions (auxquelles 
a servi la même composition) est que les exemplaires pour 
la Cour de Bruxelles contiennent, dans le * Rapport « pré- 
liminaire, environ une page d'observations ayant pour but 
d'atténuer la portée nobiliaire de la prétention au * de » à 
placer avant le nom « Somsée. » Malheureusement cela est 
contredit par les pièces de la première partie, relevées des 
archives de l'État à Liège, toutes relatives aux de Gotn- 
zée : pas un seul acte relatif à un Somzé n'a été emprunté 
à ce dépôt. 

Voici la généalogie en question (pour favoriser l'intelli- 
gence de ce qui va suivre, on y ajoute simplement des 
numéros d'ordre pour les actes de la dernière série). 



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— 32 — 

La publication de cette pièce avec le mémoire qui raccom- 
pagne, et la production de ces documents en justice (1), 
ouvrent pour la presse le droit de discuter ce qui y est con- 
tenu. 

En effet, si Ton peut considérer les documents des familles 
comme des papiers intimes, ils appartiennent au public qui 
peut contrôler toutes les assertions contenues dans les 
pièces produites, dès qu'elles sont invoquées publiquement 
pour réclamer un droit ou justifier une prétention. 

Mais même alors, il convient que les discussions de la 
presse restent dignes et qu'elles ne dépassent pas les limites 
de la prétention critiquée : mal venu serait celui qui, pour 
combattre celle-ci, irait fouiller dans les registres des 
paroisses ou de l'état civil, des refuges publics, des tribu- 
naux répressifs, avec la pensée malicieuse d'en extraire des 
filiations irrégulières, des naissances à la maternité, des 
décès à l'hôpital, des condamnations correctionnelles... 

Aussi, l'auteur du présent travail s'est-il assigné à 
l'avance le devoir de voiler de semblables détails, si, par 
aventure, il venait à s'en rencontrer sous sa plume ; il se 
bornera à citer des qualifications, des professions, des dési- 
gnations de rues (domiciles ou autres), sans insister sur les 
conclusions qu'on pourrait en tirer; il les soulignera toutes 
pour n'appeler spécialement l'attention sur aucune. 

En un mot, il veut se borner à combattre la généalogie 
produite, dans les limites de la prétention qui s'est élevée, 
et ne pas aller au delà; il ne veut pas même profiter des res- 
sources que pourraient fournir les anecdotes locales qui, à 
Liège, ont une saveur particulière. 

(1) Jugement et arrêt de Bruxelles, 22 novembre 1884 et 18 janvier 1886 
(Belgique judiciaire, 1884, p. 1501 ; 1866, p. 113). 



- 33 - 

Quelles sont donc les revendications de cette généalogie 

t du mémoire ? 

D'abord une prétention nobiliaire générale, qui se révèle 

r la réclamation du nom de «• de Somsée » et par ce titre 

tentissant : « Recherches généalogiques... Pièces des 
archives... 1550-1869. » 

(Test, en outre, une prétention plus spéciale de rattacher 
aux nobles * de Gomzée » d'autrefois, les « Somzé « d'au- 
jourd'hui. 

Or t Fauteur du présent travail, renversant Tordre de ces 
propositions, se fait fort de démontrer que ni Tune ni l'autre 
a est fondée : 

1° Les Somzé modernes ne se raccordent en aucune façon 
avec les antiques de Gomzée. 

2° Les Somzé sont tout ce qu'il y a de plus plébéien, 
ayant exercé les professions et les métiers les plus humbles, 
ayant occupé les degrés les moins élevés de la société. 

On les suivra pendant plus de trois siècles à l'aide de 
recherches patientes dans les registres paroissiaux de Huy 
et de Liège, dans les capitations des différents quartiers de 
cettedernière ville, et enfin dans les registres de population 
et d état civil (en ne négligeant que les non mariés ou les 
-fleurs sans fruit «). 

Peut-être pareille étude contribuera-t-elle à mettre un 
frein à ces réclamations désordonnées d'un de, d'apparence 
nobiliaire, etc., dont le nombre se multiplie de jour en jour : 
elle montrera, en tous cas, que ces réclamations sont sus- 
ceptibles d'un contrôle efficace. 

Trop souvent elles sont appuyées d'actes choisis, si même 
ils ne sont pas altérés ou fabriqués ; trop souvent les actes 
gênants sont écartés ou écourtés par des intermédiaires 
complaisants qui s'assignent uniquement pour mission de 



— 34 - 

satisfaire la vanité de ceux qui les emploient, dans l'espoir 
d'une rémunération pécuniaire ou de quelque autre récom- 
pense. 

Trop souvent, en un mot, la justice à qui Ton demande de 
consacrer de pareilles prétentions, n'a sous les yeux qu'un 
dossier incomplet, si pas suspect, formé par des agents sys- 
tématiquement disposés à satisfaire l'intéressé, et par con- 
séquent intéressés eux-mêmes. 

Et tout cela, sans débat, sans discussion... 

Comment veut-on, en effet, que le ministère public, seul 
contradicteur des prétendants, et qui a * bien d'autres 
chats à fouetter, « aille perdre son temps à faire, de son 
côté, des recherches pour élever généalogie contre généalo- 
gie, en dépouillant les anciens registres, en déchiffrant les 
anciennes écritures ? 

Si les tribunaux continuent à se considérer comme com- 
pétents (même, cela s'est vu, pour rectifier des actes parois- 
siaux du xvi e siècle !), au moins convient-il que désormais 
ils n'accordent pas ce qu'on peut appeler l'anoblissement 
indirect, sans confier, au préalable, à des experts compé- 
tents, la mission de les éclairer par des études spéciales. 

Le présent travail démontre la possibilité de semblables 
études. On trouvera, en effet, dans les notes ci-après, que le 
dépouillement des archives, etc. peut reconstituer presque 
complètement les familles les moins importantes, même 
quand on n'a pas à son aide des reliefs, actes de partage, 
convenances de mariage ou testaments : une seule fois, 
pendant deux siècles, la famille Somzé apparaît dans les 
actes des échevins de Liège, à propos de l'acquisition d'un 
immeuble, ce qui seul suffirait à démontrer qu'il s'agit 
d'une famille de la médiocrité. 



— 35 — 
I 

Le premier point à prouver est celui-ci : 

La famille de Gomzée n'a absolument rien de commun 
avec la famille Somzé. 

D'après le mémoire, le raccordement se serait fait au 
xvu e siècle. 

Cette prétention est combattue d'abord par une considé- 
ration générale : la famille de Gomzée qui a encore des 
représentants aujourd'hui, provient de Gomzé-Andoumont, 
près de Louveigné. 

La famille Somzé, au contraire, ne se rattache en rien à 
cette provenance; elle n'a aucune relation quelconque avec 
le canton de Louveigné, pendant les trois derniers siècles, 
où il a été donné de le suivre. Elle a pour origine probable 
le village de Somzée, près de Walcourt ; des relations nom- 
breuses des Somzé, de Huy, avec des habitants du comté de 
Namur, tendent à prouver que les premiers étaient eux- 
mêmes d'extraction namuroise. 

Mais voici qui vaut mieux que des suppositions. 

La preuve de la filiation incombe à celui qui s'en prévaut ; 
or les actes de la généalogie citée, par lesquels on a tenté 
d'opérer le raccordement des de Gomzée avec les Somzé, 
sont radicalement faux. La main d'un mystificateur, ou 
plus probablement d'un obséquieux voulant exploiter une 
aspiration nobiliaire, a introduit dans les blancs — malheu- 
reusement trop nombreux — des registres paroissiaux de 
Liège, les actes suivants émaillés de barbarismes flagrants, 
et ces actes sont dictés par l'intention évidente de produire 
le raccordement désiré. 

On le déclare ici sans la moindre réticence : il est parfaite- 
ment évident que les faux ont été commis en dehors de toute 
participation de M. Léon Somzé, dont l'unique tort a été 



— 36 — 

d'accepter complaisamment des actes qu'il lui était agréable 
de s'attribuer, et qui a été très mal servi par ceux qu'il a 
chargés des vérifications ; la fraude saute aux yeux et un 
peu de perspicacité et d'esprit de comparaison eût suffi pour 
la découvrir : les actes * jurent » avec ceux qui les pré- 
cèdent et les suivent, par leurs incorrections, par la forme 
des lettres, môme par la couleur de l'encre. Placer les actes 
suspects de différentes paroisses de Liège, les uns à côté 
des autres, aurait suffi pour démontrer qu'ils sont de la 
même main, écrits dans la même pensée. 

L'auteur du présent travail a fait une étude spéciale de 
ces actes au point de vue de leur sincérité, et il met qui 
que ce soit au défi de soutenir l'authenticité des originaux, 
ou de se prévaloir de ces actes, non seulement faux, mais 
ridiculement falsifiés par un imbécile, et un imbécile igno- 
rant. 

Il y a eu là, de la part du faussaire, une tromperie dont 
la justice, quoique bien sur ses gardes, comme le témoigne 
l'arrêt de Bruxelles, a failli être la victime ; car cet arrêt, 
parlant précisément des actes ici déclarés faux, constate 
que ** quelques actes antérieurs (à 1650) paraissent se rap- 
» porter à la famille Somzé. « La Cour ne s'y arrête pas, il 
est vrai ; mais c'est non pas parce que les actes lui sont sus- 
pects — elle avait sous les yeux des expéditions authen- 
tiques — c'est parce que ces actes ne lui ont pas semblé 
probants : un peu plus adroite et plus complète, la fraude 
aurait donc réussi. 

Voici ces actes faux (1) qui, aux de Gomzée, rattachent 

(1) On les transcrit ici d'après les Recherches généalogiques : les registres 
paroissiaux contiennent d'autres fautes ; mais ils ont été saisis par le juge 
d'instruction, et ils ne sont plus, pour le moment, à la disposition du 
public. Il y a encore bien des actes faux relatifs aux Somzé, notamment 
un décès du 15 janvier 1690 (inséré dans les Recherches généalogiques), 



— 37 — 

Gérard Somzé, menuisier dans la rue du Stockis, prétendu 
époux, en premières noces, d'une Elisabeth de Jacymaert 
et fils de Jacques de Gomzé, époux d'une Isabelle d'Orjo : 

N° 109 (de la généalogie imprimée). Saint-Servais, décès : 
« Anno 1673, 30* Octobris, obijt Jacobus de Somzé vidua Isabello 

• d*Orjo, sepalta apud minorem (Minores). » 

N° 110. Saint-Servais, mariages : « Anno 1653, 20» Augusti, 

• conjunci Geradus de Somsô et Elisabeth de Jacymaert paro- 
- chianos nostros p 1 *™ a p to sponsi Jacobum de Somzé dttu* 
» Gomzé, pater et Aleyds Dreson D m Lamberti Libotte a p* 

• sponsa D 00 Huberto Jacymaert S li Lamberti saccellario Catha- 
» rina, de Tillis. » 

N° 111. Ibid. : • Conjunxi Geradu* de Somze flliu* Jacobi 
» dt'ti Gomzé parochianos Gertrudw Moquet sub parocho S 1 

• Stephani in permission p*'ï ap l « sponsi D Philippo d'Orjo 
» Sibella de World a p** sponsa Jacobw* Morquet fr&tibus sponsa 

• procuratom curie episcopal* et Maria Vinguelles il Septem- 
» bris 1659. » 

En outre un acte qui n'avait pas été invoqué dans le mé- 
moire généalogique, mais qui est ici déclaré également faux, 
porte, sur les mêmes données, à la date du 21 janvier 1703 
(paroisse de Saint-Jean-Baptiste) : « Contrayeunt motrimoniun 

• ex ecclesio minoum Anno Poncelet ntS et Gerodu* de Somzé 
» ditu* de Gomzé ex parochota S" Maria Mogdaleno tribus bara's 
» remissis caram K d Ambrosio Hodeige monoste Relige (?) Sis (?) 

• pntibo* jocobu de Somze R«« D° a Isobella de Jacymart Tassano 
» Poncelet notary et pluwibus altf. » 

Mais cet acte était tellement maladroitement combiné 

où un de a été visiblement intercalé, par une main moderne, entre les 
noms Gérard et Somsée ; mais on se contentera ici de ne pas s'y arrêter : 
la justice s'en occupe et l'on ne veut anticiper ici sur sa décision (facile à 
prévoir cependant), sinon pour ce qui est indispensable à la démonstration. 



— 38 — 

que ceux qui ont dressé la généalogie et qui doivent avoir 
vu la pièce, ont reculé devant les énormités que voici : 

1° Il ne peut s'agir de Jacques de Gomzé, puisqu'il était 
mort en 1673 et que c'était Gérard qui prétendument avait 
épousé Elisabeth de Jacymaert. 

2° Si Gérard Somzé a vécu jusqu'en 1703, il aurait été 
nommé veuf de Gertrude Maguet, sa seconde femme, et 
non de sa prétendue première femme Elisabeth de Jacy- 
mart. Il est vrai que, d'après une autre pièce également 
fausse, la première femme de Gérard Somzé (bigame !) au- 
rait survécu au mariage avec la deuxième : en effet, pro- 
fitant de la seule place qui fût opportunément ouverte, le 
faussaire a tué son Elisabeth de Jacymaert, le 22 octobre 
1667 (Registre de Saint-Servais), tandis que le mariage avec 
la deuxième épouse avait eu lieu huit ans auparavant ! 

3° Contrairement à toutes les règles, la femme Anne Pon- 
celet est nommée avant le mari. 

4° Le témoin de Somzé est qualifié non viduus, mais 
relicta ; double faute : car l'expression presque poétique 
relicta est réservée à la femme veuve, qui seule peut se 
qualifier de délaissée; d'ailleurs, s'il en avait été autre- 
ment, il aurait fallu relictus au masculin, ablatif relicto. 

5° En outre, si l'acte du 21 janvier 1703 oublie que Jacques 
de Somzé, de l'acte faux de 1673, était mort depuis trente 
ans (quand il le présente en 1703, comme veuf d'Elisabeth de 
Jacymart, prétendue épouse de son fils Gérard), il n'y a pas 
moyen non plus de séparer, de ce qui précède, l'individu : 
Relicta Domina Isabella de Jacymart, pour en faire un 
des témoins de 1703, puisque cette personne était morte 
depuis 1667. 

6° Enfin, qu'on fasse d'Elisabeth et d'Isabelle de Jacymart, 
une seule personne ou deux femmes différentes, les actes de 



— 39 — 

1653 et 1703 sont les seuls des registres paroissiaux où appa- 
raisse le nom de Jacymart : le faussaire, bien sûr un wal- 
lon, n'a pas compris le nom liégeois, à forme flamande : 
Jayrnaert, aussi Jaeymart. La répétition de Terreur, trois 
fois en deux actes, suffirait pour dévoiler la fraude. 

De plus les trois prétendus actes du 26 août 1653, du 11 
septembre 1659 et du 21 janvier 1703, de deux paroisses 
différentes, sont de la même main, et les deux premiers ne 
peuvent avoir été rédigés par le prétendu signataire, le curé 
J.-B. Marson, de Saint-Servais, chanoine de Sainte-Croix, 
de la cathédrale d'Utrecht et protonotaire apostolique, 
nommé à ces deux dernières fonctions par bref pontifical : 
ce latiniste distingué qui a laissé, dans les registres de 
Saint-Servais, des traces spéciales de sa profonde connais- 
sance du latin, n'a certes pas rédigé les deux premiers 
actes qui portent sa signature mal imitée, et qui par leur 
contexture, « jurent » avec les quelque cinq cents actes 
corrects, au milieu desquels ils ont été intercalés. 

Puis, cette maladresse de faire des de Gomzée, dériver les 
Somzé, en appelant Gérard « de Somzé, dit Gomzé » ! C'est 
le contraire, * de Gomzé, dit Somzé «, qui aurait seul été 
admissible, et qui aurait justifié plus ou moins la transition. 

On voit que les preuves du faux surabondent... Gérard 
Somzé, I er du nom, n'est donc pas le fils d'un Jacques de 
Gomzé, époux d'Isabelle d'Orjo ; il n'a pas épousé une Eli- 
sabeth de Jacyraaert ; il n'a pas comparu au mariage de 
Gérard Somzé, 11 e du nom, avec Anne Poncelet, mariage 
qui eut lieu à la vérité entre 1702 et 1704 (on verra plus 
loin pourquoi), mais dont l'acte a disparu pour être rem- 
placé par la pièce fausse du 21 janvier 1703. 

La conclusion à tirer de cela est qu'il faut prendre 
absolument le contrepied des déclarations suivantes, d'un 



- 40 - 

archiviste, appelé par M. Léon Somzé à faire un rapport 
sur la généalogie. 

Rapport (servant d'introduction aux Recherches 

généalogiques). 

« Consulté sur les filiations établies, j'ai examiné l'un après 
l'autre et de la manière la plus minutieuse, tous les actes 
dont se compose le dossier généalogique de la famille Somzé, 
Somzée, de Somsée, de Somzée. Voici le résultat de cet 

examen aussi approfondi que consciencieux : Je conclus en 

affirmant que les sept degrés à commencer par Jacques de 
Somzé, dit Gomzé, comme père de Gérard qui épousa Gertrude 
Maquet, jusqu'aux enfants de M. Somzé-Dandelin, sont parfaite- 
ment prouvés. » 

Lettre du 4 mars 1886 (publiée dans les journaux) : 

« À l'exception de deux actes dont je n'ai pu prendre connais- 
sance » (les n°* 110 et 111 saisis par le juge d'instruction comme 
faux), - j'ai contrôlé tous les autres actes. Au cours de ces 
« recherches et vérifications, je n'ai rien constaté qui puisse 
» infirmer en quoi que ce soit les conclusions de mon rapport 
» produit en justice, établissant que la généalogie est par faite- 
» ment prouvée jusqu'à Jacques de Gomzé-d'Orjo et qu'aucun 
» doute ne peut plus subsister à cet égard. » 

C'est le contraire qui est vrai : Gérard Somzé n'est pas le 
fils d'un imaginaire Jacques de Somzé, dit Gomzé, époux 
d'Isabelle d'Orjo. Cette filiation — voilà qui ne laisse plus 
prise au moindre doute — n'est établie qu'à l'aide des 
pièces fausses, dont deux étaient déjà dénoncées comme 
telles par l'administration communale de Liège, à la date 
du 4 mars 18S6 et étaient sous la main de la justice, ce qui 
eût dû engager à plus de circonspection l'auteur de la con- 
clusion catégorique qu' ** aucun doute n'existe sur la généa- 



- 41 — 

* logie depuis Jacques de Qomzé-d'Orjo, jusqu'à M. Léon 

* Somzé. » 

Quand on s'est laissé prendre, il serait bon d'être modeste; 
et quand, en outre, on avait été averti, il conviendrait de 
rechercher l'ombre et l'oubli. 

Mais, dira-t-on, beaucoup de monde y aurait été pris. 

Mieux vaut être non de ce inonde là, mais de celui qui 
voit clair et ne se laisse pas abuser. 

Les altérations étaient publiquement signalées, dès le 
mois de février 1886, par le savant et perspicace archiviste 
van de Casteeie : il avait suffi à celui-ci de voiries registres 
paroissiaux, pour flairer la fraude ; or les découvertes de 
faux se sont accumulées depuis sa dénonciation et l'ont 
confirmée d'une manière éclatante. 

II 

Il s'agit de prouver en second lieu que la famille Somzé 
n'est en aucune façon une famille se rattachant à l'aristo- 
cratie. 

Le fief noble de Somzée, de la Baillerie de Bouvignes, n'a 
jamais été l'objet d'un relief de la part d'un individu qui en 
aurait porté le nom. 

Vers 1380, Jean de Werchin, sénéchal de Hainaut, possé- 
dait entre autres la vouerie de Sommezeez avec justice 
haute, moyenne et basse, excepté ce que le sénéchal tenait 
du seigneur de Morialmé, audit Soumezees. 

Entre le xiv e siècle et le xvn e , pas un acte de relief de 
cette seigneurie n'a été signalé; pas même une famille de 
Somzée n'apparaît dans les registres des fiefs. 

Les de Croy, ducs d'Havre, marquis de Renty, étaient 
devenus possesseurs du fief de Somzée qu'ils engagèrent le 
14 janvier 1634, à Jean Kieffel, écuyer. 



— 42 - 

Le 20 juin 1700, la famille des d'Havre et de Croy fut 
exclue du fief de Somzée,m profit du prince d'Espinoy...(i). 

Il n'en faut pas davantage sans doute pour démontrer que 
les Somzé, de Huy, jusqu'en 1650, et depuis cette date les 
Somzé, de Liège, n'ont rien eu de commun avec la seigneurie 
de Somzée : ils n'ont pas apparemment la prétention de se 
rattacher aux de Werchin, aux de Morialmé, aux de Croy, 
aux d'Espinoy, dont la filiation est d'ailleurs connue. 

Les Somzé sont de simples manants, provenant tout 
bonnement du village de Somzée, près de Walcourt, et 
établis, dès la première moitié du xvi* siècle, à Huy où 
pour les reconnaître et comme cela se faisait à cette 
époque, on leur a donné le nom du lieu de leur origine, 
de Somzée, bientôt transformé en Somzée ou Somzé, par 
abréviation. 

A Huy, depuis 1536, l'on trouve les Somzé tenant un 
jeu de paume (2), exerçant les professions de : sergeant 
(huissier chargé de faire les notifications (3) judiciaires), 
boucher, scrinier (menuisier), etc.; l'un d'eux, Nicolas ou 
Colart d' Somsée, parait cependant avoir été doyen d'un 
métier ; car son nom et son portrait, à côté des blasons des 
corporations des charpentiers, etc., de Huy, figure avec 
plusieurs autres sur un tableau de l'église de Saint-Maur. 

Mais, à Huy, ils ne tardèrent pas à multiplier et à décli- 
ner du rang médiocre qu'ils occupaient ; car surtout au 
xvii 6 siècle, on voit des saisies opérées sur leurs biens. 

(1) Stan. Bormans, Les fiefs du comté de Namur, 1" livraison, (xiii« et 
xive siècles), p. 114; 4e livraisoiuxvue siècle), p. 84; 5e livraison (xvm« 
siècle), p. 7. 

(2) Ce jeu de paume avec la maison d'où il dépendait, avait été saisi pour 
non payement d'une rentr de quatre florins, due à l'autel saint Lambert, 
en l'église Notre-Dame à Huy. 

(3) Il fut quelquefois « notifié » lui-même. 



— 43 — 

Un Gérard Somzé, menuisier, apparaît en des actes de 

1602, 1612, 1619. 

Vers 1660, Gérard Somzé, l'aîné, sans doute le fils de ce 
menuisier, aliène une rente au capital de 90 florins, et en 
fait payer le produit au profit de son fils, également nommé 
Gérard. 

Celui-ci est donc bien certainement Gérard Somzé, qu'on 
trouve, précisément en 1660, établi à Liège comme menui- 
sier, rue du Stockis, où il eut un fils, du prénom de 
Nicolas. 

Ces prénoms assez caractéristiques de Gérard et de 
Nicolas, très fréquemment portés par les membres des 
familles Somzé de Huy et de Liège, ne laissent aucun doute 
sur l'identité. Les Gérard et les Nicolas Somzé de Liège sont 
si nombreux que, pour ne pas les confondre les uns avec les 
autres, on les indiquera ci-après par les n 08 1, II, III, IV : 
à Huy, ils sont désignés par les qualificatifs : Vaine, junior, 
etc., qui ne mettent pas toujours à même de les distinguer 
d'autres Gérard ou Nicolas. 

Une circonstance marquante est l'absence à Liège de tout 
nom de Somzé, dans les registres de Notre-Dame-aux-Fonts, 
et notamment dans les anciennes tables de ces registres, 
depuis la fin du xvi e siècle, jusque dans le xvn e . 

En outre, un impôt avait été décrété sur les vitres et 
bonniers, le 28 juillet 1650, et à la suite de certaines exa- 
gérations de l'opinion sur le produit, le Conseil privé or- 
donna la publication d'un compte rendu du rapport de cet 
impôt (i). 

(1) Description du rapport des vitres et bonniers tant de la cité que des 
villages circonvoisins. Imprimerie Van Milst, en Pierreuse, à TAnneau- 
d T Or, 1651. Des exemplaires de cette plaquette existent à la Bibliothèque de 
l'Université. 



— 44 — 

L'imposition frappait tous les occupants (1), qu'ils fussent 
propriétaires ou simples locataires : là *•* Description du 
rapport « fait ainsi connaître, en 1650, rue par rue, maison 
par maison, chambre par chambre, tous les habitants de 
Liège, jusqu'aux plus pauvres. 

Pas un Somzé n'y figure. 

C'est donc entre 1650 et 1660 que Gérard Somzé, fils de 
Gérard Somzé de Huy, vint s'établir à Liège. 

La date de son arrivée concorde avec celle du 29 mai 1659, 
où il fit sans doute relief du métier des charpentiers ; car 
c'est alors qu'on le trouve inscrit pour la première fois dans 
le registre de cette corporation, où aucun Somzé ne figure 
de 1519 à 1541. 

A partir de ce moment, il exista encore, à Huy, des 
Somzé; mais à Liège, depuis 1650 jusqu'en 1886, il n'y a pas 
un seul Somzé qui ne dérive de Gérard Somzé, le menuisier 
de la rue du Stockis (*) : or la généalogie des Somzé de 
Liège, formée par l'auteur du présent travail, porte envi- 
ron deux cents numéros ! 

Un seul de ces Somzé, naquit à Petit-Han (Luxembourg), 
vécut à Liège et mourut à Reckheim (Limbourg) : tous les 
autres commencèrent, passèrent et finirent leurs jours à 
Liège même. 

(1) Journées des États, Reg. K, 101, p. 41 vo : L'impôt portait: «Sur 
chaque fenestre, soyent-elles de vitre, bois ou simple ouverture servant à 
lumière, voirre qu'une fenestre ayant interstice, pourveu qu'elle s'ouvre à 
une fois, pas à deux, trois soûls a exiger de Y inhabitant, soit locataire ou 
propriétaire. » 

(2) Un seul acte non compris dans les accès dénoncés comme faux, ne 
pouvait pas se rattacher à ce Gérard : c'est un mariage du *6 avril 17M 
(Saint-Thomas) entre Jean Dellheyd et Marie-Françoise Sompsé. Vérifica- 
tion faite, le nom Sompsé est visiblement le produit d'une triple altération 
par la substitution d'une autre initiale, l'intercalation d'un jambage à Vm t 
et d'une boucle à IV : il y avait vraisemblablement Lonpré. Nouveau faux 
qui sera sans doute poursuivi. 



— 45 — 

Quant aux variantes du nom, elles sont nombreuses tant 
à Huy qu'à Liège ; ou rencontre les formes Somesée, Some- 
zée, Sommezée, Sompsé, Sompsée, Somsé, Somseye, Somsi, 
Somtzé, Somzé, Somzée, Somzez, Soumsée, Zomsez, et les 
nombreuses variantes auxquelles peut donner lieu la com- 
binaison des e, des o, des s, des *,etc, et auxquelles ce nom 
prête, sans omettre les quelques cas ou le de ou De, appa- 
raît encore, même à Liège. La forme normale est Somzé, et 
c'est celle qui a été enfin consacrée par l'état civil, en vertu 
de la loi du 6 fructidor an II, d'après laquelle nul ne peut 
prendre d'autre nom que celui de son acte de naissance : le 
gouvernement seul a le pouvoir d'autoriser des modifica- 
tions à ce nom, aux termes de la loi du 1 1 germinal an XI ; 
cela n'est pas de la compétence des tribunaux. 

I. Attribuons donc à Gérard Sompsée, le menuisier de 
la rue du Slochis, comme à tous ses descendants, le nom 
de Somzé. 

On a vu ci-dessus qu'il ne faut pas songer à donner à ce 
personnage, une première femme du nom d'Isabelle de 
Jacymaert, créée par une imagination de faussaire. 

Gérard Somzé, le menuisier de la rue du Stockis, épousa 
Gertrude Maguet ; c'est d'elle qu'il eut plusieurs enfants, 
dont le suivant : 

II. Nicolas (I er ) épousa Catherine Futvoye ; dans une 
capitation delà fin du xvn* siècle, il est qualifié : faisant 
des boites de carton, et sa position était si peu florissante, 
qu'il est cotisé à zéro, tandis qu'un pâtissier voisin l'est à 
douze, et un avocat à trente-deux. Gérard Somzé, son 
père, assiste à son mariage, le 5 novembre 1684, en l'église 
de la Madeleine. 

Il habitait la rue du Pied-de-Bœuf. 



— 46 — 

Nicolas Somzé-Futvoye, est celui autour duquel se groupe 
le plus grand nombre de Liégeois, du nom * Somzé » précédé 
d'un de, dont la portée, comme on Ta vu, n'est nullement 
nobiliaire. 

Le mémoire qui accompagne le tableau généalogique, ne 
cite que les enfants de ce Nicolas, portant ce nom de » de 
Somzée. » 

Il y a à compléter sur ce point la nomenclature en ajou- 
tant les enfants suivants de ce fabricant de boites de car- 
ton et de sa femme Catherine Futvoye : 

Catherine Sompsée, baptême du 5 octobre 1692; 

Toussaint Somzée, baptême du 6 avril 1702; 

Joseph-Èloi Sommée, baptême du 7 février 1706. 

On n'insinuera pas que ces actes ont été dissimulés à la 
justice par M. Léon Somzé, lorsqu'il a réclamé le nom de 
« de Somsée; » mais il est permis d'affirmer ou bien que des 
actes ont été cachés à M. Léon Somzé lui-même par des 
intermédiaires peu empressés de lui faire connaître ce qui 
contrariait sa prétention, ou bien que les recherches dont 
le résultat a été mis sous les yeux de la Cour d'appel de 
Bruxelles, ont été tout à fait incomplètes. Cela démontre 
une fois de plus combien il est peu prudent pour la justice, 
de se confier aux documents rassemblés par les familles 
demanderesses en changement de nom. 

III. Gérard Somzé, II e du nom à Liège, fils du couple 
Nicolas Somzé- Futvoye, fut baptisé le 11 août 1685, et 
épousa Pétronille Docteur, le 25 avril 1720. 

Les Docteur occupaient une position fort médiocre dans 
la paroisse de Sainte-Aldegonde ; l'épouse de Gérard II était 
cousine germaine de François Docteur, souffleur d'orgues 
à Sainte- Catherine, fils de Guillaume Docteur et de Marie 
Patron (celle-ci d'une famille qui a fourni à la ville de Liège 



— 47 - 

de nombreux portefaix, établis rue du Champion, rue du 
Pied-de-Bœuf, etc.). 

Pétronille Docteur, épouse Somzê, était sœur de Pierre- 
François Docteur, soldat, puis caporal de régiment, qui 
habitait la rue Sur-la-Xhaille, et c'est là, après la mort 
de ses parents que, en 1740, fut recueilli, Jacques-Nicolas 
Somzé, ci-après. 

Pétronille et Pierre-François Docteur avaient pour père 
Gilles Docteur, porteur de billets, c'est-à-dire porteur de 
contraintes : cet emploi lui avait sans doute été accordé à 
cause des relations avec les gens de justice, huissiers, etc., 
de son père, également nommé Gilles Docteur, clerc (c'est- 
à-dire commis, écrivain) à la Sentencerie. 

IV. Le couple Somzé-Docteur engendra Jacques-Nicolas 
Somzé, baptisé le 5 décembre 1720. 

Jacques-Nicolas Somzé, recueilli d'abord chez son oncle 
rue Sur-la-Xhaille, s'établit comme tourneur, rue des 
Tourneurs, à l'enseigne du Moulin-d'Or délie Grenade. 

Il épousa le 5 février 1757, Catherine Simonis, fille de Jean- 
Simon Simonis, petit cotier locataire (maraîcher), dans la 
paroisse de Saint-Remacle-au-Pont, et de Anne Grisar. 

Jacques-Nicolas Somzé fut le premier brossier de la 
famille. Catherine Simonis mourut le 7 octobre 1794. 

Deux semaines plus tard, le veuf épousa, le 25 octobre 
1794, Marie-Josèphe Gathy, baptisée à Saint-Jean-Baptiste, 
le 18 mars 1754. Elle était fille de Louis Gathy, commis à 
la ville, qui en 1763, habitait rue Surde-Mont. 

En 1791 , on le signale sous le prénom de Jacques, comme 
maître tourneur, sans compagnon, aidé de deux de ses fils. 

V. Le couple Somzé-Simonis donna à son tour naissance 
à Jean-Henri Somzé, baptisé le 15 février 1770. 



— 48 — 

A son baptême figurent comme l'ayant tenu sur les fonts, 
des personnes des familles de Malade et du Soleil, qui n'ap- 
partiennent en aucune façon à la noblesse liégeoise. 

Jean-Henri Somzè était tourneur et brossier, rue des 
Tourneurs, n° 228 ; il était propriétaire de son habitation 
et en outre d'un petit cabaret voisin. 

Il épousa, le 8 février 1796, Marie-Jeanne Polain, qui 
était fille de Matthieu Polain (et de sa femme, Barbe-Louise 
Rivrou, cabaretière, rue Derrière-la- Madeleine, qui dé- 
clarait ne savoir écrire), sœur de Matthieu et François 
Polain, brossîers, rue Saint-Gangulphe, et de Jean Po- 
lain, rue Près Saint -Thomas, perruquier comme l'était 
d'abord son frère Matthieu, quand il habitait la rue Der- 
rière-la-Madeleine, dans le cabaret de sa mère. 

Jean-Henri Somzé déclarait ne point savoir écrire. 

VI. Du couple Somzé-Polain, naquit Jean-Henri-Laurent 
Somzé, à Liège, le 6 avril 1803, rue des Tourneurs. A son 
acte de naissance, du 18 germinal an XIII, sont témoins 
un inspecteur de police et un ouvrier plombier du fau- 
bourg Vivegnis. 

Nous retrouverons ci-après un premier mariage fort mé- 
diocre de ce personnage ; de son second mariage, contracté 
le 23 octobre 1834, avec Anne-Josèphe Willeaume, est issu 
M. Léon Somzé. 

Anne-Josèphe Willeaume, petite-fille d'un cordonnier, 
Place-aux Chevaux .appartenait à une famille hutoise qui 
était venue s'établir à Liège à la fin du siècle dernier. Elle 
naquit en 1807, rue de la Madeleine, où son père Michel 
Willeaume, époux de Christine Etienne, était alors mar- 
chand : à son acte de naissance figurent deux cordonniers 
de la rue du Pot-d'Or et de la rue de la Madeleine. 



- 49 - c 

Jean-Henri-Laurent Somzé était établi, en 1834, comme 
fabricant de brosses, rue Sur-Meuse, n° 273, au pied du 
Pont -des- Arches. 

11 savait à peine tracer son nom ; parfois il déclare ne 
savoir écrire ; parfois il dessine une espèce de signature : 
J* Sornsi ou H. Somsé. 

Il avait prospéré. Cette position lui permit de faire donner 
à ses enfants de l'instruction et de l'éducation ; il devint 
le beau-père d'un ingénieur du chemin de fer de l'État, 
d'un architecte, et son fils Léon Somzé (VII), ingénieur des 
mines, puis ingénieur de la Compagnie pour l'éclairage et 
le chauffage au gaz, est membre de la Chambre des repré- 
sentants pour Bruxelles. 

A son acte de naissance, comparaissent son oncle Mathieu- 
Henri Somzé, bi*ossiei % et un tanneur. 

M. Léon Somzé occupe, dans la capitale, une belle situa- 
tion ; il a épousé Constance-Joséphine-Virginie Dandelin, 
née à Hasselt, fille d'Achille Dandelin, fonctionnaire de 
TÈtat, et il a donné à ses fils, les prénoms de Cosme, Palla- 
dio, Gaétan, etc., assurément moins vulgaires que ceux de 
ses aïeux : Gérard, Nicolas, etc. 

III 

Reprenons les branches collatérales une à, une, à mesure 
qu elles s'écartent du tronc principal (les chiffres romains 
qui faciliteront l'intelligence du travail, sont ceux qui ont 
été ajoutés au crayon généalogique, reproduit ci-dessus). 

On suivra les femmes du nom de Somzé seulement jusqu'à 
l'alliance qui les a fait entrer dans une autre famille, et 
pour rendre le tableau plus clair, on les nommera en pre- 
mier ordre, en négligeant leurs descendants : les Pyls, 



— 50 — 

Humblet, Outers, Kicken, Maréchal, Lambotte, Cabolet, 
Evrard, etc., tous gens médiocres, descendants des Somzé, 
mais dont la nomenclature prendrait des dimensions exces- 
sives. 

Frèw I. Couple Somzê-Maguet : Ce couple donna naissance à 

dM ffiegréF 1 Thomas Somzé (qualifié fils de Gérard Somzé, menuisier, 
demeurant en Souverain-Pont); il était servant de messe 
et mourut le 10 janvier 1679. 

Le frère de ce Thomas et de Nicolas Somzé-Futvoye, fut 
Gérard Somzé qui épousa Anne Poncelet, le 21 janvier 1703, 
d'après lacté faux cité ci-dessus ; mais l'acte véritable qui a 
sans aucun doute été arraché, doit être à peu près de cette 
date; car — ici, il faut bien mettre cette circonstance en 
relief — un enfant illégitime était né au couple Gérard 
Somzé -Poncelet en 1702, et un autre enfant né en 1704 est 
désigné comme légitime. 

Gérard Somzé, III e du nom, dont l'acte arraché spécifiait 
peut-être la profession, doit avoir vécu entre les capitations 
de 1684 et de 1736; car ni Tune ni l'autre ne le mentionne 
et ne met à même de le qualifier. 

Mais la position de ce personnage était peu florissante, à 
en juger par celle de ses enfants. 

Du couple Somzé- Poncelet : 

cousin germain i I Guillaume Somzé, porteur au sac pauvre, rue du 
^degré) 1 Chaflbur, qui mourut le 26 novembre 1763, âgé de 57 
ans. 

(id.) l I Gérard, IV e du nom, baptisé le 13 juin 1704, était en 1736, 
maître de danse pauvre, rue de V Ancre. Il épousa 
Jeanne Rouhenne (Rouhan, Roein), baptisée le 7 avril 
1703, fille de Guillaume Rouhenne et de Jeanne Debois ; 



— 51 - 

elle était sœur de Marie-Jeanne (ou Josèphe?) Roèn (1), 
vendeuse de pommes, rue du Champion ; idem de Mar- 
tine Roenne, épouse de Guillaume Winand qui, comme 
Guillaume Somzé, était porteur au sac pauvre, ?*ue du 
Chaffbur. 

Du couple Somzé-Rouhenne : 

1 I 2 | Jeanne Somzé, baptisée le 15 novembre 1731, qui cousin 
épousa, le 6 février 1755, Charles-Nicolas Outers, en ^^Sw 1 " 
l'église Sainte-Aldegonde : (dans cette paroisse vivait &* ûe ^ ré) 
en 1762, un Charles Outers, joumaliw, mais l'identité 
est douteuse). 

l I 2 | François Somzé qui épousa, le 3 juin 1754, Marie- (id.) 
Elisabeth Laurenty, de la paroisse Saint-Thomas, fille 
de Jacques Laurenty, faiseur de bois de fusil, au 
faubourg Saint-Léonard. 

François Somzé-Laurenty, était barbier-perru- 
quier, rue de l'Ancre. 

Du couple Somzé-Laurenty : 

i I 2 | 3 | Thérèse-Joséphine Somzé, baptisée le 1 1 mai 1760, (io« degré) 
qui épousa François Beaumont, couvreur en ar- 
doises, mort rue de l'Ancre, en 1786, puis Michel 
Bury, ouvrier armurier, dit monteur, au fau- 
bourg Saint- Léonard. Elle mourut le 6 août 1814, 
rue du Pont-Saint- Nicolas (n° 375). 

i I 2 1 3 | Jeanne Somzé, baptisée le 30 juin 1755, épousa à (id.) 
Saint-Pholien, le 25 juillet 1775, Jean Joassart, fils 

(1) L'identité se déduit de l'absence d'une Marie-Josèphe, aux registres 
paroissiaux, et d'une Marie-Jeanne, aux capitations : il s'agit d'ailleurs de 
tous habitants de la paroisse Sainte-Aldegonde, où résidaient les Rou- 
henne. 



— 52 — 

d'un ouvrier tanneur, établi en Gravioule (Saint- 
Pholien). Au décès de l'épouse, en 1838, les témoins 
sont un Joassart, neveu, commis négociant, et un 
graveur. 

(io«dcgré) 1 | 2 | 3 | Marie (-Elisabeth) Somzé, baptisée le 17 novembre 

1763, épousa le 22 août 1783, Hubert Coune, ouvrier* 
doreur, rue Puits-en-Sock. 11 y avait deux autres 
alliances entre les familles Joassart et Coune : on 
trouve, en 1762, à Saint-Pholien, un Denis Joassart, 
tailleur, époux de Thérèse Coune, et à Sainte-Foy, 
un Gérard Coune, manouvrier, époux d'Elisabeth 
Joassart, faiseuse de bas. 

(id.) 1 I 2 | 3 | Pierre (-Dieudonné) Somzé, baptisé le 9 décembre 

1774, qui fut d'abord, en l'an XI, ouvrier perru- 
quier ,rue du Pied-de-Bœufet coiffeur, rue Che- 
ratoie, n° 480; puis, en 1810, épousa Rosalie Clepers, 
teinturière, rue de la Sirène, fille d'un marchand 
de tabac et d'une coiffeuse. Les témoins à l'acte 
de mariage, sont le tailleur Pyls-Somzé, de la rue 
Cheraooie, un huissier des hospices, un armu- 
rier. Il devint lui-même teinturier, puis, en 1866, 
mourut rentier, à l'âge de 93 ans, au faubourg 
Sainte-Marguerite ; les témoins à son acte de 
décès sont un fabricant et un négociant, ibid. 

(id.) l | 2 | 3 | A un acte de décès de Joseph Somzé, frère des 

précédents, mort en 1844, les déclarants sont un 
musicien et un menuisier. 

(id.) i | 2 | 3 | Un autre frère, François-Joseph Somzé, baptisé en 

1767, était en l'an XI, boutonnier, rue de Gueldre. 

(id.) i | 2 | 3 | Jacques Somzé, baptisé le 20 février 1758; celui-ci 

descendit plus bas encore que son père; car il n'est 



— 53 — 

plus qualifié que pauvre perruquier, et il habitait 
la rue Matrognard, où il mourut le 28 octobre 
1792. Il avait épousé le 28 juin 1782, Marie-Cathe- 
rine Paquay, fille d'André Paquay, serrurier, rue 
de la Salamandre; devenue veuve, celle-ci épousa 
François Firquet, ouvrier maçon, avec lequel elle 
vécut 7*ue Pied-de~Bœuf, puis rue Cheravoie ; 
le 4 mars 1807, elle mourut rue du Pont-Saint- 
Nicolas (n° 375): outre un de ses beaux-fils, un 
perruquier est témoin à son acte de décès. 

Du couple Somzé-Paquay : 

1 1 2 | 3 | 4 | Thérèse-Josèphe, baptisée le 5 novembre 1783, (ii° degré) 
qui épousa avant 1807, Joseph Pyls, tailleur, 
rue du Champion; elle mourut en 1847, rue 
du Vertbois, et les témoins à son acte de décès 
sont Gilles-Joseph Donneux, serrurier, son 
gendre, et un ébéniste. Elle avait recueilli chez 
elle ses frères Jacques-André , journalier, et 
Jacques-Joseph (Voir plus loin). 

1 1 2 | 3 | 4 | Catherine-Josèphe , baptisée le 7 septembre (id.) 
1785, qui était blanchisseuse, rue de la Cas- 
quelle, épousa en 1807, Jean-Lambert-Guil- 
laume Humblet, tailleur, rue Tête-de-Bœuf; 
les témoins, dont trois de la famille de 1 épouse, 
sont des cordonniers et des tailleurs, de la rue 
de la Casquette et de la rue Gérardrie, dont 
quelques-uns, de même que le mari, ne savent 
écrire. Les époux s'établirent ?me Bergerue, et 
l'épouse avec deux jumeaux auxquels elle venait 
dedonuer le jour, mourut en 1826, rue du Cru- 
cifix (n° 721): les témoins à son acte de décès 



— 54 — 

sont un employé des hospices et un relieur de 
la rue du Champion. 

(ne degré) l | 2 | 3 | 4 | Jacques-Joseph Sorazé, baptisé le 26 juin 1789, 

d'abord recueilli chez sa sœur, l'épouse Pyls, 
puis ouvrier en tabac, rue Cheravoie, n° 476 ; 
à Tâge de 27 ans, il épousa Marie-Dieudonnée 
Habla, âgée de 38 ans, fille d'un perruquier 
établi dans la même maison, et précédemment 
rue de l'Agneau. 

Elle avait été servante chez son beau-frère 
Michel Evrard, vendeur de bière en détail, rue 
Sur-Meuse. Les témoins à l'acte de mariage du 
25 juin 1817, sont, outre deux oncles de l'époux, 
un tailleur et un relieur de la rue Cheravoie ; 
l'époux, son aïeul, André Paquay et trois des 
témoins déclarent ne savoir écrire. 

En secondes noces, Jacques- Joseph Somzé, alors 
peintre en bâtiments, épousa le 16 mai 1830, 
Anne-Èlisabeth Dengis (veuve d'un tonnelier, 
Joseph Brons, rue des Rewes), puis blanchis- 
seuse, rue Sur-le-Mont, fille d'un journalier, 
précédemment portefaix, rue des Rewes. Té- 
moins: quatre journaliers, dont deux frères et 
un beau-frère de l'épouse; les époux, comme les 
témoins frères, déclarent ne savoir écrire. Té- 
moins aux actes de décès des époux : un employé, 
un portefaix, neveu de la femme, ne sachant 
pas signer, et deux graveurs, l'un neveu. 

Du coux>le Somzé-Habla : 

(i*o degré) 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | Jacques-Joseph Somzé, né à Liège le 25 no- 
vembre 1817, était tailleur, rue des Tan- 



55 — 



neurs, et il épousa, le 25 novembre 1858, 
Léocadie Pillette, veuve Dumont, qui habi- 
tait même rue. Témoins : trois graveurs et 
un comptable, et à l'acte de naissance d'un 
enfant, en 1868, un graveur et un cordonnier. 
Les époux, d'abord domiciliés rue Barbe- 
d'Or, s'établirent en Souvei^ain-Pont, puis 
rue du Méry. 

Du couple Somzé- Pillette : 

t]2|3|4|5|6| Louis- Victor-Edouard Somzé, né le 22 (i3« degré) 

août 1859, ouvrier tailleur; 

Louise-Elisabeth Somzé, née le 30 avril 
1862, couturière ; 

Jean-Henri-Victor Somzé, né le 27 avril 
1865, ouvrier tailleur. 

Les témoins aux actes de naissance, sont 
un tourneur, trois ébénistes, un comp- 
table et un cabaretier. 

1 1 2 | 3 | 4 | 5 | Jacques -Joseph Somzé-Pillette, père de ces 

enfants, est domicilié depuis 1 880, rue Grande- 
Bêche (n° 1214). 



II. Du couple Somzé-Futvoye : 

Catherine Somzé, née le 5 octobre 1692, alla habiter le 
Béguinage du Ventaz (Saint-Thomas), où en 1736, elle est 
qualifiée faiseuse de cordons de chapeau ; elle habitait 
une chambre avec Françoise Bodeux, lavandière. Elle 
mourut célibataire en 1757, à Saint-Nicolas Outre-Meuse. 

IV. Du couple Somzé-Simonis : 

1° (Anne-)Êlisabeth Somzé, baptisée le 2 septembre 1759, 
épousa le 13 avril 1789, Lfimbert Leblanc, qui fut employé 



tour 
du trlMfeul 

(6« degré) 



Grand'tanfe 

(4« degré) 



— 56 — 

des États. Elle mourut rue Hocheporte, n° 779, et les 
déclarants à son acte de décès du 21 vendémiaire an VII, 
sont un tailleur et un marbrier, habitant la même maison 
et la maison voisine ; ils déclarent ne savoir écrire. 

Grand-oncle 1° Jean-Baptiste Somzé, baptisé le 24 avril 1767 ; il fut 

(4 e degré) 

tourneur et habitait la rue des Tourneurs. Il épousa, en 
1798, Marie-Thérèse Delchef, fille d'un touimeur de la rue 
des Tourneurs. 

L'époux ni l'épouse ne savent écrire ; mais parfois le pre- 
mier dessine une signature. 

Aux actes de cette branche de la famille, comparaissent 
comme témoins, un boutonnier, rue de Gueldre, des tour- 
neurs, etc. 

Du couple Somzé- Delchef: 

Cousin germain 1 | Marie -Thérèse Somzé, qui épousa, le 16 septembre 1829, 
(50 degré) Pi erre-Charles -Joseph Van den Berg, tailleur, fils d'un 
tailleur, du faubourg Saint- Léonard. Témoins : un 
tourneur et un commissionnaire de la rue Derrière- 
Saint-Thomas, beaux-frères de l'époux, un fondeur en 
cuivre du môme faubourg, et un armurier du fau- 
bourg Vivegnis. Ces deux derniers témoins, comme le 
père de l'épouse, déclarent ne savoir écrire. 

"L'époux est plus tard qualifié musicien, au faubourg 
Saint-Léonard, 

(De ce mariage est issu, entre autres, Joseph Van den 
Berg, tourneur, rue Lèopold ', puis généalogiste, rue du 
Saint-Esprit). 

Cousin germain 1 | Gilles-Joseph Somzé, né le 22 mai 1799, tourneur, rue 

(5 d « M degré) des Tourneurs, qui épousa, le 20 avril 1833, Marie-Anne 

Donnay, fille d'un fondeur en fer, à la Boverie. Les 



— 57 — 

témoins au mariage sont : Van den Berg, oncle, ci-dessus, 
un Donnay, cultivateur, à la Boverie, un journalier et 
un tourneur. Ceux-ci, comme la mère de l'épouse, 
déclarent ne savoir écrire. 

Témoins aux actes de cette branche, outre des parents, 
des tourneurs, un serrurier, un horloger, un tonne- 
lier, un cordonnier, dont tel ou tel ne sait écrire. 

Du couple Somzé-Donnay : 

1 I 2 | Marie-Thérèse-Charlotte Somzé, couturière, qui 

épousa, le 17 août 1861, Pierre-François Kicken, Cousin 
peintre en bâtiments, rue des Tourneurs. Témoins, Je dêg^T " 
outre un Somzé, frère, deux tailleurs et un litho- 
graphe. La mère de l'époux déclare ne savoir signer. 

i I 2 | Marie-Josèphe Somzé, giletière, qui épousa, le 14 (W.) 
septembre 1867, Joseph -Jean -Lambert Maréchal, tail- 
leur de limes, fils d'un maçon de Beyne-Heusay. Té- 
moins, outre un Somzé, tourneur en bois, Kicken, 
beau-frère, Etienne Blavier, oncle, maçon, un armu- 
rier. Le père et la mère de l'époux, ainsi que la mère 
de l'épouse, déclarent ne savoir signer. 

1 I 2 I Marie- Thérèse-Augustine Somzé, modiste, qui épou- (M.) 
sa, le 18 avril 1868, Jules-Joseph Dechamp, tonnelier, 
)*ue des Tourneurs, fils d'un scieur de long. 
Témoins, outre un Somzé, les deux beaux-frères Kic- 
ken et Maréchal, Adolphe Dechamp, frère, menuisier. 
La mère de l'épouse, le père et la mère de l'époux 
déclarent ne savoir signer. 

l ! 2 | Joséphine-Marie Somzé, rue du Stalon, épousa, le (id.) 
14 octobre 1876, Joseph-Léopold Lambotte, menuisier, 
faubourg Saint-Laurent, fils d'un professeur de 



— 58 — 

musique de Rochefort. Témoins : deux Somzé, un 
peintre de Pepinster, et un menuisier de Lowaige. 
La mère de l'épouse déclare ne savoir signer. 

Devenue veuve, elle est qualifiée journalière, habite 
rue du Stalon, n° 10, et épouse Henri-Thomas Lavalle, 
ouvrier de fabrique, même maison. 

Les époux Dechamp-Somzé (le mari étant alors 
brasseur) demeuraient en 1880, rue Sur-la-Fontaine, 
dans la même maison que la fripière Jarbeau. Puis 
on rencontre la femme qualifiée servante, rue du 
Stalon, en 1 883, ex-ouvrière de fabrique, rue Sainte- 
Julienne, en 1885 ; à ces deux dates, il est officielle- 
ment constaté que cette personne a des notions con- 
fuses sur la propriété et le domicile. 

cousin i I 2 | Jean-Baptiste Somzé, négociant, rue des Tour- 
"^degré^ 11 neurs, épousa, le 8 janvier 1876, Anne-Marie- Fran- 

çoise-Louise-Alexandrine Roufosse, fille d'un employé, 
à qui elle dut faire les soumissions respectueuses de la 
loi. Témoins : deux Somzé, un cultivateur, oncle, un 
charron. 

(id.) 1 | 2 | Alexis-Gilles-Joseph Somzé, garde-convoi au che- 
min de fer, époux de Marie- An toi nette Wilmart, avec 
laquelle il s'établit faubourg Sainte-Marguerite, n° 
157. Témoins à divers actes de sa famille, Begasse, 
brossier, Habrant, lithographe, Delhasse, mécani- 
cien, Thy s, magasinier, Vandeluck, aubergiste; ce 
dernier déclare ne savoir signer. 

Grand-oncle 2° Jean- Jacques Somzé, ouvrier brossier, qui épousa Anne 

(4 e dcffré) 

Bodiot, à Petit-Han (Luxembourg), où son fils Bernard (voir 
ci-après), fut baptisé le 15 novembre 1789. Jean- Jacques 
Somzé, au début de son mariage, acquit deux petites mai- 



— 59 — 

sons, rue de ta Madeleine (i); mais il déclina rapidement ; 
car en 1791 on le retrouve ouvrier, t*ue de la Salamandre. 
En 1811, au décès de sa femme, rue Derrière-le-Palais, 
n° 449, les témoins, un cordonnier et un tailleur, déclarent 
ne savoir écrire. 

Il se remaria, le 9 septembre 1812, avec Marie-Jeanne 
Stéphany, de la rue Poliérue, veuve en secondes noces, 
depuis le 29 germinal an XI, de François-Joseph Viellevoye, 
imprimeur, mort à Herstal, à l'âge de 84 ans. Témoins au 
mariage, outre le fils du premier mariage : un orfèvre de 
la rue Pierreuse, un perruquier de Près-les-Mineurs et 
un menuisier de la rue Volière. 

En 1823, on le retrouve comme manœuvre, rue Table- 
de-Pierre. Il mourut le 29 décembre 1833, non chez lui, 
mais rue Grande-Bêche (n° 1214) ; déclarants : un culti- 
vateur, rue Grande- Bêche, un vannier, au Pont-Saint- 
Xi colas. 

Du couple Somzè-Bodiot : 

l I Bernard Somzé, son fils du premier lit, était ouvrier Cousin germain 
brossiei\ rue Table-de- Pierre, et alla habiter la rue Pier- (5? M degré) 

- reuse, où il épousa, le 12 décembre l8l0,Marie-Èlisabeth 
Lambotte, tricoteuse, fille d'un journalier. Témoins : 
deux cordonniers, un perruquier, un orfèvre de la rue 
Pierreuse, etc. ; l'épouse, les père et mère déclarent ne 
savoir écrire. Bernard Somzé abandonna ses enfants qui 
furent portés comme orphelins dans les registres de la 
population où se trouve l'annotation suivante : * le père 
vit errant et vagabond. »» Il revint pourtant, le 9 juillet 
1830, à Liège, où l'autorité compétente, le 20 août 1847, 

(1) Embrevures, t. IV, p. 409; Œuvres des échevins, du 15 avril au 7 
juillet 1708 ; Protocoles du notaire Cambresier, du 3 juin 1788. 



— 60 — 

lui décerna le titre de mendiant de porte en porte. Il 
mourut en la commune de Reckheim, et un extrait de 
son acte de décès fut inséré dans les registres de l'état 
civil de Liège, en vertu de Part. 80 du Code civil. 

Du couple Somzé-Lambotte : 

OousJn 1 I 2 | Le sort des enfants, les prétendus orphelins recueil* 
(ô« dêgrï) l* s c ^ iez l eur tante, la veuve Lambotte, botresse, rue 

Pierreuse, ne fut pas moins digne de pitié. 

Une fille Catherine, née en 1812, rue du Crucifix 
(n° 721), mourut, le 9 juillet 1830, rue Pont-Saint- 
Nicolas (n° 375), alors que son père était porté comme 
absent. 

Un fils, Jacques, avait obtenu le même brevet de 
mendiant déporte en porte, le 2 février 1847. 

Les témoins aux actes de cette branche de la famille 
Somzé, sont un boutonnier, ami du père, un journa- 
lier (oncle), un peintre en bâtiments, un cocher, 
rue de ÏÉtuve, un tisser'and, me de la Sirène, plu- 
sieurs ne sachant écrire. 

Aitui V. Couple Somzé- Polain. A plusieurs actes relatifs à 

des membres de cette branche, figurent comme témoins : 
Pierre-Joseph Trillet, cordonnier, rue du Cimetière, ami 
du père, Joseph Rêsimoni, journalier, Nicolas Bruger, au- 
bergiste, Louis Bovy, journalier, trois tourneurs : J.-Ch. 
Devillers, J.-Jos. Ansay, Hub. Durbuy, ces six derniers de 
la rue des Tourneurs, Jupille, coutelier, rue du Stalon, 
Démange, marchand, rue du Champion, Mestrez, perru- 
quier, et Frenay, tnécanicien, Sur-la-Batte, Fouarge, 
tailleur, rue de la Madeleine, Bruyère, tailleur, rue 
Saint-Jean, Mosbeux, journalier, Robert, tourneur; plu- 
sieurs de ces témoins déclarent ne savoir écrire. 



— 61 — 

De ce couple, provinrent : 

1° Anne-Barbe Somzé, née le 20 février 1803, rue des Tan* 
Tourneurs : témoins, un tourneur et un faiseur de pa- 
rapluies, même rue. Elle épousa le 10 décembre 1823, 
Toussaint-Nicolas Cabolet, maçon, rue Sur-Meuse, fils de 
Servais Cabolet, tailleur. Outre deux oncles brossiers, les 
témoins sont un journalier et un frère de l'épouse, tail- 
leur, rue Hors- Château. L'épouse et sa mère déclarent 
ne savoir écrire. Après son mariage, Cabolet devint pla- 
fonneur. 

Anne-Barbe Somzé, devenue veuve en 1839, demeurait 
rue Devant-la-Madeleine et épousa, le 6 décembre 1844, à 
l'âge de 41 ans, Léonard Derkenne, âgé de 26 ans, serru- 
rier, Mont-Saint-Martin (dont le père avait été marchand 
d w eau-de-vie en détail, rue de la Casquette). Elle et son 
époux déclarent ne savoir écrire. Témoins : un orfèvre, 
un négociant, un entrepreneur et un pharmacien. 

Elle mourut, rue Devant-la-Madeleine, le 7 novembre 
1850. Témoins : un neveu Mahy (ci-après) et un cabaretier 
qui déclare ne savoir signer. A son décès, elle est quali- 
fiée colporteuse. 

2° Anne-Catherine-Charlotte Somzé, née le 30 novembre (M.) 
1813, rue des Tourneurs. Elle épousa le 18 août 1836, 
Thomas-Joseph Evrard, tailleur, rue des Tourneurs. 
Témoins : deux frères, un oncle, plus un coiffeur, frère de 
Fépoux. Elle mourut, en 1844, rue du Stalon. Déclarants : 
un frère et Théodore Evrard, lithographe, beau-frère. 

3° Matthieu- Henri Somzé, né le 7 novembre 1706. Il fut Oncle 
brossier, rue des Tourneurs et épousa, en 1818, Gertrude- 
Joséphine Durant, fille de Joseph Durant, ouvrier drapier, 
rue Saint- Gangulphe. Témoins: deux oncles, un Somzé, 



— 62 — 

brossier, Jean Polain, perruquier, plus Louis Durant, 
cartier, rue Hors-Château, frère de l'épouse, et un cor- 
donnier, de la rue de la Wache. L'époux, son père et les 
deux derniers témoins déclarent ne savoir écrire. Au 
décès de l'époux, le 11 août 1850, les témoins sont un ser- 
rurier et un menuisier. Parmi les témoins des actes de 
la famille, on rencontre un cabaretier, un armurier, 
Jean Bouquet (beau-frère), tailleur, de la rue du Chaffbur 
(avant rue Matrognard), un sergent-major des pom- 
piers, un tourneur, un journalier, un maçon, un serru- 
rier, un menuisier, un cafetier, plusieurs ne sachant 
écrire. 

Du couple Somzé-Durant : 

cousin gtrfnain 1 I Mathieu-Henri Somzé, né le 11 mars 1819. Il fut égale- 
** ment brossier, rue des Tourneurs ; il épousa Marie- 

Èlisabeth-Françoise Mahy, fille des époux Jean-Joseph 
Mahy, négociant, place du Marché, et Marie-Catherine 
Hozay, sœur d'un professeur de musique. Au mariage 
du 30 janvier 1844, figurent comme témoins, deux oncles 
négociants, et des parents de l'épouse, un employé au 
chemin de fer et un chirurgien. 

Cette branche de la famille Somzé fut d'assez bonne 
venue: au mariage des enfants, assistent des témoins 
n'appartenant plus aux classes infimes : des ingénieurs, 
dont Léon Somzé, un colonel, un notaire, un médecin, 
etc. Mais Mathieu-Henri Somzé lui-même, ne se maintint 
pas à ce niveau : en secondes noces, il épousa, le 26 
décembre 1867, Clémentine Sappin, fille d'un meunier de 
Seraing. Témoins : un frère de l'épouse qui était méca- 
nicien, un architecte, Joseph Chevolet, cousin de l'époux, 
plus deux employés. Le père de l'épouse déclare ne sa- 



— 63 — 

voir signer. De ce mariage naquit un enfant le 13 juin 
1868 ; témoins à l'acte de naissance, deux commission- 
naires, dont le second déclare ne savoir signer. 

Au décès de Mathieu-Henri Somzé, en 1869, les décla- 
rants sont Mahy, le professeur de musique, plus Joseph 
Wérix, aide au cimetière. 

VI. Ayant son mariage avec la mère de M. Léon Somzé, Femme do 
Jean-Henri-Laurent Somzé avait épousé, le 17 novembre 
1830, Joséphine Drouin qui, en 1828, était journalière- 
couturière, fille de feu Drouin, cabaretier, et de Marie- 
Marguerite Mawet; celle-ci, devenue veuve, fut cabare- 
Hère, au Pot d'Étain, n° 76, rue Derrière-le- Palais. 
Étaient témoins au mariage: Henri et François Drouin, 
frères de l'épouse, tailleurs de limes, rue Derrière-le- 
Palais, Matthieu Somzé, brossier, rue des Tourneurs, et 
Nicolas Cabolet, déjà cité, alors plafonneur, rwe Derrière- 
la- Madeleine, l'un frère, l'autre beau-frère de l'époux. Le 
père de l'époux déclare ne savoir écy % ire. 

A l'époque de son mariage, Joséphine Drouin habitait rue 
Neuve, nom que portait le prolongement de la rue Der- 
rière-le-Palais. 

Le conseil de famille qui statua sur l'autorisation pour 
mariage accordée à Joséphine Drouin, orpheline mineure, 
était composé de Henri et François Drouin, tailleurs de 
limes, rue Derrière-le-Palais, de quatre beaux-frères : 
Gérard- Auguste Etienne, relieur, rue Sur- Meuse, Fran- 
çois Payant, bijoutier, rue Neuvice, Pierre Killis, caba- 
retier, rue De)*rièrele-Palais> Jean Redouté, portefaix, 
même rue. Le tuteur de l'impétrante était Louis Lalieu, 
peintre en bâtiments, i % ue Saint -Antoine. 

Les autres hôtes de la maison habitée par Joséphine 
Drouin en 1828, étaient François Payant, alors journalier- 



— 64 — 



consanguine 

(ta degré) 



bijoutier chez Piette,et Jean Redouté (dit le C 
tefaix, époux de deux de ses sœurs, qualifié 
ment : couturière, modiste chez Lambermon 
Henri Drouin, au sujet duquel les curieux pour 
des détails dans les registres de population de Y 

Ce dernier figura comme témoin au mariage 
Léon Somzé; quant à Jean Redouté (dit le Cosaq 
son mariage, il habitait la rue Matrognard, avec 
Thomas Redouté, porte faix, et à son mariage co 
comme témoins ses frères Jacques et Thomas 
journaliers, rue Sur-le-Mont et rue Matrogn 
autre témoin était Thomas Patron, journalier, 
Gueldre, sans doute de la famille des Patron, 
membre, portefaix, au Chaffour, fut allié aux 
cités plus haut. 

Les Redouté avaient, si Ton peut recourir à c 
mots, une réputation digne de leur nom, en wallon 
(le redouté). Jean, le Cosaque, ses frères, et 
membres de la même famille, pouvaient impunéme 
qualifiés de batailleurs d'habitude. 

Joséphine Drouen, épouse Somzé, alors domicili 
Sur-Meuse, n° 373, donna le jour, le 19 septembre l 
une fille Anne-Henriette. Les témoins à l'acte de nai 
sont Denis-François Rensonnet, sans profession, rue 
rière-la-Madeleine et un tourneur de la même rue. 

Le tableau ci en regard établit la véritable généa 
des Somzé à Liège. 



mSonMfôe, 



IT Sont, VM, 



=ï tt -tuî. Uiu>: 



cwwfmr r» 
on.tj 

litqvj-lrs.!,}, s 



IWflW-JofcjiU., 
la., 1 






I Somzé, 4669, 

'ONCELET, 4703, 



[V Somzé, 4704, 

5 ROUHENME, 4726, 

Je danse pauvre. 






François Somzé, 4728, 

= M»«-Élis. Laurent?, 4754, 

perruquier. 



I, Thérèse-Joséphine Somzé, 4760, Pierre- Dieudonné Somzé, 4774, 
182, = 4° François Beau mont, 4776, = M '«-Rosalie Clepers, 1840, 
couvreur en ardoitet. coiffeur, etc. 

= 2° Michel Bory, 4791, 
armurier. 



|3, Jacques -Joseph Somzé, 4789, 
;i, =M^-Ddn*«HABLA»4847, 
ouvrier en tabac. 



Catherine-Joscphe 

Somzé, 4785, 

= G m « Humblet, 1816, 

tailleur. 



Jacques-Joseph-Victor Somzé, 4847, 
= Léocadie Pillette, 4858, 
tailleur. 



(Enfants). 



(Enfants du nom de Somzé). 
Voy. ci-dessus. 



— 65 — 

RÉSUMÉ ET CONCLUSION 

Pendant plus de trois siècles, la famille Somzé a pu être 
suivie pas à pas. 

Durant cette longue période, elle a jusque dans ces tout 
derniers temps, occupé des positions médiocres. 

Souvent classés dans la population indigente, et même 
nécessiteuse, ses membres et les individus qui ont été alliés 
à la famille Somzé par mariage (1), ne se sont point élevés 
au-dessus de la position d'artisans, boutiquiers, etc., et on 
les retrouve qualifiés, dans les actes, de la manière sui- 
vante : barbier, bijoutier, blanchisseuse, botresse, boucher, 
brossier, cabaretier, cartier, cartonnier, cigarier, coiffeur, 
couturière, cultivateur, doreur, drapier, fondeur, journa- 
lier, magon, maître de danse, manœuvre, maraîcher, mar- 
chand de tabac, menuisier, modiste, musicien, ouvrier, per- 
ruquier, plafonneur, portefaix, porteur de billets, servante, 
tailleur de limes, teinturier, tourneur, tricoteuse, etc., etc. 

C'est à peine si tel ou tel d'entre eux atteint la position 
Remployé; tel autre, dans ses vieux jours, après avoir été 
coiffeur et teinturier, est cependant qualifié de rentier... 

La plupart d'entre eux habitent les rues les plus pauvres 
et les plus étroites de Liège, dont plusieurs supprimées ou 
élargies : les rues de l'Ancre, du Chaffour, du Champion, 
Cheravoie, Derrière-le-Palais, de Gueldre, Matrognard, du 
Pied-de-Bœuf, Pierreuse, des Rewes, de la Rose, Saint- 
Gangulphe, Salamandre, de la Sirène, Sur-le-Mont, des 
Tourneurs, Volière, etc., etc. 

Dans les maisons qu'ils occupent, il y a le plus souvent 

(l) On omettra les autres alliés ainsi que les témoins, généralement des 
parents ou amis ; sinon toute la nomenclature des professions non libérales 
•figurerait ici, pour ainsi dire, et il faut bien s'arrêter a un moment donné. 



— 66 — 

un grand nombre d'autres habitants de la plus basse classe. 

Les nécessités du langage où Ton doit éviter les termes 
impropres, amènent parfois sur les lèvres des expressions 
difficiles à remplacer : on est entraîné à prononcer ici celle 
de « parvenu », en parlant de M. Léon Somzé. 

Mais cette expression sera présentée d'une manière tout 
euphémique: parvenu, c'est la personne qui s'est élevée à 
un rang de beaucoup supérieur à celui dans lequel elle est 
née, qui est sortie de l'obscurité pour se mettre en pleine 
lumière. Dans ce sens, c'est un titre : il exprime, dit 
Larousse, l'effort heureux et victorieux, l'obstacle sur- 
monté, la route parcourue, la montagne franchie et ses 
plus hauts sommets conquis. 

A cet égard, bien certainement, M. Léon Somzé est un 
parvenu, et il aurait mauvaise grâce de s'offenser de la 
qualification. 

Comme le dit une sorte d'autobiographie de M. Léon Somzé 
(publiée dans l'Illustration européenne), il a eu « le bon- 
heur qui s'attache à l'audace persévérante. *» 

Mais, quand on est parvenu, grâce à la Fortune fautrice 
des audentes, il est difficile de se dégager de l'idée que tout 
réussit à qui a pu se procurer argent, position, influence : 
pour un peu, on disposerait des emplois publics à l'effet d'en 
récompenser les affldés, ou d'en priver les récalcitrants... 

Cependant l'argent, la position, l'influence ne peuvent 
rien contre la justice, l'opinion, la science. 

La justice, par les remarquables décisions du tribunal et 
de la Cour de Bruxelles, a opposé une barrière infranchis- 
sable à la revendication du nom de « de Somsée. » 

L'opinion publique, formée par les renseignements des 
contemporains et les traditions des devanciers, a refusé de 
sanctionner la prétention qui a été rudement secouée, non 



— 07 — 

seulement par la presse quotidienne, mais même dans des 
livres destinés à vivre (1). 

Enfin la science, à l'aide des recherches généalogiques ici 
consignées, est parvenue à renverser complètement l'édifice 
déjà ébranlé, et à ranger les Somzé parmi les «petites gens » 
de Liège. 

Or, les roturiers enrichis qui renient leur origine, pour 
se donner la maigre satisfaction d'être, par les valets, 
annoncés dans les salons sous un nom d'apparence nobi- 
liaire, s'amoindrissent et prêtent au ridicule. 

Le plébéien aujourd'hui peut arriver légitimement à tout ; 
il ne doit pas oublier que sous notre régime d'égalité, il y a 
place aux positions les plus élevées, pour l'illustration per- 
sonnelle, fruit et récompense du travail : cette illustration 
là n'est pas inférieure à celle de la noblesse transmise par 
les ancêtres. 

M. Léon Somzé eût eu un beau rôle à jouer si, à l'occasion 
du bruit qui s'est fait autour de sa réclamation, il avait 
publiquement dit ne pas désavouer les positions modestes 
occupées par ses aïeux, pendant trois siècles. Les rieurs 
ne seront jamais du côté de ceux qui reprocheront à un 
homme, parvenu par son travail, d'être le fils de ses œuvres 
et non d'une suite d'ancêtres; mais, le monde est ainsi fait : 
les rieurs se retournent volontiers contre ceux qui rou- 
gissent de leur origine, surtout quand ils le font mal à 
propos. 

td 

(1) Voir chez Hock, Liège au XIX' siècle (La vie), p. 246, 256, 321, cer- 
tains traits relatifs à des Capadosse, qui visent la famille Somzé : on y voit 
uo vieux personnage, « marchand de soies de cochon et de brosses, » (comme 
l'avait été son père), commerce qui a prospéré ; puis le fils de ce personnage 
qui veut s'appeler « de Capadoss, sans e à la fin. • 



M k 



— 68 — 

Séance du 25 juillet 1886 

La séance est ouverte à 10 heures, sous la présidence de 
M. Grand jean. 

Sont présents : MM. Grandjean, secrétaire ; docteur 
Alexandre, secrétaire-adjoint; baron de Pitteurs de Budin- 
gen, trésorier; Couclet, bibliothécaire; baron de Chestret, 
Eugène Poswick, Schoolmeesters et Wauters. 

MM. Helbig, président et J. L'Hoest, se font excuser de ne 
pouvoir assister à la séance. 

Le procès-verbal de la séance du 21 janvier est lu et ap- 
prouvé. 

Les fascicules 6 et 7 du tome II du Bulletin sont distri- 
bués aux membres présents. 

MM. le baron van Eyll et Olivier, donnent leur démission. 

M-. Charles Wilmart est reçu membre à l'unanimité des 
suffrages. 

M. Poswick demande qu'on accélère la publication des 
impressions décidées pour 1885, qui n'ont pas encore vu le 
jour et il propose deux nouvelles publications pour 1887. 

1° La Correspondance des princes-évôques avec Charles- 
Quint et Philippe II, relative à la neutralité du pays de 
Liège au xvi e siècle. Le manuscrit est terminé et prêt à 
être livré à l'impression. 

2° Les Souvenirs historiques du comte de Mercy-Argen- 
teau. 

La Société désigne MM. Alexandre, Bormans et de Ches- 
tret, pour faire un rapport sur la première de ces proposi- 
tions, à la prochaine séance, 

La séance est levée à 1 1 1/2 heures. 



— 69 — 

Séance du 19 septembre 1886 

La séance est ouverte à 10 1/2 heures, sous la présidence 
de M. Henri Helbig. 

Sont présents : MM. Henri Helbîg, président ; Grandjean, 
secrétaire ; docteur Alexandre, secrétaire-adjoint ; Couclet, 
bibliothécaire; baron de Chestret, Isidore L'Hoest, Eugène 
Poswick, Schoolmeesters et Wauters. 

M. le baron de Pitteurs de Budingen s'excuse par lettre 
de ne pouvoir assister à la séance. 

Le procès-verbal de la séance du 25 juillet 1886, est lu 
et approuvé. 

M. de Marneffe adresse une lettre par laquelle il offre de 
publier la Correspondance politique des princes-évêques 
de Liège, avec les souverains des Pays-Bas au seizième 
siècle, à condition de recevoir vingt-cinq exemplaires de 
cette publication. La Société décide, à l'unanimité . des 
membres présents, d'accepter les propositions de M. de 
Marneffe; on ajoutera à cet ouvrage les portraits des 
princes- évoques de Liège dont il est question dans cette 
correspondance, d'après les meilleurs types qu'on pourra 
se procurer. 

L'imprimeur transmet une note des impressions fournies 
à la Société. Celle-ci charge M. Alexandre de l'examiner 
avant de la faire solder par M. le baron de Pitteurs, tré- 
sorier. 

A l'unanimité des voix, l'Université de Louvain est ad- 
mise au nombre des membres de la Société. 

La séance est levée à 1 1 1/4 heures. 



— 70 — 

Séance du 17 octobre 1886 

La séance est ouverte à 10 1/2 heures, sous la présidence 
de M. Henri Helbig. 

Sont présents : MM. Henri Helbig, président ; Grandjean, 
secrétaire; docteur Alexandre, secrétaire-adjoint; Couclet, 
bibliothécaire; comte de Berlaymont, Bormans, baron de 
Chestret de Haneffe, Demarteau, Desoer, Digneffe, Hock, 
Herman Lohest, Pascal Lohest, Naveau, Orban de Xivry, 
Eugène Poswick et Schoolmeesters. 

Le procès-verbal de la séance du 19 septembre est lu et 
approuvé. 

M. le baron de Pitteurs et M. Isidore L'Hoest s'excusent 
par lettre de ne pouvoir assister à la séance. 

Il est pris connaissance de la correspondance. M. Edgard 
de Marneffe remercie la Société d'avoir accepté la propo- 
sition qu'il a faite d'imprimer la Correspondance des 
princes-évêques de Liège avec les souverains des Pays- 
Bas au seizième siècle, relative à la neutralité du Pays 
de Liège. Il annonce en même temps le prochain envoi de 
copies préparées pour l'impression. 

L'ordre du jour est abordé. 

M. Poswick exprime le regret de ce que la convocation à 
la séance pour laquelle Messieurs les membres de la Société 
sont réunis, ne porte pas l'ordre du jour. 

M. le Président fait connaître que la séance a particu- 
lièrement pour objet de statuer sur la publication, par les 
soins de la Société, d'un article intitulé : Une curiosité 
bibliographique. Généalogie des Somzé. 

M. Bormans demande s'il est exact, comme on le lui a 
assuré, que ce travail, déjà imprimé dans le Bulletin de la 
Société, est à la veille d'être distribué. 



— 71 — 

M. Poswick répond affirmativement à cette question : 
ce fait est très régulier. En effet, l'article en question a été 
accepté par le Comité de rédaction du Bulletin, comme 
aurait pu l'être tout autre article critique concernant une 
publication quelconque, soit historique, généalogique ou 
bibliographique. 

Le Règlement de la Société laisse aux auteurs la respon- 
sabilité de leurs opinions et de leurs travaux ; le rôle du 
Comité de rédaction devait donc, dans cette circonstance 
comme dans d'autres, se borner à examiner si l'article pré- 
senté était bibliographique et s'il traitait un sujet liégeois. 

En résumé, cet article est la réfutation d'un mémoire 
généalogique, devenu public aujourd'hui ; il ne porte pas 
atteinte à la considération personnelle de M. Léon Somzé. 
La haute personnalité de l'auteur était d'ailleurs, aux yeux 
du Comité de rédaction, une garantie suffisante qu'il n'y 
serait porté aucune atteinte aux convenances littéraires, 
ni enfreint aux droits d'une légitime critique. 

M. Bormans rappelle qu'il a été nommé également membre 
du Comité de rédaction chargé d'examiner les articles des- 
tinés au Bulletin de la Société (i). Il déclare cependant ne 
pas avoir été consulté sur l'admission de ce travail. 

M. Poswick pense qu'il n'était pas nécessaire que M. Bor- 
mans fut consulté dans cette circonstance, M. Bormans 
ne fait pas partie du Comité de rédaction. S'il a été désigné 
à cet effet au mois de mai 1882, il ne semble pas avoir 
accepté ces fonctions ni le travail qui en est la consé- 
quence. Depuis quatre ans et demi il n'a pas été consulté 
pour l'admission des articles destinés au Bulletin ; en réa- 
lité, il s'en est désintéressé au point que, quinze jours avant 

(1) Voir le Bulletin, t. I«r, p. 118. 



— 72 — 

la présente séance, il ignorait ou avait oublié sa nomi- 
nation du mois de mai 1882. En présence d'une abstention 
aussi absolue, on devait assimiler la nomination de M. Bor- 
mans à beaucoup d'autres décisions prises par la Société, 
et devenues caduques parce qu'il n'y a été donné aucune 
suite. 

M. Bormans avoue que, voyant la direction de la publica- 
tion du Bulletin en des mains aussi zélées que celles de 
MM. Poswick et Alexandre, il n'avait jamais cru devoir 
intervenir. Mais dans un cas semblable à celui qui se pré- 
sente actuellement et dont ses collègues devaient com- 
prendre toute la gravité, il eut désiré lui voir demander 
son avis. Cet avis aurait certainement été négatif en 
présence du caractère de l'article en question. Celui-ci ne 
présente ni intérêt historique, ni intérêt littéraire. Il paraît 
être écrit de manière à froisser plusieurs personnes encore 
vivantes, et notamment à jeter la déconsidération sur un 
homme en vue. Ce travail ne peut donc être accueilli par 
une Société de bibliophiles dont les publications doivent 
rester étrangères aux luttes religieuses et politiques des 
contemporains. Vouloir y introduire les questions de cette 
nature, c'est porter atteinte à la fois au caractère et à l'es- 
prit de la Société. 

M. Schoolmeesters croit devoir appuyer l'opinion émise 
par M. Bormans. Il n'a pas lu l'article en discussion; mais 
d'après les renseignements qui lui ont été transmis, l'article 
ne rentre ni par son sujet, ni par son esprit, dans le cadre 
des publications que la Société des Bibliophiles a eu pour 
objet d'imprimer lorsqu'elle a été fondée. 

D'autres membres, notamment M. Demarteau, s'ex- 
priment dans le même sens. 

Selon eux, la brochure dirigée contre une personnalité en 



— 73 - 

évidence, dans un but qui n'a rien de commun, ni avec les 
recherches historiques, ni avec les monuments littéraires de 
l'ancien pays de Liège, ne saurait avoir d'intérêt pour la 
Société ; leur opinion est que l'article doit être écarté. 

M. Orban de Xivry trouve la publication proposée re- 
grettable à plus d'un point de vue. La discussion qu'elle 
provoque menace déjà de troubler l'harmonie entre les 
membres ; le travail en cours ne répond en aucune ma- 
nière au but de la Société. Cette généalogie n'intéresse ni 
l'histoire, ni les beaux -arts; elle répond à une brochure 
toute récente, mémoire d'avocat à l'appui d'une requête et 
qui n'était pas destiné au public. Si cette brochure ren- 
ferme des inexactitudes et des erreurs, cela ne peut inté- 
resser que la justice. Celle-ci examine, dit-on, les données 
fournies par le généalogiste complaisant. Est-il bien digne 
de nous et peut-il nous convenir de donner, par la publi- 
cité du Bulletin de notre Société, une importance toute 
particulière au travail critique qui, paraît-il, condamne 
ce complaisant et de peser ainsi sur l'esprit des juges 
éventuels ? 

M. Orban n'entend en aucune façon s'occuper des per- 
sonnes ; c'est ce motif surtout qui lui fait considérer la 
publication proposée comme un précédent dangereux. 

M. le Président partage l'avis exprimé par plusieurs de 
ses collègues ; il croit la publication proposée, de nature 
à compromettre l'avenir et l'existence même de la Société. 

M. Poswick s'étonne de voir plusieurs membres juger un 
travail qu'ils ne connaissent pas et en proposer la suppres- 
sion. Il y a imprudence à prendre ainsi une attitude sem- 
blant dénoter plutôt le parti pris qu'une opinion basée sur 
des motifs raisonnes. 

M. le comte de Berlaymont croit devoir prendre la parole 



— 74 — 

à son tour pour protester contre un jugement hasardé. 
Il croit que, en présence de la haute position de l'auteur 
dans la magistrature, on ne peut admettre les termes dans 
lesquels plusieurs membres ont apprécié son article. 

M. Poswick donne lecture d'une lettre de l'auteur, par 
laquelle celui-ci déclare assumer la responsabilité de son 
travail, et accepter pour lui-même toutes les conséquences 
qu'il pourrait avoir pour la Société. Cette lettre restera 
annexée au procès-verbal. 

M. Bormans réclame la lecture de l'article. Celle-ci per- 
mettra à la réunion de se prononcer en connaissance de 
cause ; on pourra passer ensuite au vote séance tenante. 

MM. Poswick et Alexandre ne peuvent consentir à ce que 
les décisions prises par eux, en leur qualité de membres du 
Comité de rédaction du Bulletin, soient mises en question 
et soumises à un vote ; ils donnent leur démission comme 
membres de ce comité. 

M. le baron de Chestret de Haneffe s'exprime en ces 
termes : 

L'impression qui me reste de la discussion que je viens 
d'entendre peut se résumer en trois points : 

1° La publication de La généalogie des Somzé me parait 
opportune ; elle a sa raison d'être ; 2° elle me paraît dépla- 
cée dans le Bulletin de la Société des Bibliophiles lié- 
geois ; 3° je suis d'avis, néanmoins, de distribuer cette 
brochure par déférence pour la majorité de la Commission 
du Bulletin qui a cru pouvoir en décider l'impression. 

La discussion étant close, M. le Président demande si la 
réunion entend voter sur la distribution du Bulletin, avant 
de prendre lecture de l'article en litige? 

L'assemblée se prononce affirmativement ; il est décidé 
que le vote aura lieu au scrutin secret. 



— 75 — 

La distribution du Bulletin est votée par neuf voix contre 
sept et un bulletin blanc. 

A la demande de M. Bormans, l'assemblée décide d'an- 
nexer le procès-verbal de la présente séance au Bulletin 
contenant le travail qui a fait l'objet du vote émis. 

M. le Président rappelle que déjà, à diverses reprises, il 
a prié ses honorables collègues d'accepter sa démission. La 
résolution qu'il a prise à cet égard lui était dictée par des 
motifs de santé. Le vote qui vient d'avoir lieu ne peut que 
le confirmer dans sa détermination. Il prie la Société de 
vouloir bien procéder à son remplacement à bref délai, 
son intention étant de ne plus occuper le fauteuil de la pré* 
sidence à l'avenir. 

MM. Poswick et Bormans, croyant se faire les organes 
de leurs collègues, prient M. Helbig de retirer sa démis- 
sion, ou tout au moins de conserver ses fonctions jusqu'à 
l'expiration de son mandat. 

Celui-ci, en remerciant ses collègues de leur bienveil- 
lante insistance, regrette de ne pouvoir se rendre à leur 
désir. 

La séance est levée vers midi. 



V 
OBSERVATIONS 



sca LE 



GUIDE DES CURIEUX OUI VISITENT LES EU \ DE SPA 

db L.-F. DETHIER (i) 



Après avoir donné le titre du Guide des Curieux qui 
visitent les Eaux de Spa (*), M. Albin Body, dans sa Biblio- 
graphie spadoise (3), ajoute : «* la deuxième édition parut 
à Liège, chez Collardin, 1818, 103 pages, un feuillet de table 
et trois tableaux. L'éditeur déclare dans son avis particu- 
lier que l'auteur est L.-F. Dethier, de Theux. La différence 
entre ces deux éditions ne porte guère que sur la biblio- 
graphie que Dethier a rendue plus complète en ajoutant 
quelques notes critiques insignifiantes. Les trois tableaux 

(1) Lauréat-François Dethier, né à Spixhe, commune de Theux, le 14 
octobre 1757, fils de Gilles Dethier, échevin de Theux et de Jeanne-Marie 
Fréon, est décédé audit Theux, le I*' juillet 1843. Ses qualités énumérées 
dans l'acte de décès sont : jurisconsulte et avocat, ancien membre du Corps 
législatif de France (Conseil des Cinq Cents) et du Congrès national de la 
Belgique, décoré de la Croix de fer, ancien juge à la Cour supérieure de 
Liège, plusieurs fois bourgmestre et le dernier des échevins de la Haute 
Cour et Justice du ban de Theux, marquisat de Franchimont, correspon- 
dant de l'Académie celtique de Paris et d'autres Sociétés savantes. 

\î) La première édition fut imprimée à Verviers, chez Loxhay, 1814. 
(3) Voyez page 74 de la Bibliographie spadoise et des Eaux minérales 
du Pays de Liège. Bruxelles, Fr.-J. Olivier, 1875. 



- 78 - 

Comportent : 1° L'analyse des eaux par Alibert ; 2° Recueil 
des fontaines minérales des endroits de la forêt d'Ârdenne ; 
3° Analyse des sources par le docteur Ash. » 

L'exemplaire de la deuxième édition du Guide des 
Curieux ayant appartenu à Dethier, devint ma propriété 
pendant l'impression du remarquable travail de M. Body. 
Je communiquai à celui-ci le livre que je venais d'acquérir 
afin qu'il prit connaissance des nombreuses notes manus- 
crites dont il est hérissé. C'était une coutume chez Dethier 
d'inscrire ses observations sur les volumes de sa biblio- 
thèque. Rien d'étonnant donc qu'un livre dont on lui attri- 
bue la paternité ne soit pas exempt de remarques critiques 
et instructives. 

Si je dis : on lui attribue la paternité, c'est que, dans 
cette nouvelle édition, l'enfant a été paré de bijoux faux, 
portant ombrage à l'auteur de ses jours. 

Dans ses observations manuscrites, l'ancien membre du 
Conseil des Cinq Cents tance vertement son éditeur Wolff, 
y dévoile son sentiment personnel sur la première aussi bien 
que sur la deuxième édition du Guide des Curieux qui 
visitent les Eaux de Spa. Dethier revendique son bien, 
répudie les augmentations d'un ami peu délicat. C'est le 
rendons à César ce qui appartient à César. 

Si les annotations présentent un intérêt de moindre im- 
portance, on y trouve pourtant des renseignements sur 
différentes publications relatives aux eaux minérales. Elles 
intéressent les bibliophiles et méritent d'être tirées de l'ou- 
bli. Elles sont du reste curieuses à plusieurs titres ; elles 
font connaître les vues, les idées de cet homme qui a ébau- 
ché tant d'ouvrages sur le Franchimont, ouvrages dont le 
plus grand nombre sont restés à l'état d'ébauche et par con- 
séquent inédits. 



- 79 — 

Comme les productions de Detbier sont encore aujour- 
d'hui fréquemment citées par les écrivains qui s'occupent de 
l'histoire de cette partie du pays de Liège, je me suis décidé 
à publier les notes de mon concitoyen, notes que je n'envi- 
sagerai à aucun point de vue, abandonnant leur apprécia- 
tion à la sagacité du lecteur. 

L'auteur de la Bibliographie spadoise après avoir pris 
connaissance des annotations dont il s'agit, modifia le juge- 
ment qu'il avait porté sur le livre qui fait l'objet de cet 
article. Sa brève rectification tient simplement en éveil le 
lecteur, elle est insuffisante pour faire pénétrer la pensée 
intime de Dethier. M. Body ne pouvait entrer dans plus de 
détails, il devait se limiter ; le cadre qu'il s'était tracé ne 
comportait pas d'accorder plus de place aux observations 
manuscrites de Dethier. Un travail spécial était nécessaire 
pour relever toutes les critiques dont les blancs des pages 
du Guide des Curieux sont émaillés. 

* Nous trouvons, dit M. Body (i), sur l'exemplaire qui a 
appartenu à Dethier, la mention suivante : 

« Opuscule imprimé d'abord sur mes notes rapidement 
tracées dont j'avais gratuitement cédé à l'éditeur Wolff les 
bénéfices, c'est-à-dire de la première édition faite à Verriers, 
à des conditions qu'il n'a pas tenues et dont je lui ai permis 
encore sur sa supplication instante de faire une deuxième 
édition à son profit, à des conditions qui n'ont pas été obser- 
vées mieux que pour la première, surtout pour les additions 
faites sans mon aveu et contre mes principes assez connus. 
Je n'ai en rien contribué à cette nouvelle édition, encore 
moins à cet avis particulier de l'éditeur ni à certaines autres 
additions que je désavoue également. L.-F. Dethier. » 

La note rapportée par M. Body occupe tout le verso de la 

(1) Bibliographie spadoise, p. 298. 



— 84 — 

qu'il Ta appelée la Sibérie de la France « où elle est si peu 
connue malgré sa réunion à cet empire, « ajoute-t-il en 
marge. 

Page 25. L'auteur ajoute « et roche de poudingue » aux 
roches énumérées dans la partie minéralogique des envi- 
rons d'Eupen. 

Page 29. Au sujet des écrits historiques publiés sur le 
Franchimont, écrits si vivement critiqués par le Guide des 
Curieuœ, Dethier met dans la marge ces simples mots : 
* Histoire par R. Detrooz. * Faut-il croire que c'est seule- 
ment à l'œuvre de cet historien que s'adressent les appré- 
ciations malveillantes du livre sur Spa? 

La phrase suivante de l'édition de 1814 : Voyez quelques 
ébauches de notes plus étendues à ce sujet à l'annuaire pro- 
chain; avec l'indication de diverses Chartres intéressantes 
restées inconnues, est modifiée ainsi dans l'édition de 1818 : 
Voyez diverses chartes restées inconnues. La nouvelle 
rédaction est elle-même corrigée à la plume par l'intercal- 
lation de « à ce sujet » entre voyez et diverses chartes. 

Page 34. Dans l'article consacré à la ville de Huy, le 
Guide des Curieuœ rapporte qu'un évêque de Liège détrui- 
sit un dragon ou serpent qui infestait ses eaux salubres ou 
plutôt quelque divinité païenne qui sans doute y présidait 
sous cette forme. L'auteur cite une tradition analogue dans 
une note manuscrite conçue en ces termes : * Comme une 
autre divinité païenne détruite par saint Remacle près la 
source minérale de Malmedy, etc. » 

Page 35. Juslenville.... Mine de houille de bonne qualité. 
Dethier remplace ces trois derniers mots par « non exploi- 
tée et » Il faudrait donc lire : Mine de houille non exploitée 
et qui paraît au jour sur l'un des coteaux de la vallée. 

Page 37. Quoique la majeure partie de l'article concer- 



— 85 - 

nant Liège soit souligné, il y a peu d'annotations manus- 
crites. La première consiste dans l'introduction du mot 
vrai dans la phrase : et surtout le tribunal populaire qui en 
était le « vrai » conservateur. Un peu plus loin à : Bismuth 
natif ou métalloïde dans la houille, il y a en marge <• erreur. » 
Au bas de la page se trouve une troisième annotation : elle 
se rapporte aux huit archidiaconés du diocèse de Liège. 
* N. B. Ils retraçaient la plupart des noms des districts de 
la Cité des Eburons, mentionnés dans les mémoires de 
César. « 

Page 38. Il existe encore là deux corrections à l'article 
sur Liège. D'abord dans le tronçon de phrase : dernier poste 
et le plus reculé au Nord-Est, vers la ville de Tongres, 
les cinq derniers mots sont changés en * vers le canton 
des Tongrois. « Ensuite le mot nous est intercalé dans : 
suivant les chartes et monumens qui « nous » restent des 
Carlovingiens. 

A l'article relatif à Limbourg, il fait précéder province 
par petite, de sorte que la phrase doit être lue : C'est la capi- 
tale de la «* petite » province belgique. 

Page 39. L'histoire du duché de Limbourg a donné lieu à 
Dethier de faire remarquer que « l'histoire manuscrite de 
ce pays compilée par le savant Ernst, chanoine de Rolduc, 
est restée inédite. On trouve un court abrégé de l'histoire 
de ce duché dans le Respublica Belgii federati du savant 
Boxhorn, 1632. » En effet, l'histoire d'Ernst a paru seulement 
en 1837. 

Page 40. On trouve au bas de cette page une note com- 
mune aux deux éditions. Dethier fait connaître de qui elle 
émane : « bon, note de M. Massau « (i). Il l'approuve ainsi, 

{1} Massau, Jean-Laurent, né à Verviers, le 28 novembre 1782, y fût huis- 
sier près du tribunal de première instance. Ce bibliophile zélé, ami de 
Dethier, mourut à Saint- Josse-ten-Noode le 14 septembre 1847. 



— 86 — 

comme on le verra plus loin, que toutes les autres notes 
provenant de M. Massau. 

Page 41. Dans l'édition princeps aussi bien que dans celle 
de 1818, la Fontaine de Saint-Thibaut est confondue avec le 
grand Pouhon d'Ardenne. Dethier constate ici sa méprise : 
« erreur, le grand Pouhon d'Ardenne est la Fontaine de 
Bru près de Chevron. » 

Page 42. Fameuses mâchoires de crocodiles ou d'autres 
animaux domestiques sont soulignés et il y a en marge 
l'observation suivante: « C'est le nom que leur donne 
M. Dewez. » 

Page 43. Meuse, Moselle et Rhin. Contrée belgique, prin- 
cipal sujet de ces indications. Ces est biffé et remplacé par 
« nos » dans ce membre de phrase. 

A côté de : Le site et la nature du terrain nous avait (sic) 
engagé depuis longtemps à le diviser en trois zones ou 
bandes parallèles, il y a dans la marge : « en 1800. » 

Page 45. Voici un passage commun aux deux éditions 
(page 53 de la première édition) tel que l'auteur l'a rétabli 
à la plume : C'est pour mettre ce système dans toute son 
évidence et faire connaître enfin, de la manière la plus 
frappante, la vraie position, direction et composition des 
roches de cette partie considérable de la France, que nous 
allons nous occuper à réaliser en petit le projet conçu et pro- 
posé depuis longtemps (en 1800) d'en faire le plan en relief, 
et de l'exposer ensuite aux yeux du public dans un jardin 
pittoresque, voisin d'une capitale des sciences et arts, telle 
que Paris, Bruxelles, etc., etc. Et à côté : « voir un faible 
essai dans notre jardin de la marbrière noire à Theux. » 

Et plus bas à propos du mont Hermès et du château 
Renaut : « Hermès et Renaut, noms des rochers dressans et 
fort élevés dans l'ancien langage wallon Celtique. » 



— 87 — 

Page 46. Après les mots : César dans ses célèbres mé- 
moires ou commentaires, Detbier a placé le N. B. ci-après : 
« Mémoires bien partiaux et sous le rapport géographique 
souvent et bien évidemment fautifs ou erronnés, etc. » 

Page 48. (Test en « 1809 » que l'auteur a découvert, à 
Ottrée, la roche schisto-talqueuse à cristaux de diallage 
métalloïde. 

Page 49. Wolff, au nombre des ruines qui avoisinent 
TOurte, a ajouté notamment celles de l'ancien château de 
Monfort, un peu au-dessus d'Esneux et le superbe rocher en 
forme de voûte de Durbuy. L'auteur souligne le dernier 
membre de la phrase et raccompagne en marge de : » erreur 
ajoutée à cette édition : point de ruine sur ce rocher de Dur- 
bui remarquable d'ailleurs par la courbure de ses couches. » 

Plus bas, il cite le nom de l'auteur de Y Essai sur la géo- 
logie du Nord de la France : « M. Domalius. » 

Puis il indique le lieu où se trouve le vaste gouffre dans 
le calcaire des environs de Pepinster. « C'est à la grotte de 
Goffontaine devenue célèbre par ses ossements fossiles dé- 
couverts et caractérisés par le savant docteur Smerling. » 

Page 50. Selon Dethier, la fête du Coucou à Polleur est 
une « fête annuelle à l'équinoxe d'automne » et il dépeint 
le sphinx nommé Bête de Staneux dont il s'agit dans cette 
fête : « Ce sphinx ayant la tète d'une femme, le corps d'un 
cheval et la queue d'un lion. » 

Une faute typographique s'est glissée dans le dernier mot 
de l'article traitant de Polleur. On a imprimé œlites pour 
<* oolithes. » 

A la fin de l'article consacré à Pouhon, Dethier nous 
fait connaître que ce nom et celui de Sauvenière sont syno- 
nymes et employés selon les localités « pour les sources 
d'eaux les plus salubres. » 



— 88 — 

Page 51. C'est * à Billaumont entre Rechain et Vaux- 
sous- Hervé * le lieu où Ion rencontre, à Rechain, les 
masses globuleuses renfermant des espèces de vers pétrifiés. 

Page 52. Voici les annotations écrites à la plume rela- 
tives à Remouchamps : « Cette grotte, d'après M. Schutz, a 
480 mètres de longueur. » 

Roche de poudingue à bancs dressans et en forme de 
chaussée de géants, «* surtout dans la vallée sauvage de 
Hansoumont où elle se développe comme un grand et ma- 
gnifique amphithéâtre. » 

Le mot Renaud est comme le nom générique des rochers 
* élevés. •» 

Page 54. Il y est dit que la Roer porte bateau jusqu'à 
Juliers. L'auteur reconnaît s'être trompé et rectifie son 
erreur par ce seul mot : « erreur. » 

Page 57. Stavelot. Les principales Chartres... se trouvent 
imprimées dans YAmplissima collectio des savans Main- 
tenue et Durand « et dans leur polémique avec le savant 
Roderique » ajoute Dethier. 

Deux corrections, de peu d'importance, sont encore faites 
dans l'article sur Stavelot. La plupart des points des an- 
ciennes limites de ce pays, coïncidentes avec celles du 
Franchimont, qui « lui » est contigu. Les limites des pays 
wallon et tudesque et leurs dénominations étaient « alors « 
fixées, telles qu'elles sont encore aujourd'hui. 

Page 59. L'auteur, dans les deux éditions du Guide des 
Curieux, en parlant du hameau de Quareux, rapporte que 
c'est peut-être le seul endroit de ce pays où on élève des 
ânes de teras immémorial!!! Cette circonstance lui inspire 
la réflexion ci-après : * les bipèdes exceptés. ** 

Il y a, à la même page, un très léger changement : s'éten- 
dait bien au delà du Franchimont « actuel » ce qui forme 



— 89 — 

un monument bien intéressant pour l'histoire du moyen 
âge, monument méconnu ou étrangement défiguré par 
» tous » nos historiographes liégeois et franchimontois. 

La note au bas de la page est remaniée de la manière sui- 
vante : «* Ces limites voyez -les ci- après, page 61, où elles se 
trouvent transposées par une faute de l'imprimerie. » 

Page 60. Je me permettrai de faire ici une observation. 
En lisant le Guide des Curieux qui visitent Spa, on 
pourrait croire que c'est à l'incurie de la famille du docteur 
Robert de Limbourg, à son mépris pour la science, que la 
collection méthodique des roches et minéraux du pays, 
délaissée par ce docteur, a été jetée à la voirie. Ce serait 
verser dans la plus grande erreur. Robert de Limbourg 
avait institué pour légataires universelles Ursule et Agnès 
Defrance, filles du peintre L. Defrance de Liège. Dethier 
connaissait cette circonstance et s'il avait un blâme à 
déverser sur quelqu'un, c'était sur Defrance qui, après le 
décès de R. de Limbourg, a emporté tout ce que la maison 
de son ami contenait, y compris les papiers. 

La carrière de marbre noir de Theux donne lieu à l'ob- 
servation : * C'est le vrai marbre noir de Lucullus, au dire 
des savants géologues Faujas de Saint- Fond et Brard, son 
élève et son ami. » 

Page 61. On lit écrit sur la marge de gauche : « Limites 
de la Forest de Theux suivant la charte de 915, » sur celle 
de droite : » N. B. Transposition, voyez ci-devant page 59. « 

La partie de phrase : Ces limites désignées dans la chartre 

de Tan 915 sont les suivantes en tournant de l'Est au 

Nord. Au-dessus de l'Est est un renvoi à une annotation 
très brève : « par le Sud et l'Est * et selon l'usage observé 
dans tous les tems, est mis entre parenthèse. 

Enfin au bas de la page, à la note : Lhom, cultivateur 



— 90 — 

distingué mort en 1807, il est ajouté : « originaire des fron- 
tières d'Espagne, près de Bayonne. » 

Page 64. Les passages relatifs aux cabinets d'histoire 
naturelle et aux serres qui ont existé à Verviers et que 
mentionnait l'édition de 1814, sont retranchés dans l'édition 
de Liège. 

Page 67. Les deux éditions placent à Wislez une source 
minérale un peu sulfureuse. Ce dernier mot est barré et 
* ferrugineuse » (î) lui est substitué. 

Une seconde observation touchant cette source se trouve 
à la page 68, où le mot maintenant est introduit dans le 
petit membre de phrase: elle est fort négligée. Il faut lire : 
elle est « maintenant » fort négligée. 

A la fin de la note qui occupe le bas des pages 66 et 67, note 
relative au Dictionnaire étymologique wallon, Dethier a 
écrit « ouvrage ébauché et inédit. ** Et en dessous, à propos 
des dictionnaires wallons parus jusqu'alors: « encore moins 
celui que le littérateur Remacle, de Verviers, a plus récem- 
ment publié. * 

Page 68. Un léger changement a été introduit dans la fin 
de l'article Zulich : C'est ainsi « qu'en » avoit agi le fameux 
Constantin, que tant d'autres potentats assez connus, ont 

(1) Je connais un seul document visant cette source, complètement ou- 
bliée aujourd'hui. Le voici : A. l'arrière saison de l'an 1713 par ordre verbal 
de notre magistrat et de l'avis du Révérend Hierome de la Haye notre 
Curé et de grande quantité d'honestes gens de notre communauté, j'ai fait 
creuzer à l'entour d'une fontaine minérale située en Wislenrieux pour 
séparer les eaux de jour de ladite fontaine et reconnaître ce que s'en est, 
laquelle on a trouvé faire les mêmes effects ou changement dans le ver 
avec la noix de Galle d'Angleterre que font celles de Spa. J'ai payé à Jean 
et Mathieu Abinet qui y ont travaillé chacun cinque jours à 20 patars par 
jours f. 10. 

Extrait du compte du bourgmestre Simon Pouheau, aux Archives 
communales de Theux. 



— 91 — 

aussi tenté d'imiter, « mais qu'en est-il arrivé î Voyez 
Napoléon Bonaparte, etc., etc., après Clovis et après Cons- 
tantin. « 

Page 69. Les pages 69 et 70 sont consacrées au chapitre 
intitulé : Itinéraire curieux pour un ami des sciences et 
des arts, de Spa, Aix-la-Chapelle et environs, aux divers 
Muséum de Paris. 

L'auteur met son nom « L.-F. Deth « après un ami des 
sciences et des arts, et * Fragment » à la fin du titre. 

Plus bas, il remplace de Mont-Faucon et du Panthéon 
près Paris, par * à » Mont-Faucon, et « au » Panthéon 
» de » Paris. 

Page 70. Le tronçon de phrase: appelée plus spécialement 
la France sur la droite de l'Ourcq, est complété ainsi qu'il 
suit : appelée « par le vulgaire •» plus spécialement la France, 
« et » sur la droite de l'Ourcq. 

A la fin de ce chapitre, Dethier a placé cette réflexion : 
» Le Franchimont ne serait-il qu'une colonie de l'isle de 
France. » 

Wolff consacre les pages 71 , 72 et 73 à une liste de noms 
de plusieurs savants de diverses nations que Ton sait plus 
particulièrement avoir visité Spa et ses alentours dans les 
derniers temps. Ces noms ont donné lieu à quelques obser- 
vations de Dethier. Ainsi pour M. Krûger (numéro 12) «• à 
moi peu connu. » 

A coté du nom du colonel Gibbs (numéro 13): « c'est moi 
seul qui ai fait cette course avec M. Gibbs. L.-F. Dethier. <* 

Vis-à-vis des noms des savants repris sous les numéros 
16 à 23 : * Tous hommes que je n'ai ni vus, ni connus 
excepté le docteur Wolff, de Berlin, savant antiquaire. « 
» Toutes additions faites par l'éditeur Wolff, ou de sa part, 
non de la mienne. Dethier. <> 



- 92 - 

Les noms des personnages que Fauteur a ici en vue, sont : 
l'archiduc Jean d'Autriche, le docteur Edwin G. Jones, 
M. Rolleston, le docteur Wolff, le docteur Gunning, M. de 
Vogel, G. Scherer et S. Solly. 

Page 74. La liste des ouvrages modernes relatifs à l'his- 
toire naturelle, etc., comprend dans la nouvelle édition 
vingt-huit numéros tandis que l'ancienne édition n'en con- 
tenait que vingt-un. 

Page 75. En dessous de la note, note qui se trouve égale- 
ment dans l'édition de Verviers, page 86, Dethier a écrit : 
» note de M. Massau. » 

Page 76. Numéro 9. Tableaux, notions et mémoires 
statistiques, par le savant Masson, « alors secrétaire de 
préfecture. » 

Page 77. Numéro 16. Mémoire pour servir à l'histoire 
naturelle, par le docteur Robert Limbourg. Dethier place 
ses initiales « L.-F. D. « à la fin de cet article pour dire qu'il 
émane de lui, qu'il l'approuve. 

Numéro 17. Essai sur l'étude de la minéralogie, par 
Rozin. Wolff a fait suivre ce titre d'une appréciation toute 
à l'avantage du livre. Dethier ne partageant pas son avis, 
lui adresse les critiques suivantes : « Je ne sais qui a 
pu écrire cet article. L.-F. D. » Ensuite il fait connaître 
son sentiment personnel sur le livre dont il s'agit : « Plu- 
sieurs des faits et des observations particulières que cet 
auteur rapporte, sont des plus inexacts. Il cite des miné- 
raux trouvés en Belgique qui n'y ont jamais existé, etc., 
etc., et par-là il s'est rendu ridicule malgré toutes ses 
bonnes intentions. *> 

Page 79. Numéro 22. Calendrier perpétuel, wallon- 
français. L'auteur de ce calendrier nous fait connaître 
qu'il est resté à l'état de projet « ébauche inédite. » 



- 93 - 

Numéro 24. Carte géologique et synoptique. C'est la 
carte placée en tête du volume, Dethier réclame ici encore 
son bien comme il l'a fait précédemment. - M. Wolffa fait 
imprimer cette carte sous son nom, sans en citer l'auteur, 
de même que l'Essai du cabinet portatif. * Au numéro 23, 
sous lequel figure cet essai, le nom de l'auteur est souligné 
à la plume dans : d'après les principes de L.-F. Dethier, de 
Theux. 

En dessous de la note du bas des pages 78 et 79 (pages 89 
et 90 de la première édition) Dethier a écrit : » les deux 
derniers alinéas de cette note sont, je crois, de M. Massau. « 

Page 83. Le chapitre dont le titre est Clef archéologique, 
porte une seule annotation manuscrite. Elle est à la fin du 
chapitre en dessous du N. B. 

Un N. B., écrit à la main, est à la page 82, à côté de : 
les noms propres des lieux, etc., sont tous originaire- 
ment significatifs. C'est à ce nota bene que doit se rapporter 
la note qui termine la page 83 et par conséquent l'observa- 
tion de Dethier : « Essais restés incomplets et inédits. L.-F. 
Dethier n doit également s'y rapporter. 

Page 84. J'aborde à présent cette partie du Guide des 
Curieux qui a pour objet la Bibliothèque des eaux miné- 
rales de Spa. C'est elle qui a fourni le plus de matières à 
observations écrites à la plume par Dethier. Le nombre des 
ouvrages renseignés dans la première édition se montait à 
quatre-vingt-quinze, à quatre-vingt-dix-sept, en y compre- 
nant deux livres signalés dans le supplément. Ce nombre 
est faiblement augmenté dans la nouvelle édition où il est 
porté à cent. 

Le premier livre cité est celui de Gilbert Lymborch, Des 
fontaines acides de la Forêt d'Ardenne. Dethier souligne 
jusqu'à la fin de l'article, le passage commençant par ces 



mots: Il a classé la description de nombreuses sources saine- 
raies de l'Ardenne a trente-neuf, trace une ligne de chaque 
côté et écrit d'abord en dessous de la page 84 : - N. B. , G. Ly m- 
borch n'a pas Tait, ni donné d'analyse des eaux de la Sauve- 
niére ni du Pouhon et tout ce qu'en dit l'éditeur dans cette 
note qui est bien de son style n'est qu'erronné et ridicule- « 

Page 85. Ensuite dans l'une des marges, toujours relati- 
vement à cette note ajoutée par VVolfï": "Addition erronnée 
et ridicule « et dans l'autre marge : - addition faite par 
l'éditeur et qui n'est que propre à Taire déprécier cette édi- 
tion et rendre l'ouvrage ridicule. • 

Aux titres des publications qui figurent dans la nomen- 
clature dont il s'agit ici, il ajoute quatre publications qui 
auraient dû y être comprises: «Addit.BartholomeusaClivio, 
De balneis.—Solenander (médecin des ducs de Juliers), De 
coloris fontium medicatorum causa, Lyon, 1556, in-4° (i). 
— François Fabricitius (de Ruremonde) médecin à Aix, De 
balneorum quœ sunt Aquisgrani el Porceti natura et 
facultatibus liber. — Traité de deux fontaines de la 
Forêt d'Ardenne, par Philippe Besançon, traduit par Mar- 
tin Lefebvre, in-8°, Paris 1577. - 

Page 8C. L'éditeur Wolff, après avoir cité le titre de l'ou- 
vrage de van Helmont sur les eaux de Spa, place des 
réflexions que Dethier réprouve en ces termes : ■* Addition 
tirée mot pour mot de Vilenfagne, Histoire de Spa, tome 
II, page 58 et tome I er , page 149 et que je désavoue. - 

Page 87. Au nom de Abheers, se trouve un passage 
ajouté dans l'édition sortie des presses de Collardtn. Il com- 
mence à : Dans la traduction de son Spadacréne et finit à : 
Voyez son Spadacréne, page 93. Dethier s'exprime ainsi qu'il 

re historique de la médecine ancienne el mo- 
i paru en 1558, in-8°. 



— 95 — 

suit sur ce passage : « Addition faite par l'éditeur tirée de 
YHistoire de Spa, par Vilenfagne, tome I er , page 194, sans 
citer cet auteur, tout en rapportant ses expressions grave- 
leuses, très déplacées dans un recueil tel que celui-ci, etc. » 

Le Thermarum Aquisgranensium de Blonden serait, 
selon les deux éditions du Guide des Curieux, l'ouvrage 
le plus ancien connu sur les eaux d'Aix-la-Chapelle et de 
Borcette. Detbier souligne : on ne connaît pas d'ouvrage 
plus ancien sur ces eaux thermales célèbres et met dans 
une marge : « erreur. »» 

Page 88. Au Traité des Eaux de Spa, par Edmond Nessel, 
Wolff a cru devoir ajouter une remarque sur la nature et 
r usage bienfaisant de ces eaux. Dethier la relève dans deux 
notes conçues ainsi : « Addition faite par l'éditeur extraite 
de l'ouvrage de Nessel. » « Note ou addition que je désavoue 
comme ridicule et très déplacée dans un ouvrage tel que 
celui-ci pour les expressions grossières qu'elle retrace. » 

Page 89. L'auteur rectifie de la manière suivante le titre 
du traité de Bresraal : Traité des Eaux thermales d'Aix- 
la-Chapelle « ou plutôt Hydroanalyse, etc. » par le môme, 
in-12, « Liège, Milst, 1702. » 

Trois notes sont inscrites à cette page pour signaler trois 
livres omis dans la liste dressée par Wolff: 

1° «* Les preuves Hollandaises sur les Eaux thermales 
d'Aix-la-Chapelle (en latin), essai analytique par des 
savans Hollandais, traduit sous ce titre par Bresmal. « 

2° * Rapport analytique de la fontaine minérale d'eau 
froide d'Aix-la-Chapelle* par Heuch, médecin de cette 
ville, en latin, brochure, Aix, 1790. » 

3° « Hydroanalyse des Eaux chaudes et froides d'A ix- 
la-Chapelle, par Bresmal, etc., Liège, Milst, 1703. » 

Page 90. Description du magnifique présent, fait par 



- 96 - 

Pierre I er » Dites donc mesquin « a tracé la plume de 

Dethier entre magnifique et présent. 

Et tout au bas de la page : » Note ajoutée que je crois être 
de M. Massau. « 

Page 91. L'auteur signale un ouvrage omis dans la liste 
de la bibliothèque des eaux minérales de Spa. C'est : •» Lettre 
sur les vertus des eaux minérales de la ville de Brée 
dans la Campine liégeoise, par Bresmal (1720 ?) » 

Il souligne le mot actuellement du titre de Parallèle des 
Eaux minérales actuellement chaudes et froides du 
pays et diocèse de Liège, par Bresmal. 

Quelques lignes plus bas & Amusemens des Eaux de 
Spa, par le baron de Pollnitz, ce nom d'auteur est souligné 
et marqué d'un renvoi à la marge dans laquelle est écrit : 
« erreur * (i). 

Page 92. Wolff décerne un pompeux éloge à l'ouvrage 
de Ledrou : Principes contenus dans les différentes 
Sources des Eaux minérales de Spa; il le qualifie même 
d'excellent livre. Dethier se moque de cet éloge dans les 
termes ci-après : « excellent livre ! addition ridicule faite 
par l'éditeur ou par quelque mauvais plaisant. Voyez cet 
ouvrage pitoyable pages 117 et 1 18 surtout. » 

Page 93. Dethier a écrit en dessous de la note qui est au 
bas de cette page : « cette note fort bonne est, je crois, de 
M. le bibliographe Massau, de Verviers, comme quelques 
autres de la même main, indiquées ci-dessus. Je désaprouve 
toutes les autres faites sans mon aveu. L.-F. D. * 

Page 96. Dans l'article concernant l'ouvrage anglais du 
docteur Ash, il est avancé qu'on se propose d'en publier une 

(1) Dans le Catalogue de la vente des livres ayant appartenu à M. Massau, 
Bruxelles, Em. Devroye et O, 1848, les Amusements des Eaux de Spa 
•ont attribués à de Pollnitz. 



— 97 - 

traduction avec quelques notes historiques et critiques. 
Quelques mots écrits en marge établissent que cette tra- 
duction a eu le sort de la plupart des projets de Dethier, 
qu'elle n'a pas été publiée : * cette traduction que j'avais 
ébauchée est restée inédite. L.-F. Dethier. » 

Dans le cours de l'article relatif à l'ouvrage du docteur 
Ash, il a été fait mention d'une carte topographique de Spa 
qui lui est annexée. Une note informe le lecteur que cette 
carte a été levée par M. Collin, de Spa, qui a bien voulu 
nous en donner une copie. La phrase est obscure ; on pour- 
rait croire que la copie de la carte a été donnée à Wolff, 
c'est pourquoi Dethier s'empresse de relever les prétentions 
de son éditeur par une explication manuscrite : * c'est à moi 
qui ai encore en main cette copie, que M. Collin l'a donnée. 
L.-F. D. » 

L'éditeur parait s'attribuer la rédaction de la plaquette : 
Au public, sur les Eaux minérales de Spa, etc. Dethier 
en réclame la paternité par cette annotation mise dans la 
marge : « 77°. Cet avis ce n'est nullement J.-L. Wolff, qui se 
l'attribue modestement dans son résumé de YHistoire de 
Spa, comme une foule d'autres observations sans trop en 
comprendre le sens, qui ai rédigé cette bagatelle. D. » 

Page 97. Le trésor de la nature Voyez la petite pré- 
face y ajoutée sur les vrais principes minéralisateurs des 
eaux de Spa « par L.-F. Dethier » est-il ajouté à la main. 

Page 99. L'auteur signale dans une des marges un ouvrage 
passé sous silence par Wolff dans sa nomenclature : » Ajou- 
tez : Analyse des eaux sulfureuses d'Aix-la-Chapelle, 
par Reumont et Monheim, etc., in-8°, 1810. » 

Il se trouve au bas de cette page une remarque sur l'ap- 
préciation faite de l'opuscule de Edwin Godden Jones au 
moment de sa publication : « 97°. Analyse beaucoup vantée 



— 08 — 

et des plus fautives comme l'a prouvé démonstrativement 
celle qu'a faite en 1830 M. le physicien Plateau sous l'ins- 
pection des docteurs Dardonville et autres savans chi- 
mistes et physiciens. «• 

Page 100. Le Guide des Curieux qui visitent les Eaux 
de Spa fournit de nouveau à Dethier l'occasion de répudier 
la seconde édition de ce livre. Il souligne tout l'article et de 
sa plume trace en marge : « Kevue et corrigée ! cette édi- 
tion fourmille de fautes nouvelles, grossières et la plupart 
des additions y faites ne vaillent pas mieux. L.-F. D. » 

Immédiatement après vient Itinéraire des environs de 
Spa. Dethier souligne Wolff naturaliste à Spa, éditeur du 
précédent, il trace un trait contre l'article et il met vis-à-vis 
dans la marge : « Addition faite par l'éditeur Wolff sans 
mon aveu et contre mes principes. L.-F. D. » 

Le centième et dernier ouvrage de la nomenclature est 
Y Abrégé de V Histoire de Spa, par J.-B. L. Voici l'opinion 
émise par Dethier sur cette histoire : « Opuscule peu digne 
de son auteur, le savant littérateur Leclercq, flagorneur de 
Vilenfagne. » 

Le bas des pages 100, 101 et 102 est consacré à des ou- 
vrages qui ont paru à une date plus récente, plusieurs an- 
nées après la publication du Guide des Curieux : « Ajoutez 
maintenant à ces opuscules sur les eaux de Spa et des envi- 
rons, etc. : 1° L'ouvrage statistique, historique et physique 
sur la province de Liège, par le docteur Courtois où il 
traite fort au long des eaux minérales de Spa et environs ; 
2° La Notice, du même savant, sur la situation et la direc- 
tion géologique des sources minérales froides et chaudes 
de la Belgique, d'après les principes de L.-F. Dethier, etc., 
imprimé en Hollande, 1829 ; 3° Le Résumé de l'Histoire des 
eaux minérales de Spa, de leur Analyse chimique, de leurs 



— 99 — 

propriétés, etc., par le naturaliste Drapier de Bruxelles, 
sous le nom de J.-L. Wolff, de Spa ; 4° Le Traité des eaux 
minérales de Spa, etc., par le docteur Dardon ville, Liège, 
1830 ; 5° L'analyse des plus exacte de ces eaux par le chi- 
miste Plateau, associé de Dardonville. Ajoutez aussi : L'ar- 
ticle Spa du Dictionnaire de la province de Liège, publié 
par le savant et laborieux académicien M. Yandermael de 
Bruxelles, où il donne un extrait abrégé de la savante et 
exacte analyse des eaux minérales du lieu par M. Plateau 
qui en a remis une copie à la régence du lieu, en 1830. » 

Il me reste à passer en revue les observations critiques 
tracées sur les quatre tableaux qui terminent l'ouvrage. 

Le premier tableau est intitulé : Analyse des eaux de Spa, 
par le célèbre J.-L. Alibert, etc. Dethier a écrit en tête : 
» Titre erroné. Ce n'est qu'un aperçu fort inexact. * 

Le second tableau est une table synoptique, etc., par 
Edwin Godden Jones. Dethier a mis d'abord en tète : 
* Table ajoutée (à mon insue) d'une analyse très inexacte 
et fautive. *» Puis dans une marge : * Voyez en preuve la 
nouvelle analyse des eaux de ces diverses fontaines sur- 
tout de celles de Géronstère, par M. Plateau, chimiste, de 
Bruxelles, etc., etc. * 

Le troisième tableau est resté sans observation. 

Le quatrième porte pour titre : Recueil des fontaines 
minérales des endroits de la Forêt d'Ardenne. Dethier fait 
suivre ce titre de : « Recueil fort inexact, fautif et souvent 
à double emploi, etc., un vrai baragouin, » et plus bas, après 
Extrait de l'ouvrage sur les Fontaines acides de la Forêt 
d'Ardenne, et principalement de celles qui se trouvent à 
Spa, par M. Gilbert Lymborch, médecin liégeois; à Anvers, 
1559, in-4°, il écrit : « Extrait que l'éditeur Wolff a fait insé- 
rer dans cette nouvelle édition. » 



462425B 



— 100 — 

A la fin du tableau, Wolff pose la question : Pourquoi 
classe- t-il la Géronstère avec celles de la Forêt d'Ardenne ? 
Dethier répond : * Belle demande ! C'est parce que de son 
temps, la Géronstère se trouvait nichée parmi les Halliers 
fesant partie de la Forêt d'Ardenne. » 



A la page 98 du Guide des Curieux qui visitent les 
Eaux de Spa, il est fait allusion aux pamphlets publiés par 
Gérard de l'Eau pendant la révolution de 1789. On y lit, 
dans une note, que « le plus hardi, et l'un des plus piquants, 
est, dit-on, celui qui a pour titre le Buon-upas, etc., par 
Gérard de Bérinzen ; mais il n'est guère connu en France ; 
l'auteur qui s'était déguisé sous ce nom, assez connu à Spa, 
n'ayant publié son pamphlet qu'en Allemagne, pendant qu'il 
y était émigré, vers 1810. « 

Dethier avoue donc qu'il n'a aucune connaissance de ce 
pamphlet. Sans doute s'il l'avait connu, ses principes répu- 
blicains lui auraient dicté un autre avis. 

Le Buon-opas, et non le Buon-upas, n'est pas un pam- 
phlet, c'est simplement un paragraphe d'un chapitre d'une 
publication périodique faite en Allemagne par G. de l'Eau, 
pendant l'émigration, sous le titre de Y Ami du bien public 
et des Rois, par Gérard de Berinsenne, 1799. Le fascicule 
où se trouve ce chapitre a pour sous-titre : Tableau de la 
République française et des accessoires de son régime, 
dédié aux amis de l'ordre social et du bonheur du genre 
humain. 

Comme les productions de G. de l'Eau imprimées en Alle- 
magne sont très rares et peu connues, que celle du Buon- 
opas, grâce à Dethier, jouit d'une certaine renommée, je 
reproduis ce prétendu pamphlet à titre de curiosité. 



- 101 - 
ACCESSOIRES DU RÉGIME DÉHOCRATIGO-RÉVOLDTIONNAIRE. 

ARBRE DE LÀ LIBERTE. 
I 

Il se trouve aux Molusques une espèce de Pin appelé 
Buon-opas (quelle singulière similitude avec le nom de 
Buonaparte!) qui donne une exhalaison tellement subtile 
et mortifère, que, dans une circonférence de plusieurs 
lieues, tout ce qui en approche périt. Rien ne peut y végé- 
ter ni croître. Aucun animal ne peut toucher le terrain qui 
le produit sans être frappé de mort ; et jusqu'aux volatiles 
qui traversent l'atmosphère que son exhalaison atteint et 
pénètre, tombent sans vie. Il suinte de cet arbre une liqueur 
(gomme ou résine) que les Indiens emploient à empoisonner 
leurs lances et leurs flèches pour la guerre et la chasse aux 
bêtes féroces. Elle est recueillie et apportée aux chefs des 
Castes, par des malfaiteurs condamnés au supplice, et qui 
s'en rachètent, s'ils peuvent réussir à approcher vivans 
de l'arbre, et à en revenir avec une phiole remplie de la 
liqueur qui en sort, et qu'ils en font distiller par des inci- 
sions qu'ils y pratiquent. Ces malheureux sont affublés 
d'un habillement préparé à cet effet, et d'un capuchon 
propre à les préserver de la malignité du terrain qu'ils 
doivent parcourir. Un Bonze établi à l'extrémité habitable 
vers le lieu où croit cet arbre pestilentiel, encourage le 
criminel et l'instruit de la manière dont il doit s'y prendre 
pour éviter de succomber, et en revenir avec le poison qui 
doit être le prix de la conservation de son existence. 
Malgré ces précautions, très peu en échappent ; la terre y 
est jonchée des cadavres de ceux qui ont échoué, et des 
carcasses des quadrupèdes et des volatiles qui s'en sont 
trop rapprochés. 



- 102 - 

Le chêne métamorphosé en arbre de la liberté par le 
génie malfaisant de la révolution française, est devenu le 
Buon-opas de toutes les terres où il a été planté. Plus fatal 
que la coupe enchantée dans laquelle Cybelle présenta aux 
compagnons $ Ulysse la liqueur qui les transforma en porcs, 
Yarbre de la liberté frappe d'anéantissement et de mort 
tous les peuples chez lesquels il peut pousser et étendre ses 
rameaux. 

Ph. de Limbouro. 



s 



LA GRANDE VUE DE LIÈGE 

pab Gilles MARISCHAL, 1618 



On sait que la ville de Liège est assise dans une large 
vallée que dominent des collines verdoyantes et boisées, 
couvertes d'habitations nombreuses et de constructions im- 
portantes parmi lesquelles on remarque encore actuelle- 
ment les églises autrefois collégiales de Sainte-Croix et de 
Saint-Martin, la vaste abbaye de Saint-Laurent convertie 
en hôpital militaire et en caserne — l'église a été démolie 
en 1809 — celle de Saint-Gilles, les faubourgs de même nom, 
la citadelle construite par Maximilien-Henri de Bavière au 
milieu du xvii 6 siècle (1650), etc. 

Cette situation a dû, depuis longtemps et surtout avant 
la Révolution française, qui a couvert notre pays de tant de 
ruines, attirer l'attention des voyageurs et des amateurs 
du pittoresque. Traversée, dans toute sa longueur, par la 
Meuse qui y reçoit l'Ourthe, son principal affluent de la 
rive droite, divisée en plusieurs lies communiquant entre 
elles par des ponts, la vieille Cité présentait alors au spec- 
tateur, placé sur les hauteurs environnantes, un tableau 
aussi intéressant que varié par le nombre de ses édifices, la 
quantité de tours et de clochers de ses églises et maisons 
religieuses très multipliées à cette époque. 

Au centre de la ville on remarquait la Violette (Hôtel 



- 104 — 

de ville), les sombres et imposantes masses de la Cathé- 
drale de Saint-Lambert dont les deux tours de sable et la 
flèche très élevée se dressaient au dessus des constructions 
et des tours du palais des princes-évéques, du Séminaire et 
de rofflcialité ; l'église collégiale de Saint-Pierre, démolie 
en 1811, celle de Sainte-Croix et au xvm e siècle les dômes 
de Saint-André et des Dominicains qui complétaient cet 
ensemble. Les autres monuments, les églises collégiales et 
paroissiales, les couvents, les hôtels des familles patriciennes, 
entre lesquels on distinguait la maison Curtius, existant 
encore aujourd'hui (Mont -de-piété), étaient dispersés dans 
le reste de la ville et les faubourgs qui s'étendaient sur les 
deux rives de la Meuse (1). 

Un semblable panorama était bien digne, sans doute, 
d'être reproduit par le crayon et le burin des dessinateurs 
et des graveurs liégeois. Toutefois, c'est seulement dans la 
seconde moitié du xvi 6 siècle que Ton rencontre des vues de 
Liège. Chose singulière ! aucune d'entre elles, avant le xvn* 
siècle, n'est une œuvre indigène, A quoi faut-il attribuer 
cette négligence ? Est-ce à l'indifférence, au défaut d'artistes 
capables, aux troubles qui ont si longtemps déchiré le pays 
ou à la réunion de toutes ces causes ? 

Quoi qu'il en soit, l'honneur d'avoir publié la plus ancienne 
vue de la capitale de la principauté revient, de plein droit, 
à Louis Guichardin, gentilhomme florentin établi à Anvers. 
Elle a pour titre Liège avec les armoiries de la ville; on la 
rencontre à la page 370 de la Description de tout le Pays- 
Bas autrement dit la Germanie inférieure ou Basse 
Allernaigne par Messire Lodovico Ouicciardini. Anvers, 
Guillaume Sylvius, 1507, un volume in-folio. Comme on 

(1) Pour plus de détails, voir A. Cralle, Souvenirs archéologiques ou 
Esquisses de l'état de la ville et du pays de Liège du moyen âge aux 
temps modernes. 



— 105 — 

pouvait 6'y attendre, cette vue, prise du Pont Maghin est 
fort inexacte et ne présente qu'un intérêt de curiosité. Ses 
dimensions sont en longueur m 34, en hauteur ra 24. 

A partir du xvn e siècle et surtout au xvni , les vues 
gravées se multiplient; elles deviennent plus exactes, plus 
détaillées, plus panoramiques si on peut employer cette 
expression (0* Entre toutes, les amateurs ont toujours 
donné la préférence à la planche qui figure dans : Novum 
ac magnum theatrum urbium Belgicœ regiœ ad pres- 
sentis temporis faciem expressum Joanne Blaeu Ams- 
telodamensi, 1649, 2 volumes in-folio. Elle est intitulée 
Legia sive Leodium vulgo Liège. Julius Milheuser 
fecit (2). Jusqu'en ces dernières années on la regardait 
comme la plus remarquable que Ton connût ; sa beauté et 
ses dimensions, O^SO en longueur et m 44 en hauteur, lui 
valaient cette distinction bien méritée. Elle conserva long- 
temps le premier rang. Mais en 1877, un amateur très 
distingué de notre ville, M. le chanoine Nie. Henrotte, fit 
connaître aux archéologues liégeois l'existence d'une magni- 
fique gravure, publiée en 1618, antérieure, par conséquent, 
de 31 ans à la précédente qu'elle relègue décidément au 
second plan. Il s'empressa de décrire, dans le Bulletin de 
l'Institut archéologique liégeois (a), cette pièce capitale 
que lui avait communiquée M. Bodel-Nyenhuis, ancien 
libraire et collectionneur à Leyde, heureux propriétaire du 
seul exemplaire connu jusqu'à ce moment. 

(1) Il en existe une description très intéressante dans l'excellent travail 
publié sous ce titre : Recherchée sur les cartes de la principauté de Liège 
et sur les plans de la ville, par A, Dejardin, capitaine du génie» Liège, 
1860. — Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, IV, *08. — Supplé- 
ment aux recherches, etc. Liège, 186t. Idem, V, 199. — Deuxième, 1868, 
Vni, 301. — Troisième, 1879, XIII, 5zl. 

(z) Recherches sur les cartes, etc., p. 254. 

(3) Tome XIII, page 85, 1877. 



— 106 — 

Cette reine des vues de Liège est gravée sur quatre 
feuilles. Elle a pour titre : Liège Leuck. En haut et à droite, 
on voit les armoiries de Ferdinand de Bavière, prince- 
évêque de Liège et sa devise Avita fide, à gauche le perron 
liégeois. Les noms de l'auteur, du graveur et de l'imprimeur 
sont révélés par l'inscription suivante : Aegidius Maris- 
chalpictor Leodii dilineavit (sic) A 1618. Johan Veenett 
fec(it). Qerrardus Alzenbach eœcfudit). Le point où Fau- 
teur s'est placé est indiqué par ces mots : S. Maur la ou 
on a eu prospect de la cité. 

Pour faire apprécier l'intérêt et la valeur exceptionnels 
de l'œuvre de Gilles Marischal, il suffira de dire qu'elle 
s'étend des hauteurs de Saint-Maur jusqu'à Herstal sur la 
rive gauche et Argenteau sur la rive droite de la Meuse. 
Ses dimensions considérables — 2 m 05 de longueur et G^iO de 
hauteur — ont permis à l'auteur de reproduire beaucoup de 
détails que l'on chercherait vainement ailleurs. Elle paraît 
avoir été publiée à Cologne, ou Gérard Alzenbach avait des 
presses. 

Plusieurs monuments tels que la cathédrale de Saint- 
Lambert, la collégiale de Saint-Martin, l'abbaye de Saint- 
Laurent, etc., y sont désignés nominalement ; de plus, une 
série comprenant quatre-vingt dix-sept numéros devait cor- 
respondre à une légende explicative. Par malheur, celle-ci 
fait entièrement défaut sur la gravure. Cette lacune est 
regrettable. Nous avons cherché à la combler avec l'aide de 
plusieurs amateurs et membres de notre Société, mais sans 
pouvoir nous flatter de l'espoir d'avoir réussi. Elle n'est 
pas, d'ailleurs, exempte d'une certaine confusion ; plusieurs 
numéros sont répétés, d'autres n'ont pu être découverts. 

Il serait désirable de connaître quelques détails sur Gilles 
Marischal qui se qualifie de peintre à Liège et dont le nom 



— 107 - 

existe encore dans le pays. Les recherches faites dans ce 
but n'ont produit aucun résultat ; on n'a rien découvert sur 
cet artiste qui a des titres tout particuliers à la gratitude 
des Liégeois. Jusqu'à présent, il n'est connu par aucune 
autre œuvre. 

À quelle occasion cette gravure a-t-elle été exécutée ? 
Il ne nous a pas été donné de le savoir. 11 faut donc, à ce 
sujet, faire appel à de plus habiles et espérer que leurs 
recherches seront couronnées de succès. 

Nous avons dit que cette gravure n'est, jusqu'à présent, 
connue que par un seul exemplaire, celui de M. Bodel, 
qui l'a donné à l'Université de Leyde. 

La bibliothèque de Liège et plusieurs amateurs de cette 
ville en possèdent des copies fort bien faites. La Société des 
Bibliophiles liégeois ne pouvait manquer de la faire repro- 
duire par la photographie ; ses dimensions ont été réduites, 
mais sans en altérer la clarté des détails. Ce travail sort 
des ateliers de M. Zeyen, photographe, à Liège. 



CATHÉDRALE 

I. Saint-Lambert. 

COLLÉGIALES 
t. Saint-Pierre. 

3. Saint-Martin. 

4. Saint-Jean-Evangéliste. 

5. Saint-Paul. 

6. Sainte-Croix. 

7. Saint-Denis. 

8. Saint-Barthélemi. 

PAROISSES 

9. Saint-Adalbert. 
10. Saint-Etienne. 

II. Saint-André. 

12. Sainte-Catherine. 

13. Saint-Christophe. 



14. Sainte-Marie-Madeleine. 

15. Sainte-Foi. 

16. Saint-Pholien. 

17. Saint-Servais ou Saint-Hubert. 

18. Saint-Georges. 

19. Frères-Mineurs. 

20. Saint-Sé vérin. 

21. Saint-Martin en Isle. 

22. Saint-Nicolas au Trèz. 
22b. Saint-Nicolas Outre-Meuse. 
23. 

24. Saint-Remacle en Mont. 

25. Saint-Remacle au Pont. 

26. Saint-Nicolas aux Mouches. 

27. Saint-Thomas. 

28. Sainte-Véronique. 

29. Sainte- Walburge, 



— 108 — 



ABBAYES 6- COUVENTS D'HOMMES ( 

30. Saint-Laurent. 

31. Saint- Jacques. 
St. Les Prémontrés. 

33. Le Val des Ecoliers. 

34. Les Capucins. 

35. Les Dominicains. 

36. Les Jésuites anciens. 

37. Les Jésuites anglais. 

HOPITAUX 6- CHAPELLE 

38. Saint-Désir. 

39. Cornillon. 
39b.Cnapelle Sainte-Barbe. 

PRIEURÉS 

40. Les Croisière. 

41. Les Ouillemins. 

42. Les Chartreux. 

43. Saint-Léonard. 
44. 

45. Les Carmes en Isle. 

46. Les Récollets. 

47. Les Augustins. 

48. Les Frères-Céiites. 
49. 

ÉDIFICES 

50. Les Minimes. 

51. Corps de Garde des Arbales- 

triers. 

52. Le Palais. 

53. La Violette. 

54. La Halle aux Blés. 

55. L'Arsenal (Tour en Bêche). 

PONTS 

56. Pont de la Tour en Bêche. 

57. Pont des Arches. 

58. PontMaghin. 

PORTES 

59. Porte Vivegnis et la Maison des 

Arbalestriers. 

60. Porte Sainte-Walburge. 



61. Porte Saint-Martin. 

62. Postis des Begards, 

63. Postis d'Avroy. 

64. Postis d'Amercœur. 

65. Postis de Beaurepart. 

66. Postis de Saint-Léonard et Bou- 

levard. 

67. Lazaret. 

68. LesWeines. 

69. Les six cents degrés. 

70. Crèvecœur. 

71. Bouillon. 

72. Degrés des Begards. 

FAUBOURGS 

73. Saint-Léonard. 

74. Sainte-Walburge. 

75. Saint-Laurent. 

76. D'Avroy. 

77. D'Amercœur. 

78. Saint-Gilles. 

79. Vivegnis. 

80. Bressoux et les Houblonnières. 

81. Longdoz et les Houblonnières. 

MAISONS PARTICULIÈRES 

82. Prés Saint- Jacques. 

83. L'Ermitage Saint-Maur. 

84. Maison Curtius. 
85. 

86. Maison Juncis. 
87. 

88. Ancienne Maison van den Steen 

de Jehay. 

89. Refuge Saint-Laurent. 

90. Les Moulins Saint-Jacques. 

91. Maison du chanoine de Vivario. 

92. Les Bavards. 

93. Les trois Torrettes. 
94. 

95. Melck-Hause (Laiterie). 

96. 

97. Rue Pierreuse. 



* • 




UNE SUPERCHERIE LITTÉRAIRE 

OU LES SOUVENIRS DE FRANÇOIS GARNIER 

Jtrdinier-jabflaire an château de Jehay, ete. 

édités par le C te Xavier van den Steen de Jehay 

Liège, L. Gn&dmoit-Doadert, 1884, 2 vol. gt. h-8. 



Au printemps de 1885, les journaux de la province annon- 
cèrent l'apparition de Mémoires inédits, relatifs au Pays de 
Liège. Cette nouvelle — comme bien on le pense — réjouit 
fort tous ceux qui s'intéressent à l'histoire locale. Un tel 
régal littéraire en perspective, avait vraiment de quoi allé- 
cher. Comme pour mettre mieux en appétit le public, l'au- 
teur offrit la primeur de son livre aux mômes journaux, qui 
en publièrent des extraits. Hélas I amateurs et collection- 
neurs avaient compté trop aisément sur cette aubaine. Ils 
durent réfréner leur convoitise. L'ouvrage tiré à petit 
nombre, ne fut pas mis dans le commerce, mais distribué 
seulement à quelques privilégiés. 

Cette parcimonie ou plutôt cette circonspection de l'édi- 
teur, dans la distribution des fameux mémoires, n'empê- 
chèrent pas qu'on les lût avec avidité. En effet, beaucoup 
des heureux possesseurs consentirent à les communiquer à 
leurs amis. 



— 110 — 

Si ces pages avaient excité d'abord la curiosité, elles 
firent naître bientôt chez les lecteurs, un tout autre senti- 
ment: celui d'une méfiance bien justifiée, —tranchons le 
mot — d'une incrédulité complète à l'endroit de leur origi- 
nalité, de leur soi-disant authenticité. Car il était impos- 
sible de n'être point frappé au premier abord, par des 
analogies de style, des ressemblances de rédaction qui ne 
pouvaient être fortuites ; par des tournures de phrases, des 
mots, des idées absolument modernes ou datant d'hier. Les 
anachronismesy abondaient, les erreurs sautaient aux yeux 
dans chacun des chapitres. Bref, on conclut unanimement 
et immédiatement à une supercherie audacieuse, ou à une 
colossale mystification. 

La plupart des bibliophiles liégeois s'émurent de cette... 
fraude. Quelques-uns et nous fûmes de ceux-là, crurent 
non sans raison, que laisser passer cette œuvre sans en 
signaler le caractère apocryphe, serait lui donner en quel- 
que sorte une sanction tacite. C est à ce moment, un peu 
ab irato, et encore sous l'impression chaude de la lecture 
des Souvenirs que nous jetâmes sur le papier les lignes 
qu'on va lire, lignes où nous faisions connaître les bévues 
et les plagiats de l'éditeur. Elles devaient paraître au len- 
demain de l'apparition du livre. Des circonstances qu'il est 
inutile de rapporter, en ont retardé la publication. 

Aujourd'hui que l'auteur n'est plus, plusieurs d'entre vous 
penseront que c'est là besogne inutile, inopportune, et que 
le discrédit s'attachera de lui-même aux Mémoires de 
Gantier . Tel n'est pas notre avis. Sans doute, tous, ici, 
autant que nous sommes, nous saurons ce que valent les 
assertions du pseudo-historien, quel fondement il faut faire 
sur son apport aux annales liégeoises. Mais ceux qui vien- 
dront après nous? 



— 111 — 

Une antre raison qni justifierait l'application du stygmate, 
— car il s'agit ici d'une pure compilation inavouée, d'un 
tissu d'inventions faites à plaisir, — c'est qu'antérieurement 
à cette publication, l'éditeur des Souvenirs avait fait œuvre 
d'historiographe plus ou moins sérieux, et il importe de 
dénoncer Tœuvre attribuée à Garnier pour ce qu'elle est, 
et ainsi de mettre en garde ceux qui seraient tentés de la 
prendre pour un livre de bonne foi. 

Un critique qui fait autorité, constatait récemment ce 
fait : « Nous sommes actuellement en littérature, en his- 
toire, comme en toutes choses, du reste, dans la grande 
période d'examen. 

» Le vif souci de l'exactitude minutieuse, est ce à quoi 
s'exercent les écrivains contemporains. Notre époque étant 
une époque d'inventaire, on veut avec raison que tout 
prenne une valeur de dossier. » 

Si nous nous plaçons à ce point de vue pour juger 
l'œuvre sortie de la plume de M. van den Steen, il ne sera 
certes pas difficile de démontrer combien il s'est peu préoc- 
cupé de la vérité, et de prouver qu'il s'est, en somme, impu- 
demment moqué du public. 

Prenons acte, si vous voulez bien, des déclarations que 
fait l'éditeur dans son Avant-Propos ; car c'est de ses 
assertions mêmes que vont découler les preuves irréfutables 
que l'ouvrage entier a été composé après coup, qu'il n'a 
d'autre paternité à revendiquer que celle de l'éditeur lui- 
même: 

1° Le manuscrit livré à l'impression est l'œuvre de Gar- 
nier, jardinier au château de Jehay. Il a été trouvé dans 
les papiers de ce vieux serviteur, à sa mort arrivée en 1846. 

2° La publication en a lieu, en laissant au style de l'au- 
teur sa couleur et son tour sincère et naif. Si parfois il a 



— 112 — 

été modifié, c'est le résultat d'une révision faite par un frère 
de Garnier et par un chanoine, en 1823. 

Il s'ensuit donc bien que le manuscrit qu'on nous livre 
était achevé et revu, déjà en 1823. 

On pourra donc conclure que tous les emprunts faits à 
des ouvrages, parus après cette date, toutes les allusions à 
des découvertes, postérieures à 1823, ne peuvent être que 
l'œuvre de l'éditeur, c'est-à-dire de M. van den Steen. C'est 
ce que nous espérons démontrer. 

Nous avons parlé du caractère moderne qu'offre parfois 
la tournure du style de Garnier; c'est plus que cela, ce sont 
des idées écloses hier, c'est un esprit d'actualité, ce sont 
des détails qui trahissent si bien et à première lecture leur 
date de rédaction, qu'on s'arrête incrédule et stupéfait à 
les relire. 

Appuyons de quelques exemples. 

A propos d'une tentative d'acclimatation des buffles, faite 
dans diverses parties du pays, sous le régime impérial, Gar- 
nier écrit cette page typique (p. 32) : 

* On peut dire que la plus frappante image de la brutalité, 
c'est le buffle. Ses formes lourdes et comme ébauchées, son 
long cou, sa tète écrasée, son muffle large, ses cornes 
noueuses, son dos pelé, son mugissement farouche, tout 
nous dit que ce monstrueux habitant des marécages de 
l'Inde est un échappé du dernier déluge, un débris d'une 
création plus ancienne que la nôtre, un modèle archaïque 
oublié dans la refonte, un fossile vivant » 

Nous le demandons à tous, ces phrases que nous avons 
mises en italique, ces expressions, ces termes, sont-ils de 
Garnier? Ils ne sont pas même de M. van den Steen. 

Voyez-vous ce paysan, lettré, nous le voulons bien (il 



- 113 — 

s'agit de Garnier), nous entretenir du dernier déluge, et 
cela, il y a plus de soixante ans, alors que l'opinion hardie 
de plusieurs déluges successifs, a été émise hier, en paléon- 
tologie (1). Est-ce qu'on peut admettre bénévolement ce 
manouvrier de Jehay nous parler «* d'un modèle archaïque 
oublié dans la refonte, d'un fossile vivant ? » C'est à supposer 
qu'il a assisté aux discussions récentes de l'Académie sur 
la trouvaille de l'Iguanodon de Bernissart. Vraiment c'est 
nous la bailler bonne. 

Savez- vous l'impression générale produite à la lecture de 
ces deux volumes ? C'est que Garnier était un homme d'une 
érudition vraiment prodigieuse. 

Il possède l'omniscience, il a des notions universelles, 
c'est un Pic de la Mirandole parlant de omni re sctbili. 
Qu'il soit question de n'importe quel art ou quelle science, 
il vous saupoudre sa narration ou émaille sa description de 
termes techniques, de vocables scientifiques, à ébaubir le 
lecteur le moins sujet à l'étonnement. 

Tout à l'heure il parlait d'architecture comme Vignole 
(p. 39); le voici, deux pages plus loin (p. 41), au sujet de l'ex- 
humation de je ne sais plus quel cadavre de bienheureux, 
^exprimant comme un membre de la docte Faculté. Ecou- 
tez-le : *• La tête parut d'abord conservée dans son entier, 
mais sans autre chose que les os; lorsqu'on voulut l'enlever, 
la chevelure resta dans la main avec le coronal, les deux 
temporaux, le sphénoïde, parlîe de l'ethmoïde, les deux 
os maxillaires supérieurs, les deux os de la pommette et 
ceux du nez, l'occiput et les deux pariétaux... etc., etc. « 

Ombre de Molière ! pardonnez à ce pédant, planteur de 
choux à ses heures. Imagine-t-on cet Ardennais de Baillon- 

(1) La thèse de la périodicité des grands déluges, ^hx LeHon, avait paru 
en 1858. 



- 114 — 

ville s'exprimant comme un rapport de médecin-légiste ? Et 
notez que ce n'est pas là le seul accès d'érudition mal 
placée, que Ton constate; page 282, ne se hasarde- 1- il pas à 
écrire que « des fièvres ataxiques et paludéennes s'étaient 
déclarées à Jehay... « 

Page 46, il nous peint les Hussards d'Arberg arrivant 
vers 1765, au Pays de Liège, «* précédés de musiciens 
tsiganes chantant en chœur et dansant Pénivrant csar- 
das— , o il nous parle aussi des magnats hongrois. 

Il n'y a pas à le nier, quand il écrivait cette phrase, Gar- 
nier (mort en 1846) était hanté du souvenir de la dernière 
exposition universelle de Paris, où tout le monde a entendu 
la musique endiablée, popularisée par l'abbé Liszt. Et peut- 
on nous faire admettre que ce manant de Jehay connaissait 
par leurs noms spéciaux et ces peuplades, et leurs castes, et 
leur danse nationale, comme un voyageur retour des bords 
de la Theiss ou des steppes transylvains? Il faut avoir une 
singulière confiance dans la crédulité de ses lecteurs. 

C'est la môme faiblesse ou le même besoin d'étaler son 
savoir qui lui fait, dans un chapitre suivant, à propos de 
véhicules divers, signaler ces termes exotiques de drousky 
et de briska, à l'instar de ces voyageurs modernes qui 
assaisonnent volontiers leurs impressions de voyages de 
mots pittoresques puisés dans la langue du pays qu'ils 
viennent de visiter. Nous admettrions volontiers ce coloris 
dans la bouche de M. van den Steen. Il n'est pas acceptable 
venant de son jardinier, celui-ci eût-il été pédant jusqu'à la 
manie. 

Lorsque Garnier (pp. 54 à 55) se met à décrire les bandes 
de Bohémiens qui se montraient alors dans le pays, il nous 
cite à ce sujet et le Roman comique de Scarron et celui de 
Gil-Blas de Lesage ; il ajoute enfin que « ces nomades fai- 



— 115 — 

saient leur cuisine en plein vent » d'une olla podrida. Tout 
cela, on en conviendra, est encore et toujours beaucoup de 
couleur locale pour un seul homme, et un homme de cet 
acabit. 

Lorsqu'il se met à nous peindre la foire de Marche vers 
1765, * foire qui, dit-il, ressemblait à toutes les foires du 
xvni* siècle, « on peut affirmer sans hésitation que c'est 
bien plutôt la foire de Beaucaire qu'il a dû voir... dans un 
livre. Qu'on en juge : 

» Sur un grand terrain où le gazon rare et jaune achevait 
d expirer sous le piétinement de la foule, des restaurants (?) 
champêtres élevaient leurs murailles de toile éphémère. 
Des phénomènes vivants et des prodiges empaillés, des sal- 
timbanques, des acrobates, des musiciens, des ménageries, 
des mannequins, des jongleurs, des parades en plein vent 
mêlaient leurs femmes sauvages, leurs nains, leurs géants, 
leurs hercules, leurs crocodiles, leurs ours, leurs bandits 
célèbres, leurs pitres, leurs paillasses, leurs défroques et 
leurs queues rouges... » Ouf! abrégeons cette énumération 
qui rappelle un roman fantastique, aujourd'hui fort rare, 
le Cochon de saint Antoine, de Charles Hugo. Le fils du 
grand poète y avait accumulé les énumérations comme à 
plaisir. C'était même le côté le plus curieux de cette œuvre 
d'imagination. 

Eh bien, franchement, cette ingéniosité descriptive est- 
elle du crû de Garnier, et cela entre-t-il dans les habitudes 
d'un jardinier, fut-il La Quintinye ou Le Nôtre? Nous ne le 
pensons pas. 

Mais il y a mieux, Garnier racontant dans le style des 
habitués de l'Hôtel Rambouillet, qu'il y avait là, « des res- 
taurants aux murailles de toile éphémère, » ne s'est-il pas 
beaucoup avancé ? 



— 116 — 

Littré nous apprend que Ton vit s'établir à Paris dans la 
rue des Poulies le premier restaurant, en 1765; précisé- 
ment Tannée où Garnier en place des quantités, à Marche. 
Les géographes de Belgique auraient bien pu, en fait de 
particularité historique, signaler celle-là, quand ils s'occu- 
paient, dans leur manuel, de la petite ville de la Famenne. 
C'est un honneur qu'ils auraient dû lui attribuer. 

Même remarque à faire en matière de genre descriptif, 
lorsque le soi-disant auteur (p. 100) s'occupe des peintures 
de Destain et Parmentier qui ornaient les salons du châ- 
teau de Seraing: « Les parois de ce cabinet étaient décorées 
de croquis exécutés à l'instar des gravures de Callot lors- 
qu'il était au siège de Breda. Cette série de dessins formait 
une œuvre originale. C'était une suite de campements pit- 
toresques, de courses et de chasses, de cavaliers, d'esquisses 
de chevaux, d'épisodes de guerre et de combats, de portraits 
de reîtres, de vivandières, de Turcs, de Hongrois ; puis des 
groupes d'enfants à la mamelle, des béquillards au chapeau 
de travers avec le petit manteau en guenilles terminé en 
dents de scie, des mendiants loqueteux qui secouent leur 
vermine, des bohèmes qui dansent des ribaudières (î), et 
des cavaliers qui boivent le coup de l'étrier, là des fantas- 
sins qui prennent d'assaut en maraude toute une basse- 
cour..., etc. » 

C'est là encore, entre cent autres semblables, l'une des 
tirades bien suspectes du jardinier de Jehay, au style 
duquel — ne l'oublions pas — Monsieur le comte a laissé 
son tour sincère et ndif. 

Du reste ce Garnier vous a des hardiesses de style sur- 

(1) Pour le faire remarquer en passant, ribaudières n'est ni dans Littré, 
ni dans Bescherelle, et ce néologisme pourrait être l'indice d'un nouveau 
plagiat. 



— 117 — 

prenantes. Page 54, ayant à parler d'un dessin représentant 
les jardins d'Haversin, il écrit: « Il nous permet de juger 
quels furent les premiers vagissetnenls de l'arboricul- 
ture. * Passe encore s'il se fut agi d'agriculture, car cette 
science comprend l'élève du bétail, et des vagissements de 
veaux et d'agnelets sont admissibles. Mais l'arboriculture 
vagissante, je ne me représente pas bien ça. 

Au courant de notre lecture, nous avons rencontré Gar- 
nier médecin, architecte, musicologue, minéralogiste; page 
58, ayant à parler de fouilles archéologiques faites à Jupille 
et à Marcourt, il écrit : « Nous mîmes au jour des excava- 
tions rondes qu'on qualifie, je crois, du nom de columba- 
rium. » Pour le coup, cette pointe d'érudition lui a semblé 
un peu risquée, et il a usé de précaution oratoire: je crois. 
Tant l'éditeur a senti que son émondeur villageois paraî- 
trait avoir vraiment trop la science infuse. 

En nous apprenant que son père jouait du violon, il a cité 
Rameau et Lulii ; à la page 88, où il décrit les salons du châ- 
teau de Seraing, le voilà parlant « de peintures dans le 
genre de Canaletti, de paysages selon Claude Lorrain, de 
marines à l'instar de Bacheusse » (sic, pour Backhuysen). 
Nous l'avons déjà dit, ce diable d'homme est une encyclopé- 
die vivante et ambulante. Et qu'on ne nous accuse pas de 
le surfaire. Au chapitre sixième, il en remontrerait à tous 
les généalogistes et héraldistes du pays. Il connaît toute la 
pléiade des historiens liégeois : Abry, Saumery, Hemri- 
court, Foullon, Fisen, Sohet, etc., etc., et il les cite. Il s'est 
infusé toute la bibliothèque de Jehay dans la caboche. 

On se demande après cela, pourquoi M. van den Steen a 
cru devoir imaginer un jardinier et non pas plutôt un 
bibliothécaire, un moine, ayant résidé toute sa vie au châ- 
teau de Jehay. Etant donné la science universelle de son 



— 118 — 

personnage, la supposition eût été plus vraisemblable. 

Citons encore nne de ces phrases qui, an milieu de la nar- 
ration de Gantier, tire l'œil. Car dans les divers chapitres, 
ce qui frappe et peut servir à prouver que l'œuvre est faite 
de pièces rapportées, c'est l'inégalité choquante, le peu 
d'équilibre qu'offre le style, tantôt d'une platitude réelle, 
tantôt imagé et fleuri comme celui d'un romantique. Au 
tome II donc, ayant à décrire une fête civique de la Révolu- 
tion, à Huy, il dira : * Tout cela suivait un char, emprunté 
aux beaux temps de l'Antiquité grecque, qu'entouraient 
quelques Hu toises, prêtresses de moyenne vertu, en tunique 
et couronnées de chêne ; des hiérophantes ayant chaussé 
des sabots en guise de cothurnes. «> 

M. van den Steen intercale enfin parfois dans sa relation, 
des choses qui ont traîné dans maints vieux recueils manus- 
crits ou imprimés. Il en est ainsi page 33, tome II, de la 
grotesque «Litanie des filles mûres et désolées. » C'est une 
de ces grosses plaisanteries archiconnues et nous possé- 
dons un petit recueil manuscrit du siècle dernier dans lequel 
figure cette ritournelle. 

Peut-on ajouter la moindre créance à cette anecdote 
tirée d'un almanach, à ce pitoyable trait d'esprit qu'il 
endosse à Voltaire et que nous allons mettre tout au long 
sous les yeux du lecteur (p. 135, T. II)? C'est le baron van 
den Steen, le maître de Oarnier qui parle : * Lorsqu'on 
ma qualité d'attaché d'ambassade, j'accompagnai à Paris 
feu M. le comte de Mercy-Argenteau, représentant l'empe- 
reur au mariage du dauphin (Louis XVI) avec l'archidu- 
chesse Marie-Antoinette, à notre retour en Allemagne, 
nous repassâmes par Ferney, lieu de séjour de Voltaire. 
Monsieur l'ambassadeur lui présentant le personnel de la 
légation, en citant mon nom, dit : * Monsieur est de la 



— 119 — 

principauté de Liège. » A cette énonciation, le vieux 
patriarche de la philosophie moderne fit une épouvantable 
grimace de rhubarbe et s'écria : * Ho! ho! la principauté de 
Liège! je la connais, j'y ai habité; c'est le pays où l'on con- 
fectionne les chaussures les plus solides et vous en connais- 
sez le procédé : matière première, pour un cuir imperméable 
on prend le gosier de vos musiciens ivrognes connus, qu'il 
est plus facile de charger que d'emplir; la langue de vos 
méchantes femmes liégeoises fournit une empeigne indes- 
tructible. Le tout cousu avec la haine de vos prêtres, achève 
une chaussure très solide. * La conversation de Voltaire ne 
fut qu'un mélange de persiflages, de sophismes, de paradoxes 
et d'impiété « 

Le compilateur outrage encore la vérité en cette occasion 
avec une rare désinvolture. 

Le comte de Mercy était déjà ambassadeur d'Autriche à 
Paris, deux ou trois ans avant le mariage de Louis XVI 
(alors dauphin) avec Marie- Antoinette. C'est lui qui négocia, 
à Paris, ce mariage, mais il ne fut nullement envoyé en 
ambassade extraordinaire par l'empereur, à ce propos. Après 
le mariage, comme avant, il continua à résider à Paris. 
Tout cela résulte de sa Correspondance avec l'impéra- 
trice Marie-Thérèse, imprimée naguère. Il n'est donc pas 
retourné en Allemagne, il n'a pas passé par Ferney qui 
n'était pas sur la route de Paris à Vienne, il n'a donc pas 
présenté le personnel de l'ambassade, dont ne faisait pas 
partie M. van den Steen. 

Le personnel de la légation autrichienne à Paris, se com- 
posait, outre l'ambassadeur, tout au plus d'un conseiller de 
légation. Il suffit pour s'en assurer d'ouvrir un exemplaire 
de XAlmanach de la Cour de France, de 1770. 

Jusqu'ici, nous dira-t-on, vous avez quelque peu chicané 



— 120 — 

cet excellent homme sur son style, sur ses tournures de 
phrases, sur son travers de pédant. Mais les faits qu'il rap- 
porte, les détails qu'il nous fournit, sont, en somme, véri- 
diques ? 

Il n'en est rien : le brave horticulteur ne se pique guère 
d'exactitude, quand il aborde l'histoire; il se préoccupe 
même fort peu d'être précis quant aux dates. 

Témoin ce qu'il nous dit d'un prétendu séjour du roi 
Gustave III au château de Seraing. Et d'abord il fait 
erreur quand il assigne comme date du voyage du sou- 
verain suédois au pays de Liège, l'année 1779. C'est en 1780 
que ce monarque se rendit aux eaux de Spa, but de son 
déplacement. 

Lisons ensemble, si vous le voulez bien, le curieux por- 
trait qu'il trace du comte de Haga (et non Hagga comme 
Garnier l'écrit), car son style vous a, ici encore, une allure 
qui éveille bien des doutes sur sa provenance : 

« Tous les arts du dessin, le marbre, la toile aussi bien 
que l'effigie monétaire, ont vulgarisé ce profil césarien (?), 

au front fuyant sous sa mèche ossianesque Il avait 

pourtant un ver rongeur, l'ennemi intime des princes de sa 
maison: un tissu adipeux, anarchique, indomptable. La 
graisse montait, envahissait tout..., etc. » 

A qui fera-t-on croire que c'est là du Garnier? N'est-ce 
pas en imposer au public ? M. van den Steen aura découvert 
bien sûr ce crayon quelque part, et n'aura rien trouvé de 
mieux que de l'adapter à son personnage. 

Ce qu'il y a de plus amusant dans tout ceci, est que cette 
peinture qu'il nous donne, est absolument fantaisiste. Gus- 
tave III qu'il nous présente «si gros qu'il en était inconso- 
lable..., se brouillant avec le général Bille Brahé, parce 
que celui-ci était assez peu courtisan pour rester 



— 121 — 

mince, et gui pis est, pour rire des gens qui prenaient 
du ventre, *» cet infortuné Gustave, disons-nous, n'était 
nullement l'homme ventripotent qu'il nous montre. Et en 
voici un témoignage irrécusable. 

Le médecin de Limbourg qui pratiquait à Spa, tenait 
note exacte de tous les malades qu'il traita ; il a laissé des 
cahiers où figurent le diagnostic de chacun de ses clients. 
Le roi de Suède fut du nombre, et voici ce qu'il en dit en 
propres termes : «• Le roi a la taille fine et dégagée, il est 
maigre et a le teint légèrement coloré... » On ne peut 
trouver, croyons-nous, contradiction plus flagrante entre 
deux signalements. 

Lequel est plus croyable, ou de Limbourg qui soigna 

Gustave, ou de Garnier qui Ta vu à Seraing ? Après 

cela, peut-être le regarda-t-il à travers un verre gros- 
sissant. 

Si l'éditeur était encore en vie, il devrait bien avouer 
s'être four...voyé. Un des voyous qu'il nous dit avoir vus à 
Liège en 1775 — car il se sert de ce terme tout moderne 
(p. 84) pour désigner les gamins des rues, — ce voyou, 
disons-nous, n'eût pas manqué de dire, à ce propos, à Mon- 
sieur le comte, qu'il s'était fourré le doigt dans l'œil. 

Ce n'est pas tout, au sujet de Gustave III. 

La narration apocryphe de Garnier, alias van den Steen, 
se poursuit en ces termes : « Ce repas fut suivi d'un 
décampât ivos à giorno. Sa Majesté, Son Altesse le duc 
de Wermelandt et le comte de Billebrahé jouèrent au 
passe-dix , etc. » 

Or, la vérité est qu'aucun de ces deux personnages, 
aucun, vous entendez bien, n'accompagnait le Roi. Et mieux 
que cela, c'est que Gustave III ne mit pas les pieds à 
Seraing. Des deux seules fois qu'il fut de passage à Liège, 



— 122 - 

pendant la première, on lui fit l'offre de le conduire à la 
citadelle, et il déclina cette politesse; et durant la seconde, 
il visita seulement la cathédrale et la citadelle (1). 

M. van den Steen a donc fort mauvaise grâce de nous 
affirmer « que sa plume est pure de toute addition aux évé- 
nements. » 

Déjà nous avons cité des anachronismes chez Garnier. A 
parler généralement, ils sont à vrai dire recueil de tous 
ceux qui, par quelque côté, touchent à l'histoire. Peintres, 
sculpteurs, simples romanciers sont coutumiers du fait, et se 
garder d'en commettre, est malaisé. 

A propos d'une mention du jardinier de Jehay, nous avons 
bien aussi certaines réserves à faire. Mettons le lecteur 
au fait. 

Garnier raconte au chapitre I er , page 33, qu'étant encore 
enfant, il accompagnait fréquemment sa mère qui allait 
chaque semaine, de Rabozée, porter à Marche, son lait et 
son beurre. 

« Aller en ville était pour moi, dit-il, une grande jouis- 
sance, hormis les jours pluvieux, ils me procuraient la mal- 
heureuse chance de me munir d'un parapluie. 

« Le parapluie de ma famille était si grand et si vieux ! 
Il avait été acheté il y avait au moins trente ans (notons 
cette constatation que fait Garnier en 1757 ou 1758). 

*» Il était si lourd le parapluie rouge! A la vérité, on 

le portait rarement sauf les jours de livrance à Marche ; 
hormis cette circonstance, quand il pleuvait nos parents ne 
sortaient pas ou bien ils se couvraient l'un d'une vieille 
houppelande, l'autre d'une antique talarre (i). » 

(1) Voyez notre opuscule: Gustave III aux Eaux de Spa, pp. 54 à 92. 
(«) Qu'est-ce qu'une talarre f En ouvrant Littré, on trouve Taîaire, 
adjectif, t. d'antiquités, qui descend jusqu'aux talons. Tunique talaire 



— 123 - 

Malgré toute la considération que j'ai pour le savoir de 
M. van den Steen, je ne vois dans son détail du parapluie, 
— détail infime, je le veux bien, — qu'un nouvel anachro- 
nisme. 

Cette mention de l'existence d'un parapluie de famille , 
avant 1760, chez des paysans de Rabozée, endroit reculé 
de la Famenne, est des plus contestables. 

Et voici ce qui le prouvera : de Limbourg qui écrivit la 
seconde édition des Amusemens de Spa, vers 1780, en 
avait projeté une troisième, pour laquelle il a laissé des notes 
manuscrites. Or, à propos des modes nouvelles introduites 
à Spa, il cite comme particularité curieuse, ceci : Robert 
de Limbourg rapporta dans le pays, le premier para- 
pluie, en 1 784. 

Garnier reportant l'antiquité du parapluie de sa famille à 
1727 (puisqu'il avait été acheté trente ans avant 1757), il 
s'ensuivrait que le hameau de Rabozée aurait possédé ce 
vénérable rifflard plus de cinquante-sept ans avant qu'on 
D'en vit à Spa, et quand on dit Spa, c'est, vous le savez : le 
café de l'Europe, une quasi-capitale en miniature, l'en- 
droit où toute innovation de luxe paraissait bien avant que 
dans toute autre agglomération du pays. Je sais bien que 
l'on reporte l'adoption du parapluie en France au milieu du 
xvii 4 siècle ; qu'il coûtait alors cent francs au moins, qu'il 
fut fait de cuir d'abord, de toile cirée ensuite, enfin de soie 

(du latin, talaris). Ce terme nous semble bien étrange dans la bouche du 
jardinier Garnier. Il se sert aussi plusieurs fois du terme baluchon (p. 87), 
pour désigner un petit paquet. Ce mot n'est ni wallon, ni belge, mais em- 
prunté au dictionnaire de la Langue Verte, et est de l'argot des ouvriers. 
Je croyais M. Tan den Steen peu familiarisé avec le vocabulaire auquel 
Alfred Delvau et Larcher ont attaché leurs noms. C'est encore là du reste, 
avec le mot voyou rencontré précédemment, une note qui trahit la moder- 
nité du style de notre auteur. 



— 126 — 

changeant seulement les noms de lieux et les dates; ailleurs 
enfin il travestit les faits, ou ajoute des choses de son crû. 
Travail de marqueterie ingénieux, et qui le ferait procla- 
mer un maître mosaïste. 

Si tous ceux d'entre les lecteurs de Garnier qui ont fait des 
constatations de l'espèce, voulaient consentir à nous livrer 
le résultat de leurs observations, on réunirait une collection 
de plagiats des plus étonnantes. 

Une tête farcie par la lecture de nombreux ouvrages et 
douée d'une mémoire fidèle, nous serait d'un grand secours, 
en l'occurrence. La difficulté se complique du reste par ce 
fait que ce diable d'homme a fourragé un peu partout, 
prenant son bien — pardon ! celui des autres — où il le 
trouvait. 

Quoiqu'il en soit, nous aurons toujours à citer de ces 
démarquages en nombre plus que suffisant pour éclairer la 
religion de nos collègues. 

1. Entre autres récits que fait Chateaubriand dans ses 
Mémoires d'Outre-Tombe, figure celui de la bataille de 
Waterloo. L'écrivain — on le sait — était à Gand où Louis 
XVIII s'était réfugié. Il relate ce qu'il a entendu en se pro- 
menant hors de la ville, le jour de la bataille. 

Cet épisode raconté par l'auteur du Génie du Christia- 
nisme, Garnier Ta fait sien tout entier; et il le place à 
Jehay, naturellement, et sans nous dire un mot de son 
modèle (Voir t. II, p. 360). 

2. Un autre épisode que notre mémorialiste supposé a 
littéralement copié pour le faire entrer dans sa compilation 
est celui de - Blùcher à Liège « (pp. 354 à 358, t. II), cinq 
pages entières, dans lesquelles il y a à peine, de ci de là, 
un mot changé. On constate au haut des pages 356 et 357, 
la présence de timides guillemets, mais d'auteur cité, point. 



— 127 — 



Or, la narration a été complètement empruntée au Courrier 
de Paris, où elle a paru avec la signature A. Ysabeau. 
M. van den Steen n'aura pas même eu beaucoup de peine à 
se la procurer, car elle avait été reproduite par la Gazette 
de Liège (numéro du 17 avril 1872). 

3. Au tome II, page 16, Garnier raconte qu'il fut mis — 
pendant la Terreur — en surveillance à Jehay. Il nous 
fournit des détails sur les faits et gestes des trois sans- 
culottes préposés à sa garde. Coïncidence bien curieuse, 
nous retrouvons les mêmes faits narrés presque mot pour 
mot dans les Souvenirs de la marquise de Créquy, 
mémoires eux-mêmes apocryphes du reste (c'est une ana- 
logie de plus), puisqu'ils furent fabriqués par M. de Cour- 
champs. 

Mais il n'est rien de tel, pour faire ressortir l'évidence du 
plagiat, que le parallélisme des deux textes, et pour cette 
fois, nous recourrons au procédé. Il est même amusant de 
constater que, pour nous servir ce plat d'emprunt, notre 
auteur a pris soin auparavant de le préparer selon la cui- 
sine du pays. 



Souvenirs de M™ de Créquy 



- A la suite de mes interroga- 
toires, de mes sollicitations et 
de mes visites à nos juges, que 
j'avais voulu faire toute seule, 
afin de ne pas exposer mon fils 
au danger de s'attirer l'atten- 
tion des autorités révolution- 
naires, je fus d'abord mise en 
état d'arrestation chez moi, sous 
la surveillance de trois sans- 
culottes qui nous voulaient ren- 
dre la vie si dure, que Dupont 



Souvenirs de François Garnier 



A la suite de mes sollicitations 
et de mes visites aux membres 
du pouvoir, séant à Liège et à 
Huy, je Aïs d'abord mis en état 
de surveillance à Jehay, sous 
la garde de trois sans-culottes, 
Fourrier, Bancel et Mirall, qui 
voulaient me rendre la vie si 
dure que la servante Tatine 
Puffet n'y trouva nul autre re- 
mède que celui de les gorger de 
mangeaille et de les maintenir 



— 128 — 



n'y trouva nul autre remède 
que celui de les gorger de man- 
geai lie et de les maintenir ivres- 
morts. Il y en eut un qui n'eut 
pas la force de résister plus de 
huit jours à ce régime- là et les 
deux autres en tombèrent ma- 
lades. 

— Mais c'est conscience, et 
vous êtes un meurtrier, dis-je à 
Dupont. Il me répondait qu'il 
riy a pas de mauvais coups sur 
de mauvaises bêtes. Il a toujours 
des proverbes à sa disposition, et 
quand les deux serviteurs vou- 
laient écrire à la section pour 
demander un autre sans-culotte 
en remplacement du défunt, Du- 
pont leur disait que la grand?- 
bande fait les étoumeaux mai- 
gres. 



Ensuite il épanchait pour eux 
des rouges-bords et des rasades 
d'eau de vie qu'il envoyait ache- 
ter au cabaret et chez l'épicier 
du coin, pour économiser ma 
cave et les provisions de mon 
office. 

Ces deux malheureux ne vou- 
laient manger absolument que 
des salaisons, des viandes fa- 
mées et des épices; on leur don- 
nait tous les jours un gros jam- 
bon et une merluche grillée, un 
fromage de Hollande et je ne 
sais combien de harengs-saurs ; 
mais c'était surtout de mou- 



ivres morts. Mirall n'eut pas la 
force de résister plus de sept 
jours à ce mauvais régime et 
les deux autres en tombèrent 
malades. 



— Mais c'est conscience, et 
vous êtes une meurtrière, di- 
sais-je à Tatine. Elle me répon- 
dait qu'il n'y a pas de mauvais 
coups sur de mauvaises bêtes. 
À l'instar de mon vieil oncle 
Guillaume elle avait toujours 
force proverbes à sa disposition, 
et quand les deux survivants 
voulaient écrire à la section pour 
demander un autre sans-culotte 
en remplacement de Mirall, Ta- 
tine me disait dans son patois 
du Condroz : li dial les eppoêt, 
ces arregi krapo, etc. 

Ensuite elle épanchait sur mes 
surveillants des rouges -bords 
et des rasades de gros vin de 
Huy, de bière de Hougaerde et 
d'eau de vie. 



Ces deux carmagnols ne vou- 
laient manger que des salai- 
sons, des viandes fumées et des 
épices, on leur donnait tous les 
jours du jambon et une merluche 
grillée, un fromage de Hervé, 
du pot de kaise et je ne sais 
combien de harengs saurs ; mais 
c'était surtout de la moutarde 



— 129 — 



tarde aux anchois qu'ils étaient 
singulièrement affriandés, car 
ils en couvraient des tartines, 
(Souvenirs de M™ de Créquy, 
t. VI, pp. 205 et 206. Edit. de 
Paris, 1836). 



aux harengs qu'ils étaient singu- 
lièrement affriandés, car ils en 
couvraient des tartines (Souve- 
nirs, t. II, pp. 16 et 17). 



La démonstration du plagiat ne peut être plus évidente. 

4. L'anecdote narrée par Garnier au tome I er , page 325, 
où il cite une certaine comtesse de Velderen, qui pendant 
la danse, perdit un de ses sourcils artificiels, fait de peau de 
taupe, appartient aussi à la marquise de Créquy. Seulement 
chez elle, c'est la princesse de Carignan qui éprouva ce léger 
désagrément (t. III, pp. 127 et 128). 

5. Au même tome, page 93, Garnier nous donne ses im- 
pressions de voyage à travers le pays de Rolduc et d'Aix- 
la-Chapelle. C'est le texte même de de Feller, tiré de son 
Itinéraire ou Voyages, au tome II, page 498. Ce qu'il nous 
apprend sur Zulpich, à la page 95, se retrouve mot pour mot 
chez de Feller encore, page 524. 

L'abbé a du reste été pillé sans merci. Le voyage de Gar- 
nier à Trêves, tome II, pages 212 et 213, est la reproduction 
à peu près identique du voyage de de Feller dans la même 
ville ; il correspond aux pages 149, 150, 508, 509 et 510 de 
l'Itinéraire. 

6. Les exploits des bandits fameux nommés les Chauf- 
feurs, qu'il relate, sont tirés d'un article du même titre, 
publié par Lehon, dans le volume sixième de la Revue 
belge. 

7. Les adieux touchants qu'on lui voit adresser à son 
village de Rabozée (t. I, p. 71), avaient déjà servi à Bovy 
qui les met dans la bouche de son émigré (t. III, p. 10), quit- 
tant la noble cité de Liège. Mêmes accents dans les senti- 



— 130 — 

ments exprimés, pas un point ni une virgule ne sont omis. 

Bovy, lui aussi, a été mis très fréquemment à contri- 
bution. La fin de son chapitre II, au tome III, page 28, 
commençant par ces mots : « Mes lecteurs comprendront 
d'ailleurs le mélancolique plaisir que j'éprouve à jeter au 
soir de mes jours, un regard sur mes premières années, 
etc., » se retrouve identiquement chez Oarnier au tome II, 
page 384. 

L'histoire de la femme Dumoulin, pendant l'émigration, 
insérée par Garnier, tome II, pages 194 et 195, se lit tout 
au long dans le même tome III de Bovy, pages 88, 89 et 90. 
Les interrogations de la page 195 : ** Qu'est devenu un tel ? 
— Tué dans la Vendée. — Et un tel? — Tué près de Verdun, 
etc., * sont encore du répertoire de Bovy à la page 83. La 
page 370 du tome I er , est encore et toujours du même. 

Garnier vous a aussi un procédé assez adroit pour dissi- 
muler ses... emprunts. C'est de les faire à différents auteurs, 
pour la rédaction d'un même article, d'une même narration. 
Il amalgame ainsi au tome III, page 384, Madame de Créquy 
et Bovy, et vice versa. Vingt lignes à l'un, quinze lignes à 
l'autre. Le truc est ingénieux pour dérouter l'enquête ou 
dépister les recherches. 

8. La page 25, tome I des Souvenirs comporte une superbe 
description du couronnement de l'empereur Charles VII. 
Garnier dit qu'il Ta extraite du mémorial de son oncle. Mais 
précisément nous découvrons une description absolument 
semblable dans les Mémoires du feld-maréchal comte 
de Mérode-Westerloo, au tome II, pages 82 et 83. Les deux 
textes comparés, on n'y voit, pour ainsi dire, presque pas 
de différence. 

9. Les détails historiques fournis par le jardinier-jubi- 
laire, sur les régiments de Vierset et de Horion (t. I, p. 30), 



— 131 — 

sont textuellement pris dans YHistoire des régiments 
nationaux belges (p. 7) du général Guillaume, dont la pre- 
mière édition n'a paru qu'en 1855, c'est-à-dire neuf ans après 
la mort de Garnier ! 

10. Ce qui est relatif à l'élection d'un nouveau prince- 
évèque, tome I, page 187, est copié chez M. Daris, tome I, 
page 357. 

11. Les particularités qui concernent les fuyards réfugiés 
dans les carrières souterraines de Maestricht (t. II, p. 83, 
2 e ligne), sont extraites du Voyage souterrain de Bory 
de Saint- Vincent, qui lui-même reproduisit Faujas de 
Saint-Fond, Histoire de la montagne de Saint-Pierre 
(pp. 115 et 116). 

12. Garnier s'est également servi, nous dit-on, de Saint- 
Simon, notamment dans l'histoire qu'il retrace de la récep- 
tion des Stuart à Jehay. Qui sait ce qu'il n'a pas utilisé? Et 
jusqu'où pourrait s'étendre rénumération de ces actes de 
kleptomanie littéraire? 

Là, malheureusement, ne se bornent pas les griefs dont 
on peut l'accuser. Quand, par extraordinaire et exception- 
nellement, il cite le texte d'un auteur et l'auteur lui-même, 
il lui attribue ce qu'il n'a point dit, mais des choses qui sont 
de sa propre invention. Il falsifie ainsi audacieusement le 
texte et pour lui donner une apparence de vérité, il a soin 
de mettre entre guillemets ce qui est de son crû. 

Rien ne fera mieux juger que la comparaison des rédac- 
tions. Notons que Garnier fait précéder sa citation de 
l'avertissement que voici : * En cette circonstance, je laisse 
parler M. le baron de Villenfagne d'EngihouI. Voici ce qu'il 
dît dans le premier volume de ses Recherches sur l'histoire 
de la principauté de Liège, publié il y a sept ans. » 



— 132 — 



De Villenfagne 

(Recherches, p. 211). 



Cette abbaye était située sur 
les bords de la Meuse, entre 
Liège et Huy. 

Elle était desservie par des 
chanoines réguliers de Tordre 
de Saint-Augustin. 



De Villenfagne cité par Garnier 

(T. I, p. 802). 



Le dernier prélat de cette 
maison opulente, lequel vivait 
encore naguère, donna, tête 
baissée, dans toutes les extra- 
vagances de la révolution. 

Quelques années avant ces 
tems désastreux, il tint un pro- 
pos à l'abbesse de la Paix-Dieu, 
monastère de Dames Bernar- 
dines peu éloigné de Flône, qui 
annonçait le rôle infâme qu'il 
devait jouer un jour. Victoire 
de Villenfagne, (morte en 1788), 
sœur de mon père, religieuse 
aussi aimable et spirituelle, 
qu'attachée & son état, gouver- 
nait alors ce monastère. 

Les religieux de Flône se per- 
mettaient souvent d'aller à la 
Paix-Dieu, où ils détournaient, 
pour ne rien dire de plus, les 
dames de cette maison de leurs 
devoirs. Ma tante en informa 
l'abbé, ce qui ne produisit rien. 



L'abbaye de Flône était située 
sur les bords de la Meuse, entre 
Liège et Huy. 

Elle était desservie par des 
chanoines réguliers de Tordre 
de Saint- Augustin qui venaient 
de se faire séculariser par un 
bref de Clément XIV, les exemp- 
tant de la juridiction de F Or- 
dinaire. 

Le dernier prélat de cette 
maison opulente, lequel vivait 
encore naguôre,donna, tête bais- 
sée, dans toutes les extrava- 
gances de la révolution. 

Quelques années avant ces 
temps désastreux, il tint un pro- 
pos à l'abbesse de la Paix-Dieu, 
monastère de Dames Bernar- 
dines peu éloigné de Flône, qui 
annonçait le rôle infâme qu'il 
devait jouer un jour. Victoire 
de Villenfagne, (morte en 1788), 
sœur de mon père, religieuse 
aussi aimable et spirituelle qu'at- 
tachée à sa profession, gouver- 
nait alors ce monastère. 

Les chanoines de Flône se per- 
mettaient d'aller souvent, sur- 
tout les dimanches, chanter aux 
messes, vêpres et saluts, à la 
Paix-Dieu, où ils détournaient, 
pour ne rien dire de plus, les 
Dames de cette maison de leurs 
devoirs. Ma tante en informa 
l'abbé, ce qui ne produisit rien. 



— 133 — 



Elle eut enfin l'occasion de le 
voir, et le pria instamment de 
faire cesser an désordre qui 
tendait à introduire chez elle 
on bouleversement total de la 
discipline monastique. 



L'abbé lui répliqua froide- 
ment : Madame, veillez à vos 
poulettes ; quant à mes coqs ils 
sont libres, je ne puis répondre 
de leurs actions. 

L'abbesse de la Paix-Dieu, dut 
pour mettre ses dames à l'abri 
des atteintes de ces coqs dange- 
reux, leur interdire l'entrée de 
la maison, et ordonna d'en fer- 
mer les portes, lorsqu'ils s'y 
présenteraient, ce qui Ait ponc- 
tuellement exécuté. 



La sécularisation et F exemption 
de Fofficialité dont jouissaient 
ces moines, fut un motif pour 
ma tante cTinvoquer F arbitrage 
du haut-voué de V abbaye, baron 
van den Steen de Jehay et de 
réclamer la semonce usitée en 
pareille circonstance. 

Me trouvant d Ençihoul,avec 
mon beau-frére le chanoine de 
Bex, nous nous rendîmes d Je- 
hay, le jour de plaid. Nous y 
vîmes arriver en pompeux équi- 
page de prélat, Vabbé mitre de 
Flâne, accompagné de trois 
chanoines fort sécularisés et 
mitigés. 

Par contre ma tante, ayant 
pour compagnes, Madame cCOr- 
jeo et de Cassai et leur aumô- 
nier Dom Mahieux, religieux 
d'Aine, descendirent d'une an- 
tique et modeste basterne, vé- 
hicule conforme d V humilité 
monacale. Le plaid étant ou- 
vert, madame l'abbesse exposa 
avec calme et dignité le sujet 
de ses griefs. Ce à quoi l'abbé lui 
répliqua froidement : Madame 
veillez & vos poulettes ; quant & 
mes coqs, ils sont libres, je ne 
puis répondre de leurs actions. 

L'énoncé de la semonce ayant 
été rendu, l'abbesse de la Paix- 
Dieu dut pour mettre ses dames 
à l'abri des atteintes de ces coqs 
dangereux, leur interdire l'en- 
trée du monastère et ordonna 
d'en fermer les portes, lorsqu'ils 
se présenteraient, ce qui fut 
ponctuellement exécuté. 



— 134 — 



Quelques mois plus tard, nous 
accompagnions à sa dernière 
demeure, cette vénérable et cou- 
rageuse àbbesse, modèle de tou- 
tes les vertus monastiques. La 
population tout entière des en- 
virons et surtout les pauvres 
voulurent payer un dernier tri- 
but de gratitude et de regret d 
celle qui fut ici bas Fune des 
plus douces personnifications 
de la charité. Ma regrettée tante 
repose d côté des abbesses de 
Marotte et de Wanzoule, ses 
devancières et ses modèles, et 
comme leurs dépouilles mor- 
telles sont réunies sur la terre, 
leurs âmes, f en ai la ferme es- 
pérance, jouissent ensemble de 
la possession de Dieu. 

Tout ce que, dans la version prétendue de Yillenfagne, 
citée par Garnier, nous ayons mis en italique, est une 
audacieuse interpolation. La fin du chapitre, qu'il donne en 
la faisant précéder et fermer par des guillemets comme 
tout le reste, et qu'il met sur le compte de Villenfagne, est 
de son invention. Qui ne voit le but, notamment, d'une partie 
de son apport? Produire le nom du haut-voué van den Steen, 
dont de Yillenfagne n'avait soufflé mot. 

Nous venons de montrer Garnier falsifiant un texte; 
après cela rien d'extraordinaire à ce qu'on le voie donner 
comme un fait avéré ce qui chez l'auteur pillé n'était énoncé 
que comme un projet conçu, non réalisé. 

Au tome II, page 317, il nous apprend que le célèbre phy- 
sicien liégeois Robertson vint à Jehay. Et à propos de cet 
aéronaute, il puise dans Becdeliôvre, et sans le nommer, 
bien entendu, un renseignement. 



- 135 - 



n copie inexactement, tronque même les noms propres. 
Mettons encore, pour édifier le lecteur, les deux textes en 
présence : 

Becdelièvre Garnier 



Lorsque la Russie forma le 
projet d'envoyer M. le comte 
Golofkin comme ambassadeur 
à la Chine, Robertson qui habi- 
tait la Russie depuis longtemps, 
fut choisi pour offrir dans le 
palais de l'empereur à Pékin 
une ascension aérostatique et 
d'autres expériences capables 
de lui donner une haute idée 
des arts et des sciences de 
P Europe. 



Se trouvant à Moscou, l'im- 
pératrice Catherine forma le 
projet d'envoyer le prince Golo- 
win comme ambassadeur en 
Chine. Le prince prit M. Robert- 
son pour son secrétaire : ce 
dernier offrit dans le palais de 
l'empereur à Pékin une ascen- 
sion aérostatique et d'autres 
expériences capables de lui don- 
ner une haute idée des arts et 
des sciences en Europe. 



L'adultération du texte est visible. Becdelièvre rapporte 
le voyage de Robertson en Chine comme un pur projet 
formé par Catherine. Garnier est beaucoup plus afflrmatif. 
D'après lui, Robertson offrit bien réellement le spectacle 
d'une ascension aérostatique au fils du Ciel. 

Malheureusement, cela est parfaitement controuvé. Le 
projet de Catherine, quant à Robertson, resta bel et bien à 
Tétat de rêve. Et nous en avons la certitude par les deux 
gros volumes des Mémoires d'Etienne-Gaspard Robertson, 
le père, parus en 1834, dans lesquels il a consigné tous les 
détails de ses divers séjours en Europe et ailleurs. Il y parle 
longuement de la Russie, mais ne souffle mot de son 
voyage à la Chine, ce qu'il n'eût pas manqué de faire s'il 
l'eût entrepris. Les Mémoires de Robertson sont, à vrai 
dire, d'une grande rareté, et ils n'existaient probablement 
pas dans la bibliothèque de Jehay, sans quoi Garnier n'eût 
pas été aussi afflrmatif. 



— 136 — 

Un chapitre où il adonné libre carrière à son génie inven- 
tif, est la narration de la joyeuse entrée du prince-évêque 
de Hoensbroeck (t. I, p. 203). Tous les détails en sont abso- 
lument faux. 

Le prince n'arriva pas par Visé, il n'entra pas par la 
porte Saint-Léonard. Les quatre compagnies des vieux et 
jeunes arquebusiers, la garde des Dix hommes, n'assis- 
tèrent pas à l'inauguration, par la bonne raison que ces 
compagnies avaient été supprimées depuis 1684, par le 
prince Maxi mi lien-Henri. 

Il suffit pour se convaincre qu'il n'y a rien d'exact dans 
les dires de Garnier, d'ouvrir la collection de la Gazette 
de Liège au numéro du 25 août 1784, où l'entrée du prince 
est relatée. 

Répétons-le : l'éditeur des Mémoires a usé d'assez de har- 
diesse, quand il a affirmé que sa plume était pure de toute 
addition aux événements. Qui pourrait encore croire à sa 
candeur et à son innocence après la collection de faits 
patents et épatants (î) ci -dessus rassemblés. Et ne peut-on pas 
mettre tout le reste des Mémoires en complète suspicion? 

De l'excursion faite au travers des jardins broussailleux, 
cultivés par Garnier, nous avons rapporté une assez jolie 
cueillette de curiosités. Mais nous avions négligé d'éplucher 
le côté : horticulture. Car, ne l'oublions pas, avant d'être 
écrivain et mémorialiste, Garnier est surtout jardinier. 
Nous nous doutions bien que là aussi, il avait lâché pas mal 
de pseudo-vérités, voire même des énormités, principale- 
ment en fait de dates. 

Mais n'étant pas familiarisé avec la science qu'ont illus- 

(1) Il nous sera permis de parler argot, puisque Garnier nous en a 
donné l'exemple. 



— 137 — 

trée les Linnée et les de Candolle, nous avons communiqué 
son premier volume à l'un de nos amis, un botaniste qui 
faisait autorité, M. Pire, professeur émérite, à Bruxelles. 

Ce que nous avions prévu, n'a pas manqué. 

Notre correspondant n'a pu inventorier, étiqueter toutes 
les bévues qu'il a rencontrées, ««tant elles sont nombreuses. « 
Voici au surplus ce qu'il nous écrivait (1). 

Mon cher bibliophile, 

« Vous me demandez ce que je pense des quelques bribes 
de botanique (?) et d'horticulture (?) que renferme l'ouvrage 
de F. Garnier. 

Je vous dirai tout d'abord que je considère celui qui les 
a rédigées comme complètement étranger à la botanique et 
à l'horticulture. 

La plupart des noms de plantes sont tellement estropiés 
qu'il est parfois impossible de découvrir ce que l'auteur 
a eu en vue. Ainsi à la page 158, pour ne citer qu'un 
exemple, nous lisons ces mots : » Nous fîmes une haie de 
clédiccias. » C'est probablement de Gleditschia qu'il est ici 
question. Je sais bien que de tout temps les jardiniers ont 
pris à tâche de défigurer les noms donnés par les botanistes, 
mais ici c'est & un jardinier lettré que nous sommes censés 
avoir affaire et de plus à un botaniste comme il nous l'ap- 
prend lui-môme à la page 90. « Les premiers ouvrages de 
botanique que j'étudiais furent ceux de Dodoens et de Brun- 
fils; ce fut avec eux que je cherchais à déterminer les 
plantes que je rencontrais. Je m'occupais particulièrement 
de la cryptogamie de la Flore liégeoise » 

Ce ne fut certes pas dans les ouvrages de Dodoens et de 
Brunfils que le brave Garnier trouva le nom du Dahlia qu'il 

(1) M. Pire est mort à Spa en août 1887. 



— 138 — 

mentionne à la page 104. « On remarquait dans les jardins 
(du baron de Blizia à Ougrée) une nombreuse collection de 
géraniums et de dahlias. » — Or cette mention figure dans 
les Souvenirs de 1773 à 1778 (V. en tête du chapitre III, page 
69). — Le Dahlia n'a été nommé ainsi par Cavanilles, qu'en 
1789. Le genre Dahlia a été dédié à cette époque à André 
Dahl, démonstrateur de botanique à Abo. Ce n'est guère 
que vers 1800 qu'on a commencé à cultiver les Dahlias en 
France et en Belgique. 

Je me garderai bien de me mettre martel en tète pour 
découvrir ce que l'auteur des Souvenirs a voulu dire par les 
expressions tulipiphères (sic) : « il cultivait des tulipes, 
des jacinthes et autres tulipiphères » (p. 106), inoconia et 
byssénées asteroma : « Il allait herboriser aux environs de 
Spa des inoconia et des byssénées asteroma » (p. 90). Je ne 
suis pas assez savant pour tirer cela au clair. 

Je ne vous parlerai pas de la plante de Joannisbrod 
(p. 89), qui n'est autre chose que le Caroubier et que le 
savant botaniste Garnier appelle une espèce de datte! Ni du 
bananier et de son fruit les Cereos serpentes (p. 89). Tout 
cela me conduirait trop loin. J'appellerai seulement votre 
attention d'historien sur ce que l'auteur des Mémoires nous 
raconte de Dozin ou plutôt Dossin. Il adopte tantôt l'une 
(p. 89), tantôt l'autre orthographe (pp. 152 et 153). 

C'est à ces dernières pages que nous lisons ceci : « Il me 
permit, afin de pouvoir herboriser, de m'associer à M. Dos- 
sin, jeune employé aux officines de ce prince-évèque; il 
s'adonnait d'une manière toute spéciale à l'étude de la bota- 
nique et notamment de la Flore liégeoise. *> Notez, s'il vous 
plaît, que nous sommes au chapitre V, de 1784 à 1788. Or, 
Dossin, botaniste liégeois bien connu, est né le 7 février 
1777. En 1788, U aurait été bien jeune en effet pour occuper 



— 139 — 

une place de pharmacien dans les officines du prince-évêque 
et pour s'adonner d'une manière toute spéciale à l'étude de 
la Flore liégeoise. Du reste Garnier avait déjà herborisé 
bien longtemps avant cette époque avec Dossin. Voyez cha- 
pitre IV, 1773 & 1778, page 90 : » J'obtins un congé de huit 
jours pour accompagner à Spa M. Dozin. Il allait herboriser 
des inoconia et des byssénées asteroma. » Prenons la limite 
extrême de cette période, soit 1778, Dozin allait herboriser 
à l'âge d'un an aux environs de Spa. Voilà assurément un 
botaniste précoce ! 

Mais on pourrait me dire : Etes-vous bien sûr que le 
Dozin ou Dossin cité par Garnier soit le même que celui 
que vous avez en vue? Je répondrais franchement oui, et 
vous donnerais mes preuves. 

Prenons l'intéressante biographie publiée en 1864 dans 
la Revue horticole, par M. Ed. Morren. Nous y lisons ce 
passage qui est emprunté à une biographie antérieure écrite 
par Charles Morren (V. le Nécrologe liégeois, 1852, p. 22) : 
• De Candolle avait reçu sous l'Empire la mission d'écrire la 

Flore française; les préfets à leur tour avaient reçu 

Tordre de fournir à l'illustre botaniste tous les renseigne- 
ments possibles. Le préfet du département de l'Ourthe, 
Micoud, s'adressa à toutes les notabilités locales. L'opinion 
publique désignait à Liège Pierre Dossin qui rédigea, en 
1806, son catalogue des plantes spontanées du pays de Liège, 
ouvrage remarquable; il ne fut pas imprimé et reçut cepen- 
dant une vraie publicité. Il le dédia & son ami Ramoux, 
curé de Glons, l'introducteur de l'industrie des chapeaux 
de paille. De Candolle puisa largement dans ce catalogue. 
Plus tard, M. Dumortier s'en servit avec fruit, comme il 
le dit lui-même, pour la rédaction de sa Fîorula belgica. * 

Ce catalogue cité par Ch. Morren, a été enfin publié en 



— 140 — 

1875, dans les Bulletins de la Société royale de Belgique, 
par M. Th. Durand, sous le titre: Reliquiœ Dossinianœ. 

Mais continuons les extraits de la biographie déjà citée. 

« Si Dossin, dit M. Ed. Morren, par excès de modestie, 
éprouvait une peine infinie à livrer ses écrits à l'impression, 
l'amitié parvenait parfois à vaincre cette répugnance. C'est 
ainsi que, dans ces derniers temps, le Journal d'Agricul- 
ture pratique du royaume de Belgique et la Belgique 
horticole, ont donné le jour à deux excellents mémoires du 
savant botaniste liégeois : l'un est relatif aux cas d'empoi- 
sonnement des chevaux et du bétail par la petite douve 
(Ranunculus flammula) (1850) (i), l'autre traite de la substi- 
tution du Vaccinium Vitis Idaea à l'Arbutus Uva ursi (1851). « 
— V. Et. Dossin, botaniste liégeois (1777-1852), par Ed. 
Morren, Gand, 1865. 

Rapprochons maintenant de ce qui précède le passage 
suivant du livre de Garnier: « Du temps des Français, un 
jour que M. le préfet Micoud-D'Umons dînait à Jehay, il me 
fit l'honneur dem'entretenir du docteur Rozin. Pour le (sic) 
complaire, je lui remis pour être communiquée au célèbre 
botaniste de Candolle, une petite notice composée par Dossin 
et traitant de la petite douve (Ranunculus flammula) avec 
annotations par Rozin. Monsieur le préfet voulut bien me 
dire par après que M. De Candolle avait été très sensible à 
cet envoi et en parlait en termes très laudatifs » (pp. 252 
et 253). 

Les deux paragraphes qui précèdent celui-ci, sont aussi 
dignes d'être notés : 

« A Seraing, il (Dossin) me fit faire la connaissance 

(1) La Notice sur les effets pernicieux de la petite douve, de Dossin, n*a 
été lue au Comité d'agriculture de Liège qu'en 1840 1 (Voir Ulysse Capitaine, 
Nécrologe liégeois pour 1 882, p. 24). 



— 141 — 

du médecin suédois Rozin, qui séjourna longtemps à Liège 
et plusieurs fois nous herborisâmes ensemble. 

» A l'aide de toutes nos observations et notes, on a com- 
posé les premiers cahiers de l'Herbier portatif. « 

Ne perdons pas de vue que tout ceci se passait ayant 1788. 

Or, nous lisons dans la notice déjà citée de M. Ed. Mor- 
ren(p. 7), le passage que voici: « M. Ulysse Capitaine en 
reproduisant les principaux passages de la notice de Ch. 
Morren dans son Nécrologe liégeois pour 1852, fait remar- 
quer avec raison que c'est par erreur que Ton a cité Dossin 
comme ayant pris part à la publication de l'herbier portatif 
de Rozin, car il n'avait encore que quatorze ans quand ce 
livre parut. » 

Je m'abstiendrai, mon cher ami» de tirer les conclusions 
de ce qui précède ; tout ce que je puis dire, c'est que je consi- 
dère tout cela comme une immense mystification. Tout ce 
que le soi-disant Garnier nous raconte de Rozin, de Dossin 
et de De Candolle, il l'a puisé dans la notice de Ch. Morren 
et il a eu la malechance de tomber justement sur la seule 
erreur que cette notice renferme. Il faut avoir du guignon 
en vérité. 

Après ces nombreux échantillons des bévues, des ana- 
chronismes de Garnier, dispensez -moi, mon cher ami, 
d'avaler le second volume de l'œuvre indigeste que vous 
m'avez communiquée. 

Cela irait en vrai crescendo, sans doute. » 

Louis PIRE. 

A l'exemple de notre honorable ami, nous renoncerons à 
pousser plus avant nos investigations, car ce que nous en 
avons rapporté, ce qui a été prouvé, suffira amplement à 
édifier les amis des lettres sur la valeur de cette œuvre. 

On se souvient assurément de cette chanson de geste : 



— 142 — 

Cléomadès, publiée autrefois par un poëte académicien. 
Elle occasionna une critique acerbe. Un confrère, d'une 
rare érudition, releva dans un volume de plus de 260 pages, 
une collection inimaginable d'erreurs d'interprétation, de 
balourdises sans nombre, commises par l'éditeur. On comp- 
tait autant de fautes qu'il y avait de vers dans le poème. 

Nous pouvons dire qu'à suivre pas à pas Garnier dans son 
travail, il ne faudrait peut-être pas moins d'un volume com- 
pact pour répertoriser les anachronismes et les plagiats qui 
y sont accumulés. Et ily aurait de quoi se lasser à la besogne. 

Des personnes étrangères au secret de cette publication 
pourront se demander quelle nécessité il y avait pour M. van 
den Steen d'imaginer cette supercherie, quel mobile Ta 
guidé dans la confection de cette olla podrida? 

Le mot de cette énigme est transparent : il nous suffira 
pour le donner au lecteur, de changer de place une page de 
l'auteur, et de mettre en post-face la dédicace pompeuse qui 
orne le premier volume : 

Jk ^Monsieur 

LÀMBERT-AMÂND 

Baron van den STEEN de JEHAY 

Vicomte d'Harduémont, Baron de Jehay et de Salve 
Echevin de la Souveraine Haute Cour de Justice de la Ville 

et Principauté de Liège, 

Haut-voué des Abbayes de Flône, de la Paix-Dieu 

et de Saint- Jacques à Liège, 

Député & la Diète et à la Chambre impériale de Wetslaèr, 

Grand Conservateur de la Bulle d'or (1), 

etc., etc., etc. 

Mais il n'est pas possible qu'une lecture même superfl- 

(1) Cette charge n'a jamais existé dans la principauté de Liège. Elle est 
due à l'imagination féconde de l'éditeur qui, déjà dans son Histoire de 
Saint-Lambert en avait gratifié plusieurs membres de son lignage. 



— 143 — 

cieile des Souvenirs n'ait déjà éclairé tout le monde sur 
l'insigne honneur qui revient au grand conservateur de la 
Bulle d'Or et aux siens. 

On aura certes remarqué que dans les actions racontées, 
dans les faits mis au jour, dans les souvenirs personnels du 
complaisant jardinier, tout se rapportait en fin décompte à 
Fauteur et à sa famille, qu'il s'agissait bel et bien d'une 
glorification. 

Il eut été peu décent de se préparer à soi-même cette 
apothéose. Mais attribuer un rôle de thuriféraire, d'adula- 
teur à un vieux serviteur, sauvait les apparences. C'est 
là ce qu'a compris tout le premier l'éditeur, et ce qui 
explique qu'il ait mis cet acte de dévotion posthume sur le 
compte de Garnier. Le digne homme ne pouvait protester... 
et pour cause. 



*- 



Séance du 13 février 1887 

Sont présents : MM. Grandjean, secrétaire ; docteur 
Alexandre, secrétaire-adjoint ; Couclet, bibliothécaire ; 
baron de Blanckart, chevalier de Rorman, Cormaux, Dereux, 
Digneffe, Naveau, Eugène Poswick, baron de Sélys-Long- 
champs et Schoolmeesters. 

MM. Bormans, Heibig et Isidore L'Hoest s'excusent de ne 
pouvoir se rendre à la séance. 

Le procès-verbal de la séance du 17 octobre 1886 est 
approuvé. 

Le secrétaire donne lecture de trois lettres par lesquelles 
MM. Oscar Frésart, Ophoven et Jules Poswick donnent 
leur démission de membres de la Société. 

M. Couclet, qui a bien voulu se charger provisoirement 
des intérêts financiers de la Société, rend les comptes de 
Tannée 1886. Les recettes ont produit 4,899 fr. 27 ; les 
dépenses se sont élevées à 1,841 fr. 34. Le boni est de 3,057 
fr. 93. Ces comptes sont approuvés. 

L'élection du président est ajournée à la prochaine séance. 

M. Poswick fait la proposition de modifier le règlement 
de la Société en ce sens que le président ne serait pas rééli- 
gible après l'expiration de ses fonctions et qu'il serait nommé 
an vice-président qui deviendrait président de plein droit à 
l'expiration des fonctions de celui-ci. Les autres membres 
du Bureau seraient, comme auparavant, rééligïbles tous les 



— 146 — 

deux ans. M. de Sélys s'exprime dans le même sens. La dis- 
cussion de cette proposition aura lieu dans une prochaine 
réunion. 

M. Poswick rappelle la décision prise à une précédente 
séance qu'à l'avenir la Société devra tenir au moins quatre 
séances, dans les mois de janvier, mars, mai et novembre, 
sans préjudice d'autres réunions sans date fixe lorsqu'elles 
paraîtront nécessaires. 

La Commission du Bulletin est renouvelée ; les anciens 
membres, MM. Bormans, Poswick et Alexandre sont réélus. 

La Société accepte l'offre que fait M. Philippe de Lim- 
bourg de publier dans le Bulletin les Notes manuscrites de 
François-Laurent Dethier sur l'ouvrage de Wolff portant, 
pour titre : Le Guide des curieux qui visitent Spa, 2 e édi- 
tion, 1818. La Commission du Bulletin examinera les Notes 
de Dethier et prendra une décision motivée. 

Séance du 3 avril 1887 

Sont présents : MM. Gran^jean , secrétaire ; docteur 
Alexandre, secrétaire-adjoint ; Couclet, bibliothécaire ; Bor- 
mans, baron de Chestret de Haneffe, Cormaux, Maxime 
Desoer, Demarteau, Jules Frésart, Félix Frésart, de Géra- 
don, Helbig, Jamar, Isidore L'Hoest, Pascal Lohest, Naveau, 
Orban de Xivry, Eugène Poswick, Schoolmeesters, baron 
de Sélys- Longchamps et Wilmart. 

M. le comte de Limminghe s'excuse par lettre de ne pou- 
voir se rendre à la séance. Il exprime le vœu qu'à l'avenir 
il ne soit plus publié aucun travail étranger au but de la 
Société. 

MM. le chevalier de Borman, baron de Pitteurs de Bu- 
dingen, Van der Haeghen, Renier et Wauters expriment 
leurs regrets de ne pouvoir assister à la réunion. 



— 146 — 

Il est procédé au remplacement des membres du Bureau 
démissionnaire. 

L'élection donne les résultats suivants : 

Sont élus : 

Président : M. Bormans ; 

Trésorier : M. le baron de Pitteurs de Budingen ; 

Secrétaire : M. le docteur Alexandre. 

Après ce vote, M. Helbig est proclamé président d'hon- 
neur à vie à l'unanimité et par acclamation. M. Helbig 
remercie la Société de l'honneur qu'elle lui fait et en exprime 
toute sa gratitude. 

M. Bormans, président, remercie l'Assemblée de l'una- 
nimité des suffrages qu'elle lui a accordés. Il promet de 
consacrer tous ses soins et ses efforts au bien-être et à la 
prospérité de. la Société. Applaudissements. 

MM. Gustave Francotte, Jeanmart de Brouillant, de 
Marneffe, Le Paige et G. Terme sont élus, à l'unanimité, 
membres de la Société. 

M. Demarteau et autres membres font la proposition sui- 
vante : «• Il sera fait rapport, à chaque séance, sur les ar- 
ticles que la Commission de publications propose d'insérer 
au Bulletin. « Adopté. 

La séance est levée à midi. 

Séance du 8 mai 1887 

La séance est ouverte à 10 i/s heures. 

Sont présents: MM. Bormans, président; docteur 
Alexandre, secrétaire ; baron de Pitteurs de Budingen, 
trésorier ; Couclet, bibliothécaire ; chevalier de Borman, 
baron de Chestret de Haneffe, Cormaux, Digneffe, Gustave 
Francotte, Félix Frésart, Grand jean, Jamar, Isidore L'Hoest, 
de Marneffe, Naveau, Orban de Xivry, Le Paige, Eugène 



— 147 — 

Poswick, baron Edmond de Sélys-Longchamps, Schoolmees- 
ters, baron Albert de Villenfagne, Wauters et Wilmart. 

M. Helbig, président d'honneur à vie, se fait excuser. 

Les membres élus à la dernière séance remercient la 
Société de leur nomination. 

M, le baron Raphaël de Sélys-Longchamps et M. Oscar 
Lamarche sont reçus au nombre des membres de la Société. 

M. de Marneffe rend compte de l'état de sa publication. 
Elle formera trois volumes, chacun de trois cent cinquante 
pages au moins. Le premier comprendra le règne d'Erard 
de La Marck. 

L'éditeur propose, pour la reproduction des portraits des 
princes-évèques, le dessin à la plume ou le procédé de la 
phototypie. Un rapport sera fait sur ce sujet à la prochaine 
séance. 

M. Alexandre annonce que le texte latin de Rervm 
Leodiensivm Statvs est imprimé; le texte français sera 
remis à l'imprimeur dans quinze jours. 

Le deuxième fascicule du tome III du Bulletin est distri- 
bué aux membres présents. 

Plusieurs articles sont présentés pour le troisième fasci- 
cule : 1° Par M. Le Paige, une charte ornée d'une miniature 
concernant la Chapelle des Clercs, à Liège; 2° par M. Bor- 
raans, une requête du Père Fisen sollicitant des Etats de 
Liège un subside pour l'impression de son Historia Ecclesiœ 
Leodiensis, avec fac-similé de sa signature ; 3° par le même, 
le Catalogue des manuscrits de l'Abbaye de Saint-Trond 
échappés à l'incendie en 1532; 4° par M. Orban de Xivry, un 
document relatif à l'élection d'un prince-abbé de Stavelot. 
Ces publications sont approuvées. 

La Société examine ensuite les changements proposés aux 
articles V et X du Règlement : 1° Dorénavant le président 



— 148 — 

et le vice-président seront nommés pour deux ans ; le vice- 
président deviendra de plein droit président à l'expiration 
des fonctions du président; 

2° Le nombre des exemplaires accordés à chaque éditeur 
des publications sera porté à vingt-cinq. 

Les deux propositions sont adoptées au premier vote. 

L'Assemblée décide ensuite : 1° que les nouveaux membres 
payeront les annates des deux ou trois dernières années, 
s'ils reçoivent les publications parues pendant cette période, 
et 2° de faire l'acquisition des pierres, gravures ou clichés 
ayant servi aux publications. 

La séance est levée à midi. 

Séance du 26 juin 1887 

La séance est ouverte à 10 i/t heures. 

Sont présents : MM. Bormans , président ; docteur 
Alexandre, secrétaire; baron de Pitteurs de Budingen, 
trésorier; Couclet, bibliothécaire; Body, chevalier de Bor- 
man, baron de Chestret de Haneffe, Desoer, Grandjean, de 
Marneffe, Orban de Xivry, Eugène Poswick, Schoolmeesters 
et baron Albert de Villenfagne. 

Le procès-verbal de la séance du 8 mai est approuvé. 

M. le baron Walthère de Sélys-Longchamps, présenté à 
la dernière séance, est admis au nombre des membres. 

Il est rendu compte de l'état des publications sous presse. 

M. le Président propose de laisser à l'avenir à charge 
de l'éditeur, les frais des changements et remaniements 
importants qui augmentent parfois de trente pour cent 
le prix de la feuille d'impression, le texte des publications 
étant un texte imposé. La discussion est remise à la pro- 
chaine réunion. 

La Société s'occupe ensuite du mode de reproduction des 



— U9 — 

portraits des princes-évêques destinés à figurer dans l'ou- 
vrage édité par M. de Marneffe. Ces portraits seront exé- 
cutés par le procédé de la phototypie. 

Elle accepte l'offre que lui fait M. Gernay, notaire à Spa, 
d'extraire de l'ancien Moniteur français tous les articles 
concernant la Révolution et le Pays de Liège depuis 1789 
jusqu'en 1795. Ce travail, précédé d'une introduction, sera 
imprimé par la Société. 

M. Body propose d'insérer dans le Bulletin un Examen 
critique et historique des Souvenirs de François Oarnier, 
édités en 1884, par feu M. le comte Xavier van den Steen de 
Jehay. Après une longue discussion sur l'opportunité de 
l'insertion de ce travail dans les Bulletins de la Société, 
l'impression en est décidée à la majorité des voix. Il est tou- 
tefois stipulé qu'il sera d'abord soumis à l'examen d'une 
Commission composée de MM. le baron de Chestret, cheva- 
lier de Bormanet Orban de Xivry, qui proposeront à l'auteur 
les changements qu'ils trouveront convenables. 

Les modifications à introduire aux articles V et X du 
Règlement sont adoptées définitivement au second vote. 

La séance est levée à midi et demi. 

Séance du 27 novembre 1887 

La séance est ouverte à 10 i/s heures. 

Sont présents: MM. Bormans, président; docteur 
Alexandre, secrétaire ; baron de Pitteurs de Budingen, 
trésorier ; Albin Body, chevalier de Borman, baron de 
Chestret de Haneffe, Demarteau, Gustave Francotte, Jules 
Présart, Grandjean, de Géradon, comte de Limminghe, 
Isidore L'Hoest, de Marneffe, Orban de Xivry, Le Paige, 
Eugène Poswick, Renier, Schoolmeesters, Terme et baron 
Albert de Villenfagne. 



— 150 — 

Le procès-verbal de la séance du 26 juin est approuvé. 

M. le baron Walthère de Sélys-Longchamps remercie la 
Société de l'avoir admis parmi ses membres. 

La Société décide d'échanger son Bulletin contre les 
publications de Y Argus de la presse, de Paris, et celles 
de r Académie des Lin ce i, à Rome. 

Elle admet ensuite parmi ses membres M. G. Kurth, pro- 
fesseur à TUniversité et M. Léon Lahaye, conservateur 
des archives de l'Etat à Namur. M. Schuermans, premier 
président à la Cour d'appel, présenté à la séance précédente, 
écrit qu'il se désiste de sa candidature. 

Les résolutions suivantes sont ensuite adoptées : 

1° Relativement aux frais résultant de remaniements et 
de changements apportés à des textes imposés, la Société 
prend à ses charges dix pour cent du prix de la feuille 
d'impression ; le surplus sera laissé aux frais de l'éditeur. 
Cette disposition n'est pas applicable aux traductions, intro- 
ductions et notes ajoutées par les éditeurs ; 

2° Sur la demande écrite et signée par sept membres, 
M. le Président convoquera la Société. 

Il est rendu compte de l'état des publications. 

M. de Marneffe annonce que le premier volume de La 
Principauté de Liège et les Pays-Bas au xvi* siècle, est 
presque terminé. Il sera orné du portrait du cardinal Erard 
de la Marck et du fac-similé de la signature de ce prince. 

Le texte et la traduction de Rervm Leodiensivm Staivs 
anno mdcxlix sont sur le point d'être achevés. Il en est de 
même de la Vie de saint Théodard. 

M. Body dépose son travail critique sur les Souvenirs 
de François Gaimier. Le manuscrit sera examiné par la 
Commission spéciale nommée à cet effet, dont les membres 
feront un rapport à la prochaine séance. 



— 151 — 

M. le chevalier de Borman communique à rassemblée une 
partie de son travail sur les Echevins de Liège. L'impression 
par la Société en est proposée, mais l'article I er du Règle- 
ment ne permettant pas la publication de travaux originaux, 
M. Poswick, appuyé par plusieurs membres, propose de 
modifier cet article et d'intercaler après les mots « devenus 
rares, « ceux-ci : « ainsi que les travaux des membres 
de la Société concernant l'histoire politique et littéraire 
de l'ancien pays de Liège. » 

Cette modification sera discutée suivant les prescriptions 
de l'article XI du Règlement. 

La séance est levée à midi quinze minutes. 

Séance du 22 janvier 1888 

Sont présents : MM. Bormans , président ; docteur 
Alexandre, secrétaire ; baron de Pitteurs de Budingen, 
trésorier; Couclet, bibliothécaire; chevalier de Borman, 
baron de Chestret de Haneffe, J. Demarteau, F. Frésart, 
J. Frésart, de Géradon, G. Kurth, Lahaye, E. de Marneffe, 
E. Poswick, Robert de Sélys-Fanson, baron Edmond de 
Sélys-Longchamps, baron Raphaël de Sélys-Longchamps, 
baron Walthère de Sélys-Longchamps, Schoolmeesters, 
6. Terme et Wilmart. 

Lecture est donnée du procès-verbal de la séance du 6 
décembre 1887; il est adopté sans observation. 

M. le professeur Kurth et M. Lahaye remercient la Société 
pour leur nomination. 

MM. Grandjean, Helbig, comte de Limminghe, Isidore 
L'Hoest, Naveau et Orban de Xivry s'excusent de ne pouvoir 
assister à la réunion. 

M. de Schoutheete de Tervarent donne sa démission. 

La Société procède à l'élection des membres du Bureau. 



— 152 — 

MM. Bormans, baron de Chestret de Haneffe, Alexandre, 
baron de Pitteurs et Couclet sont élus respectivement pré* 
sident, vice- président, secrétaire, trésorier et bibliothécaire. 

MM. Henri Francotte, professeur à l'Université, et Camille 
Simonis sont admis, à l'unanimité, au nombre des membres 
de la Société. 

Après lecture des rapports de MM. le chevalier de Bor- 
raan, baron de Chestret et Orban de Xivry sur le travail de 
M. Body, concernant les Souvenirs de François Garnter, 
la Société décide que ce travail sera inséré au Bulletin sous 
réserve de quelques légers changements. 

Elle s'occupe de la modification proposée à l'article I er 
du Règlement. Plusieurs membres émettent des observa- 
tions en sens divers. M. Demarteau présente la rédaction 
suivante : « ainsi que les travaux des membres de la Société 
relatifs à ces documents et concernant l'histoire... « La 
discussion aura lieu à la prochaine séance. 

M. de Pitteurs, trésorier, communique les comptes de 
l'année 1887. Il en résulte que la somme en caisse, au 1 er 
janvier 1888, s'élève à 4,656 fr. 77. 

Le Secrétaire annonce que le tome I er de La Princi- 
pauté de Liège et les Pays-Bas au xvp siècle est achevé. 
L'introduction sera distribuée avec le dernier volume. La 
Vie de saint Théodard sera tirée aussitôt après le colla- 
tionnement du texte sur le manuscrit original. 

L'impression du Rervm Leodiensivm Statvs , anno 
mdcxlix, est terminée. 

L'ouvrage de M. le chevalier de Borman sera distribué 
par fascicules dont le premier sera imprimé au mois de mai. 

La séance est levée à midi. 



^ 

X 



r 



SOCIÉTÉ 

V 

BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 

BULLETIN 

m 

4"" FASCICULE 



LIÈGE 

IMPRIMERIE L. GRANDMONT-DONDERS 



LES ABBÉS 



D0 



MONASTÈRE DE SAINT-GILLES 

A LIÈGE 



Ce fut un abbé du monastère de Saint-Gilles, Aloys de 
Lymbourg, qui s'occupa le premier de dresser la liste de ses 
prédécesseurs. * Je vois ici m'ouvrir une très belle cam- 

* pagne, *» dit-il dans sa Vie de saint Gilles, ** pour un 
» petit y donner carrière à mes esprits et la liberté à ma 

* plume, de tracer sur ce papier ce que nous avons sceu 
<* recognoistre au travers de l'obscurité de plusieurs cen- 
» taines d'années, tant du premier et second fondateurs que 

* des prélats et bienfaiteurs de ce petite collège de Saint- 

* Gilles. J'ai lu avec beaucoup de travail, avisé toutes les 
« lettres et documents de nos archives et non moins curieu- 

* sèment feuilleté tous les registres et vieux cayers de cette 

* maison, tous martyrologes et cartulaires de l'église, con- 
» tenant les noms des défunts, abbés, prieurs, chanoines, 
» religieux, frères et sœurs de céans, depuis la première 
» fondation (i). « 

(1) La vie de saint Gilles, p. 132. Liège, à l'imprimerie de Jean 
Onwerx, 1627. 



— 154 — 

Voici comment. Aloys de Lymbourg raconte les origines 
de son abbaye : « Au temps de ce grand et relevé person- 
» nage Notger, duquel dépend la grandeur et splendeur de 
« la plus parte de nos églises de Liège, fondées, augmentées 
» et enrichies, partie des dépouilles des Chevremontois et 
» d'ailleurs par son industrie, nostre bon Dieu suscita en 
» Provence un je ne sais quel, appelé Gondran de Saint- 
» Gilles, mais au reste homme dévot et religieux envers le 
» créateur de nos âmes, et particulièrement affectionné au 
» culte et au service de la Sacrée Vierge et du glorieux 
» saint Gilles, patron particulier des provençals. 

«• Ce Gondran de Saint-Gilles par prévoyance divine» se 
» vient rendre à Liège avec intention indubitablement de 
»» pratiquer son art et vivre avec plus de contentement 
» qu'en son pays. 

» Nos chroniqueurs Liégeois discourants quoiqu'assez 
« sobrement de son art et profession de vie, rendent l'un 
<* non moins douteux que l'autre confus et incertain. Ce 
» néantmoins, afin de ne nous plonger tumultuairement en 
« la mer de toutes ces diverses opinions, nous dirons avec la 
*> plus grande partie qu'il fut allié à une femme par le sainct 
» sacrement de mariage, trompette de profession et coral 

* gagé à l'église souvereine. Se trouvant au bout de quelque 
«* temps en viduité ... il se résoult au changement de lieu» 
» de vie et de profession. 

» Ce nostre apprenti donc ayant congédié le monde, se 

* transporta dans les forets de Publémont, peuplées d'arbres 
<• et de haillis et bien peu fréquentées des hommes, esloi- 
» gnées de le ville de Liège de 5 cents pas ou environ. Dieu 
» voulut qu'il s'adressa à ce mesme lieu, auquel l'idolle de 
» Wulcain avait autrefois esté établie et adorée par les Ebu- 
» rons enveloppés dans les rets du paganisme. 



- 155 — 

» Gondran bastyt une chapelle au lieu susmentionné, 

* arec une bonne réserve de deniers qu'il avait accumulé 

* par son industrie et exercice de son art. Aucuns disoient 

* qu'il avait un ours apprivoisé servant à porter pierres et 
» cymen aux maisons, tant y a qu'en bien peu de temps le 

* tout fut achevé et consacré à Dieu, sous la tutelle de la 
» sacrée Vierge et du glorieux saint Gilles. 

» Guillaume Fanius (1) en un petit abrégé qu'il a fait des 
» Annales Liégeoises est conforme à nostre dire. 

» Nostre Gondran de Saint-Gilles, s'associa plusieurs 
» compagnons, clercs et autres, lesquels vivants avec luy 
» en bons Hermittes, s'adonnoyent aux exercices d'œuvres 
« charitables, et notamment à recueillir les Pèlerins, qui 
« dès lors venoient à foulle en dévotion à ceste Chappelle. 
» Les bourgeois de Liège y dressoyent des autels, bref, la 

* dévotion s'augmentoit, et la renommée s'en alloit aux 
<* estrangers bien loing. 

« Ces charitables devoirs ont esté continué par les suc- 
<• cesseurs de Gondran et des siens après eux, l'espace de 
«* 140 ans, ou environ, sçavoir jusques au temps d'Alberon 
» 57 evesque de Liège premier de ce nom (*). « 

Tel est le récit d'Aloys de Lymbourg : manifestement il 
s'est inspiré des histoires légendaires de Jean d'Outre- 
meuse : tout ce qu'il y a de certain, c'est que le premier 
fondateur de Saint-Gilles fut Goderan. L'obituaire de Saint- 
Gilles le désigne formellement comme tel : « Commemoratio 
» Goderanni fratris nostri hujus loci fundatoris. « 

Qui était-il, d'où venait-il, on n'a aucune donnée certaine 
pour le dire; l'on ignore même l'année de sa mort : c'est 

(1) Guillaume Fanius Ait chanoine de la collégiale de Saint-Martin, 
à Liège ; la chronique qu'il composa est perdue. 

(î) Vie de saint Gilles, pp. 115 et 116. 



— 156 — 

ce qu'observe Aloys de Lymbourg : « Je ne scay si j'oseray 
» accuser nos devanciers de négligence, sans les offenser, 
» de n'avoir remarquer Tan du trespas du bienheureux 

* Gondran de Saint-Gilles, non plus que celuy du bien- 
«• heureux Pierre, premier prieur, veu que ceste seule 

• faute, traine quant et soy tant d'autres, et en fait parler 
» beaucoup par conjectures et emplir les chronicques de 
» mensonges (1). » 

Bien loin de remonter à l'époque de Notger, l'église de 
Saint-Gilles date tout au plus des dernières années du 
XI e siècle (*). 

Le moine de Saint-Jacques, qui écrivait vers 1056 le 
récit de la translation d'une relique de saint Jacques de 
Compostelle à Liège, parle assez longuement du Publémont, 
des vents impétueux qui soufflaient sur ces hauteurs, des 
torrents qui en descendaient en temps d'orage; il raconte 
que les religieux de Saint-Jacques et de Saint-Laurent 
vinrent en procession au devant de la sainte Relique, jus- 
qu'à mi-côte de la montagne, » fere usque ad médium pre- 
» dicti montis clivum, » à un endroit où s'étendait une 
petite plaine, « parva ibi se planities explicat «* (cet endroit 
ne doit pas être très éloigné de l'emplacement actuel de 
Saint-Gilles); que là même on dressa un autel pour y pla- 
cer le précieux dépôt et donner satisfaction à la dévotion 
populaire; mais il ne fait aucune mention d'un sanctuaire 
de Saint-Gilles. Il eût été si naturel de désigner la place 
par cette chapelle, si elle se fût déjà trouvée là, plutôt que 
d'employer cette désignation vague : parva ibi se plani- 
ties explicat. 

(1) Vie de saint Gilles, p. 118. 

(S) Pour les origines de Saint-Gilles, voyez J. De marteau, Histoires et 
Légendes, dans le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XVIII, 
p. 473; Gobert, Les rues de Liège, t. 1, p. 570. 



— 157 — 

La Chronique de Saint-Laurent, dite de Rupert, re- 
portait vers Tannée 1083 l'érection de la chapelle de Saint- 
Gilles, mais ce passage, comme beaucoup d'autres, pourrait 
ne pas émaner de la plume de l'illustre moine de Saint- 
Laurent; le catalogue des abbés de Saint-Gilles qui se 
trouve annexé à la Vie de saint Gilles par Gilles Royen, 
fournit une date qui parait être la vraie : « Gondran, fun- 
» dator hospitalis sancti ^Egidii, aeremita primus, vixit 

* a° 1110(i). w 

Gondran mourut le 29 mars. 

« En cela sont prisables nos ancestres d'avoir érigé en 

* l'honneur de Dieu et heureuse mémoire du bienheureux 
» Gondran, en la chapelle de Saint-Denis et de Saint- 
» Lambert, une tombe assez somptueuse, sur le cercueil 
« de Gondran, eslevée de 4 pieds sur terre avec colonnes 

* d'allbastre, laquelle y a persévéré jusques Tan 1568, 
» lorsque le prince d'Orange assiégea la Ville de Liège, et 
» ne pouvant mettre a chef ses entreprinses, et mauvais 
» desseins, commanda à ses supposts de réduire en poudre 

- les monastères voisins de la Ville, scavoir SainctrLaurens, 
» Saint-Gilles et la Val-benoit, ce qui fut bien tost achevé 
» sans coups d'escorgee, par ces ministres d'iniquité, qui ne 

- respiraient que la ruine des Eglises, l'extermination des 
» Prestres,* le bouleversement de l'Estat, et l'aneantisse- 
» ment du service divin. 

~ Par ainsi doncques l'Eglise enflambée, et toute en feu, 
>• la Tombe, avec autres beaux et riches ornements, ne peut 
» eschapper d'estre reduicte en cendres. 

y» F. Jean d'EJderen, Heremitte de Saint-Gilles, nous a 
-» tesmoigné plusieurs fois, avoir veu ceste tombe longtemps 
» auparavant ce siège, et admiré la dévotion et zèle des 

(1) P. 07. 



— 158 — 

« Pèlerins, venant de tous les cantons de l'Europe avec 
» offrandes en diverses espèces faisants leures dévotions et 
« prières alentour d'icelle, avec petits cierges ardants en 
» leurs mains (1). » 

La chapelle de Saint-Gilles avait été bâtie sur un ter- 
rain qui appartenait au monastère de Saint-Laurent, à 
Liège. Bérenger ( 1076-1 115), abbé de ce couvent, la céda, peu 
de temps avant sa mort, à un chanoine régulier, nommé 
Gerric, pour y établir une communauté sous la règle de 
saint Augustin. Gerric, ayant réuni quelques frères, devint 
leur premier prieur ou prévôt (*). Il eut pour successeur 
Pierre qui avait auparavant été chanoine et doyen de 
l'église collégiale de Saint-Pierre, à Liège (3). L'obituaire en 
faisait la commémoraison au 10 mars : - Commemoratio 
» Domini Pétri, piae memoriae fratris nostri et prioris 
» nostri. « Gilles d'Orval fixe sa mort au 10 février et ajoute 
qu'il fut enterré * ante crucifixum in capitulo. » 

L'évêque de Liège, Albéron I er (1123-1128) prit en affec- 
tion la nouvelle maison : il agrandit les bâtiments claus- 
traux, reconstruisit l'église dans de plus amples propor- 
tions, pourvut à la subsistance des religieux en leur don- 
nant plusieurs propriétés et le patronat de l'église de 
Bechtem, en Allemagne. Lorsque le nouveau temple fut 
achevé, il voulut le consacrer lui-même le 29 septembre 
1127 et y choisit sa sépulture (4). Le monument érigé à la 
mémoire du pieux prélat fut dévasté par les gueux de 
Guillaume le Taciturne, le 5 novembre 1568 ; Jean de Nollet 
le fit restaurer en 1646. 

(1) Aloys db Lymbourg, Vie de saint Gilles, p. ISO. 

(2) Charte de l'abbé Wibald, dans Mihaus, Opéra diplomatica, t. III, 
p. 342. 

(3) Gilles d'Orval, apud Chapkaville, t. II, p. 67. 

(4) Vie de saint Gilles, p. 119. 



— 159 — 

L'acte de donation de l'évèque Albéron ne nous est point 
parvenu : nous ne connaissons pas non plus les propriétés 
qu'il affecta à la fondation nouvelle; cependant comme 
dans les siècles suivants nous trouvons les religieux de 
Saint-Gilles en possession des églises de Rechain et de 
Héron, et que les chartes qui nous font connaître les acqui- 
sitions du monastère, à travers les âges, ne font aucune 
mention de la donation de ces domaines, il est bien permis 
de conjecturer qu'ils lui ont été attribués par Albéron. Ce 
fut encore le même prélat qui convertit le prieuré en abbaye 
et désigna Azon pour en être le premier abbé (1). 

Albéron II, évêque de Liège (1134-1145), donna à l'ab- 
baye de Saint-Gilles, la jouissance perpétuelle d'une pré- 
bende en 1 église collégiale de Saint-Denis, à Liège (*). 

Il y eut au xn e siècle quelques recluses qui vinrent 
s'établir près de Saint-Gilles. L'obituaire fait mention au 
2 décembre d'une recluse nommée Judick ou Judila : «Com- 
« memoratio Judick inclusse nostrae, primitivae loci (3) » 
et Gilles d'Orval rapporte que cette « venerabilis mulier et 
» Deo dilecta soror » fut enterrée près de la tombe de 
Gondran. 

(1} S11 faut en croire Aloys de Lymbouro, afin que la mémoire du 
bienheureux Gondran fut perpétuelle, Albéron aurait ordonné « que tous 

• ceux qui à l'ad venir feraient profession de jouer de quelques instru- 
» ments musicaux, fut violons, rebec, trompettes, tambours, en la ville et 

• faubourgs seront obligés tous les ans, le jeudy après la feste de saint 

• Jean-Baptiste de se rendre premier en la maison de la ville, et d'illec 

• se transporter ensemble avec un cierge mais en processions, les tam- 
" bours battants, et chacun d'eux leurs instruments musicaux, jusqu'à 
» l'église de Saint-Gilles pour assister à la messe. - Quod in hodiernum 

• diem usque observa tur, » est-il dit dans le manuscrit no 79, « tametsi 

• pietate et religione sensim refrigescente. » 

(2) Vie de saint Gilles, p. 139. 

(3) Ibidem, p. 139; Chapka ville, t. II, p. 67. 



— 160 — 

Au 21 juin on faisait la commémoraison de * Odae viduae 
» pro qua habemus 7 denarios (î). * 

Les renseignements recueillis par Aloys de Lymbourg 
sur ses prédécesseurs nous ont été conservés, au moins en 
partie, dans le manuscrit n° 79 de la Bibliothèque des comtes 
d'Oultremont de Warfusée. 

Ce recueil de pièces historiques et généalogiques, formé 
par Louis Abry, contient à la page 368 une liste des abbés 
de Saint -Gilles intitulée : Séries admodum reverendo- 
rum dominorum praelalorum nostn hujus monas- 
terii, secundum eorum electiones, ab admodum R. D. 
Aloysio à Lymbourgh, hujus abbate, non mediocri 
diligentia reparata, ordogue R. D. D. confratrum in 
hoc monasterio professorum, secundum eorum profes- 
sioneSy prout reperire possibile fuit ex professionutn 
cartulis. 

Aloys de Lymbourg utilisa lui-même ses recherches; à 
la Vie de saint Gilles, qu'il fit imprimer en 1627, il ajouta 
une Paraphrase, dans laquelle il nous fournit certains 
détails sur les abbés de Saint-Gilles. 

L'an 1641, Gilles Royen, « civis et ludimagister Leo- 
» diensis, » mit en vers latins la vie de saint Gilles et dédia 
son travail au révérend abbé, Jean de Nollet. Il inséra à la 
suite de son poème le premier catalogue complet des abbés 
de Saint-Gilles. 

Le Père Fisen imprima cette liste dans ses Mores 
ecclesiœ Leodiensis (1647), et les Bénédictins n'ont fait 
que la compléter pour la Gallia christiana (t. III, p. 1009). 

Au xvm e siècle, Joseph Abry entreprit de réunir des 
matériaux pour dresser la chronologie des abbés de Saint- 
Gilles d'une manière plus détaillée : ses notes sont consi- 

(1) Vie de saint Gilles, p. 139. 



— 161 — 

gnées dans deux manuscrits du château de Warfusée, 
n * 22 et 68. M. Eugène Poswick a publié le travail d'Abry 
d'après le manuscrit n° 22, dans le Bulletin de la Société 
scientifique du Limbourg, t. XI, mais le manuscrit n° 79 
fournit des détails qui n'ont pas été utilisés. 

Une liste des abbés de Saint-Gilles figure dans les 
Délices du pays de Liège et dans les Mémoires manu- 
scrits du doyen Devaulx, à la bibliothèque de l'université 
de Liège. 

L'abbaye de Saint-Gilles ne connut jamais une ère de 
grande prospérité matérielle ; ses ressources furent toujours 
assez modiques, surtout quand on les compare à celles des 
grands monastères de notre diocèse. Cependant les enfants 
des nobles et des chevaliers ne dédaignaient pas de venir 
s'y soumettre à la règle de l'observance religieuse, et c'est 
surtout à eux que l'abbaye fut redevable des accroissements 
de son patrimoine. 

Presque tous les abbés du xm e et xiv e siècles apparte- 
naient à l'aristocratie féodale. Lambert Bronchart (1270- 
1285) était issu de famille noble : son père Godefroid avait 
acheté en commun, avec le chevalier Thierry de Flémalle, 
la seigneurie de Flémalle. 

Godefroid d'Ochain, son successeur, avait pour père le 
chevalier Wauthier d'Ochain, seigneur de Pair, dont le 
frère, Gérard, chevalier, avait épousé l'héritière des Dom- 
martin; Thierry Pannée (1310-1327) descendait du chevalier 
Warnier le Chien de Velroux. 

Les religieux élisaient eux-mêmes leur abbé ; ils devaient 
trouver avantage à le prendre dans ces grandes familles, 
puisque nous les voyons s'attacher pour le choix d'un abbé 
à une même famille. Wauthier d'Ochain reçut la bénédic- 
tion abbatiale quarante années après la mort de son 



— 162 — 

parent Godefroid d'Ochain. Warnier de Wartenge fut élu 
Tan 1382, trente années après le décès de son oncle Bau- 
duin de Hanèche, et parmi les religieux qui concoururent 
à ce choix nous voyons figurer encore deux membres de 
sa parenté Bauduin et Gilles, à côté des Blavier et des 
Surlet. Ce Bauduin succéda à son cousin en 1396 et 
Guillaume d'Anthines, qui devint abbé en 1414, se ratta- 
chait par sa mère à cette même famille, et par son père à 
la race des Velroux et des Lexhy. 

Au xv° siècle les fils des bonnes familles bourgeoises 
vinrent prendre la place des enfants des chevaliers, tandis 
que plus tard nous voyons reparaître sur la liste des abbés 
les représentants de la noblesse. 

Sous le gouvernement de Jean Dary (1460-1503), le relâ- 
chement s'insinua dans l'abbaye. Le chroniqueur Jean de 
Los nous apprend que cet abbé, par sa ténacité et son ava- 
rice, appauvrit sa maison, tant sous le rapport temporel 
que sous le rapport spirituel. Mais une restauration ne 
tarda pas à se produire, sous l'influence probablement de 
l'illustre prince-évèque Erard de la Marck. 

L'abbaye de Saint-Gilles subsista jusqu'en 1786; elle fut 
alors sécularisée et incorporée au chapitre de l'église collé- 
giale de Saint- Jacques, à Liège. 

Il nous reste maintenant à donner la liste de ses abbés. 

E. SCHOOLMEESTERS, 
Curé-Doyen de Saint-Jacques, a Liège. 



— 163 - 

Catalogue des abbés de Saint-Gilles, à Liège. 



1. 

AZON. 

1121-1152. 

Azod, premier abbé de Saint-Gilles, est mentionné plu- 
sieurs fois dans les documents contemporains. 

Il assista, le 21 septembre 1130, à la consécration de 
l'église de Neufmoustier et figure comme témoin à une 
charte qui fut donnée à cette occasion par l'évêque de 
Liège (i). En 1 136, Wibald, le célèbre abbé de S ta ve lot, 
donne à cens perpétuel l'église de Héron à Azon, abbé de 
Publémont et à ses successeurs (*). Azon est cité Tan 1140 
dans une charte d'Albéron II en faveur de l'abbaye de 
Flône (3), et Tan 1 147 dans les chartes de Henri II en faveur 
de Rolduc (4) et de Malonne (5). En 1 152, Wibald, dans une 
lettre au Pape Eugène III, parle d'Azon en ces termes : 

• Superest usque hodie unus de primis habitatoribus ejus- 
» dem loci, et ipse primus abbas, vir religiosus ac timens 
« Deum, qui jam provectus in senectute bona et quasi in 

* labro sepulcri positus, praescriptas conditiones coram 
» tota Leodiensi ecclesia confitetur (e). » 

(1) E. Schoolmbestbrs et S. Bormans, Notice d'un cartulaire de 
r église collégiale de Huy, p. 34; Chape a ville, Oesta Leodiensium Pon- 
tijteum, t. II, p. 73. 

(2) Martènb et Durand, Amplissima collectio, t. II, col. 05. 

(3) Evrard, Cartulaire de Flône, p. 34. 

(4) Mirjius, Opéra diplomatica, t. III, p. 710; Fkanquinbt, Bereede- 
neerde Inventorié der oorkonden en bescheiden van de abdy Klooster- 
rade, p. 16. 

(5) Barbier, Histoire de l'abbaye de Malonne, p. 279. 

(6) MiR^BUS, op. cit., t. III, p. 342; Jaffé, Monumenta Corb., p. 527. 



— 164 — 

La date de la mort d'Azon est inconnue; il fut enterré 
devant l'autel de Saint-Denis : sa commémoraison se faisait 
le 7 février : « Gommemoratio domini Azonis, primi abbatis 
m nostri. » 

2. 
MARSILIUS. 

1 170-1174. 

Marsilius fut le deuxième abbé de Publémont : « Azone 
« itaque primo abbate e vivis excesso, secundus successit 
» admodum reverendus dominus Marsilius, praesule Radul- 
« pho (i). « 

Marsilius régla en 1170 le conflit qui s'était élevé entre 
les abbayes de Saint-Laurent et de Saint-Gilles (*). Le 5 
décembre 1171 il est témoin à une charte de révoque Raoul, 
concernant l'église de Saint-Séverin, à Meeffe (3). L'an 1 173, 
il reçoit en location de l'église Saint-Servais, à Maestricht, 
certaines terres situées à Aaz-Hermée (4). Dans ce docu- 
ment figurent parmi les fratres de Publico Monte « Lam- 
•» bertus prior, Henricus raagister, Reinerus cantor et 
« Bruno custos. » Enfin, un document du chapitre de Saint- 
Martin, à Liège, du 23 août 1174, mentionne encore Marsi- 
lius comme « abbas de Monte publico (5). » 

(1) Manuscrit, n© 79. 

(2) Martènb, Amplissima collectio, t. IV, p. 1178; Dans, Notices sur 
les églises du diocèse de Liège, t. XI, p. 129. 

(3) Paris, Notices, t. XI, p. 130; Schoolmbbstbrs, Regesta de Raoul 
de Zaehringcn, no 15. 

(4) Publications de la Société historique et archéologique dans le 
duché du Limbourg, t. V, p. 32. 

(5) Bulletin de la Commission royale d'histoire, 5« série, t. IV, p. 14. 



— 165 — 

3. 

BARTHÉLEMI. 

1176-1178. 

Tous les catalogues manuscrits et imprimés indiquent 
Brunon comme troisième et Barthélemi comme quatrième 
abbé de Saint-Gilles. C'est une erreur, car Bartholomeus, 
abbas de Publico Monte figure dans deux documents, 
dont le premier est daté de Tannée 1 173 (i) et l'autre de 
1176(2). II est difficile de concilier la date de la première 
charte avec les données positives que nous fournit la charte 
originale du 23 août 1 174, mentionnant à ce jour parmi les 
témoins, Marsilius, abbé de Publémont. 11 faut donc sup- 
poser qu'une erreur de transcription a été commise dans le 
premier document. En effet, nous voyons en 1177 (3), Raoul 
de Zaehringen approuver la donation de l'église de Jodogne 
que venait de faire le comte Gilles de Duras aux religieux 
hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, « ut septem per- 
» sone prefate religionis in perpetuum domino servientes 
» in eadein ecclesia ordinentur; » or, la charte de 1173, 
qui porte le nom de Barthélemi, abbé de Saint-Gilles, 
approuve une modification faite à cette première fondation : 
le même comte Gilles ajoute d'autres biens à ceux qu'il 
avait précédemment donnés, afin que leurs revenus puissent 
suffire à l'entretien de dix frères, * ut decem fratres Deum 
» indesinenter collaudarent. » Il est donc évident que cette 

(1) Miïleus, Opéra diplomatica, t. II, p. 1178; Regesta de Raoul de 
Zaehringen, n© 20. L'énumération des témoins que nous donnons pour 
cette charte dans les Regesta est plus complète que celle qui figure dans 
Mirssus. Il nous a été impossible de retrouver la source où nous avions 
puisé ces renseignements. 

(2} Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. IX, p. 344; Regesta, 
D« 30. 

(3) Mieubus, op. cit., t. II, p. 1182. 



— 166 — 

charte doit être postérieure à la première et qu'elle fut 
octroyée après 1177, 

4. 

BRUNON. 

1182-1209. 

Brunon succéda à l'abbé Barthélemi. « Praefuit revenen- 
« dus Bruno, tempore sancti Alberti martyris, cujus ope et 
» auxilio pluriraa suo monasterio impetravit privilégia (i). « 

Les privilèges accordés à Saint-Gilles par les Papes ont 
disparu ; il est fait mention d'un seul, à savoir, du privilège 
octroyé par le pape Lucius III (1181-1185), qui fut confirmé 
plus tard par le pape Alexandre IV. 

Brunon figure dans les chartes en 1182 (*), 1185 (3), 
1188(4), 1189(5), 1193(6), 1197(7); un abbé de Saint-Gilles 
est cité par son initiale B en 1202(8) et en 1209(9); nous 
supposons que cette lettre désigne Brunon. 

o. 
ADAM. 

1218-1233. 

Adam devint le cinquième abbé de Saint-Gilles. « Quin- 
» tus reverendus dominus Adam abbas declaratur monas- 

(1) Manuscrit, n© 79, fol. 370; Vie de saint Gilles, p. 140. 

(2) Cartulaire de l'église de Saint-Paul, p. 12. 

(3) Ibidem, p. 16. 

(4) Regesta de Raoul de Zaehringen, no 88. 

(5) Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique, t. X, p. 286; Car- 
tulaire de Saint-Paul, p. 17; Daris, Notices sur les églises du diocèse de 
Liège, t. VI, p. 184. 

(6) Cartulaire de Saint-Paul, p. 23. 

(7) Cartulaire de Notre-Dame à Huy, p. 46; Analectes, t. VIII, p. 234. 

(8) Analectes, t. XII, p. 36; Barbier, Histoire de Flore ffe, 2« édition, 
t. II, p. 53. 

(9) Analectes, t. XVII, p. 35. 



— 167 — 

* terii sancti Aegidii, ejusque tenuitati volens nonnihil pro- 

* videre, legavit modiura unum et sex denarios tribus 

* affectos bonnariis Villeriis in Hasbaniae vico. Obiit autem 
- anno 1232 mensis Julii die vigesima tertia (1). » 

Le 31 juillet 1218, Adam, abbé de Saint-Gilles, et Walter, 
doyen de Saint- Jean, terminent un différend qui avait surgi 
entre l'abbaye de Floreffe et le chapitre de Nivelle (*). En 
1219 les mêmes délégués déterminent les possessions res- 
pectives de l'abbaye de Floreffe et du chapitre de Nivelle (s). 
En 1221, Adam figure comme témoin à une charte de 
Hugues de Pierpont en faveur du chapitre de Saint-Mar- 
tin (4). Il est encore cité dans deux documents du Cartu- 
laire de Flône du 20 septembre 1232 et du 5 juillet 1233: 
sa mort est donc certainement postérieure à cette dernière 
date (5). 

6. 
Bauduin PILLART. 

1242-1*59. 

Bauduin Pillart ou Pollart fut élu sixième abbé de Saint- 
Gilles. « Sextus rev. d. Balduinus Pillart, olim prepositus 

* Leodiensis, abbas Aegidianus praeficitur, anno 1231, qui 
« féliciter obiit anno 1259. » 

Il est possible que Bauduin Pillart ou Pollart ait fait 
partie pendant quelque temps du chapitre de Saint-Lam- 
bert, bien qu'il n'en soit pas resté de trace. Toujours est-il 

(1) Le catalogue Royen dit plus exactement qu'il vivait en 1232. 
{!) Analectet pour servir à l'histoire ecclésiastique, t. VIII, p. 380. 

(3) Ibidem, p. 381. 

(4) Schoonbroodt, Chartes de Saint-Martin, n° 18. 

(5) Analectes, t. XXIII, p. 348; Cartulaire de Flâne, par M. Evrard, 
pp. 75 et 76. 



— 168 — 

qu % il n'en fût jamais le prévôt La série des grands prévôts 
est fixée et il n'y a pas de place pour Bauduin. Henri de 
Jauche, 1169-1178; Albert de Rethel, 1181-1195; Hugues de 
Pierpont, 1195-1200; Jean d'Eppes, 1200-1229. Les archives 
de l'église de Saint-Lambert nous signalent l'existence de 
plusieurs chanoines portant le nom de Bauduin : de 1150 à 
1182, les chartes mentionnent un Bauduin, archidiacre, et 
un Bauduin, chanoine de Saint-Lambert, mais ils ne peu- 
vent être identifiés avec notre abbé de Saint-Gilles. Un 
autre Bauduin, chanoine de Saint-Lambert, apparaît en 
1203, mais il s'appelle Bauduin de Landenne. L'archidiacre 
Bauduin, qui est cité de 1225 à 1235, se nommait de Vaux 
ou de Vallibus. 

L'abbé Bauduin apparaît dans les chartes au mois de 
mai 1242 (i), en juin 1243 (*); au mois de décembre 1247, il 
vend au chapitre de Saint-Lambert des rentes que son 
monastère possédait à Crehen (3); enfin, le 31 janvier 1259 
il fait un accord avec l'abbé de Waulsort pour des biens 
situés à Grand-Rosière (4). 

Nous ne connaissons rien de précis concernant la mort 
de Bauduin Pillart. Aloys de Lymbourg et Abry, Fisen et la 
Gallia christiana hésitaient entre les années 1249 et 1259; 
Abry, dans le texte définitif publié par M. Poswick, recu- 
lait son trépas jusqu'en 1270, tandis que précédemment il 
avait admis la date de 1249-1259, et avait intercalé un nou- 
vel abbé entre Bauduin Pillart et Lambert de Bronchart. 
« Anno 1249 ou 1259 fut élu abbé Jean délie Halle, auprès 

(1) Chartrier du Val-Saint-Lambert, n© 175. 
(I) Cartulaire de Saint- Paul, p. 50. 

(3) Bormans et Schoolmeestbrs, Cartulaire de Saint-Lambert, 1. 1, 
p. 532. 

(4) Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, t. V, 
p. 476. 



— 169 - 

- d'Ohey. On ne marque rien de luy si ce n'est sa sépulture 

- audit Saint-Gilles, par laquelle il appert qu'il trépassa 
» Tan 1270. » Lepitaphe de Jean délie Halle nous a été 
conservée; mais il en existe deux versions, Tune men- 
tionne qu'il fut abbé de Saint-Gilles, l'autre, qui semble 
plus exacte, n'indique pas cette qualité. 

Anno Dni MCCLXX pridie nonas martii obiit Johannes de 

G alla (sic) abbas hujus loci. 
Anno MCCLXX pridie nonas martii obiit Johannes de Halla. 

Anima çjus requiescat in pace. Amen. Pater noster pro eo. 

Amen. 

Il nous parait que si la tombe de Jean délie Halle avait 
donné à ce personnage le titre d'abbé, Aloys de Lymbourg 
et Jean Nollet, qui avaient cette inscription sous les yeux, 
n'auraient pas manqué d'insérer ce nom dans la liste des 
abbés. 

Quoiqu'il en soit, il résulte des documents cités que l'abbé 
Bauduin était encore en vie le 31 janvier 1259 (n. s.). 

7. 
Lambert BRONCHART. 

1270-1285. 

Lambert Bronchart fut le septième abbé de la maison de 
Saint-Gilles. * Septimus communi singulorum confratrum 

* suffragante calculo, Reverendo adraodum domino Lam- 
« berto Bronchart de Roloux, olim priori, a votorum direc- 
» ton bus praesulatus insignia deferuntur a 1270; quibus 

* adeptis, ita se gessit, ut vel facundissima lingua prolixio- 
*> res verborum ambages in ejus commendatione sectata, 
« tacendo magis proderit quam loquendo. Unum tamen 



— 170 — 

» sufflcere judicavimus, si ad ejus laudern dixerimus, quod 
» in ejus tumulo sculptum, exaratumque ante aram divis 
» Petro et Paulo sacram reperimus, hisce verbis compre- 
» hensum, in quibus migrationis et vitae annus etiam inno- 
» tescit et mensis. * 

Abbas Lambertus, hilaris, largusque repertus 
Hic jacet, expertusque loci servator apertus. 
Corde quidem magnus Aiit ac pietatis amicus, 
Jus tu s, paciflcus, reprobis leo, mitibus agnus. 
Anno milleno Domini post octuageno 
Quinto, centeno bis, m un do transit egeno. 
In julio cessit medio, cui vere quiescit. 
Hic dictus Bronchart a Christo sit benedictus. 

Abry assure que Lambert Bronchart était issu d'une 
famille noble de la Hesbaye, dont Jacques de Hemricourt 
fait mention dans son Miroir des nobles. Celui-ci parle 
en effet, d'une famille de Rolouœ, mais ne dit rien de l'abbé 
de Saint-Gilles. 

Un document de l'abbaye du Val-Saint-Lambert de 1278, 
nous apprend que le père de l'abbé de Saint-Gilles s'appelait 
Godefroid, et avait acquis la seigneurie de Flémalle de con- 
cert avec Thierry de Flémalle. * Lambers abbés délie 
» egliese Saint-Gilhe en Publemont dist sor son serment, 
» hilh oit dire kant ilh estoit joneis enfans, ki messires 
» Godefroid ses pères et messires Thiris, pères a nostre 
» saignour Lowi de Flémalle, chevalier, qui ja fut, avoient 
» acquis le vilhe de Flémalle en fons et en comble (i). » 

Godefroid et Thierry de Flémalle étaient-ils parents ? 
Il est permis de le supposer, puisqu'ils acquéraient en com- 
mun une seigneurie. Quelle est cette parenté ? 

(1) Chartrier du Val-Saint- Lambert, no 378. 



— 171 — 

Lambert de Flémalle et son fils Thierry chevaliers sont 
cités en 1208 (1). Thierry I er de Flémalle apparaît dans une 
charte de 1220 («). Il mourut avant 1254 et laissa deux fils, 
Thierry et Henri, lesquels interviennent, avec leur oncle 
paternel et tuteur Louis de Flémalle, à une convention 
faite avec le chapitre de Saint-Paul, à Liège, au mois de 
mars 1234 (3). Louis de Flémalle est probablement le même 
que celui qui devint grand mayeur de Liège en 1252. 

Thierry II de Flémalle, chevalier, souverain mayeur de 
Liège en 1265 et 1268 mourut avant Tannée 1275; il avait 
acquis de son frère Jean un fief situé à Ramet, et nonobstant 
cette cession, Jean de Flémalle avait lansagiet ce bien à 
ses enfants par devant ses tenans, assavoir Radus de Mons, 
Jackemiens délie Fontaine de Flémalle et Godefroid ses 
frères. Ce Godefroid, frère à Jackemiens de Flémalle et 
peut-être à Jean de Flémalle, ne serait-ce pas le père de 
Lambert Bronchart, abbé de Saint-Gilles ? 

Lambert Bronchart de Flémalle mourut au mois de 
juillet 1285. 

8. 
Simon de JULIERS. 

1285-1299. 

Simon de Juliers devint abbé de Saint-Gilles le 15 juillet 
1285. » Anno part» salutis 1285, mensis Julii die décima 
» quinta admodum reverendus dominus Symon de Juliaco, 

- praesulatu Aegidianorum insignitur, obiit autem anno 

- 1299 die décima octava octobris. « 

(1) Chartrierdu Val -Saint- Lambert, no 31; de Borman, Le* échevins 
de Liège, 1. I, p. 385. 

(2) Cartulaire de Saint-Lambert, X. I, p. 194. 

(3) Cartulaire de Saint-Paul, p. 57. 



— 172 — 

Abry rattache cet abbé à la famille de Julémont, mais 
sans en fournir la preuve. Il est croyable, dit-il, qu'il était 
le fils d'Arnould de Wittem, dit de Julémont, gentilhomme 
du pays de Juliers, issu de la famille des Scavendris, dont 
Hemricourt fait mention dans son Miroir des nobles, 
(édition Jalheau, p. 237). Le nom de Simon se rencontre 
phisieurs fois dans cette famille. 

Simon mourut le 18 octobre 1299. 

9. 
Godefroid d'OCHAIN. 

1299-1302. 

Godefroid d'Ochain succéda à Simon de Juliers. « Reve- 
» rendus ac nobilis dominus Gaufridus d'Ochain, condrosius, 
» qui ita nobilis génère, ita praeclaris virtutum omnigena- 
» ruin ornamentis nobilitatus, commissam sibi provinciam 
» exequi non dubitasset, si eum fata paulo diutius in terris 
» superstitem sustinuissent, non tantum superstitem sed 
» fortem et robustum ; statim enim tum senio, tum etiam 
» morborum acritate debilitatus anno Domini obiit 1300. » 

D'après Abry, Godefroid serait issu de Wauthier d'Ochain, 
chevalier et seigneur del Préaile. Les documents contem- 
porains de l'abbaye du Val-Saint-Lambert nous font con- 
naître un Wauthier d'Ochain, chevalier et seigneur de Pair 
qui pourrait être le père de l'abbé de Saint-Gilles. Il vivait 
en 1246 et 1267 (î), avait épousé Adile ou Adélaïde et mourut 
avant 1276. Il était le frère de Gérard d'Ochain qui avait 
épousé Agnès de Dommartin, dont Hemricourt trace la 

(1) Chartrier du Val-Saint-Lambert, noi 283, 284, 285, 299 et 350; 
Cartulaire de Saint- Lambert, pp. 501 et 502. 



— 173 — 

généalogie. Une charte de Saint-Gilles de Tan 1302 prouve 
que l'abbé Godefroid vivait encore à cette date. 

D'après la Gallia christiana, Godefroid d'Ochain aurait 
été élu le 21 octobre 1299 et serait mort vers 1319. Abry, 
au contraire, fixe son décès au 18 octobre 1300 ou 1302. 

10. 
Thierry PANNÉE. 

1310-1327 (î). 

Thierry Pannée fut le successeur de Godefroid d'Ochain. 
« Anno 1300 reverendum dominum Theodericum Pannée 
» sibi prepositum delegit Gaufridus ; qui parentibus licethu- 
« milibus, honestis tamen vere piis ortus exstiterit, domino 
» abbate vita fimcto, culmen abbatial is dignitatis sortitur 
» circa annum 1319, in quo sic se gessit, ut nihilo caeteris 
« suis predecessoribus inferior, annis octo domus sibi com- 
*• missae gubernacula cum laude rexerit ; quibus sic excursis 
» anno repara tae salutis 1327 mensis septembres décima 
» quarta, Christi imperatoris jussu vite hujus stationes 
» deseruit. * 

Hemricourt, énumérant les enfants de Warnier le Chien 
de Velroux et de la fille d'Ameil de Fologne, cite comme neu- 
vième fils N... de Velroux, abbé de Saint-Laurent, à Liège. 
Comme il n'y a pas eu à cette époque un abbé de Saint-Lau- 
rent issu de cette famille, il est permis de croire qu'une 
erreur de transcription a été commise et que Hemricourt a 
voulu désigner Thierry Pannée, abbé de Saint-Gilles. Cette 
faute ne se rencontrait pas dans l'exemplaire du Miroir des 
nobles que Abry avait sous les yeux ; car il affirme positive- 
ment que Hemricourt fait mention de l'abbé Thierry Pannée 



- 174 — 

comme étant issu de la famille de Velroux. Thierry Pannée 
avait commencé par être prieur de l'abbaye ; une charte le 
mentionne comme tel en 1298. Il devint abbé, d'après la 
G allia christiana, en 1319 et mourut le 14 septembre 1327 ; 
Abry le fait présider au gouvernement de l'abbaye depuis 
1302 jusqu'en 1319; « les archives du monastère renseignent 
» qu'il mourut le 14 septembre 1319. » Le catalogue im- 
primé dans la Vita Sancti Aegidii par GK Royen, dont les 
indications sont généralement exactes, assure qu'il était 
déjà abbé en 1310. 

11. 
Bauduin de HANÈCHE. 

1327-1352. 

Bauduin de Hanèche succéda à Thierry Pannée. 

Il avait pour père noble homme Jean de Hanèche et pour 
mère Hawige de Wartenge, comme il conste par leur propre 
sépulture de marbre noir qui se trouvait dans la chapelle 
de Sainte-Thérèse, en la dite église de Saint-Gilles. L'abbé 
y était représenté avec ses père et mère, la pierre portait 
avec les armoiries les inscriptions suivantes : 

Chy gist Madame Hawig qui fut femme a mon signour Jehan 
de Hanèche t jadis mère a mon signour Balduin jadis abbes 
de ces te église qui trespassat l'an MCCCXL1I le jour de- 
vant... 

Anno Domini M CCC°LII , in die Callixti obiit pie memorie 
dominus Balduinus de Hanèche quondam abbas et religiosus 
hujus monasterii. Oratepro eo. 

A Tentour de la tète était écrit : * Vos ki paseis par chi, 
* à Dieu pryez por my. » 



— 175 — 

Bauduin donna plusieurs concessions de houillerie dont 
le texte nous a été conservé (1). 

(1) - A tous cheaus qui cbes présentes lettres verront et oront nous 

• Baduuiens de Haneche par le grasce de Deu abbes de sain Oile en puble- 

• mont deles Lyge délie ordene saint augustien et tous li covens de celle 

• mimes liw salut en Deu et connoistre veriteit... Sachent tuit que nos 
» pour le profit et utiliteit de nos délie dicte englieze et de nos successours 

• avons doneît a ovreir a Lambier dit Lambineit de Frangnees, a Renwair 

• de Montengnees, a Gerrar de Jehain et Aelis femme jadit Micbeel de 

• Yvo une ovraige de bulbes et de cberbons délie voine del Marexbe si 

- avant que ilb emporont scoreir et ovreir délie errainne que ilb amonent 

- al derir, si avant que li biens délie ditte englieze soy extendent délie 

• voine desourditte desous aiwe et desoir. Et nos en doient ly dis corn- 

• pangnons ovrîr rendre et paiir de tous profls qui en ysseront gros et 

• menus délie scoreit droite cinqueme, cest asavoir de cinq panir une 

• panir, de cinq dontrs une donira. Et desoux eawe droite sieseme a savoir 
» de sies panir une panir, de sies donir une donir, sauf partout les botees 

• des ovrirs aile usaige et amaniment de cerbenaige. Et doient li diis com- 

• pagnons ovrirs ovreir ou faire ovreir de jour en jour bin et loyament 

• le dit ovraige sens stargier, se che nest par fourebe et eawe, fourche 

• de sangnour mute de lumire au mois d'aoust a us et as costumes délie 

• paiis et délie mestir de cherbenaige. Et devons avoir sour cascune 

• fosse ovrante al couste des dits ovrirs on ouvrir traboir suffisant séjour- 
9 née deservant poir nostre conte et nostre terraige wardeir. Et poions 

• toutes fois que mestir serait envoier le voir jureit dedens l'ovraige a 

• couste des diis ouvrirs pour messureir et visenteir le dit ovraige aile 

• usaige et amaniment del mestir de cherbenaige. Et sensi astout ne 

• avenoit que a quelle personne ou autres ovrirs venisent al desour diis 
« ovrirs al devant qui euwissent al dit ovraige convens qui apparuissent 

- devant la daute de ches présentes lettres, et qui fussent de valour solonc 

• li droit et le loy délie paiis, chu est nostre intention que ses boins drois 

• li vasiste saveit et wardeit as ovrirs desournommeis chu que ilh y 

• aroient mis sens fraude et sens malle engien aile usaige et amaniment 
» de cerbenaige. Et par tant que che sont ferme ebouze et enstauble si 
« avons nos li abbes et covens desoirnommeis pendut à ces lettres faites 

• par cbyrographe nos (propres seyals en) entesmonaige de veriteit. 

• Che fut feit et doneit Tan délie nativiteit nostre sangnour Jhesu-Christ 

• milhe tros cens et XLII a XVIII jour de Genvier » (Archives de l'Etat, 
à Liège). 



— 176 — 

12. 
Wauthier d'OCHAïN. 

1352-1382. 

Wauthier, qui appartenait à la noble famille cTOchain, 
reçut la bénédiction abbatiale des mains d'un évêque suf- 
fragant d'Englebert de la Marck, Libert, évêque de Barut. 
11 légua à son église plusieurs héritages et employa une 
partie de sa fortune à rebâtir les cloîtres du monastère. 
Il mourut Tan 1382. 

Des concessions de houillerie émanées de lui portent la 
date du 2 juillet 1358 et du 6 septembre 1378 (aux Archives 
de l'Etat, à Liège). 

13. 
Warnier de WARTENGE. 

1382-1806. 

Warnier de Wartenge ou Wartaing, fut élu à Tabbatia- 
lité de Saint-Gilles, Tan 1382; il était le fils de Warnier de 
Wartenge qui vivait en 1369; la sœur de son père était la 
mère de Bauduin de Hanèche, ci-devant abbé de Saint- 
Gilles. Il contribua beaucoup à la prospérité de sa maison 
et mourut au mois de septembre 1396. Sa sépulture portait 
avec ses armes l'inscription suivante (î) : 

Hic jacet Reverendus Dominas Warnerus de Wartenge, 
hujus monasterii sancti Egidii abbas, qui obiit anno 
MCCCLXXXXVI. 

(1) La pierre sépulcrale, au pied de l'autel, dans la seconde cha- 
pelle, représentait un homme armé de fer, l'écu sur la cuisse, les mains 
jointes, et un abbé sur le côté droit avec la crosse d'une main et le calice 



— 177 — 

L'an 1391, il reçut au nombre de ses religieux D. An- 
toine de Saint-Hubert, et le vêtit en été en présence de : 
Thomas de Poulseur, prieur; Bauduin de Hanèche; Gilles 
de Hanèche, économe; Radoux le Biavier; Gilles Surlet; 
Bauduin de Hotinne; Bauduin de Xhendremale, pasteur de 
Rechain; Henri de Xhoxhe, chantre; Josse de Hiertines; 
Henri de Genave. 

Guillaume d'Antine novice et Bauduin de Lanetz prirent 
de son temps l'habit religieux ; ils sont morts Tan 1436. 

14. 
Bauduin de HANÈCHE. 

1806-1414. 

Bauduin de Hanèche fut élu abbé de Saint-Gilles en Tan 
1396. * Il était fils de Jean de Hanèche, écuyer (t 1364), et 
» de Marie sa femme, qui reposent dans l'église de Han- 
» nesche sous des sépultures ornées de leurs quartiers. » 
Il était neveu de Bauduin de Hanèche et cousin de War- 
nier de Wartenge, ci-devant abbés de Saint-Gilles. 

Le monastère eut beaucoup à souffrir des guerres et des 
troubles qui désolèrent le pays de Liège sous Jean de 
Bavière. Bauduin de Hanèche employa 17,000 florins (le 
texte imprimé porte 1,700 florins), à réparer ces dommages. 
Les princes de Bavière logèrent à Saint-Gilles, après la 
bataille d'Othée. 

L'abbé Bauduin légua à son église une rente de soixante 

de l'autre; sur ledit écusson sont gravées les armes, aux quatre coins des 
écassons arrachés et alentour est écrit, • l'an MCCCLXXX le XI jour du 
• mois de May morit Warnir de Wartaing, père a dit abbé. Prois por li... 
» L'an MCCCLXXXXVI le VI jour de Septembre morit li abbes Warnir 
« de Wartaing. « (Note recueillie par M. le chanoine Henrotte). 



— 178 — 

muids; il mourut le 29 mars 1414 et reçut sa sépulture dans 
la chapelle de Notre-Dame. 

15. 
Guillaume d'ANTHINES. 

1414-1436. 

En 1414, Messieurs les capitulaires choisirent pour leur 
abbé Guillaume d'Anthines. Il était fils du noble seigneur 
Jean de Soheyn, dit d'Anthines, et de la fille de Guillaume, 
le damoiseau de Tilff, qui était de la famille de Yelroux et 
de Lexhy et avait épousé la sœur de Warnier de Wartenge, 
jadis abbé de Saint-Gilles (î). 

Il légua à son monastère une rente de trente-sept muids 
d'épeautre, une rente de huit muids d'épeautre, affectée 
sur la tour de Lavoir et ses dépendances, et 5 marcs de 

(1) Voici une table généalogique : 

Jean Hanéche épousa Hadwige de Wartenge. 



Bauduin Hanèche, Jean Hanéche épousa Marie, 

abbé de Saint-Gilles, 1327-1352. t 1364. 

Bauduin Hanèche, 
abbé de Saint-Gilles, 1396-1414. 

Warnier de Wartenge épousa N. t 
13Ô9 f 1380. 



Warnier de Wartenge, N., fille, épousa Guillaume de Tilff 

abbé de Saint-Gilles, 1382-1396. de Velrouz. 

N., fille, épousa Jean d'Anthines. 

Guillaume d'Anthines, 
abbé de Saint-Gilles, 1414-1436. 



— 179 — 

rente perpétuelle. Il amplifia le chœur de son église et 
l'orna d'un autel, au pied duquel on voyait sa pierre 
sépulcrale, enchâssée de lames de cuivre, marquée de ses 
quatre quartiers, sur laquelle il était représenté en cos- 
tume d'abbé. 

Il mourut en grand âge, Tan 1436. 

Les chanoines capitulaires sont rapportés en cet ordre : 
Gérard de Chinstrée, prieur; Henri de Xhos, chantre; 
Léonard de Lion ; André de Buckrack ; Jean de Roloux ; 
Georges N. ; Jean Stevenaer (1) ; Jean Pollard. 

16. 
Gérard de CHINSTRÉE. 

1436-1460. 

Gérard de Chinstrée, dit Canistrata, devint abbé Tan 
1436; il avait été auparavant proviseur de cette maison. 
Il était fils de Jean de Chinstrée, qui tenait en fief de la 
mense épiscopale la maison dite de Chinstrée, située der- 
rière les Guillemins, où Ton entretenait plusieurs meutes de 
chiens pour les princes-évêques. 

Il légua à l'autel du chapitre une rente de trois muids 
et demi d'épeautre sur certain héritage de Fléraalle, une 
rente de huit muids au monastère, plus la moitié de la 
vigne du couvent de Saint-Gilles. 

Il mourut Tan 1460. 

Sternit hic in tumba Gerardum mors tremebunda 
Abbatem dtctum Chinstrée meriio venerandum. 

(1) Une pierre tombale, en quatre fragments, conservée dans une 
propriété particulière prés de l'église, porte ces mots : Dominu* Stevenar 
vir vcnerabilit canonicus regularis mon. Sancti Augustini parochus 
in Se.,. 



— 180 — 
17. 

Jean DARY. 

1460-1503. 

Jean Dary fut élu trois jours après le décès de son pré- 
décesseur et fut bénit par le R. P. Hubert Léonardi, carme 
en Ile, évèque de Darie et suffragant de l'évêque de Liège. 
Il était fils de Wauthier Dary, dit du Dauphin, en Neu- 
vice, où il demeurait, et d'Isabeau, fille de Jean de Vervoz. 

Il légua à son monastère deux muids d'épeautre de rente 
sur la maison et appendices, dite le Ponchey. 

D'après les catalogues manuscrits il se serait rendu aussi 
digne de ses fonctions qu'aucun de ses prédécesseurs, en 
pourvoyant au bien de sa maison. Le chroniqueur Jean de 
Los n'est point de cet avis, car voici ce qu'il écrit : * In 
» monte publico apud Leodium, in monasterio Sancti Aegi- 
» dii ordinis Sancti Augustini, decimo nono octobris, obiit 
« Johannes Dary, qui sua tenacitate et avaritia spatio 
» quadraginta trium annorum, quibus non satis utiliter 
» praefuit, suum conventum tam in spiritualibus quam in 
» temporalibus admodum destitutum dereliquit atque de- 
» solatum (î). »> 

Abry et la Gallia christiana fixent la mort de Jean 
Dary au 18 octobre 1503. 

Les chanoines capitulaires sont rangés comme suit : 
Jean Boveiet, prieur; Jean Goddin; Beauduin des Piers; 
Mathias Erkin; Gérard de Jeer; Nicolas de Froidcour; 
Gilles de Lymbourg; Nicolas de Herstal, depuis prieur en 
1503; Nicolas de Hodeige; Lambert Corbion; Gilles Bellin, 
profôs. 

(1) De Ram, Johannis de Los chronicon, p. 118. 



— 181 — 

18. 
Jean VERJUS. 

1503-1526. 

Jean Verjus, alias Del Brouck, dit de Palude, élu abbé 
de Saint-Gilles le 21 octobre 1503, fut consacré quelques 
jours après dans l'église de Saint-Jean l'Evangéliste (î) ; 
le dîner pour sa bénédiction fut préparé dans la maison 
que les religieux de Saint-Gilles possédaient non loin de 
Saint-Jean et qu'on nommait l'hôtel Saint-Gilles. 

Furent présents les capitulaires dont les noms suivent : 
Nicolas de Herstal, prieur; Henri Pignoule; Guillaume 
de Xhendremale; Nicolas de Froidcour; Jean Frérard, 
chantre; François Wislet; Pierre le Cockin; Wauthierde 
Breda ; Antoine de Wandre. 

Jean Verjus était fils d'Eustache Del Brouck qui avait 
épousé, par traité de mariage de Tan 1450, Alide Thonel 
dite del Halle, fille de N. Thonel dit del Halle, vinier, et 
de Maheau, fille de Beauduin jadis de Dilsen, sa première 
épouse. Se trouvant dans un grand âge et doutant de ses 
forces pour bien gouverner sa maison, il remontra à ses 
capitulaires de lui accorder un coadjuteur. Le choix tomba 
sur Wauthier de Breda et fut confirmé par le cardinal Erard 
de la Marck. 

Jean Verjus mourut le 19 octobre 1526. Il eut sa sépul- 
ture entre la chapelle du Saint-Sacrement et celle de 
Saint-Pierre et de Saint-Paul, sous un marbre noir (*), sur 

(1) Jean de Los rapporte que cette consécration eut lieu à Saint- 
Jacques, le 25 novembre. 

(2) Des fragments de cette pierre tombale se trouvent dans le pavement 
de la cave d'une maison voisine de l'église. 



— 182 — 

lequel il est représenté en costume d'abbé, avec cette 
inscription : 

Dominus Johannes Vertus, abbas hujus monasterii qui obiit 
anno MD XXVI décima quarto calendas Novembris in sanc- 
tissimapace. Pro cujus animae refrigerio altissimo Domino 
laus et honor impendantur (1). 

19. 
Wauthier de BREDA. 

1526-1541. 

Wauthier van Buyten, alias de Breda, fut élu abbé de 
Saint-Gilles le 4 décembre 1526, et bénit par l'évêque suffra- 
gant de Liège, Gédéon Van der Gracht. Il était fils de 
Toussaint de Breda, demeurant à Jeraeppe, et d'Oudon, 
fille de Jean d'Alkemart. 

Il s'occupa de réparer l'abbaye qui était fort délabrée 
et de reconstruire les cloîtres. Il bâtit la chapelle dite 
du chapitre, en l'honneur de saint Grégoire, pape, de 
sainte Anne et de la Mère de Dieu, et la fit bénir par 
M* r Gédéon Van der Gracht, le 12 mars 1537. Il fit aussi 
reconstruire à neuf l'hôtel que les chanoines de Saint- 
Gilles avaient à Liège dans la rue des Célestines et mou- 
rut le 17 février 1541. 

Il repose au milieu du chapitre sous une pierre sépul- 
craie en marbre noir, sur laquelle il est représenté avec 
ses armoiries, la crosse abbatiale à la main. 

La pierre porte cette inscription : 

Eicjacet venerabilis vir Dnus Walterus de Breda, abbas hujus 
monasterii, qui anno MDXLI obiit, mensis februarii die 
XVII. Anima (jus requiescat in pace (2). 

(1) Une autre version porte : « pridie kalendas decembris. » 
(S) Cette tombe existe encore dans l'église de Saint-Gilles. 



— 183 — 

Les chanoines qui ont concouru à son élection sont 
nommés dans Tordre suivant: Pierre le Cockin, prieur; 
Jean de Servi lie; Sébastien Crucifie ; Gilles Bellin; Henry 
Pignoule ; Lambert de trois Grez ; Nicolas de Froidcour ; 
Jean Frérard ; François Wislet. 

20. 
François WISLET. 

1541-1549. 

Le 19 février 1541, François Wislet, prieur, fut élu abbé 
de Saint-Gilles par la pluralité des capitulaires qui votèrent 
en cet ordre : Bauduin de Saint-Nicolas en Glain ; Laurent 
Lacroix, pasteur à Héron; Nicolas Caltron, chantre; Goes- 
win de Home; Gilles de Hologne; Watier de Lyntre; 
Gilles d'Orjo; Philippe Bracket; Jean de Melen; Pierre 
Libotton ; Sébastien Radoux. 

Il était fils de Jean Hustin, dit Wislet, de Saint-Nicolas 
en Glain et de Marie, fille de Jean Hustin, dite de Saint- 
Nicolas. Son père Jean Wislet, par testament de Tan 1540, 
layait institué pour son héritier universel, avec charge de 
transmettre ses biens à Pierre de Streel, son neveu ; mais 
son frère Georges, religieux à l'abbaye d'Aine, et sa sœur 
Gertrude, religieuse à Herckenrode, réclamèrent contre 
ces dispositions paternelles; François Wislet fit droit à 
leurs demandes, et céda à son frère une rente de quarante- 
deux muids d'épeautre et à sa sœur une rente de dix-sept 
muids de wassend (î). 

Bien qu'il fût avancé en âge, il remplit les devoirs de sa 
charge avec la plus grande piété et le plus grand zèle; 

(1) Daris, Notice* sur les église* du diocèse de Liège, t. IV, p. 55, 



- 184 — 

lorsqu'il se sentit trop affaibli par les maladies, il demanda 
à son chapitre un coadjuteur, qui lui fut accordé en la per- 
sonne de Gilles d'Oijo. 

Il donna à son monastère une rente de vingt-quatre 
muids d'èpeautre, et laissa à ses confrères douze hanaps et 
douze cuillers d'argent. Il mourut le 1" mai 1549 et repose 
dans la chapelle du Saint-Sacrement (i) sous une pierre 
tumulaire, en marbre noir, portant avec ses armoiries 
l'effigie d'un abbé crosse et mitre. 

Hic jacet venerabilis vir dominus Francisais Wislet, abbas 
hujus monasterii, qui obiit anno Domini MDXLVIIII, men- 
tis maii die prima; cujus anima requiescat in pace. Amen. 

21. 
Gilles d'ORJO. 

1549-1597. 

Gilles d'Oijo fut élu abbé, par la voie du Saint-Esprit, en 
1549, et proclamé au grand plaisir de tous les religieux. 

Voici les noms de ceux qui prirent part à son élection : 
Gilles de Hologne, prieur; Philippe Bracket; Walthier de 
Lyntre, pasteur à Bechten; Pierre Libotton; Nicolas Buis- 
son; Sébastien Radoux, pasteur de Héron; Jean de Melen; 
Godefroid Gillen ; Jodoce de Streel ; Simon de Dalem (*). 

Il fut bénit par le suffragant de Liège, Gèdéon Van der 
Gracht. 

Il était fils de Guillaume d'Orjo, chevalier, seigneur de 
Loncin, et de Catherine de Fisenne, fille de Guy de Fisenne 

(1) C'était auparavant la chapelle de Saint-Laurent. 

(2) La pierre tombale de Simon Dalem est conservée à l'église Saint- 
Gilles. Elle porte des armoiries et cette inscription : D. O. M. Dns Simon 
Dalem divi Egidij canonicvs regvlarU vivens sibi posvit. 1583. 



— 185 — 

et d'Anne de Longchamps. Son frère Philippe était abbé de 
Flône (1548-1555), son frère Josse devint abbé de Neufmous- 
tier (1569-1601); son frère Henri fut chanoine de Sainte- 
Croix. 

« Gilles d'Orjo eut la douleur de voir deux fois son mo- 
» nastère livré aux flammes, » notamment en 1568, par 
Guillaume le Taciturne (i). 

Il mourut le 1 1 septembre 1597, à l'âge de 79 ans, ayant 
gouverné l'abbaye pendant quarante-huit ans; il fut enterré 
au côté droit du maître-autel, sous une pierre tumulaire en 
marbre noir, ornée de ses quartiers, sur laquelle il était 
représenté avec la crosse et les mains jointes (*). Voici son 
épitaphe : 

In te speraverunt patres nostri, 

Speraverunt et liberasti eos. 

Propitius esto mihi peccatori. 
Hic jacet R. D. D. Aegidius d'Orjo, hujus ecclesiae aJbbas, qui, 
iterato Qusdem bis incendio conflagratae, anno post exac- 
tum jubileum XI, Christi imperatoris jussu hujus vitae 
stationes deseruit, praesulatus anno 49, aetatis 79, partus 
virginis 4597, 3idus septembris. 

Orate pro eo. 

Voici comment Aloys de Lyrabourg parle de Gilles 
d'Orjo, son prédécesseur : « Gilles d'Orjo, issu d'une noble 
~ extraction au quartier de la Hesbaye a esté comblé du 

(1) Dams, Histoire du diocèse et de la principauté de Liège pendant 
le *rr siècle, pp. 288 et 289. 

(2) » Dans la nef une peinture, à l'opposite de celle de l'abbé Nollet, 
■ représente un autel avec les armes des d'Orjo et de Lintre et un homme 

• armé de fer et une femme. L'homme a neuf garçons derrière lui, dont 

• trois abbés avec la crosse en main et d'autres en habits d'église. La 
» femme a cinq filles dont trois religieuses. *» (Note recueillie par M. le 
chanoine Henrotte). 



— 186 — 

•» Ciel, de plusieurs rares et belles qualités, a esté chéri, 
» et favorisé des plus grands de son temps, en ces contrées, 
« scavoir des Princes et Evesques de Liège George d'Au- 
» triche, Robert de Berghe, Gérard de Groesbeeck et Erneste 
» de Bavière. Une simplicité colombine le recommandoit : 
» une gayeté de cœur, sincérité en tous ses deportemens, le 
» faisoit admirer : une douceur, une debonnaireté en ses 
» actions et mœurs, le rendoit aymable, l'humilité, et la 
» patience, s'estoyent emparées du plus beau de son ame ; 
n l'humilité l'abaissoit quelquefois jusques la, qu'en lieu 
«• de commander, il supplioit envers ses sujets, et servi- 
» teurs, desquels pour le plus souvent, il se trou voit escon- 
» duit, et autrefois assés mal courtoisement rencontré. 
n Mais la patience incontinent sur le champ, luy fournissoit 
» armes propres pour résister aux pernicieux assaux de la 
» cholere. En ses devises de table, il s'eslargissoit par fois 
n au récit de quelque petit compte facétieux, mais en toute 
n modestie, au reste, sobre en son boire, manger, et parler. 
n Ce vers du Prophète Royal, In te Domine speravi non 
n confundar in aeternum, estoit tousjours en sa bouche, 
» et de son vivant la fait graver sur la pierre de son tom- 
» beau. Il avait une main libérale envers les pauvres indi- 
» gents et souffreteux. Bref, plenus dierum, bonorutn 
w operum, et elemosynarum, après avoir monstre tout 
» exemple de piété, et vertueusement acquitté de sa 
» charge abbatiale, l'espace de 48 ans et plus, il quitta par 
» mort ce bas terroire auquel il avoit roullé l'espace de 
« 79 ans, pour aller prendre possession de la vie éternelle 
« Tan de grâce 1597, l'onzième de septembre, et l'onzième 
» de son Jubilé (i). » 

(l) Vie de saint Gilles, p. 141. 



— 187 — 

22. 
Gilles de LINTRE. 

1597-1607. 

Gilles de Lintre, alias de Baillonville, fut élu abbé de 
Saint-Gilles le 13 septembre 1597, et bénit la même année 
par André Streignart, évêque de Tagaste, suffragant de 
Liège. Il n'avait que 36 ans. Il était fils de Jean de Lintre 
et d'Anne d'Oijo, sœur du précédent abbé de cette maison. 

Prirent part à son élection : Jean Oranus, prieur; Jean 
de Streel, chantre; Gilles d'Orjo; Gérard Tollet ; Lambert 
Radoux, curé de Héron ; Guillaume a Porta; Gilles de Spri- 
mont; Aloysius Lymbourg; Mathias Malherbe; Godefroid 
de Méan, profès; Henry de Streel. 

• Du temps de ce prélat, il y eut une grande disette de 
*» vivres et une grande pauvreté des paysans, par une 

* affluence de soldats, tant du Roi d'Espagne que des Hol- 
« landais, qui ont ravagé le pays de Liège, dont l'église et 
» monastère dépérit, faute de n'avoir pas de quoi les entre- 
«• tenir et réparer. Ce pourtant, il a eu fait autant qu'il a 
» pu, et l'augmenter môme par les tapis de couleurs, ornés 
•* de ses armes, qui servent à la décoration du chœur les 
» bons jours, qu'il avait fait travailler à Anvers, avec plu- 
» sieurs autres ornements d'autel, etc., auxquels il était 
•» fort curieux. Il en avait prémédité davantage, si la mort 
» ne l'eut prévenu par une maladie de trois ans que les 
« médecins n'ont pu le relever. Il mourut sexto idus Maii 

* 1607, muni des sacrements de l'Eglise, dans la compa- 
» gnie de ses confrères assemblés en prière, vers les trois 
» heures de nuit (i). » 

(]) Manuscrit 70, p. 380. 



— 188 — 

Il avait fait faire les stalles des chanoines. 

Il mourut le 10 mai 1607 et fut enterré à gauche du 
grand autel; son neveu Jean de Nollet fit placer une pierre 
tumulaire sur sa tombe. 

23. 
Gilles de SPRIMONT. 

1607-1617. 

Le 12 mai à midi, les chanoines s'assemblèrent au cha- 
pitre et, par la voie du compromis, choisirent pour abbé 
Gilles de Sprimont 

Prirent part à ce choix : Guillaume del Porte, prieur; 
Jean de Streel, chantre; Jean d'Orjo; Gérard Tollet; Lam- 
bert Radoux, pasteur de Héron-, Godefroid Méan; Aloysius 
de Lymbourg, pasteur de Rechain; Mathias Malherbe; 
Henry de Streel; Guillaume de Sprimont; Jean Nollet, 
profès. 

Gilles de Sprimont fut bénit par le suffragant André 
Streignart. 

Il avait pour père Louis de Sprimont, fils de Louis de 
Sprimont et d'Eléonorine del Hase, et pour mère Margue- 
rite Libert, fille d'Antoine de Libert, jadis bourgmestre de 
Liège et de Marie Masset. 

Le nouvel abbé eut à réparer immédiatement les dégâts 
qu'un vent impétueux avait causés Tannée précédente, aux 
fêtes de Pâques (26 mars 1606). « De mémoire d'homme on 
n n'avait vu une tempête plus furieuse éclater par un temps 
*• serein. La maison, toits et murailles, furent endommagés ; 
» la croix de la tour fut renversée et fit un grand dommage 
*» là où elle tomba. « 

Gilles de Sprimont fit faire la grande verrière « au-dessus 
» du chœur « et fonda la messe du Saint-Sacrement, qui se 



— 189 — 

célèbre tons les jeudis de Tannée dans la chapelle de Saint- 
Laurent « nommée aujourd'hui du Saint-Sacrement. <* 

Il mourut le 20 juillet 1617 et repose devant Tau tel qu'il 
avait fait dresser à rentrée du chœur, sous une petite pierre 
ornée de ses armoiries, avec cette inscription : 

& D. Aegidius de Sprimont àbbas sancti Aegidii, qui obiit 
anno 4617, tO Julii. R. I. P. 

Voici l'appréciation d'Aloys de Lymbourg : * Gilles de 
» Lyntre et Gilles de Sprymont, après avoir en tres-dignes 
» Prélats administré leure charge abbatialle, chascun l'es- 
« pace de 10 ans, ont abandonné ce monde, pour aller rece- 
» voir au Ciel leure recompense et loyer, nous ayant au 
*• preallable obligé, à les honnorer, respecter, obeïr, et 
•» chérir pendant leure vie, et de prier Dieu pour le salut 
« de leurs âmes (i). » 

24. 
Aloys de LYMBOURG. 

1617-1630. 

Devise : « Virtute Duce. » 

Le 21 juillet 1617, les chanoines élurent comme abbé 
Aloys de Lymbourg. 

Voici leurs noms : Guillaume del Porte, prieur; Gérard 
Tollet; Lambert Radoux, curé de Héron; Mathias Mal- 
herbe ; Jean Nollet ; Antoine Sprimont, profôs ; Guido d'Orjo, 
profès; Jean Bex, vêtu. • 

Il reçut la bénédiction abbatiale des mains de l'évêque 
suffragant Etienne Strecheus. 

Il était fils de Louis de Lymbourg résidant à Gomegnée, 
et de Jeanne, fille de Nicolas de Vilhain et de Bertheline 

(1) Vie de Maint Gilles, p. 144. 



— 1Ô0 — 

de Bois dite de Sohay. Albert de Lymbourg, doyen de Saint- 
Paul, à Liège, était son frère. 

L'an 1616, le jour de la dédicace de saint Michel, furent 
vêtus Pierre Franco et Jean Nihoul; ils firent leur profes- 
sion avec Jean Bex, en 1619; et Tannée suivante, au mois 
d'octobre, François de Thiernesse fit aussi ses vœux. 

L'an 1635, l'abbé put donner l'habit de Saint-Gilles à son 
valet de chambre D. Jean Zepult; mais avant que Tannée 
fut expirée, celui-ci mourut de la fièvre au refuge de Saint- 
Gilles, à Liège. 

« On peut assurer que cet abbé a été un parfait imi- 
» tateur du zèle et de la dévotion de ses prédécesseurs; il 

* s'occupa de meubler et de décorer de peintures Téglise 
» et la maison de Saint-Gilles. » 

Il traduisit du latin en français une vie de saint Gilles 
dont quelques exemplaires nous ont été conservés. Voici le 
titre : La vie de S. Gilles, abbé d'Arles, en Provence, 
et confesseur, traduicte du latin en langue vulgaire, 
parsemée et enrichie d'autres exemples et vertus mo- 
rales par R. Aloysius de Lymbourg, abbé de sainct 
Gilles lez-Liége. A Liège, de l'Imprimerie de Jean 
Ouwerœ, Imp.juré à l'enseigne S. Ignace. M. DC. XXV IL 

Au revers du titre sont imprimés deux textes de saint 
Ambroise et de saint Léon, concernant le culte des saints 
Patrons. 

Au verso du deuxième feuillet sont gravées les armoiries 
de « l'illustrissime et revendissime seigneur Arnould de 
»» Bocholtz, grand Prévost de Liège, Hildesheim et Tongre, 

* conseiller du Sérenissime Prince Electeur de Coulogne, 
» en son conseil secret et des Estatz, seigneur de Bocholtz, * 
auquel Touvrage est dédié. Suit Tépître dédicatoire, qui 
comprend trois feuillets et est datée du 26 août 1627. 



— 191 — 

Le verso du feuillet suivant est occupé par les armes de 
l'abbé de Lymbourg, avec sa devise : «* Virtute Duce. » 

Suit V Avant-Propos , « Aux vénérables et religieux 
» sieurs, Prieur et Chanoines Réguliers du Collège de S. 
» Gilles en Publemont, lez Liège » (sept pages), et quelques 
mots Au Lecteur (trois pages). 

Puis viennent une pièce en vers latins : * Lamberti de 
» Vlierden Jurisconsulte ad Librum, » et une Ode à Vau- 
Iheur, en vers français, signée « P. Quercu. » 

La vie de sainct Gilles, abbé d'Arles en Provence et 
confesseur compte neuf chapitres : 

» I. L'origine, naissance et estudes de S. Gilles» (page 1). 

« II. Premier miracle de S. Gilles, suivi de la mort, et 
» heureux trespas de ses Pères et Mères bien-heureux » 
(page 10). 

« III. Autres Miracles exploitâtes par la vertu de l'orai- 

* son et comme à la parfin S. Gilles change de lieu, fuyant 
» la vaine gloire qui le talonait pour la pluralité de ses 
» merveils » (page 17). 

* IV. Sainct Gilles voguant avec ses compagnons, au 

* bout de quatre jours arrive a une Isle de rafreschisse- 
» ment, y treuve un Hermite qui menoit une vie fort aus- 
» tere, de là il prend terre à Marseille, puis se transporte à 
» Arles, et y guarit la fille de la Vefve Théocrite fébrici- 

* tante » (page 32). 

» V. Caesaire Evesque d'Arles envoyé son Archidiacre 

* Aurele vers S. Gilles, pour l'induire à le venir trouver. 
» Au bout de deux ans, S. Gilles se retire secrettement pour 

* chercher la solitude. Il s'accompagne de Veredem sainct 
«* personnage » (page 43). 

« VI. Les Veneurs du Roy des Goths allant à la chasse, 
» eslevent plusieurs fois la Bische de S. Gilles. S. Gilles est 



— 192 — 

» blessé d'une sagette. Le Roy accompagné de l'Evesque de 
» Nismes, le vient trouver en sa grotte * (page 56). 

« VII. Le Roy vient souvent visiter nostre bienheureux 
« Patron. Il luy fait offre de grands présents, il en basty 
«* deux monastères, selon l'advis de S. Gilles, desquels, par- 
n après, quoy que contre sa volonté, il se voit abbé « 
(page 65). 

» VIII. Charles Roy de France envoyé ses ambassadeurs 
» vers S. Gilles, pour l'induire à le venir trouver. Venant 

* vers le Roy par Orléans, il y fit un autre miracle. De la, 
» à la requeste du Roy, il lui obtient pardon de Dieu d'un 
» péché qu'il n'avait jamais osé confesser » (page 79). 

« IX. S. Gilles predict la ruine de son monastère. Il se 
« transporte à Rome, pour réduire son monastère sous la 
n tutele du S. Siège. Deux portes de Cyprès, jectées en la 
» mer par luy, sont conduictes par providence divine à 
» son monastère. En chemin à son retour il fait encore un 
n autre miracle. De là arrivé à son monastère il rend son 
» Ame bienheureuse à son Créateur * (page 87). 

« Paraphrase sur l'origine et l'histoire de l'abbaye de 

* S. Gilles, à Liège » (pages 101-146). 

* Oraison à Dieu, pour les femmes, qui après leurs 
n couches, présentent leurs enfans à l'église de S. Gilles • 
(page 146). 

« Oraison à la Sacrée Vierge et Mère au mesme effect » 
(page 148). 

« Autre Oraison au Glorieux Sainct Gilles à mesme fin 
n que dessus » (page 151). 

« Eslans de l'ame dévote » (page 154). 

Le livre se termine par l'avis au lecteur : * Amy lecteur. 
» Pour autant que ceste histoire est enveloppée de beaucoup 
» de difficultés, nous avions adjousté au pied de chasque 



— 193 — 

<• Chapitre, des notes, afin de porter lumière aux lieux 
» les plus obscurs, et résoudre les difficultés qui s'y ren- 

* contrent. » 

<• Mais craignant que la diversité des opinions des au- 
» theurs, pourroit diminuer de Tauthorité de nostre his- 
« toire, notamment es âmes peu entendues en la cognois- 
» sance des Histoires sacrées, ou prophanes, nous avons 

* renvoyé le tout à un volume particulier, auquel, Dieu 

* aydant nous ferons en brief voir le jour, joint à un petit 
« discours historial 0). •» 

Suit l'approbation, donnée le 5 septembre 1627 par Jean 
de Chokier, chanoine et vicaire de Liège. 

Aloys de Lymbourg mourut en 1636, après avoir gou- 
verné l'abbaye pendant dix-neuf ans; il repose dans la cha- 
pelle de sainte Thérèse, sous une pierre portant ses armoi- 
ries et l'inscription suivante : 

R. D. Aloysius de Lymbourg, abbas Sancti Mgi&ii, qui obiit 
anno 4656. 

25. 
Jean de NOLLET. 

1636-1656. 

Devise : « Plus minus nollet. » 

Les religieux procédèrent à l'élection d'un nouvel abbé 
et leur choix tomba sur Jean Nollet, qui fut élu par la 
voie du Saint-Esprit et bénit par Henri Sylvius, suffragant 
de Liège. 

(1) Cet opuscule a été publié en 1628 sous ce titre: Disceptatiuncula 
chronologie** de Sancto Aegidio abbate Arelatensi et confessore. La 
préface est datée du 29 juillet 1628. La dissertation comprend six feuillets 
et s'occupe uniquement de fixer l'époque de la vie et de la mort de saint 
Gilles. 



— 194 — 

Voici les noms de ces religieux : Gérard Tollet, prieur ; 
Lambert Radoux; Antoine Sprimont, pasteur de Héron; 
Ghuys d'Orjo; Jean Bex, chantre; Pierre Franco; Jean 
Nihoul, économe; Walter Nollet; François Thiernesse. 

Jean de Nollet était le fils de Nicolas Nollet, écuyer, et 
d'Anne de Lintre, dite de Baillonville, sœur de feu l'abbé 
Gilles de Lintre. 

Il admit comme novices : Jean Zepult, Laurent Mi ilôt et 
Lambert de Cerf, en 1639; le 10 août 1638: Laurent Dis- 
paux, Jean Nollet, Jean Cornélis et Nicolas Nollet. Ce 
Nicolas mourut le 7 novembre 1705, âgé de soixante-douze 
ans, après cinquante-quatre ans de profession religieuse, 

quarante-huit ans de prêtrise et trente-neuf ans de pastorat 
à Héron. 

Jean-Dieudonné Préaile mourut le 2 décembre 1702, il 
avait soixante-douze ans d'âge, cinquante ans de profession 
religieuse et quarante-huit ans de sacerdoce. 

Mathieu Hennet mourut le 30 octobre 1710. 

<* Cet abbé a tellement vécu dans son gouvernement, 
» qu'on peut dire n'avoir cédé en rien à ses prédécesseurs. 
» Comme sa maison a beaucoup souffert, il a encore trouvé 
» de quoi exercer son mérite; il a de plus fait dresser un 
•> autel de très belle structure dans la chapelle du Saint- 
» Sacrement; il fit confectionner une crosse abbatiale d'ar- 
» gent et d'autres meubles considérables. » 

La vingtième année de sa prélature, une fluxion de 
poitrine l'emporta subitement ; on le trouva mort dans son 
lit, le 5 mai 1656. 

Il fut enterré sous une tombe artistement travaillée, 
qu'il avait fait placer à gauche du grand autel, à la mémoire 
des abbés Gilles d'Orjo et Gilles de Lintre, ses oncles. 



— 195 — 

D. 0. M. 
Memoriae Rndorum ac nobilium D. D. Aegidii a Dorjo et Aegi- 
dii de Lintre alias de Baillonville, qui obiit A 9 1606 (1) hvjus 
domus Aegidianae abbatum e regione sepultorum, Rndus 
ac nobilis Z>. D. Joannes de Nollet, praefatorum nepos et 
pronepos abbas ejusdem domus vivens posuit, qui obiit anno 
Domini 4656, S Maii (2). 

Gilles Royen ludi magister Leodiensis, dédia à son 
ami et mécène, Jean de Nollet, la vie de saint Gilles qu'il 
avait rédigée en vers latins. Cet opuscule eut deux éditions : 
les exemplaires de la première ont tous disparu ; il en 
reste deux de la seconde. Voici la description de la Vita 
S. Aegidii abbatis Arelatensis in G allia Narbonensi et 
confessorïs, versibus et odis variîs illigata ab Aegidio 
Royen. Secunda et ultima editio, priore multo corvée- 
tior et auctior. Accesserunt epigrammata aliquot et 
elegiae prœcipuis D. Aegidii vitœ capitibus hausta. 
Leodii typis Christiani Ouwerx prope P. P. Jesuitas 
sub signo S. Ignatii 1641. Superiorum permissu. 

Au revers du titre se trouve l'image de saint Gilles, 
signée J. D. ; puis vient une Ode ** Dedicatoria reverendo 
* admodum ac nobili D. Johanni de Nollet, collegii Aegi- 
» diani apud Legiam abbati dignissimo, D. ac maecenati 
» suo pluribus nominibus colendo. * 

Le feuillet suivant est occupé par un cartouche renfer- 
mant le blason de l'abbé Nollet, surmonté de la crosse 
abbatiale avec son voile ou suaire et la devise : « Plus 

(1) C'est une erreur; Gilles de Lintre est mort en mai 1607 : la nomina- 
tion de son successeur est approuvée par le Chapitre de Saint-Lambert, 
le 16 mai 1607. 

12} D'après le Manuscrit no 79 et la Qallia christiana, il serait mort 
le 7 août 1056. 



— 196 — 

» minus nollet; » au bas est gravée cette inscription : 
u r<»m ac Nobilis D. Johannes de Nollet, abbas S. Aegidii 
» a 16. A. Godenne dedicat et fecit. * En regard se trouve 
l'explication symbolique du blason. 

Puis viennent : une poésie composée à l'occasion de 
l'inauguration de Jean de Nollet par son ami * W. Brandt, 
» artium doctor et in academia Duc. quondam regius pro- 
» fessor, 1637; * 

Un « Carmen familiare » du même auteur; 

Quelques distiques latins et chronogrammes dédiés à 
l'abbé par son neveu, Jean de Nollet; 

Une poésie latine signée C. O. T; 

Deux poésies adressées par Jean Royen, curé d'Aubel, à 
son frère Gilles Royen ; 

Quelques vers de ce dernier « Ad Libellum suum in 
» lucem exiturientem... Ad benevolum lectorem... Ad ma- 
» ledictum... » 

« Prologus ad S. Aegidium. <* 

Enfin la vie de saint Gilles, en vers latins, de tous les 
mètres. Ce poème prend trente-quatre pages. 

L'auteur y a annexé : « Elegiae aliquot et epigrammata 
» e praecipuis D. Aegidii vitae capitulis hausta... » et une 
complainte : « Planctus Musarum Legiacarum ad Chris- 
» tum, ut Europae ac maxime Ecciesiae intestinis bellis 
» dévasta tae, desideratissimae pacis beneflcio benignus 
« succurrat. * 

Dans l'exemplaire de cette Vita que nous avons sous les 
yeux et qui appartient à la bibliothèque de l'Université de 
Liège, le travail de Royen est suivi d'une vie de saint 
Gilles en prose, « omnibus quae in his partibus vulgo cir- 
» cumferuntur, editionibus correctior, cum nominibus om- 
» nium ejusdem Collegii abbatum, jussu ejusdem Reverendi 



— 197 — 

» D. abbatis Aegidiani. * L'auteur de cette vie, pour légi- 
timer ses corrections, s'appuie sur la table chronologique 
qu'avait dressée le « très erudit » André de Saussay, proto- 
notaire apostolique et curé de la paroisse des Saints-Leu et 
Gilles, à Paris, homme très versé dans les monuments de 
l'antiquité. 

Cette Vit a est divisée en plusieurs leçons pour les diffé- 
rents mois de Tannée. Certaines leçons sont indiquées 
comme devant être récitées * in octava S. Aegidii et in 
» festo reliquiarum S. Aegidii. » 

L'opuscule se termine par l'office de saint Gilles, et 
l'office de saint Augustin, et une oraison » à la très saincte 
» Mère de Dieu. » 

Un autre écrivain. P. Amb. Dengis de l'Ordre de Saint- 
Augustin, dédia à Jean de Nollet son opuscule De con- 
temptu rnundi eœ S. Patris Aurelii Augustini codici- 
bus. 1647. 

26. 
Antoine de SPRIMONT. 

1656-1663. 

Devise : « Spiritu integro. » 

Antoine de Sprimont fut appelé à succéder à Jean de 
Nollet, en 1656. 

Les religieux qui concoururent à cette élection furent : 
Watier de Nollet, prieur; Jean Bex ; François Thiernesse, 
pasteur de Rechain; Lambert Oleye; Lambert de Cerf; 
Laurent Dispaux ; Jean Nollet; Jean Cornelis; Nicolas Nol- 
let ; Jean Préaile ; Mathieu Hennet. 

Antoine de Sprimont était fils de Jean de Sprimont 



— 198 — 

(t 19 avril 1608) et de Jeanne Libon (t 2 avril 1637), fille de 
Mathias Libon et de Jeanne Lens (î). 

Il était curé de Héron et doyen des curés de ce concile, 
lorsqu'il fut élevé â l'abbatialité. Il reçut la bénédiction des 
mains du suffragant Jean de Blavier. Lucas Delhé, rhetor 
Leodii, lui adressa à cette occasion ses compliments et ses 
félicitations. » Reverendo admodum domino D. Antonio de 
» Sprimont, monasterii Aegidiani propre Leodium abbati 
» meritissimo nuper omnium suffragiis electo, in solemni 
» ejusdem inauguratione applaudebat humillimus servus 
» Lucas Delhé, rbetor Leodii » (Placard in-folio dont un 
exemplaire se trouve à la bibliothèque de l'Université, à 
Liège). 

Les religieux qui firent profession entre ses mains 
furent : Antoine Eynatten; Jean-Baptiste Bibaux, vêtu 
a 1657, profès 1658, mourut le 7 septembre 1690, âgé de 
cinquante-un ans, il était prêtre depuis vingt-sept ans; 
Gilles de Cerf, 1658, profès 1659, mort le 22 novembre 1694, 
ayant quatre-vingt-six ans d'âge, trente-un ans de sacerdoce 
et prieur depuis treize ans; Louis Malaise, 1658, profès le 
6 octobre 1659; Jean- Hubert Hubar, 1659, profès en septembre 
1660; Philippe Eynatten, 1662, profès le 13 février 1663, mort 
le 14 novembre 1706, âgé de soixante-trois ans, après qua- 
rante-trois ans de profession, quarante-trois ans de prêtrise; 
Laurent deCharneux, 1663, 2 janvier, mort le 20 novembre 
1691, âgé de quarante-sept ans, religieux depuis vingt-huit 

(1) Jean de Sprimont était le frère de Gilles de Sprimont, ci-derant 
abbé de Saint-Gilles (1606-1617). Dom Toussaint de Sprimont, compteur de 
l'abbaye de Saint-Jacques, et Henri de Sprimont, chanoine de Flône et 
curé de Dreye étaient les fils de Jean de Sprimont, bailli d'Engis et de 
Jenne de Herstal. Jean Nihoul, chanoine de Saint-Gilles, Louis Nihoul, 
abbé de Neufmoustier (1636-1648) et Lambert Nihoul, chanoine de Flône, 
étaient nés de Jean Nihoul d'Antheit et de Marie de Sprimont. 



— 199 — 

ans et prêtre depuis vingt-trois ans; Wéry Raick, 1663, 
mort le 19 juillet 1702, ayant soixante ans d'âge, trente-huit 
ans de profession, trente-cinq ans de prêtrise, chantre pen- 
dant vingt-un ans. 

Dès qu'il fut installé, Antoine de Sprimont songea à la 
réparation du monastère et de l'église qui étaient fort 
délabrés ; il fit dresser deux autels à gauche et à droite 
de rentrée du chœur; il fit confectionner un ornement 
blanc avec deux chapes et une chape abbatiale; il édifia 
le bâtiment qui est voisin du grand étang, pour servir de 
brasserie et d'étable pour le bétail ; il avait le dessein d'en- 
treprendre encore d'autres ouvrages, lorsqu'il fut surpris 
par la mort le 2 août 1663. 

On lui donna la sépulture auprès de son oncle, l'abbé 
Gilles de Sprimont. 

27. 
Lambert de CERF. 

1663-1676. 

Devise : * Nec cito, nec temere. » 
L'élection d'un nouvel abbé eut lieu le 7 août 1663 et fut 
marquée par ce chronogramme : 

eLeCtIone DIVIna non hUMana. 

Le choix des religieux tomba sur Lambert de Cerf, fils 
de Léonard de Cerf, demeurant Entre-deux-Ponts, dans le 
quartier d'Outremeuse. 

Prirent part à cette élection : Jean Préal, prieur; Jean 
Bex ; François Thiernesse; Jean Nollet, pasteur de Héron; 
Nicolas Nollet; Mathieu Hennet; Jean-Baptiste Bibaux ; 
Gilles de Cerf; Louis Malaise; Jean-Hubert Hubar; Philippe 
Eynatten. 



— 200 — 

Laurent de Charneux et Wéry Raick firent leur profes- 
sion en 1664. 

Furent admis comme novices : François d'Eynatten, en 
1663; Henri Deflze, en 1664, il mourut le 5 janvier 1709, 
Agé de soixante-un ans, il était prêtre depuis trente-sept 
ans, prieur depuis treize ans, il avait été longtemps éco- 
nome; Gilles Deflze, le 10 février 1669, à l'âge de dix-neuf 
ans, il fit ses vœux le 11 février 1670; Lambert Deflze, reçu 
le 17 novembre 1670, vêtu le 20, et profès le 22 novembre 

167K 

Le 27 octobre 1671, de Cerf, chantre de Saint-Gilles, par 
le consentement de l'Evêque de Liège, a permuté avec 
Gilles de Briamont, profès de Beaufays, pour entrer en l'ab- 
baye de Saint-Gilles. 

« Cet abbé par une fatalité inouïe se trouvant sur le quai 
» de S. Léonard en manière de promenade, y fut surpris 
» et livré par des particuliers bourgeois au service des 
» Etats de Hollande et emmené prisonnier à Hasselt, dans 
» une chaise (Liège était alors en état de guerre avec les 
« susdits Etats) dans l'espoir d'exiger de lui une rançon con- 
» sidérable. » 

Mais il mourut à Hasselt le 22 août 1676 ; ramené à 
Liège en carrosse et déposé à son hôtel, il Ait ensuite 
reconduit audit monastère, où on lui donna la sépulture 
sous un marbre noir, orné de ses armoiries et de cette 
inscription : 

a bataVo abDUCtUs MortUUs hassbLbtï. 

Hic jacet Reverendus admodum Dominus Lambertus de Cerf 
hujusce monasterii abbas XXVII, qui dum viveret et mortis 
memor foret, hune sibi lapident sepulchralem posuit. Obiit 
die £4 mensis Augusti a reparatae salutis MDCLXXVI. 
Tu lector berne ei apprecare et voie. 



— 201 — 

Un tableau placé au pilier de la nef portait cette dédi- 
cace: 

LaMbertUs De Cerf InsIgnI patrono 
bas pIetatIs ergo DIVo LaMberto saCrat. 

28. 
Philippe d'EYNATTEN. 

1676-1706. 

Devise : « Divisos candor unit. « 

Le 31 août 1676, Philippe d'Eynatten de Thys fut élu 
abbé de Saint-Gilles par les capitulai res suivants : Nicolas 
Nollet, pasteur de Héron ; Mathieu Gennet; Gilles de Cerff ; 
Jean-Hubert Hubar; Laurent de Charneux; Henri Defize; 
Lambert Defize ; Jean-Baptiste Bibaux ; Louis Malaise ; 
Wéry Raick; Gilles Defize. 

Le nouvel abbé était fils d'Arnold d'Eynatten, seigneur 
de Thys, et de Françoise de la Falloise, fille d'Antoine de 
la Falloise et de N. de Merlemont; il fut bénit par Jean- 
Antoine Blavier, suffragant de Liège. 

11 admit comme novices : 1° Jean-Louis Michaels, le 
22 mai 1681 qui mourut le 6 mai 1717, âgé de quarante-six 
ans; il avait été religieux pendant vingt-six ans, prêtre 
pendant vingt-deux ans, chantre cinq ans ; 2° Jean Paulus 
de Slins, qui mourut le 23 juillet 1699, âgé de trente-huit 
ans, après quinze ans de profession, quatorze de sacerdoce; 
3° Pierre Bounameau ; 4° Thomas-Benoit De vivier ; 5° Gérard 
Limbourg; 6° Lambert Le Ruytte, reçu le 28 septembre 
1689, il fit sa profession le 2 octobre 1690; 7° Jean Jenicot; 
8° Olivier Defize. 

Philippe d'Eynatten mourut le 14 novembre 1706, à l'âge 
de soixante-trois ans, comptant quarante-trois années de 



— 202 — 

profession religieuse et trente-neuf de sacerdoce ; il eut sa 
sépulture dans la chapelle du Saint-Sacrement. 

29. 
Mathieu de JENNET. 

1706-1710. 

Devise : « Candore et animo. « 

Le 7 décembre 1706 (î) les religieux de Saint-Gilles se 
donnèrent un nouvel abbé dans la personne de Mathieu de 
Jennet, fils de Jean de Jennet, commissaire de la Cité, et 
d'Elisabeth de Lairesse, fille de Jacques de Lairesse, aussi 
commissaire de la Cité et de Barbe Everard. 

Mathieu de Jennet était entré en religion en 1637 ; 
nommé à la cure de Rechain en 1668, il s'y comporta en 
véritable pasteur, s'adonnant à la défense de la religion 
catholique contre les attaques des protestants du voisinage 
et au soulagement des nécessiteux. 

Il fut tiré de sa cure par le vœu unanime de ses con- 
frères, dont voici les noms : Henry Defize, prieur; Lambert 
Defize, pasteur de Héron; Thomas-Benoît Devivier; Jean- 
Louis Michel, chantre ; Gérard de Limbourg; Lambert Le 
Ruytte; Olivier Defize; Jean Génicot. 

11 reçut la bénédiction abbatiale de M er Louis-François 
Rossius de Liboy, évêque de Thermopolis et sufTragant de 
Liège. 

Il admit comme novices : Henry Dupont , le 15 avril 
1708; Nicolas-Pierre Gilon, le 15 avril 1708; Gérard-Jérôme 
de Jennet, 1709, profès le 2 avril 1710; Mathieu Raick, 
1709, profès le 2 avril 1710. 

Mathieu de Jennet mourut le 30 octobre 1710. 

{\y Le recueil imprimé porte le 6 décembre. 



— 203 — 

D. O. M. 

Sepulchrum Reverendi admodum Dni Mathei de Jennet qui 
dum viasit pastoratum des Rychains per 58 annos ita digne 
et laudabiliter récrit, ut invitis et moerentibus parochianis 
in hujus ecclesiae abbatem 29 merito vocatus fuerit anno 
4706 ', tandem plenus dierum pie obdormivit in Domino 4710, 
50 Octobris, aetatis suae 75, professionis 85, abbatialis dig- 
nitatis 4,jubilaei 5. 

Reverendus admodum Dominus Lambertus de Fize ejus suc- 
cesser in sui amoris erga illum testimonium posuit anno 
4745. R. I. P. 

30. 

Lambert de FIZE. 

1710-1719. 

Devise : <* Omnibus aequa sonans. » 

Le 30 novembre, Lambert de Fize, curé à Héron, fut élu 
abbé par la voix unanime de ses confrères, dont voici les 
noms : Lambert Le Ruytte, prieur; Thomas-Benoît De 
Vivier, chantre; Gérard de Limbourg, curé de Rechain; 
Jean Génicot, proviseur; Olivier Defize, custos; Henry Du- 
pont; Nicolas-Pierre Gilon; Gérard-Jérôme de Jennet. 

Sous cet abbé, furent vêtus et profès : Pierre Verdcour; 
Hubert Raick; Dieudonné Robinet; François le Bon, admis 
le 1 er septembre 1712, il fit ses vœux le 1 er septembre 1713, 
à 9 heures du matin. 

Lambert de Fize reçut la bénédiction du suffragant de 
Liège Louis-François Rossius de Liboy, le 14 décembre 
1710; il mourut le 28 juin 1719, et fut enterré dans la nef 
de l'église sous la pierre sépulcrale de Lambert Bronchart, 



— 204 — 

jadis abbé de Saint-Gilles. On y grava les armoiries de l'abbé 
de Fize, avec cette épitaphe : 

Sepulchrum Reverendorum Dominorum de Fize. 

D. 0. M. 
In memoriam trium fratrum hujus ecclesiae canonicorum, 

quorum primus obiit Aegidius aetatis 35, professionis 47, 

mensis Mardi 47 anno 468$. 
Renricus prior dignissimus obiit aetatis 64, professionis 45, 

prioratus 48, mensis januarii 5 anno 4709. 
Reverendus admodum Dominus Dominus Lambertus de Fize, 

abbas XXX**, aetatis 65, pastoratus in Héron 5, abbatiali- 

tatis 9, obiit anno 4749, mensis junii 28,posuit et renovavit. 
Bene apprecare lector, ut hii très hic repositi, quos in unum 

sociatos junxit Dei clementia, cum Christo sint in gkrria 

et requiescant in pace. 

Un tableau représentant le Christ en croix avec la 
sainte Vierge, saint Jean et Marie-Madeleine porte aussi 
ses armoiries. 

Il a fait exécuter des réparations à 1 église. 

Une pierre commémorative avec ses armoiries et l'ins- 
cription suivante est conservée dans la tour de l'église : 

Reverendus adm. Dominus Lambertus de Fize 
abbas reparavit a« 4745. 

31. 
Lambert LE RUITTE. 

1719-1738. 

Devise : « Virtus in tenebris lucet. * 

Lambert Le Ruitte fut élu le 7 août 1719 et bénit par 
M gr de Rossius de Liboy, le 29 du même mois. 

Il était fils de Lambert Le Ruitte et de Marguerite, fille 
de Wynand du Pont et d'Hélène N... 



— 205 — 

* Cet abbé s'occupa spécialement de restaurer l'abbaye 
« et l'église, à laquelle il fit faire une nouvelle entrée, 
« ornée d'un beau portail, au-dessus duquel on voit ses 
» armoiries coloriées. Il fit faire aussi une entrée plus 
« gracieuse au chœur de l'église et fit meubler entièrement 
» le réfectoire. » 

Il se proposait de faire des réparations plus considé- 
rables, lorsqu'il mourut le 5 décembre 1738. Sa pierre tom- 
bale est conservée dans l'église de Saint-Gilles. 

D. 0. M. 
Hicjacet Reverendus admodum Dominus Lambertus Le Ruitte 
guondam prior, 7« augustianno 4749 e le dus abbas 84*' hvjus 
monasterii, qui obiit anno 47S8 menée decembri die quinta, 
aetatti 79. Requiescat inpace. Amen. 

32. 

Gérard-Jérôme de JENNET. 

1739-1754. 

Devise : «* In suavitate robur. » 

Gérard de Jennet était fils de Jacques de Jennet et d'Eli- 
sabeth, fille de Nicolas Wilters, famille distinguée de Saint- 
Trond et de Marie van den Roye. Mathieu de Jennet, ci- 
devant abbé de Saint-Gilles, était son oncle. 

Il était prieur de la maison de Saint-Gilles, lorsqu'il fut 
élu à l'abbatialité, le 4 mars 1739, et bénit par M* r Pierre- 
Louis Jacquet, évêque d'Hippone, le 19 du même mois. 

Il mourut le 15 février 1754 : sa tombe subsiste dans 
l'église de Saint-Gilles. 

Hicjacet Reverendissimus admodum Dominus Gerardus H. de 
Jennet, hujus monasterii abbas qui obiit die 45 februarii 
4754 aetatis 74. Requiescat inpace. 



- 206 — 

33. 

Hubert DUCHATEAU. 

1754-1760. 

Hubert Duchateau fut élu abbé en 1754; son élection fut 
approuvée par le chapitre de Saint-Lambert le 3 juillet de 
la même année. 

Sa tombe, conservée dans l'église de Saint-Gilles, porte 
cette épitaphe : 

D. 0. M. 
Hic jacet Reverendissimus ac amplissimus D. Hubertus Du- 
chateau, alias Tïxhon, hujus domus abbas 55, qui obiitvige- 
sima mensis octobris 4760, aetatis suae 75. Requiescat in 

pace. 

34. 

Jean-Fastré LOMBART. 

1760-1761. 

Le 14 novembre 1760, le chapitre de Saint-Lambert con- 
firma l'élection de Jean-Fastré Lombart comme abbé de 
Saint-Gilles; mais le nouvel abbé ne jouit pas longtemps de 
sa dignité, il fut emporté par la mort le 7 janvier 1761 . 

Un fragment de sa pierre sépulcrale fournit ce rensei- 
gnement : 

... Hujus domus abbas 54 qui obiit septima januàrii 1764. 

R. I. P. 

35. 

Laurent CHANTRAINE. 

1761-1786. 

Devise : «* Sapit omnibus. * 

Laurent Chantraine, fils de Laurent Chantraine et de 
... Latour devint abbé de Saint-Gilles en 1761, le 23 février ; 



— 207 — 

le chapitre de Saint-Lambert approuva son élection le 16 
mars 1761 ; le nouvel abbé fut solennellement inauguré le 
30 mars 1761. Voici la pièce de vers qui lui fut dédiée à 
cette occasion. 

Reverendisrimo ac amplissimo Domino D. Laurentio Chan- 

treine, S. Aegidii Praesuli meritissimo, inaugurato hac S0 

martiï 4761. 

Chronicon. 

sIt tIbI faUsta Dïes ChantrbIne terDIgnUs honore 
sIt qUoqUe Vbra qUïes tIbI paXqUe DeCora VIgore. 



Nectare diffusae jam Vati pan dite Musae, 

Pandite Pimpleae nunc Helicona Deae : 

Ferte secundum omen Chantreine et tollite nomen 

Celaos in coelos dulcisonante melos : 

Rumpite tempra morae, corde ut gratemur et ore 

Chantreine, quem duplex Praesulis ornât apex. 

Convenit amplorum grex inclyta canonicorum 

Quaerere post regem, qui imperet huncce gregem. 

En! Urbs virtutis mirandae staos in acutis. 

Culminibus cum sit condier illa nequit 

Hoc cum spectetur. Ghantreine, quiscunque fatetur, 

Grande decus sedum, mitra, decetque pedum. 

Nam gravitas vultus splendensque in corpore cultus, 

Frontes vi plenae, gratia trina genae ; 

Et pudor immensus, pie tas, sapientia sensus 

Vi tenet atque capit, lumina cuncta rapit, 

Ergo laetemur, vivatque ex corde precemur 

Si quid deficiens, suppléât hocce sequens. 

Chronodisticum votivum. 
TU ChantreIne fLore MIro probItatIs oDorb 

ET PETE REGNA POLI POST BONA FATA SOLI. 



— 208 — 

L. Chantraine mourut à Paifve en Hesbaye. 
Voici son billet mortuaire : 

Anno poet Christum 1792, maii die 5 lt in viculo Paive Hasba- 
nico, extremis sacramentis pio fervore receptis, placide obiit 
Reverendus Dominus Laurentius Chantrainb, 

Aegidianae domus, prope Leodium, trigesimus quintus ac 

ultimus abbas v etc. Vir profecto bonus et mansuetus corde, qui, 

fa8tum proterens, non am bu la vit in elatione mentis, nec anquam 

despexit deprecationem pauperis. Cum ab extinctione Goenobii 

cui praerat, mansionem guam in districtu nostro constituent, 

hinc nos met pacificam ejus animam suffragiis et precibus vestris 

ex charitatis offlcio commendanius, ut, si quae iorsan mora 

foret, protinus ostendat illi Deus salutare suum, et, super bis 

negata, humilibus promissa, Âetatis anno 65, abbatialis digni- 

tatis 31. 

Pastore* vicini. 

Le portrait de l'abbé Chantraine est en possession de 
M ,le Laurence Piette, habitant à Uccle lez-Bruxelles; un 
autre portrait se trouvait jadis dans la famille de M. l'abbé 
Houssard, aumônier à Ans, mais il s'est égaré dans un 
déménagement (i). 

(1) M. l'abbé Houssard nous a communiqué tous les renseignements con- 
cernant son oncle, l'ex-abbé de Saint-Gilles. 



~»xx« 



t. L * 



• • 



V 



ANALYSE 

DU 



RECUEIL D'ÊPITAPHËS DES LE FORT 

CONSERVE AUX ARCHIVES DE L'ÉTAT, A LIÈGE 



Une biographie détaillée des hérauts d'armes Le Fort, 
comme introduction à ce travail, n aurait guère de raison 
d'être, car elle ne serait pas chose nouvelle. 

Ces généalogistes, en effet, ont trouvé déjà leur histo- 
rien : M. Stanislas Bormans, dans sa Notice sur J.-G. et 
J.-H. Le Fort hérauts d'armes du pays de Liège au 
XVI Pet au XV IIP siècle, servant de préface à ses Tables 
des manuscrits généalogiques de Le Fort conservés 
aux archives de l'Etat, à Liège (1), les a déjà fait revivre 
devant nous. Nous ne trouverions guère à glaner après la 
riche moisson de notre érudit confrère ; nous nous borne- 
rons donc à rappeler brièvement les principaux traits de 
leur carrière, en mettant largement à contribution l'excel- 
lent mémoire de notre devancier. 

Jean-Gilles Le Fort naquit à Verviers de Nicolas Le 

Fort et de Jeanne de Wilré. 

s' ' \ 

(1) Voy. Bulletin de V Institut archéologique liégeois; t. IV, p. 319; 
t. V, p. 395; t. VI, p. 131. 



— 210 — 

En 1662, il vint se fixer à Liège et demeurer chez son 
parent, Bartholomô Hannus, qui fut son maître dans la 
science généalogique et dont il resta le collaborateur 
quand Hannus, en 1676, succéda à Henri van den Berch 
en qualité de héraut d'armes du pays de Liège et comté 
deLooz. 

Hannus mort, Le Fort se trouva tout désigné pour être 
son successeur : personne n'était, mieux que lui, au cou- 
rant de l'histoire des familles de la contrée, aussi le prince- 
évêque Maximiiien-Henri de Bavière, par ses patentes du 
1 er septembre 1682, s'empressa-t-il de lui conférer officielle- 
ment les fonctions que, depuis six ans déjà, il aidait son 
prédécesseur à remplir. Continué dans sa charge par les 
princes-évôques Jean-Louis d'Elderen et Joseph-Clément 
de Bavière, il la conserva jusqu'à sa mort. 

L'empereur Léopold, par lettres du 12 décembre 1688, 
lavait nommé héraut d'armes impérial dans le district du 
Bas-Rhin et pays circonvoisins (i). 

( 1} Voici, au reste, la liste des qualités et des titres pris par lui dans les 
attestations qu'il délivrait comme héraut d'armes : - J. G. Le Fort, escuyer, 
» roy d'armes de S. M. I. et C et héraut provincial sur le district du 
» Bas-Rhin et Pays circonvoisins et de S. À. l'évoque et prince de Liège, 
• duc de Bouillon, marquis de Franchlmont, comte de Looz, Hornes, etc., 
« généalogiste et armoriste du S. E. R. etc. » 

Son grand sceau portait ses armoiries : écartelé (d'argent) à cinq Aisées 
ide gueules) et (d'or) à trois merlettes (de sable) posées deux et une, l'écu 
sommé de la couronne emblème de sa charge, surmontée d'un casque cou- 
ronné ayant comme cimier un bouc issant (d'argent) accorné et barbé 
(d'or) et colleté de (gueules); armoiries posées sur la double aigle de 
l'Empire tenant dans ses serreset ses becs deux masses croisées en sautoir 
passant derrière l'écu. Légende : * s. i. m. le fort • de • briamont • 

SCUT • S • Cfi • M • ADTR (Sic) • RHB • INF • ET • S • CEL - P • LEOD - 
BERO • ARM • REZ. (sic). 

Comme on vient de le voir, Le Fort s'intitulait écuyer; nous n'avons pu 
découvrir en vertu de quel droit il prenait ce titre. Toutefois, comme il ne 
lui est point donné dans les lettres patentes de Maximilien-Henri de Ba- 



- 211 — 

Le devoir du héraut d'armes, comme le dit M. Bormans, 
consistait adresser les arbres généalogiques des familles, 
au moyen des documents et actes authentiques, reliefs, 
pierres sépulcrales, etc., à certifier l'usage et la posses- 
sion des armoiries et des titres, à veiller à ce que les parti- 
culiers ne s'affublassent point de titres faux, ni d'armoiries 
auxquelles ils n'avaient point droit, à recevoir les preuves 
de noblesse de ceux qui demandaient l'entrée de l'état 
noble ou des chapitres nobles, à examiner la validité de ces 
preuves et à donner sur celles-ci son avis motivé au Conseil 
privé du prince (1). 

vièrelui conférant la charge de héraut d'armes de la principauté de Liège, 
nous est avis que Le Fort, à l'instar de ses confrères les hérauts d'armes 
des Pays-Bas, le prit en vertu de ses fonctions mômes. 

Sous le régime espagnol, en effet, le héraut d'armes était annobli par 
sa seule commission, sa charge, par elle-même, conférant la noblesse Ce 
système, sans doute, bien que Ton soit sans documents sur la matière, 
était la règle aussi dans l'Empire. Toujours en l'absence de preuves, le 
point de savoir si cette noblesse donnée par la charge qui nous occupe 
était purement personnelle et attachée exclusivement aux fonctions, ou si 
elle passait aux descendants, est également douteux. 

Comme on l'a vu aussi, Le Fort, sur son sceau, prenait le nom et les 
armes de Brialmont (d'argent A cinq fusées de gueules touchant les bords 
de Técu, cimier, une tête et col de bouc d'argent au naturel, barbé et ac- 
corné d'or et colleté de gueules;. 

M. Bormans, avant nous, s'est demandé sur quelle base pouvait bien 
s'appuyer notre roi d'armes, pour agir de la sorte. * Pendant quatre géné- 

• rations, » dit-il, • il ne s'est fait aucune alliance entre les deux familles; 
« peut-être Le Fort se prétendait-il issu du même estoc que les Hamal, 

• Fraipont, Scoenbeek, Briamont, dont il porte également le cimier, un 

• bélier issant. » 

Pas plus que notre érudit confrère, nous ne sommes parvenu à résoudre 
ce problème; disons pourtant que l'hypothèse émise par M. Bormans, 
nous semble devoir être la base cherchée. En effet, les armes de Brial- 
mont mises aux premier et quatrième quartiers du blason et le bélier 
issant pris comme cimier, nous paraissent au moins l'indiquer. 

(1) Voy. les Lettres du prince Maxitnilicn- Henri de Bavière, du 
1" septembre 168*, conférant à Le Fort la charge de héraut d'armes. 
(Archives du Conseil privé). 



— 212 — 

Il serait superflu de parler du zèle, de l'activité et de 
l'honnêteté avec lesquels Le Fort s'acquitta de ses fonc- 
tions. Ses immenses travaux, la grande et juste renommée 
dont ils jouissent auprès des spécialistes et la confiance 
qu'ils leur inspirent en sont la meilleure garantie, et les 
prouvent mieux que toute dissertation. 

Jean-Gilles Le Fort termina sa longue et laborieuse 
carrière à Liège, le 9 février 1718, et reçut la sépulture 
dans le chœur de l'église de Saint-Hubert. 

Marie de Haling, sa femme, dont il était veuf depuis le 
17 octobre 1716, lui avait donné un fils et trois filles. De 
ces quatre enfants, deux seulement survécurent à leurs 
parents : son fils Jacques-Henri, dont nous allons parler, 
et une fille qui épousa M. de Colnet. 

Jacques-Henri Le Fort vit le jour à Liège, le 27 août 
1680; dès son jeune âge élève, puis collaborateur de son 
père, il fut bientôt, sous pareil maître, en état de lui suc- 
céder un jour dans ses charges. 

Nommé dès l'âge de 20 ans (5 mai 1700), chevalier doré 
et comte du sacré palais de Latran, puis héraut d'armes 
impérial pour le district du Bas-Rhin, il remplaça Jean- 
Gilles Le Fort comme héraut d'armes du pays de Liège et 
comté de Looz, par octroi du prince-èvêque Joseph-Clément 
de Bavière, en date du 18 mars 1718. 

Continué dans sa charge par Georges-Louis de Berghes 
et par Jean-Théodore de Bavière, il mourut en fonction, 
le 3 octobre 1751. 

Si nous en jugeons par sa correspondance et les pièces 
signées par lui, Jacques-Henri Le Fort * parait s'être moins 
» occupé que son père de réunir des documents, « dit avec 
raison, M. Bormans. « Il ne nous a laissé aucun recueil 
» complet d'une certaine étendue, mais d'innombrables 



— 213 — 

- pièces détachées qui paraissent avoir servi à étayer des 
■» généalogies, des doubles d'expédition que, en vertu de 
• son diplôme, il était de son devoir de conserver. » 

Il ne prit pas même le soin de continuer les généalogies 
faites par son père : toutes celles-ci se terminent, au plus 
tard, vers 1720. 

Jacques-Henri avait épousé Marie-Charlotte de Castil- 
lan, fille d'un gentilhomme verrier; l'enfant unique issu de 
ce mariage mourut à l'âge de quatre mois. 

Les manuscrits des Le Fort, conservés aux archives de 
l'Etat à Liège, sont divisés en quatre parties. 

La première, en vingt-cinq volumes grand in-folio, com- 
prend sept cent et dix généalogies de familles nobles; la 
deuxième, réunion de pièces probantes, chartes et docu- 
ments de toutes sortes, forme une série de vingt-sept vo- 
lumes in-folio; la troisième, divisée en vingt-neuf volumes 
in-folio, contient une multitude de fragments généalogiques 
de familles pour la plupart liégeoises, pièces auxquelles la 
mort ne permit pas à nos hérauts d'armes de donner une 
forme et une rédaction définitives. L'analyse de ces trois 
séries de volumes constitue la matière des Tables des ma- 
nuscrits généalogiques de Le Fort dont nous avons parlé 
plus haut. 

Trois atlas, contenant des fragments et des cartes gé- 
néalogiques, des quartiers et des pièces probantes, un armo- 
riai, en deux volumes in-folio, un volume du même format 
renfermant des croquis généalogiques et enfin la collection 
d'épitaphes que nous allons analyser, sont classés sous le 
nom de quatrième partie de l'œuvre. 

En généalogistes consciencieux, les Le Fort attachaient 



— 214 — 

une grande importance aux épitaphes et considéraient 
celles-ci, ajuste titre, comme documents généalogiques de 
bon aloi, en tant que preuves des alliances et des filiations ; 
aussi en réunirent-ils une collection de plusieurs milliers, 
collection dans laquelle ils comprirent non seulement 
les copies des monuments funéraires proprement dits, 
mais encore celles des vitraux armoriés, des blasons, des 
quartiers et des inscriptions commémoratives quelconques 
pouvant servir de pièces probantes, qu'ils rencontraient 
tant dans les châteaux et les maisons particulières, que 
dans les couvents et les églises. Toutes ces copies, à de 
rares exceptions près que nous avons soin au reste de 
signaler au passage (1), sont écrites par les Le Fort eux- 
mêmes. Un grand nombre d'entre elles furent intercalées 
par leurs auteurs à la suite des généalogies auxquelles elles 
se rapportent, dans la première partie de leur travail : le 
reste, comprenant plus de deux mille feuilles volantes de 
toutes grandeurs, fut mis dans des cartons et constitue le 
recueil dont l'analyse fait l'objet du présent mémoire. 

Ces feuilles sont aujourd'hui classées, réunies en des 
fascicules numérotés, comprenant chacun, autant que pos- 
sible, les pièces d'une même provenance et reliées en trois 
gros volumes in-folio. 

Le premier de ces tomes comprend les inscriptions rele- 
vées principalement dans la ville de Liège, le deuxième 
celles prises dans la province de ce nom, le troisième enfin 
les pièces de provenances diverses, tant des Pays-Bas que 
des contrées des Provinces-Unies et de l'Empire voisines 
du pays de Liège. 

Cette classification géographique n'est toutefois pas ab- 
solument rigoureuse, comme on le verra d'ailleurs dans 

(1) Voy. les signes conventionnels et abréviations, p. 218. 



— 215 — 

notre travail ; il était impossible, en effet, de diviser d'une 
façon stricte les pièces du recueil, le recto d'un feuillet 
étant consacré parfois à une inscription rentrant dans le 
cadre du premier volume, quand le verso en donnait une 
autre ayant rapport avec la matière du deuxième ou du 
troisième. 

Les volumes du Recueil d'épilaphes n'ayant pas de 
pagination, il nous a été impossible de prendre pour base 
de notre travail le classement des pièces par ordre alpha- 
bétique des noms propres qui s'y trouvent mentionnés. 

Pour le même motif, nous n'avons pu les ranger par 
ordre de provenance stricte, car ce système nous eût obligé 
de renvoyer parmi les documents du deuxième ou du troi- 
sième tome des pièces reliées dans le premier volume et 
réciproquement; dans de telles conditions, retrouver un 
original à laide de notre table n'eût pas été chose facile. 
Nons avons donc cru préférable d'analyser les documents 
autant que possible dans Tordre même où ils se trouvent 
dans cet immense nécrologe, en assignant à chacun un 
numéro de série unique pour toute la collection. A l'aide 
de ces numéros, auxquels renvoie la table alphabétique des 
noms de famille qui termine notre mémoire, les recherches 
y seront aisées. 

Dans la longue liste qui va suivre, nous avons eu soin 
de donner in extenso les noms et les prénoms des per- 
sonnes que rappellent les inscriptions, en respectant scru- 
puleusement l'orthographe des noms propres. Pour les 
épitaphes proprement dites, nous avons ajouté les dates 
des décès et, le cas échéant, l'âge des personnes décédées. 
Quant aux monuments sur lesquels figurent des quartiers 
généalogiques, si en même temps que les blasons de ces 
quartiers les noms des familles auxquelles ceux-ci appar- 
tiennent se trouvent mentionnés, nous avons soin de les 



- 216 — 

transcrire en respectant Tordre dans lequel ils se trouvent 
sur le monument lui-même. Toutes les fois, au contraire, 
que les blasons des quartiers sont anonymes, si Ton peut 
ainsi dire, mais que nos propres recherches nous ont 
permis d'établir d'une manière positive les noms absents, 
nous les donnons encore, en prenant garde de les mettre 
entre crochets. 

En terminant cette introduction, il nous reste à dire un 
mot du soin et de l'exactitude qu'apportèrent les Le Fort 
dans les copies des épitaphes et des inscriptions qu'ils nous 
ont laissées. Prétendre en juger de façon absolue, ne serait 
guère possible à l'heure actuelle : la bonne moitié des mo- 
numents originaux ayant disparu, d'autres, malheureuse- 
ment en grand nombre aussi, étant aujourd'hui frustes. 

Disons pourtant que, formant nous-même, depuis plu- 
sieurs années, une collection de ce genre et ayant eu quel- 
quefois l'occasion de pouvoir comparer des copies autrefois 
prises par les Le Fort avec les inscriptions des monuments 
eux-mêmes, nous avons pu nous convaincre que ces copies, 
toujours exactes quant au texte et aux blasons qui l'ac- 
compagnent, étaient le plus souvent reproduites ligne à 
ligne (i). 

(1) On ne pourrait adresser pareil éloge à tous ceux qui nous ont laissé 
des recueils analogues, au généalogiste Abry entre autres. Les épitaphes 
qu'il publie dans son Recueil héraldique des bourguemestres de la noble 
cité de Liège, par exemple, sont bien souvent inexactes, pleines de mots 
estropiés ou intervertis, d'interpolations, d'omissions et d'autres péchés 
épigraphiques du même genre. C'est au point que l'on se demande s'il lisait 
très médiocrement les caractères gothiques ou s'il écrivait ses copies de 
mémoire. Un exemple entre cent : l'inscription de la pierre tombale d'Ar- 
nould de Berlo et de Jeanne de Cotereau sa femme, existant encore dans 
la chapelle du château de Sclessin lez-Liége et dont le texte en grandes 
lettres gothiques est parfaitement bien conservé, n'a qu'une ressemblance 
bien éloignée avec la reproduction qu'en donne notre auteur. (Voy. ouvrage 
cité, p. 248}. 

Que le lecteur en juge, en comparant la version que donne Abry, avec 



— 217 — 

Tout au plus, quelquefois les Le Fort se permettent-ils, 
dans ud travail hâtif sans doute, de rajeunir quelque peu 
1 orthographe de certains mots : trépassât pour trespas- 
saty git pour gist, etc., peccadilles bien légères, si pecca- 
dilles même il y a, faciles à corriger au passage, qui d'ail- 
leurs se découvrent d'elles-mêmes et ne changent rien au 
sens m à la valeur du texte de l'inscription. 

Tel est donc le recueil dont nous donnons aujourd'hui 
l'analyse à nos confrères en archéologie et en histoire; 
puisse-t-il n'être pas complètement inutile et les aider 
parfois dans leurs recherches et leurs travaux ! 

Léon NAVEAU. 
Bommershoven, avril 1896. 

le texte pris par nous sur le monument lui-même et collationné lettre par 
lettre: 

Texte cTAbry : - Cy gist vaillant A illustre Seigneur Arnould de Berlo 

• Sgr. de Sclessin, Ogny, Comte de Hozemont, Haut- Voué d'Ougraye, qui 
« trépassa l'an 1538 le 25 d'Aoust, et noble Dame Marie de Cotriau sa femme 

• qui trépassa Fan 1555 le 16 de Juin. » 

Texte tel qu'il se trouve sur la tombe à Sclessin : - Cy gist illustre et 
■ vaillant noble home seigneur arnoult de berlo conte de hosemdt sei- 

• gneur de sclassyns ôgnie haultvoye dougree. ëc qui trespassa. la XV« 
« XXXVIII le xxme de auoust et * Dame marie de coutreau son espeuse 
« qui trespassa lan XVe LV le xvi de jûg : • 

Ajoutons que le blason aux armes de Berlo qui figure sur cette tombe, 
ne porte pas le lambel à trois pendants dont Abry orne l'écu d* Arnould de 
Berlo en tête de la notice qu'il consacre à ce bourgmestre, & l'année de sa 
magistrature (1524). 

L'auteur de la généalogie de Berlo, parue dans Y Annuaire de la no- 
blesse de Belgique, année 1880 (Voy. p. 78^, n'est pas plus heureux quant à 
la copie qu'il donne à son tour de notre épitaphe; qu'on en juge, la voici 
textuellement : « Cy gisent vailbant et illustre seigneur Arnould de Berlo 

• sgr de Sclessin, Ogny, comte de Hozemont, hault vowé d'Ougraye, qui 
- trespassat l'an 1538 le 20 d'aoust, et noble dame Marie de Coutriau, sa 

• feme, qui trespassat l'an 1555, le 16 de juin. « 

Gela semble une copie de la copie d'Abry, avec les mots quelque peu 

• arrangés dans le goût du XV F siècle » afin de la mieux faire goûter par 
les gens difficiles. Et nunc erudimini! 



SIGNES CONVENTIONNELS ET ABRÉVIATIONS. 



t = décédé. 

Les numéros d'ordre accompagnés d'un astérisque indiquent 
les épitaphes ou inscriptions dont le texte est conçu en langue 
latine. 

Les numéros dordre en caractères italiques sont destinés à 
signaler les pièces copiées par d'autres que par l'un des deux 
Le Fort. 

Les articles non accompagnés d'une mention spéciale, telle 
que : vitrail, blason funéraire, etc., sont des épitaphes propre- 
ment dites. 

Le terme armoiries, dans l'analyse des pièces du Recueil, est 
employé par opposition au mot blason, dans le sens d'écusson 
timbré d'un heaume surmonté d'un cimier. 

L'expression armoiries de ces époux employée dans la des- 
cription d'un monument consacré à la mémoire de deux con- 
joints, indique que les blasons de ces personnes, accolés ou 
non, ne possèdent, conformément à la règle héraldique, d'autre 
timbre et cimier que ceux des armes du mari ; toutes les fois, 
en pareille occurrence, que l'écu aux armes de la femme est 
surmonté du timbre et du cimier qui lui sont propres, nous 
avons soin de l'indiquer. 



+H+ 



PREMIERE PARTIE. 



LIÈGE. 

Saint-Adalbert-en-Ile. 

1. Maroie délie Chachiee, femme de Gilles Panetier, fen 
1432, le 4 de fenaul mois. — Armoiries. 

2/ ... de Sclassins, f en 1296. — Effigie d'une dame. Deux 
blasons. 

3. Walrave-Hypolite-Antonette-Bernardine d'Arberg, t à 
Ahin, à l'âge de 1 an et 5 jours, le 26 août 1693. — 
Armoiries et huit quartiers : 

Arberg Vallangin, Gavre, Brion, La Marck; 
Renesse, Bocholtz, Arckel, Hoensbroeck. 

4. Henry Tsgroets, Marie de Corswareme, sa femme, f en 
octobre 1543, et leurs trois enfants. — Effigies des deux 
époux. Celle de Henry le représente armé de toutes 
pièces. A leurs pieds, sont représentés trois petits en- 
fants. Armoiries : Schroots (de la branche dite les 
Schroots noirs) et Corswarem (l'écu chargé d'une barre). 
Aux quatre coins de la pierre, ces armes se trouvent 
répétées. 

5/ François Cranevelt, t â l'âge de 46 ans, le 4 novembre 
1603, et Cornélie Sasbout, sa femme, t â l'âge de 53 ans, 



— 220 — 

le 17 avril 1603. — Armoiries de ces époux ; quartiers : 

Cranevelt, Singlem, Bausele, Cabiliaas; 
Sasbout, Heermanle, Vandermeer, Sonn... 

6. Catherine de Swartzenberch, fille d'Emond et femme 
d'Oloph de Gulpen, seigneur de Neufcbàteau, f le 17 
janvier 16&1. — Quatre quartiers : 

[Galpen, Alsteren de Hamal, Schwartzenberg, Corswarem]. 

7\ Jean van Delft, chanoine de Saint-Martin, f le 5 juin 
1613. — Armoiries et quatre quartiers : 

Van Delft, van Etten, van Bemmel, van Ranst. 

8. Henry Lochon délie Môsée, seigneur de Beasem (Beau- 
raing-sous-Moxhe), f le 12 mai 1540 et Catherine de 
Fraipô (Seraing de Fraipont), sa femme. — Effigies; 
celle du défunt le représente armé de toutes pièces. 
Quatre quartiers : 

[Lochon, Lagneau, Seraing de Fraipont, La Molier]. 

DALHEM. 

9. Walrame Draeck, bailly du comté de Daelhera, f 1b 
21 octobre 1615, Anne de Viron, sa femme, f le 30 
octobre 1605, et Marguaritte de Rouveroy, mère d'Anne 
et veuve de Robert de Viron, f le 31 octobre 1605. — 
Armoiries de ces époux ; quartiers : 

Draeck, Colebrant, Jegher, Outhuesden; 
Viron, Blehen, Rouveroy, d'Ans. 

10. Wynant Ryterbach gênant Laer... Stadthelder de 
Daelhem, f en octobre MD... LX... (épitaphe fia- 



— 221 — 

mande). —Au haut de cette feuille est la table des huit 
quartiers suivants : 

Rennenberg, Schleiden, Richenstein, Parvys, 
Eysenburch, Viroenberg, Sein, Agymont u&d Loen. 

LIÈGE. 
Sainte- Aldegonde. 

U\ Henri Venius, docteur en droit, f le IV des Ides de 

mars (12 mars) 1574 (i). 
12*. Louis de Holsée, chanoine et chantre de Saint-Denis, 

t le 4 mai 1398. — Effigie. Deux blasons. 

13. Sévrin Reno le Haliet, citain de Liège, f le 7 avril 
1431 et Ayly de Blarey, sa femme, f en 14... 

14. Collar Peronne, bourgmestre et échevin de Liège, f 
le 18 février 1533, Maroie de Giwet, sa femme, t te 10 
septembre 1545 et Art de Corswarem, échevin de 
Wliennale, t en ... — Trois effigies : les hommes sont 
représentés non armés. Trois blasons : deux timbrés, 
Peronne et Corswarem, et un non timbré. 

15. Jean de Bounam, écuyer, f te 6 juin 1667, & l'âge de 
84 ans. — Armoiries. 

16*. Inscription et armoiries d'un vitrail donné par Gérard 
de Fléron, ancien bourgmestre et échevip de Liège et 
Jeanne de Crisgnée, sa femme. 

Saint- André. 

17. Henri Gouverneur, marchand bourgeois, f le 21 no- 
vembre 1666 et Anne de Corbion, sa femme, t te 
l" janvier 1671. — Armoiries. 

(1) Chape au ville, Qui Getta Pontificvm Leodiensivm, etc., t. III, 
p. «4. 



— 222 — 

Couvent des Aagustins. 

18. Gilles de Vivario, 1 le l 6r juin 1626. — - Armoiries. 

19. Armoiries et inscription d'un tableau, don d'Antho- 
nette de Meers, relicte de feu Lambert à Vivario, 
1656. 

20. Sur une vitre de la chambre d'hôte du couvent : armoi- 
ries et inscription rappelant Anne de Wihogne, relicte 
de Godefroid de Mirbicht, seigneur de Haneffe et Don- 
ceel, 1570. 

21. Id. Id. de Henry de Waha de Baillonville, chanoine de 
Liège. 1619. 

22. Gérard van der Stegen de Bois-le-Duc, bourgeois de 
Liège, f le 6 avril 1654. Armoiries et huit quartiers. 

Collégiale de Saint-Barthélémy. 

23. Conrard baron de Haxhe et du S. E. R. seigneur de 
Bierset, bourgmestre de Liège et député des Etats, t le 
25 février 1690. — Armoiries. 

24*. Godescalcus de Moreameys prévôt de Liège et « fon- 
» dator hujus basilicae, » t M. X. 

25*. Jean de Jupille, f le 30 mai 1364 et Agnès, sa femme, 

t en 1363. 
26*. Nicolas de Warves, chanoine de cette église, t en 1338,. 

le III des nones de juin. — Effigie. Blason. 

27*. Balduin..., chanoine de cette église, t en 1327, le jour 
de saint Brice, confesseur. — Effigie. Deux blasons. 

28*. Lambert de Poulseur, chanoine, f en 1358. 

29*. Henri Bot ton, chanoine de cette église, f le 3 juillet 
1526 et Arnold de Malazes, chanoine, f en mai 1549. 



- 223 — 

Couvent des Frères-Mineurs. 

30. (Jean, seigneur) délie Roche et avoué de Fléron, che- 
valier et échevin de Liège, f le 4 mars 1419. — Effigie 
année de toutes pièces. 

31*. Fastré, chevalier délie Wege, t en juin 1266. — Blason. 

Abbaye de Beaurepart. 

32*. Henri dit de Dyson, f en septembre 1310. 

33. Libert, moine... — Deux blasons. 

34". Libert de Corswarem, abbé, f le 18 septembre 1480. 

35*. Henri de Haccour (Haccoria), abbé, f le 13 juillet 1348. 

Couvent des Sépulcrlnes des Bons -Enflants. 

36. Herman de Lierneux, seigneur de Presles, etc., t le 20 
mars 1628. — Armoiries. 

Couvent des Capucins. 

37*. Jean de Curtius, seigneur d'Oupeye, etc., t en Espagne 
en 1628 et Pétronille de Braaz, sa femme, t en 1603. 

— Armoiries de ces époux. 

38. Antoine de Closset, marchand banquier, bourgeois de 
Liège, t le 11 décembre 1703. — Armoiries. 

39. Inscription d'un vitrail rappelant Henry de Curtius, 
bourgmestre de Liège en 1662. 

40. Id. Id. Pierre de Simonis, bourgmestre de Liège en 1662. 

Couvent des Carmes-en-Ile. 

41. Oude, fille Johan Pouilhet de Hutha, f le 30 avril 1395. 

— Effigie. Deux blasons. 

42. Jean-Mathias de Wanzoulle, seigneur d'Agi mont, 
Otrange, etc., t le 26 août 1684 et Marguerite de 
Fléron, sa femme, f le 16 octobre 1682. 



— 224 — 

43\ Gérard de Fléron, f le 6 janvier 1630 et Marie Libert, 
sa femme, t le 9 août 1664. 

44*. Jean de Méan, f le 6 février 1618 et Elisabeth Salme, 
t le 30 novembre 1614. 

45. Marie de Halle d'Enhet et Elisabeth Fisen, f le 12 août 
1653. — Un blason aux armes de Italie. 

46*. N., fils de Hubert d'Awans, t on juillet 1356. — Ar- 
moiries. 

47. Jean de Saint-Martin, carme, évèque de Joppé, t en 
1374. — Deux blasons. 

48. Jean de la Boverie, chevalier, haut voué héréditaire 
de Liège, Jenne le Panthier (de Seraing dit le Pan ne - 
tier), sa femme, Adrien de la Boverie, leur fils et 
Marguerite de Marneffe, sa femme, Marie de la Bo- 
verie, fille de ces derniers et Jean le Polain de Xbe- 
neumont, son mari. — Monument érigé en 1599 par 
Adrien le Polain, fils de Jean* susdit. 

49. Monument érigé à la mémoire des nobles familles de 
la Boverie, Pollen (Polain) et de Fléron, et en parti- 
culier à celle de Gérard de Fléron, échevin de Liège, 
t le 4 janvier 1630 et de Marie Libert, sa femme. — Il 
porte ces quartiers : 

Fléron, Pollen, Notions, Moesk ; 

Libert, Lens, Fieze, N. ; 

Boverie, Melun, Panethier, Marneff; 

Pollen, Bonbais Boverie, Wathar. 

Couvent des Carmélites. 

50. Antoine de Rougemont, écuyer, t lo 12 mai 1658 et 
Anne de Rulant, sa femme. — Armoiries et quartiers: 

Rougemont, van Dolre, Meeuwen, Itteren; 
Rulant, Vercken, Grene de Panetier, Rulant. 



— 225 — 

Cathédrale. 

51*. Guillaume de Moumale (Corswarem), tréfoncier, t le 
9 septembre 1441. — Effigie. Quatre quartiers : 

[Corswarem, Warfiisée dit de Moumale; 
Argenteau, Ghoor]. 

52*. Jean de Hocsem, tréfoncier, f en octobre 1348. — 

Effigie. Deux blasons. 
53*. Gérard d'Occen (Chabot d'Ochain), tréfoncier et abbé 

de Ciney, t le 30 janvier 1348. — Effigie. Trois blasons. 
54*. Adam d'Erp, tréfoncier, t en 15... et Jean d'Erp, aussi 

tréfoncier, f le 20 décembre 1640. — Armoiries et huit 

quartiers de Jean d'Erp : 

Erp, Bronchera, Erp, Takeboerch; 
Brecht, Uden, Hunenber, Wijtui (î). 

55. Armoiries de Gérard de Noville, chanoine de Saint- 
Materne. 

56. Id. de Henri Wyers, chanoine de Saint-Materne. 

57*. Id. de Henri Gressenick, chanoine de Sainte-Croix, 
1573 (Gerssenich). 

58*. Henri de Ruischenbergh, tréfoncier, chanoine de Muns- 
ter, etc., f le 15 octobre 1626, à l'âge de 67 ans. — 
Armoiries et huit quartiers : 

Ruischenbergh, Nesselraedt, Grien, Spies; 
Gulpen, Argenteau, Wittem, Trasigny (2). 

59*. Jean d'Eynatten de Neuwerburch (Neubourg), tréfon- 
cier, f le 6 février 1606, et son neveu Jean baron d'Ey- 
natten de Neuwerburch, tréfoncier, chanoine d'Aix- 
la-Chapelle, etc., seigneur d'Etzweiler, Lontzen, etc. 

(1) Voy. Stein, Annuaire de la noblesse de Belgique, 1876, p. 226. 

(2) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont intervertis. 



- 286 - 

— Armoiries et huit quartiers de chacun des défunts: 

Eynatten, Lichtenburgh, Brandenburch, Kruppé(i); 
Ruyscbenbergh, Reinshem, terein, Oppem. 

Eynatten, Brandenborch, Ruischenbergh, Grein; 
Humen, Èsch, Speis, Worst. 

60*. Charles d'Oyenbruge de Duras, tréfoncier, t en 1572. 

— Huit quartiers : 

[Oyenbrugge, Duras, Pottiers, Frésiû ; 
Montenaken, Rêves, Romerswal, Ëgmont]. 

61*. Charles d'Oyenbruge de Duras, neveu du précédent. — 
Huit quartiers, qui doivent être lus dans Tordre sui- 
vant : 

[Oyenbrugge, Pottiers, Montenaken, Rommerswael; 
Guygovôn, Kérckem, BraftJLônbourg, Eve]. 

62. Planche de dix-sept blasons qui se « voyaient sur les 
« fenestres à S. Lâittbert. » — Armoiries de tiréfonciers 
pour la plupart. 

63*. Jean d'Elderen, archidiacre du Condroz, grand prévôt 
de Liège, etc., t le 3 juin 1652. — Ce monument élevé 
à la mémoire du grand prévôt par les soins de ses ne- 
veux Jean-Louis et Guillaume-Herman d'Elderen était 
surmonté de son buste et orné de ses quatre quartiers : 
Elderen, Horion, Groesbeck, Tuil. 

64*. Philippe van der Meeren, tréfoncier et seigneur de 
Wuestwezel, t à l'âge de 72 ans, le 25 février 1584. — 
Quartiers : 

van der Meeren, Cuyct, van der Noot, Herbeys. 

65\ Jean Tabolet, archidiacre de Hesbaye, prévôt de Fosses 
et officiai de Liège, t le 13 novembre 1658. 

(1) Eve, tfît de Crupet. 



— 227 — 

Ô6\ Robert Tabolet, tréfoncier, f le 23 juillet 16)3. 

57. Epitaphe collective des deux précédents. 

68. Jean de Henry, tréfoncier, doyen puis prévôt de Fosses, 
t le 19 septembre 1562, et Winand de Marotte, tréfon- 
cier, abbé séculier de Dinant, t le 21 juillet 1623. 

— Fragment généalogique de la famille de Stembier. 

69*. Guillaume de Floyon alias de Berlaymont, tréfoncier, 
t le 13 novembre 1530; note de £e Fort, sur ce per- 
sonnage. 

70*. Arnold de Bocbolt, grand prévôt de Liège, prévôt d'Hil- 
desheim et de Tongres, t le 21 décembre 1631. — Beau 
monument de marbre, orné des armes et des huit quar- 
tiers du défuat : 

Bocbolt, Vinck, Vlimersen, Eyck; 
Cortembach, Hanxeler, Horion, Randetraet (Randenraedt) (i). 

Attestation du Chapitre cathédral touchant l'existence 
de cette tombe et la noblesse d'Arnold de Bocholtz. 
7i\ Arnold de Bocholt, grand prévôt de Liège, t â l'âge de 
62 ans, 1 1 mois et 25 jours, le 25 janvier 1568. — Monu- 
ment à peu près le même que le précédent. Quartiers : 

Bocholt, Horick, Ghoer, Brede; 
Meerwyck, Donck, Kessel, Pyck (t). 

7F. Godefroid de Bocholt, grand doyen de Liège et prévôt 
de Saint-Jean, t â l'âge de 74 ans, le 29 août 1609. — 
Armoiries et quartiers : 

Bocholt, Busfeit, Weyn, Horrick; 
Dript, Ranwick, Boixmeer, Opploe (3). 

(1) Voy. Fahn, Die Dyna$Un, Freiherrn und Orafen von BocholtM, 
4« part , tabl. 10, p. 95. 

(1) Voy. Fahn, op. cit., tabl. Il, p. 97. 
(3) Voy. Fahn, op. cit., Ut)). 9, p. 94. 



—.228 — 

73*. Antoine de Douverin, tréfoncier, t en 1555, le 7 mai. — 
Quartiers : 

[Douverin, Aveluz, van Couwenbergh, van der Sraeten.] 

74\ Barthold baron de Wansoulle, grand prévôt de la ca- 
thédrale, archidiacre de Liège, abbé d'Amay, seigneur 
de Thys, Otrange, Beaufraipont, t à l'âge de 84 ans, le 
29 mars 1748. (Cette pièce n'est pas Tépitaphe de ce tré- 
foncier, que donnent Ophoven et de Theux). 

Sainte-Catherine. 

75. Guilheauine Godefroid, échevin de Liège et Jebenne de 
Hazeur, sa femme, t en 1557. — Armoiries. Note de 
Le Fort sur les ascendants de ces époux. 

Chapelle-des-Clercs. 

76. Marsille de Freloux, t le 24 avril 1444. 

77. Jean de Galle, clerc, t le 8 juillet 1361. 

78. Gilles de Remexhe, écuyer, t le 2 septembre 1402 et 
Maroie, sa femme, t le 16 août 1410. — Blason. 

Couvent des Chartreux. 

79. Marguaritte de Falconpier, t le 19 août 1507 et ses deux 
maris : Barthélemi Heeiczoen, bourgeois de Liège, t le 
3 avril 1499 (?) et Raes de Chockier, bourgeois de Liège, 
t en 15... — Effigies. Blasons. 

80*. Catherine de Flémalle, bienfaitrice de cette église, t le 

25 juillet 1419. 
81*. Arnould de Homes, LXXVIII 6 évoque de Liège, t le 

8 mars 1389. — Quatre quartiers. 

Hornes, Looz, Clôves, Brabant. 

82*. Helmic de Moylant, tréfoncier de Liège et prévôt de 
Saint-Barthélémy, t le 3juillet 1370. 



— 229 — 

83". Jean Simonis alias Rosseal, chanoine de Saint-Barthé- 
lémy, f le 30 novembre 1449. — Deux blasons. 

Saint-Christophe. 

84*. Isabelle d'Awans, f le 4 octobre 1674. — Armoiries et 
huit quartiers : 

Dawans, Saucy, Résimont, Willemar; 
Wonckel, Remicket, Gulpen, Donseel. 

85. Marie, fille de Weris de Cor chevalier jadit femme à 
Lowis de Sain Martin escuier, f le 18 avril 1432. — 
Deux blasons aux armes de Coir. 

86. Jenne de Yaulx, dernière de sa maison, veuve de Jean 
de la Bawette, t le 2 mai 1629. — Armoiries et huit 
quartiers qui doivent être lus comme suit : 

Vaulx, Berlaymont, Fumai, Ursel; 
Pottiers, Clochier, Warisoulx, Holoigne. 

87. Charles de la Bawette, seigneur à Assurville, t le 20 
janvier 1630. — Armoiries et quartiers : 

La Bawette, Hofstadte, Vaulx, Tenremonde; 
Vaulx, Fumai, Pottiers, Warisoulx. 

88. Jean de la Bawette, seigneur d'Oley et Grantaxhe, f le 
26 janvier 1633 et Marie de Heyenhoven, sa femme, 
t le 7 mai 1653. — Armoiries et quartiers : 

La Bawette, Vaulx, Vaulx, Pottier; 
Heyenhoven, Warisoulx, Horion, Amstenraedt. 

89. Isabeau de Lambiermont, t le 6 septembre 1363. — 
Deux blasons. 

90. Catherine, fille naturelle de feu noble vaillant et hono- 
rable Messire Guilhame de la Marck, t lo 14 juillet 
1550. — Armoiries. 



— 230 — 

91. Huber de Mohin, dit de Vaulx, t 1b 26 octobre 1557 et 
Bone, fille de Messire Robert de la Marck. — Armoiries 
de ces époux et huit quartiers de Hubert de Moutrin : 

[Mouhin, Moreal de Clermont, Boileau, le Berwier; 
Laddoens, Hamal (?), Ryckel, Ha m al]. 

(Souvent des Réoollets. 

92. Jean de St relie, voué de Streel, plusieurs fois bourg- 
mestre de Liège, t le 21 février 1593 et Agnès de Brai- 
bant, sa femme, t le 7 février 1586. — - Armoiries et 
quatre quartiers : 

[Streel, Pottiers; Brabant, Neuville]. 

93. Jean de Streel le, voué de Streel, seigneur des fiefs 
de Roloux et échevin de Liège, f le ... février 1618 et 
Guilleame de Junccis, sa compagne, f le 24 novembre 
1635. — Ëou parti aux armes de Streel et de Junccis. 

94. Marie-Thérèse de Hoensbroeck, chanoinesse de Ni- 
velles, f le 14 novembre 1647, à l'âge de 17 ans. — 
Quartiers : 

Hoensbroeck, Mérode, Bocholt, Wittenhorst; 
Harff, Plettemberg, Ghimenich, Haesfelt. 

95. Colin de Neufforge, fils de Corbeau, tous deux jadis 
mayeurs d'Awihie (Aywaille), f le 9 septembre 15... — 
Armoiries. 

96. Jacques Suys, seigneur de Nederae (Nederveen), maître 

d'hôtel de S. A. — Le monument érigé en 1599 par 

Géorgie de Linden, sa femme, porte les armoiries de ces 

époux. 

Couvent des Carmes. 

97. Jacquemin de Cheval, commissaire de la cité, f le 17 
février 1439 et [sabea, sa femme, t 1b 18 de fénal 1438. 
— Deux blasons. 



— 231 — 

Couvent des CfroiBlers. 

98. Ide (TAtin, femme à jadis Liber Dwihon, dit de Quar- 
tier, f le 17 août 1440 et Libert, son mari, f le 5 oc- 
tobre 1465. — Effigies. Quatre quartiers. 

Sainte-Claire. 

99\ Pierre Rossius de Liboy, seigneur de Liboy, Jemeppe, 
Chavannes, Hargimont et Marie MassillondeNyvelle, 
sa femme. 1655. — Armoiries de ces époux. 

100. Jean Fabricius, jurisconsulte, assesseur de l'Offlcial, 
f le 8 mai 1629, Jeanne de Roumael, sa première 
femme, f le 20 mai 1602 et Helkenne van den Roye, 
Femme, f le 29 juin 1643. — Armoiries. 

101. Erasme de Marteaux, chevalier, colonel d'infanterie 
an service du duc de Hanovre et gouverneur de 
Hamelen, t le 13 avril 1701. — Armoiries surmontées 
d'une couronne à neuf perles; quatre quartiers : 

Marteau» Fermine, Paheau, My. 

102*. François Paludanus, f le 21 septembre 1649, Ode 
de Méan, sa femme, t le 13 ... 1647 et Jean Paludanus, 
capitaine, leur fils, f à la guerre, le 30 mai 1638. — 
Deux blasons aux armes de Paludanus et de Méan. 

103. Dirick de Saive, prélocuteur, t le 23 octobre 1636 et 
Mechtelde deTrixhe, sa femme, f le 22 mai 1641. 
— Armoiries de ces époux. 

104. Robert de Crassier, receveur de la cathédrale de 
Liège M de la principauté de Stavelot, etc., t le 
4 juillet 1679 et Anne de Zutman, sa femme, t le 
10 février 1687. — Armoiries de ces conjoints. 

105. Gérard de Nouille, échevin de Liège, t le 21 juillet 
1653, Marte de Ruslet, sa femme, f le 25 juillet 1626 



— 232 - 

et Marie de Nouille, leur fille, t le 8 octobre 1660. — 
Armoiries : Nouille et Ruslet. 

106. Servais d'Oumal, f le 11 juin 1602 et Jehenne Mar- 
celys, sa femme, f le 29 décembre 1613. — Deux bla- 
sons aux armes d'Oumal et de Marcelys. 

107*. Charles de Méan, seigneur d'Atrin, conseiller ordi- 
naire, etc., t le 6 avril 1674 et Jeanne van der Hej- 
den de Blisia, sa femme, f le 17 décembre 1672. — 
Armoiries et quartiers : 

[Méan, Ghérinx, Van der Heyden, Counotte]. 

108*. Jean de Méan, seigneur de Nandrin, conseiller ordi- 
naire, membre de l'Etat-Noble, etc., f le 24 juillet 
1639 et Pétronille Counotte, son épouse, f le 29 sep- 
tembre 1621. — Armoiries de ces époux. 

109*. Pierre baron de Méan, seigneur d'Atrin, Cornesse, 
Drolenvaux, voué de Xhos, conseiller ordinaire, etc., 
t le 19 octobre 1703 et son épouse, Catherine de Ho- 
deige, f le 1 er octobre 1693. — Armoiries de ces con- 
joints surmontées d'une couronne à treize perles. 

1 10*. Guillaume Blisia (van der Heyden), jurisconsulte, con- 
seiller ordinaire, etc., f le 20 août 1632 et sa femme, 
Anne Counotte, f le 3 juin 1631. — Armoiries de ces 
époux. 

111. Antoine Clercx dit de Beringhen, bailly d'Oreye, etc., 
t le 22 février 1624 et Catherine Spirinck, sa femme, 
f le 16 septembre 1646. — Armoiries de ces époux. 

Couvent des Clarisses-en-Ile. 

112*. Henry de Berlo, f le 10 mai 1610 et Jeanne d'Oyen- 
brugge de Duras, dame de Graesen, sa femme, t I e 
11 août 1636. — Armoiries de ces conjoints. 



— 233 — 

1 13*. Ide de Cheratte, femme de Bertrand de Goér de Hervé, 
seigneur de Forêt, t le 11 août 1698. — Armoiries 
de ces époux, quartiers : 

Goer de Hervé, Geusenge, Cheratte, Cockin. 

114*. Catherine Woot de Triexhe, t le 10 juillet 1634 et 
Gilles de Soy, licentié en droit et échevin de Liège, 
son mari, t le 23 juin 1644. — Armoiries de ces 
époux. 

Couvent des Conceptionistes d'Ameroœur. 

115. Vitrail aux armes d'Arnold de Butbacb, jadis deux 
fois bourgmestre de Liège et de Sophie Stevart, sa 
compagne, 1664. 

Couvent de Cornillon. 

116. Vitrail aux armes de « Jehan de Rasier, chevalier et 
« archier de l'empereur Charles Quinte, 1547. » 

Couvent des Croisiers. 

117. Robert de Waha dit de Baillonville, « misérablement 
» occis « le 7 juillet 1644, à l'âge de 19 ans. — Ar- 
moiries et quartiers : 

Waha, Fénale, Brabant, Sanseille; 
Draeck, Viron, Jegher, Rouveroit. 

118. André le Berwier, commissaire de la cité, t le 4 juil- 
let 1439 et Francheus de Bierses, sa femme, t le 
23 février 1447. — Effigies. Trois blasons. 

1 19. Blason funéraire aux armes de Walther Hodeige, t 
le 22 août 1603 et d'Ide Talpas, sa femme, t le der- 
nier jour de février 1614. 



- 234 — 

120. Martin d'ïnbrouck, souverain bailly d'Àvroy, capitaine 
de chevaux légers au service d'Espagne, f le 29 avril 
1593, mari de Mabyle de Strelle. — Effigie d'un homme 
revêtu de son armure. Armoiries, quartiers : 

[Intbrouck, N. 9 Streel, Brabantj. 

121. Vitrail aux armes d'Eve dlsenbourg, 1536. — Quatre 
quartiers. 

122*. Everard comte de la Marck et d'Arenberg, seigneur 
de Mirwart, Neufchâteau en Ardennes, voué de Hes- 
baye et de Saint-Hubert, t en ... et Marguerite, née 
comtesse de Hornes, son épouse, t en 1522. — Effigies. 
Armoiries, quatre blasons : 

Homes, la Marck, la Marck, Hornes. 

123. Huwar Huveneal, f le ... 14..., Gertrude délie Barde, 
sa femme et Jeune Huveneal, leur fille. — Effigies. 
Quatre blasons. 

Collégiale de Sainte-Croix. 

124. Vitrail aux armes de Tilman de Hemricourt, chanoine 
de Sainte-Croix, 1546. 

125. Id. Id. de Renier Jamar, chanoine de Sainte-Croix. 

126. Id. Id. de la famille Lambrecht. 

127. id. Id. * de Jacque Mouwet, chanoine de Sainte- 
» Croix, protonotaire apostolique, 1686. » 

— Id. de Hubert Bekanus, chapelain de Sainte-Croix, 

1602. 
128*. Robert, archidiacre de Liège, t le VI des ides de 

marsMCC... 
129. Jérôme de Borsut, docteur en médecine et chanoine 

de Sainte-Croix, t le 9 avril 1607 et Marie de Borsut, 

sa sœur, épouse de Toussaint Prosset, t le 2 février 

1613. — Armoiries. 



— 235 — 

130. Ljnar le Berwir, citain de Liège, t le 11 mars 1425, 
Maroie de Vienne, sa femme, t le 3 octobre 1427 et 
Maroie, leur fille, t en ... — Deux blasons. 

131*. Jean Esemap, chanoine de Sainte-Croix, t en 1399, le 
26 de... — Blason. 

192. Guillaume van der Meeren, seigneur de Savelhem et 
Westwezelle, f le 2 mai 1645. — Monument érigé en 
sa mémoire par Jeanne Ulens, sa femme et Marie 
Anne, leur fille. — Quartiers : 

van der Meeren, Nassau, van der Noot, Hazften; 
yan der Noot, Locquenghien, Nassau, Nieuvengove. 

133. Vitrail orné de deux blasons. 

134. Jean de Fexhe, merchenier, t le 12 mai 1416, Aelis 
Branche, sa femme, f le 17 février 1417 et Abraham, 
leur fils. — Effigies ; celle de Jean le représente non 
armé. Deux blasons. 

135. Marie de Loer, dame de Lymay (Lummen) et de Neuf- 
château, avoueresse de Hesbaye, femme à Monsei- 
gneur Everard de la Marck, t le 25 septembre 1400. 

136*. Philippe Bruni, t le 17 septembre 1361. 
13T. Henri d'Orjo, chanoine de Sainte-Croix, f en 1609. — 
Quartiers : 

Orjo, Fizen, (Kerpentier), Lonchamps. 

138*. Gilles de Cornu, chanoine et chantre de Sainte-Croix, 

f le 2 avril 1443. 
139\ Gilles Corbelly de Hognoul, chanoine de Sainte-Croix, 

fie 10 mars 1448. 
140\ Antoine Berwier, chanoine de Sainte-Croix, f le 29 

octobre 1400. 
14V . Gilles de Simonis, tréfoncier, prévôt de Sainte-Croix, 

officiai de Liège, seigneur de Bétho, etc., fie 27 février 

1667. 



— 236 — 

142*. Louis, chanoine de Sainte-Croix, t en 1284, le xi des 
kalendes de novembre. 

143\ Gilles de Wihogne, doyen de Sainte-Croix, t en 1290, 
le lendemain de la fête de sainte Agathe. 

144\ Gérard Militis (Chevalier dit Militis), doyen de Sainte- 
Croix, bachelier de l'Université de Paris, f le 8 dé- 
cembre 1541 et Jean Militis, son père, f le 22 février 
1522. (Une note tgoute « il est à remarquer que ce 
* doyen fut enseveli dans la cathédrale. <* Voir à 
propos de cette note et du tréfoncier Gérard Militis 
enterré dans la cathédrale : J. de Theux, le Chapitre 
de Saint- Lambert à Liège, t. III, pp. 57 et 58. Nous 
est avis pourtant que cet auteur se trompe et que les 
deux Gérard Militis, tous deux fils d'un père nommé 
Jean, sont une seule et même personne, en la mémoire 
de laquelle deux monuments furent érigés simulta- 
nément et peut-être par elle-même). 

Collégiale de Saint-Denis. 

145. Vitrail aux armes d'Arnold de Soumagne, prévôt de 
la collégiale des Saints-Apôtres à Cologne et cha- 
noine de Saint-Denis. 1629. 

146. Id. de Nicolas Lampson, protonotaire apostolique, 
doyen de Saint-Denis, conseiller de Son Altesse. 

147. Id. d'Arnold Jalhea, chanoine de Saint-Denis. 1617. 
148*. Inscription d'un tableau donné par Rener de Macours 

(Macors) (i) en 1662. — Quartiers : 

De Macour, Vinc, Nyss, van Itter. 

149*. Id. par Madeleine Meys, femme de Rener de Macours, 
en 1662. — Quartiers : 

Meys, Schutz, la Saulx, Germeau. 

(1) Voy. Stbi n t A nnuairede la noblesse de Belgique, 1816, p. 2 U, deg.II. 



— 237 — 

150*. Pierre de Momalle, chanoine de Saint-Denis, curé 
de Tihange, t le 15 mai 1439. — Effigie. Deux bla- 
sons. 
151. Charles-Nicolas de Neufforge, seigneur de Fizenne, 
Warge, Chefsonfosse, etc., t à rage de 20 ans, le 12 
octobre 1643. 
152*. Winand de Malmedi, doyen de Saint-Denis, fie xvi 
des kalendes de mai 1294. 

153*. Thierry de Resteys, chanoine de Saint-Denis et de 
Visé, fie 15 juin 1341. 

154. Linard de Geere, t en juillet 1351. 

155*. Béatrix, femme de Jean de Lardier, échevin de Liège, 
t le lendemain de la fête de saint Thomas, apôtre, 
en 1292. — Effigie. Deux blasons : Lardier, Awans. 

156*. Gilles de Lardier, chanoine de Saint-Denis (fils de la 
précédente), t le 17 novembre 1321. — Effigie. Deux 
blasons : [Lardier et Awans]. 

157*. Pierre de Molhein, chanoine de Saint-Denis, t le 
jour des nones d'avril en 1296. — Effigie. 

158*. Jean de Hemricourt, chanoine de Saint-Denis, f le 
5 février MCCC... — Effigie. 

159". Gérard de Lardier, diacre et chanoine de Saint- 
Denis, f le 31 mars 1374. — Effigie. Deux blasons. 

160*. Baudouin de Rossut, archidiacre de Liège et prévôt 
de Mari innés (sic), t le III des ides de septembre 1370. 
— Effigie. 

161*. Lambert dit de Florzeez, docteur ôs-décrets, doyen 
de Saint-Denis, f le 6 mars 1401. — Effigie. 

162*. Libert de Langdries, chanoine de Saint-Denis, f en 
mars 1349. — Effigie. Blasons frustes. 

163'. Gauthier de Lardier, chanoine de Saint-Denis, t le 
2 mai 1351. — Effigie. Deux blasons frustes. 



— 238 — 

164*. Jean de Lardier, chanoine de Saint-Denis, f le vu 
des kalendes d'avril 1316. — Effigie. Deux blasons. 

Couvent des Dominicains. 

165. Jean Roseaus (Roseal), échevin de Liège, t te 30 mai 
1406, Aylid, sa femme et Cloes, tréfoncier de Liège, 
leur flls, f le 4 février 1410. — Blason. 

166. Ernest-Ferdinand de Perez, gentilhomme de S. A. S. 
Ferdinand de Bavière, f le 22 octobre 1631, Catherine 
de Perez, sa sœur, t le 13 juin 1661 et Catherine- 
Eléonore Perez de Barron, dame de Loenhout, etc., 
leur cousine germaine, t 1© 17 novembre 1672. — 
Armoiries surmontées d'une couronne. Quartiers : 

Perez, Lopez, Sigura, Beirenout; 
Barron, Gamnego, Arbieto, Aqainaga. 

167. Hubin de Hosden, bailli de Moha et maréchal de 
Meeffe, t en 1432. — Effigie. Blason. 

168. Giel de Lonchin, seigneur de Herck, f le 27 août 
1557 et Barbe de Cors wa rem, sa femme, f en no- 
vembre 1575. 

169. Gérard de Viron, seigneur de Boaffu et Tahier, éche- 
vin de Liège, f en 1523 et Jeanne de Verlaine, sa 
femme (i). 

170. Anne van der Noot, veuve de Louis de Schore, che- 
valier, président des Conseils d'état et privé des Pays- 
Bas, f le 31 mai 1590 et Françoise de Schore, sa fille, 
t le 22 juillet 1590. — Blason parti aux armes de 
Schore et de van der'Noot 

Ce monument est orné des blasons suivants : 1° au 
haut de l'épitaphe : 

Watermale, Halfhuys, van Pede, Wietfliet. 

(1) Cette épitaphe ne porte pas la mention du lieu où elle se trouve. 



— 239 — 

Et 2° aux côtés de l'inscription : 
Edle van der Haivermylen, Gruyter, Daera, Cock. 

171 . Table des huit quartiers suivants : 

Lynden, Bronckhorst, Elderen, Amstel. 
Ingeniealant, Lynden, Wees, Roucke. 

Ces quartiers sont ceux de Thierry de Lynden, vi- 
comte de Dormael, seigneur d'Opdorraael, capitaine 
de chevaux légers au service d'Espagne, t à Pjris 
en 1590 et enterré dans l'église des Dominicains, à 

Liège. 

Saint-Etienne. 

172. Isabeal, fille de Rasse de Haccur, chevalier, femme 
de Johan, voué de Liers, t en 1393. — Deux blasons. 

173. Table des huit quartiers suivants : 

La Tour d'Auvergne, Nassau, Bergh, Ravenel ; 
Montmorency, Bourbon, Nassau, Renty. 

Ils appartiennent à Emmanuel-Théodose de la Tour 
d'Auvergne, duc d'Albret, tréfoncier et grand pré- 
vôt de Liège, abbé de Cluny, cardinal et doyen du 
Sacré Collège, plus connu sous le nom de cardinal de 
Bouillon. 

174. Lambert de Cheval, mambour de la cité, t le 20 no- 
vembre 1534 et Marie de Gihoul, sa femme, t en 15... 
— Effigies. Deux blasons. 

175*. Inscription armoriée rappelant Emmanuel-Théodose 
de la Tour d'Auvergne, prince du S. E. R. cardinal 
de Bouillon, grand prévôt de Liège, etc., collateur de 
l'église. 

176. Joans de Huquaing, bourgeois de Liège, t en 137... et 
Maroie, sa femme. — Effigies, celle de Jean le montre 
armé de toutes pièces. Blason. 



— 240 — 

Abbaye de Saint-Gilles. 

177*. Raskin de Sclecinia, chanoine de Saint-Gilles, t le 
8 septembre 1429 et Agnès de Schlechiens, sa mère, 
f en 14... — Effigies. Deux blasons. 

178. Warnier de Wartaing, abbé de Saint-Gilles, t le 
23 septembre 1386 et Warnier de Vartaing (sic), son 
père, -fiel mai 1389. — Effigies. Blason. 

179*. Baudouin de Hanèche, abbé de Saint-Gilles, f le jour 
de la fête de saint Callixte 1352 et Hawis, femme de 
Jehan de Hanèche, chevalier, sa mère, t en 1342. 

Hôpital de Bavière. 

180. Jean Paul, t le 29 septembre 1656 et Catherine d'Aux- 

brebis, sa compagne, t le 10 juin 1661. 
18Ï. Arnold de Corswarem, f le 30 septembre 1640 et 

Mech tilde de Liverloz, sa femme, t le 13 mars 1663. 

Saint-Hubert. 

182. André de Hacur, t le 5 février 1430 et Maroie de Hou- 
tens, sa femme, t en avril 1418. — Effigies. Blasons 
aux armes de ces époux. 

183*. Inscription armoriée rappelant Jean Chapeauville, 
tréfoncier, archidiacre de Famenne, prévôt de Saint- 
Pierre. 

184. Id. pour Jean Pirard, tenant et capitaine de cette pa- 
roisse. 

Abbaye de Saint- Jacques. 

185. Jean, fils de feu Unery de Momalle et de Aely de Lem- 
bor, premier recteur de cette chapelle « du Parvy », 
f le 2 décembre 1409; Aely, fille de jadit grant Johan 
et de Maget de Lembor, f la nuit de saint Martin en 
1385. — Effigies. 



— 241 — 

186. Maget, feme jadit grant Johan de Lembor, t le 10 
de résail 1349 et grant Johan de Lembor, t le 29 
août 1334. — Effigies, celle de Jean le représente 
non armé. 

187*. Jolies de Hez (note que c'est Hez ou Hex) (î), écuyer, 
t le 9 janvier 1336 et Catherine, sa femme, t le 20 
juin 1341. — Effigies. L'homme est représenté armé 
de toutes pièces. 

188*. Englebert de la Marck, seigneur de Loverval, Vo- 
gelsanck et Walhem, reconstructeur du chœur de 
l'église de Saint-Jacques, f le vin des ides de mai 
1422. — Effigie armée de toutes pièces. Quartiers : 
[La Marck, Arenberg, Looz, Limbourg]. 

189*. Charles de la Rivière, chevalier, seigneur de Heers, 
Hermalle, Horppale (Horpmael), t en 1409. — Effigie 
armée de toutes pièces. Quartiers : 

[Rivière, Heers, Uaccourt, Brabant]. 

Saint-Jean-Baptiste. 

Î90\ Jean de Haling et Beatrix Lupus, sa femme, François- 
Edmond de Haling et Marie de Sélys, sa femme et 
Michel de Haling, chanoine de Saint-Paul, curé de 
Saint-Jean-Baptiste, t le 23 février 1716. 

191*. François de Hinnisdael, seigneur de Monstreuil, en- 
terré le 7 mars 1675 et Catherine Dorothée de Beeck- 
man, sa femme, enterrée le 22 mars 1686. 

192*. Melchior de Hinnisdael, écuyer, commissaire déciseur 
de Maestricht et échevin de Liège, t le 1 er juin 1623 
et Jeanne de Meers, sa femme, t le 25 juillet 1634. — 
Armoiries de ces époux, quartiers : 

Hinnisdael, Hulst, Meers, Brabant. 

(1) Note de Lb Fort. 



— 242 — 

193. Vitrail aux armes de la famille le Rosseau dit du 
Saint-Esprit. 

194. Marie de Meiers, femme de Jean de Cor, écuyer, t le 
13 mars 1385. — Blasons de ces époux. 

195*. Jean Bailge, grand compteur de Saint-Lambert, t le 
18 juillet 1560 et Jenne de Fléron, sa femme, t le 
1 er avril 1557. — Deux blasons, aux armes de ces 
conjoints. 

196. Marie Bailge, femme d'Antoine Vaes, f le 23 sep- 
tembre 1558. — Armoiries : Vaes et Bailge. 

Collégiale de Saint-Jean-en-Ile. 

197. Blason aux armoiries d'Arnold de Brus en 1670. 

198. Id. des familles de Liverlo et du Vivier. 

199. Id. de Jean Houbart. 

200. Vitrail aux armes de Goeswin Jacobi, chanoine de 
Saint- Jean en 1557. 

20 r. Martin de Ferez, chanoine de Saint-Jean, t le 13 
décembre 1663. — Armoiries et quartiers : 

Perez, Lopez, Sigura, Beirenout; 
Barron, Camnego, Arbieto, Aquinaga. 

202*. N..., t le 3 janvier 1464. — Effigie de chanoine. 
Deux blasons, le premier écartelé, de ... au chevron 
de ... et de ... billeté de ... au lion de ...; le deuxième 
de ... à cinq fusées de ... touchant les bords de l'écu. 

203*. Jean Truilhet de Fléron, doyen du chapitre de Saint- 
Jean, t le 8 janvier 1485 et Jean Michel, son neveu, 
chapelain, f en août 14... — Effigies. Blason. 

204*. Rigault dit de Tavier, chanoine de Saint-Jean, f en 
1361. — Effigie. Deux blasons. 



— 243 — 

205\ Guy de Gelinden, seigneur de Spanden (lisez Spau- 
wen), chanoine de Saint-Jean, 1 le 25 novembre 1440. 
— Blason. 

206*. Goeswin de Meirs, chanoine de Saint-Jean, t le 26 
septembre 1383. — Effigie. Quatre blasons frustes. 

207*. Jérôme de Houthem, chanoine de Saint-Jean, f le 
xi des kalendes de février 1577 et Englebert de Hout- 
hem, son frère, t le x des kalendes de juin 1584. — 
Armoiries et quartiers : 

Houthem, Elderen, Blehen, Awans; 
Van der Noot, Asche, Nassau, Hastrich. 

Couvent des Jésuites Wallons. 

208. Verrière portant les armes et les quatre quartiers 
de Conrardt de Gavre, seigneur d'Elsloo, Diepenbeeck, 
Peer, etc., grand prévôt de Liège. 

[Gavre, Vuls, Rechterghem, Kelmeis]. 

Abbaye de Saint-Laurent. 

209. Blason aux armes de Bartholomé de Longchamps, 
abbé de Saint-Laurent. 

210. Id. d'Etienne de Marils, abbé de Saint-Laurent. 
211*. Robert de Gynimont, abbé de Saint- Laurent, t le 

v des kalendes de novembre 1396. — Deux blasons. 

Saint-Martin-en-Ile. 

212*. Gilles Fanchon, jurisconsulte, échevin de Liège, etc., 
t le 17 août 1519 et Isabelle d'Awenne, sa femme, 
t le 14 juillet 1514. — Deux blasons aux armes de 
ces conjoints. 

2t<T. Jean Sanden de Bois-le-Duc, procureur de la véné- 
rable Cour de Liège, t le 26 octobre 1536. 



— 244 — 

214. Pierre de Streel, commissaire de la cité, échevin 
d'Amercœur, f le 24 novembre 1608 et Anne Milens, 
sa femme, t le 31 juillet 1579. 

215*. Gilles de Muchet, échevin de Liège, f en 1322, le ... 
après l'Octave de l'Epiphanie et Marguerite, sa femme, 
fen 1316, la veille de la fête de saint Barnabe, apôtre. 

216. Jacquemin de Palhier, f le 23 fenal 1356 et Oude, 
sa femme, f le 8 mars 1357. 

217*. Antoine de Staby, f le 25 février 1606 et Marie de 
Blocquerye, sa femme, f le 26 novembre 1630. 

218. Jean Saverot, commissaire de la cité, f le 15 ... 1516 
et Katheline le Tanneur, son épouse, f le 13 mars 1514. 

219. André Houten, bourgeois de Liège, t le 12 février 
1579. 

220*. Guillaume de Xhénemont, t le 10 décembre 1603 et 
Marie Surlet de Chockier, sa femme, t le 7 décembre 
1632. — Armoiries : Xhénemont écartelé avec Ben- 
senraedt et Surlet. Quartiers : 

Xhénemont, Trips, Boubay dict Xherveat, Kettenis; 
Bensenraedt, Goer, Ryckelt, Palant. 

221*. François-Joseph de Diffuy, échevin de Liège, f en 
1676 et Anne-Catherine-Constance de Sélys, sa femme, 
t le 5 septembre 1693. — Armoiries de ces conjoints. 

222. Catherine-Jenne de Viller du Mont, f le 4 septembre 
1630 et Paul de Renier, son mari, voué de Liboy, etc., 
t le 10 août 1690, âgé de 102 ans. — Armoiries, 
quartiers : 

de Villez, de Darimont, d'Oijo, de Habaru ; 
de Cerf, de Hoseusse, Rouchelft, de Habaro. 

223. Dans la voûte de l'église : inscription et armoiries 
rappelant Arnoul Houbar, marchand. 1682. 



— 245 — 

224. Dans la voûte de l'église : inscription et armoiries 
rappelant Jacques d'Heur, procureur. 

225. Id. Id. Albert de Beckers, jurisconsulte et jadis bourg- 
mestre de Liège. 

226. Anthoine de Wypart, procureur de l'Official, Marie 
de Thorette, sa femme et Jehenne de Borsut, épouse 
de Louys de Wypart, commissaire de la cité, f le 
19 mai 1643. 

227. Louys de Marche, f le 2 mai 1633, Jehenne Doumal, 
sa première femme, f le 10 novembre 1607 et Elisa- 
beth de Soumaigne, sa seconde femme, f le 26 février 
1629. — Trois blasons aux armes de ces personnes. 

228. Dans la chapelle de Saint-Roch : vitrail portant les 
armes et une inscription rappelant « Sébastien de 
» la Ruelle, docteur es droits, Bourgmre de la cité 
* de Liège, a 1631. « 

229*. Dans la même chapelle : Antoine de Staby, f à Liège, 
le 25 février 1606 et Marie de Blocquerie, sa femme, 
tàCollersried, le 16 novembre ... — Monument élevé 
à leur mémoire par leur fille unique Jeanne, épouse 
de Simon de Labricque, seigneur de Lanoy, Collers- 
ried, Lauffenthal, Peilenstein, Bergstetten, etc., che- 
valier doré. Armoiries : Staby et Blocquerie (ancien). 

230. Guillaume Beeckman, seigneur du Vieux-Sart, Mons- 
treuil, Oeguie, six fois bourgmestre de Liège, con- 
seiller ordinaire, f le 29 janvier 1631 et Margaritte 
de Bau sa compagne, t le 3 février 1630. — Armoi- 
ries de ces époux ; en dessous, la devise : Deo, prin- 
cipe patriae. 

Collégiale de Saint Martin -en-Mont. 

231. Dans la maison claustrale du chanoine Vervo : vitrail 
aux armes de Jean d'Argenteau, chanoine. 1591. 



— 246 — 

232. Vitrail armorié avec inscription rappelant Michel à 
Mericka, chanoine de Saint-Martin. 1613. 

233*. Vitrail portant les armes et une inscription rappelant 
Henry de Renier, J. U. L., chanoine de Saint-Martin. 
1614. 

234*. Vitrail armorié portant une inscription rappelant 
Warner Aertzen, chanoine de Saint-Martin. 1614. 

235*. Id. Id. Nicolas Chamont, chapelain de Saint-Martin. 
1565. 

236*. Id. Id. Jean van Delft, chanoine de Saint-Martin. 
1613. 

237*. Id. Id. Gilles Croisant, chanoine de Saint-Martin. 
1613. 

238*. Id. Id. Pierre Cox, chanoine et coste de Saint-Martin. 
1613. 

230*. Id. Id. Guillaume de Blotacher, chanoine de Saint- 
Martin. 1613. 

240*. Id. Id. Servais Meys, chanoine de Saint-Martin. 1613. 

241. Vitrail portant les quatre quartiers suivants : 

Gavre, Schoonvorst, Rechterghem, Kelmeys. 

242. Vitrail portant les huit quartiers de Conrard de 
Gavre, personnage dont il sera question ci-dessous, 
au n° 250. 

243*. Théobald Enetten à Bol la t (d'Eynatten de Bolland), 
chanoine de Saint-Martin, t le 19 mai 1559. — Effigie. 
Armoiries et quartiers : 

[Eynatten, Bock van Lichtenberg, Brandenbourg, Cru pet]. 

244* Gérard de Kessel, chanoine jubilaire et chantre de 
Saint-Martin, f le 27 octobre 1674. — Armoiries. 

245*. Jean de Heynsberch alias de Millen, doyen de Saint- 
Martin, t le 1 er novembre 1503. — Blason. 



— 247 — 

246*. Arnold le Bierlier (Berlier), docteur ès-arts, licencié 
en droit pontifical, chanoine de Saint-Martin, f le 
21 mai 1522. — Deux blasons. 

247*. Fastré dit Bareis, chanoine de Saint-Martin, 1 te jour 
de la Sainte-Barbe en 1318. — Deux blasons, dont un 
fruste. 

248*. Arnold de Fossé, chanoine de Notre-Dame à Maas- 
tricht, f le 13 novembre 1641. — Armoiries et quar- 
tiers: 

Fossé, du Mont, Lens, Saint-Esprit (Rosseau). 

249*. Pierre Woot de Triexhe, chanoine et coste de Saint- 
Martin, t te 8 octobre 1654. — Armoiries écartelées 
de Triexhe et d'Oranus. Aux côtés de l'épitaphe 
figurent ces quatre blasons : 

Lens, Boisée, Marotte, Pottier (î). 

Les quartiers généalogiques de ce chanoine que Stein 
(Annuaire de la noblesse de Belgique, 23 e année), 
fait mourir en 1655, étaient : 

[Triexhe, Stiennelet dit de Bollesée, Lens, Gompart; 
Oranus, Pottier, Marotte, Henry]. 

250*. Conrard de Gavre, seigneur de Heetfelt, Elsloe, Die- 
penbeeck, de la terre de Rhode Sainte-Agathe et de 
Hamal, grand prévôt de la cathédrale, prévôt de 
Saint-Martin, etc., t te 29 décembre 1602. — Superbe 
monument en marbre noir portant la statue couchée 
du défunt et les blasons de ses huit quartiers. 

(1) Cette dalle funéraire en marbre noir existe encore a côté du monu- 
ment du grand prévôt de Gavre, décrit au numéro suivant, dans une cha- 
pelle basse, à droite du chœur de la collégiale de Saint-Martin. 



— 248 — 

Saint-Mathieu. 

251. Arnold Haweal, maître ès-arts, licencié es- lois, jadis 

échevin de Liège, f le 7 juillet 1531 et Anne Gosevin 

dit de Beyne, son espeuse, t le 13 décembre 1558. •— 

Effigies. Blason et quartiers : 

[Haweal, Carpentier, Goswin dit de Beyne, Le Berlier]. 

Saint-Michel. 

252*. Renier van der Aa, de Berlecom lez Bois-de-Duc, cha- 
noine de la petite table à la cathédrale, + le 29 no- 
vembre 1578. — Effigie. Deux blasons. 

253. Jean de Fiez (Fize), f le 8 mars 1533 et Marguerite 
del Ween, sa femme, f le 15 ... 1553. — Blason. 

Couvent des Frères-Mineurs. 

254. Blason aux armes de la famille Wauters. 

255. Jacques Chabot, t on 1368. — Deux effigies. Blason 
(fragment). 

256. Lambert Meys et Gertrude Potesta, sa femme, f le 
17 octobre 1611. 

257*. Inscription armoriée en mémoire de Jean Walthérius 
de Castro, doyen de Visé. 

258*. Guillaume chevalier de Fontaines (miles de Fon- 
taines), f le v des ides de septembre 1266. — Blason. 

259. Godefroy ... chevalier, f le 5 de résail 1322 et Kathe- 
line, sa femme, t le jour de saint Linar (6 novembre) 
1334. — Effigies. Blason. (Noté que Catherine était sur- 
nommée d'Acoche ditte des Prez, note de Le Fort). 

260. Albert du C hast eau, commissaire de la cité, -f le 26 
février 1653 et Marie de Trixhe, sa femme, f le 15 oc- 
tobre 1630. — Deux blasons aux armes de ces con- 
joints, quartiers : 

Du Chasteau de Brusthem, Chocquier, de Trixhe, Pastoir. 



— 249 — 

5?6l\ Vitrail avec inscription, rappelant Marguerite femme 
de (Robert) de Corswarem. 

262*. Pierre tombale brisée de Joes de Rosu, t la nuit de 
la fête de saint Gilles... et de Libert..., t le xix des 
kalendes de février 1260. — Blason. 

263*. Marguerite, femme de Robert de Corswarem, che- 
valier, f le vi des kalendes de février 1262, bienfaitrice 
du Couvent des Mineurs où trois de ses fils furent 
moines. Attestation concernant la généalogie de 
cette dame et l'existence de sa tombe. [Elle était fille 
de Guy de Seneffe]. 

264\ Aleide Galniel, t le 24 septembre 1625 et Charles 
Caroii (de Charles dit Caroli), son fils, t le 21 juin 

1658. 

265. Jean de Méan, jadis bourgmestre de Liège et capi- 
taine des jeunes arquebusiers, t le 5 février 1631 et 
Oda Bomersomme, sa femme, f le 29 octobre 1642. 

266. Inscription d'un vitrail rappelant Adam Charle, Jo- 
lende de Chaneau et Jeanne Oleye, ses deux femmes, 

1682. 

267. Id. Id. Jean Charle le jeune et Jeanne Boesman, sa 
compagne, 1682. 

268. Guillaume Mathias van fieul, écuyer, conseiller au 
Conseil ordinaire, f le 10 août 1708 et Suzanne Gai, 
son épouse, f le 27 juillet 1704. 

269. Vitrail armorié avec inscription rappelant Jean de 
Stockhem et Oda Trappe, son épouse, Léonard de 
Stockhem et Marie de Vaulx, sa femme. 

,270. Jean Hardi, f le 6 novembre 1620. 

271. Jean de Thier, marchand bourgeois de Liège, t le 
19 novembre 1644 et Jeanne Gilon, sa compagne, 
t le 3 avril 1666, Henri de Loncin, marchand bour- 



— 250 — 

geois de Liège, leur gendre, f le 27 février 1679 et 
Elisabeth de Thier, son épouse, f le 3 mai 1692. 

272. Jan Gordinne, capitaine des jeunes arquebusiers de 
la cité, fie 9 juin 1600. 

273. Sépulture des Gordinne, 1675. Jean Gordinne et 
Marie de Hacka, sa femme; Jean Gordinne et son 
épouse Catherine Hodeige; Pierre Everard et sa 
femme Catherine Hodeige; Gérard Gordinne et Jenne 
Ëverard, sa conjointe. 

Inscriptions tirées (par Le Fort) des archives des 
Frères-Mineurs, à Liège. 

274*. (Gauthier de Bertajrirtont), seigneur de Bornai, f le 
19 décembre 1553 et Barbe de Horion, sa femme, f le 
10 septembre 1602. 

275. Jean de Berlamont (Berlaymont) dit de Floyon, sei- 
gneur de Bornai et bourgmestre de Liège, f le 18 oc- 
tobre 1529 et Marguerite de Wihoigne, sa femme, f le 

17 novembre 1563. 

276. Jean de Méan, jadis bourgmestre de Liège, etc. (Voy. 
n° 265, ci-dessus). 

277. Louis de îernaw, vinièr, « jadis maistre délie cheité 
de Lige, » f le 6 mars 1406 et Jehanne, sa femme, 
fille de Henri de Comblyn, f le 21 mars 1410. 

278. Jean Stochelman, f le — avril 1479. 

279. Françoy de Bovengnistier, prélocuteur auprès des 
. échevins de Liège, f le II juillet 1586 et Marié de 

Hasque, sa veuve, t le 24 septembre 1596. 

280. Renars d'Argenteal, chevalier, siré d'Emtines, f le 

18 octobre 1360. (Ce Renard d'Argenteau était fils de 



- 251 — 

Thierry alias Jean, seigneur d'Emptinnes et petit-fils 

de Renard II, sire d'Argeoteau et voué de Ciney). 
281*. Guillaume de Cornu dit de Fontaines, chevalier, t le 

25 août 1375. 
282*. Robert, chevalier de Limont, f le xiv des kalendes 

d'octobre, lendemain de la fête de saint Lambert, 

martyr, 1276. 

283. Fragment de la pierre tombale de N... le Vinier, ei- 
tain de Liège, t en 14... 

284. ... de Lardier, f le 18 mars 1405, Oudiene de Floke- 
let, sa femme, t le 25 mars 1421, Conrat de Biernawe, 
leur fils, fie 21 décembre 1436 et Katberinne de Hou- 
tain, sa femme, f en 1451. 

285. Maroye, fille de jadis Gilhes Gilmans et femme de ... 
t le 21 octobre 1375. 

286. Madame ... de Frenoir, t *& 1344, « la nuict devant 
la Saint-Jean devant la Porte Latine, en may* » 

287*. Anthoine, chevalier jadis dit de Fontaines, t la 
veille de la fête de saint Lambert, évoque et martyr, 
13... 

288. Jean Counot, t le 10 novembre 1623, Barbe d'Oumal, 
sa femnjje, t le 13 octobre 1604, Gilles et Jean Counot, 
leurs fils. 

289. Lambier d'Oupexhe, chevalier, sire d'Oupexhe, t le 
l €r jour de Tan 1345 (et N. fille) (î) de Arnout de Hou- 
sinbour, chevalier, f le 8 août 1372. 

290*. Jean d'Orelh (Oreye) chevalier, fils de Guillaume 

d'Oral, t le 24 septembre 1332. 
291*. N... quondam miles de Rolues ..., t en 1289. 
292*. Jean d'Omal, gardien et lecteur du couvent des 

(1) Voy. Hemricourt, Miroir des nobles de Hasbaye, éd. Salbray, 
pp. A4 et 66. 



— 252 — 

Frères-Mineurs et confesseur du couvent de Sainte- 
Claire, t te 14 novembre 1596. 
Sur la même pierre, sous l'inscription précédente on 
parvient à déchiffrer ces mots d une épitaphe anté- 
rieure : « Hic jacet Jacobus de Geffen, oriundus ... qui 
» obijt anno dni millesimo quadringentesimo... cujus 
» anima requiescat in pace amen » (note de Le Fort). 
293*. Libert dit li Polens de Warus (le Polain de Waroux), 
chevalier, t le jour de la fôte de saint Laurent 1313. 

294. Ustases, chevalier, « avoweis de Evissegneis » (Eve- 
gnéef) ... 

295. Wilheame de Warous, « demorant en la basse Salve- 
nir, » f le 22 août 1439 et Gelé Leylet, sa femme, t le 
5 décembre 1445. 

296*. Jean de Se... chevalier, de ..., t te iv des nones d'août 
1268 et Jean, son fils, t te vu des ides d'avril 1266. 
En marge de cette tombe (dit le manuscrit), il y a 
encore des mots d'une autre inscription : 
- MCCLXXVIII, xiiii kal. aprilis obyt ... civis Leo- 
diensis... uxor Jacobi de Cibecheron. » 

297. Maroie, femme de Rase de Warous, fille de Jacques 
Chabot, chevalier, f le jour de la Toussaint 1362. — 
Effigie, à l'entour de laquelle se lit cette invocation : 

« Douche Vierge Marie 

» a joinctes mains de cœur vous prie 

» ke ver Dieu me soyes amie. » 

298*. Herman de Berstrate, chevalier, t te 19 avril 1338. 
299*. Guillaume, chevalier de Fontaines, t te v des ides de 

septembre 1266. 
300*. Guillaume Boylauve de Monte (Boileau de Mons), 

chanoine de Liège, f le 10 avril 1379 et son neveu 



— 253 — 

(Guillaume Boileau de Mons), aussi chanoine de Liège, 
fie 23 juin 1431 (î). 

301*. Hugues de Monte (de Mont), chanoine de Liège, doc- 
teur en droit, maître ès-arts, de Paris (Parisius), t le 
24 mars 1383. 

302*. Henri de Fehe (Fexhe), chevalier, t le ... des kalendes 
de décembre 1288. 

303. Raes de Fexhe, fils de Henri, chevalier (voir au nu- 
méro précédent), f le 20 novembre 1296. 

304. Catheline Bonande, de Namur, t le 7 septembre 1332 
et Helwis de Liers, f le 3 juin 1352. 

305*. Guillaume Perse, de Bruges, t le 16 août 1551. 
306". Guillaume chevalier de ... hohie, t le rv des kalendes 
de novembre 1256. 

307. Godefroy de Wittenge, chevalier, t le 5 de resail 1322 
et Katheline, sa femme, t le jour de la fête de saint 
Léonard, 1334. 

308. Ânthoine Rustic, fils de Simon, de la cité d'Asti en 
Piémont, t le 4 avril 1528 et Elisabeth, fille de Jean 
de Chaisne, sa veuve, f le 29 avril 1544. 

309. Anne Bertrande, relicte de Dionis Sauvage, avocat de 
la vénérable Cour de Liège, t le 22 juin 1591. 

310. Gille le Liégeois, archer de la compagnie de Robert 
de la Marck, f le 20 juin 1489. 

311. Gérard Viron, seigneur à Boffus et à Tahier, échevin 
de Liège, f le 31 mai 1523 et Jehenne de Verlaine, sa 
femme, f le 13 octobre 1503. 

(Une note marginale du manuscrit dit : <* Nota quod 
ipse sepultus est in habitu ff. minorum, illa in ha- 
bita clarissarura). » Gérard de Viron avait été, en 

(1) Voy. J. de Thbux, Le chapitre de Saint-Lambert à Liège, t. II, 
PP. M et 210. 



— 254 — 

outre, maître d'hôtel du cardinal Erard de la Marck, 
bourgmestre de Liège en 1508, 1511, 1518 et 1522, cham- 
bellan de révêque Jean de Hornes et sous majeur de 
Liège en féauté, sous le règne d'Erard de la Marck. 

312. Jean Salmon, bourgeois et marchand de la cité, Marie 
van den Berg, son épouse et Arnold, leur fils, f le 
3 juin 1631. 

313. Johans d'Odeur, écuyer, fils de Wilhearae d'Odeur, 
chevalier et mari d'Ysabial de Jardin, f le jour de la 
fête de saint Lambert 1340, Ysabial de Jardin, sa 
femme, f le jour de la fête de saint Gilles 1386, Willam 
d'Odeur, leur fils, f le 21 mai 1399 et Mahaut de 
Bubrie, sa femme, t le 4 avril 1414. 

314. Jean de Stockem, bourgeois et marchand de cette 
cité, f le ... de Tan 16... et Oda Trappe, sa femme, t 
le ... 16... 

315*. Katherine, fille de Rigaud, chevalier, autrefois voué 
de Cumesta (i), veuve de Gérard de Cambys(t), bour- 
geois et échevin de Liège, t le v des kalendes de 
février 1301. 

316. Jehenne Sauvaige, femme de Jean Andrée, licencié en 
droit, f le 22 mars 1595, Guillheaume Perott, t te 
18 février 1636 et Catherine Andrée, sa femme, t — 

317. Bernard de Broncas et Louys de la Masiers, compa- 
gnons et hommes d'armes dans la compagnie de 
Robert de la Marck, f tous les deux le 20 juin 1489. 

318. Tibaus de Landris (Langdries) , chevalier , jadis éche- 
vin de Liège, t le 21 mai 1357 et damoiselle ... de 
Cheval, f le 24 mai 1337. 

(1) Rigaud de Beaurieu, voué de Kemexhe, Voy. Hemrjcourt, éd. 
Salbray, p. 154. 

(2) Gérard de Canges, écherin de Liège de 1250 à 1272. 



— 255 — 

319. Hans Hellweghen, marchand bourgeois de la cité, f le 
20 février 1616et Anne ieBidart, fie 15 septembre 1616. 

320. Angle de Fontaine (bienfaitrice de l'Ordre des Mi- 
neurs), f en 1333. 

321. Jean deTrois-Diez, f le 24 février 1531, Noé de Trois- 
Diez, dit de la Tison, f le 13 septembre 1556 et Anne 
le Vivier, sa femme, t le 20 septembre 1547. 

322. Mathye Corbeau, « avant parlier de la cité «*, f en 15. . . 
et Jenne, sa femme, f on 15... — Effigies en costume 
de religieux. 

323. Jean de Langdris, chevalier, fils de Thibaud, cheva- 
lier et échevin de Liège, f le 27 décembre 1369, Johans 
de Langdris, le jeune, chevalier, f en 1369 et Thibas 
de Landries, le jeune, ton 1372. — Effigies. 

324. Jehans, chevalier, sire de Liers, f le 6 octobre 1353 
et Katheline, fille de Butor, seigneur de Clermont, 
sa femme, t le 1 1 mai 1364. 

323. Gilles de Mers, chevalier, f lo 24 septembre 1340 et 
Maroie de Kemexhe, sa femme, sœur d'Ameil, voué 
de Kemexhe, f le 8 de fenai 1383. 

326. Cateline de Motroal, femme à Hubin de Hafduvin, 
t le 12 mai 1360. 

327. Joban Cbauxhe, « maistre de Fier de Cheval, » commis- 
saire de la cité, f le 1 juin 1592, Anne de Harzé, sa 
première femme, t lo 23 juin 1563, Margarit del Barbe 
d'or, sa seconde femme, t le 10 mars 1608, Johan de 
Chauxhe, le jeune, f lo 22 juin 1586 et Catherine del 
Barbe d'or, sa femme, f lo 23 août 1579. 

32g*. Gilles dit Gillemans, bourgeois de Liège, f on 1327, 
le jour de la fête de saint Michel et Ide, fille de Gé- 
rard de Neuvice, sa femme, t lo lendemain de l'oc- 
tave de la Purification, 1307. 



— 256 — 

329. Johans de Quore, fils de Gilles, t le 24 septembre 1365. 

330. Herman de Sartz, seigneur de Noumanyl et Jehetz 
(Neufmenil en Condroz et Jehay), f le 1 1 octobre 1522 
et Ide, fille de Quentin de Towin (Thuin), sa femme, 
t le 16 septembre 1512. 

331. Agnès, femme de sire Mathier dit Matos, échevin de 
Liège, t le jour de la fête de saint Grégoire 1298, Colins 
Matos, son fils, t le 5 août 1312 et Isabeal, fille de 
sire Mathier Matos, t le jour de la fête de sainte 
Gertrude, en mars 1340. 

332. Mathias de Foramine, échevin de Saint-Trond, t le 
7 octobre 1364. 

333. Pirons d'Awans, le brasseur, bourgeois de Liège et 
échevin de Mons..., t on 1375. 

334. Lambrech van Aer, écuyer, t lo 24 septembre 1489 et 
Johan Mont, t le 26 septembre 1489 (texte flamand). 

335. Anne Gordinne et André Bernimolin dit Henrotte, 
marchand bourgeois, son mari, dècédés, elle, le 12 
mars 1621, lui, le 10 juin 1629. 

336. N..., femme de Gilles Gorotier, bourgeois de la cité, 
t le 4 (?) décembre 1319 et Agnès, leur fille, bienfaitrice 
de ce couvent, t on ... 

337. Jehan le Hardelin, barbier de Féronstrée, f le 15 de 
fenal 1414 ... et ... sa femme, f le 9 août 1416 et leurs 
six enfants. 

338. Wéris de Laveur, citain de Liège, t le jour de la 
Toussaint 1387, Gilles, son fils, « jadit maistre de 
Liège », f en 1399 et N..., femme à Wéris de Lavoir, 
t le 29 de resail, 1359. 

339. Baduvins de Flémal, chevalier, f le 6 décembre 1365, 
Isabiel de Horion, sa femme, t le lendemain de la fête 
de sainte Catherine 1338. 



— 257 — 

340. Johans de Hui dit Rarabe, bourgeois de Liège, t en 
1328 et Margriete Bêche ron, sa femme, t en 1337. 

34 1 . Lamber dit de Ballanches cangir (changeur) de Liège, 
fie 11 deresail, 1331. 

342*. Gilles dit de Métis (Metz) « civis hallarius Leodien- 

sis », fils de Jean, dit ... nogier, t le vin des kalendes 

d'octobre 1328. 
343*. Jean Hannes dit Gilemans, bourgeois de Liège, t en 

1307, le lendemain de la Purification et Margarite, sa 

femme, t aux ides de juin 1323. 
344". Nicolas dit Gillemans, « hallarius Leodiensis, * t en 

1317, le troisième jour après l'Epiphanie. 
345. Jean Gilleman, t le 12 décembre 1355, Biatris, sa 

femme, t le 16 septembre 1356 et Jean, leur fils, t en 

1367. 

346*. Jean Tibot, receveur-général de l'évoque Corneille 

de Berghes, t le 30 novembre 1541 et Josine de Zan- 

drien, sa femme, t en 15... 
347*. Mathieu dit Matos, bourgeois et èchevin de Liège, 

t le iv des kalendes de mars 1284. 
348. Johans de Lardier, t le 7 octobre 1370, Wilhame, son 

fils, t le 9 septembre 1363, damoiselle N..., t en 13... 

et N... de Lardier, f le 17 janvier 1387. 
349*. Jean de Lardier, bourgeois et èchevin de Liège, t le 

iv des kalendes d'août 1307 et Jean de Lardier, t 

en ... 
350*. Jean de Lardier, bourgeois et èchevin de Liège, t le 

jour de la fête de saint Mathieu, apôtre, 1282. 
351*. Gacherus de Peis, chevalier, t le iv des ides de jan- 
vier 1248. 
352. Giles Sureles, fils de jadis Johan Surlet, chevalier, f 

le 2 mars 1307. 



— 258 — 

353. Jehanne Bierses, fille de Radut le Blavîer, èchevin de 
Liège, t le 27 juin ... XYII et Jehanne, femme de 
Radut le Blavier, èchevin de Lfége, t en ... 

354. Béatrix, fille de Johan Sarles, chevalier, èchevin de 
Liège, f en 13... 

355. Anne, femme de Johan le Damoiseau de Flemale, 
èchevin de Liège, t le 25 septembre 1365. 

356. Hnbfn Chabot, ci tain dé Liège, f le 18 mai 1339 et 
Isabias de Viseit, femme de Oile Chabot, citain de 
Liège, t en avril 1321. 

357. Libiers de Kretengne, citain de Liège, f le 12 avril 
1362 et Marie, sa fille, t le jour de Tan 1365. 

358. Loren de Mes, citain de Liège, t le 6 septembre 1420, 
Katerine Wilkineal, sa femme, f le jour de la fête 
de saint Mathieu apôtre, en 1411 et Marie, leur fille, 
t à Pâques la même année. 

359\ Gautier Hallebaye, procureur de la Cour de l'Offlcial, 
et ses quatre épouses : 1° Jeanne André, t le 6 no- 
vembre 1598; 2° Jeanne Claes, t le 6 mars 1613; 3* 
Denise Saintz et 4° Elisabeth Sainte, f ... 

360* . Htrgel ta de Berne, « camerarius » de Févêque dé Liège, 
t le jour de la fôte de saint Jacques, apôtre, 1360. 

361. Robert ..., receveur général des deniers de l'évêque 
Louis de Bourbon, t le 11 octobre 1477 et Aleis de 
Pornees, sa femme, t en 14... 

362. N... de Tévêque Louis de Bourbon, f le 21 janvier 
1482. 

363. Colar de Brahir, Vinîer, t le jour de Sainte-Croîx (l'In- 
vention de la Sainte Croix) en mai 1354 et Adille, sa 
femme, fille d'Amel de Wonc, t le 22 février 1351. 

364. Lambert Dusty le Wivari, t le £2 novembre 1532 et 
Marie, sa femme, t — 



— 259 — 

365. Johan de Meers, commissaire de la cité, f le 4 août 
1541 et Andriette de Stier, sa femme, t le 10 novembre 

1557. 

366. Lambert de Lembourgh, boucher, citain de Liège, t 
le 8 avril 1552 et Marie, fille d'Adam MuJkea, sa 
femme, t ... 

367. Ide Gillemande « béghine », t le 3 septembre 1346. 

368. Giles Ma thons, chevalier, échevin de Liège, t le 20 
septembre 1345, Ide, sa femme, t en 1337 et Ysbias, 
leur fille, femme de Wiliam de Cor, chevalier, f le 
15 de fénal 1383. 

369*. Osilia, femme de Henri Vifrère dit de Pixide, t le jour 

de la fête de saint Benoit, 1288. 
370*. Walter de Momale, curé d'Heure-le-Romain (Ora Gal- 

lica), t le 29 novembre 1343. 
37 r. Nicolas Sebold le vieux, t le jour de la fête de saint 

Luc, 1356 et Agnès, sa femme, t le jour de la fête 

de saint Séverin, 1329, 

372. Conrair de Biernawe dit de Lardier, f le 29 août 1364 
et Marguerite, sa femme, t le jour de la fête de saint 
Bertremeir 1363. 

373. Stassins Chabos, échevin de Liège, t le 10 mai 1374 et 
Maroie de Brahir, sa femme, f le jeudi avant la fête 
de saint Thomas, 1360. 

374. Robert Germeau, marchand, f le 5 avril 1590, Anne, 
fille de Wathi Liverlo, sa première femme, t le 21 
juillet 1544 et la fille de Jean Counot, sa seconde 
femme, f le 20 septembre 1549. 

375. François de Berses, * cangiers « de Liège, t le 3 sep- 
tembre 1382. 

376. Johans Pratou de Serselles, f le 10 mai 1400. 

377. Marie, épouse de 3erto Hameres, f le 6 juin 1427. 



— 260 — 

378*. Thierry de Haneffe, seigneur de Seraing, t le 20 fé- 
vrier 1357. — Effigie d'un homme armé portant une 
bannière. Armoiries et dix blasons. 

379*. Autre sépulture en cuivre de la famille de Haneffe, 
mais dont il ne restait, quand Le Fort Ta vue, que les 
armes et quelques mots de Tépitaphe. 

380*. Johan seigneur délie Roche et voué de Fléron, che- 
valier, échevin de Liège, f le 4 mars 1419. 

381*. Arnold de Rixen, chevalier, châtelain de Liège et 
maréchal de l'évoque, t le v des kalendes d'avril 
1260. — Armoiries. 

Collégiale de Saint-Denis. 

382*. Jean dit Hardis, chanoine de cette église, t le 8 juin 
1389. — Effigie d'un chanoine. Blason. 

Saint-Nicolas-au-Trez. 

383*. Renier de Fiez, t le jour de la fête de sainte Made- 
leine 1341, Cécile de Fiez, f dans l'octave de la fête 
de sainte Agnès 1343 et Elisabeth de Hollogne, t aux 
ides de mars 1322. — Trois effigies. 

384. Armoiries et quartiers de Charles de Hylle, seigneur 
de Loverval, 1621. 

Hylle, Affetadi, Walthuysen, Affetadi; 
Amstenraede, Grosbeck, Printhagen (1), Flodrop. 

385. Dans la voûte étaient les quartiers : 

Woestenraede, Rave, Braibant, Clocquier. 

386. Autres quartiers de la voûte de cette église : 
Toilet, Porquin, Hinedael (Hinnisdael), Hulsberg dit Schaloen. 

(1) Ces armes sont d'or à trois tourteaux de gueules, deux et un; la fa- 
mille de Printhagen portait écartelé d'or et de gueules. 



— 261 — 

387. Armoiries de Jean de Woeustenraedt, seigneur de 
Charneux et de Jeanne de Braibant, sa femme. 

Collégiale de Saint-Paul. 

388*. Henri seigneur de Mirvat (Mirwart?), chevalier, f le 
xvin des kalendes de mai 1271. — Blason. 

389*. Alpaïde, dame de Hoegaerde. « Que legavit nobis 
Geldoniam et Turnines et que de proprio Castro suo 
Hugardis ecclesiam struxit, « etc. 

390. Table des quartiers suivants : 

Groisbeeck, Rougrave, Horion, [Corswarem], 

391*. Jean de Papenhoven, t le 10 septembre 1440, Adam 
de Papenhoven, chanoine de cette Eglise, son fils, 
t le 17 décembre 1453 et Agnès de Papenhoven, mère 
d'Adam, t le ... février 1439. 

392. Bauduin de Flémal, chevalier, t ••• et Isabiel de Ho- 
rion, sa femme. — Effigies, celle de Bauduin le repré- 
sente revêtu de son armure. Quatre blasons. 

393. Armoiries de Henri de Angelo, chanoine de Saint- 
Paul, 1616. 

394. Id. de Thomas Speckouer, chanoine de Saint-Paul, 
1616. 

3%. Id. de Hubert Sireignart, chanoine de Saint-Jean- 
FEvangéliste, 1616. 

396. Id. d'Antoine Hylt, chanoine de Saint-Paul, 1616. 

397. Id. de Guillaume de Miche, chanoine de Saint-Paul, 
1616. 

398. Id. de Jean Roberti, abbé de Floreffe et chanoine de 
Saint-Paul, 1616. 

399\ Pierre Oranus, échevin de Liège, etc., t à l'âge de 
77 ans, le vi des kalendes de février 1618 et Elisabeth 



— 262 — 

de Marotte, sa femme, t à l'âge de 44 ans, le vu des 
ides de juin 1595. 

400\ Pierre-Ernest Oranus, seigneur de Fraineux et Nan- 
drin, t le vi des kalendes de février 1637, à l'âge de 
47 ans. — Monument érigé à sa mémoire par sa femme 
et son héritière Elisabeth de Soumagne. Armoiries 
de ces époux. (Ce monument et le suivant existent 
encore dans la cathédrale actuelle). 

40 1\ François Oranus, docteur en droit, t réfoncier, officiai 
du chapitre, prévôt de Maeseyck, seigneur de Frai- 
neux et Nandrin, etc., t & l'âge de 57 ans, le 6 sep- 
tembre 1636. — Monument élevé à sa mémoire par 
Marie Oranus, sa sœur. 

402\ Gilles Oranus, docteur en droit, protonotaire aposto- 
lique, tréfoncier de Liège, archidiacre de Campine, 
prévôt de Saint-Pierre, etc., f à l'âge de 41 ans, le 
7 mai 1599. — Note sur cette famille. 

403\ Charles Langius, jurisconsulte, tréfoncier de Liège, 
t à Tàge de 52 ans, le iv des kalendes d'août 1563. — 
Monument élevé & sa mémoire par les tréfonciers 
Liévin Torrentius et Jean de Douverin. 

404. Note généalogique sur la famille de Sélys. 

Saint-Nicolas Outre-Meuaç. 

405. Jacque ^ambinon, | le 26 juin 1676, Catherine Bot- 
son, sa première femme, t te 29 décembre 1667 et 
Gertrude Mulkay, sa seconde femme. 

Notre-Dame-aux-Fonts. 

406. Jacques Malaese, receveur de la cité et greffier au 
criminel, t te 10 décembre 1662, Marie Masset, sa 



— 263 — 

première femme, 1 1© Il novembre 1653 et Marie de 
Thier, sa seconde femme, t en ... 

407. Michel du Chaisne, marchand bourgeois, t le 5 oc- 
tobre 1650 v Marie de l'Esprit, sa compagne, t le 4 
septembre 1659, Pierre Monaert, leur gendre, t le 
25 août 1674 et Marie-Françoise du Chaisne, sa femme, 
fie 29 juin 1673. 

408. Elisabeth, fille de Jean Tabolet et de Marie Oranus, 
t le 24 février 1688. 

409. François de Kerckhove, de G and, marchand bour- 
geois de Liège, t le 1 1 septembre 1705 et Elisabeth 
Fynemans, de Maeseyck, sa femme, t le 5 janvier 

1702. 

410. Servais Nollens, échevin de Liège, t le 30 août 1576 
et Marie Putmans van Eupen, sa femme, t le 16 mai 
1578. 

4 il. Englebert de Hasimbourg, commissaire de la cité et 
greffier de la haute justice, t le 3 mars 1669, Marie 
de Sclessin, sa mère, t le 19 janvier 1643, Catherine 
Frighel, sa première femme, t le 14 mai 1644 et Marie 
de Liverlo, sa seconde femme, t le 27 mai 1667. 

412. (Thierry de Mirlo) dit de Chevaul, échevin de Liège, 
t en 1426, le ... avril et Johane, sa femme, fille de 
Frankair de Eemexhe dit d'Avroit, t en 14... — Effi- 
gies, celle de Téchevin le représente revêtu de son 
armure avec son écu pendant à la ceinture. Quatre 
blasons dont deux frustes. 

413*. Marie dite « de Cervo », t la nuit de la fête de saint 
Benoît, 1334. 

414. Gossewins de Flémale, bourgmestre de Liège, fils de 
Johan, jadis échevin de Liège, t le 31 mars 1396 et 
Katherine, fille de Huwe de Haccourt, t en octobre ... 



— 264 — 

— Effigies, celle de Goeswin le représente revêtu de 
son armure. Quatre blasons frustes. 

4 15. Pierre le Maistre, prélocuteur, f le 5 septembre 167 1 . 
Monument élevé à sa mémoire par Marguerite de 
Heaume, sa femme, Pierre et Jean leurs fils, 1031. — 
Armoiries de ces époux. 

Saint-Pholien. 

416. Jhierome Favereau, f le 11 juillet 1636, Marie Ro- 
bert, sa femme, t te 9 octobre 1625 et leurs enfants: 
Louy Favereau, Jhérome Favereau, f te 29 novembre 
1653, tous les deux commissaires de la cité et Marie 
Favereau, veuve de Henri Marten, t te 9 décembre 
1625. 

417. Piron délie Naye, tanneur et Margarit, fille Johan de 
Gret (Grady), son épouse, t le 25 juillet 1585. 

418. Jean de Trixhe, f le 5 novembre 1593, Marie de Lens, 
sa femme, f te 18 novembre 1608, Thomas de Trixhe, 
leur fils, t te 5 novembre 1617 et Catherine Orane 
(Oranus), sa femme. — Armoiries de ces époux. — 
Une inscription placée au-dessus de l'autel rappelle 
aussi la mémoire de ces personnes. 

419. Lambert Jamar, Cent Louys, sa femme et Marie, leur 
fille, t te 24 décembre 1644. — Armoiries de ces con- 
joints. 

420. Laurent de Grady, commissaire de la cité, f te 4 fé- 
vrier 1518 et Marie de Flémale, sa femme, f le 2 février 
1513. — Quatre blasons. 

421. Jacques le Kockin, jadis « quangir » de la cité de 
Liège, Katheline, son épouse, t te 3 juin 1530, Jo- 
sinne de Malborcht et Louis le Kockin. — Armoiries 
et quatre blasons. 



— 265 — 

422. Ottelet Pandechar le pêcheur, t le 19 mai 1361 et Isa- 
beal, sa femme, f le 8 janvier 1359. 

423. Williame de Tyne le tanneur, bourgeois de Liège, t 
le 24 février 1445. 

Collégiale de Saint-Pierre. 

424*. Eustache Ladoens, chanoine de cette église et curé 
de l'église paroissiale de Corcwarem, t le 2 juin 1530. 
— Blason. 

425/ François de Fraipont, docteur en droit, échevin de 
Liège, conseiller du prince Gérard de Groesbeeck, t 
la veille des ides de janvier 1580, Jeanne de Jalhéa, 
fille de Gilles et de Marie de Marneffe, f le 1 1 janvier 
1S08, à Tâge de 84 ans; Marie, leur fille, t le 26 août 
1592 et son mari, Georges de Méan, seigneur du lieu 
et de Boffus, bourgmestre de Liège, conseiller ordi- 
naire et privé d'Ernest de Bavière, puis tréfoncier de 
Liège, f le 13 juin 1602 ; Georges de Steel, échevin 
de Liège, t à l'âge de 62 ans, en juin 1613 et Anne de 
Fraipont, sœur de Marie susdite, sa femme, t on 1615, 
Pierre de Steel, docteur en droit, chanoine de Saint- 
Pierre, t à Tâge de 40 ans, le 4 juin 1624 et Isabelle 
Marguerite de Laraboy, f ••• — Monument élevé en 
1644 par Lambert de Steel, écuyer, seigneur de 
Bouffus, Méan, etc., fils de Georges et d'Anne de 
Fraipont et mari d'Isabelle Marguerite de Lamboy. 
Armoiries des familles de Steel et de Lamboy, sur- 
montées d'une couronne à neuf perles. 

Couvent des Récollets. 

426. Gérard de Pousseur, chevalier, seigneur de Villers 
lez-Guise et à Fraipont, bourgmestre de Liège, f en 



— 266 — 

1518. — Effigie d'un gentilhomme revêtu de son 
armure. Armoiries; quatre blasons qui ne sont pas 
les quartiers de ce bourgmestre ; ceux-ci étaient; 

[Bolland dit Pousseur, Wihogne, Brialmont, Grevenbroeck]. 

427*. Marie de Berchem, femme de Jacques Suys, seigneur 
de Grisnort, t à l'âge de 61 ans, le 11 mars 1591 et 
ses fils Roland et Jacques Suys, gentilshommes de la 
Chambre du Sérénissime prince Ernest de Bavière, 
t à Liège, le premier, le 4 janvier 1591, l'autre, le 
8 janvier 1599. — Monument élevé à leur mémoire 
par Géorgie de Lynden, veuve de Jacques. Deux 
blasons aux armes de Suys et de Berchem; quar- 
tiers: 

Suys, Vanderburch, Oudewene, Suytlant; 
Berchem, Meeos, Lauryn de Watervliet, Strabant. 

Saint- Remacle-en-Mont. 

428. Inscription d'un vitrail rappelant Maximilien-Henri, 
baron de Courtejoye et de Grâce, seigneur d'Othée 
et de Berleur, haut voué de Streel, grand bailli des 
Rivages, gentilhomme de la Chambre de Son Altesse, 
député de la Noblesse, etc., et Jeanne Corneille de 
Joncis, son épouse. — Quartiers : 

Courtejoye, Loen de Brus, Bombaye, d'Orjoz; 

Oyembrugh de Duras, Corswarem, Ketule, Loveuse. 

Joncis, Clochier, Dufile, Ferry; 

van der Heyden de Blisia, Boecken de Sittard, 

Counotte, FancboH. 

429. Barbe de Heym, relicte de Robert de Horion, gouver- 
neur de Curange, t en ... — Blason parti aux armes 



- 267 - 

de Horion et de Heym, avec timbre, cimier et sup- 
ports; quartiers: 

Horion, Duras, Spontin, Namur; 

Ghoer, Withem, Montfort, Croy. 

Heym, Cokx van Neryngen, Oeel, Campen; 

Dielbeeck, Dave, Nassau, Haestricke. 

430*. Marie de Horion, veuve de Jean de Joncis, f en 1525, 
Jean de Joncis (son fils), chevalier, bourgmestre, 
échevin et grand mayeur de Liège, sous cinq princes, 
t en 1578 et Anne de Rose, sa première femme, t 
en 1536. — Effigies de ces trois personnes, celle du 
grand mayeur le représente armé de toutes pièces. 
Trois blasons. 

431. Wiliaume de Lavoir, citain de Liège, t le 27 dé- 
cembre 1439. — Blason. 

Sainte-Glaire. 

432. Margueritte de Hex, veuve de ..., seigneur de la 
Haye, f le 28 juin 1555. — Deux blasons. 

433. Anne de Hanxeller, femme de Guilleaume de Cor- 
tenbacb, drossard des Vieux Joncs, f le 20 mars 
1558. — Deux blasons aux armes de ces époux, 
quartiers : 

[Cortenbach, Horion, Hanxeler, Randenraedt]. 

Abbaye de Robermont. 

434. Anthonette de Brabant, pendant trois ans supérieure 
de ce monastère, f à l'âge de 33 ans, le 15 mars 1569. 
— Blason. 

435. Herman dit Medicus, f le x des kalendes de décembre 
1365. 



— 268 — 

436. Sibille de Nivelle, t le jour de la fête de saint Vin- 
cent 1277 et Alis, femme de Gilles, sire de Jusery, t 
le 29 mars 1350. — Effigie d'une dame portant un 
manteau doublé de vair. 

437*. Ide de Saint-Servais, abbesse de Robermont, f en 
1393. — Quatre blasons. 

438*. Elisabeth de Saint-Georges, f le cinquième jour de la 
division des apôtres, 1255. 

439. Vitrail donné par Guillaume de Manshoven, docteur 
en théologie, chanoine de Sainte-Cécile à Cologne, 
1620. — Armoiries : [Manshoven et Hinnisdael]. 

440. (André) de Pallant, gentilhomme de Son Altesse, + le 
1 er juillet 1596. — Effigie d'un gentilhomme armé 
de toutes pièces. Armoiries; quartiers : 

[Pallant, Daems, Orsbeck, Prenten]; 
Emale, Chabo, Tongre, Blavier (î). 

441. (Mathieu Pi té dit d*Emael), seigneur d'Emael, Ne- 
dercanne, etc., gentilhomme de Son Altesse, bailli 
de Seraing, t le 22 juin 1576. — Armoiries; quar- 
tiers: 

Pité, Chabot, Tongre, Blavi (Blavier). 

442. Anne de Tongre, veuve de Jean Pité, seigneur d'Emael, 
Eben et Nedercanne,mayeur, échevin et bourgmestre 
de Liège, t le 19 juillet 1589. — Blason parti aux 
armes de ces époux ; quatre quartiers : 

[Tongre, Berlo, Blavier, Bourdouxhe]. 

(1) Les quartiers paternels d'André de Pallant sont intervertis, ils 
doivent se lire comme suit : Pallant, Orsbeck, Daems, Prenten. Le quar- 
tier Emael rappelle Anne Pité dite d'Emael, qui épousa, par contrat du 
îl mai 1583, Melchior de Pallant. 



— 269 — 

443. Catherine Emal (Pité d'Emael), épouse d'Alexandre 
de Houten (de Serai ng, seigneur de Houtain et d'Once 
sur Geer), f en 1579. — Armoiries ; quartiers : 

Pité, Chabot, Tongres, Blavi. 

444. Aelys Emale, abbesse de ce monastère, t le 27 avril 
1605. — Armoiries posées sur la crosse abbatiale; 
quatre quartiers, les mômes que ceux renseignés au 
numéro précédent. 

Saint-Servals. 

445. Vitrail avec inscription rappelant Henry de Berlay- 
mont, seigneur de la Chapelle, Odeur, Modave, grand 
mayeur de Liège et Catherine de Hosden, sa femme, 
1386. — Armoiries; huit quartiers : 

[Berlaymont, Oultremont, Seraing, Haultepenne; 
Hosden, Hayoin, Aix, la Marck dit de Rochefort]. 

446. Armoiries et inscriptions rappelant Louis de Berlay- 
mont, tréfoncier, 1586, Gabriel de Chasteleer, seigneur 
de Waudimpré et Elisabeth de Berlaymont, sa femme, 
1586, [Jean] de Berlaymont, seigneur de la Chapelle 
et [Philippine de Recourt dite] de Licques, sa femme, 
1586. 

447. Eustaes Ogier de Juprel, t en 1531 et Maroy Balduin 
dite de Saulx, t en 1558. — Quartiers : 

Juprel, Vivier, del Saulx, Orban de Sline. 

448. Vitrail portant les armoiries et les huit quartiers de 
... Hoen de Hoensbrœck, tréfoncier, 1586. 

[Hoen de Hoensbroeck, Lichtenborch, Corswarem, Waroux ; 

Dave, Enghieo, Wideux, Jaucbe] (î). 

(1) Ce vitrail fût probablement placé pour rappeler la mémoire d'Ar- 
nold Hoen de Hoensbroeck, tréfoncier et grand doyen de Liège, décédé le 
18 juin 1585. 



— 270 — 

449. Vitrail portant les armoiries et les huit quartiers de 
Wynand de Wyngaerde, grand prévôt de Liège. 

450. Vitrail portant les huit quartiers de Henry de Ruys- 
schenberg, grand commandeur des Vieux Joncs. 

[Rnysschenberg, Reinshem, Greyn, Oppem; 
Nesselraedt, Holtorp, Spiesz, Blenss]. 

451. Osille, femme de Johan Hoches, échevin de Liège, t 
le 6 octobre 1348, et Johan, son mari, t la veille de 
la fête de saint Lambert, 1342. — Effigie de l'échevin 
représenté sans armes. Quatre blasons dont deux 
frustes. 

452. Piron, fils de Johan Hoches, f le 8 mai 1350 et demoi- 
selle Jake, femme de Libier d'Alour, écuyer, fen 13... 

453*. Nicolas de Plenevaulx, cinq fois bourgmestre de 
Liège et conseiller ordinaire, f le 4 juin 1663, Marie 
Randach (Randaxhe), sa femme, t le 30 novembre 
1686 et leurs fils Jean, Lambert, Ferdinand, chanoine 
de Saint-Denis et Charles. — Armoiries de ces époux. 

454. ...min Surlet, fils de Radulf Surlet, chevalier, -fr le 
jour de la fête de saint Martin, 1431. — Armoiries; 
deux blasons. 

455. Cicile, fille de Libiers d'Alour, f le 21 octobre 1363. 
— - Effigie. Deux blasons dont un fruste. 

456. Jakemins de Waroux, fils de Raes, sire de Voroux, 
échevin de Liège et Marie, sa femme, fille de Johan s 
d'Odeur, fils de Gilles Polard, t en ... — Effigies, 
celle de Jacquemin le représente revêtu de son ar- 
mure. Sept blasons. 

457. Isabeal, femme de jadis Thonnar de Puche d'AUeur, 
t le 8 mars 1403. 

458'. Ide dite Rigoude, femme de Roger dit Grosrogier, «f 
la veille de la fête de saint Lambert, 1328. 



— 271 — 

459. Vitrail portant deux blasons aux armes de Qlymes 
et de Berlaymont. (Jacques de Glymes, baron de Flo- 
rennes et Jeanne de Berlaymont, sa femme). 

Saint-Séverin. 

460*. Guillaume de Wezeren, J. U. L., avocat à la Cour 
spirituelle, f le 10 août 1636 et Marie t'Sgroots, sa 
veuve. — Armoiries de ces époux; quartiers : 

Wezeren, Scroyen, Ruyschart, Mettecove; 
Sgroots, Taye, Hauthem, Bailge. 

461. Vitrail portant une inscription rappelant Arnold 
Lintermans, J. U. L., doyen de Sainte-Croix, 1637.— 
Armoiries. 

Saint-Thomas. 

462. Jean Pollain, chanoine de Saint-Pierre, secrétaire du 
Chapitre de Liège, t le 23 décembre 1692. — Blason. 

463. Gerosme Mathias de Visé, avocat de l'Official, Cor- 
nélie de Macours (Macors), sa première femme, t le 
28 avril 1672 et Hélaine de Frésart, sa seconde femme, 
t le 22 novembre 1689. — Armoiries de ces époux. 

464. Walthier Huwar, bourgmestre de Liège, t le 20 fé- 
vrier 1525 et Yde de Wihoigne, sa femme, t le 28 août 
1538. — Armoiries de ces conjoints. 

465. Jean Bicken, banquier et Geertruidt de Frémondt, sa 
femme. — Armoiries de ces époux. 

466. François Libert et Barbe Vandenberch, son épouse. 
— Armoiries de ces époux. 

Abbaye du Val-Benoit. 

467. Vitrail aux armes de H en d rie k de Harmscap, mar- 
chand bourgeois de Liège, a 1630. 



— 272 - 

468. Vitrail aux armes d'Arnold de Soumaigne, prévôt 
de l'église des Apôtres à Cologne, etc. 

469. Id. de Walther de Soumaigne, chanoine de Saint- 
Denis, 1620. 

470. Id. de Jean de Soumaigne, chanoine de Saint-Denis, 
1629. 

471*. Katherine de Muchehoy, f le xir des kalendes de 
... 1370, douzième abbessede ce monastère et Sophie 
de Fléron, f le vu des kalendes de novembre 1432, 
seizième abbesse de ce monastère. — Deux quartiers 
de chacune de ces abbesses. 

472*. Clémence ..., abbesse de ce monastère, t le xm des 
kalendes de janvier 1403. — Blason. 

473*. Agnès, de Liège, f le x des kalendes de juillet 1247. 

474*. Alexandre de Saint-Servais, le xv des kalendes de 
novembre 1267. 

475*. Juette, épouse de Jacques de Lardier, bourgeois de 
Liège, t le 1 1 mars 1272. 

476*. Agnès de Fimale, f le xi des kalendes d'octobre 1284. 

477*. Elisabeth, femme de Robert, chevalier, seigneur de 
Limont, t le xvi des kalendes de novembre 1237 
et N., fille d'Arnold de Limont, t en ... 

478*. Ide d'Alleur, f le iv des kalendes de juin 1263. 

479*. Gérard, moine du Val-Dieu, t le vi des nones de juil- 
let 1291. 

480*. Otto de Geneffe, doyen de Saint-Paul à Liège, fonda- 
teur de l'abbaye du Val-Benoit, t le iv des kalendes 
de novembre 1244. 

481*. Agnès de Pousseur, abbesse du Val-Benoit, t eo 
1516. 

482*. Jeanne de Berlo dite de Brus, pendant trente ans 
abbesse de ce monastère, la cinquième depuis sa 



— 273 — 

réformation, t le h des kalendes de février 1566. — 
Effigie. Armoiries; quartiers : 

Berlo, Outtremont, Houltain, Hun (1). 

483. Catherine de Duras, dernière du nom, pendant soi- 
xante-quatorze ans professe de ce monastère, t à 
Vftge de 89 ans, le 22 octobre 1608. — Blason. 

484. Jehenne de Rahfer, dame de Plenevaux, Fisenne, 
Cfcefsonfosse, etc., t le 15 janvier 1643, veuve en pre- 
mières noces de Thiri de Hoensbrouc, seigneur de 
Plénevaux et en secondes, de Guy de Fisenne, sei- 
gneur d0 Fisenne, tons deux ensevelis à Plenevaux. 
— Armoiries de ces trois personnes. 

485'. Marguerite de Saint-Fontaioè, abèesse jubilaire, et 
huitième abbesse depuis là réformation du couvent, 
t le 1 er mai 1659. — Effigie. Blason ; quartiers : 

Saîût-Fôntaine, <W Pré, Mons, Oefit; 
Heyenhoven, Berlo, Brempt, Eve («). 

486*. Sophie de Libermey, abbesse de cette église (sic), 
f le iv des kalendes de novembre 1417. — Blason. 

VIVEGNIS. 

Abbaye. 

487. Isabeau de Ramelot, religieuse, t le 20 mai 1610 et 
Berthe de Ramelot, sa sœur, aussi religieuse, t te 
20 octobre ... — Quartiers : 

Ramelot, Rouvroy, Crisseftgné, Rahyr (Rahier). 

(1) Le deuxième et le troisième quartier sont intervertis. 

(2) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont inter- 
vertis. 



— 274 — 

488. Jehenne Mai lien, religieuse, t le 19 ... 1585. — 
Quartiers : 

Maillen, Mozet, du Bois, Crissengné. 

HOLLOGNE-AUX-PI ERRES. 

489. Blason d'obit, portant un écu parti de Lynden et 
de Hollogne Luxembourg, avec couronne, supports 
et bannières, 16 août 1676. Il rappelle Vincente Made- 
laine de Hollogne Luxembourg, seconde femme de 
Ferdinand baron de Lynden et de Froidcourt, gou- 
verneur du marquisat de Franchimont. 

490. Baldewin de Hollongne, écuyer, seigneur du lieu, 
t le sixième jour de ... 1582. — Effigies: un gentil- 
homme armé et une dame. Armoiries : Hollogne et 
Fallois. Quartiers : 

[Hollogne, Crehen, Fallois, Krickenbeck]. 

491. Vitrail donné par Bauduin de Hollogne, seigneur 
du lieu, de Busin et Failon. — Armoiries; huit 
quartiers. 

Holloigne, Creheyn, Berlo, (Hailey); 
Fallois, Krickembeck, Creefve, Rikelt (1). 

492. Blason d'obit de dame portant un écu parti de Hol- 
logne Luxembourg et de Horion, avec la date : 
12 january 1659. Il rappelle Ferdinandine de Horion, 
femme de Gérard de Hollogne Luxembourg, seigneur 
de Hollogne, etc. 

493. (Gérard de Hollogne), seigneur de Hollogne, Busin 
et Failon, député de l'Etat-Noble, grand bailli des 

(1) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne soot inter- 
vertis. 



- 275 - 

Rivages, f en ... et (Ferdinandine) de Horion, sa femme, 
t le 12 janvier 1659. — Effigies, celle de Gérard le 
représente armé. Armoiries de ces époux ; quartiers : 

[Hollogne Luxembourg, Pelden dit Cloedt, 
Horion, Wael de Vronesteinj. 

494. Gérard de Luxembourg, t le 29 juillet 1644. — Armoi- 
ries ; quartiers : 

[Hollogne, Fallois, 
Bronckhorst Baten bourg, Praet de Moerkerken]. 

GRACE. 

495. Lamoral, baron de Courtejoye de Grâce, seigneur de 
Berleur, Dave, député de TEtat-Noble, etc., t 1© 27 
mars 1686. — La tombe porte la statue couchée du 
défunt revêtu de son armure. Armoiries ; quartiers : 

Courtejoye, Marbais, Loen de Brus, Viron; 
Bombay, Verleumont, Doijo, Fisen. 

LIÈGE. 
Abbaye de Notre-Dame du Val-des- Ecoliers. 

496*. Marie, fille de Anselme de Calciata (délie Chaude), 
femme de Guillaume de Collario, t le in des nones de 
juillet 1290 et Lambert dit Lambuce de Insula, f le 
jour des nones d'août 1304. 

497*. Bauduin de Jemeppe, prieur de cette église, f le 
xiv des kalendes de septembre 1362. 

498\ Jean d'Alour, prieur, f le xiv des kalendes de sep- 
tembre 1368. 

499*. François d'Awans, prieur, t le 8 novembre 1484. 

500*. Henri de Lude, prieur, t le 2 octobre 1440. 



— 276 — 

501*. Pierre dit Daras, pendant vingt-six ans prieur, -J- le 

15 décembre 1531. — Blason. 
502*. Walther Fullonis (de Foullon), chanoine et prieur de 

cette église, t lederoier jour d'octobre 1553. — Blason. 
503*. Henri Morlet, prieur. — Blason. 
504*. Nicolas Vincolanus, prieur, f en 1575. — Blason. 
505*. Jacques Hextermans, prieur, f le 4 mars 1588. — 

Blason. 
506*. Gérard d'Orjo, prieur, f lo 13 juin 1596. — Armoiries : 

quartiers : 

d'Orjo, Carpentier, Beyne, le Berlier. 

507*. Louis Dorlot, t 1© v des kalendes de novembre 1605. 

— Blason. 
508". Winand Latome, premier abbé, créé par le pape 

Paul V, le vi des kalendes d'octobre 1614, t le iv des 

kalendes d'août 1619. — Blason. 
509*. Werteau, abbé de ce monastère, t le 14 avril 1654. — 

Blason. 
510. Charles de Rohan, duc de Montbazon, pair de France, 

etc., fie 3 juillet 1699 (î). 
511*. Renier de Trixhe, troisième abbé de ce monastère, 

t à Tàge de 63 ans, le 1 1 mars 1664. — Blason. 
512*. Henri-Guillaume Xheruels de Bombay, quatrième 

abbé de ce monastère, t à l'Age de 42 ans, le 13 juin 

1674. — Blason. 
513. Lambert de Chaîne de Fiez, bourgeois de Liège, -fr le 

30 mai 1398 et Lambert de Chaîne, son fils, frère en 

cette maison, t le 13 janvier 1417. — Peux blasons. 

(1) Charles de Rohan, duc de Montbazon, prince de Guemenée, etc. 
époux de Jeanne-Armande de Schomberg, » moucut aussi (1699), dans les 
m faubourgs de Liège où il était enfermé depuis bien des années dans une 
« abbaye. » Voy. Saint-Simon, Mémoires, édition Chéruel, t. II, p. 10. 



— 277 — 

514*. Thierry de Generey, supérieur de cette église (prieur), 
fie 21 octobre 1531. 

515*. Robert de Cauvel, seigneur de Tagny, connétable 
héréditaire de Boulonnois, grand bailli du duché de 
Château-Thierry, premier capitaine et major du ré- 
giment de Gatheu, t à Liège, le 22 février 1674. — 
Blason. 

516*. Jacques de Quercu (du Chêne), maître ès-arts, curé 
de Saiftt-Pholien, t en 1553. 

517*. Inscription d'un tableau donné par Paul- Jean, baron 
de Groesbeeck, grand prévôt de la cathédrale et 
prévôt de Saint-Denis, seigneur de Francwaret, Je- 
meppe-sur-Sambre, etc., en souvenir de ce que, par 
Tintercessioa de la Sainte Vierge Marie, il «a échappé 
à un homme venu pour l'assassiner dans sa propre 
maison, le 13 juillet 1648. — Armoiries surmontées 
d'une couronne. 

518*. Pierre de GeronveUe, f aux kalendes de mars 1252 
et Maguina, sa femme, t le £W des kalendes de juin 
1254, 

519*. Marie de Prez, t le 16 avril 1253. 

520*. Ide N..., f le xvn des kalendes de mai 1257. 

521*. Katherine de Waves, femme de Conrard de Visé, che- 
valier, f le xii des kalendes de décembre 12... 

522*. WarnierN..., ten 1270. " 

523*. Marie de Huy, femme d'Anselme Navigator, bourgeois 
de Liège, f le jour de la fête de saint Hubert, 1272. 

524*. Thierry chevalier, dit de ..., t le jour de la fête de 
saint Marc évangéliste, 1274. 

525*. Louis chevalier de Flémale, t le jour de la fête de 
sainte Pétronille, vierge, 1274. — Effigie d'un gentil- 
homme armé de toutes pièces. Blason. 



— 278 — 

526*. Henri dit du Pont, bourgeois de Liège, f en 1280. 
527". Maître Alwan, f le jour de la fête de saint Bonifece, 

martyr, 1282. 
528*. Arnulphe Cork, f le jour de la fête de saint Arnulphe , 

1282. 
529*. Jean li Meis, f en 1286, « in die Vitalis. « 
530*. Marie, femme de Henri, f le vin des kalendes de 

janvier 1287. 

531*. Anselme, f le jour de la fête de saint Gorgone, 
(12 mars) 1268 et Elisabeth, sa femme, t dans l'octave 
de la fête de saint Lambert, 1281. — Effigies. 

532*. Elisabeth, femme de Thierry des Prez, chevalier, 
t le jour de la fête de sainte Catherine, 1268 et 
Thierry des Prez, chevalier, son mari, t la veille de 
l'Annonciation de la Sainte Vierge, 1294. 

533*. Agnès de Calciata (de la Chaussée, délie Chaucie), 
t le lendemain de la fête de saint Barnabe 1282, et 
Thomas, son frère, fils d'Anselme, t le jour de la 
Nativité de la Sainte Vierge, 1296. 

534*. Anselme de Ultra Mosa (d'Outre-Meuse), t la veille 
de la fête de saint Laurent, 1285. 

535*. Jean de Crisgnée, * specialis amicus et benefactor 
hujus domus », t le vin des kalendes de mars 1285. 

536*. Elisabeth, femme de feu Hubert chevalier de ..., -fr le 
jour de l'Assomption, 1302. 

537. Jehans des Preits, écuyer, échevin de Liège, -J- le 
9 février 1354, Thierry chevalier des Preits, le jeune 
(père de Téchevin), t le ni des ides de janvier 1298. — 
Deux blasons. 

« Vous qui passez sur nous, 
- Priez à Dieu pour nous. » 



— 279 — 

538. Colar de Noufchestial (Neufchâteau), bourgeois de 
Liège, t le 16 de resail 1402 et Lorette, sa femme, 
fille de Gerar le Maistre le Vies, t le 18 octobre 1396. 
— Effigies, celle de Colar le représente armé de 
toutes pièces avec son écu pendant à la ceinture. 
Quatre quartiers. 

539. Johans Waldorea, jadis échevin de Liège, f en 1371. 
540*. Henricus de Choke, fondateur d'un autel de cette 

église, f le m de kalendes de mai 1392. 

541. Kathelines de Tynes, lez Dinant (Thynes), f en 1480. 

542. Lambuche Gaillardt de Chaienée, échevin de Liège, 
f le 30 octobre 1358. 

543. Colar ly Pousans, « bourgeois chitens de Liège», f le 
5 novembre 1366. 

544*. Herman de Postico, fondateur d'un autel de cette 
église, t dans l'Octave de l'Assomption, 1275 et Ailid, 
sa femme, t en 1296. 

545*. Jean, chevalier de Chaienes, t le jour de l'Annoncia- 
tion, 1373. —Blason. 

546. Marie Frognus, femme de Goffln Polarde, t le 1 er avril 
1387 et Goffin Polarde, son mari, ci tain de Liège, t 
le 2 mai 1394. — Quatre quartiers. 

547. Oude Pollarde, t le 25 janvier 1400 et son| mari, 
Pirlot de Vinamont, ci tain de Liège, fie 21 décembre 
1399. — Quatre quartiers. 

548*. Henri de Henrois des Prez, écuyer, f la veille de 

l'Assomption, 1341. — Blason. 
549". Jean de Henrois des Prez, écuyer, t la veille de la 

fête de saint Luc, évangéliste, 1342. 
550*. Jean de Henrois des Prez, f le jour de la fête des 

saints Pierre et Paul, 1282. 
551*. Marie des Prez, t le 16 avril 1253. 



— 280 — 

552*. Ide de Gilas, femme de Giles des Prez, écayer, f la 

veille des nones de mars, 1296. 
563*. N..., fille de feu Gilles des Prez etd'Ide, sa femme, 

t le xiii des kalendes de novembre 1308. 



Extrait d'un registre ou répertoire appartenant à 
l'abbaie des Escolliers à Liège, par moi J. Le Fort, 
etc., ce 5 septembre 1708. 

554. Relief fart par Jnette, veuve de Jean, Fanchon et fille 
d'Ernuît Waffelair, 9 septembre 1410. 

555. Report fait le 15 de fenal 1397, par Jean, voué de Cris- 
ghée, à Lambert délie Vaulx de Kemexhe. 

556. 1275, 5 de fenal, transport fait devant la Courallo 
diale de Liège par Arftnl de Fimal, chevalier et ses 
trois fils, Arnud, Jean, Willem et Anne la beghine, 
leur sœur, de trois bonniers de terre au profit du 
couvent des Ecoliers. 

557. Acte passé devant la Cour allodiale de Liège par Jean 
de Fimal délie Neufcoutt, le 5 de fenal 1275. 

558. Id. devant la Cour des tenants de l'abbaye des Eco- 
liers, le 8 mars 1430, par damoiselle Aufly, fille de 
Marsille de Frelotox, manant à Kemexhe et Amelot, 
fils d'Ameil de Geer. 

559. Relief fait devant la Cour féodale de Liège , par Jean, 
avoué de Strele et Bareit dé Fexhe, mari d'Agnès, 
fille de Jean de Biôrwar, le 12 de fenal 1428. 

560. Id. fait le dernier jour de mars 1338, par Ameile le 
Milar de Vorous, écuyer et Giles de Biernart dTsle. 

561. Approbation par la Cour de Jupille, le 19 décembre 
1417, du testament de Juwette, femme de Lambert 
de Richelle, fait le 18 juillet 1362. 



— 281 — 

562. Reconnaissance faite par Jean de Vekemont, devant 
l'archidiacre de Liège , de certaines obligations qu'il 
énumère, contractées par lui vis-à-vis de l'abbaye 
du Yal-des- Ecoliers, le samedi avant la Nativité de 
Notre-Dame, en septembre 1249. 



563*. Warnier, fils de Hubert de Neuvice* t en 127 1 . 
564\ Wéri dit du Pont, t en 1270, le 10 ... —Effigie. 
565*. Pierre dit de Teroruele, t en 1250, le h des kalendes 

de mars. 
566*. Martine, femme de Pierre dit de Teroruelle, t le * IV 

des kalendes de juin 1257. 
567*. Godefroid de Fontennes, t le jour de la fête de saint 

Pierre es-liens, 1272. — Blason. 
568*. ... de Horion, femme de Maurice de Saint-Martin, 

echevin de Liège, t le jour de l'Assomption, 1269. 
569*. Marie, femme de Henri de Neuvice, t le vin des 

kalendes de février 1237. 
570*. Thierry, chevalier de Flémale, t le jour de la fôte 

de saint Marc, évangéliste, 1274. — Effigie du défunt 

armé de toutes pièces. Blason. 
57 J. Petite chronique manuscrite de 1 abbaye de Notre- 
Dame du Val-des-Ecoliers à Liège. 
572*. Maître Alwanus, f le jour de saint Boniface, martyr, 

1282. — Effigie d'un ecclésiastique (i). 
573*. Hubert, « patriae capud Hasbanie «, t en 1258 (?). 

— Blason (devair à la bordure de ...). 

(1) Nous mentionnons une seconde fois cette épitaphe et celle de Lam- 
bert de Chaîne (no 574), déjà analysées aux n«« 513 et 527, a cause des ren- 
seignements complémentaires que fournissent, sur chacune d'elles, ces 
secondes copies. 



— 282 — 

574. Lambier de Chaîne, frère de cette maison, f le 13 
janvier 1417 et Lambier ..., f le 30 mai 1398. — Deux 
effigies, Tune d'un homme non armé, l'autre d'un 
moine. Au-dessus de la première : deux blasons, le 
premier de ... à cinq fusées de ..., le deuxième de ... 
à la bande de ... (i). 

575*. Ameil, écuyer, âgé de 60 ans, t en 1202 (î). — Blason. 

576*. Bauduin dit Baldardus, archidiacre de Liège, t le 
il des noues de mai 1272 et transféré ici le lendemain 
du jour de saint Pierre aux liens, 1275. 

577*. Magna, femme de Gérard Malhar de Seraing, f le 
iv des nones de mars 1274. — Effigie. 

578*. Gérard Malhars de Seraing, t le ni des nones de mars 
1274. — Effigie d'un homme sans armes. 

Sainte- Véronique. 

579. Angèle de Affagtady , fille de « Jean Karle et Lucresse 
de Affagtady, jadis comtes de Affagtady et barons de 
Ghistelle et femme à messire Jean de ..., » t en 1576. 
— Effigie d'une dame. Armoiries et quatre quartiers. 

580. Johans Hustin de Sains Nicolas en Glain, t le 24 
septembre 1439. — Blason. 

581. Johans Jamar, de Sclessin, t le 15 de fénal 1424, Ysa- 
beal, sa femme, t le 23 septembre 1400 et Johans, leur 
fils, vesti (curé) d'Avroy, t en 1477. — Effigies de ces 
époux. Deux blasons. 

582. Armoiries de Arnold de la Hay dit Glaude. 



583. Note généalogique sur la famille d'Arras; Jean 
d'Arras, seigneur de Selle, etc. 

(1) Voy. la note de la page précédente. 



— 283 — 

584. Note généalogique sur la famille de Saint-Delis, et 
descendance d'Antoine de Saint-Delis, seigneur d'Hen- 
court, etc. 

Saint- Vincent. 

585. Vitrail portant une inscription rappelant Mathey de 
Geer, marchand bourgeois de Liège et Jehenne Ro- 
bert, sa femme, 1596. Il porte les armoiries de ces 
conjoints et celles des époux de Butback (?)-Hodeige. 

586. Id. rappelant Guilhame Macours, marchand bour- 
geois et Catherine Halloyx, sa femme, 1596. 

Sainte- Walburge. 

58 T. Pierre Stévart, docteur en théologie, professeur à 
l'Académie d'Ingolstadt, prochancellier, tréfoncier et 
vicaire général de Liège, fondateur de cette église 
paroissiale, t à, l'âge de 77 ans, le 27 avril 1624. 

588. Bertrand de la Haxhe, commissaire de la cité, f le 
5 janvier 1640 et Catherine Stévart, dame de Bierset, 
son épouse, t le 26 août 1656. 

589. Arnould Deschamps, bourgeois de Liège, f le 4 dé- 
cembre 1614 et Jehenne Bêche, sa compagne, t le 
29 juin 1629. 



VITRAUX ET INSCRIPTIONS 

590. Lovinfosse (Léonard de). — Armoiries. 

591. De Hodeige. — Armoiries. 

592. De Meers. — Armoiries. 

593. De Vivario. — Armoiries. 



— 284 — 

594. Inscription rappelant les époux Jean Stochmans et 

Anne Warnant, 1667. 
505. Vitrail portant les armoiries d'Alexandre de Nove 

Chasteau et de N. de Libermé (?). 

596. Vitre aux armoiries de Henricus van Huesch (Heuscb) 
1548. 

597. Id. Id. de la famille de Crisgnée, 1548. 

598. Id. portant le blason de Hubert de Praisne, licentiè 
en droit et avocat à la Cour de Liège. 

599. Inscription rappelant Joban de Slins, bourgeois de 
Liège, 1546. 

600. Fenêtre portant les armoiries de Thiri du Sain 1er 
d'Or, citain de Liège, !&92. 

601. Id. Id. de Giel Dheur, échevin et jadis bourgmestre de 
Liège, XV e et XX... (bourgmestre en 1529 et 1534). 

602. Id. Id. Aernout Blavier, échevin et bourgmestre de 
Liège, 1531. 

603*. Inscription armoriée rappelant Jean de Gustine, 
bourgeois de Dinant, 1563. 

604. Armoiries de Jean Mangon, chapelain de la cathé- 
drale, 1600. 

605. Id. de Henri Lathome, chanoine de Saint-Jean, W00. 

606. Id. de Bartholomé Masset, bourgmestre de Liège, 1689. 
607*. Id. de Jean Arduennas, curé de Cheratte, 1600. 

608. Id. de Jean Beibey, curé de Marneffe, 1600. 

609. Id. de Martin Menten, procureur à la Cour de Liège, 
1606. 

610. Id. de Christian Camp, marchand bourgeois, 1600. 

611. Id. de Jean Nussia, procureur à la Cour de Liège, 
1600. 

612. Note sur Gérard Assuère de Horion, seigneur de 
Colonster, Angleur, etc. 



— 285 — 

613. Armoiries de Gilles Mareus, curé de Hombroux, cha- 
pelain de Saint-Martin. 

614. Id. de Waleran Moers, procureur, 1600. 

615. Id. d'Edmond seigneur de Votirdt, chevalier (de Saint- 
Jean) de Jérusalem* et d'Emerentiane de Malbourg, 
1583. 

616. Id. d'Art d'Amours, seigneur de Hunsbeeck, drossart 
de Russon, 1583. 

617. Id. de Guilheame de Kemexhe, voué de Kemexhe et de 
Herstal, 1584. 

618. Id. de Guilheame Hollants, procureur, 1584. 

619. Id. de Johan Hennyn, procureur, 1584. 

620. Id. de Johan Grignet, 1579. 

621. Id. de Jean Peyne, un des quatre capitaines des Dix 
Hommes, 1626. 

622. Id. de Hubert Radoux et de Béatry de Braa, jadis son 
épouse, 1626. 

623. Id. de Johan de Mont (de Seraing de Fraipont), fils 
de Wéra de Mont, 1536. 

624. Id. de Conrard de Haertche, seigneur et haut voué 
de Liers, 1548. 

625. Id. de Gilles Franchymont, prieur de Beau repart, 
1552. 

626. Id. de Gilles Mathèe alias Mulcheman, commissaire 
de la cité et notaire de la Cour spirituelle, 1535. 

627. Id. de Herman d'Eynatten, seigneur de Tinlot. 

628. Id. de la famille de Hollogne Luxembourg, 1573. 

629. Id. de Johan Molenpedder, avocat à la Cour spiri- 
tuelle, 1573. 

630*. Inscription rappelant Jean de Barbiano, comte de 
Bellejoyeuse, seigneur de Chockier, etc., grand bailli 
d'entre Sambre-et-Meuse, 1612. —Armoiries. 



* et wte de Le Fin 

■■je taron de Hamï.. 



~^ï fi»!»: pi je 



docteur en médecine, 1622. 
.., chanoine de Saint-Paul, 

i, chanoine de Cambray et 

19. 

ine de Saint-Paul, 1599. 

iller des échevins. 

nyen de Saint-Pierre, 1599. 

ir a la Cour spirituelle, etc. , 

ocat à la Cour spirituelle, 

, avocat à la Cour spiri- 

rocureur à la Cour spiri* 

iCte de feu Jehan Pettri, 

»urt, marchand et Marie 

Sque de Tagaste et suffra- 

eren, docteur en droit et 
awilers, sa femme, 1630. 
iavicre, baron d'OMnckove, 
>aye de Stavelot, gontil- 
ét. de S.A. Ernest évesque 
oit batar du dit Ernest. ■ 
ron de Hollinghoven, fils 
futcoadjuteur de Stavelot 
: Stavelot et Malmèdy, de 



— 288 — 

662. Epitaphe de (Walter dit) Woot de Trixhe, bourg- 
mestre de Liège, t le 8 décembre 1553, de Marie 
Bottin, sa femme, t le 10 août 1556, de Jean Woot 
de Trixhe, commissaire de la cité, f le 21 juin 1545 
et de Ratherinne de Voroux, sa femme, t ©n 15— W- 

6ô3. Epitaphe de Marie Rome de Moumalle, t le 29 no- 
vembre 1710, femme d'Eustache de Chevron dit de 
Vaulx, bourgeois de Liège, t en ... et de Jean-Guil- 
laume de Chevron dit de Vaulx, leur fils aîné, t sans 
alliance, le 22 juillet 1717. 

664. Inscription rappelant Laurent Bormans, échevin de 
Cors wa rem, de Berlo et de Goyer, 1617. 

665. Id. Henri Bormans, échevin de Ooyer (Jeuck), 1607. 

666. Id. Henri Bormans, religieux de l'Ordre des Frères- 
Précheurs, 1607 et Art Bormans, procureur à la Cour 
spirituelle, 1619. 

667. Blasons des bourgmestres Gérard de Bouille et Phi- 
lippe de Waazoulle, seigneur du ban de Grofays, 
d'Agimont, haut forestier d' Arienne, etc., 1649. 

668. Blason aux armes de la famille de Grumsel. 

669. Armoiries de Adrian le Polen (Polain), grand gref- 
fier, 1586. 

670. Id. de Théobard Prudhome, seigneur de Hemricourt 
et de Lantremange, commissaire de la cité. 

67 1 . Id. de * nos mees Olefry , échevin et jadis bourgmestre 
de Liège (Onufride de Celliers, échevin et bourgmestre 
de Liège en 1523). 

672. Armoiries de Mathieu Monschen (de Montsen), sei- 
gneur de Saive et de Tignée, 1601. 

673. Id.deJean Jamart, ... de lahautejusticede Liège, 1601. 

(1) Cette epitaphe se trouvait dans l'église de Saint-Nicolas, Oatrt- 
Meuse. 



— 289 — 

674. Armoiries de Jean Colchon le jeune, notaire de la 
vénérable Cour de Liège, 1601. 

675. là. de Art. Bormans, procureur et de Agnès Franck, 
sa femme, 1614. 

676. Blason de la famille Mambour. 

677. Id. de Gérard Pétri, chanoine de Saint-Martin, 1549. 

678. Id. de Jean Weens, licencié ès-droits et avocat de la 
Cour spirituelle, 1577. 

679. Id. de Pierre le Maire, 1614. 

680. Id. de don Diego de la Torre. 

681. Table des quatre quartiers généalogiques de Gérard 

Mewen, de Brée, reçu tréfoncier de Liège, le 9 mai 

1511. 

Mewen, Chiney, Bormans, Nayens. 

682. Inscription rappelant Jean Meys, alfer de la compa- 
gnie des jeunes arbalétriers et Claire Touvaien, sa 
femme, 1646. — Deux blasons. 

683. Armoiries de Michel Slenaken, chanoine de Sainte- 
Croix, 1591. 

684. Id. de Joachim Scorobroet, chanoine de Sainte-Croix, 
1591. 

685. Id. de Heuskin Symbert, marchand bourgeois, 1591. 

686. Id. de Jean Eysden, prélocuteur. 

687. Id. de Remy Petitjean, de Fize-le-Marsal, 1591. 

688. Id. de Catherine de Lardinoy, femme de Robert de la 
Marck d'Arenberg (bâtard d'Everard comte de la 
Marck). 

689 Blason de Jean Seroeyff J. U. D., 1618. 

690. Id. de Jean Coelmont, procureur de la Cour spiri- 
tuelle, 1592. 

691. Armoiries de Jean Walscart, notaire de la Cour spi- 
rituelle, 1618. 



— 290 — 

692. Armoiries de Gilles Merchier J. U. L. et avocat de la 
Cour spirituelle, 1618. 

693. Blason de Erasme van Loeffvelt, avocat de la Cour 
spirituelle, 1618. 

694. Blason d'Arnotte de Hamoire, commissaire de la cité, 
1486. 

695. Id. de Jean Counotte, retondeur et drapier, commis- 
saire de la cité, 1512. 

696. Id. de Jean Gompart, marchand, commissaire de la 
cité, 1513. 

697. Id. de Jean de Meers, commissaire de la cité, 1524. 

698. Id. de Guillaume de Gompart, marchand, commis- 
saire de la cité, 1534. 

699. Id. de Lambert de Fanchon, commissaire de la cité, 
1554. 

700. Id. de Pierre Hock, hallier, marchand, commissaire 
de la cité, 1562. 

701. Id. de Pierre Counotte, commissaire de la cité, 

1574. 

702. Id. de Walther Counotte, commissaire de la cité, 
1619. 

703. Id. de Nicolas Bouxhon, marchand, commissaire de 
la cité, 1661. 

704' . Epitaphe de Gilles de Glen, tréfoncier et officiai de 
Liège, prévôt de Sainte-Croix et de Notre-Dame de 
Maestricht, f la veille des nones de juin 1626. 

705. Note pour la généalogie de la famille de Glen. 

706. Epitaphe de François de Thier, échevin de Liège, t 
le 19 mars 1662, d'Anne de Soumagne, sa seconde 
femme, t le 9 avril 1671 et de Marie de Soumagne, 
sa belle-sœur, t te 28 mars 1638. 

707. Armoiries de Johan von Alsteren dit Hamal, 1575. 



— 291 — 

708. Armoiries de [Jean de Baugnée, seigneur de Baugnée 
et d'isabeau Pacque dite de Chockier, sa femme]. Les 
blasons accolés de ces époux sont surmontés d'une 
couronne à neuf perles. — Quartiers : 

[Baugnée, Hoen de Hoensbroeck, Sougné, Pressens; 
Pacque dit Chockier, Bombaye, Chaumont, Presse ux]. 

Ces armoiries et ces quartiers se trouvent «* sur une 
« cheminée dans le château de Baugnée en la salle 
* par terre. » 

709. Id. de la famille de Baugnée, 1662 (sur la porte 
d'entrée du château de Baugnée). 

710. Id. de J. Tamison, 1589. 

711. Id. de la famille Coclet, 1589. 

712. Id. de François Caverene, 1589. 

713. Monument funéraire du cardinal Jean Walter de 
Sluse, t â Rome, à l'âge de 59 ans, 5 mois et 24 jours, 
aux nones de juin 1687, et enterré dans l'église de 
Sainte-Marie del Anima à Rome (gravure sur cuivre). 



i • i 



DEUXIEME PARTIE 



PETIT-AAZ. 

714*. Renard délie Haie, t en décembre 1342 et Aleyde, sa 

femme, t en 1340. — Effigies : un homme non armé et 

une dame. 

ALLEUR. 

715. Joban le Pollen, écuyer, sire de Waroux, t la 15 de 
fenal 1358, Joban le Pollen, chevalier, sire de Wa- 
roux, son fils, t le 1 1 ••• 1402, et Johan le Pollen, 
écuyer, f on 14... — Effigies de trois gentilbommes 
armés de toutes pièces. Six blasons aux armes de 
Polain de Waroux. 

716. Vitrail portant les armoiries et une inscription en 
mémoire de Henry Courtejoye et d'Isabelle Balge, 
son épouse, 164... — Quatre quartiers : 

Courtejoy, Jamart (Jaymaert), Bailge, [Brugge ?] (î). 

717*. Abraham [sire de Waroux], t lo lendemain de la fête 
de Saint-Christophe, 1308, et Guillaume, fils de feu 
Abraham, sire de Waroux, t la veille de ... 1326. 
— Blason. 

(1) Ces quartiers ne sont pas exacts, Henry était fils d'un autre Henry 
et de Jeanne de Meriemont et petit-fils de Sébastien de Courtejoye et de 
Catherine de Jaymaert. 



— 294 — 

718. Bas tin Courtejoye, f le 29 juillet 1557 et Katheline 
(de Jaymaert), sa femme, t le 15 février ... — Effigies, 
celle de Bastin le représente non armé. Armoiries 
de ces époux ; quartiers : 

[Courtejoye, Burin, Jaymaert, Dalhem], 

719. Johan del Courtejoye, mari de Marie, fille de Tonar 
de Belrevar, décédé le 24 décembre 1463, et Bastin 
del Courtejoye, f le 5 ... 1533. — Effigies de deux 
hommes armés de toutes pièces, portant chacun un 
écu aux armes de Courtejoye. 

AMAY. 

72Q*. Thierry Perileux, alias Rochlée, chanoine d*Amay, t 
le 2 août 1636. — Armoiries; huit quartiers : 

Perilheux, Abée, Moege, Lardinoy; 
Jaymaert, Oumal, Dalem, Braibant (i). 

721 . Johan d'Odeur dit de Louvynfosse, échevin et lieute- 
nant bailli d'Amay, t le 23 novembre 1565, et Marie 
de Londo, sa femme. — Armoiries; quatre quartiers : 

[Odeur dit Lovitifosse, Résimont, Londoz, Dolembreux]. 

722. Fragment de la tombe de [Jean de Lovinfosse], -j- le 
14 juin 1589, mari de Catherine de Rorive. — Quatre 
quartiers, les mêmes qu'au numéro précédent. 

AMPSIN. 

723. Gilleame Fabri de Horion, greffier du ban d'Amay, 
t le 15 décembre 1572, et Maroie de Gerbehaye, sa 
femme, t le 2 août 1560. — Armoiries de ces époux. 

(1) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont inter- 
vertis. 



— 295 — 

724. Blasons accollés surmontés d'une couronne à neuf 
perles, et supportés par deux lions ; Le Fort ajoute 
en note : « Armoiries comme elles sont sur le 
<• carosse de N. Fabri se disant Horion, le 8 mars 
» et le 1 er avril 1725 et un an devant. Le 5 avril 
» 1725, le carosse de N. Fabri se disant Horion est 
» parti de la ville. » 

ARGENTE AU. 

725. Gravure sur cuivre par Harrewyn, représentant huit 
blasons funéraires qui se trouvent « au château d'Ar- 
» genteau et ailleurs. » — Ils portent les armoiries 
des personnages dont les noms suivent : 

1° Louis Roger de Claris, comte de Clairmont, cheva- 
lier de Saint-Jacques, t le 6 juillet 1663. 

2° Marie de Meulenaer, comtesse de Clairmont, t le 
7 décembre 1704. 

3° Louis-Antoine de Claris, comte de Clairmont, t le 
26 mars 1715. 

4° Christine de Deckere, comtesse de Clairmont, t le 
10 février 1713. 

5° Barbe de Gargant, comtesse de Laverne de Rodes, 
t le 9 avril 1688. 

6° Magdaleine de Steenberghe, marquise de Laverne 
de Rodes, fie ... 

7° Louis-Philippe de Claris, marquis de Laverne de 
Rodes, t le 27 mai 1714. 

8° Anne-Françoise, marquise héritière de Laverne, 
fie 21 juillet 1725. 



— 296 — 

LES AVINS EN CONDROZ. 

726. Jean Doneux et Béatrix du Chesne, sa femme, dé- 
cédés, elle, le 28 mars, lui, le 2 ... 1623. — Quatre 
quartiers dont un fruste. 

ALLEUR. 

727. Jehenne, femme de Wilheame de Warous et fille de 
feu Bald(uin de Hollogne), t le 23 de fenal 1351. — 
Effigie. Six blasons, trois aux armes de Waroux et 
trois à celles de (Hollogne;. 

728. ...ermeanis d'Aleur, t le 13 avril 1396. — Blason (i). 

AWANS. 

729*. Renier dit Ard... barnage, chevalier de Fontenes, t 
dans l'octave de la fête de Saint-Martin, 1297. — 
Blason. 

730*. Guillaume dit del Bois d'Awans, écuyer, t en 129... 
— Effigie d'un gentilhomme portant son écu ar- 
morié. 

731. Jehans del La..., échevin d'Awans, f le 23 ... 1336 et 
Colars, son fils, f le 21 décembre 1346. — Effigies 
de deux hommes sans armes. 

732. Katheline ..., t en 12... — Deux blasons. 

733. (Arnold) de Blehen, fils de feu Jehan de Blehen, 
écuyer, f le (8) mai XV e et ... et Allye d'Otremont 
(Oultremont), sa femme, t en ... —Armoiries de la 
famille de Blehen («). 

(1) Voy. cette tombe dans le fascicule no 13, du tome II du manuscrit. 
(*) Voy. Stein, année 1886, p. 374. 



— 297 — 

BERLO. 

734. Pierre tumulaire ornée des effigies d'un seigneur armé 
de toutes pièces et d'une dame, et portant les seize 
quartiers suivants : 

Berlo, Hautalen, Duras, Guydegoven; 

Cortenback, Berthout, Scoef, Vanderaa. 

van der Meeren, Zuave, Cuect, Musene; 

van der Noot, Grimberghe, Herbey, Huffe. 

Le Fort a malheureusement omis de copier Tépitaphe. 
Cette pierre mise sur la tombe d'Yvain, sire et 
baron de Berlo, f le 5 janvier 1567, et de Louise Yan 
der Meeren, sa femme, t le 11 septembre 1540, existe 
encore au cimetière de 1 église de Berlo, mais brisée 
en une infinité de fragments, son épitaphe est au- 
jourd'hui indéchiffrable. 
735'. Eustache, chevalier de Berloz, t aux kalendes d'avril 

1271. — Blason. 
736*. Aleyde de Neuvice, femme d'Eustache, chevalier de 
Berloz, t le xvm des kalendes de juillet 1265. — (Cette 
tombe existe encore dans l'église de Berlo et l'épi- 
taphe en est parfaitement lisible). 
737. Dans l'église, « contre la parois, « étaient les blasons 
suivants, que nous notons dans Tordre où ils se 
trouvent dans le manuscrit, de gauche à droite : 
en haut, les armes de Berlo et de Rouveroit avec la 
date 1668; (ces blasons sont ceux de Ferdinand- 
Charles baron de Berlo, comte de Hozémont, sei- 
gneur de Petit-Axhe, Willin, etc., et de Marie-Agnès 
Begge de Rouveroit, sa femme) ; 
en dessous, Courtenbach, Berlo, Montoye, Mendoze; 
et sous celles-ci : Julier, Leininghen, Luccenbourg, 



— 298 — 

Rougrave, Horion, Courtenback, Huyn de Amsten- 
rade, Blitterswick, Hallewin, van der Gracht, Au- 
denarde, Locquenghien, Assche, van der Meeren; 
— Lascanne, Guevare, Lidereck (Liedekerke ?;, 
W..., S. Ommer, Flandre, Quaroube, N..., Somaing, 
N..., Newille, N.... 

CORSWAREM. 

738*. Arnold, chevalier, dit de Corswarera, f le jour de 
la fête de saint Marc évangéliste, 1338, et Elwide 
dite de Momale, f le 20 mars 1335. — Effigies : une 
dame, ayant à sa gauche un homme armé de toutes 
pièces, les mains jointes, et portant attaché à la 
ceinture, un bouclier aux armes de Corswarem. 

739. Blason funéraire de dame, parti de Corswarem et de 
Raveschot, surmonté d'une couronne à treize perles 
dont trois relevées; aux côtés, «obyt22 juny 1657. » 
Il rappelle Isabelle-Françoise de Raveschot, première 
femme de Jean de Corswarem, seigneur de Niel, 
Landelies, Corswarem, etc. 

740. Id. parti de Corswarem et de van de Water, surmonté 
d'une couronne à treize perles, avec l'inscription 
* anno 1668 15 may. » Il rappelle Hélène van de Water, 
deuxième femme de Jean de Corswarem, susdit. 

BERNEAU. 

741. Frambach van Gulpen, f en 14g 2 ... — (Epitaphe 
flamande). Blason parti aux armes de Gulpen et de 
(Smet ?). Frambach avait épousé Marie délie Smet. 

742. Heinrich van Gulpen, « aman op Limborch, « f le 
7 janvier 1518. — (Texte flamand}. Blason. 



— 299 — 

SAINT-WILLEBRORD (ANVERS). 

743. Vitrail portant un écu de dame parti de [Panastrana] 
et de Nienta et ces quartiers : 

de Pastrana, de Fereira, Nienta, de Acuna ; 
de Santa Crux, Lixhals, de Robolledo, Lixhals. 

BIERSET. 

744. Laurent Milot, échevin de Mons et de Birses (Bier- 
set), t le 4 mars 1615 et Béatrix Rouffart, son épouse, 
t le 29 mars 1587. — Effigies, celle de Laurent le 
représente non armé. Deux blasons aux armes de ces 
conjoints. 

745. Wilhem Wilkar, échevin de Liège, f le 1 er mai 1424 
et Margrit, sa femme, t le jour de la fête de sainte 
Marguerite, 1423. — Effigies, celle de Téchevin le 
représente armé de toutes pièces. Deux blasons aux 
armes de ces conjoints. 

746. N..., Margriet de Beirses, sa femme, t en novembre 
1418 et Bodochon de Beirses, leur fils, f en ... — Effi- 
gies, l'homme est représenté non armé. 

747. N. .. de Vermes, maire de Bierses, t le 17 janvier ... et 
Yde de Prouhome dite d'Odeur, sa femme, t le 10 ... 
1503. — Effigies, l'homme est représenté armé de 
toutes pièces. Deux blasons aux armes de Fami lieux 
et d'Odeur. 

BLEHEN. 

748. Godefroit de Blehen, chevalier, seigneur d'Abée, t le 
«* 22 jour domis de décembre ... » Marie, sa femme, 
t en ... et Godefroit de Blehen, leur fils, t en la ba- 
taille de ... (d'Othée), le 23 septembre 1408. — Effigies, 



— 300 — 

celles des deux gentil hommes les représentent armés 
et portant au côté un écu à leurs armes. 

749. Godefroid de Blehen, t le 1 er janvier 1572 et Josette 
de Marneffe, sa femme. — Armoiries de ces époux. 

750. Arnould de Longchamps, seigneur d'Abolens et de 
Pucet, f le 1 er mars 1681 et Catherine de Hemricourt, 
sa femme, t le 13 décembre 1643. — Armoiries de ces 
époux ; quartiers : 

Longchamps, Proidhomme, Hemricourt, Baré de Ciplet; 
Hemricourt, Hanosset, Lantremenge, Roerixhe. 

751. Pi(erre?) de Blehen, chevalier, f en 137... — Blason. 

752. Johans de Blehen, chevalier, t le 8 septembre ... — 
Effigie d'un gentilhomme armé. Blason. 

TIHANGE. 

753. Renier Maquoir ..., t le 8 septembre 1387, Basil, sa 
femme et Magrit, sa fille. — Armoiries : de ... à trois 
étriers, deux et un, de ... 

754. Jean de Potiers, chevalier, seigneur à Tihange, lieu- 
tenant de la bande d'ordonnance du duc d'Arschot, 
au service de l'empereur Charles V, f le 5 mars 1542 
et Barbe de Hung, dame de Hun, sa femme. — Effi- 
gies, celle de Jean le représente armé de toutes 
pièces. Armoiries de ces époux; quartiers : 

Potiers, Warizoul, Clokier, Holongne; 
Hung, Saelle (Celles), Hosden, Bollan. 

KERSBEEK. 

755. Vitrail portant les armoiries de Barbe van den Steen- 
weghen, 1609. 



— 301 — 

756. Jao van Houthein, écuyer, seigneur de Kersbeek, f 
en 1596 et Barbara van den Steenwegen (sa femme), 
f en 1618. (Texte flamand). — Armoiries de ces époux ; 
quartiers : 

Houthem, van der Noot, Steenwegen, Baelge. 

HOELEDEN. 

757. Blason funéraire de dame : « obyt 27 octobre 1677. » — 
Armoiries de Maria Wely, épouse de Jaspar van 
Spaugenbergher. 

758. Id. à Técu parti de Wely et de Voel : <* obyt 29 août 
y 1637. » Il rappelle Jeanne Voel (de Bruxelles), épouse 
de Lucas Wely (de Delft). 

CORTENAEKEN. 

759*. Jean de ... ensesse, alias de Bouthon, t le 5 juin 1426. 
— Effigie du défunt armé de toutes pièces. Blason. 

WAENRODE. 

760. Robert van Schoenhoven, seigneur de Wanrode et 
d rossa rt de Diest, f le 4 mars 1549 et Anne de Nas- 
sou, sa femme, f en 15— (Inscription flamande). — 
Effigies, celle de Robert le représente armé. Armoi- 
ries de ces époux ; quartiers : 

[Schoonhoven, Cotereau, Nassau, Haeften]. 

761. Fragment généalogique des Schoonhoven au xvn° 
siècle. 

762. Carte des huit quartiers de Charles-Robert de Schoon- 
hoven : 

Schoonhoven, Blehen, Saint-Fontaine, Gulftçn; 
Borchgrave, Jeger, Woelmont, Woestenraedt. 



— 302 — 

BREUST (lez-Gronsvelt). 

763. Anne van den Broeck, t le 9 avril 1603, veuve de 
Mathieu Rickelt, écuyer, t le 24 septembre 1579 et 
enterré à Liège, aux Ecoliers. (Texte flamand). — 
Armoiries de ces époux ; quatre quartiers. 

764. Henri van Velraedt, dit Meuters, mayeur d'Oost et 
échevin de Breust, f le 27 février 1624. — Armoiries 
de Velraedt et de Van den Bergh ; quatre quartiers. 

CLAVIER. 

765. Jehan de Vervoz, seigneur de Vervoz, t le 6 avril 1556 
et Anne de Cloquier, sa femme, t on 156... — Armoi- 
ries de ces époux ; aux côtés de la pierre ces armes 
sont répétées deux fois. 

766. Jacque de Vervoz, seigneur de Vervoz, f le 6 juin 
1571 et Juliane de Glimes, sa femme, f on ... — Effi- 
gies. Armoiries ; quartiers : 

Vervoz, Cloquier, [Fizenne, Awans de Lonchin]; 
Glimes, Coteria (Cotereau), Datera, Widue (î). 

CRAS-AVERNAS. 

767. Jean Vannes, f 1© 22 mars 1569 et Jenne Domal (Ou- 
mal), sa femme. 

FEXHE-LE-HAUT-CLOCHER. 

768*. Henri de Fehe (Fexhe), lils de Henri de Fehe, cheva- 
lier, f te jour de la fête de saint Marc, évangéliste, 
1295. — Effigie du défunt en cotte de mailles, portant 
une épée et un écu armorié. 

(1) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont inter- 
vertis. 



— 303 — 

769\ Mabille, fille d'Ameil, chevalier de ..., veuve du che- 
valier de Vorues (Voroux), t la veille de la fête de 
sainte Barbe, 1278. — Effigie. 

770*. Lambert chevalier de Vorues, t en 128..., le septième 
jour après la fête de la nativité de saint Jean-Bap- 
tiste. — Blason. 

771. Louis de S t réel, dernier de cette illustre famille et 
voué du dit lieu, f le 7 ... — Armoiries du défunt sur- 
montées d'une couronne à neuf perles ; quartiers : 

Streel, Braban, Poictiers, Neufville; 
Juncis, Clocqaier, Horion, Outremont (i). 

WONCK. 

772. Helevis, fille d'Amélie Gilar de Wonck, f le 18 octobre 
1401 et Amélie de Wonck le jeune, fils de Lambert 
Badut et de Helevis (qui précède), f le 23 août 1431. 
— Effigies : Ameil est représenté non armé, à la 
gauche de sa mère. Le blason d' Ameil figure aux 
quatre coins de la pierre. 

ALLEUR. 

773.* ...ermeanis d'Aleur, f le 12 août 1396. — • Blason au 
centre de la pierre. (Double, voir n° 728). 

774*. Abraham de Vuaruuz (Waroux), chevalier, t le n des 
nones de décembre, jour de la fête de sainte Barbe, 
1263. — Blason au centre de la pierre. 

XHENDREMAEL. 

775*. Gérard de Skendremale, t le ix des kalendes d'oc- 
tobre 1270. — Blason (*). 

[V, Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont intervertis. 
7) Voy. cette tombe dans le tome II du manuscrit, parmi celles du 
fascicule n<> 5. 



— 304 — 

776. Johan de Streeles, écuyer, jadis bourgmestre de Liège, 
f la nuit de la fête des saints Simon et Jude, 1473. — 
Blason au centre de la pierre. 

KEMEXHE. 

777. Amel de Mon [Moitfoye], chevalier, t le dernier jour 
de janvier 1356. — Effigie d'un gentilhomme armé 
portant son écu armorié à la ceinture. Deux blasons. 

778. Johans (de Kemexhe), chevalier, voué de » Kemech », 
f en 1328, Angnôs, sa femme, fille de Radout Surles, 
t en 1337, Amélie de Kemech, chevalier, voué de 
Kemexhe, f le ... mai 1375 et Maroie de Ferme, sa 
femme, fille de Fastré de Ferme, chevalier, f le 24 
mars 1357. — Effigies : un chevalier armé de toutes 
pièces, son écu pendant à la ceinture et une dame. 
Les figures et les mains des personnages et quatre 
écussons placés au haut du monument étaient en 
cuivre. Des écussons, il ne reste visible que le qua- 
trième, aux armes de Ferme. 

779*. Clémence de Frères, mère de Wisman, prêtre ..., sei- 
gneur de Frères, f la veille de la fête de sainte 
Qertrude, vierge, 1307. 

AWANS. 

780. Humbeir Corbeaz (Corbeau), chevalier, sire d'Awans, 
t le 1 er de résail 1288. — Effigie du défunt armé de 
toutes pièces et portant bannières. Blason. 

781. Wiheme Wilkar d'Awans, f le dernier jour de ... 1397 
et Adielhe de Bierzes, sa femme, f en 1379 le ... — Effi- 
gies, celle de Guillaume le représente revêtu de son 
armure. Blasons aux armes de ces époux répétés aux 
côtés de la tète de chacun d'eux. 



— 305 — 

782. « Katherine délie Rue de Pont, borgoise de Liège, 
» mère à Madame Lorette, feme saignour Humbier 
» Corbea, chevaliers, sired'Awans, » f 1© u des nones 
de février 1296, — Effigie. 

FOOZ. 

783. Sébastien Lawes de Fooz, t en 1334, ... avant la fête 
de saint Reray et Annes d'Awans, sa femme, t en 1323 
* le jour de S. Strue (?). » — Effigies, celle de Sébas- 
tien le représente armé et portant bannières. Blason. 

784*. Bastien dit Lawes de Foz, t le vu des kalendes de 
février 1279 et Aleyde (?) (Aeidis), sa femme, t le ... 
1282. — Effigies, celle de Bastien le représente armé 
avec son écu pendant à la ceinture. 

785. Bastien Lawait de Fouz, f le 17 septembre 1407 et 
Englesine, sa femme, t le 10 janvier 1401. — Effigies, 
celle de Bastien le représente armé avec son écu 
pendant à la ceinture. Au haut, quatre écussons, 
deux aux armes de Fooz, deux autres frustes. 

786. Tonair de Fous, t le 12 ... 1375 et Johan de Fous ..., 
t le 20 décembre 1417. — Effigies : deux gentilshommes 
armés de toutes pièces, avec leur écu aux armes de 
Fooz pendant à la ceinture. Ces armes sont quatre 
fois répétées au haut de la pierre (î). 

787. Gile de Fous, écuyer, fils dTstasse le Franckhome, 
chevalier, t le ... avant la fête de saint Gilles 1367 
et Adilhe, sa femme, t en 13... — Effigies, Gilles est 
représenté armé. Quatre blasons. 

788. Thonar de Foos, + le jour de la fête de saint Mathieu, 
1330 et Ysabeal de Feh (Fexhe), sa femme, f le 

(1) Voy. cette épitaphe et les deux suivantes, dans le fascicule 51 du 
tome II du manuscrit. 



— 306 — 

5 février 1312. — Effigies, celle de Thonnar le repré- 
sente armé et portant bannières à ses armes. 

LAMINNE. 

789. Henris ii Wallans de Lamines, écuyer, f le 5 janvier 
1354 et Izabius (Isabelle) de Gaire de Kemehe, sa 
femme, f en 13... — Effigies, celle de Henri le repré- 
sente armé. Blason. 

790. Bade... de Latinne dit de Lamine, t en 14... et N... 
de Monthegnée, sa femme, f on 14... — Effigies: un 
gentilhomme armé et une dame. Quatre quartiers. 

FIZE-LE-MARSAL. 

791. Johan dit Lima..., « fondateur de cet al tare... », f le 
28 septembre 1303. — Effigie. 

792*. Renier de Fiez, fils d'Adam (?), f le jour de la fête de 
saint Domitien, évêque, 7 mai 1327 et Catherine, sa 
femme, f le 16 février 1325. — Effigies. Quatre bla- 
sons. 

793. Johan Hanoteal de Fies, t le 28 avril 1361 et Agnès, 
sa femme, t le dernier jour d'avril 1348. — Effigies, 
Jean est représenté sans armes. Blasons. 

CORSWAREM. 

794. N..., fille de Guillaume de Horion, f le 5 février 1532. 
(Texte flamand). — Effigie. Armoiries. 

795*. Raes de Corswarem, seigneur de Niel, f le 12 no- 
vembre 1558 et ses deux épouses, Marguerite de 
Brandenbourg, f en 1530 et Anne de Mérode, t le 
2 novembre 1560. — Effigies. Armoiries de ces époux ; 
quartiers : 

[Corswarem, Jauche, Malaise, Dongelberg]. 



— 307 — 

796. Arnold bâtard de Corswarem, f en (15)63 et Marie de 
Corsw... (Texte flamand). — Effigies, Arnold est re- 
présenté sans armure mais portant une épée. Blasons. 

797. Inscription armoriée rappelant Jean de Corswarem, 
comte de Niel, seigneur de Corswarem et Hélène 
van de Water, sa femme, 1662. — Cette inscription 
se trouve au-dessus de la porte du moulin de Cors- 
warem. 

798. Table des huit quartiers d'Ive de Longchamps et de 
Françoise Proidhomme, qui contractèrent mariage 
en 1568 et firent testament en 1597. 

Neufville dit Longchamps, Blehen, Vannes, Emines; 
Proidhomme, Corswarem, Roest, Acosse. 

FLÉMALLE-GRANDE. 

799. N..., f ©n juillet 1455. — Effigie d'un chevalier de 
Saint-Jean de Jérusalem, portant un écu de ... losange 
de ... chargé d'un petit écu de ... au sautoir de ... 

800*. Ricald de Halembaie, écuyer, f en 12... — Effigie du 
défunt armé et portant bannières. Blason. 

801. Johan de Parfonrieu, chevalier, maistre de Chan- 
treines de Tordre ..., t en 14... — Effigie d'un cheva- 
lier de Saint-Jean de Jérusalem armé de toutes 
pièces. 

802. Fragments généalogiques pour les Brialmont et les 
Grandaxhe. 

803. Liste des possesseurs du château de Flémalle pendant 
le XV e siècle. 

804. N..., fille de feu Jakeraart de Parfonrieu, t le 12 ... 

1407. 

803*. Gérard de Mons, écuyer, t la veille de la fête de saint 
Jean-Baptiste, 1294. 



— 308 — 

806. Gilis de Briamont (Rêves), f le 20 septembre 1476 et 
Marie, sa femme, t en ... — Armoiries de ces époux. 

807. Jean de Haultepenne, capitaine d'infanterie au ser- 
vice de France, f le ... 16... — Armoiries ; quartiers : 

[Haultepenne, N..., Loncbin, Baillet]. 

808. Jehan de Lonchin, écuyer, seigneur à Boflu et à Ta- 
hier, bourgmestre de Liège, t le 1 er mai 1510 et Mar- 
garite de Pousseur (de Bolland dit de Pousseur), son 
épouse, f le 15 avril 1500. — Effigies, celle du bourg- 
mestre le représente armé de toutes pièces. Armoi- 
ries ; huit quartiers : 

[Loncbin, Saint-Nicolas, Strailles, Van den Bosch; 
Bolland dit Pousseur, le Polain de Waroux, 
Rêves de Brialmont, le Ghys]. 

809. Jan d' Awans dit de Lonchin, chevalier, seigneur de 
Flémalle, Molembais, Saint-Pierre, etc, t le 24 ju... 
1536 et Anne de Baillet. — Quartiers: 

Awans dit de Lonchin, Streel, Bolland, Rêves; 
Baillet, La Rivière, Gèves, Lieminghe (<).. 

810. Jean d'Awans dit de Lonchin, seigneur de Flémale, 
Soye, Gentinnes, Huppayes, Molembais, gouverneur 
du marquisat de Franchimont, f le 10 août 1574 et 
Jenne de Tserclaes, son épouse, f le 20 mai 1584. — 
Quartiers : 

Awans dit de Loncin, Baillet, [Bolland], Gôfres; 
Tserclaes, d'A verdis, Dave, Spontin (t). 

il) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont intervertis. 

(2) Voy. à propos des quartiers de cette épitaphe et de ceux de la pré- 
cédente, Stbin, Annuaire de la noblesse de Belgique, 1885, p. 41. Ce 
généalogiste fait erreur, sans doute, en affirmant que - Jean de Loncin dit 
f d'Awans, mort le îz juillet 1536, épousa Jeanne de Gesves, fille de Phi- 



— 309 — 

811. Blason do bit aux armes de la famille d'Awans dit de 
Loncbin, avec une couronne surmontée d'un heaume 
avec cimier; tenants : deux sauvages portant ban- 
nières. «Obyt 30 septembris 1684. » (Il rappelle le décès 
de Jean-Baptiste de Lonchin, seigneur de Flémalle, 
membre de l'Etat-Noble du pays de Liège et comté 
de Looz, époux de Philippine-Louise de Namur, décé- 
dée à Mons, le 17 février 1706 et enterrée à Sainte- 
Waudru). 

FLÉMALLE-PETITE. 

812. Monument portant une inscription armoriée érigé 
par Jehan de Horion, prélocuteur à la Cour des éche- 
vins de Liège, à la mémoire de ses père et mère Jean 
de Horion, f le 6 juillet 1570 et Jehenne de Bonbaye, 
t le 1 er octobre 1571. L'inscription fut restaurée par 
Alexandre de Horion, peintre, en 1650. 

813. Armoiries des familles de Horion et d'Imstenraedt, 
1608. (Gérard de Horion, seigneur de Colonster, An- 
gleur, etc. et Anne d'Imstenraedt, dame de Mheer, 
son épouse). 

CHOCKIER. 

814. Vitrail portant les armoiries de la famille Stor et ces 
huit quartiers : 

Stor, Necker, Scharadin, N...; 
Senzeille, Berghe, Hun, Celles. 

" type de Juppleu, seigneur de Gesves et de Jeanne L'Orfebvre et veuve 
" de Raeg de Baillet, seigneur de Neerlinter. » Il cite pourtant, à l'appui de 
80 dires, l'épitaphe et les quartiers de l'église de Flémalle (no 809). Or, 
notre manuscrit contient deux copies de cette pièce, l'une faite par Le Fort, 
»* seconde d'une écriture postérieure À celui-ci, elles sont identiques et 
comme on l'a vu, ne semblent guère corroborer le passage que nous venons 
d « transcrire. 



— 310 — 

815. Inscription rappelant Jean comte de Berlo, seigneur 
de Brus et de Chockier, sergent général de bataille 
pour S. M. C, général, feld -maréchal au service du 
duc de Bavière, gouverneur d'Ingolstadt, etc., 1700. 
Armoiries avec couronne, supports et bannières de 
Jean de Berlo et de Amelberghe de Montoye,sa femme; 
quartiers : 

Berlo, Locquenghien, Bliterswyck, Rougrave; 
Montoye, Liedekercke, Quarouble, Coorteville. 

MONS. 

816. [A me il le Clockier], f le il décembre (1551) et Agnès 
[d'Oultremont], sa femme, f le dernier jour de [no- 
vembre] 1533. — Effigies: un gentilhomme armé, une 
dame et un enfant. Deux blasons : Clockier et Oui- 
tremont. 

FIZE-FONTAINE. 

817. Johan de Barvea dit de Haultepenne, f le 6 août 1514. 
— Armoiries. 

SERAING-LE-CHATEAU. 

818. Jehan, fils de Thiry de Haneffe, t le lundi avant la 
fête du Saint-Sacrement, 1340. — Effigie d'un enfant. 
Blason. 

819. Jehan -Guilhiame, fils de Philippe, comte de la Marck, 
baron de Lummen et de Seraing-le-Chàteau, né le 
27 mai 1585, t le 4 juillet suivant. — Quartiers : 

[La Marck, Wassenaer, Manderscheidt, Waldeck]. 

820. Armoiries de Jozinna comtesse de la Marck, princesse 
de l'impériale fondation de Thorn, 1600. 



— 311 — 

VILLERS-LE-BOUILLET. 

821. Mathieu de Préalle, écuyer, seigneur de la Croix à 
Villers-Ie-Bouillet, grand bailli de Philippe comte de 
la Marck, à Seraing, t le 24 février 1612 et Jenne de 
Possez dite de Gerbehaye, son épouse, t le 22 mars 
1634. — Monument élevé à leur mémoire par leur fils 
Mathias de Préalle, religieux croisier, 1656. Armoi- 
ries de ces époux ; quartiers : 

Préalle, N a veau, Hutoy de Lonsin, Paignar(i); 
de Fossé, Brabaut, Gerbehaye, Oumale. 

FLONE. 
Abbaye. 

822. Blason aux armes de Henri Jamar (de Jaymaert), 
abbé de Flône, 1629. 

FORÊT. 

823. Liste des noms de soixante et une personnes dont 
les noms ou les armes se trouvent sur les boiseries 
de l'église de Forêt. 

FUMAL. 

824. Johan (de Fumai), t en ... et Idde, fille de Rigaul 
• de Hempricourt, seigneur de Woutrenge (Otrange), 

sa femme. — Effigies, celle de Jean le représente 
armé de toutes pièces. Quartiers : 

[Fumai, Pouilhet, Hemricourt, Familleux de Bierset]. 

825. Johan de Fumai, bailli de Fumai, f le 3 ... 1538 et 
Marie Poulie dite de Berlo, sa femme. — Armoiries. 

(1) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont intervertis. 



— 312 — 

826. Guillame de Fumai, bailli du lieu, t le 7 décembre 
1601 et Marie de Marnef, sa femme, fille de Jean, 
écuyer, seigneur de Gôves. — Armoiries; quartiers: 

Fumai, Corty, Ponillez, Pahean; 
Marnef, Berlaymont, Blehen, Jappleu (i). 

MARNEFFE. 

827. Glade (Claude) de Marneffe, t le 4 juin 1573 et Marie 
de Ferrier, sa femme, f le 16 septembre 1629. — Ar- 
moiries de ces époux ; quartiers : 

Marneffe, Blehen, 
Floion (Berlaymont dit de Floyon), Jaive (Juppleu dit Gesves). 

828. Jean de Hanneffe, écuyer, t le 14 juillet 1632 et Agnès 
Mollin, sa femme, t le 30 mars 1621. — Armoiries 
de ces époux. 

829. Arnout li Vil(lain), t le 10 mai 13... et Ide de Tis, sa 
femme, t le 3 ... 1364. 

HANNÊCHE. 

830. Jacques de Hanôche, écuyer, t le dernier dimanche 
d'avril 1364 et Maroie, sa femme, 1 la nuit de saint 
Remy, 1368. — Effigies. Deux blasons. 

83i. Giel Viron de Hanôche, t en mai 1386 et Elénore 
Dartay, sa femme, t le 19 février 1377. — Blason. 

832. Jan délie San tome, curé de Hanéche, t en 1579. — 
Effigie d'un prêtre. Blason. 

833. Jan de Montigny, t la nuit ayant la fête de saint 
Adrien, 1329. — Blason. 

(1) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont inter- 
vertis. Il faut remarquer, en outre, que les quartiers attribues sur cette 
tombe à Marie de Marneffe sont ceux de son père et non les siens. 



— 313 — 

834. Gérard de Hanèche écuyer, t le 25 juin 1365 et Agnès, 
sa femme, t le 15 juin 1362. — Effigies. Blason. 

HERMALLE-SOUS-ARGENTEAU. 

835. Jean Schellart, baron de Dorenwert, seigneur de 
Curtzenick, Asselt, etc., t le 20 avril 1614 et Ursule 
de Mérode douairière de Trélon, héritière des libres 
terres et baronniesd'Argenteauet Hermalle,sa femme 
en secondes noces, t le 16 janvier 1622. — Armoiries 
de ces époux avec timbres et cimiers. 

836. Généalogie ascendante jusqu'aux seize quartiers de 
Marie- Victoire de Voordt, dame de Voordt : 

Voordt, Hulsberg-Schaloen, Mombeeck, Oumal; 

Pallant, My, Walgrave de Cortils, Oumal. 

Pallant, My, Walgrave de Cortils, Oumal; 

Argenteau, Hoensbroeck, Paton, Rubempré. 

OUPEYE. 

837*. Jacques de Cort, écuyer, seigneur d'Oupeye, Vive- 
gnis, Hermée, les deux Aaz, f le 29 décembre 1617 et 
Françoise Bex, sa femme, t le dernier jour de février 
1623. — Armoiries de ces époux; quatre quartiers de 
Jacques de Cort : 

Cort, Dorne, Braaz, Otthens. 

HERMALLE-SOUS-HUY. 

Charle de la Rivier, seigneur de Heers, Hermalle, 
Horppalle (Horpmael), t en 14..., Marie de Hacour, 
sa femme, t le 29 janvier 1457 et Englebier de 
la Rivier, chevalier, leur fils, t en revenant du 
Saint-Sépulchre, en File de Rhodes et enseveli en 



— 314 — 

l'église de Saint-Antoine (à Rhodes), le jour de la 
fête de saint Lambert, 1440. — Trois effigies, les 
deux gentilshommes sont représentés armés de toutes 
pièces. Trois blasons, dont deux avec timbres et 
cimiers. 

839. Ustase de Chantemielle (Chantemerle), chevalier, t le 
jour de la division des apôtres, 1317 (15 juillet). — 
Effigie. Blason. 

840. Thomas de Hermalle, écuyer, t en 128... 

841. Armoiries de la famille de Berlo, 1623. 

842. Armoiries de Pierre-Albert comte d'Ursel, seigneur 
de Hermalle et de Chrétienne de Bernet. 

843. Arnoul de Bierse, t le 23 décembre 1546 et Marie 
de ..., sa femme. — Blason parti de Familleux de 
Bierset et de Corswarem. 

844. Johan de Senselier (Senzeille), seigneur de Soumagne, 
t en décembre 1402. 

845. Henri de Hermale, chevalier, t en 13... et [N..., fille 
d'Eustache Persan de Haneffe], sa femme. 

846. Ailis fille des précédents, femme d'Arnoul [de Lim- 
bourg], avoué de Hesbaye et seigneur de Lumain 
(Lummen). 

847. Englibier de Haccour, jadis sire de Hermalle, t en 
1385. 

848. Lamber Willem de Chamont, écuyer, t le 1 1 décembre 
1543. 

849. Jehans de Jersneie, écuyer, t en ... et N..., sa femme, 
t en 1357. (Ce seigneur avait épousé la fille de Raes 
de Haccour, seigneur de Hermalle. Voy. Hemricourt, 
édition Salbray, pp. 29, in fine et 218). 

850. Blason parti de Waillet et de Bincken, 1598. 



- 315 — 

HERSTAL. 
Saint-Lambert. 

851. Daneal Vurvet (Rouveroit?), f le 21 mai 1463 et Hei- 
wis, sa femme. — Armoiries : burelé de ... et de ... de 
dix pièces, au lion couronné de ... sur le tout. 

852. Louis le Polain de Xheneraont, t le 15 février 1671 et 
Marie de Hervé, sa femme, f en ... — Epitaphe érigée 
par leur fils Théodore, curé de Herstal. Armoiries. 

HERVE. 

853. Léonard-Jacob Goer, échevin et forestier du ban de 
Hervé. — Deux blasons accolés, avec heaume. 

854. Nicolas Goer, seigneur gagier du haut ban de Hervé, 
Marie Benselin, sa femme et leurs enfants, 1652. — 
Armoiries de ces époux. 

HEURE-LE-ROMAIN. 

855'. Jacques seigneur d'Oire (Heuçe), t le vu des ides de 
juin, 1276. 

HOGNOUL. 

856'. Raes de Hollegnoule, t le 17 février 1452 et Agnès 
Butoir, sa femme, t le 17 mars 1438. — Effigies. Trois 
blasons. 

857. Johans li Franshome de Hollengnoulle, écuyer, fils 
d'istase li Franchomme, chevalier, f le 7 février 1394 
et Maroie, sa femme. — Effigies, celle de Jean le 
représente armé, avec son écu pendant à la ceinture. 

858*. Eusta... de Hollelnule, t le 25 octobre 1269. — Effigie 
d'un homme armé de toutes pièces tenant de la main 
droite une lance et de la main gauche un écu aux 
armes de Hognoul. 



— 316 — 

ALLEUR. 

859*. Elisabeth, femme de Libert dit le Polen de Waroux, 
chevalier, f le jour de la conversion de saint Paul, 
1292, Mairie) ... de ... le Polen de Waroux, chevalier, 
t la veille de la fête des saints Philippe et Jacques, 
1305 et N..., femme de Jean dit le Polen de Waroux, 
chevalier, f le jour de la fête de saint Pierre es liens, 
1313. — Effigies de trois dames. Deux blasons aux 
armes de le Polain de Waroux. (Voy. Hemricourt, 
édition Jalheau, n° 39 et pp. 43 et suiv.). 

AWANS. 

860. Wilheam Wilkart Daw(ans), f le 14 août 1353 et ... 
de Geneffe, sa femme, t en 1332. — Effigies, celle de 
Guillaume le représente armé de toutes pièces, avec 
son écu pendant à la ceinture. 

HOLLOGNE-AUX-PIERRES. 

861. Johan (de Hollogne), chevalier, f en 1330, le ..., Baul- 
duin, seigneur et voué de Hollogne, fils de Baulduin 
Rogier, seigneur et voué de Hollogne, f le 3 mars 
1403 et Agnes, fille de Wilhem Wilchar d'Awaus, 
femme de Baulduin, seigneur et voué de Hollogne 
et « deirainment (en secondes noces) de Howe de 
» Flémale, seigneur de Tilove (Tinlot), chevalier, » 
t le 19 février 1439. — Effigies de deux gentils- 
hommes armés de toutes pièces, portant chacun un 
écu aux armes de Hollogne Luxembourg ; au haut 
trois blasons, deux aux mêmes armes et un à celles 
de Wilkar. 



— 317 - 

VAL-BENOIT. 

Abbaye. 

S 62*. Marguerite de Horion, pendant vingt-huit ans ab- 
besse de ce monastère, restauratrice de son église et 
de son abbaye détruites par les hérétiques, f octogé- 
naire, le 30 mars 1594. — Effigie. Quartiers : 

Horion, Duras, Spontein, Nameur; 
Ghoer, Withemme, Montfort, Croy. 

863*. Elisabeth de Chokier dite Surlet, abbesse de ce mo- 
nastère, t le vu dos ides de février 1451. — Effigie. 
Deux blasons (î). 

HOLLOGNE-SUR-GEER. 

864. Lambier de Harduemont, seigneur de Hollogne-sur- 
Geer, écuyer, t le 21 avril 1406 et Godfroit de Har- 
duemont, seigneur de Hollogne-sur-Geer, chevalier» 
t le 11 de résail, 1447. — Effigies : deux gentils- 
hommes revêtus de leur armure et portant leur écu 
aux armes de Harduemont ; Lambert porte ces armes 
brisées d'un lambel à trois pendants. 
865. Jean de Seraing, seigneur de Hollogne-sur-Geer, 
Boilhe, Darion, Manil, etc., t le 17 juin 1624. — Mo- 
nument érigé à sa mémoire par Ernestine d'Ans, sa 
femme. Armoiries de ces époux. 
866*. Godefroid de Serain, baron de Hollogne, seigneur de 
Boilhe, Darion et Manil, t le 20 septembre 1676 et 
Hélène-Isabelle de Ponty, son épouse, f le 9 décembre 
1693. — Monument très élevé, en marbre noir, placé 
dans le chœur de l'église. On y voyait représentés un 

(1) Voy. cette épitaphe dans le fascicule no 70 du tome II du manuscrit. 



— 318 — 

homme armé de tottes pièces et une dame. Au pied de 
la tombe étaient les armes de Seraing et de Ponty 
surmontées d'une couronne à treize perles dont trois 
relevées et supportées par deux lions portant ban- 
nières aux armes de Seraing. 

867. Jean-Ferdinand de Serai n, -f le II novembre 1693, 
âgé de six ans, cinq mois et quatorze jours et Char- 
lotte-Alexandrine de Serain, t le 15 octobre 1693, 
âgée de trois ans et six semaines, enfants de Fran- 
çois-Ferdinand de Serain, baron de Hollogne et de 
Catherine de Serain (d'Ohey), sa femme. — Armoiries 
surmontées d'une couronne â treize perles dont trois 
relevées. 

OMAL. 

868. Guileame Doumalle, seigneur de Houxheugnée (Hou- 
chenée), t le pénultième jour de ... 1546 et Jehenne 
de Brabant, sa femme. — Effigies, celle de Guillaume 
le représente armé de toutes pièces. Huit quartiers : 

[Oumale, Waillet, Vinalmont, N...; 
Brabant, Maricque, Clockier, Streel]. 

869. Erasme-Guillaume de Omal, seigneur de la Rue du 
dit lieu et de Lignet, t en célibat, dernier de sa 
famille, le 18 de ... 1693 et enterré avec ses armes. 
— Quartiers : 

Oamal, Tiribu, Chrisnée, Chevalier; 
Rickel, Heinnisdael, Deveas (de Veve), Rivière (î). 

870. Pierre baron de Tiribu, des anciens vicomtes de Han- 
nut, seigneur de la Rue d'Oumal et de Lignet, t le 

(1) Cette épitaphe et les deux suivantes se trouvent dans le fascicule 
no 5t du tome II du manuscrit. 



— 319 — 

6 août 1725 et Anne-Catherine d'Omal, dernière de sa 
noble famille, dame des dits lieux, t le 3 avril 1713. — 
Autour delà tombe figurent les blasons suivants: 1° à 
gauche : Tiribu, Binckem; Tiribu, Daubry; Tiiïbu, 
Saint-Fontaine; Tiribu, Rohelée; Tiribu, Streeles; 
Tiribu, Potiers; Tiribu, Herlenval; Tiribu, Namur; 
Tiribu, Pontiliace; Tiribu, Seron ; 2° à droite : Omal, 
Ryckel; Omal, Chrisgnée; Omal, Tiribu ; Omal, Bra- 
bant ; Omal, Vinamont; Omal, Wailhet; Omal, Hos- 
den; Omal, Marneffe; Omal, Omal; Omal, Blehen; 
3° au bas: Bawegney, Hemtine, Hanut, Bierset ; Hem- 
ricourt, Holeburg, Omal, Ferme. 
87î\ Arnold le Maréchal (Fabri), t le 17 juillet 1587. — 
Monument élevé à sa mémoire par (Florence, sa 
femme et par Jean, leur fils, licentié en droit. 

872. Fragment généalogique de la famille d'Arnold le 
Maréchal, d'Otnal, dont le fils Jean « prit le premier 
•> le nom d'Omalius et les cinq tombes dudit Oumal 
« pour ses armes et dont sont descendus tous les 
» Omalius de Liège d'aujourd'hui. <» 

873. Louys Mengoe (Menjoie), t en 1586, Jossette Sauvaige 
(de Hemrikette), sa femme, f le 13 ... 1585 et Walter 
..., chanoine régulier de ... — Effigies : un gentil- 
homme armé de toutes pièces, une «dame et un moine. 
Armoiries de ces époux ; quartiers : 

[Menjoie, Wifflet, Hemrikette, Brabant]. 

BORLEZ. 

874. Jean Grimont, de Borlez, capitaine du quartier de 
Mohaut, t le 13 juillet 1667 et Marie Monjoye, (le Pé- 
rilleux de Roxhelée dit de Monjoye), sa femme. — 
Armoiries de ces conjoints. 



— 320 — 

WALEFFE SAINT-GEORGES. 

875. Jean d'Hemricourt d'Otrenge, capitaine de cuiras- 
siers au service de S. M. L, seigneur de Waleffe-Ie- 
CMteau, f le 19 septembre 1611, époux de Marie de 
Nollens, enterrée aux Jésuites à Huy. — Effigie d'un 
homme armé. Armoiries; quartiers : 

Hemricourt, Pradhoume, Stapel, Roust. 

876. Table d'autel portant une inscription rappelant Hen- 
ris Pangnar, ton 1418, Annes, sa femme, Jackemar 
Pangnar, son fils et Maroie, femme de celui-ci. - 
Blason (i). 

877. Guilheame de Hemrickette, « tiré d'un coup de har- 
» quebuse par derrier », 1 1© 31 juillet 1598. — Epi- 
taphe érigée par Marie de Nollens, sa femme. Blason. 

WALEFFE SAINT-PIERRE. 

878. Henri d'Acosse, échevin de Wanze, f le 21 ju... 1507, 
Sybille Zywalart, femme de Jehan de Brabant, t le 
16 septembre 1538, Marie d'Acosse, femme de Pierre 
de Brabant, t le 9 mars 1584, Pierre de Brabant, 
t en ... et Jehenne de Remickette, sa femme, t en ... 
— Blason au centre, parti de Brabant et d'Acosse. 
Aux quatre coins : 

[Brabant, Acosse, Brabant, Hemrikette]. 

879. Jean Conrard de Donchelle, t lo 14 janvier 1556, et 
Jehenne de Hodomont (Celles), sa femme, f ... — Effi- 
gies : un homme armé de toutes pièces et une dame. 
Armoiries; quartiers : 

[Donceel, Pangnart, Celles-Hodomont, Berlaymont]. 

(1) Voy. cette inscription parmi celles du fascicule no 41 du tome II du 
manuscrit et la suivante parmi celles du fascicule n° 72 du même volume. 



— 321 — 

HORION-HOZÉMONT. 

880. Liber Butor advoweit de Horion, ir le 15 mai 1386 
(Ay)lis, fille de Johan Peureal, sa femme. — Effigies : 
un homme revêtu de son armure et une dame. Deux 
blasons aux armes de ces époux. 

881. Blason funéraire de dame, parti de Carondelet et 
de Mérode : « obyt 11 january 16(59. * Il rappelle 
Anne-Marie de Mérode-Rummen, dame de Pas-Saint- 
Martin, voueresse de Horion, épouse de Pierre de 
Carondelet. 

882. Guilhame de Horion, écuyer, seigneur d'Oleye, 
Grand-Axhe, Engis, t le 29 juillet 1553 et Barbe de 
Goer (Ghoer), sa femme, t ••• — - Effigies, un homme 
armé de toutes pièces et une dame. Huit blasons, 
deux avec timbres et cimiers au centre de la tombe 
portant les armes de Horion et de Ghoor, et six 
aux deux côtés de la pierre. Ces huit blasons ne 
paraissent pas ôtre ceux des huit quartiers généalo- 
giques de ces époux, savoir : 

[Horion, Duras, Spontin, Namur, 
Ghoer, Withem, Montfort, Croy]. 

883. Guilhaume de Horion, écuyer, seigneur d'Oleye, 
Grand-Axhe, Engis, et Marie Huyn de Amstenrade, 
sa femme. — Armoiries de ces époux ; quartiers : 

[Horion, Spontin, Ghoer, Montfort. 
Huyn d'Amstenraedt, Holtmeulen, Cortenbach, Horion]. 

884. Guilhame de Horion, chevalier, seigneur d'Oleye, 
Grand-Axhe et Engis, t le jour de saint Barnabe 
1489 et Margaritte, fille de Guilheame, seigneur de 
Spontin et Wavre, sa femme, t le 9 décembre 1516. 



— 322 — 

— Effigie d'un gentilhomme armé de toutes pièces. 
Quartiers : 

[Horion, Doras, Spontin, Namur]. 

Cette inscription se trouvait dans la chapelle cas- 
traie de Horion. 

BODEGNÉE. 

886. Johant de Moge, écuyer, Robert de (Moege), P... Ro- 
bert de Moge, « fils du dit Robert, écbevin de la 
r* grande ville de H(uy)... * Yvon, t en 15... le 27 
février (pierre brisée). — Deux blasons. 

CELLES. 

Chapelle de Ferme (Faimes). 

886. Humbers, chevalier de Ferme, t la nuit de la fête de 
saint Adrien, 1263. — Blason. 

887. Helwidis... — Effigie d'une dame * couverte d'un man- 
» teau tout doublé de vaires. « 

888. Jehans Phules (Pouillet), chevalier de Fermes, f ... 
jours avant la fête de saint Jean-Baptiste, 1336. — 
Blason. 

889. Robiert, sire de Ferme, chevalier, t en 13... et Mar- 
garitte, sa femme, t le 28 avril 13... — Blason aux 
armes de Ferme. 

890. Jean Challe, t en 1649 et Agnès de Rouveroy, t le 
13 mai 1661 . — Deux blasons aux armes de ces époux. 

HOUTAIN-SAINT-SIMÉON. 

891. Johans de Houtens, échevin de Liège, t le 27 de 
résail 1417, Adilhe, sa femme, t le jour de l'Ascension 



— 323 — 

1383, et Jehane, sa femme, t l'an 14... — Effigies : 

-un homme en habit échevinal et deux dames. » Deux 

blasons. 

Note de Le Port sur cet échevin. 

HUY. 

Collégiale. 

892. Anne d'Oyenbrugghe, veuve de Wynand baron de 
Berlaymont, vicomte del Heid, seigneur de Bor- 
menville, etc., f le 24 octobre 1659, et Wynand de 
Berlaymont, son fils, chanoine de Notre-Dame de 
Huy, f le 25 juin 1663. — Quartiers : 

Oyenbrugghe, Ursel, Tserclaes, Pois; 
van der Noot, Ligne, Hincart, Enghien-Kestergat. 

893\ Guillaume Walrame, baron de Berlaymont de Bou- 
mal, chanoine de cette église, f le 10 mai 1702. — 
Quartiers : 

Berlaymont, Royer, Viron, Warnant; 
Corswarem, Corswarem, Scheyflart de Mérode, Vervoz. 

894*. inscription rappelant Emile baron d'Oultremont, 

Han et Chevetogne, tréfoncier de Liège, prévôt de 

> 

Huy, 1653. — Quartiers : 

Oultremont, Longchamps, Viron, Brialmont; 

Baillet, Gesves, Spontin, Bouland. 

Brialmont, Sparmont, Berlaymont, Marneffe; 

van der Meere, van der Noot, Nassau, Haeften. 

Ces quartiers ne sont pas exacts (Voy. Stein, Généa- 
logie de la famille d'Oultremont, année 1886, pp. 313 
etsuiv. et 1887, pp. 334 à 337). 



— 324 — 

895*. Herman de Goye, chanoine de cette église, t le 18 
juillet 1587. 

Goye, d*An8 y Blavier, Grotboie. 

896. Hubert Jaymaert de Yaulx, écuyer, seigneur à Je- 
neffe, voué de Bodegnée, t le 20 septembre 1579, et 
Anne de Roxhelée, sa femme, f le 18 août 1615. — 
Armoiries de ces époux ; quartiers : 

Jaymaert, Dalem, Familiaux, Corswarem; 
Roxhelée, Moege, Viron, Vaulx (i). 

897. Adolphe du Bois, pasteur de Combien et Fairon, t le 
H novembre 1640, et Gilles du Bois, son frère, cha- 
noine et écolâtre de Notre-Dame à Huy, t le 14 dé- 
cembre 1660. — Armoiries ; quartiers : 

du Bois, Montfort, R&hier, Sarter. 

898. Jean de Pailhe, fils de Jean et de Marguerite d'Odeur, 
t le 28 novembre 1578. — Armoiries; quartiers : 

Pailhe, Loneu, Odeur, Carpentier. 

899. Jean de Groisbeeck, comte du Saint-Empire, etc., et 
Anne de Hille, sa compagne. 

900. Biautris de Houtaing, fille de Watier de Houtaing, 
« canonesse de Madame Sainte Wadru a Mons en 
» Hinaut, » f le jour de la fête de saint Mathieu, 1295. 
— Effigie de la chano inesse en manteau de chœur. 
Deux blasons. 

90 T. Guy de Berlaymont, chanoine de cette église, t en 16... 
902. N. de la Bawette, femme de François le Persan, f ••• 
908\ Etienne Rossius de Liboy, chanoine de cette église, 
t le 17 février 1683. 

(1) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont intervertis. 



— 325 

904. Henri de Loen, grand maître d'hôtel de Gérard de 
Groesbeeck, prince-évêque de Liège, gouverneur de 
Franchimont, de Bouillon, et des châteaux de Stoc- 
khem et de Huy. — Quartiers : 

Loen, Bolzée, My, Crisegnée. 

906. Blason aux armes de Henri Pietkin, chanoine de Huy, 
1559. 

Couvent des Crolsiers. 

906. Laurent de Hasque, jadis bourgmestre de la ville de 
Huy, f le 28 juillet 1613 et Jehenne Deick, sa femme, 
t le 21 octobre 1630. — Armoiries de ces époux. 

907. Laurent de Hasque, jadis bourgmestre de Huy, t le 
22 avril 1652, et Marguerite de Chockier, sa femme, 
f le 19 novembre 1638. 

908. Gérard de Halle, colonel pour le service de S. M. T. C. 
et bourgmestre de Huy, f le 14 mars 1663, et Pac- 
quette de Hasque, sa femme, t le 8 juillet 1671. — 
Armoiries; quartiers: 

Halle, Sclessin, Hasque, Deyck. 

909. Albert Deick, bourgmestre et rentier de Huy, t le 
7 avril 1592, et Anne de Vaulx, sa compagne, t le 
5 mai 1580. 

910. Jehan de Roly, t le 4 février 1570, et Marie de Pon- 
thier, sa femme, t en ... — Blason ; quartiers : 

[Roly, Hollogne-Luxembourg. Ponthier, 
Boseal de Thiribu]. 

Gouvent des Angustins. 

911. Jean des Marets, t le 22 mai 1592, et Margueritte 
Burloz, sa femme, f le 4 mai 1630; Jan des Marets, 



— 326 — 

leur fils, lieutenant voué, bourgmestre, échevin et 
souverain greffier de Huy, f le 3 août 1635, et 
Marie Hoyoul, sa femme, t le 31 janvier 1660. — 
Armoiries. 

912. Adouffie de Warnant, fils d'Amélie, chevalier, t en 
novembre 13... Johans Henri dit gran Johan de War- 
nant, fils d'Amélie, chevalier, f le 16 décembre 1395, 

et Ameille de Warnant, fils de de Warnant, 

chevalier, f le 2 ... 1372. 

913. Ameles de Warnant le jeune, chevalier, t te jour de 
Sainte Croix (l'Exaltation de la Sainte Croix), en sep- 
tembre 1341, Amele de Warnant, chevalier, f la nuit 
de la fête de sainte Barbe, en décembre 1336 et Kate- 
line, femme de Amele le vieux. — Effigies de deux 
gentilshommes et d'une dame. Le blason de loin des 
deux chevaliers porte les armes de Warnant brisées 
d'un lambel à trois pendants. 

914. Marie, fille de Boutor de Warnant, écuyer, t le 20 sep- 
tembre 1367 et Denis Reggal Lombart, son mari, t 
le 4 mai 1373. 

915. Gilotia, fils Johan Obert, t le 7 décembre 1300, et 
Johan Obert, chevalier, f en ... 

916. Deux blasons, l'un aux armes de la famille de Dormal 
et l'autre à celles de la famille de Seuxhier. 

Saint-Denis. 

917. Johan Denville, t le 24 octobre 1437. 

918. Pierre Gaën, procureur de la Cour de Tofflcial de 
Liège, fie 27 septembre 1613 et Isabeau Durant, t 
le 21 octobre 1617. — Blason. 



— 327 — 

Couvent des Dames Blanches. 

919*. Jean de Meers, jurisconsulte, et Jeanne de Go r eux, 
sa femme, f le 4 décembre 1636. — Armoiries de ces 
époux ; quartiers. 

Meers, Brabant, Goreux, N. 

920. Henry de Namur, f le ... octobre 1608 et Marie délie 
Melle, sa femme, f le 20 juin 1635, Jean de Namur, 
leur fils, t le 15 septembre 1643, et Margueritte 
Maclet, « sa compagne du second lict, » t le 26 sep- 
tembre 1663. 

921. Pierre de Brabant, échevin de Huy et de Wanze, t 
le 23 mai 1573, et Marie d'Acos, sa seconde femme, 
t le ... 1584. — Armoiries de la famille de Brabant; 
quartiers : 

[Brabant, Sualart, Acosse, Boseal de Thiribu]. 

922. Hellin de Latinnes, bourgeois de Huy, t le 25 juillet 
1499 et Maroie de Tiribu, sa femme, t le ••• 1507. — 
Effigies, celle de Hellin le représente armé de toutes 
pièces. Deux blasons aux armes de ces époux. 

923. Hubert Barez de Surlet, seigneur de Hollingnoul, t 
le 15 février 1661 et Jenne de Lochon, sa compagne, 
t le 28 octobre 1674. — Armoiries de ces époux ; quar- 
tiers : 

Barez de Surlet, Jaymaert de Moge, Cowareme, Streele ; 
Lochon, Monceau, Lochon, Bombay. 

Saint-Martin. 

924. Attestation du héraut d'armes H. van den Berch, 
touchant la famille de Marchin, et l'existence de la 
tombe de Johan de Vaulx, seigneur d'Avennes sur 



— 328 — 

Mehaigne,,mayeur et échevin de Huy, f le 8 octobre 
1505, et d'Agnès, fille de Jean de Marchin, seigneur 
de Bormenville en Condroz, sa femme, t ta 4 mars 
1494. — Armoiries. 

Salnt-Mengold. 

925. Martin Mouton, greffier des maisons pieuses de cette 
ville, f le 2 juin 1658 et Marguerite Namur, sa com- 
pagne, t ta 8 mars 1683. — Armoiries. 

926. Jehan de Ville l'aîné, bourgmestre de Huy, f ta 24 
juillet 1587, et Isabeau Seuhier, sa femme. — Effigies. 
Armoiries de ces époux ; quatre quartiers du bourg- 
mestre. 

Saint-Maur. 

927. Perone de Hochoonville, femme de Watier de Mo- 
dalve, f en septembre 1427 (?). — Deux blasons. 

928. André de Favillion, t ta 29 juillet 1637, et Christine 
de Pailhe, f en ... — Armoiries de ces époux ; quar- 
tiers: 

Favillon, Ama, Masilogne, Warnant; 

Pailhe, Vaulx, Roxhelée, Brigard. 

929. Marie Van de Root, femme de Jehan de Hamal de 
Blehen, t ta 17 avril 1585, et Jehenne de Hamal; 
femme de Michel Prévost de Haynaut, f le 11 dé- 
cembre 1591. — Blason; quatre quartiers, dont deux 
frustes. 

930. Agnès del Creyr, femme de Tieba de Walnir, t ta 
11 octobre 1428. — Blason. 

931. N. de Poleur, f en 1510, Jehenne, sa femme, f en 
1513 et Isabeau, fille de Jehan Damseau et femme de 
Henry Dohaie, f ta 15 janvier ... — Quatre blasons 
frustes. 



— 329 — 

Couvent des Mineurs. 

932. Celle, femme de Bertrand de Horion, t en 1431. — 
Blason. 

933. Deux blasons * au frontispice du château de Brovene «• : 
le premier, écartelé de Ghoer, de Horion, de Rivière 
et de Hamal; le second, aussi écartelé, de Lorraine 
de la Marck, de Lioncourt et de N. 

934. Guilleame d'Argenteau, chevalier, seigneur d'Oxhens 
(Ochain) et de la Rivière, t le 21 février 1478, Marie de 
la Rivière, sa femme, t te 7 septembre 1483, et Jehan 
d'Argenteau, seigneur d'Oxhens et de la Rivière, 
bailli du Condroz, t te 15 septembre 1524. — Effigies 
de ces trois personnes ; les deux seigneurs sont repré- 
sentés armés de toutes pièces. Blasons : Argenteau 
et Rivière. 

935. Williames d'Auterive, t le jour de la fête de saint 
Léonard, 1273 et Ricardie, sa femme, t le mardi 
avant la fête des saints Simon et Jude, 1283. — Effi- 
gies. Deux blasons. 

936. Wil...mes, chevalier, sire de Liemen, ... — Effigie dun 
chevalier armé de toutes pièces, la visière de son 
casque baissée; il tient d'une main sa lance et de 
l'autre son écu (de ... au chef d'hermines). 

937. Jakemins de Monroal, fils de Gille, échevin de Huy, 
f le second jour de la Pentecôte, 1397 et Alis, sa 
femme, fille de Johans Diergneis (Yernée), f en 13... 
— Effigies. Deux blasons. 

938. Table des huit quartiers suivants « qui se voient au- 
dessus d'une porte dans l'abbaye de Juvigny » : 

Livron, Chastellet, Ray, Lenoncourt; 
Ba8sompierre, Chastelet, Domartin, Baudocbe. 



— 330 — 

939. Philipine du Chasteler, née à Liège, le 26 novembre 
1582, reçue chanoinesse de Nivelles, le 12 octobre 1586, 
puis mariée au château de Moulbais, le 27 janvier 
1609, à Martin de Wissocq, chevalier, pair de la 
comté de Saint- Pol en Artois, seigneur de Bomy, la 
Cousture, Noren, Erny-Saint-Julien, etc., etc., duquel 
elle engendra sept fils et sept filles, f à Liège, le 
26 mars 1650. — Monument élevé à sa mémoire par 
son fils Guilbert de Wissocq, seigneur d'Erny-Saint- 
Julien, etc., tréfoncier et grand chantre de Liège, 
etc., etc., 1652. Quartiers : 

Chasteler, Berseez, Proysi, I.annoy; 
Harchies, Henin-Liétar, Reez, Hamal. 
Berlaimont, Ouït remont, Serai ng, Haultepenne ; 
Hosden, Haynin, Aix, La Marck. 

940*. Guilbert de Wissocq, né le 27 octobre 1611, au châ- 
teau fort de Bomy au comté d'Artois, reçu tréfoncier 
de Liège, le 18 décembre 1636, élu grand chantre le 
23 décembre 1644, t au château de Bomy, le jour de 
la Noël, 1661. —Quartiers : 

Wissocq, Bernemicour, Hemstede, Boschuise; 
Fléchin, Honvault, Tilly, Landes. 
Chasteler, Proisy, Harchies, Reez; 
Berlaimont, Seraing, Hosden, Aix. 

941. Fragment généalogique de la famille de Wissocq. 

942. Hubin de Mormons, jadis bourgmestre de Huy v -j- en 
avril 1404, et Isabeal de Bastongne, sa femme, -f- en 
avril 1404. — Deux blasons. 

943. Clamens de Monroyal, bourgois de Huy, f le 27 jan- 
vier 1369 et Gille de Monroyal, échevin et bourgeois de 
Huy, t le 21 février 1396. — Effigies de deux hommes 
armés de toutes pièces. 



— 331 — 

944. Lambiert de Lamalle, bourgeois de Huy, t le 1 er juin 
1482, Jehenne de Du mal le, sa femme, t le 15 avril 
1488, et Johan, leur fils, tanneur et échevin de Huy, 
fie 9 juin 1510. — Deux blasons. 

945. Hausse de Warfezées, chevalier, sire de Waroux, et 
Margueritte, dame de Haultepenne, sa femme. — 
Deux blasons. 

946. Johans li Clockiers, échevin de Huy, f en septembre 
...56 et Yde de Rovroit, sa femme, f le 4 décembre 
1355. — Effigies. Deux blasons. 

947. Jehan de Bossu, seigneurde la Motte, bailli de Thuin, 
etc., et Jakeline, fille de Renart de Yiler, sa femme. 
— Effigies, Jean est représenté armé de toutes pièces. 
Blasons de ces époux répétés aux coins de la tombe. 

948. Franchoies d'Abêe (Blehen d'Abée), dame d'Emeville, 
t le 27 mai 1550. — Blason et huit quartiers. 

949. Katheline, fille de Renart de Blehen dit d'Abée, t le 
15 novembre 1537 et Lambiert de Lamalle, bourgeois 
de Huy, t le 30 août 1513. — Quartiers : 

[Lamalle, Ouffet, Blehen, Résimont]. 

950. Gilie, fils de Clamens de Monroyal, t le 3 août 1413 
et Marie de Mormont, sa femme, t en 1396. — Effigies. 

951. Jehenne de Warnant, chevaleresse, femme de Johan 
de Berleimont, chevalier, seigneur de Floyon, Haltpen 
et Kerme (Haultepenne et Kermpt), f le jour de la 
fête de saint Michel, 1441. — Blason. (Lame de 
cuivre). 

952. Marie de Kerckem, femme de Rausse de Gugoven 
(Guygoven), chevalier seigneur de Gorseme (Gors- 
sum), de Tyne et de ... — Effigie. Blasons : Kerckem 
et Navaigne. 



— 332 — 

953. Scochar de Fourvie, chevalier, f en 1395 - — Effigie 
d'un gentilhomme revêtu de son armure. Deux blasons. 

954. Maroie de Hautpenne, t la nuit de la fête de saint 
Jean-Baptiste, en juin 1423 et Arnoul de Warnant, 
chevalier, échevin de Liège et de Huy, f le 31 août 
1371. — Effigies, celle d'Arnoul le représente armé 
de toutes pièces. Deux blasons. 

955. Jehan Royer de Bovenistier, f le 10 octobre 1615 et 
Marie de Noiron, sa compagne, t le 20 août 1625. — 
Armoiries de ces époux ; quartiers : 

Bovenistier, Beauxsart, Royer, du Tern ; 
Noiron, D'Acos, Du Fresne, Bozeaux. 

956. Johan Briffo, t en 14... et sa femme. — Deux blasons. 

957. Charle de Clockier, voué de Merdorp, f le 30 avril 
1548 et Glémenche de Lamalle, sa femme, f le 28 mai 
1565. — Effigies : un homme armé et une dame. Huit 
quartiers : 

[Clockier, Saint-Georges, Cerf, Spontin ; 
Lamalle, Ouffet, Blehen, Rôsimont]. 

958. Emus, chevalier, sire de Hardueilmont (Hardué- 
mont), t le jour de la fête de saint Urbain 1293 et 
Maroie de Harduemont, sa femme, f le 3 juin 1308. 
— Effigies: un homme armé, une dame et quatre 
enfants : un fils en habit de Frère Mineur et trois 
demoiselles, la première est représentée les mains 
jointes, la deuxième « porte un oiseau sur le poing et 
«< la troisième un chien sur la main. » 

959. Ysabeal, fille d'Alexandre Béra et femme de Gille le 
Pannetier, f le 31 mai 1471. — Armoiries (de Seraing); 
quatre quartiers : 

[Seraing dit le Pannetier, Pottier, Bérart, Borlé]. 



— 333 — 



960. Rases de Chantemierles, chevalier, t en ... (xiir 
siècle;. — Effigie d'un gentilhomme armé. Blason. 



Les extraits suivants sont tirés d'une « copie des 
•> lettres ou écritures qu'on a pu tirer des tombeaux 
» ou sépultures de l'église des Frères Mineurs au 
» couvent de Huy 1677, » pièce intercalée dans notre 
manuscrit. 

961. Gilhe del Stal, f en 1388, Joanne Vinalmont, t on 
1400 et Henri de Dannal, t le 22 mars 1408. 

962. Lambertus de Leodio, « minister quondam Francico,» 
-J" le jour de l'Assomption, 1307. 

963. Clamens Liartesien, bourgeois de Huy, t le jeudi 
avant la fête de saint Servais 1301, Annes, sa femme, 
t le 3 février 1300, Maroie de M on royal, t le 27 avril 
1361 et Clamanche Lartesine, t en 1341, le 21 janvier. 

964. Johan ..., fils de Maroy Boriois, échevin de Huy, t en 
13... 

965. Sire Hubins, bourgeois de Huy, t le 5 septembre 1244. 

966. Robert de Rossut, chevalier, f la semaine avant la 
fête de saint Jean, 1290. — Quatre blasons. 

967. Johene de Vaux, femme de Gille de Monroyal, t le 
26 octobre 1409 et Gille de Monroyal, bourgmestre de 
Huy, son mari, f le 6 octobre 1423. 

968. Jehenne de Moh, femme de Gille de Monroyal, éche- 
vin de Huy, f le 3 février 1307, Gile de Monroyal, 
échevin de Huy, fils de Gile, t en 1470 et Marie de 
Houtain, fille de Heri Mayal de Houtain, écuyer, sa 
femme, f le 14 defénal 1455. 

969. Radoux, chevalier, sire de Vervoi (Vervoz), f le 7 
avril 1297. 



— 334 - 

970. Hubin de Saint- Martin, fondateur des Frères Mi- 
neurs de Huy f f le 5 septembre 1244. 

971. Elys Hubin, * mère et spéciale amie des Frères Mi- 
n neurs, » f 1© 10 avril 1288. 

972\ Martin de Liverlo, doyen de Huy, chanoine jubilaire 
et protonotaire apostolique, f le 2 janvier 1673. 

973. Jehan de Viron, seigneur à Boffu et à Tahier, lieute- 
nant féodal et mayeur allodial, bailli de Moha, bourg- 
mestre de Liège et de Huy, échevin de Huy et de 
Wanze, f le 10 septembre 1538 et Anne de Blehen, sa 
femme, f le 18 septembre 1557. — Quartiers : 

Viron, Oaltremont, Blehen, Verlaine. 

974. Jean de Brion, seigneur de Résimont à Marchin et à 
Ahin, voué de Tourinne, t le 16 octobre 1557 et 
Jehenne de Berlaimont, sa femme, f le 10 décembre 
1573. — Quartiers : 

Brion, Botton, Berlaimont, Serret (Seraing). 

975. Anne baronne de Brialmont, veuve de Jean-Baptiste 
de Coterau, baron de Jauche, « seigneur du pays et 
» franchise d'Assche, guidon héréditaire de Brabant, 
» seigneur de Guideu, Steenokersele, haut voué de 
» Mont Saint-Andrieu, « f le 9 mars 1660. — Monu- 
ment érigé à la mémoire des barons de Brialmont et 
de Fraiture, grands baillis du Condroz, seigneurs 
d'Atrin et hauts voués de Xhos. Quartiers : 

Coutterau, Hierdinc, Guideuz (Wydeux), Jaussej 

Brandenbourg, Eve, Liedekerke, Ladouve. 

Brialmont, Sparmont, Berlaymont, Marneffe; 

van der Meere, van der Noot, Nassau, Hazfthen. 

976. Ottard de Brialmont, seigneur de Fraiture, d'Atrin, 



— 335 — 

etc., haut voué de Xhos, souverain bailli et gouver- 
neur de la Condroz et grand mayeur de Huy, f le 
8 décembre 1577. — Monument érigé par Aldegonde de 
Berlaymont, sa femme, Jehan de Brialmont, seigneur 
d'Avennes en Hesbaye et Marie de Brialmont, dame 
d'Oxhet, ses deux enfants. — Armoiries de ces époux. 

977. Erard de Brion, baron de Mureau, seigneur d'Ahin, 
Résimont, Gourcy, Cosne, grand bailli de Vil lers de- 
vant Orval, colonel de cavalerie pour le service de 

É 

S. M. I. et depuis du Conseil de guerre et colonel d'un 
régiment allemand pour le service de S. M. C, t le 
17 août 1640 et Catherine de Gorcy (Gourcy), sa femme, 
ten ... 

978. N..., chevalier, sire de Harduemont, t le jour de la 
fête des saints Simon et Jude, 1393. 

979. Gertrude, femme de Bedier de Bobleies, t le jour de 
la fête des saints Simon et Jude, 1282. 

980. Jacques Massillon, t le 12 février 1636, Béatrix Tha- 
roulle, sa femme, t en ... et Anne Massillon, leur fille 
unique, f le 9 décembre 1622. — Quartiers : 

Massillon, Esneux, Chocquier, Bois; 
Tharoul, Résimont, Sar, Neuforge. 

981. Stas Viron, seigneur à Boffu et à Tahier, mayeur et 
échevin de Huy, bailli de Mohault (Moha), f en 1518 
et Jehenne Pousseur (de Bolland dit de Poulseur), sa 
femme, fille de Corbeau, seigneur de Vi 11ers -lez 
Guise, t en 1500. 

982. Les amis (enfants ?) de Michiel d'Outremont, seigneur 
à Boffu et à Tahier et d'Isabeau de Warnant, sa femme. 
— Quartiers : 

[Oultremont, Viron, Warnant, Ramelot]. 



— 336 — 

983. Josette, fille de Jehan Hustin d'Outremont, seigneur 
deLaminne et femme de [Adolphe] de Gulpen, seigneur 
de Neufchâteau, t le 1 er mai 1556. 

984. Barbe de Blehen dit d'Abée, femme de Bauduin de 
Saive, t le 15 mai 1537. 

985. Jehenne Chevalier, femme de Gille de Crissengnèe, 
seigneur de Barse, Lisen, Sure, etc., t le 21 novembre 
1580. 

986. Marie de Pannetier, fille de Gilles, écuyer, f le 2 août 
1466. 

987. Marie de Potti (Pottier ?), épouse de Rourel de Seives, 
bourgmestre de Huy, f le 17 février 1520. 

988. Johan de Briamont dit de Xhos, f le 7 septembre 1515 
et Katherine d'Antinne, sa femme, t le 11 avril 1505. 
— Armoiries de ces époux. 



Autre liste d'extraits d'épitaphes des Frères Mineurs, 
' intercalée dans le manuscrit de Le Fort. 

989. Marons de Monroyal, t le 15 avril 1361. 

990. Johan de Saive, bourgmestre et échevin de Huy, t lo 
13 novembre 1537 et Thiry de Saive, greffier de Huy, 
t en ... — Blason. 

991. Emanuel Dabra, f le 21 novembre 1557, Jehenne 
Massotz, Jehenne Bombay, t le 21 décembre 1484, 
femme de Thomas de Chiffort, Emanuel Dabra et Je- 
henne de Chiffort. — Trois blasons (î). 

992. Jehan de Berlaimont dit de Floyon, seigneur de Hau- 
te penne, jadis bourgmestre de Huy, f [le 27 sep- 
tembre] 1522 et Anne de Hamal dite de Soy, sa femme, 

(1) Copie très fautive. 



— 337 — 

t en 1502 et Agnès de Serret (Seraing), sa seconde 
femme, t en 1517 (le il janvier). — Blason. 

993. Jehan de Berlaymont dit de Floyon, seigneur de 
Gesves et de Haultepenne, bailli de Hesbaye, t en 
1519 et Philippe, jadis seigneur de Gesves (de Jup- 
pleu dit de Gesves), t en 1506. — Deux blasons aux 
armes de ces deux gentilshommes. 

994. Robert de Chambges, fils de François, chevalier de 
(Saint-Jean de) Jérusalem, seigneur de Boffu et Ta- 
hier, grand bailli du Condroz et grand mayeur de 
Jambes lez-Namur. 

995. Pierre de Fanchon, chevalier, échevin de Huy, t en 
1415. 

996. Jean Jaymart de Moege, seigneur de Lantremange, 
haut voué de Bleret, t en 1630. — Blason. 

997. Jehan de Moege, haut voué de Bougnée, t en 1525 
et Jehenne de Vaux, sa femme, t en 1514. — Blasons 
aux armes de ces époux. 

998. Jehan de Brion, seigneur de Résimont, voué de 
Tourinne, bourgmestre de Huy, t en 1554 et Elyd 
Botton, sa femme. — Quartiers : 

[Brion, Péronne, Botton dé Hemricourt, Berlo]. 

999. Gérard et Jehenne, enfants d'honorable homme Jean 
de Viron, seigneur à Tahier, bailli de Moha, échevin 
de Huy, décédés en 1508. — Quartiers : 

[Viron, Verlaine, Blehen, Oultremont]. 

1000. Jacquemin de Liège, t en 1363. 

1001. Jehan de Gacques, fils do Jean Salmier, marchand 
de Huy, t en 1483. — Armoiries de Salmier, brisées 
d'un lambel à trois pendants. 

1002. Erard, fils d'Erard de Salmier, chevalier, seigneur de 



— 338 — 

Melroy, capitaine de Huy et d'Anne de Stradiot [sa 
première femme], t en 1588. — Quartiers : 

[Salmier, Warisoul, Stradiot, t'Seraerts; 
Môrode, van der Aa, Warfazée de Waroux, Back]. 

Erard de Salmier, seigneur de Melroy, Chaleux, 
Vezin, etc., dont nous analysons ici l'épitaphe, avait 
épousé Anne de Mérode Rummen ; les quartiers de 
cette dame sont ceux qui figurent sur la tombe en 
regard de ceux d'Erard de Salmier. 
1003. Pierre Pailhe, gardien de ce couvent, lecteur, pré- 
dicateur et maître des novices. — Quatre quartiers ; 

[Pailhe, Lhoneur, Maclet, N.]. 

Î004. Jehan de Change, mayeur de Dinant et échevin de 
Huy, et Marie d'En ville, sa femme, t le 4 décembre 
1432. — Effigies de ces époux, Jean est représenté 
armé de toutes pièces. Quatre quartiers. 

1005. Béatrix de Bastogne, femme de Jehan ..., f en 1471. 

1006. Simon Galo Dorant, f en 1438. — Blason. 

1007. Jehan de Dave, rentier de Huy, t le 5 octobre 1530 
et Jehenne de Fizenne, sa femme, t le 6 septembre 
1558. — Deux blasons aux armes de ces conjoints. 

1008. Jean de Dave, chanoine de Notre-Dame de Huy, 
fen 1561, — Blason. 

1009. Renier Counar, - jeune homme, le dernier des 
« Counar, »» t en 1554. — Blason. 

1010. Marie de Dave, femme de Jaspar Rondy. 
1011*. Nicolas, fils de Jean Abpld, et sa sœur Marie. 
1012. Gertrude de Haneflfe, femme de Jean de Thier le 

jeune et Guillaume de Thier, » gastien * de Huy, t le 
16 avril 1574. — Blason (écartelé de ... à une rose 
boutonnée de ... et de ... à un lion rampant de ...). 



— 339 - 

W13. Eve, fille de Gilleton de Verlée et d'Oude de Moiseur, 
t en 1527. — Quatre quartiers frustes. 

1014. Jehan d'Eve, écuyer, f en 1408 et Marie de Ger- 
behaye. — Deux blasons aux armes de ces per- 
sonnes. 

1015. Gertrud, femme ... Mobaune, t on 1300. — Quatre 
blasons. 

1016. Hendric Ogen <* lequel, quoyqu'amateur de la paix, 
» n'a pu éviter les mains violentes d'un quereleur, » 
t le 6 juin 1672. — Blason. 

1017. Gertrud, femme de Renier de Bollenier, f en 1282. 

1018. Martin de Mollen, t on 1512 et Catherine de Ployon 
(Berlaymont), sa femme. — Deux blasons aux armes 
de ces conjoints. 

1019. Jehan Lone, marchand bourgeois d'Anvers, t on 
1404. — Blason. 

1020. Godefroid de Blehen dit d'Abée. — Blason. 

1021. Elisabeth d'Oumale, t le 5 mars ... — Quartiers : 

Oamal, Hosden, Brabant, Pouillet. 

1022. Charles de Hock, sergent-major de cavalerie au ser- 
vice de S. M. I., f en 1637 et Jehenne de Folie, sa 
femme. — Deux blasons aux armes de ces époux. 

1023. Marie de Tombor, t en 1640. — Blason. 

1024. Isabeale, fille de Wilheaume de Clockier, f en 1422 
et Wilheaume, seigneur de Clockier, t en 1496. 

1025. Marie, femme de Collar Lexheuler, bourgmestre de 
Huy, f en 1434. 

1026. Guillaume délie Gotte, échevin de Huy, t en 1542 et 
Johan Godefroid dit délie Gotte. 

1027. Oudede Blehen, f en 154... 

1028. Henry ly Fetesere, bourgeois de Huy, t en 1315 et 
Adilhe de Glain, sa femme, t en 1334. 



— 340 — 

1029. Thiry de Froidbize, greffier de Horion, t en 1586, 
mari de Gilette de Jupille, de Crisnée. 

1030. Tombe fruste où Ton ne voit plus que huit écussons, 
que voici : 

Hosden, Latmeye, Jupille, Crisegnée ; 
Xheuvelier, Blavier, Malaize, N. 

1031. Jacquemin Branche, rentier de Huy, t en 1400 et 
Gilette ... — Deux blasons. 

1032. Pierre Taillart, bourgeois de Huy, t en 1619 et 
Marie de Jeneffe, sa femme, t en 1622. 

1033. Steine, « maistre de Huy, jadit maire et échevîn de 
« Tihange, « t le 26 juin 1435. 

1034. Marie de Poictiers, « femme d'honorable homme 
» Robert de Tiribu, jadit maistre de Huy, » f le [17] 
février 1522. 

1035. Table des huit quartiers suivants : 

Brion, Botton de Hemricourt, Berlaymont, Seraing ; 
Chasteleer, Proisy, Hun, Celles. 

Ils appartiennent à Erard de Brion, seigneur de 
Résimont, Mars inné, etc., décédé le 26 juillet 1583 
et enterré aux Frères-Mineurs à Huy, et à Anne du 
Chasteleer, sa femme. 

1036. Jehenne de Hey, âgée de vingt-deux ans et demi, 
fie 15 août 1584. — Armoiries; quartiers. 

Hey, Vervoz, Gheille, Cerf. 

1037. Marie de Fosier, femme de Jean « Lempone ou Le- 
» minex, » f en 1433 et André D ai ri on, jadis bourg- 
mestre et échevin de Huy, f en 14... 

1038. Josette de Hodomont (Celles), t en 1552. — Deux 
blasons. 

1039. Jehan Laieul, bourgeois de Huy, f en 1480. 



— 341 — 

1040. Guilleaume de Longchin, seigneur à Boffu, bourg- 
mestre de Huy, t en 1540 et Catherine de Long- 
champs, sa femme. — Quartiers : 

[Lonchin, Bolland dit Poussear, Strpel, Rêves dit Brialmont; 
Longchamps, Clockier, Hemptiane, Blehen]. 

1041. Guilleaume Botton, voué de Touraigne (Tourinne) 
et bourgmestre de Huy, t en 15... et Marie de 
Latinne, sa femme. — Blason. 

1042. Agnès de Chevalier, femme de Jean de Huyet, sei- 
gneur de Tavier, t le 10 avril 1655. — Quartiers : 

Huyet, Gtiygoven, Carpentier, Lynden; 
Fraige, Montenaken, Monjoye, Seraing. 
Chevalier, Radoux de Prez, H an dit Mathys, Courtejoye; 
Braux, Couffen, Vaulx, N. 

Ils doivent être lus dans Tordre suivant : 

[Huyet, Fraige, Carpentier, Monjoye; 

Gaygoven, Lynden, Montenaken, Seraing. 

Chevalier, Braux, Han dit Mathys, Vaulx; 

Radoux, Couven, Courtejoye, Burin]. 

1043. Marie de Haneffe, femme de Johan de Saive, bourg- 
mestre de Huy, échevin de Huy, Wanze, etc., t en 
1563. — Quatre quartiers. 

1044. Thiry Moset (Bozeau de Mozet), seigneur de Rame- 
lot, f en 1578. — Blason. 

1045. Isabeal, fille de messire Wilheaume de Clockier, 
t en 1422. 

1046. Guilleaume, seigneur de Clockier, f en 1490. 

1047. Clamens de Monroyal, bourgeois de Huy, t le 29 jan- 
vier 1368, Anne, sa femme, Marons de Monroyal, 
t en 1369 et Anne de Monroyal. 

1048. Marie, femme de Clamens de Monroyal, f en 1396. 



— 342 — 

§049. Aylis, fille de Clamens de Monroyal, t en 1396. 

1050. Gille de Monroyal, échevin et bourgmestre de Huy, 
fie 21 février 1306 et Clamens de Monroyal, bour- 
geois de Huy, f en 1369. 



1061. N... à moneeignor Ansial de Ho...rt, chevalier, f en 
1316, le jour après la fête de saint Martin et Cla- 
risse, sa fille, t le 14 junet (sic) 1343. — Effigie. 
Deux blasons. 

1052. Willem Bot ton, voué de Tourinne, jadis bourg- 
mestre de Huy, t te 3 novembre 1516 et Josse, sa 
femme, f en ... — Armoiries de la famille Botton. 

Collégiale. 

1053. Henry de Pailhe, bourgeois de Huy, t te ... 1556, 
Barbe Maclet [sa première femme], f le 8 mai 1535, 
et damoiselle ... [sa seconde femme]. — Effigie d'un 
homme sans armes. Armoiries et quatre quartiers 
du défunt : 

[Pailhe, Vairon, Lhoneur, N.]. 

et deux blasons, l'un aux armes de Maclet, l'autre 
de ... à trois merlettes mal ordonnées de ..., au 
franc canton de ... à la tour de ... 

Couvent des Bons-Enfents. 

1054*. Hadelin de Royer, mort jeune; monument élevé en 
1640 par son frère Guillaume, capitaine au régiment 
de Bassignie au service d* Espagne. — Armoiries. 

1055*. Hadelin Royer de Bovenistier, «qui per insidias tur- 
<> piter vulneratus, » t au couvent des Bons-Enfants, 
le dernier jour de mars 1632. — Monument élevé à 



— 343 — 

sa mémoire par son frère Guillaume [seigneur] de 
Houxnée (Houchenée), capitaine de cavalerie au 
régiment du marquis de Lede, au service d'Espagne. 

Salnt-Remy. 

1056. Josset de Longchamps, fille de Jean, seigneur de 
Laminne et femme de Jean Hustin d'Oultremont. — 
Armoiries ; quatre quartiers : 

IDongelberg de Longchamps, Forvie, Baduel, N. (Celles?)]. 

1057. Fragment généalogique de la famille d'Oumal. 

1058. Id. de la famille de Borchgrave. 

1059. Id. de la famille de Selle (Celles). 

1060. Descendance généalogique de la famille de Seraing 
de Hollogne. 

1061. Id. de messire Jean, fils de Bertrand de Liers, voué 
de Liers et de Catherine de Clermont, sa femme. — 
Blason. 

Saint-Quirin. 

1062. Pier le Grand de Ramlot, f à l'âge de 78 ans, le 
2 août 1575. — Armoiries. 

MARCHIN. 

1063. Vitrail aux armes des familles Dabra et Clefort. 

BRUXELLES. 
Couvent des Carmes-Chaussés. 

1064. « Cy gist monsignour li cuens Girars sires de Homes, 
» Wiert, Altena, etc., grand venour hereditable de 
» l'empire jadis fieux à Monsignour li cuens Wil- 
* laumes sires desdits lieux et à Madame Margarete 
« fiele ay cuens Arnous de Loz qui trespassa en Tan 



— 344 — 

4» de grâce M. CGC. XXXIII li tiers jours dou mois de 
» may. Priez Diez pour sarme amen. » 
* Cy gist madame Jehanne de Lovain héritière des 
» seignouries et terres de Gasbeck, Harstal, Bausi- 
» gnies etc. espouse a Monseig r li cuens Girars 
n sourdit et jadit fiele a Henrys de Louvain qui fut 
n nepveu et petit fieulx a Henrys I et II du nom 
<• ducx de Lothiers, Brabant, Cuens de Louvain etc. 
» laquelle trespassa en lan de grâce M. CCC. XIX au 
» mois de septembre ayant fait moult ée biens a 
» ces te Saincte maison priez Dies que merci li fasse 
» amen. » 
Tombe relevée qui se trouve aux encloitres. 

CHATILLON (LORRAINE). 
Abbaye. 

1065. Henry baron de Mercy, seigneur de Joppecour, Cin- 
queville, Awillers, Jandre et Mantefeste, maréchal 
lieutenant-général des armées de l'Empereur et 
colonel de cavalerie et d'infanterie, f le 24 décembre 
1659. — Quartiers : 

Mercy, Housse, Porfonconlac, Voitronville; 
Hautoy, Beauvaux, Nettoncour, Ludre. 

1066. Description de la tombe d'un seigneur de la maison i 
de Mercy. — L'épitaphe est omise. Quatre blasons. > 

1067. Id. d'un monument funéraire d'un seigneur de Mercy. ' 
— L'épitaphe est fruste. Blasons. , 

TONGRES. 
Sainte-Catherine. 

1068. Fastreit de Hemricourt de Mou mal, seigneur de 



— 345 — 

Brouck, f le 14 mai 1636 et Elisabeth de la Thour, 
sa femme. — [Armoiries de ces époux]. Quartiers : 

Hemricourt, Baré, Monjoye, Hamal ; 
délie Thour, de Pas, Villers, Rasier (i). 

AVENNES. 

1069. Hellin Noiron, f le 13 avril 1554 et Marie Bosea 
(Boseal de Thiribu), sa femme, 1 1© 6 février 1560. — 
Armoiries de ces époux. 

1070. Tombe portant les armes de la famille de Vaulx et 
ces quartiers : 

Vaulx, Foumalle, (Fumai), [Berlaymont], [Orlay]. 

WARNANT-DREYE. 
Chapelle de Chantraine. 

1071. Henri Colo de Verlée, t le 11 août 1520. 

1072. Guilleaume Bodeson, de Villers-l'Evêque, curé de 
Chantraine, t le 25 août 1636. — Blason. 

1073. Joan de Sai net-Fontaine, seigneur à Chantraine, 
t le 9 septembre 1593 et Anne de Sainct-Fontaine, 
sa fille, f le 19 mai 1634. — Quartiers : 

Sainct-Fontaine, Mons, Radoux des Prez, Oest; 
Heyenhoven, Brempt, Berlo, Eve. 

1074. Inscription rappelant Joan de Fontaine (Sainct-Fon- 
taine), t le 9 septembre 1593. Elle fut érigée par 
Anne de Heyenhoven, sa veuve, en 1633. — Huit 
quartiers, les mêmes que ci-dessus. 

Les quatre numéros qui précèdent sont écrits par 
le héraut d'armes van den Bergh et suivis d'at- 
testations données par lui. 

(I) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont intervertis. 



— 346 — 

JEMEPPE-SUR-MEUSE. 

1075. Colairs le Proydhomrae de Jemeppe, t le 1? mars 
1414, Gérard le Proydhomme, son frère, t en 14... 
Maroie délie Chivre, sa femme et leurs enfants, qui 
trépassa en 14... (sic). — Effigies : deux hommes 
armés de toutes pièces et une dame ayant à ses pieds 
deux enfants, un fils et une fille. Au-dessus de cha- 
cun des trois premiers personnages sont les blasons 
de ses deux quartiers respectifs, savoir : 

[Proidhomme, Seraing dit Pannetier; Chivre, Chaynée]. 

1076. Juet, femme de Johans de Warfesey, f le 10 mai 
1357 et Aylis, leur fille, t le 14 [avril] 1398. 

1077. Johans le Proydhomme de Jemeppe, t le 15 juillet 
1405 et N. de Serain, sa femme, t le 10 octobre 
1408. 

1078. Anthone de Gemeppe, chevalier ... et Anes del Abes... 
Tombe * très magnifique, en partie travaillée en 
» cuivre, on y voit un chevalier armé de toutes 
» pièces, accompagné de deux dames. * Trois bla- 
sons, dont un fruste. 

Une copie plus ancienne intercalée dans le manus- 
crit donne, comme suit, le texte de l'épitaphe : 
« Anthone de Gemeppe, chevalier, t trois jours après 
» la Saint-Denis, 1322 et Isabeade Près, sa femme, t 
» le lendemain del San Pol 1302 (?) et Anes del Abes- 
* pine, f le jour de sainte Lucie 1308» (Voy. Hemri- 
court, édition Salbray, pp. 298 et 299). 

1079. Conrard le Blavier, fils de feu Johan le Blavir dit 
Bourdouxhe, t en 1548. — Quatre quartiers : 

[Blavier, Fayenier, le Cuvelier dit Bourdouxhe, Audrier], 



— 347 — 

1060. Martin Bouxhon, marchand bourgeois de Jemeppe, 
"J- le 6 octobre 1671 et Marie du Chesne, sa femme. — 
Armoiries de ces conjoints. 

JEHAY. 

1081. Verrière du château de Jehay, portant les armes de 
Mérode Gossoncourt (î) et de Groesbeeck avec cou- 
ronne, supports et bannières, et une inscription 
rappelant Jean, libre baron, comte de Mérode de 
Groesbeeck et du S. E. R., baron de Jehay, seigneur 
de Gossoncourt, Meer, Àst, etc., colonel de cuiras- 
siers pour le service de l'empereur Ferdinand II, 
lieutenant des fiefs et chef de l'Etat noble du pays 
de Liège et comté de Looz et gouverneur de Huy, 
t le 26 j[anvier ?] 1647 et Maximiliane, née com- 
tesse de Groesbeeck, sa femme, f le 2 août 1681. 

1082. Autre verrière du même château portant les armes 
de Mérode Gossoncourt et de Mérode Westerloo, 
avec couronne, supports et bannières et une inscrip- 
tion en mémoire de Ferdinand-Maximilien, libre 
baron, comte de Mérode de Groesbeeck et du S. E. R., 
baron de Jehay et de Mureau, pair de Tévêché et 
comté de Verdun, seigneur de Gossoncourt, Meer, 
Ast, Âutgarden, Massaker, Harduémont, lieutenant 
des fiefs et chef de l'Etat noble de Liège, conseiller 
privé de S. A. S., son premier officier, et grand 
mayeur de Liège, et d'Albertine-Magdeleine Bonne, 
libre baronne, comtesse de Mérode, née marquise de 
Westerloo, sa femme. 

(1) Voy. Richardson, Qeschichte der famille Mérode, t. I, p. 237. 
Notre inscription rectifie quelques renseignements donnés par cet auteur. 



— 348 — 

LENS-SAINT-REMY. 
Eglise paroissiale. 

1083. Jehan ..., f le ... juin 1574 et Lucrèse Peti, sa 
femme. — Armoiries de ces époux ; quatre quartiers ; 
le quatrième est de Vannes. 

1084. Anseau Moreau, f le 26 juin 1530. — Armoiries. 

1085. Jehan Moriau, f en ..., Jehen... de Maril, sa pre- 
mière femme, fie 12 ... 1548 et Elizabeth Vannes, sa 
seconde femme, f le 6 ... 1557. — Effigies : un homme 
sans armes et une dame. Armoiries ; quatre blasons : 
1° Moreau ; 2° Vannes; 3° Maril (?); 4° Moreau. 

Couvent des chanoinesses régulières 
de Saint-Augustin. 

1086. Anne de Boux, en son temps, boursière de ce mo- 
nastère, t te 23 décembre 1645. — Blason parti de 
Boux et de Hemricourt. 

1087. Sœur Margarite Vervoux (de Vervoz) dit d'Ama, 
f le 27 mai 1679. — Blason parti d'Ama et de BJehen 
d'Abée. 

1088. Anne Boueveniesti (Bovenistier) dit Borlé, t te 5 fé- 
vrier 1669. — Blason parti de ... au lion de ... et de 
Menjoie. 

1089. Catharine d'Oumalle » prieuse et jubilaire qui a gou- 
» verné cette maison pendant quarante-huit ans, » 
t le 23 août 1660 et Anthonette d'Oumalle, sa sœur, 
t le 8 septembre 1681. — Blason ; quartiers : 

Oumalle, Tiribu, Crisegnôe, Chevalier, 

1090. Gertruyd Brant, supérieure de ce monastère pendant 
trente ans, f lo 19 février 1529 et Jehenne Brant, 



— 349 — 

supérieure de ce monastère pendant vingt-neuf ans 
et religieuse de cet ordre pendant soixante années, 
-fr le 15 juin 1567. — Effigies de ces deux religieuses. 
Blason. 

1091. Jenne Brant dit d'Aysaux, religieuse, t le 6 août 
1572. — Blason; quartiers : 

Brant, Bonlé, Bossut, Ville, (Berlaymont de Ville). 

1092. Anne d'Awin (d'Auvin), supérieure de Croix à Lens 
pendant neuf ans et boursière pendant dix-huit ans, 
•f le 2 février 1612. — Effigie. Quartiers : 

Awio, Gerbehaye, Baré, Holoigne. 

1093*. Anne baronne de Suys et Grysoort, f le )4 août 
1638. — Armoiries de Suys posées sur la croix de 
saint Jacques. Seize quartiers, qui doivent se lire 
comme suit : 

Suys, van der Burch, Oudewene, Suylant; 

Berchem, Meeus, Lauryn, Strabant. 
Lynden, Bronckborst, Elderen, Amstel; 
Scherpenzeel, Blayel, Moys, van de Werve (i). 

LIERS. 

1094. Françoi de Mehen, seigneur de Toveel, capitaine de 
cavalerie pour le service de S. M. I. et de S. A. de 
Cologne, tué le 12 août 1649. — Armoiries. 

LIMBOURG. 

1095. Jean-Baptiste de Bibaus, natif de Bruges, commis- 
saire des montres des gens de guerre du Roy, f le 
30 janvier 1643 et Jenne Tolmonde de Kouven, sa 

(1) Voy. ettte tombe dans le ftscicuto vt> 71 du ton» II du manuscrit. 



- 350 — 

femme, f le 19 août 1630. — Armoiries de ces époux ; 
quartiers : 

Bibaas, Tuckers, van der Mers, de Rycx ; 
Tolmond, d'Oursy, de Kouven, Westeraet. 

JENEFFE. 

1006. Maroie dame de Jeneffe, femme de Butor, -f le n des 

kalendes de décembre 1279. 
1097*. « Sub hoc lapide conduntur viscera Jacobi militis, 

n domini Clarimontis ac de Geneffe, - f le xvi des 

kalendes de juin 1295. 

1098. Ermentris dame de Jeneffe et châtelaine de Wa- 
remme, t le iv des kalendes d'août 1257. 

1099. Franckin Jaemaert [de Jaymaert], t le 28 janvier 
1597 et Elisabet d'Orey, sa femme, f on ... — Armoi- 
ries de ces époux. 

1100'. Jean Butoir de Lymont, vesti (curé) de cette église, 
t le dernier jour d'août MCCCC...XXX. — Effigie 
d'un prêtre. Deux blasons : [Butoir et Brabant] (î). 

LIMONT. 

1 101. « Icy gisent deleis noble chlr Bade de Lymont leur 
» [prédécesseur, honorables personnes Balduin Bou- 
» toir et daraoiselle Ponche, sa femme, f en 1436, 
» lui le 4 et Ponche le 25 d'avril et eurent XII hoirs 
» légitimes : Thiri moine de S. Loren, messire Jehan, 
f* vesti de Geneffe, Balduin, Robr... » 
Sur la pierre sont les effigies de ces conjoints ayant 
à leurs pieds douze enfants, sept fils : six en habit 
de moines et un en habit de prêtre et cinq tilles, dont 

(1) Voy. ce numéro dans le fascicule no 66 du tome II du manuscrit. 



— 351 — 

quatre en babîts de religieuses. Quatre quartiers, le 
quatrième est aux armes de Brabant de Limont. 

1102. Anthonne de Brabant, mayeur de Limont, t le 28 
août 1636 et Margarite Doncel, sa femme, t le ... 
janvier 1652. — Armoiries de ces époux. 

1103. Anthoine de Brabant, t le 14 juin 1556 et Jehenne 
de Vinamont, sa femme, « qui ont fondé cet autel. » 

— Armoiries de ces époux. 

U04*. Rigaldus, chevalier de Limont, t le jour de la fête 
de sainte Gertrude, 1281. — Blason. 

MOMALLE. 

1105. Rigaud de laThour, «jadit capitaine d'unQ compa- 
» gnie de cuirasses pour S. A. de Liège, » t te 8 mars 
1626 et Anne de Pas, sa femme, t le 29 avril 1635. 

— Armoiries de ces conjoints; quartiers : 

la Thour, Viller, de Pas, Rasier. 

1106. Arnou de Hemricourt, seigneur de Brouch (î), t le 
9 septembre 1652 et Gertrude Stregnart, sa femme. 

— Armoiries de ces époux ; quartiers : 

Hemricourt, Baré, la Thour, de Pas; 
Strengnar, Braive, Flaba, Donchel (s). 

1107. Abraham du Bois, f le 2 septembre 1661 et Elisabeth 
de Hemricourt, sa femme. — Armoiries de ces époux ; 
quartiers : 

du Bois, Collen, Booduwins, Pellicobne; 
Hemricourt, la Thour, Stregnart, Flaba. 

1 108. Fragment généalogique de la famille de Hemricourt. 

;i) La petite seigneurie de Brouck est aujourd'hui un hameau de la 
commune de Thys, canton de Hollogne-aux-Pierres. 

(*) Voy. ce numéro et les deux suivants, dans le fascicule 66 du tome II 
du manuscrit. 



- 352 - 

LIXHE-SUR-MEUSE. 

1109*. ...et te, fille d'Othon, chevalier de Nivelle (Nivelle- 
sur-Meuse), f le jour de la fête de saint Lambert, 
martyr, 1256. — Blason. 

1110. Henry de Loyene (Loën), f 1© 19 janvier 1534 et 
Marie de My, sa femme, t le 4 mai 1544. — Armoi- 
ries de ces époux : 1° parti de Loën de Brus et de 
Bolzée ; 2° parti, de My et de Crisgnée. 

1111. Gérard de Brus dit de Loën, seigneur de Nivelle et 
de la vallée de la Meuse, gentilhomme de la Chambre 
de Ferdinand de Bavière, t te 1 er mars 1646. — Ar- 
moiries ; quartiers : 

Loën, Viron, Bolzée, Bleben; 
Pléron, Chrisgnée, Tourele (Anixhe dit Thoreels), Ochen (i). 

LOWAIGE. 

1112. ... de Oreilhe, f en ... et Ailis, sa femme, t le 1" — 
1404. — Blason. 

MILLEN. 

1113*. Guillaume du Bois (van den Bosch), chevalier, t Ie 
l w février 1414. — Effigie du défunt en cotte de 
mailles, l'épée au côté. 

1114. N... de Mokines, chevaleresse, t le 15 août 1397. — 
Effigie. Blason. 

1 1 15. Table des huit quartiers suivants : 

Fléron, Crisgnée, Torelle, Bombaye; 
Houthem, Berlo, Boets, Duras. 

(1) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont inter- 
vertis, n faut remarquer que le bisaïeul de Gérard, Henri de Loën (fils 
de Jean Conrard de Lodn et de Marie de Bolzée), ayant épousé Marie de 
My (voy. son épitaphe au n© 1110), le quartier de Boisée figurant sur la 
tombe de Gérard devrait être remplacé par celui de My (voy. n» 1 186). 



— 353 — 

Ils appartiennent à Jean-Guillaume baron de Fléron, 
seigneur de Kettenhoven, Millen, etc., grand bailli 
du comté de Looz, drossart de Bilsen et colonel de 
cavalerie au service de S. M. I. 
Quoiqu'il en soit, ils ne sont pas exacts : les quartiers 
véritables de Jean-Guillaume baron de Fléron de 
Milieu, sont les suivants : 

[Fléron, Anixhe dit Thoreels, Crisgnée, Ochain; 
Houthem, Berlo, Cats, van den Dael]. 

Marie d'Anixhe dite Thoreels, femme de Gérard de 
Fléron, bisaïeul de Jean-Guillaume, était fille de 
Wathieu d'Anixhe et de Jeanne Thoreels; Jeanne 
de Crisgnée, épouse de Gérard de Fléron, aïeul de 
Jean-Guillaume, était fille de Gérard (fils de Jacques 
et de Bertheline de Bombaye) et de Sente d 1 Ochain 
dite de Jemeppe; enfin, Marie de Berlo, bisaïeule 
maternelle de notre personnage était fille d'Arnoul 
sire de Berlo, seigneur de Sclessin et haut-voué d'Ou- 
grée et de Jacqueline de Duras d'Ordenge. 
Les quartiers tels que nous les avons établis ci- 
dessus, sont prouvés par divers actes authentiques 
contenus pour bonne part dans la troisième partie 
des manuscrits de Le Fort (voy. Fléron) et par une 
attestation authentique des quartiers de Marie ba- 
ronne de Fléron de Millen, fille de Jean-Guillaume 
susdit et de Marie-Françoise de la Margelle, dame 
de Kettenhoven. Cet acte est passé devant le notaire 
Camps, le 27 octobre 1667, et les données en sont 
certifiées exactes par Edmond-Godefroid de Bo- 
choltz, grand commandeur des Vieux Joncs, Ferdi- 
nand baron de Kniphausen et de Vogelzanck, Henri 
de Bentinck, baron de Bicht et Jean-Guillaume 



— 354 — 

Brempt de Doenraedt (voy. cette pièce dans Le Fort, 
3 e partie, loc. cit.). 

1 1 16. Généalogie jusqu'aux huit quartiers de Jean-Charles 
de Cort, seigneur d'Oupeye, Vivegnis et Petit Aaz : 

Corte, Bex, Gilteau, Duquet; 
Crumel, Golstein, Bock, Lyrex zu Frilingen. 

GRAND-MODAVE. 

1117. Jehan de Marchin, chevalier, seigneur de Modave, 
f le 5 juin 1652 et Jeanne de la Vaulx Renard, sa 
femme, 1 1© I 7 décembre 1613. — Magnifique monu- 
ment portant les statues couchées des défunts sculp- 
tées par Luc Faidherbe. 

1 1 18. Vitrail aux armes de la famille de Modave (1). 

1119. Nicolas de Sainct-Fontaine, seigneur du dit lieu et 
de Modave, f le 11 février 1607 et Catharinne de 
Haultpenne, sa femme, 1 la 5 juillet 1607. — Blason 
parti aux armes de ces conjoints avec heaume et 
cimier ; quartiers : 

Sainct-Fontaine, Radoux, Mons, Oest; 
Haultpenne, Vervoz, Modalve, Daverdis (1). 

1120. Johan de Haultpenne, seigneur de Modave, à Scias- 
sin et à Bellefontaine, t le 2 octobre 1570 et Marie 
de Vervo, son épouse, f le 5 décembre 1594. — Ar- 
moiries ; quartiers : 

[Haultepenne, Modave, Vaulx, Sorinnes; 
Vervoz, Daverdis, Vervoz, Spontin] (3). 

(1) Voy. ces deux numéros dans le fascicule no 33 du tome n du ma- 
nuscrit. 

(2) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont intervertis. 

(3) Le deuxième et le troisième quartier de chaque ligne sont intervertis. 



— 355 — 

1121. Jehan, seigneur deJModave, Freyr et Sorinnes et 
bailli du Condroz, f le ...juin 1533 et Jehenne de 
Spontîn, son épouse, fie 13 juillet 1558. — Effigies. 
Armoiries de ces époux ; quartiers : 

[Modave, Crisgnée, Spontîn, Salraier]. 

NANDRIN. 

1122. Ide de Heraricourt,"femme de Johan de Nandren 
(de Corswarera de Nandrin), écuyer, t le 5 mars 
1434. — Effigies : un gentilhomme armé et une 
dame. Deux blasons (î). 

1123. Inscription rappelant l'érection du maître-autel de 
l'église par Elizabeth de Soumaigne, dame de Frai- 
neux et Nandrin, veuve de Pierre-Ernest Oranus, 
en mémoire de Marie de Soumaigne, doyenne du 
chapitre d'Ancienne, d'Isabeau et de Gel. de Sou- 
maigne, chanoinessesdu même chapitre. 1634. 

1124- Marie Orane (Oranus), dame de Fraineux et Nan- 
drin, f le 2 juin 1649, relicte de Jean Tabolet, doc- 
teur en droit. — Quartiers : 

Orane, Pottier, Marotte, de Henri. 

1125. Inscription rappelant Jen ne- Marguerite Tabollet, 
t le 13 mars 1673, Elisabeth et Catherine, ses sœurs. 
— Quartiers : 

Taboulet, Oranus, Marotte, Oranus. 

SOHEIT. 

1126. Johans, seigneur de Souhaigne (Soheit), t le 31 dé- 
cembre 1443. — Effigie d'un gentilhomme armé de 
toutes pièces. Deux blasons. 

(1) Voy. Hbmricourt, édit. Jalheau, p. 125, note a. 



— 356 — 

1 127. Mattay del Thour, seigneur d'Atrin, *f le4 novembre 
1560 et Franchoise de Bois, sa femme, t le 10 janvier 
1575. — Quartiers: 

[del Thour, Saive, du Bois, Warnant]. 

1 128. Fragment généalogique de la famille de Baugnée. 

HUY. 
Abbaye de Neufmoustier. 

1 129*.. Sébastien de Courtejoye, chanoine jubilaire et prévôt 
de Saint-Nicolas, f le 4 avril 1618. — Armoiries; 
quartiers : 

Courtejoie, Burin, Jaymaert, Dalem. 

1130*. Inscription relatant la translation dans la crypte 
de l'église de Neufmoustier, le jour des kalendes de 
novembre 1242, des restes de Pierre l'Henni te, f le 
vin des ides de juillet 1115. 

1131*. Godefroid, neuvième abbé du monastère, t en 1309. 
— Effigie. Deux blasons. 

1 132*. Robert, quatrième abbé de Neufmoustier, t la veille 
de la fête de saint Thomas, apôtre, 1269. — Effigie. 

1133. Yxarde de Flandre, chevaleresse, femme d'Arnold 
de Hemptine, f la nuit de la fête de sainte Lucie, 
1444.— Blason (de ... au lion de ..., à une bande de ..., 
sur le tout). 

1134. Armoiries de [Théodore-Eustache] baron de Ponty 
de Pontillas, abbé de Neuftnoustier, 1749. 

VILLERS-L'ÉVÊQUE. 

1 135*. Eustache [chevalier de Villers-l'Evêque], f le iv des 
nones de mars 1296 et Aelis, femme d'Eustache che- 



— 357 — 

valier de Villers- l'Evoque, t le xvii des kalendes de 
décembre 1296. — Effigies. 

1136. Fastré ... de Vileir l'Eveske, t le 18 juillet 1365. — 
Effigies : uu homme tenant une épée et portant son 
écu à la ceinture, et une dame. Quatre blasons 
frustes. 

1137. Martin Bodechon, échevin de Villers-rEvêque et 
Jehenne de Menjoye, sa femme, f le 27 août 1655. — 
Armoiries de ces époux ; quartiers : 

Bodechon, Moes, del Tour, de Vivier; 
Menjoye, Molin, Brabant, Remiket (i). 

ODEUR. 

1138. Johans de ... d'Odeur, t le 5 ... 1362. — Effigies : un 
homme non armé et une dame. Deux blasons. 

1 139. Johans d'Odeur, seigneur de Montgauthier, f le 3 ... 
1557 et Anne Jamart, sa femme, ... — Effigies : un 
homme armé et une dame. Armoiries de ces époux; 
quartiers : 

[Odeur, N..., le Carpentier, Huy; 
Jaymaert, Familleux, Dalhem, Corswarem]. 

PAILHE. 

1140. Renar de Blehen, t en MDXX... et [Catherine de 
Résimont], sa femme, f en ... — Armoiries de Ble- 
hen entre deux écus de dames: 1° à droite, Rési- 
mont; 2° à gauche, Haultepenne (?). Au haut de la 

(1) La copie de cette épitaphe est pleine de lacunes : tout le commence- 
ment de l'inscription et deux quartiers sont omis. Nous l'avons corrigée ici 
d'après le monument lui-môme qui existe encore dans la nouvelle église 
de YUlero-VBvéque. 



— 358 — 

pierre sont deux écussons aux armes de Blehen et 
de Résimont (1). 

1141. Marie, fille de Christophe de Rahier, seigneur du 
lieu, t à Tâge de 10 ans le 17 mai 1613. — Quartiers : 

Rahier, Presseux, Résimont, [Bombaye]. 

1142. Inscription d'un tableau donné par Gielle de Jup- 
pilhe dite de Crissengnée, femme de Thiri de Froide- 
bize, en mémoire de Thiri, leur fils, f le 14 septembre 
1569, de Henri de Juppilhe et de Margaritte de 
Crissengnée dite de Pailhe, ses feus père et mère, de 
Collar de Crissengnée dit de Pailhe et de Gertrud, 
ses grands parents, de Jean de Crissengnée dit de 
Pailhe, prévôt et chanoine de Ciney, son oncle, 
et de Nicolas de Jupilhe dit de Crissengnée, son 
frère, licencié en théologie, régent de la faculté à 
Louvain, chanoine de l'église de Saint-Denis à Liège, 
où il fut enterré le 14 décembre 1554. — Deux 
blasons. 

Les deux numéros précédents sont « copiés d'un mé- 
» moire écrit de la main de M. Vandenberg, roy 
•» d'armes. » 

PARFONDRY. 

1143. Jacumins de Parfonri, f le jour de la fête de saint 
Remacle, ... 

1144. Jehans, cuvalir (chevalier) de Parfonri, f le di- 
manche « duvan ce li sen Micir, » 1300. 

POULSEUR. 

1145. Margaritte Ifemme de Conrard de Crisgnée] et fille 
de [Flore]nt d'Anthine, seigneur, haut voué et vi- 

(1) Voy. ce numéro dans le fascicule n° 48 du tome II du manuscrit. 



— 359 - 

comte du dit lieu, t le ... juin 1642. — Blason parti 
au premier blanc, et au second d'Anthisnes ; quar- 
tiers : 

Anthine, My, Racque, Brialraont (1); 
Morea de Ton, 
Harzé (Celles dit de Harzô), Rave, Verleumont. 

1 146. Table des seize quartiers suivants : 

Wal, Laittres, Lardenois, Lierneux; 
Anthine, Saives, Ghennart, Daven. 
Crissegnée, Herck, Rahier, Waha; 
Néverlée, Marbais, 
Marbais, Hornes (de Bruhese dit de Homes) (s). 

Ces quartiers appartiennent à Mathieu -Ignace de 
Wal, baron de Woest, seigneur de Willebroeck, 
Landrescourt, etc., et à Marie-Marguerite de Cris- 
gnée, dame d'Anthisnes, etc., son épouse. 

1147. Note généalogique sur Staskin de Harnal, seigneur 
de Petite-Somme. 

SAINT-FONTAINE. 

1 148. Catherine de Forvie, t le dernier jour de juillet 1585. 
— Quartiers : 

[Forvie, Seraing, Saint* Fontaine, Salraier]. 

RÉSIMONT. 

1 149. Armoiries de la famille de Résimont, « ainsi trouvées 
» sur un vieux tableau de l'église. » 

(1) Les quartiers de My et de Racque (Racket) sont intervertis ; en 
outre, le quartier de Brialmont devrait être remplacé par Lardennois. 

(2) Nous donnons ces quartiers dans Tordre où ils doivent être. Le ma- 
nuscrit intervertit ceux de Herck et de Waha. 



- 360 — 

SAINT-SÉVERIN-EN-CONDROZ. 

1 150. Robert de Vivier, f le 24 novembre 1620. — Blason. 

1151. Hélène d'Ama, femme de Robert de Vivier, t le 
2 décembre 1624. — Blason. 

Attestation du curé de Saint-Séverin touchant l'exis- 
tence de ces deux épitaphes. 

SAIVE. 

1152. Extrait du registre aux anniversaires de l'église de 
Saive mentionnant l'anniversaire de Denis Monchen 
(de Montsen), seigneur de Saive et de Tignée, d'Aide- 
gonde Mottman, sa femme, de Mathieu Monchen, 
aussi seigneur de Saive et de Tignée, son frère et 
de Glaire, sa sœur. 

OUGRÉE. 
Chapelle du château de Sclessin. 

1153. Jehans, fils (bâtard) de Rauson de Berlose de Base, 
t le lendemain de la fête de saint Bertremer, 1325 et 
Isabea, sa femme, t en 13... — Blasons aux armes 
de Berlo brisées d'une cotice. 

1154. Arnoult de Berlo, comte de Hozémont, seigneur de 
Sclessin, Ongnie, haut voué d'Ougrée, f le 20 d'août 
1538 et Marie de Coutereau, sa femme, t le 16 juin 
1555. <* La sépulture est relevée en bosse à un pied 
» hors de terre; elle porte un homme armé de toutes 
» pièces et couvert de sa cotte d'armes, avec sa 
» femme. » — Quartiers : 

[Berlo, Houtain, Duras, Guygoven; 
Gotereau, Herdinx, Wideux, JaucheJ. 



I 



— 361 — 

Ce beau monument, en marbre noir, se trouve en- 
castré aujourd'hui dans le mur intérieur de la cha- 
pelle de Sclessin (1). 

Eglise paroissiale. 

1155. Jean de Berlo, « capitaine d'une compagnie de cui- 
» rasses wallonnes au service de S. M. I., tant en 
*• Allemagne qu'en Hongrie, en Dannem arque qu'en 
« Italie, » t te 15 octobre 1641 et Margaritte de 
Morimon dite Hubaille, son épouse. — Blason parti 
aux armes de ces époux, avec heaume et cimier; 
quartiers : 

Berlo, Landoz, Lovinfos, Résimon. 

Les armes de Berlo qui figurent sur cette tombe 
sont celles des comtes de Berlo, avec la fasce du 
chef brisée d'une étoile à six rais. 

TAVIER-EN-CONDROZ. 

1156. Gérard, fils de Jean, seigneur de Baugnée, t te 8 
février 1508. — Blason. « Cette inscription se trouve 
« sur une croix ancienne de pierre enchâssée dans 
•» la muraille de l'église de Tavier. » (Note de Le 
Fort). 

TILFF. 

1157. Verrière aux armes de « Gérard de Pousseur (Bol- 
* land) escuir seigneur de Villers le Guize et à 
« Frai pont et de d el,e Jehenne de la Marck son 
» espeuse a 1551. « 

(1) Voy. ci-dessus, p. 216, note. 



- 362 - 

HOUSSE. 

1 158. Verrière portant les huit quartiers suivants : 

[Frongteau, Hoeven, Seraing de Frai pont, Presseox; 
Tollet, Viron, Porcquin, Rustique]. 

1 159. Fragment de verrière portant les armes de Frong- 
teau et de Baré deCiplet, et une inscription rappelant 
[Oulry Frongteii [seigneur à Housse] damoiselle 
Jehenne [Baré de Ciplet], son [épouse] et damoiselle 

Anne [de Seraing de Fraipont, femme de] feu Guil- 
leame Frongteau [mayeur], de Housse, 1544. — A 
droite sont ces quatre quartiers : 

Housse (Frongteau) [Xhervel], Houeffe, Palant. 

Comme ils appartiennent à Oury de Frongteau il 
est probable que de l'autre côté de l'inscription se 
trouvaient ceux de Jeanne Baré de Ciplet, c'est- 
à-dire : 

[Baré de Ciplet, Thys, Hollogne-Luxembourg, Crehen]. 

MORTROUX. 

1160*. « ... olaus des Creu... ce de Mortier, » f te x.n des 
kalendes d'octobre 1292. — Blason. 

CHARNEUX. 
Abbaye du Val-Dieu. 

lier. Walter, seigneur de Bronahor... (Brunsborn?). — 

Blason. 
1162*. Henri de Huclebach, dit Cornuus, chevalier. — 

Blason (î). 

(1) Et non Corvinus, ainsi que l'écrit, en copiant Le Fort (sic), l'auteur 
de V Historique de l'abbaye du Val-Dieu. 



- 363 - 

1 163*. Herman, seigneur de Wïlre. — Blason. 

1164*. Guillaume, chevalier, seigneur de Wilre. — Blason. 
Effigie d'an chevalier revêtu de son armure, tenant 
de la main droite une lance et portant bannières 
aux épaules. 

1 165*. Aleyde de Neufchâteau. — Effigie de la défunte. 

1 166*. « [E]rno[ldu]s miles de Novo Castro»» (Neufchâteau). 

1 167*. « Renerus, miles dominus de Novo Castro. « — Effi- 
gie d'un homme armé brandissant une épée de la 
main droite, et se couvrant de la gauche d'un bou- 
clier à ses armes. 

1 168*. Wairam de Moiyoye, « chevalier et moine en vertu 
« d'un vœu que la mort l'empêcha d'accomplir. * — 
Monument renouvelé le 25 septembre 1679. Effigie 
» d'un homme relevé en bosse armé de toutes 
» pièces. » Quatre blasons dont deux frustes. 

1169*. Lambert de Peves, écuyer, ... de Gérard comte de 
Hozémont, t le vin des ides de ma... 1262. — Effigie 
d'un homme » portant l'épée de la main droite, 
» ayant deux bannières sur ses épaules avec un 
» sautoir. » 

1170. Baltus Moir van Wal (Walde ?), seigneur de Wilde, 
Berich et ... gert ... (Marguerite) van der Nuwer- 
bourgh, sa femme, f en 15... (Texte en bas allemand). 
— Deux blasons. 

1 171 . Alard de Gulpen, écuyer, f le 4 février 1495 et Cathe- 
rine de Neuchàteau... (Texte en bas allemand). — 
Effigies : un gentilhomme armé et une dame. Deux 
blasons aux armes de ces époux avec timbres et 
cimiers; aux angles quatre blasons. 

1172. Léonard de Hoeven à Genestre (Genister), f le 20 
mai 1630 et Wilhelme de Gulpen, sa femme, f le ... 



— 364 — 

16... — Effigies : un gentilhomme armé et une dame. 
Blasons de ces époux avec heaumes et cimiers ; 
quartiers : 

Hoeven, Hamersthein, Gulpen, Alsteren; 
Galpen, Alsteren, Belderbusch, Gortembach. 

1 173. Vitrail portant une inscription rappelant Frambach 
de Gulpen, seigneur de Neufchâteau, Rosmel, Asse, 
etc., et Marie de Harff, sa femme, 1622. — Effigies : 
deux gentilshommes armés et une dame. Quartiers : 

Galpen, Beusdael, Waes, Faloise; 
Harff, Ruischenberg, Rossexn, Vorst. 

ANTHEIT. 
Abbaye du Val-Notre-Dame. 

1174. » Wilheames de Flémalle, eskevin de Liège, fils de 
» Henris le Damoiseal de Flémale, escuir, t 5 jours 
» devant le mois de juin 1328 et Jehans de Flémale, 
« eskevin de Liège, son frère, f [5] jours devant le 
« mois de juin 1328 «• (27 mai). (Us furent tués tous 
deux à la bataille d'Airbonne). — Effigies de deux 
gentilshommes « armés de toutes pièces, portant 
» leurs écus pendants. » Deux blasons (i). 

1175\ Marguerite de t'Serclaes, « de la branche de Tilly, « 
f à Tâge de 77 ans, le 18 juillet 1638. 

1176. Jan de Schoonhove, fils de Philippe, seigneur de 
Waenrode et de Josine de Blehen, t le 2 août 1620, 
à Tàge de 6 ans. 

1177. Anne d'Orjo, fille de Guillame d'Orjo et d'Anne de 

(1) Voy. cette épitaphe dans le fascicule no 41 du tome II du manus- 
crit. 



— 365 — 

Warisoulx, seigneur et dame de Ville et Baronville, 
f le 21 juin 1615. — Quartiers : 

Orjo, Fizenne, Fizenne, Lix (Licques) (i); 
Warisoulx, Crehen, t'Serclaes, Dave. 

1178. Ludgarde de La Rivière, abbesse du Val-Notre- 
Dame, t le 13 octobre 1717. 

1179. Marie d'Heinricour, née le 10 mai 1604, professe le 
19 juillet 1620, élue abbesse de ce monastère le 20 
janvier 1666, t le 10 décembre 1695. 

1180. Note généalogique sur Englebert de Haccourt. 

1181. Note sur la dédicace à saint Etienne, de l'église de 
Statte lez-Huy , par saint Martin, septième évèque 
de Tongres (2). 

1182. Heluy, fille de Giele Panetier de Seraing, écuyer et 
échevin de Liège, t le 7 août 1427. — Deux bla- 
sons (3). 

SERAING. 

Abbaye du Val-Saint-Lambert. 

1183. Ernekin de Serain, f le vin des ides d'août 1263 (4). 

1184. Blason de la famille de Pas, avec indication des 
émaux. 

1185. Vitrail portant les huit quartiers de Philippe de 
Corswarem, tréfoncier de Liège : 

[Corswarem, Warfiisée, Morialmé, Heinsberg; 
Àlsteren, Withem, Hamal de Soye, Seraing]. 

(1) Ce quartier d'après Loyens, alias Abry, Recueil héraldique des 
Bourg uemestr es de Liège, p. 282 et Stein, Annuaire, 1870, p. 265, de- 
Trait être remplacé par celui de Hodister. 

(2) Voy . Mblart, Histoire de la ville et chasteav de Hvy, p. 16. 

(3) Voy. cette épitaphe dans le fascicule n<> 72 du tome II du manuscrit. 

(4) Voy. ce numéro et le suivant dans le fascicule n° 59 du tome II du 
manuscrit. 



— 366 — 

1 186. Autre vitrail portant deux blasons. 

1187*. Vitrail portant une inscription rappelant Charles 
d'Oyenbrugge de Duras, tréfoncier de Liège et abbé 
de Di nant; il est orné des huit quartiers de ce per- 
sonnage : 

Oyenbrugge, Poitiers, Montenaken, Remers wale; 
Guygoven, Kerckem, Braodenbonrg, [Eve]. 

1188. Vitrail portant une inscription rappelant Johan de 
Loienne (de Loën de Brus), 1579, et les huit quartiers 
de ce personnage : 

[Loôo, Bolzée, My, Crisgnée; 
Viron, Blehen, Verlaine, Oultremoat] (î). 

1189. Vitrail portant une inscription rappelant Jean de 
Méan licencié en droit et conseiller ordinaire et 
Pétronille Counotte, sa compagne. 1615. 

1190*. Id. Id. Gilles de Glen, tréfoncier, officiai de Liège, 
prévôt de Sainte-Croix et de Notre-Dame à Maes- 
tricht. 1613. 

1191*. Vitrail donné par Nicolas Beckman, chanoine de 
Notre-Dame à Maestricht, en mémoire de son oncle 
de Pas, chanoine de la même église, enterré dans 
l'église du Val-Saint-Lambert. 1609. 

1 192. Id. donné par Guilliamme Beckman et Idelette de Pas, 
sa femme, en mémoire de dom George Beckman, 
religieux de céans. 1609. 

1193*. Id. rappelant Gérard Charles, conseiller ordinaire 
et Marie Tabolet, sa femme. 1609. 

1194*. Id. rappelant Gilles de Pas, abbé du Val-Saint- 
Lambert. 1608. 

(1) Le deuxième et le troisième quartier de la ligne maternelle sont 
intervertis. 



— 367 — 

1195. Vitrail rappelant « Gille Gillon dict Blavier de Fié- 
» maie la Haute, tenant de Vaulx Sainct Lambert. » 

1 196. Id . rappelant Jean Goeswin, receveur et syndic de la 
cathédrale de Liège et de l'église c|'Aix et Jennekenne 
de Laen, sa femme. 1607. 

1197. Td. rappelant Philippe de Saint-Esprit, seigneur de 
Fraineux, jadis bourgmestre de Liège et Catherine 
d'Heur, sa femme. 1607. 

1198. Id. rappelant George Goeswin, licencié en droits, 
receveur de l'abbaye du Val-Saint-Lambert et Anne 
de Pas, sa femme. 1607. 

1 199. Id. rappelant Otto-Ernest de Brialmont, seigneur de 
Fraiture, Atrïn, haut voué de Xhos et gentilhomme de 
la Chambre de S. A. le prince de Liège et Catherine 
van der Gracht, dame de Melsenne, Asche, etc., sa 
compagne. 1607. — Huit quartiers qui doivent être 
placés dans Tordre suivant : 

Brialmont, Berlaymont, van der Meere, Nassau; 
van der Gracht, van de Walle, de la Kéthulle, Mérode. 

1200*. Egela, femme de Wiric de Fontaines, ... — Effigies 
de deux dames. Six blasons dont quatre frustes. 

1201*. Guillaume de Flémalle, chevalier, Ide sa femme et 
Jean de Flémalle, chevalier, leur fils. — Effigies: 
deux chevaliers armés et une dame. Deux blasons 
aux armes de Flémalle, dont un chargé d'un lambel 
à cinq pendants. 

1202*. Louis [de Flémalle]. Epitaphe en vers latins ne men- 
tionnant pas la date de sa mort. — Effigie d'un 
homme armé de foutes pièces, coiffé d'un casque à 
visière baissée; il tient de la main droite une pique 
et de la gauche un écu burelé de six pièces, chargé 
en chef d'un lambel à cinq pendants. 



— 368 — 

1203*. Gilles de Termogne, quinzième abbé du Val-Saint- 
Lambert, f le 19 juin 1461 et Renaud de Momalle, 
seizième abbé du Val-Saint-Lambert, t le 19 février 
1485. — Effigies de deux abbés. Quatre blasons aux 
angles de la pierre. 

1204. Vitrail armorié portant une inscription rappelant 
Charles Charles, bourgeois de Liège et Ayely [Ga- 
briel], sa femme. 1606. 

GRIVEGNÉE. 

1205. [Emu] de Weis, écuyer, t le 17 décembre 1413, Yde 
de Quartier, « feme jadit à Ernu de Weis ...» et 
Maroie de Wihogne, femme du même, t en ••• — 
Effigies d'un gentilhomme armé de toutes pièces et 
de deux dames. Trois blasons. 

(Voy. les renseignements généalogiques que donne 
sur ces trois personnes, Jalheau dans son édition du 
Miroir des nobles de Hesbaye, p. 221). 

BRESSOUX. 
Abbaye de Robermont. 

1206. Jehenne Sohey (de Soheit), professe de ce monas- 
tère en 1565, f le 9 avril 1615 et Catherine Sohey, sa 
sœur, professe en 1575, t 1© 29 décembre 1627. — 
Blason parti de Soheit et de Tollet. 

1207*. Marguerite d'Orbeeck, septième abbesse de ce mo- 
nastère qu'elle gouverna pendant trente-huit ans, 
t le vin des kalendes de juillet 1543. — Blason. 

1208. Péronne de Saint-Génois, en son temps, abbesse de 
céans, t le 27 mars 1506 et Marie Hellem, «en son 
v temps, l'espace de xxm ans abbesse, puis rési- 



— 369 — 

» gnat à 66, » t te 27 janvier 1579. — Effigies de 
deux abbesses. Quatre blasons aux angles. 

1209. Elisey de Crouweis, abbesse de Robermont, bienfai- 
trice de l'église de ce monastère, t le 10 janvier 1440. 
— Deux blasons. 

1210. Kathine de Lihe (Lexhy), abbesse de Robermont, 
bienfaitrice de l'église de cette abbaye, t te nuit de 
la tète de la Nativité de Notre-Dame, 1391. — Effigie 
de cette abbesse. Deux blasons, le premier est aux 
armes de Dammartin-Lexhy. 

121 1. Vitrail aux armes de « Christian de Bollan sindic de 
* ce vénérable monastère. <• 1601. 

LIÈGE. 
Saint-Jacques. 

1212. Johan Huweneal ... et Jehane de Vynamont (Vinal- 
mont), t le 7 juillet 1460. — Effigies : un homme 
armé portant un écu aux armes de Huweneal et une 
dame. Huit blasons, dont trois frustes. 

1213. Blason « qui se trouve sur une lame de cuivre » parti 
au premier de ... à la fasce de ..., accompagnée de 
trois molettes de ... deux en chef et une en pointe, 
au second de ... à la bande de ..., chargée de trois 
croisettes de ... 

1214. Vitrail donné à l'église par Jean et Jacques comtes 
de Homes et portant les seize quartiers de ces 
dynastes, qu'il faut lire dans l'ordre suivant : 

Hornes, Heinsberg, Montigny, a Kenys (des Quesnes); 
Moeurs, Saerwerden, Clôves, Juliers. 
Gruthuuse, de la Vere, Steenhuusen, S tavelé; 
Borsele, Mortagne, Halewyn, Ghistelles. 



— 370 — 

1215. Vitrail donné par E verard de la Marck, comte d'Aren- 
berg, seigneur de Mirwart, Neufchâteau, Colonster, 
Aigremont, etc., mambour de Liège, etc. ; époux en 
premières noces de Marguerite de Homes, sœur de 
Jean et de Jacques, dont il est question au numéro 
précédent. Il porte les seize quartiers de ce seigneur 
qui doivent se lire dans Tordre suivant : 

[La Marck, Looz, Bracquemont, Clermont; 

Virnenbourg, Randenraedt, Solms, Falckensteyn. 

Bouchout, Walcourt, Reygersvliet, Fosseux; 

Poucques, La Clitte, Borsele, Bautersbem]. 

1216*. Arnold d'Ordingen (Ordange), chevalier, seigneur de 
Hulckenberg, t le 5 juin 1450. — Armoiries (i). 

BIERSET. 

1217. <* Anniversaires du village de Bierses lesquels se 
» doibvent célébrer tous les ans selon la direction 
» des mois par un curé dudit Bierses. « 
Janvier. 

Anniversaire des bienfaiteurs de l'église dont les 
noms sont perdus. 
Ernoult, fils Thonnar Anthonette. 
Sire Gérard de Bierset. 
Stévart et ses proches. 
Jean de Lonchin et Gertrud, sa femme. 
Février. 

Arnould délie Croix, et Jehenne, son épouse. 
Thierry Damaigne et Catherine, son épouse. 
Gérard Damaygne et Marguerite, son épouse. 

(1) Voy. cette épitaphe dans le fascicule no 68 du tome II du manus- 
crit. 



- 371 — 

Mars. 

Collard Milot et Marie, son épouse. 

Mai. 

Goffln le Vigreux et Catherine, son épouse. 

Ysabeau, femme de Goffln le Vigreux et la demoiselle 

de Halley. 

Juin. 

Michel -Gérard de Velroux, Ysabeau, sa femme et 
leurs enfants. 

Thierry de Bierset, Yde et Marguerite, ses deux 

femmes. 

Thomas de Roloux et Marie, son épouse. 

Novembre. 

Jean de Lonchin et Jehenne, son épouse. 

Gérard, fils de Jean-Collard de Bierset et Cloes, son 

frère. 

VELROUX. 

1218*. Ameil, sire de Velroux, écuyer, f le jour de la fête 
de saint Barnabe, 1295. — Effigie d'un homme sans 
armes, portant des bannières aux épaules et un écu 
aux armes de Velroux. 

1219*. Catherine, fille de Jean du Château de Fimale (de Fi- 
maie de Castro), femme de Gofl... de Velroux, fia nuit 
de l'Epiphanie, 1361 . — Effigies frustes. Deux blasons. 

1220*. Anselme, fils d'Aleman, chevalier de Velroux, f le 
x des kalendes de janvier, 1271. — Blason. 

1221*. Hugues dit Gailhos, chevalier de Velroux, t le jour 
de la fête de sainte Gertrude... — Blason aux armes 
de Velroux. 

1222*. Guillaume du Château de Velroux, t en ... 1282. — 
Blason aux armes de Velroux. 

1223*. Ameil, écuyer, voué de Velroux, f le jour de la fête 



— 372 — 

de sainte Lucie, 1281. — Blason aux armes de Vel- 
roux. 
1224*. Renier, chevalier, sire de Velroux, f le vin des 
kalendes d'octobre 1288. — Effigie d'un homme armé, 
avec bannières aux épaules, portant un écu pen- 
dant, aux armes de Velroux. 

ROLOUX. 

1225. Johan de Oterpe de Roloux, f la nuit « de la fête de 
» sainte Madelaine « 1347 et Katherin, sa femme, 
t le 1 er mai 1369. — Effigies : un homme <• ayant un 
<• habit qui ne lui pend qu'aux genoux « et une dame. 
Deux blasons. 

1226*. Ozilia, femme de Henri de Roluer (Roloux), cheva- 
lier, f le vin des kalendes de novembre 1278. — 
Effigie d'une dame portant un manteau doublé de 
vair. 

1227. Fragment généalogique de la famille d'Oijo, com- 
mençant à Jean d'Orjo, écuyer, fils de Robert - qui 
» fit reportation de la terre de Somal le 22 janvier 
« 1440. » — Blason. 

VOROUX-GOREUX 

1228. Lowy, fils de Johan, voué de Streel, t en avril 
1502. — Armoiries écartelées de Streel et de ... au 
lion de ... 

VERLAINE. 

1229. Jehans li Bowars de Verlaine, f en 14..., — Effigie. 
Blason. 

1230. Johan de Bellefroid le jeune, t en 1570. 

1231*. Arnold de Verlaine, alias de Stria, chanoine de cette 



— 373 — 

église, f lejourdela fête du Saint Sacrement, 1554. 
— Effigie d'un prêtre. Blason (i). 

1232. Guilleme Roïr (Royer) le jeune, de Striay à Verlaine, 
t le 6 novembre 1565 et Margaritte de Waiet, son 
épouse, f le 11 novembre ... — Effigies, Guillaume 
est représenté armé de toutes pièces. Armoiries de 
ces époux et deux blasons à leurs armes. 

1233. Eustasse le Francbomme, fils de ..., « qui fondât le 
» chastial de Haneffe Tan XIII e XV jours. « — Effigie 
d'un homme armé de toutes pièces. Blason de ... 
semé de lys de ... (Copie très fautive). 

SAINT-GEORGES. 

1234. Gever, fille de Rovien de ..., Betrs femme de Wil- 
hiame Laral ... de Jeneffe, f en 1302. 

VIEMME. 

1235. Henry Naveau de Viemme, f le 7 mars 1576 et Marie 
Market (de Pelenge dit Market), sa femme, t le 
13 juin 1590. — Armoiries de ces époux; aux angles 
quatre blasons presque frustes, qui paraissent être 
ceux des quartiers du défunt : 

[Naveau, Jaymaert dit délie Croix, Pangnart, Acosse]. 

VILLERS-SAINT-SIMÉON. 

1236*. Gertrude, femme de Bastien de Hasta, cbevalier, 
f le jour de la fête de sainte Agnès, martyre, 1270. 

ROCOUR. 

1237*. Ide de ..., t le jour de la fête de saint Marcel, pape, 

(1) Une note ajoute qu'Arnold de Verlaine était chanoine de la collé- 
giale de Saint-Barthôlemi à Liège. 



— 374 — 

MCC...XXXVH et Lambert de Rocourt, son mari, 
t le jour de la fête de saint Georges, 1250. 

VOTTEM. 

1238*. Gérard dit Peteilhons, chevalier de Vottem, f le vi 
des ides de janvier 1278. — Blason. 

1230. Quatre vitres portant chacune la date 1585 et res- 
pectivement ces quatre blasons : 1° Goye; 2° Dans; 
3° [Blavier]; 4° Grodembo (i). 

VISÉ. 

1240. Note de Le Fort sur la famille de Chameux, et men- 
tion de l'existence dans l'église collégiale de Visé 
de la tombe de Denis de Charneux et de Catherine 
Pu motte, son épouse, t le 23 août 1663. 

LIÈGE. 
Abbaye du Val-des-Ecoliers. 

124 T. Epitaphe latine d'un chevalier surmontée des armes 
de la famille de Prez-Colonster. 

1242*. Henri-Guillaume Xheruels de Bombaye, quatrième 
abbé de ce monastère, f à l'âge de 42 ans, après onze 
ans de dignité abbatiale, le 13 juin 1674. (Double, 
voy. ci-dessus, n° 512). — Armoiries surmontées d'une 
couronne et posées sur la crosse abbatiale; quartiers: 

Xheruels, Torrel, Hawau, Navaigne. 

1243". Elisabeth de Prez (de Prato), femme de Walter dit 
Poneie de Jupille, t le jour de la fête de saint Luc, 
évangéliste, 1294. — Blasons de ces époux. 

(1) Voy. ci-dessus, no 895. 



— 375 — 

1244. Katherine, mère de Johan Waldoreal, échevin de 
Liège, f le 7 septembre 1371 et Amirable, femme de 
Johan Waldoreal, échevin de Liège, f le 6 septembre 
1369. — Effigies :\m homme non armé et une dame, 
au-dessus de celle-ci, deux blasons. 

Couvent des Récollets. 

1245. Marie-Thérèse de Hoensbrouck d'Oostham, chanoi- 
nesse de Nivelles, f à l'âge de 17 ans, le 14 novembre 
1647. — Blason sommé d'une couronne (Voy . ci-dessus, 
n°94). 

1246. Jean de Roly, seigneur du dit lieu, Brusle, Ville-en- 
Faigne, Merlemont, grand maître d'hôtel et prési- 
dent de la Chambre des comptes et du Conseil privé 
de S. A. de Liège, t le H décembre 1601. — Armoi- 
ries; quartiers: 

Roly, Hologne, Chevalier, Han (i). 

VIVEGNIS. 
Abbaye. 

1247*. Aleyde de Presseux, première abbesse de ce monas- 
tère depuis sa réforme, fie jour de la fête des saints 
Simon et Jude, 1542. — Effigie de l'abbesse. Deux 
blasons : Presseux et la Marck. 

1248*. Marguerite del Vaulx, vingt-quatrième abbesse de 
ce monastère qu'elle gouverna pendant trente ans, 
t le 2 septembre 1583. — Effigie de cette abbesse. 
Deux blasons : Vaulx et Presseux. 

1249. Isabeau de Ramelot, religieuse, f le 20 mai 1610 et 
Bertheline de Ramelot, sa sœur, aussi religieuse de 

(1) Voy. cette épitaphe dans le fascicule do 36 du tome II du manuscrit. 



— 376 — 

cette maison, f le 20 octobre ... (Double, Voy. ci- 
dessus, n° 487). — Quartiers : 

Ramelot, Rouvroy, Crissengné, Rahier. 

1250. Jehenne Mailleu, religieuse, t le 19 ... 1586. — Quar- 
tiers: 

Maillen, Mozet, du Bois, Crissengné. 

(Double, Voy. ci-dessus, n° 488). Sur la présente 
copie, le 5 final du millésime a été changé en 6. 
1251". Catherine de Verlaine, abbesse de Vivegnis, la gloire 
desabbesses de son siècle, 1 1© 30 avril 1658. — Bla- 
son posé sur la crosse abbatiale ; quartiers : 

Verlaine, la Marche (la Marck), Frongteau de Housse, 

Frai pont. 

1252*. Anne d'Argenteau, « première abbesse bénite de ce 
» monastère qu'elle gouverna pendant dix-huit ans, <* 
f le 13 mars 1603. — Quartiers : 

Argenteau, Traizignies, Mastaing, Cuynghien. 

Cette abbesse était fille de Jacques, sire d'Argenteau 
et de Hermalle (fils de Renaud et de Marie de Tra- 
zegnies) et d'Engelberte de Jauche Mastaing. But- 
kens (î) et, après lui, Stein (2) donnent pour grands 
parents maternels à Anne d'Argenteau, Adrien de 
Jauche, seigneur de Sassignies et Amelberghe de 
Clèves de Ravenstein, sa seconde femme. Les quar- 
tiers figurant sur notre épitaphe établissent péremp- 
toirement qu'Engeiberte de Jauche était fille d'A- 
drien et d'Agnès de Cuynghem, sa première épouse. 

(1) Voy. Trophées tant sacrés que prophanes du duché de Brabant, 
t. II, pp. 135 et 226. 

(2) Annuaire de la noblesse de Belgique, année 1877, p. 49. 



— 377 — 

1253*. Marie-Anne de Fléron de Melin, abbesse de Vive- 
gnis, f à Tâge de 81 ans, la soixante-quatrième 
année de sa profession et la vingt-sixième de sa 
* prélature, * le 25 juillet 1685. — Blason écartelé de 
Fléron et de Houthem, sommé d'une couronne à 
treize perles, dont trois relevées et posé sur la crosse 
abbatiale ; quartiers : 

Fléron de Melin, Criesegnée, Bombay, Thoireals; 
Houthem, Catz, Berlo, van den Dael Q). 

1254*. Rigaud ... — Blason. 

1255. Agnès de Rouveroy, religieuse, t le 8 octobre 1561, 
et ... — Effigies de deux religieuses. Blason aux 
armes de Rouveroit; quartiers : 

[Rouveroit, Xhénemont, Ans, du Bois]. 

1256. Oud Datin (d'Athin), abbesse de Vivegnis, f le 16 
septembre 1439. — Une crosse entre deux blasons, 
l'un aux armes d'Athin, l'autre à celles de Villers, de 
Tongres. 

Notre abbesse était fille de Guillaume d'Athin, 
échevin de Liège et de N. de Villers, de Tongres, et 
sœur du fameux Wathieu d'Athin, grand mayeur, 
échevin et bourgmestre de Liège (Voy. Hemricourt, 
édition Jalheau, p. 39). 

1257. Jehenne de Boubay, abbesse de Vivegnis, fille de 
Gilles, avoué de Liers et sire d'Andrimont, t le 28 
avril 1441. — Une crosse entre deux blasons : Bom- 
baye et Liers. 

1258*. Marie de Viron, abbesse de ce lieu, t le v des ides 
de janvier 1659. — Blason aux armes de Viron, posé 
sur la crosse abbatiale; quartiers : 

Viron, Warnant, Mérode, Vervoz. 

(1) Voy. le no lus. 



— 378 — 

1259. Marie de Sa i net-Fontaine, religieuse, f le 26 sep- 
tembre 1605. —Quartiers: 

Sainct-Fontaine, Mons, Radoux, Oest. 

1260. Margaritte de Presseux, religieuse, t ••• 1623. — 
Quartiers : 

Presseux, Bellevaulx, Rahier, Presseux. 

1261*. Renar de Hady, t lo iv des ides de février 1265. — 
Blason. 

1262. Agnès de Barvea (de Marche dite de Barvaux), pen- 
dant onze ans abbésse de cette maison, t la veille de 
l'Assomption de Notre-Dame, 1553. — Effigie d'une 
abbesse. Quatre quartiers : 

[Marche dit Barvaux, N., 
Haultepenne, Marchin dit Bormenville]. 

1263. Ursule de Draech, religieuse professe le 12 juin 1616, 
t le 12 juin 1633. — Quartiers : 

Draech, Jeger, Viron, Rouvroy. 

Cette inscription se trouvait sur un tableau, dans 
les encloltres. 

1264. Catherine de Gulpen, professe en 1587, t le 16 juin 
1645. — Quartiers: 

Gulpen, Alsteren dit Hamal, Belderbusz, Cortembacb. 

1265*. Angôle de Horion, vingt-huitième abbesse de ce mo- 
nastère, f à Tàge de 67 ans, le 18 mars 1638. — Effigie 
de cette abbesse. Quartiers : 

Horion, Duras d'Ordange, Sainct-Fontaine, Radou de Pré. 

1266. Marie de Saulcy, religieuse jubilaire, t on 162... et 
Barbe de Saulcy, religieuse, t on ... — Quartiers : 

Saulcy, Saulcy, Rovery, Pontiche. 



— 379 — 

1267. Vitrail de [15365 divisé en quatre sections : 

la première porte les armes avec heaume couronné, 

cimier et deux griffons comme supports, d' « Egidius 

» Lhoest pastor ecclesiae de Oupie » ; 

la deuxième, les armes de « Dame Annes de Rouve- 

<* reux » (Rouveroit); 

la troisième, celles de Nicolas Lhoest, semblables à 

celles décrites plus haut ; 

la quatrième est brisée. 

Eglise paroissiale. 

1268. Johan de Pontiche, marié à Isabea, fille de Piron de 
Vivegnis, t le 12 juillet 1528. — Armoiries. 

1269. Maroye, femme de Raes de Pontiche, t le 29 juillet 
1532 et Maroye, fille de Wathie Lhoeste, maire d'Ou- 
peye, femme de Raeskin, fils du dit Raès, t le 19 
juillet 1533. 

1270. Raies de Pontiche, l aîné, f le 10 avril 1548 et Aelid, 
son épouse, t le 28 août 1540. — Effigies : un homme 
non armé et une dame « représentée en demoiselle. « 
Armoiries du défunt. 

OUPEYE. 

1271. Vitrail portant un blason écartelé : de ... semé de 
fleurs de Jys de ... et de ... à neuf tourteaux de ... 3, 
3, 3; Técu est timbré d'un heaume orné de lambre- 
quins, cimier: une fleur de lys naissante. 

VYLE. 

1272. Godefrit de Veilhe, chevalier, t le 13 juin (?) 1439. — 
Effigie d'un homme armé de toutes pièces. Blason. 

1273. Philippe de Vilhe, pasteur du dit lieu et doyen du 
concile d'Andenne, t le 1 1 avril 1599. — Blason. 



— 380 — 

1274. Mention dune tombe portant les effigies d'un gentil- 
homme et d'une dame et ces quartiers : 

Copin, de Ville, Godeschal, Ferriôre. 

1275. Héleine de Fizen, t le 18 avril 1593, femme de feu 
Jehan d'Orjo, bourgmestre de Liège et capitaine de 
la compagnie des anciens arbalétriers de la Cité. 
— Armoiries de ces époux; quatre quartiers de la 
défunte : 

Fizen, Lacques, Hodister, Antioe. 

1276*. Gérard de Viele, chevalier, 1 1© troisième jour après 
la fête de saint Pierre es liens, 1282. — Blason. 

1277. Blason de Henri-Joseph de Ville, seigneur de Goyet 
et de Sampson; licencié es droits, 22 mai 1780. 

FRÉZIN. 

1278. Deux blasons « extraits d'une tombe écrite en 
» Flamend, » l'un est aux armes de Hemricourt, 
l'autre d'hermines à un chevron, chargé de trois 
coquilles. 

CELLES-EN-HESBAYE. 

1279. Ida ..., femme de Johans, fils de Robiers de Ferme, 
chevalier, t la nuit de la fête de saint Denis, le 8 
octobre 1360, 

1280. Ubert Bouton (Botton), * maire de Selle, n f en 15... 
et Sou phi e [de Termogne], sa femme, t le 12 mai 
1521. — Effigies, celle de Libert le représente non 
armé. Armoiries de ces époux. 

WANDRE. 

128 lé Mention de quartiers de la famille de Rouveroit dans 
la chapelle de ce nom à Wandre. — - Blasons. 



— 381 — 

1282. Vitrail représentant un seigneur et une dame à ge- 
noux. 

1283. Antoine de Rouveroy, seigneur de Trois-Fontaines, 
-J- le pénultième jour de décembre 1544. — Effigies : 
un gentilhomme armé et une dame. Blasons des fa- 
milles de Rouveroit et de Xhénemont avec heaume 
et cimier. 

(Antoine de Rouveroit, fils de Renard, seigneur 
d'Odeur, de la Tour de Ferme, de la Tour de Bellefroid 
à Wandre et de Trois-Fontaines et d'Isabelle de 
Xhénemont, avait épousé Marie Hustin). 

1284. Notes sur : 

1° Jacques-Renard de Rouveroit, seigneur de Mom- 

D66C&1 

2° Robert baron de Rouveroit, major au régiment 
de Jaymaert dragons au service de S. A. de Liège. 
3° Albert-Eugène de Rouveroit, guidon au même ré- 
giment. 

4° François de Rouveroit, capitaine au service d'Es- 
pagne. 

5° Philippe-Antoine de Rouveroit. 
(Ces cinq gentilshommes étaient fils de Renard de 
Rouveroit, gouverneur du château d'Argenteau et 
d'Anne Gérardi). 

BLERET. 

1285. [Helin] Barré Siplet, t le 17 février 1618 et Cathe- 
rine de Longchamps, sa femme, f le 15 décembre 
1615. — Armoiries; quartiers : 

Barô Siplet, Hollogne, Hamal, Avin (Au vin); 
Longchamps, Vannes, Blehen, Emines (1). 

Il) Le deuxième et le troisième quartier de la ligne maternelle sont 
intervertis. Voy. no 798. 



— 382 — 

WAREMME. 

Eglise paroissiale. 

1286*. Ameil le vieux, Arnold et Rigaud de Mu. ..no (Mou- 
hin), écuyers, frères, f tous trois, le 22 mai 1327. Ri- 
chard le jeune et Agnès, femme de Richard le jeune. 
— Effigies : un homme armé de toutes pièces, por- 
tant son écu armorié à la ceinture et une dame. 
Huit blasons. / 

Hemricourt, dans son Miroir des nobles (î), raconte 
rhistoire de la fin tragique de ces trois écuyers de 
Mouhin. 

1287. Note généalogique sur les Corswarem extraite des 
registres de la Paix-Dieu. 

1288. Note sur la famille de Longchamps. 

1289. Note généalogique sur Robert de Donceel, pasteur 
de Nivelle-sur-Meuse, né à Laminne. 

1290. Autre note sur les Donceel et descendance de cette 
famille depuis Conrard, qui épousa une Celles Hodo- 
mont. 

1291. Troisième note sur la famille de Donceel. 

1292. Fastré de Longchamps, lieutenant bailli de Hesbaye, 
t le 12 septembre 1565 et Catherine Vannesse, son 
épouse, fie 8 décembre 1579. — Armoiries; quartiers : 

Longchamps, [Blehen], Vannes, Emynes. 

1293. Guillaume de Longchamps, lieutenant-général de la 
Hesbaye pendant cinquante ans, f à Tâge de 80 ans, le 
15 août 1638 et Jozinne de Vannes, sa compagne, t le 
7 février 1614. — Armoiries de ces époux; quartiers: 

Longchamps, Vannes, Preudhome, Roost; 
Vannes, Herwes, Bovenisty, Royere. 

(1) Voy. édition Salbray, p. S59. 



— 383 — 

1294. Guillaume de Longchamps, f le 18 avril 1642. — 
Armoiries de Longchamps et de Neufcourt; quar- 
tiers : 

Longchamps, Preudhome, Vannes, Royer; 
Neufcourt, Waterlandt, Selle, du Bois. 

Guillaume de Neufville dit de longchamps, dont il 
est ici question, avait épousé Anne-Marie de Neuf- 
court. 

1295*. Fastré, écuyer, fils de ... hilibert d'Aineffe, cheva- 
lier, f le lendemain de ... 1293. — Effigie d'un homme 
en * longue tunique avec son écu à la droite de sa 
« tète. » Cet écu burelé de dix pièces semble avoir 
été ajouté par après, suivant une note de Le Fort. 

Couvent des Récollets. 

1296. Blason sommé d'une couronne à cinq fleurons et ac- 
compagné d'une inscription rappelant Marguerite 
d'Alagon, douairière de Hermée, Walefle et Borlez. 
1677. 

1297. Inscription rappelant Eustache-Charles de Salmier, 
baron de Hosden, seigneur de Melroy, Ville-en- 
Hesbaye etNamôche et Anne-Adrianne de Havrech, 
sa femme. — Armoiries de ces conjoints. 

1298. Blason de la famille de Longchamps accompagné 
d'une inscription rappelant <* Arnoul de Longchamps, 
« seigneur d'Abolen et de Pucey. » 1677. 

1299. Id. de la famille de la Thour. 

XHENDREMAEL. 

1300. Blason aux armes de « Jacques Lehault, curé de 
» Schendremael. » 



TABLE DES MATIÈRES 



Statuts de la Société des Bibliophiles liégeois 5 

Liste des membres 1886-1888 9 

Liste des publications de la Société 21 

Procès- verbal de la Séance du 31 janvier 1886 24 

Philippe de Limbouro. Une impression liégeoise retrouvée. 25 

S Une curiosité bibliographique. — Généalogie des Somzé. 28 

Procès-verbal de la Séance du 25 juillet 1886 68 

Procès-verbal de la Séance du 19 septembre 1886 .... 69 

Procès-verbal de la Séance du 17 octobre 1886 70 

Philippe de Limbouro. Observations sur le Guide des 

curieux qui visitent les eaux de Spa, de L.-F. Dethier. 77 
— Accessoires du régime démocratico-révolutionnaire. 

Arbre de la Liberté, par Gérard de l'Eau 101 

La grande vue de Liège, par Gilles Marischal, 1618 .... 103 
Une supercherie littéraire ou les Souvenirs de François 
Garnier, jardinier-jubilaire au château de Jehay, etc., 
édités par le O Xavier van den Steen de Jehay. Liège, 

1884, 2 vol. in-8 109 

Procès- verbal de la Séance du 13 février 1887 144 

Procès-verbal de la Séance du 3 avril 1887 145 

Procès- verbal de la Séance du 8 mai 1887 146 

Procès-verbal de la Séance du 26 juin 1887 148 

Procès-verbal de la Séance du 27 novembre 1887 .... 149 

Procès- verbal de la Séance du 22 janvier 1888 151 

E. Schoolmeesters. Les Abbés du monastère de Saint-Gilles, 

à Liège 153 

Léon Naveau. Analyse du Recueil d'épitaphes des Le Fort. 209 

Première partie 219 

Deuxième partie 293 



-•*— 



..J 



SOCIÉTÉ 



BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



BULLETIN 
IV 



1" FASCICULE 



L1ÊCE 

IMPRIMERIE !.. GRANUMONT-DONDERS 



SOCIÉTÉ 



DES 



BIBLIOPHILES LIEGEOIS 



SOCIÉTÉ 

DES 

BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



BULLETIN 
IV 



LIEGE 

IMPRIMERIE L. GRANDMONT-DONDERS 



SOCIÉTÉ 



DBS 



BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



FONDÉE LE 15 MARS 186a 



ARTICLE I er . 

Une Société est fondée à Liège sous le nom de Société 
des Bibliophiles Liégeois. Elle publie les documents, soit 
manuscrits, soit imprimés mais devenus rares, ainsi que 
les travaux des membres de la Société relatifs à ces docu- 
ments et concernant l'histoire politique et littéraire de 
l'ancien pays de Liège. 

ARTICLE II. 

La Société se compose de soixante-quinze membres rece- 
vant des exemplaires spéciaux de toutes les publications. 
Leur cotisation annuelle est fixée à vingt-cinq francs 
payables dans le mois de janvier. En cas de non payement 
après deux avertissements par écrit, ils sont censés démis- 
sionnaires. 



— 6 - 
ARTICLE III. 

La présentation d'an candidat doit être faite par trois 
membres. L'admission est décidée par bulletin secret et à 
la majorité absolue des suffrages. 

ARTICLE IV. 

Les réunions ont lieu sur la convocation du Secrétaire. 

Aucune mesure ne peut être adoptée si sept membres au 
moins ne sont présents. Les décisions sont prises à la 
majorité des voix. En cas de parité, la proposition est 
rejetée. Sur la demande de trois membres, on procède au 
scrutin secret. 

ARTICLE V. 

Le Bureau se compose du Président, du Vice-Président, 
du Secrétaire, du Trésorier et du Bibliothécaire. Le Bureau 
est renouvelé tous les deux ans dans le courant du mois 
de janvier. Le Vice-Président devient de plein droit Prési- 
dent à l'expiration du mandat de ce dernier. Les membres 
sortants, à l'exception du Président, sont rééligibles. 

ARTICLE VI. 

Le Président veille à l'exécution du règlement, il dirige 
les travaux et les discussions des réunions. En cas d'absence 
du Président, le Vice-Président ou le membre le plus âgé 
en remplit les fonctions. 



— 7 — 
ARTICLE VII. 

Le Secrétaire tient les procès-verbaux des séances et 
la correspondance. Il est chargé de la conservation des 
archives et du sceau de la Société. 

11 convoque les membres huit jours d'avance en indi- 
quant, d'après les instructions du Président, les objets à 
Tordre du jour. 

Les procès- verbaux et décisions de la Société sont signés 
par le Président et le Secrétaire. Ce dernier signe seul les 
pièces qui n'impliquent aucune décision de la Société. 

ARTICLE VIII. 

Le Trésorier est chargé des recettes et des dépenses. Il 
n'effectue aucun payement que sur ordonnance signée par 
le Président. Il rend compte de sa gestion dans le courant 
du mois de janvier de chaque année. 



ARTICLE IX. 

Les publications se font par volumes ou fascicules et à 
des époques indéterminées. Chaque membre a le droit de 
présenter les documents qu'il croit utile de publier. La 
Société les adopte ou les rejette et fixe au besoin le rang 
de publication. 

L'éditeur du document est désigné par la Société. Il 
pourra y joindre une introduction et des notes. 

La Société n'assume pas la responsabilité des travaux 
qu'elle publie. 



- 8 — 
ARTICLE X. 

Pour arriver à une exécution matérielle uniforme, le 
bon à tirer ne sera donné que sur le visa du Président et 
du Secrétaire. 

Chaque volume porte sur le faux-titre : Société des 
Bibliophiles Liégeois, et sur le titre le nom de son éditeur. 

Toute publication est imprimée à soixante-quinze exem- 
plaires destinés aux membres. L'éditeur a droit, en outre, 
à vingt-cinq exemplaires sur papier ordinaire. La Société 
décide si l'ouvrage doit être mis dans le commerce et fixe, 
en ce cas, le chiffre du tirage. 

Tous les exemplaires sont numérotés. 

ARTICLE XI. 

Les modifications au règlement ne peuvent être adop- 
tées qu'après avoir été proposées par trois membres dans 
deux séances consécutives et votées par les deux tiers des 
membres présents. 

ARTICLE XII. 

La Société ne peut être dissoute que par une décision, 
prise en assemblée générale convoquée à cette fin un mois 
d'avance. La résolution doit être votée à la majorité des 
trois quarts des membres présents. Ceux-ci décideront en 
même temps de remploi qui sera fait des exemplaires 
restant en magasin et de ravoir social. 



LISTE DES MEMBRES 



1888 



Fiess (Joseph), docteur en droit, bibliothécaire de TUniver- 
sité de Liège; fondateur. Décédé le 19 août 1875. 

Frésart (Oscar), à Liège ; reçu le 9 janvier 1876. Démis- 
sionnaire le 19 octobre 1886. 

de Marneffe (Edgar), attaché aux Archives générales du 
Royaume à Bruxelles; reçu le 3 avril 1887. 



Helbio (Henri), homme de lettres, à Liège ; fondateur. 

3 

Bormans (Stanislas), docteur en philosophie et lettres, 
administrateur-inspecteur de l'Université de Liège, 
membre de l'Académie royale de Belgique ; fon- 
dateur. 

4 

Polain (Mathieu), administrateur-inspecteur de l'Univer- 
sité de Liège, membre de l'Académie royale de 
Belgique; fondateur. Démissionnaire le 17 février 
1871. Décédé le 4 avril 1872. 



— 10 — 

Morren (Edouard), professeur à l'Université, à Liège, 
membre de l'Académie royale de Belgique ; reçu 
le 10 mars 1872. Décédé le 28 février 1886. 

de Sélys-Longchamps (baron Walthère), docteur en droit ; 
reçu le 26 juin 1887. 

* 

5 

Martial (Èpiphane), avocat, à Liège ; fondateur. Décédé 

le 1 er juin 1880. 
de Pitteurs db Budingen (baron Léon), docteur en droit, 

à Liège; reçu le 21 novembre 1880. 



de Theux de Montjàrdin (chevalier Joseph), docteur en 
droit, à Bruxelles ; reçu le 15 mars 1863. Décédé le 
16 juin 1868. 

Lohest (Pascal), à Liège; reçu le 10 mars 1872. 



db Sauvage (chevalier Félix), banquier, à Liège ; reçu le 
3 mai 1863. Décédé le 10 juin 1880. 

Body (Albin), archiviste et bibliothécaire de la ville de Spa; 
reçu le 30 janvier 1881. 

8 

de Looz-Corswarem (comte Hippoly te), sénateur, à Liège ; 
reçu le 12 avril 1863. 



de Theux de Montjàrdin (chevalier Xavier), docteur en 
droit, président de la Société des Bibliophiles de 
Belgique, à Bruxelles ; fondateur. 



— 11 — 

10 

Francotte (Gustave), à Liège ; fondateur. Décédé le 16 
octobre 1886. 

Francotte (Gustave), avocat, à Liège ; reçu le 3 avril 1887. 

H 

Terry (Léonard), professeur au Conservatoire royal de 
Liège, membre de l'Académie royale de Belgique ; 
fondateur. Démissionnaire le 6 janvier 1871. 
Décédé le 25 juillet 1882. 

Matthieu (Jules), professeur et bibliothécaire de la ville 
de Verviers, à Andrimont (lez-Verviers) ; reçu le 
12 mars 1871. 

12 

Capitaine (Ulysse), conseiller provincial, à Liège; fonda- 
teur. Décédé le 31 mars 1871. 

de Limbouro (Philippe), bourgmestre de Theux; reçu le 
19 novembre 1871. 

43 

de Borman (chevalier Camille), docteur en droit, député 
permanent du Limbourg, à Liège , fondateur. 

14 
Wittert (baron Adrien), à Bruxelles ; fondateur. 

15 

de Chestret de Haneffe (baron Jules), à Liège ; reçu le 
15 mars 1863. 



- 12 - 

16 

Goffart (Eugène), docteur en médecine, conseiller pro- 
vincial, à Liège; reçu le 15 mars 1863. Décédé le 
22 février 1867. 

de Renesse (comte Camille), à Liège; reçu le 10 avril 1870. 
Démissionnaire en 1873. 

de Luesemans (Charles), gouverneur de la province de Liège; 
reçu le 12 janvier 1873. Décédé le 26 mars 1882. 

Demarteau (Joseph), rédacteur en chef de la Gazette de 
Liège; reçu le 10 avril 1882. 

17 

Frésart (Jules), banquier, à Liège; reçu le 12 avril 1863. 

18 

de Limburg-Stirum (comte Philippe), sénateur, à Bruxelles; 
reçu le 12 avril 1863. 

19 

Smeets (Théodore), pharmacien, à Liège; reçu le 12 avril 
1863. Décédé le 6 septembre 1866. 

Hock (Auguste), homme de lettres, à Liège ; reçu le 19 avril 
1868. 

30 

Grandgagnage (Charles), sénateur, président de l'Institut 
archéologique et de la Société de littérature wal- 
lonne, à Liège ; reçu le 3 mai 1863. Décédé le 10 
janvier 1878. 

de Marneffe (Edgar), à Bruxelles; reçu le 24 novembre 
1878. Démissionnaire le 9 février 1881. 



— 13 — 

Terme (Antonin), archéologue, à Liège; reçu le 4 décembre 
1881. Démissionnaire en 1886. 

Terme (Georges), reçu le 3 avril 1887. 

21 

Doonée (Eugène), avocat, à Liège ; fondateur. Démission- 
naire le 26 février 1865. 

Grandmont (Alphonse), avocat, à Liège; reçu le 11 mars 
1866. 

22 

Dams (Joseph), chanoine de la Cathédrale et professeur au 
Séminaire de Liège; fondateur. Démissionnaire le 
12 novembre 1867. 

Digneffe (Léonce), à Liège; reçu le 10 mars 1872. 

23 

Wautbrs (Hyacinthe), tanneur, à Liège; reçu le 7 juin 
1863. 

24 

Van den Steen de Jehay (comte Xavier), à Bassinnes ; 
reçu le 28 février 1864. Démissionnaire le 12 février 
1867. Décédé le 24 juillet 1885. 

Tmrs (Edouard), abbé, à Liège; reçu le 12 mars 1871. 
Décédé le 30 mars 1882. 

de Villenfagne de Sor innés (baron Albert), à Liège ; reçu 
le 16 avril 1882. 

25 

Giundjean (Mathieu), docteur en philosophie et lettres, 
bibliothécaire de l'Université de Liège; fondateur. 



— 14 — 

36 

Van der Haeohen (Ferdinand), bibliothécaire de l'Univer- 
sité de Gand ; reçu le 28 février 1864. 

27 

de Limburg-Stirum (comte Thierry), docteur en droit, 
sénateur, à Gand ; reçu le 28 février 1864. 

28 

Vergauwen (François), sénateur, à Gand ; reçu le 28 février 

1864. Décédé le 12 juillet 1881. 
de Cartier de Marchibnnes (baron Emile), château de 

Marchiennes; reçu le 4 décembre 1881. Décédé le 

24 octobre 1887. 
Simonis (Camille), reçu le 22 janvier 1888. 

29 

de Kerckhove de Denterghem (comte Charles), représen- 
tant, à Gand; reçu le 17 avril 1864. Décédé le 21 
février 1882. 

de Sélts-Fanson (baron Robert), docteur en droit, à Liège ; 
reçu le 16 avril 1882. 

30 

Serrure (P. C), professeur à l'Université de Gand, membre 
de l'Académie royale de Belgique ; reçu le 17 avril 
1864. Démissionnaire le 9 janvier 1870. 

Couclet (François), graveur, à Liège ; reçu le 12 juin 1870. 

31 

Raikbm (Joseph), ancien ministre de la justice, procureur- 
général honoraire de la Cour d'appel à Liège ; reçu 
le 15 janvier 1865. Décédé le 25 janvier 1875. 



— 15 — 

d'Oultremont de Warfusée (comte Théodore), château 
de Warfusée; reçu le 7 février 1875. Décédé le 8 
octobre 1875. 

de Clermont (Guillaume), avoué, à Liège; reçu le 9 janvier 
1876. 

32 

Dereux (Mathieu), avocat, à Liège ; reçu le 26 février 1865. 
Décédé le 15 février 1870. 

Dereux (Léon), avocat, à Liège; reçu le 13 mars 1870. 

33 

Chalon (Renier), docteur en droit, membre de l'Académie 
royale de Belgique, président de la Commission 
du Musée de la porte de Hal, à Bruxelles ; reçu le 
21 mai 1865. 

34 

Delhasse (Félix), homme de lettres, à Bruxelles; reçu le 
21 mai 1865. 

35 

L'Université de Liège; reçue le 28 janvier 1866. 

36 

Carlier (Joseph), à Liège; reçu le 11 mars 1866. Décédé le 
10 mars 1876. 

Carlier (Hyacinthe), à Liège; reçu le 11 juin 1876. Décédé 
le limai 1877. 

Orbajy de Xivry (Jules), à Stavelot ou au château de 
Gaillarmont (par Grivegnée, Liège); reçu le 18 mai 
1879. 



— 16 — 



37 



Haokmans (Gustave), représentant, à Bruxelles; reçu le 
8 avril 1866. Démissionnaire en 1875. 

de Limminghe (comte Léon), château de Gesves (Namur) ; 
reçu le 28 octobre 1877. 

38 

Poswick (Eugène), château d'Ingihoul (par Engîs) ; reçu le 
8 mars 1868. 

39 

S. A. R. Monseigneur le Comte de Flandre, à Bruxelles ; 
reçu le 10 mai 1868. 

40 

de Sêlys-Longchamps (baron Edmond), sénateur, membre 
de l'Académie royale de Belgique, à Liège ; reçu le 
19 avril 1868. 

41 

de Hemricourt de Grunne (comte Arthur), docteur en 
droit, sénateur, château de Hamal (par Tongres) ; 
reçu le 13 mars 1868. 

42 

d'Andrimont (Julien), sénateur, à Liège; reçu le 10 avril 
1870. Démissionnaire le 17 février 1879. 

Van den Berg (Joseph) ; reçu le 21 novembre 1880. Démis- 
sionnaire le 31 janvier 1886. 

Janmart de Brouillant (Louis), reçu le 3 avril 1887. 
Démissionnaire le 29 mai 1888. 



— 17 — 

43 
La Société d'Histoire et d'Archéologie de Maestricht ; 
reçue le 8 mai 1870. 

44 

de Schouthebte de Tervarent (chevalier Amédée), con- 
seiller provincial, château de Moeland (Saint- 
Nicolas- Waes) ; reçu le 8 mai 1870. Démissionnaire 
le 31 décembre 1887. 

Dejace (Charles), professeur à l'Université ; reçu le 18 mars 
1888. 

45 

de Gobr de Hervé (baron Eugène), à Bruxelles; reçu le 
8 mai 1870. 

46 

Alexandre (Joseph), archiviste provincial, à Liège; reçu 
le 12 juin 1870. 

47 

de Croy-Dulmen (prince Alfred-Emmanuel), secrétaire de 
légation, au Roeulx (Hainaut) ; reçu le 6 novembre 
1870. Démissionnaire le 27 janvier 1882. 

Lohest (Herman), avocat, à Liège ; reçu le 19 février 1882. 

48 

de Bbrlatmont (comte Guy), château de Bormenville (par 
Hamois-Condroz) ; recule 6 novembre 1870. 

49 

Dhlbcourt (Jules), conseiller à la Cour d'appel, à Bruxelles; 
reçu le 6 novembre 1870. Démissionnaire le 20 dé- 
cembre 1885. 



— 18 — 

de SÉlys-Longchamps (baron Raphaël); reçu le 8 mai 1887. 

50 

La Bibliothèque Royale de Bruxelles; reçue le 6 
novembre 1870. 

SI 
Renier (Jean), professeur, à Verviers; reçu le 8 avril 1883. 

53 

de Gbradon (Charles), banquier, à Liège; reçu le 20 mai 
1883. 

53 

Ophoven (Armand), à Liège; reçu le 20 mai 1883. Démission- 
naire le 19 octobre 1886. 

Lamarche (Oscar), à Liège ; reçu le 8 mai 1887. 

54 

Carlier (Georges), à Liège; reçu le 20 mai 1883. 

55 

Schoolmeesters (Emile), curé-doyen de Saint-Jacques, à 
Liège ; reçu le 20 mai 1883. 

56 

De Soer (Maxime), à Liège; reçu le 20 mai 1883. 

57 

van Eyll (baron Victor), château de Labaye (par Nandrin); 
reçu le 20 mai 1883. Démissionnaire le 1 er juillet 
1886. 



— 19 — 

Kurth (Godefroid), professeur à l'Université, à Liège; reçu 
le 27 novembre 1887. 

58 

Poswick (Jules), àLimbourg; reçu le 20 mai 1883. Démis- 
sionnaire le 1 er décembre 1886. 

de Fayerkau de Jeneret (Paul), docteur en droit, membre 
de la Chambre des représentants, à Liège ; reçu 
le 18 mars 1888. 

59 

Poswick (Prosper), château de Tihange (par Huy); reçu le 
20 mai 1883. 

60 
Fresart (Félix), banquier, à Liège ; reçu le 20 mai 1883. 

61 
Jàmar (Edmond), architecte, à Liège ; reçu le 20 mai 1883. 

62 

de Lhoneux (Madame Gustave), à Huy; reçue le 17 juin 
1883. 

63 

Vierset-Godin (Emile), architecte, à Huy; reçu le 17 juin 
1883. 

64 

de Geloes (comte René), château d'Eysden; reçu le 17 juin 
1883. 

65 

be Villenfaone de Vogelsanck (baron Gaston), à Liège ; 
reçu le 17 juin 1883. 



— 20 — 

66 

Olivier (François-Jean), libraire, à Bruxelles; reçu le 17 
juin 1883. Démissionnaire le 31 décembre 1886. 

Le Paige (Charles), professeur à l'Université, à Liège; reçu 
le 3 avril 1887. 

67 

de Lamberts-Cortenbach (baron Rodolphe), château de la 
Zangrie (par Bilsen); reçu le 17 juin 1883. 

68 

de Blanckart (baron Charles), docteur en droit, château de 
Lexhy (par Fexhe); reçu le 17 juin 1883. 

69 
Cormaux (Denis), imprimeur, à Liège; reçu le 22 juin 1884. 

70 

Na veau (Léon), château de Bommershoven (par Tongres) ; 
reçu le 22 juin 1884. 

71 

L'Hoest (Isidore), inspecteur chef de service au chemin de 
fer Nord-Belge, à Liège; reçu le 31 janvier 1886. 

72 
Wilmart (Charles), docteur en droit; reçu le 25 juillet 1886. 

73 

L'Université de Louvain; reçue le 12 septembre 1886. 
Démissionnaire le 1 er janvier 1888. 

Dubois (Léon), chanoine de la Cathédrale, à Liège ; reçu le 
27 mai 1888. 



— 21 — 

74 

Francotte (Henri), professeur à l'Université, à Liège ; reçu 
le 22 janvier 1888. 

75 

Iahatb (Léon), docteur en droit, conservateur des archives 
de l'État, à Namur ; reçu le 27 novembre 1887. 



BUREAU POUR 1888 & 1889 

Président. S. BORMANS, rue Louvrex, 73. 

Vice-président. Baron de CHESTRET de HANEFFE,quai 

de l'Industrie, 13. 

Secrétaire. 3. ALEXANDRE, rue Volière, 15. 

Trésorier. Baron db PITTEURS db BUDINGEN, rue 

Louvrex, 77. 

Bibliothécaire. F. COUCLET, rue Pont-d'Ile, 28. 



•f- 



PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ 

DBPUIS SA FONDATION 

N° 1. Chronique des évêques de Liège, xm* siècle. — Stan. 
Bormans. 1864. 

2. Chronique de Mathias de Lewis, d'après un manuscrit 
du xiv 6 siècle. — S tan. Bormans. 1865. 

S. Le Martyre de Saint Eustache, tragédie de Pierre 
Bello. — H. Helbig. 1865. 

4. Collection de documents contemporains relatifs au 
meurtre de Sébastien de La Ruelle, bourgmestre de 
Liège, recueillis et publiés par Ulysse Capitaine. Tome 
premier. Avec quatre planches. 1868. 

5. Les Hommes illustres de la nation liégeoise, par Louis 
Abry. — H. Helbig et S tan. Bormans. Avec dix-huit 
planches. 1867. 

6. Essai sur le pays de Liège et sur ses lois fondamen- 
tales, par Michel Deschamps. — Ulysse Capitaine. 1867. 

7. Traicté des maisons nobles du Pays de Liège, par 
Ernest de Rye. — Stan. Bormans et Eugène Poswick. 
Avec quarante planches. 1870. 

8. Mahomet II, tragédie par le baron Biaise Henri de 
Waleff. — H. Helbig. 1870. 

9. L'Anarchie à Liège. Poème satyrique en quatre chants, 
par le baron Biaise-Henri de Waleff. — H. Helbig. Avec 
planche. 1871. 



— 23 — 

N° 10. Chronique de l'abbaye de Saint-Trond, publiée par le 
chevalier Camille de Borman. Tome premier. 1877. 

11. Voyage de Philippe de Hurges à Liège et à Maastricht 
en 1615. — H. Michelant. Avec neuf planches. 1872. 

19. Annales Sancti Iacobi Leodiensis. — Chronicon brève 
Leodiense ex codice Aureaevallis. — J. Alexandre. 1874. 

13. Voyage de Pierre Bergeron es Ardennes, Liège et 
Pays-Bas en 1619. — H. Michelant. 1875. 

14. Mémoires concernant des négociations de la France 
relatives à la neutralité du Pays de Liège en 1630. — 
H. Helbig. 1875. 

15. Chronique de l'Abbaye de Saint-Trond, publiée par le 
chevalier Camille de Borman. Tome second. 1877. 

16. Mémoires pour servir à l'histoire monastique du Pays 
de Liège, par le Père J. P. R. Stéphani, publiés par 
J. Alexandre. Avec neuf planches. Tome premier. 1876. 

17. Mémoires pour servir à l'histoire monastique du Pays 
de Liège. Avec planche. Tome second. 1877. 

18. Nouveaux mélanges historiques et littéraires. Œuvres 
inédites du baron H. N. de Villenfagne d'Ingihoul, 
publiées par X. de Theux. Avec planche. 1878. 

19. Histoire chronologique des abbés-princes de Stavelot 
et Malmedy, par François-Augustin Villers, publiée par 
J. Alexandre. Tome premier. Avec deux planches. 1878. 

90. Histoire chronologique des abbés-princes de Stavelot 
et Malmedy. Tome second. Avec deux planches. 1879. 

91. Histoire chronologique des abbés-princes de Stavelot 
at Malmedy. Tome troisième. Avec trois planches. 1880. 

99. Collection de documents contemporains relatifs au 
meurtre de Sébastien de La Ruelle, bourgmestre de 
Liège. Supplément publié par X. de Theux. 1878. 



— 24 — 

N° 88. Papiers de Jean-Remi de Chestret pour servir à 
l'histoire de la Révolution liégeoise (1787-1789), publiés 
par an de ses descendants. Tome premier. Avec planche. 
1881. 

M. Liégeois et Bourguignons en 1468. Etude historique 
par le D* H. P. J. Bstrup, d'après les rapports du légat 
Onufiius. Traduction du danois, avec une introduction 
par Stanislas Bormans. 1881. 

25. Papiers de Jean-Remi de Chestret. Tome second. 1882. 

86. Chronica Lobhiensia. — Annales Leodienses. Chro- 
nicon rhytmicum Leodiense. — Annales Fossenses. — 
J. Alexandre. 1882. 

87. Chiroux et Qrignoux. — H. Helbig. 1883. 

88. Recueil héraldique des membres du Conseil ordinaire 
de la principauté de Liège, par Louis et Simon-Josepii 
Abry, publié et continué par Eugène Poswick. 1884. 

88. Rervm Leodiensivm Statvs. Anno m.dc.xltx. Avec 
traduction française par J. Alexandre. 1885. 

80. Saint Théodard et Saint Lambert, vies anciennes, 
publiées par Joseph Demarteau. 1886. 

31. La Principauté de Liège et les Pays-Bas au xvr siècle. 
Correspondances et documents politiques recueillis et 
publiés par Edgar de Marneffe. Tome premier. Avec 
planche. 1887. 

88. La Principauté de Liège et les Pays-Bas au xvi* siècle. 
Tome second. Avec planche. 1888. 

Bulletin de la Société des Bibliophiles Liégeois. 
Tome I, 1882-1883; Tome II, 1884-1885; Tome III, 1886- 
1887. 



— 25 — 

Séance du 22 janvier 1888 

La séance est ouverte à 10 lit heures, sous la présidence 
de M. Bormans. 

Sont présents : MM. Bormans , président ; docteur 
Alexandre, secrétaire; baron de Pitteurs de Budingen, 
trésorier; Couclet, bibliothécaire; chevalier de Borraan, 
baron de Chestret de Haneffe, Demarteau, Félix Frésart, 
Jules Frésart, de Géradon, Kurth, Lahaye, de Marneffe, 
Eugène Poswick, baron de Sélys-Fanson, baron Edmond de 
Sélys-Longchamps, baron Raphaël de Sélys-Longchamps, 
baron Walthère de Sélys-Longchamps, Schoolmeesters , 
Terme et Wilmart. 

Lecture est donnée du procès-verbal de la séance du 
6 décembre 1887; il est adopté sans observation. 

M. Kurth, professeur à l'Université, et M. Lahaye re- 
mercient la Société pour leur nomination. 

MM. Grandjean, Helbig, comte de Limminghe, Isidore 
L'Hoest, Naveau et Orban de Xivry s'excusent de ne pou- 
voir assister à la réunion. 

M. de Schoutheete de Tervarent donne sa démission. 
La Société procède à l'élection des membres du Bureau. 
MM. Bormans, baron de Chestret de Haneffe, Alexandre, 
baron de Pitteurs et Couclet sont élus respectivement pré- 
sident, vice-président, secrétaire, trésorier et bibliothécaire. 
M. Henri Francotte, professeur à l'Université, et M. 
Camille Simonis sont admis, à l'unanimité, au nombre des 
membres de la Société. 

Après lecture des rapports de MM. le chevalier de Bor- 
man, baron de Chestret et Orban de Xivry sur le travail de 
M. Body, concernant les Souvenirs de François Garnier, 
la Société décide que ce travail sera inséré au Bulletin sous 
réserve de quelques légers changements. 



— 2Ù - 

Elle s'occupe de la modificatiou proposée à l'article I er 
du Règlement. Plusieurs membres émettent des observa- 
tions en sens divers. M. Demarteau présente la rédaction 
suivante : * ainsi que les travaux des membres de la 
Société relatifs à ces documents et concernant This- 
toire... » La discussion aura lieu à la prochaine séance. 

M. de Pitteurs, trésorier, communique les comptes de 
l'année 1887. Il en résulte que la somme en caisse, au 1" 
janvier 1888, s'élève à 4,656 fr. 77. 

Le Secrétaire annonce que le tome I er de La Princi- 
pauté de Liège et les Pays-Bas au xvp siècle est achevé. 
L'introduction sera distribuée avec le dernier volume. La 
Vie de saint Théodard sera tirée aussitôt après le colla- 
tionnement du texte sur le manuscrit original. 

L'impression du Rervm Leodiensivm Statvs, anno 
mdcxlix, est terminée. 

L'ouvrage de M. le chevalier de Borman sera distribue 
par fascicules dont le premier sera imprimé au mois de mai. 

La séance est levée à midi. 

Séance du 18 mars 1888 

La séance est ouverte à 10 1/2 heures, sous la présidence 
de M. Bormans. 

Sont présents: MM. Bormans, président; baron de 
Chestret de Haneffe, vice-président ; docteur Alexandre, 
secrétaire; Couclet, bibliothécaire; chevalier de Borman, 
Cormaux, Demarteau, Grandjean, Lahaye, Le Paige, Isidore 
L'Hoest, Naveau, Orban de Xivry, Eugène Poswick, baron 
de Sélys-Fanson , baron Edmond de Sélys-Longchamps, 
Schoolmeesters, Simonis et Wauters. 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et 
adopté. 



- 27 - 

M. le Président fait connaître que la Bibliothèque de 
l'Université de Louvain cesse de faire partie de la Société. 

La publication n° 29, Rerum Leodiensium status, est 
distribuée aux membres présents. 

M. Charles Dejace, professeur à l'Université, et M. Paul 
de Favereau de Jeneret sont nommés, à l'unanimité, mem- 
bres de la Société. 

L'ordre du jour appelle la discussion sur le projet de 
modification de l'article I er du Règlement en ajoutant après 
les mots devenus rares, ceux-ci : » ainsi que les travaux 
des metnbres de la Société relatifs à ces documents. » 

M. de Sélys accepte la nouvelle rédaction, à condition 
que la Société ne soit pas responsable des opinions émises 
Var les auteurs; le cercle de ses travaux sera ainsi élargi. 
L'effet sera utile si elle se montre très tolérante sur les 
conclusions et les tendances de ceux-ci qui, en aucun cas, 
ne doivent revêtir un caractère politique. La plus grande 
liberté d'appréciation doit être laissée aux auteurs. 

M. Demarteau appuie l'opinion de M. de Sélys; le but à 
poursuivre doit être purement historique ou littéraire et 
sans aucune tendance politique. Il propose, en conséquence, 
d'insérer l'avis suivant, sur chaque publication, comme 
mesure générale : * La Société n'assume pas la respon- 
sabilité des travaux qu'elle publie. » Il est décidé que 
cet avis sera imprimé à la fin de chaque publication d'une 
œuvre originale. 

Les articles I er et IX du Règlement, ainsi modifiés, sont 
adoptés en premier vote. 

M. le Président rappelle que la Société a été fondée le 
23 avril 1863; il fait la proposition de publier, à l'occasion de 
cet anniversaire de vingt-cinq ans, Le Recueil historique 
et héraldique des échevins de Liège, par M. le chevalier 



— 28 — 

de Borman. avec armoiries et sceaux. Cette publication est 
décidée, le format sera Fin-quarto. 

Il est encore décidé que les éditeurs pourront, en outre 
des vingt-cinq exemplaires réglementaires, faire tirer 
soixante-quinze exemplaires à leurs frais, des œuvres édi- 
tées par eux. 

La séance est levée à midi et demi. 

Séance du 27 mai 1888 

La séance est ouverte à 10 i/« heures, sous la présidence 
de M. Bormans. 

Sont présents: MM. Bormans, président; docteur 
Alexandre, secrétaire; Couclet, bibliothécaire; chevalier 
de Borman, de Géradon, Grandjean, Eugène Poswick, 
Schoolmeesters et Simonis. 

Après lecture et approbation du procès-verbal de la 
séance précédente, M. le Secrétaire rend compte de l'état 
des publications. Le tome II de La Principauté de Liège 
et les Pays-Bas au xvi e siècle est tiré jusqu'à la page 100; 
cet ouvrage aura probablement quatre volumes. A cette 
occasion, M. Poswick propose de tirer les tomes III et IV 
à quatre-vingt-cinq exemplaires et de traiter avec M. de 
Marneffe pour la cession à la Société d'une dizaine d'exem- 
plaires des deux premiers tomes, afin que les membres reçus 
après la publication de ces volumes, puissent se procurer 
cet ouvrage complet. — Adopté. 

La Vie de saint Théodard, éditée par M. Demarteau, 
est imprimée en entier; le texte de celle de saint Lambert 
doit, avant le tirage, être revu sur un manuscrit de la 
Bibliothèque nationale de Paris. 

L'article I er du Règlement, modifié de la manière propo- 
sée à la séance du 18 mars, est adopté au second vote. 



- 20 — 

M. le chanoine Léon Dubois est élu membre de la Société, 
à l'unanimité des suffrages. 

Sur la proposition de M. Poswick, il est décidé : 1° de 
porter le tirage du Bulletin à cent vingt- cinq exemplaires; 
2° de terminer le tome III en y insérant : a) une liste des 
manuscrits de l'abbaye de Saint-Trond échappés à l'incendie 
de 1538; b) une note sur le subside accordé au Père Fisen 
pour Timpression de son Histoire de Liège, et c) la suite 
de l'inventaire des manuscrits conservés aux châteaux 
de Warfusée et de Xhos; 3° de commencer immédiatement 
le tome IV du Bulletin, pour les années 1888 et 1889. Il 
contiendra une charte concernant la chapelle des Clercs à 
Liège, avec vignette. 

Sur la proposition de M. Bormans, les Sociétés qui 
reçoivent le Bulletin seront invitées à envoyer leurs publi- 
cations en échange ; en cas de refus, le Bulletin leur sera 
retiré. 

La séance est levée à 1 1 heures et demie. 



^ê 



V 



FISEN ET SON IMPRIMEUR, 1643. 



La requête qui suit, adressée par le Père Fisen aux Etats 
de Liège, fournit quelques détails intéressants sur la pre- 
mière édition de son Historia ecclesiœ leodiensis. Elle fait 
connaître le nombre d'exemplaires qui furent tirés de cet 
ouvrage, de quelle façon le savant jésuite avait traité avec 
son imprimeur, le prix de l'impression. Elle nous apprend 
qu'autrefois comme aujourd'hui, ce n'était pas sans peine 
que les auteurs parvenaient à communiquer au public le 
fruit de leurs laborieuses recherches. Elle nous fait enfin 
savoir jusqu'à quel point on pouvait compter, dans l'an- 
cienne principauté, sur l'intervention de l'Etat dans l'entre- 
prise d'oeuvres historiques ou littéraires. 

A messeigneurs, messeigneurs des Estats, 

Messeigneurs. Remonstre très humblement P. Barthé- 
lémy Fisen, de la Compagnie de Jésus, comme aiant, par 
l'estude de plusieurs années, composé X Histoire de Liège, 
il a demandé permission de la dédier à V. S. et les a supplié 
de vouloir porter les fraix de l'impression, ce qui luy fut 
accordé l'an 1640, et ordonné à Mon s. Houthein de donner 
quelque somme d'argent pour commencer laditte împres- 



— 31 — 

sion; sur cette asseurance, il a traité avec Jean Tournay, 
imprimeur en cette Cité, lequel a accepté l'impression avec 
condition qu'il livrerait six cent exemplaires, prennant un 
liard et demy pour chaque foeuille. Chaque livre est de cent 
soixant foeuilles, et par conséquent porte trois florins. Donc 
les six cent montent à dix huit cent florins. Sur laquelle 
somme l'imprimeur, jusques à maintenant, n'at encor receu 
qu'environ six cent florins; et au lieu d'un gain raisonable 
qu'il espéroit, il se trouve chargé de l'intérest de l'argent 
qu'il a deu prendre. Donc, pour s'indemniser, a eu recours à 
la justice, et a desia deux t'ois cité le collège de la mesme 
Compagnie en Liège. Ce qu'entendant ledit P. Fisen, a esté 
contraint de faire un chemin de plus de quarante lieues, 
non sans danger et grand destourbier des occupations aus- 
quelles il est emploie par ses supérieurs, et ce de peur qu'à 
son occasion ledit Collège ne seroit molesté. Ce pourquoi il 
a recours à V. S., les supplie très humblement de donner tel 
contentement à l'imprimeur qu'il n'aye plus occasion de 
molester ledit Collège. Lequel imprimeur s'est laissé induire 
par le suppliant à reprendre des exemplaires pour six cent 
florins. Si messeigneurs des Estats luy vouloit présentement 
faire conter six cent florins, et par ainsy deraeureroit tota- 
lement content. De quoy ledit Père supplie V. S., afin d'estre 
doresenavant affranchy de tout destourbier; ce qui l'obli- 
gerat tousiours davantage à leur service, à prier Dieu pour 
leur prospérité. 

De V. S. 

très humble serviteur, 




- 32 — 

Apostille, en marge de la supplique: •Messeigneurs 
les députez de S. A. Sér m * de Liège et de ses Estats 
accordent encor au Révérend Père Fizen, suppliant, 
floablement et pour tout, troix cent florins Brabant, et 
qu'il ponrrat faire proffît des livres qui luy peuvent 
rester ; ordonnant au recepveur Houthem de luy 
compter lesdis troix cent florins. Donné en Liège, ce 
pénultième jour de septembre, 1643. 

Par ordonnance de. mesdis seigneurs. (Signé) N. 
Verlaye, De Hodeige, J. Beeckman. » 

Suit le reçu : « Receu du s r Houthem les trois cent 
florin susdits, ce septeme de novembre 1643. (Signé 
Laurent de Haske, de la Compagnie de Jhesus. - 

Archives de l'Etat, à Liège. Papiers des Etats. 



SOCIÉTÉ 

V 



BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



BULLETIN 
IV 



S'»' 4 8"' FASCICULES 



LIÊfiE 

IMPRIMERIE L. GRANDMONT-DONDERS 



/ 



LES MANUSCRITS 



DE L'ABBAYE DE SAINT-TROND 



EN 1538 



Les anciens catalogues de livres et de manuscrits ont 
toujours excité la curiosité des érudits. C'est qu'en effet 
ils présentent un grand intérêt. Ils aident à se faire une 
idée exacte des préoccupations scientifiques et littéraires 
d'une communauté à certaine époque et jettent môme 
quelques lueura sur l'état des esprits de toute une société; 
ils font connaître, au moins par leurs titres, des ouvrages 
aujourd'hui perdus ; ils permettent de reconstituer l'his- 
toire d'un grand nombre de précieux volumes conservés 
dans nos dépôts publics et dont l'origine était inconnue. 
Aussi, à peine l'une ou l'autre de ces vieilles listes était- 
elle découverte, qu'elle trouvait aussitôt un éditeur pour 
la faire connaître au monde savant. Pour n'en citer que 
quelques-unes particulièrement intéressantes pour nos 
contrées, nous rappellerons que F. X. Krause, dans le 
Jahrbucher des Vereins von A Uerthimsfreunden in Rheiiir 
lande, 50 (1871), p. 228, a publié deux listes des manus- 
crits de l'abbaye de Saint-Laurent, à Liège, du xii*" siècle, 



— 34 — 

listes reproduites par le D* Nolte dans le Bibliophile 
belge, t. IV; que, dans Y Annuaire de la Bibliothèque 
royale de Belgique, 10« année (1849), pp. 167 et 169, le 
baron de Reiffenberg a publié le catalogue de la biblio- 
thèque de Lœvinus Torrentius, de Liège, et celui de 
l'abbaye de Tongerloo ; que la bibliothèque de l'abbaye 
de Saint-Gérard, au xii* siècle, a été commentée par 
M. Wilmet dans les Annales de la Société archéologique 
de Namur, t. IX, p. 340 ; que la librairie de la collégiale 
Notre-Dame de Namur au xv e et au xvi e siècles, a été 
publiée par J. Borgnet dans le Bulletin du bibliophile 
belge, 1. 1, 2* série ; que, sous le titre de Une bibliothèque 
belge de Van MOV, M. Thonissen a donné, avec des notes 
très intéressantes, la liste des manuscrits de l'abbaye de 
Stavelot (Bévue catholique, t. XXV, p. 541) ; qu'enfin 
moi-même, dans le tome I du Bibliophile belge, j'ai donné 
la librairie de la collégiale Saint-Paul, à Liège, au xv* 
siècle. Un auteur allemand, Gust. Becker, a même con- 
sidéré les documents de cette sorte suffisamment impor- 
tants pour les réunir dans un recueil intitulé Catalogi 
bibliothecarum antiqui, Bonnae, 1885, dans lequel figurent 
notamment les listes de Saint-Laurent, mentionnées ci- 
dessus (i). 

Ces considérations suffisent pour justifier la publica- 
tion du catalogue des manuscrits de l'abbaye de Saint- 
Trond qui échappèrent à l'incendie de ce monastère en 

(1) Je rappellerai en passant que les manuscrits no» 13993 et 13994 de la 
bibliothèque royale, à Bruxelles, contiennent deux inventaires, le premier 
de Tan 1581, le second duxvme siècle, des livres de Saint-Jacques, à Liège, 
plus complets que le Catalogue imprimé en 1788, pour la vente de cette 
bibliothèque; et que M. le chevalier X. de Theux possède deux inventaires 
peu anciens des livres de notre ancienne abbaye de Saint-Laurent. 



— 35 — 

1538(4). J'aurais voulu l'accompagner de notes comme je 
l'ai fait pour la librairie de Saint-Paul, et j'en étais d'au- 
tant plus désireux qu'un assez grand nombre des codices 
qui y figurent font aujourd'hui partie de la bibliothèque 
de la ville de Liège. Je n'en ai pas eu le temps, et suis 
obligé de la livrer à l'impression telle qu'elle m'a été 
communiquée, en exprimant le vœu que la recherche 
à laquelle je n'ai pu me livrer fasse l'objet d'un travail 
de la part de l'un ou l'autre élève des cours pratiques 
d'histoire de notre Université. 

St. Bormans. 

Catalogns librorum manuscriptorum Bibliothecœ mo- 
nasterii Sancti-Trudonis, qui post conflagrationem 
ejusdem bibliothecœ, anno 1538 mensejunio, super- 
sun t. 

1. Biblia sacra in duas partes distincta. 

2. Item alia Biblia. 

3. Libri duo Machabeorum, antiq. 

4. Passionale Sanctorum in 3 volumina distinctum : pri- 

mum habet vitas SS. a festo S. Joannis usque ad 
festum S. Dionisii; secundum a festo S. Dionisii usque 
ad Purificationem B. Mariae (Scripta sunt 2 haec volu- 
mina anno 1366); tertium a festo Purificationis usque 
ad festum S. Joannis (scriptum anno 1433). 

5. S. Augustinus de Civitate Dei, antiq. 

6. Egesippi historia. 

7. Gregorii Turonensis historia de rébus gestis Franco- 

rum, duo exemplaria antiq. 

(1) Sur cet incendie, voyez Daris, Histoire du diocèse et de la princi- 
pauté de Liège pendant le XVI* siècle, p. 101. 



— 36 — 

8. Reginonis, abbatis Pruraiensis, historia. 

9. Flavii Josephi judaei opéra. 

10. Beda de Locis sanctis. 

11. D. Ambrosii in Exameron lib. 6; item de Paradiso, de 

Caïn et Abel, antiq. 

12. D. Augustinus de haeresibus ad Quodvulteum. 

13. Hieronymus de essentia Trinitatis. 

14. Ejusdem de decem tentationibus filiorum Israël. 

15. Ejusdem in Ecclesiasten, antiq. 

16. Ejusdem in Esaiam, antiq. 

17. Ejusdem interpretatio psalterii, antiq. 

18. Ejusdem super Danielem commentarium, antiq. 

19. Ejusdem contra Jovinianum lib. 2. 

20. De occasione haeresis luciferianae. 

21. Contra Helladium. 

22. Contra Pelagium. 

23. Apologeticus ad Pammachium. 

24. De virginitate servanda ad Eustochium. 

25. Ejusdem de viris illustribus, antiq. 

26. Ejusdem commentaria in Jeremiam, antiq. 

27. Ejusdem de quaestionibus haebraïcis super Genesim, 

antiq. 

28. Ejusdem super Danielem, antiq. 

29. D. Cypriani epistolae. 

30. D. Joannis Crysostomi de reparatione lapsi. 

31. D. Augustini enchridion (sic) ad Laurentium, antiq. 

32. Ejusdem responsio ad Seleuciam utrum Apostoli fuerint 

baptizati. 

33. Ejusdem interpretatio de decem talentis. 

34. l^jusdem de decem cordis. 

35. Item de opère monachorum. 

36. Ejusdem epistolae cum annotationibus Gerardi Moringi. 



— 37 — 

37. Lantfrancus contra Berengarium. 

38. Hugo Floriacensis de rébus gestis Francorum. 

39. Beda in parabolas Salomonis. 

40. Cassiodorus in Cantica canticorum. 

41. Homeliae 12 cujusdam in Cantica canticorum. 

42. Hildeberti episcopi Cenomannensis carmen de vita S. 

Marise ^giptiacœ. 

43. D. Hilarii de S. Trinitate lib. 12 } 

44. Ejusdem commentaria in Matthœum ) 

45. S. Ambrosii tractatus de interpellatione David, antiq. 

46. Item in Job. 

47. Cassiani collationes patrum. 

48. D. Gregorii moralia in Job, in 3 volumina distincta. 

49. Ejusdem libri dialogorum. 

50. In Ezechielem, antiq. 

51. Ejusdem homeliaB 40 super Evangelia. 

52. Ejusdem 5 et 6 pars moralium, antiq. 

53. Gregorius Nyssenus de conditione hominis. 

54. Fratris Martini pœnitentiarii D. Papae Cronicon. 

55. Beda de locis sanctis. 

56. Seneca de remediis fortuitorum. 

57. Chronicon episcoporum Tungrensium. 

58. De translatione reliquiarum S. Laurentii Leodium. 

59. Translatio S. Stephani, que est 2 non. maias. 

60. Translatio ejusdem Constantinopolim. 

61. Rodulphi abbatis S. Trudonis tractatus de controversia 

monachorum et clericorum. 

62. Vita Mariae de Oignies. 

63. Hugo de claustro animse, de claustro materiali. 

64. Hugo de S. Victore de laude charitatis. 

65. Passio SS. Nicasii, Quirini et Scuviculi. 

66. Passio S. Justi martiris. 



— 38 — 

67. Paterii expositiones in vêtus testamentum excerptaa ex 

S. Gregorio. 

68. Vita et epitaphium S. Frederici episcopi Tajectensis 

carminé. 

69. Homeliae diversorum in natali d. Joannis Baptistae. 

70. Homeliae diversorum in vigiiia natali et octava aposto- 

lorum Pétri et Paulî. 

71. Vita S. Servatii. 

72. Vita et miracula S. Hereberti episcopi Coloniensis. 

73. Vita S. Amandi. 

74. Vita S. Barbara. 

75. Statuta episcoporum Leodiensium. 

76. Statuta Henrici episcopi Coloniensis. 

77. Summa de vitiis abbreviata. 
Idae de Rameia. 
Idae de Leewis. 
Lutgardis de Aquiria. 
Margaretse contractas . 

78. Vita { Margaretœ de Ypris. 
Mariae de Oignies. 
Christinae mirabilis. 
Arnulphi Villariensis. 
Juttae inclusae Huyensis. 

79. Vita SS. Eucharii, Valeriiet Materni. 

80. Epistola missa e cœnobio S. Pantaleonis Coloniensis ad 

Rodulphum, abbatem S. Trudonis. 

81. Ejusdem responsio de symonia. 

82. Pétri Lombardi 4 libri Sententiarum. 

83. lsidorus de Summo bono, antiq. 

84. Elucidarius Scripturarum. 

85. Explicatio Psalmorum. 

86. Sermones S. Bernardi. 



— 39 — 

87. Sermones Innocenta 3 papae. 

88. Psalterium cum scholiis. 

89. Threcum Jeremiae et apocalypsis carminé, antiq. 

90. Scolia in epistolas d. Pauli, antiq. 

91. Ephrem quaedara opuscula, antiq. 

92. Dionisii de Rykel de vita canonicorum etc. 

93. Catholicon vocabulorum. 

94. Boethius in Isagogen Porphirii. 

95. Ciceronis invectivae in Catilinam, antiq. 

96. Boethii commentaria in catogerias (sic) Aristotclis, 

antiq. 

97. Lucanus. 

98. Sallustii opéra, antiq. 

99. Stimulus amoris Henrici de Balderaco franciscani. 

00. Thomae a Kempis lib. 4 de Imitatione Christi. 

01. Summa Raymundi. 

02. Compendium theologicae veritatis. 

03. Sermonum dominicalium Jordani de Quedelinburg, 

pars hyemalis. 

04. Boethius de consolatione philosophie. 

05. Prima pars speculi historialis Vincentii Belvacensis. 

06. Secundapars ejusdem. 

07. Sextus decretalium. 

08. Severus Sulpitius de vita S. Martini, antiq. 

09. Vita S. Brixii. 

10. Passio XI m Virginum. 

11. Passio S. Gereonis. 

12. Inventio ejusdem per Rodulphum abbatem S. Trudonis 

scripta. 

13. Vita S. Severini. 

14. Vita S. Trudonis per Theodoricum abbatem S. Tru- 

donis scripta. 



— 40 — 

115. Sermo ejusdem in translationem SS. Trudonis et Eu- 

cherii. 

116. Yita S. Beregisi abbatis. 

1 17. Glossa super Deere tu m. 

1 18. Guilielmus de Monte Lauduno décréta. 

1 19. Excerpta Decretorum. 

120. Canones SS. Patrum. 

121. Constitutiones démentis PP. V. 

122. Textus Clementinarum. 

123. Commentum Decretalium 1 pars. 

124. Ejusdem 2 pars. 

125. Annularius de divinis offlciis, antiq. 

126. Eynhardus de translatione SS. Marcellini et Pétri, 

antiq. 

127. Joannes de Turre cremata super Psalmos. 

128. Secunda Secundae d. Thomae. 

129. Historia scholastica. 

130. Psalterium interprète d. Jeronimo, antiq. 

131. Raymondi praedicatoris sumraa. 

132. Chronicon Eusebii cum supplementis Jeronimi, Pros- 

perii et Marci episcopi, antiq. 

133. Stepelinus de miraculis S. Trudonis, antiq. 

134. Passio S. Gorgonii. 

135. Passio S. Cornelii. 

136. De naturis rerum liber. 

137. Palladii Rutuli Emilitani liber de agricultura, antiq. 

138. Prosper de vita contemplât i va, antiq. 

139. Isidori junioris Synonima, antiq. 

140. Martini episcopi liber de 4 virtutibus cardinalibus ad 

Mironem regem Galiciensem, antiq. 

141. Chronicon monasterii S. Bertini. 

Original. Archives du couvent des Récollets de Saint-Trond. 



IITSTITTJTIOXT 

DE LA COUR DES ABSENTIS 



Les Datins et leurs partisans avaient été bannis par une 
sentence de la Haute Cour de Liège, le 2 avril 1433 (i). Non 
contents de cette condamnation, les bourgmestres, conseil- 
lers et métiers de la Cité prononcèrent contre eux, au mois 
de novembre 1433, la confiscation de tous leurs biens situés 
dans la commune. Comme le fait remarquer le dernier his- 
torien de ces événements, M. le chanoine Daris (2), cette 
confiscation était un excès de pouvoir; car la législation du 
pays n'autorisait même pas le pouvoir judiciaire à prononcer 
cette peine. Aussi ni le prince, ni la cour des échevins ne 
s'associèrent-ils à cet acte de violence. 

La confiscation se faisant dans l'intérêt des finances com- 
munales, il fallut naturellement songer à l'administration 
de ces biens, et c'est pour y pourvoir, que la Cour des 
Absentis fut instituée. 

« Fut en cel année (1433) ordineit, dit Jean de Stavelot, 
que tous les biens et hiretaiges des devandis bannis furent 

(1) Publiée par Mer de Ram, Documents relatifs aux troubles du pays 
de Liège, p. 889. 

(I) Histoire du diocèse et de la principauté de Liège pendant le X V* 
siècle, p. 180. 



— 42 — 

annexais et appropriies à la Citeit, comme séditeurs et 
trahitres, et en flst-on enquestes par tous les vinables de 
Liège, so ons en sa voit nuls ; et por ches biens a leveir, 
furent commis certains bourgois, lesquels ons renoveloit 
tous les ains, et tenoient elle maison de Belle Coste en 
Feronstrée (1), lesqueis en doient compte tous les ains 
devant les maistres et le Conseille del Citeit; s'ilh le font 
bien à moy riens n'en appartient (*). » 

Les historiens liégeois axaient généralement l'institution 
de cette Commission particulière à Tannée 1433 et ils ne lui 
attribuaient d'autre mandat que celui de gérer les biens des 
exilés au plus grand profit de la Cité. S'ils avaient consulté 
l'acte original de l'institution de la Cour des Absentis, qui 
reposait dans les archives de la ville (3), ils auraient appris 
qu'elle n'avait été érigée que le 16 décembre 1435 et qu'elle 
avait été investie d'une mission plus étendue. Le texte de 
Jean de Stavelot ne contredit pas cette date, puisqu'il ne 
rattache à l'année 1433 que la sentence de confiscation. 

Le document original, mentionné dans l'inventaire des 
chartes de la Cité, en 1653, n'existe plus; il s'est perdu 
comme tant d'autres pièces du chartrier municipal, et pas 
un des nombreux Pawilhards, si diligemment analysés par 
M. Stanislas Bormans, ne nous en a conservé une copie. 

Ce n'est pas à dire cependant que la Cour des Absentis 
n'ait eu qu'une existence temporaire; elle subsista, si nous 
en croyons le Père Bouille, jusqu'en 1684. 

(1) Bormans, Recherches sur les rues de l'ancienne paroisse de Saint- 
André, p. 379. 

(2) Chronique de Jean de Stavelot, p. 318. 

(3) Inventaire des chartes delà Cité dressé en 1653, publié dans un Rap- 
port fait au Collège des bourgmestre et échevins par la Commission spé- 
ciale chargée de rechercher les documents historiques dans les archives 
communales, p. 35. 



— 43 — 

Nous avons retrouvé le texte de ce document qui sem- 
blait irrémédiablement perdu; il était transcrit dans un 
manuscrit que feu M. le docteur Hurault nous avait donné. 
Il résulte de cette pièce que la Cour des Absentis était une 
Commission chargée de gérer toutes les propriétés de la Cité, 
y compris les biens de Walter Datin et de ses complices, 
de percevoir ses revenus et émoluments, et notamment les 
droits de bourgeoisie que devaient payer les étrangers. 

Elle devait employer ces ressources à rembourser l'ar- 
gent que la ville avait emprunté à quelques bourgeois pour 
solder l'indemnité de guerre qu'on devait encore au duc de 
Bourgogne, en vertu du traité de paix du 15 décembre 1431. 
Jean de Stavelot raconte, en effet, que le dernier paiement 
à faire se montait à la somme de 26,000 florins de Rhin. 
L'argent devait être versé avant la fin de Tannée 1435, sous 
peine de perdre le bénéfice des versements antérieurs. On 
était arrivé au 16 décembre, et malgré toutes les démarches, 
Ton n'était pas parvenu à emprunter l'argent nécessaire, 
ni à Cologne, ni à Louvain. En cette extrémité, la ville 
fit un appel aux riches bourgeois du pays et ceux-ci avan- 
cèrent la somme, qui fut aussitôt portée à Louvain en acquit 
de la dette. 

Lorsque la commune eut fini de rembourser à ces bour- 
geois l'argent qu'ils lui avait prêté, la Cour des Absentis 
n'en continua pas moins de subsister et d'administrer les 
propriétés et les finances de la ville. 

Le manuscrit qui nous a conservé le texte de l'institution 
de la Cour des Absentis, est un recueil de Paix à l'usage 
d'un jurisconsulte, comme l'indique la note suivante placée 
en vedette à la première page : 

* Copie faite en Tan 1615 hors ma copie faite pour mon 
maître du daté 1610, par moy Jan Gherinx, natif de Saine- 



— 44 - 

trond, clercq à l'advocat Heysbens. Les annotata de mon 
Maître aye mis par lettre italienne. •» 

Voici la liste des Paix contenues dans ce volume : 

1. La paix de Fexhe, 1316. 

2. Copie d'une lettre du Chapitre sur ladite Paix, 10 août 
1324. 

3. La lettre des XX qu'on dist la déclaration de la paix 
de Fexhe, 1324. 

4. La première Paix des XXII, 2 décembre 1373. 

5. La Confirmation de la Paix des XXII, 1 er mars 1374. 

6. Advis faits par les députez sur les articles et poincts 
délie Paix des XXII. 

7. La troisième Paix des XXII. 

8. La quatrième Paix des XXII. 

9. Article extraict hors de la conclusion des Estats faite 
et passée le 28 e et autres jours de Mars 1514. 

10. Extraict hors la Paix de S 1 Jacques du 3 juillet 1487. 

11. Serment des XX. 

12. La lettre du Commun Profit du 24 Mars 1370. 

13. La mutation, addition, modération et correction de 
la dite Loy nouvelle, 8 octobre 1387. 

14. L'institution de la Cour des Absentis. 

Le reste du volume est rempli par des notes de jurispru- 
dence, des formules et des pièces de procédure. 

INSTITUTION DE LA COUR DES ABSENTIS 

Commission donnée par la Cité et 32 bons mestiers, à 
aucuns et un greffier a cest effect institué, pour les assister, 
pour lever et ens faire venir certaines sommes de griffons 
par les esche vins en nom de la cité receus; item tout tel 



- 45 - 

droits que tous bourgeois afferans estoyent tenus payer à 
la cité à raison de leur Bourgeoisie; item pour faire le 
profflt des werixhas et autres émolumens de la cité ; item 
pour les biens des absentis WalthierDatin et ses complices, 
jusques à ce que les bourgoisqui avoient preste argent à la 
cité, pour la rest du dernier payement deyu au duc de Bour- 
gogne, montant en la partie de la cité environ 2500 florins de 
Rhin et à tous les estats et membres du pays de Liège et de 
Looz ensemble environ 26 mille florins de Rin, outre 200 
milles par avant payez (î). 

A tous ceulx quy ces présentes lettres veront et oront, 
ly maistres eschevins, commissaire, gouverneurs, jurez, con- 
seil et université généralement des mestiers des Febvres, 
charliers, cherwiers, moulniers et sclaideurs, porteurs, 
brasseurs, drappiers, retondeurs, entretailleurs, warenx- 
bohiers, vieuxwariers, naiveurs, soyeurs, mairniers, corbe- 
siers, texheurs, coureurs et toiliers, harengiers et fruitiers, 
mangons, tanneurs, chandellons et flockeniers, merchier et 
orphôvres de la cité de Liège, franchiese et banlieu, salut 
en Dieu notre Rédempteur et cognoissance de vérité. Gomme 
Fan de grâce subescript, l'huitième jour de Décembre, en 
jour de la conception Notre Dame, l'université franchise et 
Banlieu susdit pour le cas cy après, en nom et de par les 32 
bons mestiers estoient commis, pour faire l'évident proflit 
de la cité, tant des werixhas comme dans émolumens de 
ladite cité, dont bonne acquict soy posist avoir fait, sy ne 
fust par les grandes affaires de la cité, et encore grand 

(1) Chapeaville, t. III, p. 127. La paix conclue le 15 décembre 1431 entre 
les Liégeois et le duc de Bourgogne contenait pour le pays de Liège l'obli- 
gation de payer une indemnité de guerre de 100,000 nobles À la Rose, les 
25,000 nobles étant rachetables par 60,000 florins de Rhin. 

Jean de Stavelot, p. 274. V. Bulletins de la Commission d'histoire, 
3» série, t. V, p. 96. 



— 46 — 

profflt ens y pourroit trouver, se la cité povoit estre quitte 
de tel danger, et en conclusion touchant icelle segurté, et 
auffln de plustost et tant mieux contenter les bons bourgois 
qui ainsy presteroyent, sembloit a nostredit maître Henry 
expédient, que tous les biens des absentis notores ettraittres 
générallement et fuissent aussy si ayant tenus et obligez que 
les autres biens cidesseur contenus, et que pour lever et fair 
le plus grand profflt évident de la cité générallement de 
tous les biens ci desseur déclarez et chacun* d'eulx, proid- 
hommes idoines et suffisant bourgois citains et ung clerq 
fuissent esleus et députez, d'iceux biens et chacun d'eulx 
lever et rechurs, tant et si longuement que lesdits bons 
bourgois prestant fuissent (1), et que de ce leur fust faicte et 
scelée commission suffisante; et sur icelle remonstrance et 
exposition, ladicte université, eu sur ce conseille et meure 
délibération, passesse et accordasse plainement quant a celly 
point, touchant la preste prescripte, faicte par lesdits bons 
bourgeois et ceux quy faire le volroyent, icelle segurté tel- 
lement quellement, et sur tous les biens que notre dit 
maître Henry avoit cidevant déclaré et dénomé, et tous en 
général leur fuisse fait, sans ce que la cité, ne personne de 
par elle euisse puissance de tel biens lever, ne rechure, 
jusques aile accomplissement et satisfaction de tous lesdits 
bourgois ainsi p restants; et se aucuns lettres ou concussion 
en estoit, en avoit esté par elle onc donnée et séelée, pour 
le grand bien que cest d'accomplir ce que sayeler promis 
et juré est, icelle ou icelles ravokoitet rappelloit plai- 
nement ; et que par les maistres et conseil fuissent esleus 
certains proidhommes ydoines et suffisants et un clercque 
ayant salair raisonnable, et que pour exercer et ens faire 
venir deuement ce que dit est, awissent commission seelée 

(1) Suppléez: remboursés. 



— 47 — 

suifflssante en bonne forme, ainsyque appert par les lettres 
infichiez et annexées ; néantmoins sur ce meurement con- 
seilliez et advisez, veuillans et désirans icelle siette accom- 
plir et mettre a exécution deue, affln que de telz ainsy 
prestant avoir restitution et satisfaction et payement de leur 
preste, et pour a eulx et un chacun donner pied prendre 
exemple et d u volontaires et ens affaires et besongnes de 
ladite cité autrefois en temps de nécessité subvenir et con- 
descendre, avons par pleine sieulte et d'un commun accord 
sans nul débattant, commis, constituez et instablis par ces 
présentes lettres, de science certaine, et de nos propres 
libres et franche volonté, sans estre a ce constrains, com- 
mettons, constituons et establissons pour de part et en nom 
de nous, mambours, rentiers, procureurs, tuteurs et rece- 
veurs, nos chers et bien ayméz vaillans, prudens, sages et 
honorables qui dénomez et escrits serons ens lettres sur ce 
faites et seelées, parmy cestes nos présentes infichiez et 
annexées, et avec eulx conditeur clercque, lesquels debve- 
ront rechure, lever et ens faire venir la somme par lesdits 
eschevins deue, les bourgesies et deyu desdits afferans bour- 
geois, les werixhas emolumens et adventurs de ladite cité, 
et ainsy tous biens, cens, rentes, parchons de houlleries et 
de terraige et tous biens quelconcques comment on les 
puisse nommer et appeller, en quelconcque lieu et haulteur 
qu'ils soyent gisans ou scituez, qui furent appartennans à 
Watheu Datin de Montegnée, Wilhaume Datin son cousin, 
Gérard le Gorreux et leurs complices notoires, sedeteurs et 
trahistres, et ausquelz avons donné et octroyé et concédé, 
et par ces présentes donnons et accordons force, authorité 
et puissance en nom de nous tant desdits eschevins et leurs 
heures et remanans, se trespassez estoient, pour ladite 
somme de mille et sept griffons, les afferans bourgeois pour 



— 48 - 

leur deyu et bourgeoisie, ceux quy tiennent les werixhas ou 
manoyent, commes aussy ceux quy ont cens, rentes héri- 
tages, terrages, parchons de houiileries et cherwaiges, et 
autres biens quelconque qui furent ausdits notoires tra- 
histres appartenants, seroyent tenus, tenroyent et many- 
roient, faire payer, et se rebelles on inobeyssans estoient et 
résister voloyent, eux contraindre et faire venir à pleine 
obéissance de tout ce que dit est, et dont tenus ou obligez 
seroyent, comme argent de ville et de cité et à leures frais, 
par comands, pannements et autres yoyes licites et conve- 
nables, ou par voye de fait, sy besoingne estoit, partout ou 
mestier et nécessité serait ; et se besoingne ou nécessité leur 
estoit de nous tous ou luy aulcuns partie de nous avoir ou 
mander pour eux faire assistence, confort ou aide contre les 
rebelles et inobéissans, nous leur promettons par le serment 
subescript, deulx aider, conforter, et assister, comme il 
appartenrat ; en outre aussy leur donné pleine puissance et 
force de sur tous les biens, cens, rentes héritables et autres 
biens, que furent ausdits notoires partennent, et aussy 
werixhas et autres biens de ladite cité, faire faulte, déminer, 
forjuger, saisinne prendre et demander et toutes autres 
soiemnités de loy et de droict à ce afferant, poursuivre et 
conclure. Item poront en nom de nous rendre accenser et 
donner pour notre évident profflt et bien, toutes terres, 
cherwaiges, parchons de houiileries et autres biens quy 
furent ausdits notoirez et trahistres appartenant, et aussy 
werixhas délie cité, se mestier estoit, par juste proclamation 
alla chandelle au plus haut offerant, en bonne foid, sans 
fraude. Item de tout ce qu'ils rechuront, nous debveront ils 
rendre bon compte et juste chacun an pour ce... (i) et le solu- 
tion, payement et satisfaction des prestes devant escriptes, 

(1) Deux mots omis dans le manuscrit. 




l-i 



\ 



(aides par lesdits bons bourgeois, jusques à pleine restitu- 
tion et récompensation et rémunération condigne d'icelle, 
et poront de tout ce quil receveront ou rechure feront, 
donner quictance ou reçus en nom de nous à ceux à quy 
receu auront, adjousté en ce, que cest notre intention et 
volons quils soyent tenus de payer débiter et de tresencer 
tous treffons et cens, redevabletez que lesdits biens et 
heritaiges, qui ausdits notorezit trahistres furent apparte- 
nant, pouroyent debvoir estre tenu, sy avant qu'il appa- 
royent, et monstrer on les pouroit deultement en bonne 
foye, sans fraude. Et pour en leur dite office estre plus soli- 
citeux, curieux et soigneux, nous volons que chacun 
d eulx et leur clercque ayent chacun an pour ses peines et 
sallaires la somme dans nosdits lettres contenues, (et leur 
dit clercq) lesquels ils debveront tout premier descompter 
ens réception par eulx faites, et avant touttefois que 
besoigne et nécessité serat aller four ou chevaulcher pour 
les besoingnes et charges prescriptes, qu'ils debveront avoir 
et aront leur journées raisonnables, selon ce que le cas le 
requirerat, et les peines, travailles et labures ; Et des 
comptes, qu'ilz des receptes de rendaige par eulx faite, nous 
feront et rendront, chacun (1), leurs sierons tenus de donner 
et faire bonne quictance, si avant que juste et raisonnable 
seroyent, promettans par noz foye en lieu de serment et 
sur noz fidélité d'eulx lesdits commis et leur clercque de 
tout ce qui ail instance et occasion de ceste présente com- 
mission et des poincts et de tout ce que dit est pardeseur, 
feront, ordineront, debveront, lèveront ou rechure feront, et 
de tout tes donations accenses quictance et recès quils don- 
ront, eulx, leurs hoires, biens et successeurs, et tous ceux 
et celles à qui ou auxquelz tochier ou appartient et porat 

(1) Ajoutez : an. 



— 42 — 

ens ou en temps futurs, tenir mettre observer et getters 
à tousjours quictes libres frans et en paix, et d'eulx, leurs 
biens, proismes, amis et successeurs, contre tous ceux quy a 
cest instance et occasion, travailler, vexer, molester, arais- 
ner, traire en cause ou complaitier les voroyent et arrester 
feroyent, pardevant et desoubz quelconcque seigneur offi- 
cier ou justice spirituel ou temporels que ce fust, défendre, 
ayder, assister, mettre et tenir en paix à noz propres fraix 
et despens. Et pour iceulx nosdicts commis et clercque plus 
segurement et sans tremeur le terme de ceste présente com- 
mission exercer et faire leur dit office, nous les avons pris et 
prendons en notre sauvegarde et protection, et sil advenoit 
que les aucuns ou plusieurs malveuillans ou mal conseil- 
lez, leur dit office exerçant les vilonassent, manechassent, 
dissent ou fesissent vilonies injures et déplaisir, nous leur 
promettons et avons covent comme desseur, d'eulx faire 
comme il appartenra; et rappelions touttes autres commis- 
sions faictes devant ces présentes, veuilians icelle valloir et 
estre de vertu par toutes drois et par touttes les manniers, 
par lesqueles procurations, mambournie et commission 
peulent et doyent mieux valloir et sortir leur effect ; et 
partant que ce soit ferme chose et estable, nous ly jurés, 
eschevins, commissaires jurés et conseil pour nous le grand 
seel de laditte cité, et nous ly université généralement des 
bons mestiers susdits et chacun pour lui le grand seel de 
notre dit mestier avons pendu et fait appendre à ces pré- 
sentes lettres et commission en témoignage et corroboration 
de vérité. Qui furent fais et donnez sur Tan de grâce mille 
quatre cent et trengte cinque le seizième jour de Décembre. 



i ♦ * 



PAPIERS CONCERNANT 

LES RAPPORTS 

DE JEAN DE HORNES 



AVEC 



1484-1494 



Cette série de documents, qui n'est visiblement que 
le reste d'une collection beaucoup plus considérable, 
embrasse une période de dix années, et se rapporte toute 
entière aux affaires financières de Jean de Hornes. 

Le moine Placentius, un contemporain, affirme que 
la prodigalité fut l'un des défauts de ce prince-évêque (i). 
Il suffit de lire ces pièces pour être convaincu de la 
véracité de ce témoignage. On y voit clairement que ni 
les ressources personnelles, ni les revenus de la mense 
épiscopale, accrus mémo du produit de la frappe d'une 
monnaie de mauvais aloi, ne purent suffire à Jean de 
Hornes. Son dénuement y apparaît parfois tel, que 
même les exigences les plus ordinaires de la vie de 
prince l'obligent de recourir aux emprunts. 

(1) Il le qualifie dVww prodigus. Y. son Catalogua omnium antistitum. 



— 44 — 

Louis Pynnock, maïeur de Louvain, était l'homme 
auquel il s'adressait, lorsque le besoin d'argent le pres- 
sait (1). Dès son jeune âge ce noble patricien exerça des 
fonctions à la cour des ducs de Bourgogne. C'est là, 
sans doute, qu'il faut chercher le point de départ de ses 
relations avec Louis de Bourbon d'abord, et avec Jean 
de Hornes ensuite. Tous deux trouvèrent en lui une 
vaillante épée dans leurs luttes contre les Liégeois en 
révolte. Le second y trouva, en outre, un ami complai- 
sant, toujours prêt à lui venir en aide dans ses embarras 
financiers. 

Pynnock était d'une famille riche et opulente, et lui 
prêta, sans doute, souvent de ses propres deniers; mais 
l'argent dont il disposait, ne devait pas toujours être 
suffisant pour les besoins du prince. Le maïeur de Lou- 
vain s'empressait alors de lui procurer des bailleurs de 
fonds, et répondait pour lui. 

Une intervention de cette espèce se trahit dans la 
plupart des pièces qui suivent. Ce fut pour permettre 
à Pynnock de satisfaire à des engagements contractés 
dans ces conditions, que l'évêque lui abandonna, en 
1484, la mairie et les seigneuries de Hougarde, de Tou- 
rinnes et de Bauvechain (2) et, en 1486, la drossarderie 
de Montenaken (3). E. M. 

(1) Pour de plus amples détails sur la vie de ce personnage, v. Poullet, 
Sire Louis Pynnock, patricien de Louvain, ou un maïeur au XV* siècle. 
[I] V. la pièce no 1. 

(3) V. Poullet, ouv. cit., p. 243. Cette dignité passa ensuite à Jean de la 
Marck, seigneur d'Aigremont. On l'en trouve revêtu en 1499. V. Daris, 
Histoire du diocèse et de la principauté de Liège au XV* siècle, p. 621. 



— 45 — 

Papiers concernant les rapports de Jean de Homes, 

évêque de Liège, avec Louis Pynnock, maïeur de 

Louvain. 

I. 

12 février 1484. 
Johan van Hoerne, Elect ende geconfermeert tôt Ludich, 
hertoge tôt Buillon ende grève tôt Loen, doin te weten 
eynen yegelycken dat wy, omme menige getruwe dieasten 
wille, ons gedaen ende bewesen by den eirberen ende 
vromen, onsen lieven rait ende getruwen heren, Lodewyck 
Pynnock, meyer tôt Loevene, ritter, den selven heren Lode- 
wijck gegeven hebben, ende gheven met desen onsen brie- 
ven, die meyerie ende eerrye van Hoegarden, Thorinnes, 
Bavechinnes, mit synen aenhange ende toebehoere, omme 
van den vœrscrevenenofflcien te disponeren na synen wille. 
Gelovende hiermit den ghenen den hy dairtoe ordineren 
sali, onse segell ende brieven te verleenen, als dairtoe 
behoeren, wederroepende mit desen aile gyfften ende brie- 
ven die wy hiervan verleent off gegeven mochten hebben, 
ende die selve anichilleren. In orkonde ons hanteekens hier 
onder gesadt, des xij daigs in februario, a lxxxiiij. 
J. van Hoern. 

Original. Archives du Royaume, à Bruxelles. 
Lettres missives (XV siècle). 

II. 

Maastricht, 26 juillet 1484. 
Mons r le maire, après recommandation deue. Nous 
sommes requis de nostre très chier et féal conseillier et 
bailly de Hazebain, Ernoul de Berlo (i), de le honnourer et 

(1) Arnould de Berlo était l'ami intime de Jean de Homes. Y. Y Annu- 
aire de la noblesse de Belgique, 34»« année, p. 78. 



— 46 — 

servir, et luy lever de sains fons ung enfant. Et pour tant 
qu'il nous convient entretenir la coustume et manière de 
faire, escrivons pardevers vous, et vous prions que, incon- 
tinent ces présentes veues, vous nous envoyez une couppe 
d'argent, en tel cas afférant, laquelle sommes résolus luy 
donner. Et quand serez par devers nous, vous en ferons 
contenter d'autant qu'elle vous coustera. Et à tant, Mons r 
le maire, vous recommandons en la garde de Dieu. Escript 
en nostre ville de Trect, le xxvj e jour de juillet a Ixxxiiij. 
Beyn vostre 
Johan. 
Suscription : A Mons r le maire de Louvain, mon bon amy. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV* siècle). 

III. 

6 septembre 1434. 
Nous Jehan de Homes, par la grâce de Dieu postulé et con- 
fermé de Liège, et Frederick de Homes, chevalier, signeur 
de Montigny, de Vimy, etc., congnoissons comme au jour 
dui, datte de cestes, messire Loys Pinocq, chevalier, maire 
de Louvain, ait bailliet sa cédulle à Mons r de Gasebecque (i), 
nostre frère, par laquelle il conguoist avoir receu de la main 
du doyen d'Arscot trente six plas d'argent et deux hanas, 
pesans ensemble six vingtz marcqs d'argent, ou environ, en 
promettant par ladicte cédulle rendre et relivrer ladite vai- 
selle à nostredict frère de Gasebecque endedens trois mois 
ensuivant la datte de cestes. Or est il que nous Jehan cong- 
noissons que ce que ledict messire Loys Pinocq en a fait, a 
esté à nostre prière et requeste. Et par tant promettons 
léalinent et de bonne foy, en parolle de prince, et pareille- 

(1) Philippe de Hornes. Il avait épousé Marguerite, sœur de l'évéque de 
Liège et du seigneur de Montigny. 



— 47 — 

ment nous Frédéricq, de acquictier entièrement ledict mes- 
sire Loys Pinocq de ladicte cédulle et promesse, et de tout 
dommages qu'il polroit avoir à ceste cause. Tesmoing noz 
saingz manuelz icy mis, le vj jour de septembre Tan mil iiij e 
iiij™ quatre. 

JOHAN. F. DE HORNE. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV e siècle). 

IV. 

Halen, 23 décembre 1485. 

Mons r le maire, mon amy, J'ay receu voz lettres, du con- 
tenu esquelles vous tiengs recors. Et pour response veulliez 
savoir que, quant au fait de Hny, je suis d'illec hastivement 
party pour faire secours à ceulx de ma place de Curinges, 
qui estoient assiégiez. A l'occasion de quoy, n'ay peu con- 
duire d'icellui vostre fait. Touttesfois ilz m'ont promys 
qu'ilz le feront, car ilz me envoieront leur compte de ce 
qu'ilz ont payé, et du remanant ilz se obligeront, à vostre 
désir. Au regard de Gérart opten Trenck , j'espoire brief 
venir à Louvain, et alor3 j'en feray une fin, et vous deschar- 
geray, comme raison est, nostre s r en ayde, qui, Mons r le 
maire, vous ait en sa saincte garde. Escript à Halen, le xxiij 
de décembre a lxxxv. 
Beyn vostre 
Johan. 

Suscription : Ay mayeur de Louvain, mon bon amy. 
Original. Ibidem. Autographes, carton F. 

V. 

15 février 1486. 
Johan van Horne, busschop tôt Ludich, hertoge tôt Buil- 
lon, ende grève tôt Loen, doen kondt dat wy bevolen hebben, 



— 48 — 

ende bevelen heren Lodewick Pynnock, heer tôt Velpen, tôt 
der Horst, ritter, meyer tôt Loevene, te ontfangen ende te 
boeren aile allsulcke brantschatten ende andere penningen, 
die raen in onsen landen opsetten ende krygen mach. Ende 
die selve penningen en sali nyemant handelen dan der sel ve 
meyer. Dat welcke wy hem in princelichen woerden geloven 
te onderhalden. Ende van den yersten penningen te kurten 
ende te betalen den abt van sinte Gheertruydt de somme 
van sess hondert gulden. Ende voert die andere aen Gerit 
van den Tronck ende anderen. In orkonde ons hanteekes 
hier onder gesat, des xv* daigs in februario, a lxxxvj. 

Johan. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV siècle). 

VI. 

Maastricht, 8 avril 1486. 

Johan van Huerne, busschop tôt Ludich, hertoch tôt 
Bu 11 ion ende grève tôt Loen. 

Eirber ind vrome, lieve rait ind getruwe, wir syn gis- 
teren alhier, tôt Triclit, kommen, in meynonghe desen 
avent by unserm alregenedichsten heren, derae Roemschen 
Konynck, tôt Acken te syn, so raorgen sondagh diecorona- 
tie geschien sali, dair wir hopen mitter hulpen Gotz aile 
unse saicken ten besten ind gueden eynde kommen sullen, 
as wir uch altijt sullen doin schryven. Ind want je weet dat 
wir pereide penninghen behoeven, orame onse costen eirber- 
lich te doin, begeren wir dat je uns van stont aile die pen- 
ninghen oeverschyckt, up dat wie mit eere unse costen 
betalen mogen, doinde hier inné as wir uch getruwen. 
Gegheven to Tricht, viij daige in aprille, anno lxxxvj. 

Johan. 



— 49 — 

Suscription : Deme eirberen ind vromen unserm lieven raide 
ind getruwen beren Lodewyck Pynnock, heren tôt Velp ind ter 
Horet, meyer tôt Loeven, unsen drosset tôt Montenaken, etc. 

VII. 

Aix-la-Chapelle, 10 avril 1486. 

Jehan de Homes, évesque de Liège, duc de Buillon ende 
grève tôt Loen. 

Très chier et bon amy. Nous vous requerrons, si affec- 
tueusement que povons, que, par ce porteur, vous nous 
envoyez les deniers de la finance que savez, car autrement 
nous serions déshonnouré. Sy en [ce] veulliez faire et vous 
employer, comme en avons Tenthière confidence en vous. 
Et à tant nostre S r soit garde de vous. Escript à Aix, le x° 
d'avril a° lxxxvj. 

JOHAN. JO. PAULI. 

Suscription : Au mayeur de Louvain, nostre bon amy. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV e siècle). 

VIII. 

Liège, 15 février 1487. 

Jehan de Homes, évesque de Liège, duc de Buillon et 
conte de Loz. 

Très chier et féal, Nous avons donné charge à maistre 

Michiel van Eyck, docteur en médicine, nostre médicin, 

vous remonstrer et dire aucunes choses de par nous. Sy vous 

requérons que icellui veuillez croire et faire ce qu'il vous dira. 

Et à tant, très chier et féal, nostre S r soit garde de vous. 

Escript en nostre cité de Liège, le xv e de février a iiij"vij. 

Johan. Jo. Pauli. 

Suscription: A nostre très chier et féal conseillier, messire 
Loys Pinnock, chevalier, nostre séneschal de Montenaken et 
mayeur de Louvain. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV e siècle). 



— 50 — 

IX. 

Camp devant Maeseyck, 30 décembre 1489 (n. st.). 

Wy Johan van Hoerne, busscop van Ludick, hertoghe 
van Buliion, grève van Loen, etc., geloven ende toeseggen 
by princelike worden onsen lieven ende getruwen raet, her 
Lodewich Pynnock, meyer van Loven, etc., dat wy hem 
van alsulligen vyfthien hondert current gulden, hy nu 
gefineert heeft tôt onsen saken, binnen den bove van 
Roraen sullen doen betalen, offdaer affassignacie geven, 
binnen desen Sinte Johansmisse toecoemende, op pennin- 
ghen die onss landen van Luyck oft van Loen accorderen 
ende geven sullen, want die assignaci, die wy voertyden 
den selven heer Lodewich gedaen hebben op die emolumen- 
ten van den segel, willen wy hem halden ende gehalden 
bebben in honre macht. Datum, sub signo nostro, in castris 
nostris ante opidum nostrum Eyckense, a° a nativitate 
domini millesimo quadragesimo nonagesimo, mensis decera- 
bris die penultima. 
Johan. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV e siècle). 

X. 

Maestricht, 27 novembre 1492. 

Johan de Homes, évesque de Liège, duc de Buillon et 
conte de Loz. 

Très chier et féal, Pour ce que, depuis noz autres lettres, 
nous sommes requis d'aler devers le Roy des Romains, à 
quoy nous sommes résolus de obtempérer, et que, comme 
savez, nous sommes mai vestus, nous vous prions que oultre 
les xvj aulnes de camelo, dont vous avons escript, nous 
veuillez envoier vostre fourrure de martes sabelines, dont 



— 51 — 

vous parlasmes derainement. Et nous vous en ferons bien 
contenter. Vous savez et cognoissez bien que la chose nous 
touche et à nostre honneur. Vous ne nous avez jamais failly, 
encores vous prions nous que ne nous faillez à ce besoing. 
Nous recognoisterons une fois le tout, au plaisir de nostre 
S 1 qui, très chier et féal, vous ait en sa saincte garde. 
Escript en nostre ville de Trect, le xxvij 6 de novembre 
a inj« xij. 

JOHAN. 

Ja. de Cambray. 

Suscription : A nostre très chier et féal conseillier et cham- 
bellan, messire Loys Pynnock, chevalier, maïeur de Louvain et 
maistre d'ostel de Mons r l'archiduc. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV 9 siècle). 

XI. 

Maestricht, 26 juillet 1493. 

Jehan de Homes, évesque de Liège, duc de Buillon et 
conte de Loz. 

Très chier et féal, Puisque ne povez recouvrer tel drap 
que vous avons escript, nous vous requérons que nous 
envoiez du drap de Tournay, tel que vous avez monstre, ou 
fait monstrer, à messire Loys, nostre chapellain, car nous 
en avons grandement à faire. Sy ne veuillez en ce faire 
faulte. Nostre S r soit garde de vous. Escript en nostre ville 
de Trect, le xxyj e de juilet a xciij . 

Johan. 

Ja. de Cambray. 

Suscription: A nostre très chier et féal conseillier et cham- 
bellan, messire Loys Pynnock chevalier, maire de Louvain et 
maistre d'ostel de Mons r l'archiduc, etc. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV* siècle). 



— 52 — 

XII. 

Maestricht, 11 juillet 1494. 

Jehan de Homes, évesque de Liège, duc de Bu i lion et 
conte de Loz. 

Très chier et ,fèal, Pour ce qu'il nous fault maintenant 

festoier les princes et seigneurs qui sont icy, meismes que 

nous disposons pour recevoir le Roy, nostre sire, avec la 

Reynne, et que, comme savez, nous avons grant deffaulte 

de napes et serviettes, car nous vous en avons par cydevant 

escript plusieurs fois, nous vous prions et requérons si à 

certes que nous povons, que incontinent nous veuillez 

envoier les deux napes et servietes que nous avez promis, 

les plus belles, longues et larges que recouvrer pourrez. Et 

qu'en ce n'y ait point de faulte, car nostre honneur y gist. 

Nous n'en saurions icy recouvrer pour chose du monde, et 

vous savez combien la chose touche. En oultre nous vous 

advertissons que Mess e Jehan de Monfort, nostre compère, 

est icy, et que sommes comme d'accors avec lui, mais nous 

n'y. povons riens conclurre sans vous. Pour quoy nous 

semble bon que venez jusques icy. Sy le veuillez ainsi faire. 

Très chier et féal, nostre S r soit garde de vous. Escript en 

nostre ville de Trect, le xj e de juilet a etc. iiij" et xiiij. 

Johan. 

Jà. de Cambrât. 

Suscription : A nostre très chier et féal conseillier et cham- 
bellan, messire Loys Pynnock, chevalier, maire de Louvain et 
maistre d'ostel de Mons r l'archiduc. 

Original. Ibidem. Lettres missives (XV siècle). 



TRAITÉ CONCLU 

ENTRE 

JEAN DE ECORNES 

ET 

PHILIPPE LE BEAU 



1400 



Ce traité, qui fut conclu en vue de mettre fin aux 
brigandages exercés dans les Pays-Bas et dans le pays 
de Liège par les de la Marck et d'autres nobles aventu- 
riers (4), est absolument inédit. L'histoire ne le men- 
tionne même pas. 

Les princes des deux pays se promettent mutuellement 
assistance contre ces excès. Toutefois l'évêque, de son 
côté, ne le fait, qu'à la condition que ce soit t sans pré- 
iudice de la neutralité à nous et à nos subgez par les deux 
Roys et mon dict s r l'archiduc ottroiée. * 

Cette neutralité est celle qu'avaient reconnue au Pays 
de Liège Charles VIII, roi de France, et Maximilien, 

il) V. Daris, Histoire de la principauté de Liège pendant le XV* siècle, 
pp. 610 et suiv. 



— 54 — 

roi des Romains, par le traité conclu à Senlis, le 
23 mai 1493 (i). 

En faisant cette réserve l'évêque entend, sans doute, 
ne s'obliger à assister Philippe-le-Beau, que pour autant 
que les troupes envahissant les Pays-Bas, n'agissent pas 
sur l'ordre du roi de France. 

Il est probable que Louis XII était l'instigateur de ces 
hostilités, mais qu'il s'en défendait, comme il le fit en- 
core par la suite. Dans le traité qui suit, on aura inséré 
cette réserve, pour mettre le monarque français dans 
l'alternative de ne pas s'opposer à la répression de ces 
violences, ou de s'en avouer l'instigateur. 

£. M. 



Traité conclu entre Jean de Homes, évéque de Liège, 
et l'archiduc Philippe le Beau. 

Château de Huy, 30 octobre 1499. 

Jehan de Homes, par la grâce de Dieu, évesque de Liège, 
duc de Buillon, conte de Loz, etc., à tous ceulx qui ces pré- 
sentes lettres verront, salut. Comme, pour pourveoir à telz 
semblables dommages, que plusieurs gens de guerre, qui 
de leur auctorité se sont assemblez et venus loger en noz 
pays et seignouries, ont à diverses fois fais à nosdicts pays 
et subgetz, semblablement aux pays voisins, meismement 
de très hault, très puissant prince et redoubté seigneur, 
Mons r larchiduc nous ayons naguères communicquié sur ce 
avec mondict s r l'archiduc, et soyons convenus ensemble, 

il) Le traité de Seolis ne consacre pas d'une façon expresse la neutra- 
lité liégeoise. Il le fait d'une manière indirecte, en énumérant, aux art 33 
et 34, les Liégeois parmi les alliés de Tune et de l'autre partie. V. Dum ont, 
Corps diplomatique, t. III, partie II, p. 303. 



— oo — 



que toutes et quantesfois que telz gens de guerre, ou autres, 
de quelque estât ou condition qu'ilz soyent, se vouldront 
assembler et avanchier d'entrer en nosdicts pays et seigneu- 
ries, pour y loger ou faire dommage, que raondict s r l'archi- 
duc sera tenu, quand il en sera requis de par nous, ou noz 
officiers, de, à ses despens, assister et aydier, de toute sa 
puissance, noz subgez à la résistence et reboute ment des- 
dicts gens de guerre, et se lesdicts gens de guerre vouloient 
faire le semblable es pays voisins de mondict s r l'archiduc, 
nous serons aussi tenus de l'assister et secourir à toute 
diligence, de toute nostre puissance, à noz despens, quand 
de par mondict s r l'archiduc, ou ses officiers, requis en 
serons, pour résister ausdictsgens de guerre et les rebouter, 
comme dit est, et que sur ce, d'une part et d'autre, seront 
expédiées lettres patentes en fourme deue, savoir faisons, 
que nous, les choses susdictes considérées, désirans pour- 
veoir aux inconvéniens dessusdicts, et veullans à mondict 
s r l'archiduc entretenir nostre promesse, avons promis et 
accordé, promettons et accordons par ces présentes, à mon- 
dict s r l'archiduc, que, toutes et quantesfois que telz ou 
semblables gens de guerre, par bendes et assemblées, ou 
autrement, vouldront venir et entrer, ou viendront et 
entreront, en sesdicts pays voisins, et que il ou ses officiers 
nous en auront fait advertir, nous à toute diligence, et à noz 
despens, lui ferons ayde et assistence de toute nostre puis- 
sance sans aucun plus long délay, sans préjudice toutesfois 
de la neutralité à nous et à noz subgez par les deux Roys et 
mondict s r l'archiduc ottroiée. En tesmoing de quoy, nous 
avons à ces présentes fait appendre nostre seel aux secrez. 
Donné en nostre chastel de Huy, le pénultiesme jour du 
mois d'octobre l'an de grâce mil quatre cens quatre vins et 
dix noeuf. 



— 56 — 

Sur le pli : Par le commandement exprez de mondict 
très redoubté seigneur, en son conseil. 

Ja. de Cambrât. 

Original, en double ; le sceau de l'un des exemplaires 
est intact, de celui de l'autre il ne reste plus que des 
fragments. Archives du Royaume, à Bruxelles. Tré- 
sorerie des chartes des ducs de Brabant. Renvoi de 
l'Autriche de 4863. 



*-m TS & OT * *-* 



y 



LETTRE 

DE 

EEMAOLE MOHY 



1690 



Remacle Mohy, à la fois poète et historien, a fait l'ob- 
jet de diverses études biographiques et littéraires. 

Villenfagne le premier s'en est occupé dans un article 
paru, au mois de mars 1839, dans la Revue de Bru- 
xelles, et reproduit dans le recueil de ses œuvres inédites, 
publié par M. X. de Theux sous le titre de Nouveaux 
mélanges. M. Helbig, à son tour, lui a consacré deux 
notices, insérées, Tune dans le tome XIII du Bulletin du 
bibliophile, et l'autre dans ses Fleurs des vieux poètes 
liégeois. 

Dans la lettre que nous donnons ici, Mohy fournit 
sur lui-même quelques détails biographiques nouveaux, 
qui nous ont semblé ne pas être entièrement dénués 
d'intérêt. E. M. 



— 58 — 

Lettre de Remacle Mohy à Pierre-Ernest de Mans- 
feldt, lieutenant gouverneur général des Pays-Bas 
et gouverneur de Luxembourg. 

Huccorgne, 26 octobre 1590. 

Monsiegneur, Je n'avoy pièça rien tant désiré que 
d'achever mes escripts pour donner plaisir à vostre Excel- 
lence, mais las! ie suis esté surprins d'une longue maladie, 
et signanment de la sciatique, quy me faict encor lusques 
ores mille maux. Je reprens néantmoin, tout mat et maigre, 
mon premier trac, pour achever une part de ce que vostre 
Excellence devroit pièça avoir ieu. Cependant ie supplieray 
qu'il plaise à vostre Excellence tant faire qu'ayons en héri- 
tage certains biens du Roy, spécifiez en la roi le icy iointe 
pour en rendre annuellement autant que Ton trouvera con- 
venir. Ce ne seroit chose nouvellement faicte, ores qu'au- 
cuns icy alentour tiennent ainsy de sa Maiesté mol in s, prés, 
terres et bois par le moyen de certaines rentes. 

Vostre Excellence, qu'at maintenant la prééminence de 
gouvernement en ce pays bas, peut par là faire à iamais 
heureuse la race de son pouvre petit Mohy, sans emplier 
plus qun mot de faveur, emprès des s r8 des finances. Sy 
ensemble il plaisoit à vostre Excellence écrire lettres de 
faveur à son Alteze de Liège pour nous faire obtenir une 
prébende, ie la présenteroy avec espoir d'un bon effect. Je 
supplie de rechef, Monsiegneur, qu'il vous plaise à ce coup 
vous souvenir de moy et des miens, quy sont subiects de 
vostre Gouvernement Luxemborgeois, et ie ne faudray, 
Dieu aydant, à payer par poèmes et prières une part de voz 
bienfaicts. Il vous plaira ensemble laisser vivre le présent 
porteur, mon frère, avec les moindres de voz domestiques, 



— 59 — 

pendant la poursuite. Achevant par mes très humbles 
recommandations, ie prieray Dieu, 

Monsiegneur, donner à vostre Excellence, en santé, 
heureuse et longue vie. De nostre résidence à Houcorgne- 
lez-Huy, ce xxttj 6 octobre 90. 

De vostre Excellence, 
le très humble et très obéissant chapelain, 

R. : Mohy. 

Suscription: A Monsiegneur, Monsiegneur le comte de Mans- 
feld, à Bruxelles. 

Pièce jointe à la lettre qui précède. 

Spécification. 

Les terres du village d'Atrive, quy pourroient faire 
ensemble une demye censé. 

Les terres, prés et bois du village nommé Bens, quy font 
ensemble une petite censé. 

Les molins de Seille, de Louveignée, de Jase, de Marche 
les Dames et de Bens. 

Monsiegneur entendra que les recepveurs de Bruxelle 
ou Namur sçavent le nombre des boniers de terre. Nous 
rendrions voluntier un muyd de rente pour chascun, voir 
qune part fut mise à rachapt, à prix raisonnable, comme à 
xxv florins, ou peu plus. 

Quant aux molins, nous en rendrions voluntier autant, 
ou à peu près, que ceulx quy les ont présentement à tres- 
sent. J'offre assé haut, de peur d'y fallir. Néantmoin i'espère 
que Monsiegneur fera passer le tout à moindre prix. 

Originaux autographes. Archives du Royaume, à 
Bruxelles. Audience, liasse n° 282. 



V 



LIBRE DISCOURS 

DES AFAIRES DE LIÈGE 



XVII* SIÈCLE 



Le roi Henri IV, qui périt de la main de Ravaillac, 
en 1610, était mort, lorsque cet écrit fut rédigé. D'autre 
part, les événements tragiques, dont Liège fut le théâtre 
en 1637, ne devaient pas encore s'être accomplis, car 
l'auteur n'y fait aucune allusion, bien que le sujet semble 
s'y prêter. 

On peut donc, avec quelque raison, attribuer cette 
pièce à l'intervalle compris entre ces deux années. 

Quel est le nom caché sous le pseudonyme, dont elle 
est signée ? 

L'auteur est liégeois. C'est de Rome qu'il écrit, et il 
a autrefois habité la Sicile. Ce sont les seuls renseigne- 
ments qu'il donne sur sa personne. Il est probable qu'il 
appartenait à la hiérarchie ecclésiastique. L'usage qu'il 
fait de textes sacrés, permet de le croire. 

Nous avons songé à Richard Pauli-Stravius, qui rem- 
plit, à Rome, les fonctions de secrétaire de la Congré- 
gation des Evêques et Réguliers, depuis 1618 jusqu'à 



— 61 — 

1632 (*), et à son frère George, que le pape envoya, vers 
1620, à Bruxelles, comme régent de la chancellerie du 
nonce (*). Toutefois rien n'est venu confirmer ces suppo- 
sitions. 

Il y avait d'ailleurs à cette époque encore bien 
d'autres Liégeois à Borne (3). 

Quoiqu'il en soit, l'homme qui a tracé ces lignes, 
possédait une profonde connaissance de la politique, 
et même un certain talent d'écrivain. Son œuvre est 
surtout intéressante, parce que, tout en étant la défense 
d'une opinion, elle dépeint les tendances des divers 
partis, à Liège, au temps des Chiroux et des Grignoux. 

E. M. 



Libre discours des afaires de Liège. 

Monsieur, Ne pensés pas que pour estre esloignés de 
vous et de vos misères, nous en soions moins participans, et 
moins Liégeois pour estre absens de Liège. Si la force du 
sang est telle que nous le voions saillir du nez à des noies, 
survenant le père, et aux meurtris des plaies, estant le 
meurtrier présent, nous nous monstrerions plus dépour- 
veus de vie que les morts, et moins sensibles que le fer 
mesme, qui s'esmeut vers l'aymant d'un pol à l'autre, si 
nous ne resentions les misères de nos amis, frères et parens. 

Autre chose y a. C'est que si Legia est ecclesiae Roma- 
nae filia, nous nous retrouvons à Rome, où S* Hubert, 
oottre bon fundateur, reçeut du ciel la Sainte estole, qui 
guérit miraculeusement ceux qui sont mordus d'une mau- 

(1) V. Daris, Histoire de la bonne ville de Looz, t. II, p. 35. 

(2) V. Id , ibid., p. 43. 

;3} V. Gaillard, Epitaphes des Néerlandais enterrée à Rome, 



— 62 — 

vaise beste, et où, si la mère povoit parler, elle donaeroit à 
sa fille force bons, vrais et salutairs documens fondés, en sa 
propre expérience. 

Elle luv feroit entendre Testât où elle s'est autrefois 
retrouvée, lorsque toute l'Italie estant en guerre, et elle 
enclavée, non moins que Liège, pesle mesie entre ses amis, 
alliés et ennemis, prestant l'oreille aux parolles emmieillées 
et faisant capital des rodomontades de ses prétendus protec- 
teurs, fut traitée un point plus doucement qu'elle ne fut par 
les Gots et Vandales. 

Et afin que vous voies plus clèrement la simpathie de la 
mère à la fille, et la ressemblance d'un mal à l'autre, ce que 
tenoit Rome en perpétuelle discorde et algarades conti- 
nuelles, c'estoient ses citoiens propres, tantost însolens par 
trop de liberté, tantost rangés en partialités par ceux qui se 
servoient de leur sotise à leur proufit. Et ceux qui les 
fomentoient et tenoient la teste haute, estoient les mesmes 
qui nous courtisent, non pour bien qu'ilz nous veuillent, 
mais pour leur intérest. Une différence y a, c'est que la 
neutralité qui tourmente la fille, maintiendra tousiours la 
mère en la félicité dont elle iouit présentement, que nous 
nous pouvons mieux souhaiter qu'espérer. 

J'ay ry maintefois de bon cœur de la maxime fort subtile 
de nos politiques, à sçavoir, que Liège estoit un estât com- 
posé de telle façon qu'il se devoit maintenir par le désordre, 
comme si un estât, qui présuppose une reigle et harmonie 
bien concertée, pou voit estre ny bon, ny durable, sans 
ordre. Cela seroit bon pour des hostes ordinaires de nos 
tavernes et STAMINAIS, lesquelz. estans une fois gaignes 
par l'excès, ne sont iamais à leur aise, s'ilz ne font excès, et 
traînent la vie en cette façon, mais pour combien de temps? 
Dieu le scet! De mesme, me semble-t-il, que, comme ce 



— 63 — 

désordre, rendu par une habitude nécessair à un corps, est 
un indice de sa proche ruine, ainsy est il d'un estât confus, 
que le désordre peut bien soustenir pour un temps, mais 
c'est pour tresbucher après plus lourdement. 

Vis consilii expers mole mit sua. 

Les troubles de nos voisins nous ont donné loisir de nous 
diviser et partialiser, voire mesme l'exemple des peuples 
souslevés heureusement contre leur seigneur a peux 
accroître l'envie que le nottre pouvoit avoir de rendre 
ses coudées plus franches. L'occurence des afaires, qui a 
favorisé tantost l'un party tantost l'autre, et les a quelque- 
fois fait esgaux, nous a mesme autorisé quelque forme de 
neutralité [autant] incommode à nous que dommaigeable à 
nos voisins. Mais i'ay grand peur qu'estans entre deux 
puissans ennemis, comme la brebis, à l'adventure, n'aians 
autre lien ou confédération plus ferme avec l'un ou l'autre, 
ce sera pour demeurer enfin à la discrétion du plus fort. 

Le fondement et lappuy de nottre neutralité et liberté 
est l'Empire, travaillé de mesme maladie que nous, autant 
divisé en soy que nous sommes divisés en luy, et qui affai- 
blissant tant qu'il peut son chef, expose ses membres exté- 
nués au danger d'estre occupés, aussy bien que nous, par les 
plus forts. 

Cognoissans cela, nous tombons de fièvre en chaud mal, 
et recercheons une protection estrangère (1), et de ceux qui, 
aians autrefois entreprins cette protection, furent, les bras 
croisés, spectateurs de nottre destruction, après avoir fait 
plusieurs années leur iouet de nous, pour distraire les forces 
deceluy qui nous ruina en leur présence^); deceux, lesquelz 

(!) Celle des Français. 

(î) Louis XI, qui avait excité les Liégeois à prendre les armes contre le 



— 64 — 

estans appelles à Naples pour semblable effet, et ce par les 
menées d'un duc de Milan, s'estans rendus maistres de l'un, 
s'emparèrent de l'autre, et envoiôrent le pont par lequel ilz 
estoient passés en Italie, pour servir de passepied, à Loches(i) ; 
de ceux, lesquelz estans appelles pour cet effet à Florence, 
y envolèrent un duc d'Athènes, comme Juppiter la cicoigne 
aux grenouilles (t); de ceux, qui appelles en Allemaigne pour 
défendre sa liberté, se rendirent maistres de trois de ses 
plus belles villes, et les retiennent pour marque de leur pro- 
tection (3); de ceux, qui par leur belle façon de protéger, ont 
mérité en Anvers une sépulture aux rampard, aux despens 
du publique (4); de ceux, qui nous ont autrefois ruiné Dinant 
et prins Bouillon (5); de ceux, lesquelz appelles par les Cam- 
brésiens qui sont à leur porte, de libres Impériaux qu'ilz 

duc de Bourgogne, eu promettant de leur venir en aide, ne manqua pas 
seulement à ses engagements, mais assista même en spectateur à la des- 
truction de Liège par les troupes de Charles le Téméraire, en 1468. 

il) Le personnage auquel ce passage se rapporte, est Ludovic Sfona, 
duc de Milan. Ce fut à son instigation que les Français entreprirent la 
conquête du royaume de Naples. Il promit à cet effet des secours à 
Charles VIII et accorda à ses troupes le passage à travers le Milanais. 
Plus tard il se brouilla avec les Français, et Louis XII, qui prétendait 
avoir des droits sur les états de Ludovic, les lui enleva. Le duc finit par 
tomber lui-môme au pouvoir de ses anciens amis, et fut conduit au châ- 
teau de Loches, en Touraine, où il mourut captif, le 17 mai 1508. 

(2) Les Florentins ayant, en 1342, imploré l'appui de la France contre 
leurs ducs, elle leur envoya Gauthier de Brienne, duc d'Athènes. Gauthier 
s'empara du pouvoir, et se proclama seigneur de Florence à vie. Il gou- 
verna ensuite d'une façon tellement despotique, qu'il se fit chasser. 

(3} Ces villes sont Metz, Toul et Verdun. Henri II, roi de France, qu'elles 
avaient appelé comme protecteur, s'en rendit maître en 1552, et les con- 
serva sous prétexte de les défendre. Elles furent définitivement réunies i la 
France par le traité de Westphaiie, en 1648. 

(4) Ces mots visent les troupes françaises du duc d'Alençon, que les 
À n verso i s massacrèrent au sein de leur ville, en 15S3. 

(5) Dinant fut saccagé par les Français en 1554. Bouillon était tombé en 
leur pouvoir deux ans auparavant, c'est-à-dire en 1552. 



— 65 — 

estoient, les firent estre subiets Roiaux, et pour une cita- 
delle, qu'ilz avoient, leur en firent avoir trois (1); de ceux 
enfin qui garderont le nottre, n'aiant sçeu garder le leur. 

Estant en Sicille, ie n'allois fois aux vespres qu'il ne me 
souvint de cette divine et dorée protection (*), et n'oublie- 
ray iaraais ie dessein du feu Roy Henry IV, et ce qu'il disoit, 
se gaussant, d'envoier son daufin à Liège pour apprendre à 
parler bon françois; mais ie croy, au revers, que, si la mort 
ne se fut mise entre deux, il nous eusse apprins à parler 
correct et à manger des dragées de Verdun (3), ou des confi- 
tures, desquelles sont estes régalés les conquesteurs de 
Pierrefont (*). 

Quant à nos voisins et bons amis (5), ilz nous ont fait veoir 
en diverses occasions des effets de leur sincère amitié. Les 
Caresmeaux de Huy (e) viendront en proverbe, comme les 
Vespres de Sicille et Matines de Parys (?) ; et croy que qui 

(lj Charles-Quint, ayant, au mois de novembre 1543, occupé la ville de 
Cambrai, y fit construire une citadelle. Il respecta toutefois l'indépendance 
du pays. En 1581, assiégée par Alexandre Farnèse, Cambrai se livra au duc 
d'Aieoçon, et demeura à la merci de la France jusqu'en 1595, époque où 
elle tomba au pouvoir de Philippe II, roi d'Espagne. Ce fut durant cet 
intervalle, sans doute, que les Français y élevèrent les forts dont il s'agit. 

.2} Il y a dans cette façon de s'exprimer une allusion aux Vêpres sici- 
liennes, c'est-à-dire au massacre que les Siciliens firent, en 1282, des Fran- 
çais, dont ils ne pouvaient supporter la tyrannie fiscale. 

(3) V. la note 3 de la page précédente. 

.'4} Au sujet du fait rappelé par ces mots, v. Viollbt le duc, Histoire 
du château de Pierre fonds. 

.5} Les Hollandais. 

(6) Par ces mots il faut entendre la prise et l'occupation du château de 
Huy par les Hollandais. Us s'en emparèrent, par surprise, le dimanche 
ô février 1595, et en restèrent maîtres jusqu'au 20 mars suivant, jour où ils 
furent obligés de se rendre aux Espagnols qui étaient venus les assiéger. Ces 
événements sont appelés ici Carémeaux, sans doute parce qu'ils s'accom- 
plirent pendant le Carême. 

(7) La Saint-Barthélémy. 



— 66 — 

les voudrait prier à la feste à Maseyck, ilz y viendraient 
voulon tiers, la fortifieraient et nous la garderaient avec 
pareille fidélité. Et n'est un petit indice de leur amitié la 
grâce qu'ilz nous font de nous faire venir plaider en Hol- 
lande pour debtes contractées à Liège, comme aussy la 
demande si confidente qu'ilz nous ont fait, de 50,000 Reichs. 
nous faisans la grâce d'accepter en gros ce qu'ilz n'ont 
mangé en détail, et laissans couler parmy le marché la iuste 
indignation conceue pour la prétendue trahison, n'estons 
pas ignorans qu'il n'y a faute de nos bourgeois mesmes, qui 
font leur ieu, entretiennent le feu, et sont autant de tisons 
qui nous tiennent en discorde entre nous, et nous avec 
nottre Prince. 

Les allumettes de nos divisions sont des chimères et 
terreurs paniques, conceues par la ialousie de nottre 
liberté, courtisée si nous semble par nos voisins, comme 
s'il leur manquoit les moiens de s'en emparer, toutes et 
quantes fois qu'il leur viendrait à propos, voire sans coup 
férir. Et certes, depuis que Charles le Hardy, l'aiant si belle, 
nous laissa pour telz questions dédiés à Dieu et à l'Eglise, 
ie ne peux nullement du monde comprendre comme y vou- 
drait mettre les mains un monarque, qui a la piété et 
dévotion pour succession immémoriale, et qui porte en ses 
titres plus de roiaumes que celuy là de provinces (1), qui se 
pourrait certes estimer bien refait, si commandant à des 
mondes entiers, il lui accroissoit un pied de terre, enclavé 
de toutes parts en ses pays. Besançon, ville impériale, 
enclavée au conté de Bourgoigne, iouit de sa liberté et pri- 
vilèges, sans aucune pleinte. Gennes sous sa protection 
regorge de biens et richesses, plus libre que iamais. Coloigne, 
délivrée de deux puissantes entraves, prie Dieu pour son 

(1) Le roi d'Espagne. 



— 67 — 

libérateur, et si elle n'estoit sous sa protection, elle s'y 
mettroit dez as t heure. Il n'y a que Liège seule qui se fait 
peur de son ombre. 

Et quand il en auroit bien bonne envie, ie voudrois 
sçavoir ce quy l'en pourroit empescher, consistant toutes 
les forces de nottre pays en une seule ville de Liège, com- 
posée d'un clergé, cuius arma sunt preces et lacrimae, 
et d'une multitude de marchans et artisans, ausquelz, si 
vous ratés le trafflc, vous leur coupés la gorge; et n'y a 
besoing d'autre siège. Or, n'est elle pas plus courageuse et 
belliqueuse que Rome ou Cartaige, plus forte qu'Ostende, 
plus puissante qu'Utrecht, plus peuplée que Gand ? Ce n'est 
assé à une ville d'avoir des murailles, il faut pour les 
défendre des hommes aguerries, disciplinés, unis. Il leur 
faut à manger, de quoy sommes moins pourveus que la 
moindre ville d'AUemaigne, n'aians autre grenier que celuy 
des prebstres, lequel encore n'est suffisant pour soustenter 
ce peuple, seulement iusques à ce que nos prétendus pro- 
tecteurs eussent franchy la moindre des barrières qui nous 
séparent d'eux. Il n'y a ville si forte qui ne succombe à la 
longue, n'estant secourue. Et d'où? D'AUemaigne point de 
nouvelles. Le secours d'Emerich leur en fait perdre l'envie. 
Chez nos voisins chasque renard a prou à faire de garder sa 
queue. Hz n'ont faute de besoigne chez eux, et de ceux 
mesmes qui veuillent tailler des cantons. Et quand ilz nous 
secoureroient, ce ne seroit qu'à bonnes enseignes, et à con- 
dition d'estre des leurs. Ce qu'est nostre ruine, et du 
clergé tout le premier. Et n'ont ilz pas autre fois secouru 
Juilliers? 

C'est bien la vérité que nous sommes incommodés par les 
guerres, et nous trouvons embrouillés parmy les querelles 
que le Roy a avec ses subiets rebelles. Mais à quy en 



— 68 — 

devons nous le gré, ou àceluy qui fait la guerre, ou à celuy 
qui est cause de la guerre? Et puis qu'il n'est en nottre 
pouvoir qu'elle se face, ou point, à qui nous en prendrons 
nous, sinon à nottre propre malheur? 

Mantaa vae miserae nimium vicina Cremonae. 

Et s'il n'y avoit cette guerre, peut-estre y en auroit il 
une autre, n'aiant jamais iour si serain esclairé ces pro- 
vinces, qu'il ne fusse obscurcy par quelque nuage semblable, 
et nous bien souvent parmy le marché. Estans donques 
comme nous sommes, et, comme Ton dit, entre le marteau 
et l'enclume, lequel vaut-il mieux, ou de s'accommoder au 
temps et à ceux qui nous peuvent nuire, ou flatter ceux qui 
nous peuvent destruire et fort peu aider? 

Quant à la protection, quelle meilleure et plus asseurée 
sçao rions nous avoir que de nottre Prince propre, qui a, et 
du crédit, et du pouvoir assé pour nous défendre? Mais 
voicy une autre alarme, de nos privilèges, les quelz, ie croy 
qu'il veuille ou tasche non plus d'abolir que les autres de 
nous envahir. Decet concessum a principe beneficium 
esse mansurum. Mais de dire qu ilz ne se pourraient mo- 
dérer entrevenant l'autorité de l'Empereur, comme de 
nottre souverain, les commis du Prince et les plus gens de 
bien et raisonables de nos bourgeois, cela fort bien, et ce 
non seulement pour nottre plus grand bien, mais par pure 
nécessité, puisqu'il n'y a personne qui puisse douter que ce 
qui est bon en un temps, ne Test en l'autre, et que tout 
homme de bon iugement et non passionné peut aisément 
iuger, que quand mesme nous serions sans prince et qu'il 
n'y auroit aucun Espaignol par delà qui nous fisse peur, 
estans purement nos privilèges comme ilz sont, nous ne 
pourrions avec iceux subsister, non plus que le peuple 



— 69 — 

romain mutiné contre ses supérieurs et réconcilié par 
Agrippa. Lequel monstra fort bien, par sa belle et saige 
harangue, qu'un estât ne peut durer où la charrue va 
devant les beufs, et les pieds veuillent commander à la 
teste. Et c'est une chose notable que de tant d'autres 
estats, qui ont des privilèges comme nous, et que nottre 
prince possède à mesme tittre que nous, il n'y a personne 
qui se pleigne de son gouvernement, que nous. Seroit ce 
pas qu'aux malades tout leur semble amer, iusques au 
succre mesme? Et ceux de Mayance, Trêves, Virtzbourg, 
quel autre protecteur out ilz que leur prince? Et que leur 
raanque-t-il ? 

De nous imaginer une république purement libre, c'est 
une pure imagination, car, outre ce que Dieu nous a fait 
naitre sous une principauté, toute sorte d'estat n'est con- 
venable à tout peuple. La façon de vivre qu'estoit la ruine 
des Florentins, autant chatouilleux que nos testes de 
houille, est le maintien des Suysses. Et demeurant le peuple 
au train mesme où il est, ce ne seroit chose nouvelle de 
veoir trainer à tous propos les bourghemaistres au Perron, 
pour leur faire retracter une ordonnance yà passée, luy 
donner telle sauce que requerroit le goust des plus mutins, 
et vouloir Répartir à toute heure ce où ilz n'ont aucun 
droit ou portion. 

Mais posons le cas que le prince eusse voulonté de nous 
traiter plus rudement et, où la raison civile n'a lieu, nous 
citer le droit canon; ie ne voy pas estant yssu de parens 
ores plus puissans que jamais, allié et secondé des plus 
grands princes de l'Europe, que ce luy seroit chose impos- 
sible. De quoy toutesfois il nous quitte tout ombrage, puis- 
que de son gré il se soubmet à la raison, et, pourveu qu'on 
luy rende l'obéissance qu'on luy doit, il nous offre ses 



— 70 - 

forces et autorité, pour en user, nous faire iouir <Tun repos 
tel que le permet la misère du temps, et nous accorder 
avec nos voisins parmi des conditions telles, moyennant 
lesquelles, si nous ne pouvons triompher, au moins nous 
pourrons subsister. Mais, au lieu de nous prévaloir de sa 
bonne voulenté et autorité, nous luy perdons le respect, 
l'irritons et Tagassons, ne plus ne moins que nos voisins, 
aussy peu sages à nous faire des ennemis, que peu advises 
à choisir des amis. Qu'est le grand chemin qui a mené au- 
trefois nottre ville de Liège à sa perdition, comme verra 
clèrement quiconque prendra la peine de lire nottre péda- 
gogue Philippes de Comines. 

Et ce qui n'apporte peu de bois à nottre feu, est le conflict 
et concours de jurisdictions, lequel si longtemps qu'il durera 
sans autre régime, nous ne pouvons faillir de fourmiller en 
querelles et nous ruiner par procès, d'avoir en nos entrailles 
Tesgout de nos voisins, nottre ville pleine de mauvais gar- 
nimens, qui, d'une sorte ou d'autre, trouveront leur asyle 
en Liège, comme, en effet, l'on en cognoit tel, qui aiant 
eschappé la corde, banny des autres provinces, triomphe 
chez nous et gouverne le monde, persistant en ses meschan- 
cetés plus que iamais(i). Qui est galleux se gratte! Cecy 
n'est grec, ny hébreu. C'est bon iargon, intelligible à tout le 
monde. Ce ne sont paradoxes, mais choses si communes que 
les enfans en vont à la moustarde, et si publiques, que vous 
ne sçauriés regarder nottre maison de ville, que n'y treu- 
viés une violette. le dy une prophétie, escrite à bon droit 
en lettres d'or, qui mériteroit d'estre engravée au cœur de 

(1) Quel est ce personnage f Ne serait-ce pas René de Renesse, comte 
de Warfusée? Condamné à mort dans les Pays-Bas, en 1633, il se retira 
à Liège et s'y présenta comme un ennemi de l'Espagne et une victime de 
son dévouement au parti de la France. 



— 71 — 

tous dos bourgeois, preschée par tous les carrefours de 
nottre ville, dite et redite mille fois. Et si peut estre les 
lunettes de Hollande empescheoient de lire si haut, ou si 
liniure du temps, depuis ma longue absence, avoit obscurcy 
ou altéré son lustre, ie la mettray icy, selon qu'il peut m'en 
resouvenir : 

Stare diu nescit, quod non fulcitur ab alto, 
Et regnum in se divisum durabile non est. 
Sic decet inprimis, illum qui cnncta potenter 
Condidit, amplecti, DoMiNUMque fideliter unura 
Quaerere, post uno concordes vivere voto. 
Hinc virtus, hinc pax, hinc et respublica floret. 

Or ie vous fais iuge, s'il est iamais sorty du trépied 
d'Apollon prédiction plus véritable, et s'il est possible 
d'avoir préveu plus clèrement le pied dont nous avions un 
iour à clocher. Devinés quant et quant si ceux qui ne 
croient aux présages, bonsadvis et conseiiz non passionnés, 
adiousteroient foy au Lazare ou à leurs ayeuls, s'ilz ve- 
noient à resusciter, ou s'ilz pourront faire proufit d'un 
exemple qui représente au vif l'idée de nottre misérable 
estât. Dieu doint que la catastrophe en soit meilleure et 
plus heureuse! 

C'est un extrait de la Description Belgique de Guicciar- 
din, qui nous a fait l'honneur de nous y comprendre, tiré de 
mot à mot du traité particulier qu'il fait de Testât d'Utrecht, 
tel qui s'ensuit : 

« Je dy que cest estât fut si grand iadis, et sa seigneurie 
« si puissante (ainsy que l'escrit encore pape Pie second) que 
» le seigneur d'iceluy pou voit à un besoing mettre quarante 
- mille hommes armés de ses subiets en campaigne. Et bien 
» que sans cesse il fust affligé et assailly par ses voisins, telz 
• que sont les Hollandois, les Frisons et les Oueldrois, si 



— 72 — 



n faisoit il teste à tous, et les repoussoit brusquement. Mais 
•» comme de nottre temps le duc de Gueldres, Charles, qui 
•» estoit un prince haut à. la main, grand guerrier et farouche, 
n fit si fort guerre aux évesques d'Utrecht, qu'il les réduit 
<* en grande extrémité. Et sur tous fut si esbranlé Henry de 
» Bavière, que le Gueldrois luy osta la plus grande partie 
« de sa seigneurie. D'ailleurs les ciloiens d'Utrecht, enor- 
» gueillis par leurs franchises et privilèges, qiïilz 

* avoient de long temps, (telle est l'ordinaire façon d'une 
« communauté) estoient devevus si insolens à cause de 
» leur impuissance, qu'ilz ne se divisoient pas seule- 
i ment entre eux et causoient plusieurs désordres en 

- leur ville, ains encore s'attachoient à leur évesque, 
» souvent se révoltans contre luy, et s'il ti'estoit esleu à 
» leur fantasie, ilz ne le vouloient accepter et luy faî- 
» soient infimes insolences et iniures. Or la plus violente 
« et fâcheuse révolte qu'ilz aient onques fait, fut celle de 
« laquelle ilz usèrent, y a quelque temps, au susmentionné 
» évesque Henry de Bavière, qui avoit dèsià tenu quattre 
« ans cette dignité épiscopale. Contre lequel s'estans irrites, 
» ainsy qu'un iour il fut sorty aux champs, luy revenant au 
» soir, on luy fit visaige de bois et refusa l'entrée en la ville. 

- Et qui pys est, peu de temps après, ilz mirent dedans 
« Martin van Rossem, général de l'armée du duc de Gueldres, 

* suivy d'une bonne troupe de soldats. L'évesque se voiant 
» en si piteux estât, se résolut de se ietter entre les bras de 
» l'Empereur Charles cinquiesme, et luy céder et transpor- 
» ter tout ce qu'il tenoit de seigueurie temporelle, atiin 
« qu'il luy donasse secours pour recouvrer ce qui estoit 
•» propre au spirituel de cette ville et seigneurie. Et d'autant 
« que lors l'Empereur estoit en Espaigne, il en parla à 
» Madame Marguerite, Régentées pays bas, si bien qu'il fut 



— 73 — 

« accordé que le 15 e de novembre de Tan 1527 l'évesque vien- 
» droit en personne à Schonhoven, et que l'Empereur y en- 

* Yoieroit de son costé des hommes de qualité, entre autres 
« les contesdeBuren etde Hoochstraet, le chancelier de Bra- 

* bant et le président du conseil de Hollande. Là où estans 
«• tous arrivés au iour nommé et préflx, après plusieurs con- 
«• sultations et discours réciproque, ilz s'accordèrent. Et fut 
» le sommaire de leur capitulation tel : Que le susdict 
» évesque résignoit, cédoit et transportait tous ses droits, 
« raisons et prétentions de jurisdiction et seigneurie tem- 
« porelle qu'il avoit en Utrecht et pays d'Overissel, desquelz 
<• droits il en saisissoit l'Empereur comme duc de Brabant 

* et conte de Hollande, tant pour luy que ses légitimes suc- 
« cesseurs venant de son sang. Et les contes, chancelier et 

* président députés promirent au nom de l'Empereur leur 
» maistre et l'obligèrent de faire la guerre aux ennemis de 
» l'Empereur et de le remettre en son siège épiscopal et le 
» faire deuement iouir de la dignité spirituelle. Durant cecy, 

* comme le duc de Gueldres fut adverty de ce traité, il 
» renforça la guerre et irrita de telle sorte les citoiens 
» d'Utrecht contre Vévesque Henry, qu'en tant qu'ilz 
» peurent, ilz luy ostèrent la dignité épiscopale, eslisans 
» en sa place (par la sollicitation et conseil du duc de 
» Gueldres) le conte de Bilge, chanoine de Coloigne. Ce 
» fui lors que s'alluma une furieuse guerre de par l'Em- 
» pereur et l'évesqae Henry contre le duc de Gueldres 
» et Veslat et communauté d'Utrecht, qui tenoient le 
» party du duc et du nouveau évesque, de sorte qu'après 
» plusieurs divers succès sanglans et infinies misères 
» en maints lieux d'iceluy pays,\\ y eut certains citoiens 
« d'Utrecht, unis et ligués avec l'évesque Henry de Bavière, 
» lesquelz introduirent les Impérialistes en la ville le pre- 



— 74 — 

» mier iour de juillet l'an 1528, et trois iours après l'évesque 
» y fit son entrée. Lequel, aiant fait premièrement une pro- 
» cession généralle le huitiesme dudict mois, il convoqua les 
« trois Estats en la place publique, par lesquelz il fut recognu 
» pour leur évesque, et seigneur, et prince, luy iurans tous 
« solennelement fidélité, loiauté et obéissance. Cecy fait, 
» iceluy évesque aiant rassemblé iceux Estats, il leur pro- 
» posa, comme il leur avoit fait entendre estant à Schonho- 
» ven, sa résolution de soubmettre le temporel de sa sei- 
» gneurie à l'Empereur, et leur remontra que cecy estoit 
» nécessaire pour le bien, repos et conservation du bien 
» publique, affln qu'estant cette seigneurie sous la garde et 
» protection d'un seigneur si puissant, elle fut conservée, 
» défendue et garantie de tant d'ennemis qui luy estoient 
» autour. Les priant de trouver bon ce qu'il avoit délibéré, 
*» et consentir à ce qu'il en avoit résolu. La chose estant 
» diversement débatue, et après plusieurs raisons d'une part 
» et d'autre, enfin néantmoins ilz consentirent à la voulonté 
« de l'évesque et à ce qu'il proposoit, et que dèsià il avoit 
*♦ arresté, à sçavoir que la cité d'Utrecht avec la iurisdiction 
*> et finages de toutes ses villes, villages, bourgs, forteresses, 
» terroirs, montaignes, forests, rivières, estangs, lacs, mou- 
» lins, rentes et revenus, et en somme tout ce qui estoit du 
» domaine temporel dudict pays, ensemble tous droits, rai- 
» sons et prétensions qu'ilz avoient sur la région d'Overyssel 
« et sur la ville et jurisdiction de Groeninghe, et autres 
» droits fussent unis et incorporés au duché de Brabant et 
« au conté de Hollande. Cecy ne fut pas si tost conclud, 
» que le citoiens furent absous du serment qu'ilz luy avoient 
* preste, et leur quitta leur foy, avec conditions toutesfois 
» qu'ilz feroient hommage et fidélité à l'Empereur et à ses 
« hoirs légitimes, yssus de luy, qui seroient ducs de Brabant 



— 75 — 

» et contes de Hollande, et ne se réservant pour soy l'évesque 

* et pour ses successeurs que la jurisdiction et revenu spi- 

* rituel, et ce somptueux palais que iadys Charles Martel 

* avoit fondé et d'iceluy fait présent à l'évesque. Et le pre- 

* raier iour d'octobre d'après fut faite et conclue la paix 
«• entre l'Empereur et le duc de Gueldres, et le 21 e suivant 
*> le conte de Hochstraet, comme gouverneur de Hollande, 

* fut à Utrecht, la gouvernante l'y envoiant, et print pos- 
» session au nom de l'Empereur, comme duc de Brabant et 

* conte de Hollande, de toute cette seigneurie et reçeut le 

* serment de ceux du pays, et le mesme fit il es villes de 
« Rhenen, Amersfort et Wick-à-Duerstede, qui luy firent et 
" Jurèrent la foy, tout ainsy que ceux d'Utrecht. Et retour- 
» nant en la cité capitale y ordonna des afaires et de la 

* police. Cependant, comme le pape Clément VIl me eut veu 
» les contracts et instruments de la cession faite par l'évesque 
» et autres cérémonies passés pour le fait d'Utrecht et ses 
" appartenances et dépendances, il approuva, ratifia et con- 
» sentit que telle cession et composition fusse vaillable, et 

* eust et sortist son plein effect. Et par ce moien la cité 

* et la ville d'Utrecht et tout son terroir, iurisdiction 
» et finages, qui avoient estes régis et administrés par 
» leurs évesques plus de neuf cens ans, vint sous la sei- 
» gneurie et obéissance de Charles le quint, comme duc 
» de Brabrant et conte de Hollande, etc. » 

Voilà un estât puissant et une ville grande, forte, riche, 
copieuse en clergé, abondante en peuple et florissante en 
traffic, laquelle, insolente pour ses franchises et privilèges, 
divisée entre elle, désobéissante et rebelle à son Prince, 
soustenue et défendue par des rebelles, assistée des forces 
de France et d'Allemaigne, perd premièrement sa liberté 
et puis sa religion. Je ne dy rien davantage. Qui habet 



— 76 — 

dures audiendi, audiat (1), et qui potest capere, ca- 
ptât (s). Pour moy, il me semble que nous ne sçaurions 
avoir un miroir plus cler des maux qui nous menacent. 
Ausquelz (pour parler franchement) ie ne sçache autres 
remèdes que ceux que par cy par là i'ay effleuré en pas- 
sant, et un autre, souverain, qu'est de prier le bon Dieu 
qu'il veuille détourner de nous ce qu'il commande à son 
prophète par ces mots : Excaeca cor populi huius, ut 
videntes non videant, audientes non audiant (3), nous 
donner aussy l'entendement pour cognoistre les remèdes 
plus convenables, avec la volonté et les moïens de les pra- 
tiquer. En quoy ie finis, et suis 

Vottre très affectionné amy et 
serviteur, 

LlBERTUS LOQUUTIUS. 

Original. Archives du Royaume, à Bruxelles. Auto- 
graphes, carton f. 

(1) S. Luc, ch. VIII, v. 8. 

(2) S. Matthieu, ch.XIX, v. 12. 

(3) Isaïe, ch. VI, v. 10. 



-*o«*C°*~ 



SOCIÉTÉ 



ci 
' ( T r '. 1 



BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



BULLETIN 
IV 



4»* FASCICULE 



LIÈGE 
IMPRIMERIE !.. r.RANDMONT-nONDKRS 



V 



NOTES BIBLIOGRAPHIQUES 



Un littérateur qui eut son heure de vogue, il y a soixante 
ans, fut Victor de Jouy. Les nombreux Hermites qu'il mit 
au jour et qui lui servirent à peindre les usages, les travers, 
les ridicules de son temps, obtinrent un succès européen. 
Aujourd'hui, c'est à peine si quelque œuvre de ce fécond 
écrivain — tout à la fois vaudevilliste, chansonnier, jour- 
naliste, auteur de poèmes lyriques, de tragédies — a sur- 
vécu. Seuls, peut-être, les Hennîtes l'ont préservé d'un 
complet oubli (1). 

Parmi ce recueil d' <* observations sur les mœurs, » les 
habitudes d'une époque déjà lointaine, de Jouy n'eut garde 
d'omettre de peindre la Vie des Eaux (*). Il ne décrit, à la 
vérité, que celle qu'on menait à Spa et à Plombières, et c'est 
même à la première qu'il consacre la majeure partie du 
chapitre. 

L'auteur y raconte avec une certaine verve amusante, 
l'origine de Spa, ville d'eau. Son récit d'un principicule 
de la Confédération germanique, auquel le marquisat de 
Franchimont ne fournit pas les moyens de faire grande 

(1) Qui se souvient encore aujourd'hui qu'il écrivit pour Rossini les 
livrets de Moïse et de Guillaume Tell t 

{*) L'hermite de la chaussée d'Antin, n© LXXXVII, La saison des 
eaux. 



— 78 — 

figure, et qui imagine, de concert avec son médecin, d'atti- 
rer les gens chez lui, sous prétexte de santé, en mettant en 
évidence les eaux minérales qui submergent (sic) son petit 
territoire, mais en réalité en y instituant une banque de 
trente et un; ce récit, disons-nous, n'est dépourvu ni d'hu- 
mour, ni d'esprit. 

La description qu'il donne ensuite, de Spa, à la fin du 
xviii 6 siècle, les détails qu'il fournit sur la façon de vivre 
des bobelins, sont assez exacts, et on doit lui en savoir gré, 
car, de Jouy, paraît-il, ne se piquait pas toujours d'être 
bien informé. Il commit ainsi des bévues énormes en his- 
toire, en géographie, ce qui lui valut d'acerbes critiques. 

Mais où il n'est rien moins que véridique, c'est quand il 
nous apprend que sa première visite à Spa eut lieu en 1772, 
avec un certain comte d'Ërfeuil; c'est enfin, lorsqu'il nous 
retrace un épisode de son séjour en cette ville, transcrit 
d'après son journal. 

Cet extrait vaut la peine d'être mis sous les yeux du 
lecteur : 

Le 22 juillet 1772. 

* Je m'étais couché à deux heures ; je me suis levé avec 
le soleil : j'ai été frapper aux volets du comte, et jeter de 
petits cailloux aux vitres de M mo Sophie de B"\ A sept 
heures, nous étions réunis tous les quatre, Sophie, sa mère, 
le comte et moi, sur la place du Pouhon, où nous avons 
pris notre premier verre d'eau. Ces dames se sont rendues, 
en calèche, à la fontaine de la Géronstère ; nous les avons 
suivies sur des escalins (i). Le docteur avait recommandé à 
Sophie de prendre trois verres d'eau de cette fontaine, à une 
demi-heure l'un de l'autre, et de marcher très vite dans cet 

(1) Petits chevaux de louage, ainsi nommés du prix qu'on payait autre- 
fois leur course. 



— 79 — 

intervalle. Sa mère qui ne pouvait pas nous suivre, s'en est 
reposée sur moi du soin de lui faire exécuter l'ordonnance. 
 neuf heures, nous avons continué notre promenade des 
fontaines ; nous ne sommes pas restés longtemps au Wat- 
trotz (sic) ni à la Sauvenière. Mais nous avons fait une 
station de deux heures au Tonnelet, où la mère de Sophie 
prend les douches. Il était midi lorsque nous sommes ren- 
trés en ville; ces dames ont été faire une visite du matin 
chez Madame la Maréchale, et le comte et moi, nous avons 
été passer une heure au Club des Anglais. On n'a point fait 
courir la bouteille et Ton est sorti de table en même temps 
que les dames pour arriver à temps au concert, où j'ai 
rejoint M 016 de B"*. La Redoute était brillante; Sophie n'a 
dansé qu'avec moi et ne m'a pas permis d'approcher de la 
table du trente et un. Nous nous sommes retirés à minuit ; 
la soirée était superbe, la lune brillait de tout son éclat; on 
a proposé une promenade dans les montagnes; j'ai indiqué 
la cabane à'Annette et Lubin pour but de notre course ; je 
donnais le bras à Sophie: nous sommes arrivés longtemps 
avant les autres; quelqu'un nous avait précédé dans ce 
lieu, où nous avons trouvé un bout de bougie qui brûlait 
encore ; j'avais par hasard le second volume de La nouvelle 
Hèldise. Sophie m'a proposé d'en lire quelques lettres ; j'ai 
bien choisi 

Qualis nox Ma, Dii, Deaeque ! 

Cette journée est marquée dans mon journal de deux 
astérisques en rouge : ce signe ne s'y trouve employé que 
treize fois dans un espace de quarante ans » 

Cette confidence ou plutôt cette vantardise où de Jouy 
se montre jouant les Saint-Preux, et avec la fatuité d'un 
bellâtre donnant à penser au lecteur qu'il a été en bonne 



— 80 — 

fortune, n'est pas ce à quoi nous voulons nous arrêter. Ce 
que nous tenons à démontrer est que l'anecdotier en a sim- 
plement imposé à son public. 

Tout ce qu'on vient de lire est de pure invention : et la 
preuve en est qu'à l'époque (1772) où l'académicien se met 
ainsi personnellement en scène, il n'avait pas encore huit 
ans. De Jouy (de son vrai nom, Victor-Joseph-iftienne; était 
né, en effet, à Jouy près de Versailles, le 17 septembre 1764, 
disent les uns, en 1769, disent les autres (î). 

Le futur gazettier (car jusqu'aux premières années du 
siècle, il avait exclusivement suivi la carrière des armes), 
ne vint à Spa pour la première fois qu'en 1802. Il figure sur 
la Liste des Etrangers du 30 septembre, comme suit : 

« Le citoyen de Jouy, adjudant-général au service de la 
République française, logé à la cour de Londres. » 

Il accompagnait à Spa « le citoyen Doulcet de Pontécou- 
lant, préfet du département de la Dyle « auprès duquel il 
remplissait les fonctions de chef de division à Bruxelles. De 
Jouy revint à Spa l'année suivante : * M. Victor de Jouy, 
hôtel de Turin, place du Pont » (liste du 4 septembre 1803). 

Ceci met à néant d'une façon évidente le récit rapporté 
ci-dessus et démontre que de Jouy a fabriqué cette fable, 
pour les besoins de son Hermite, peut-être d'après les 
souvenirs empruntés à ses contemporains, ou encore en 
feuilletant les anciennes listes de Spa, soit encore et plus 
probablement à la lecture des Mémoires de Dutens. 

La supercherie imaginée par de Jouy était après tout 
assez innocente; car elle ne portait de préjudice à personne 
qu'à lui. Malheureusement, elle eut d'autres conséquences 
que nous allons rapporter. 

(1) La biographie Hoefer donne cette dernière date, Rolle lui assigne 
celle de 1764. 



— 81 — 

L'anecdote que Ton sait a été prise au sérieux par de 
Villenfagne. 

Cet historien, d ordinaire assez circonspect dans ses em- 
prunts, a, non seulement cru à la bonne foi de M. de Jouy, 
mais pour paraître mieux informé, sans doute, il a comblé 
une lacune laissée à dessein par son modèle, en soulevant 
le voile discret jeté par de Jouy sur la physionomie de la 
belle compagne qu'il avait à la cabane d'Annette et Lubin. 
Précisons. 

Dans les- pièces détachées»» qui terminent ses Recherches 
sur (histoire de Liège (1), de Villenfagne vient à parler 
des eaux du Tonnelet et des bains qu'on donnait à cette 
fontaine. Et pour preuve qu'on voyait des personnes de 
haute naissance, en faire usage dès 1772, il cite YHermite 
delà chaussée d'Antin. «* M. de Jouy, dit-il, alla cette année 
à Spa, et dans un article de ce livre curieux, il rend compte 
de la manière dont on vivait dans ce lieu ; il y trouva 
l'aimable et spirituelle Sophie de B... (Boufflers) et sa mère. 
Celle-ci prenait au Tonnelet les douches qui lui avaient été 
ordonnées. « 

De Jouy avait écrit : Sophie de B***; de Villenfagne, de 
sa propre autorité, mit un nom en toutes lettres. 

Mais l'écrivain français avait-il voulu désigner sous ces 
trois astérisques la comtesse de Boufflers, dont le prénom 
était Amélie et non Sophie? C'est possible, mais le point 
est obscur, cela peut concerner toute autre dame de qualité 
de ce temps-là. 

La comtesse Amélie était la bru de la comtesse de Bouf- 
flers, de celle qui attira tous les regards et occupa tout le 
monde à cause de son esprit, de sa beauté et de ses relations 
avec Rousseau, Hume, le prince de Conti et Gustave III. 

il) 1817. T. II, no XV, p. 397. 



— 82 — 

Celle enfin que M™ du Defland baptisait du nom de Y Idole 
ou de divine comtesse. Toutes deux vinrent trois fois à Spa. 

En 1772 (liste du 4 juin) : * M me la comtesse de Bouflers 
(sic) et M me la comtesse de Bouflers, à la Cour de Vienne, 
rue de l'Assemblée. » 

En 1780 (liste du 8 juillet) : « M me la comtesse de Bou- 
flers, M me la comtesse Amélie (sans autre désignation), à 
l'Orange, rue de l'Assemblée. » 

En 1789 (liste du 31 juillet) : « M ma de Boufflers, M"* Amé- 
lie de Boufflers, sa belle-fille, au Roi d'Angleterre, rue 
Entre-les-Ponts. » 

Quoique taxée de bizarre, d'enfant gâtée, par M°* du 
Defland, il faut noter que la comtesse Amélie passa pour 
avoir été toujours vertueuse. C'est donc fort gratuitement 
que de Villenfagne lui prête dans l'aventure de de Jouy, un 
rôle qu'elle ne joua pas (î). 

Il est bon d'user de prudence, on le voit, quand on se 
hasarde à vouloir pénétrer le mystère dont certains narra- 
teurs ont voulu envelopper leurs confidences, leurs demi- 
aveux. 

Nous allons en signaler un autre exemple. 

Dans l'édition des Mémoires de Lauzun que publia 
M. Louis Lacour (*), il consacre une assez longue notice 
biographique à ce personnage, célèbre par ses aventures 
amoureuses. Et, à l'occasion des relations qu'il eut avec 
M me de Coigny, il dit en note (3) : 

* M me de Coigny fut oubliée comme les autres; mais parmi 

(1) La supercherie inventée par de Jouy, Terreur dans laquelle a verse 
de Villenfagne, nous avaient été signalées par notre honorable collègue 
et ami, M. Félix Delhasse. 

(2) Seconde édition. Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1858, un vol., 
petit in-8°. 

(3) P. xxxix, note 1». 



— 83 — 

les femmes auxquelles Lauzun s'attacha depuis, nulle ne 
connut le secret de l'émotionner autant. Parmi elles, il en 
est deux que nous mentionnerons d'une façon particulière : 
la première fut la comtesse de Rechteren dont Lauzun 
s éprit en 1787, aux eaux de Spa. C'était, dit M me de 
Genlis, une jeune espagnole, à la fois spirituelle, ingénue et 
jolie, mariée à un homme qui aurait pu être son père, mais 
qu'elle aimait véritablement. Comme il était fort difficile 
de l'approcher, le duc s'établissait derrière, au milieu des 
hommes qui avaient la galanterie de servir les dames. Un 
jour, au déjeûner, il lui fit rapidement, tout bas, une décla- 
ration d'amour très formelle. M me de Rechteren, après 
l'avoir tranquillement écouté, lui répondit : Monsieur le duc, 
j'entends fort mal le français, mais mon ami (elle désignait 
ainsi son mari) est bien plus savant que moi ; allez lui répé- 
ter ces jolies choses, il me les expliquera parfaitement. <• 

Vérification faite à l'aide des Listes des seigneurs et 
dames venus à Spa, en l'année désignée, 1787, on trouve 
bien, à la date du 10 juillet, <* M. le comte de Rechteren, 
ambassadeur de Hollande à la cour d'Espagne, avec Madame 
son épouse, logés à l'hôtel deSoissons, rue des Capucins (î), » 
mais le nom du duc de Lauzun n'y figure aucunement, et il 
est certain qu'il ne vint pas à Spa, cette année. 

Les Mémoires de Madame de Genlis auxquels M. Lacour 
a emprunté l'anecdote, ne donnaient pas, eux non plus, le 
nom de Lauzun en toutes lettres, mais la simple initiale L"\ 
Il est dit, en effet, dans ces mémoires, textuellement et à 
propos de Madame de Rechteren : 

* Un jeune et brillant seigneur de la Cour de France, le 
duc de L*" en devint éperdûment amoureux, etc... » 

1) Ce diplomate était un habitué de Spa. Déjà en 1771, on le voit ainsi 
qualifié dans la liste, - envoyé de LL. HH. PP., à Pétersbourg. » 



— 84 — 

M. Lacour ayant cru bénévolement que ces qualificatifs 
ne pouvaient désigner que Lauzun, a substitué de son propre 
chef un nom à cette initiale énigmatique. 

Or, il s'agit ici, bel et bien, du duc de Laval. 

La liste de 1787 parcourue toute entière, minutieusement, 
ne nous fournit que deux noms de ducs français, dont les 
noms commencent par cette lettre L. Ce sont ceux des ducs 
de Laval et de Liancourt. M me de Genlis ayant à parler, 
quelques pages plus loin du dernier de ces visiteurs, — tou- 
jours au sujet de Spa — cite son nom en toutes lettres, et 
vraisemblablement, elle ne l'eût point nommé ici, pour 
taire son nom peu auparavant. C'est donc bien le duc de 
Laval qui fut le héros de l'aventure rapportée par M™* de 
Genlis, et il faut rayer le nom de M me de Rechteren de la 
liste des femmes dont Lauzun tenta de se faire aimer. 

Il est vrai qu'il en restera toujours un nombre bien suf- 
fisant, — mille e tre — à l'actif de ce rival de Don Juan. 
Puis Ton sait le proverbe : On ne prête qu'aux riches. 



Au nombre des écrits contre-révolutionnaires répandus 
dans la Principauté au lendemain de 1789, se trouve une 
brochure anonyme dont l'apparition eut un certain reten- 
tissement. Elle était intitulée: Appel comme d'abus contre 
le prétendu Etat-Tiers et les usurpateurs de la régence 
de Liège (i), et porta comme unique rubrique: A Mayence, 
1790. Dès sa publication on chercha naturellement à en 
deviner l'auteur, et Ton désigna comme en étant le père, le 
baron Hilarion de Villenfagne. C'est du reste l'opinion encore 
accréditée. 

Laurent-François Dethier, jurisconsulte et avocat à 

(1) I ii-8o de 36 pages. 



— 85 — 

Theux, ancien membre du Conseil des Cinq-Cents, est le 
premier, — croyons-nous, — qui ait fait cette attribution. 

L'exemplaire de Y Appel comme d'abus qui est en notre 
possession est précisément celui qui lui a appartenu. Det hier 
annotait volontiers les livres de sa bibliothèque (1), comme 
le baron de Crassier, comme bien d'autres de nos contempo- 
rains, que nous connaissons. Pour le dire en passant, nous 
ne blâmons pas trop cette manie, quand il s'agit de bou- 
quins et cela au risque de faire acte d'hérésie au point de 
vue des amoureux du livre. 

Les gloses ont du bon, elles sont parfois utiles. 

Dethier n'a pas dérogé à ses habitudes à propos du pam- 
phlet, — c'est son mot, — qui nous occupe. 

On peut lire en effet sur le titre même de la brochure 
cette mention écrite de sa main : « Attribué à Hil. de 
Vilenfagne (sic). Voyez ce qu'il dit dans ses autres ouvrages, 
d'un prétendu article de Fabry, bourgmestre, inséré dans 
un voyage imprimé en 1774. » 

Le jurisconsulte franchimontois se trompait. Aujour- 
d'hui, nous sommes à même de révéler le nom du véritable 
auteur de Y Appel, qui n'est autre que Gérard de Leau, sur- 
nommé Figaro. 

Notre conviction sera bientôt partagée par nos col- 
lègues, s'ils veulent prendre la peine de lire ce qui va suivre. 

L'un de nos amis M. Gustave Germay, notaire à Spa, est 
devenu récemment héritier des papiers de Gérard Deleau. 
Parmi une foule de documents manuscrits intéressants, se 
trouvait une note curieuse et assez étendue, dans laquelle 
Deleau s'est plu à esquisser le projet d'un tableau qu'il se 
proposait de faire peindre par un artiste de talent. 

Il s'agit de la « représentation d'une famille, chaque sujet 

(1) M. de Limbourg avait déjà mentionné cette particularité. 



- 86 — 

formant portrait de grandeur naturelle ou approchant. - 
Partant de là, Deleau décrit soigneusement et minutieuse- 
ment les différents personnages qui devront composer le 
groupe, l'attitude et l'expression à donner à chaque indi- 
vidu. C'est le père « en uniforme, botté, assis à côté d'une 
» table longue, tenant une pièce d'écriture déployée; son 
» fils Agé de huit ans, et la mère, sa fille âgée de sept ans 
» et deux autres enfants de cinq et de trois ans, etc. • 

Enumèration faite des personnes qui doivent figurer dans 
le tableau, il prend soin de décrire le milieu où il voudrait 
qu'on le représentât et il nomme les divers accessoires qui 
meubleraient le salon. 

Il ajoute : « Enfin, sur la table, seront différents livres et 
documents éparpillés et dont les titres seront visiblement 
tracés, savoir : 

D'une part : Tout est au mieux, car on le dit. 
Réponse d'un ignorant au savant Bassençe (i). 
Appel comme d'abus contre le prétendu Etat-Tiers. 
D'autre part : Appel aux nations et aux rois contre 
les tyrans qui dominent sur la France (*). 
Pièces et faits relatifs, etc. (a). 
Les faits et la vérité mis en opposition, etc. (4). 
Tableau de la République française (5). 

(1) Le vrai titre est : Réflections d'un ignorant sur les commentaires du 
sçavant Bassenge, relatifs à la lettre du prince de Liège du S décembre 
1789, de l'imprimerie du Journaliste Patriotique, mdccxc. 

(2) Le titre complet est : Appel du genre humain aux nations et avor 
rois, etc. 

(3) Titre exact : Pièces et faits concernant le marquisat m etc., est de 
1794. 

(4) Ce volume est de 1799. 

(5) O. deLeau ne donne ici que le sous-titre de son livre intitulé: L'ami 
du bien public ou Tableau de la République française, etc., 1799. 



— 87 — 

En manuscrit : Questions de droit. 

Au premier coup d'oeil jeté sur cette liste, nous y recon- 
nûmes les titres caractéristiques de plusieurs publications 
de Gérard de Leau, et immédiatement la lumière se fit dans 
notre esprit. Le tableau projeté, le groupe imaginé, concer- 
naient, à n'en pas douter, de Leau lui-même. 

Méditant un jour de se faire portraiturer lui et les siens, 
il avait bourgeoisement tracé sur le papier la façon dont il 
concevait ce tableau aux vastes proportions, et il avait pris 
soin de spécifier les objets dont il voulait que le peintre 
reproduisit l'image. C'est ainsi qu'il avait prescrit que ses 
œuvres fussent mises en évidence, et que les titres mêmes 
de ses écrits fussent bien apparents. 

On remarquera qu'en dressant en quelque sorte ainsi sa 
bibliographie, Deleau a poussé la minutie jusqu'à ranger 
ses œuvres en trois catégories : 

1° Celles qui ont paru en anonyme ; 

2° Celles qu'il a signées du pseudonyme de Gérard de 
Berinsenne, et qui la plupart furent imprimées pendant son 
émigration ; 

3° Celles qui sont restées manuscrites. 

Seulement, quand il traçait son projet de tableau, il citait 
de mémoire, le titre de ses brochures, et, par suite, d'une 
manière inexacte. Nous avons rectifié ou complété ces titres, 
en notes. 

Tout est au mieux, car on le dit, était depuis long- 
temps connue pour être de de Leau. Mais c'est par erreur et 
en se basant sur une fausse indication donnée par Bor- 
gnet (i) que M. le chevalier de Theux, la met au compte 
de Lambert-Joseph Deleau, dit Figaro, fils de Gérard 

(1) Au tome I«r, p. 190, note 3™« de son Histoire de la Révolution lié- 
geoise. 



— 88 — 

de Leau; comme c'est également par erreur qu'à la table de 
sa Bibliographie j il range sous les noms des deux Deleau : 
Deleau Gérard et Deleau Lambert-Joseph, ces différentes 
brochures parues à l'époque de la Révolution. 

Toutes ces brochures sont l'œuvre du seul Gérard de 
Leau, dit Figaro. Quant à Lambert-Joseph de Leau, il 
est innocent du fait qu'on lui impute, par l'excellente raison 
qu'il n'a jamais existé. Il n'y eut point de Lambert-Joseph 
dans la famille. 

Voici en quelques lignes le crayon généalogique de ces 
bourgeois de Spa. 

Gérard de Leau, apothicaire, eut quatre fils : Laurent, 
Michel, Gérard (dit Figaro) et Jonas. 

Nous avons rappelé ailleurs, l'origine du surnom de 
Figaro donné à Gérard, l'un des principaux actionnaires et 
l'un des créateurs de la Redoute. Il reçut ce sobriquet à 
l'occasion d'une représentation dramatique de bienfaisance 
donnée par des amateurs à Spa au mois d'août 1785, où il 
jouait le rôle de Figaro, dans le Barbier de Séville. 

Gérard de Leau, à son tour, eut quatre enfants : 

Ferdinand, né en 1794. 

Caroline, née en 1795. 

Constantin, né en 1797. 

Jeannette, née en 1799. 

Ces dates nous permettent de fixer approximativement 
celle où de Leau jeta sur le papier le projet du tableau de 
famille dont il a été question ci-dessus. 

On se souvient qu'en effet il y nommait quatre enfants, 
âgés respectivement de huit, sept, cinq et trois ans. 

C'est donc en 1802, et pendant son exil qu'il forma ce rêve, 
qui ne fut jamais réalisé. 

Resterait à déterminer le lieu d'impression de ces diffe- 



— 89 — 

rents écrits qui portent des rubriques purement imagi- 
naires. Une revision soigneuse des papiers de Gérard de 
Leau ne nous a fourni que des indications assez vagues, 
mais suffisantes néanmoins pour nous mettre sur une trace. 
Ainsi nous savons que G.-F. Van Gulpen, de Maestricht, 
imprima pour lui en janvier 1790 une brochure à huit 
cents exemplaires. Il s'agit évidemment de Y Appel comme 
d'abus. 

Peu après, il est question de deux feuilles et demie à 
douze cents exemplaires ; c'est probablement la brochure 
intitulée : Tout est au mieux, car on le dit. 

Enfin en 1793, il s'adressa à l'imprimeur Dessain, de 
Liège ; mais nous sommes sans renseignements sur la 
nature des travaux faits pour de Leau par cet éditeur. 



La bibliographie spadoise enregistre les titres de diffé- 
rents écrits qui sont d'une excessive rareté, et qui par cela 
même font le désespoir des collectionneurs. 

Un unicum de cette espèce est YEpître sur les eaux 
minérales de Spa et le genre de vie de cet endroit 
célèbre, par M. G. P., traduite du polonais, paru en 1776, 
avec cette simple rubrique: A. Breslaw. 

De Villenfagne et Dethier avaient signalé ce petit 
volume, mais sans l'avoir eu sous les yeux, car ils donnèrent 
comme initiales du prétendu auteur, les lettres D. Q. 

Plus heureux qu'eux, nous avons pu prendre connais- 
sance de la précieuse plaquette qui figure dans la biblio- 
thèque de M. Philippe de Lirabourg. C'est un petit in-8° de 
vingt-sept pages, imprimé chez J.-F. Desoer. 

L'épître en question comporte cent vingt-six vers et 
est datée de Spa, 23 juillet 1772. Elle eut pour auteur un 



— 90 — 

certain Piramowicz, jésuite polonais, qui avait séjourné 
à Spa cette année. On trouve, en effet, dans la Liste des 
seigneurs et dames venus aux eaux minérales, en 1772 
(n° 20, 19 juillet) : * le R. P. Grégoire Piramowicz, de la 
Compagnie de Jésus, logé au Grand Maur, rue de la Sau- 
veniére, n° 14. • 

M. de Limbourg possède une correspondance qui jette 
quelque jour sur la publication de cet écrit. Il en résulte 
que Piramowicz fit d'abord imprimer sa pièce de vers à 
Breslaw, et c'est là ce qui expliquerait ou du moins justi- 
fierait le choix de la rubrique supposée, mise à l'édition qui 
nous occupe ; que la traduction en fut faite par l'abbé Ques- 
nay, enfin que c'est à J.-P. de Limbourg, l'auteur des Nou- 
veaux amusernens de Spa, que nous sommes redevables de 
l'édition imprimée chez Desoer. 

Voici, au surplus, les différentes lettres échangées, au 
sujet de cette pièce, entre le savant médecin et le jésuite 
polonais. 

A Monsieur l'abbé Piramowicz. 

Theux, le 17 février 1773. 

Je voudrais encore si vous le permettez mon très 

Révérend Père, recevoir de vous une autre faveur. Vous 
avez fait une Epître en polonais sur les Eaux et la vie de 
Spa. Je suis désireux et impatient de l'avoir pour la faire 
traduire, à moins que vous ne voulussiez bien me l'envoyer 
avec sa traduction manuscrite, soit en français soit en latin, 
mais plutôt en français, quand même la langue française ne 
serait pas des plus exactes, parce que je pourrais y suppléer; 
dès que je le comprendrais, ce serait assez. Dans ce supposé, 
je vous prie en grâce de l'adresser à M. Desoer, imprimeur- 
libraire à la Croix d'or, sur le Pont d'isle à Liège, sous une 



— 91 — 

autre enveloppe, sç avoir à Monsieur Maus, officier des 
Postes de S. M. I. et R. à Liège. 

J. P. DE LlMBOURG. 



A Monsieur l'abbé Piramowicz. 

(sans date). 

On a été sur le point d'imprimer votre belle Epître sur 
les Eaux de Spa, en polonais et en français : ce qui a retenu, 
a été la crainte d'estropier la première de ces langues, et la 
crainte de vous faire peine, surtout par les fautes qui s'y 
seraient glissées. Si vous l'approuvez, Monsieur, il faudrait 
prendre la peine de m'en rendre une copie nette du polonais 
duo côté et du français de l'autre, chaque ligne répondant 
à l'autre. 

On la trouve d'un style très poétique en français et très 
flatteuse pour Spa ; mais on m'assure qu'en Polonais, elle est 
infiniment au-dessus de la traduction. Pour un ouvrage 
aussi peu volumineux et pour les lettres qu'il vous plaira 
m'écrire, je vous prie de les envoyer directement par la 
poste. 

J. P. DE LlMBOURG. 



M. l'abbé Piramowicz, à Varsovie. 

il avril 1775. 

J'ai montré votre belle épître à diverses personnes, 
entr'autres elle est parvenue en mains d'un libraire qui 
l'aurait imprimée, mais il a été retenu par la crainte d'es- 
tropier le polonais surtout pour les lettres Z, V, L, dans ces 
deux mots. 



— 92 - 

1 er vers. Zrzadtami : Sont-ce des z comme dans l'alphabet 
français ? 

La 2 me lettre est-ce v ou bien u ? 

3 me vers. chy... chyu. A quoi répondent ces y? 

Il voulait laisser au titre les lettres initiales H. G. P. S. 
J. Je crois qu'en cela il n'y a pas de mal. Mais ne faudrait-il 
pas mettre dans un avertissement, votre nom : M. l'abbé 
Piramowicz, avec quel titre, de cy -devant jésuite ou quoi ? 
Je voudrais sçavoir au juste votre pensée qui resterait entre 
nous. Cependant le libraire m'a dit qu'il allait l'envoyer à 
quelqu'un qui sçait le polonais pour en avoir avis et conseil. 
Je souhaiterais pouvoir recevoir les vôtres assez tôt pour les 
faire suivre de préférence. Oserais-je me flatter que vous 
n'agirez point avec ressentiment, mais que vous daignerez 
m'honorer aussitôt de vos chères nouvelles. 

J. P. DE LlMBOURG. 



A Monsieur J. P. de Limbourg, médecin aux Eaux 

minérales de Spa. 

Je n'oserais jamais vous envoyer mon épitre si je ne 
devais sacrifier à vos ordres et à votre amitié, tous les 
égards que la médiocrité de la pièce m'inspire. Elle n'a cer- 
tainement rien d'appréciable, sinon qu'elle porte une petite 
preuve de l'amitié, de l'estime et du souvenir que je con- 
serve toujours pour vous. Encore est-elle bien insuffisante 
de quelque côté que vous la regardiez. 

L'abbé Piramowicz. 



— 93 — 

A Monsieur l'abbé Piramowicz, secrétaire de la 
Commission de l'Education nationale, à Varsovie. 

Janvier 1776. 

Un libraire qui a une copie de votre Epitre sur Spa avec 
la traduction et la paraphrase de M. l'abbé Quesnay, avait 
essayé de l'imprimer, mais le polonais Ta rebuté ; et derniè- 
rement j'ai appris qu'il l'avait fait voir à un gentilhomme 
polonais qui, en lui faisant l'éloge de l'original, lui avait 
donné quelques éclaircissements pour venir à bout de l'im- 
primer. Si cela est, je vous enverrai un exemplaire par la 
poste, s'il n'est pas trop volumineux ; en attendant une 
autre occasion pour quelques exemplaires ensuite 

J. P. ds Limbourg. 

À Monsieur J. P. de Limbourg, médecin aux Eaux 

minérales de Spa. 

Varsovie, 7 mai 1776. 

Jusqu'à présent je ne sais ce que est devenue mon 

Epitre 

L'abbé Piramowicz. 

On sait que, sur ces entrefaites, l'épître avait paru chez 

Desoer(l776). 

Le docteur de Limbourg, adressait l'année suivante cette 
lettre à l'auteur. 

À Monsieur l'abbé Piramowicz, secrétaire de M. Kassa- 
kowski, secrétaire actuel de S. M. le Roi de Pologne 
à Varsovie. 

18 novembre 1777. 

Que vous dirai-je de votre Epitre sur Spa? D'abord, pour 



— 94 — 

ce qui me regarde, je ne puis en dire rien d'autre sinon que 
je suis confus de la manière honorable dont tous m'y dépei- 
gnez. Bien loin de me flatter de la mériter, j'ai cru que le 
poète polonais, parlant du Grand Prêtre de la Nymphe (i) 
s'est livré à un transport de son cœur par bonté pour son 
ami qui sçait d'ailleurs que l'éloge de quelqu'un signifie 
moins ce qu'il est que ce qu'il doit être. Pas moins, je vous 
en suis très-reconnaissant. 

A l'égard de la pièce elle-même, elle est dans le vrai style 
poétique. J'entends dire qu'elle est infiniment mieux que sa 
traduction. C'est l'ordinaire. Jamais traduction ne rend 
parfaitement son original. Cependant celle-ci parait aisée 
et naturelle et respire le langage des Muses. 

Cette pièce a- plu et déplu par les personalités; l'éloge 
d'un homme plait à ses amis, déplait aux envieux ; l'article 
du jeu et des joueurs a été fort goûté, mais point non plus 
par tout le monde. Je dois même vous faire observer, Mon- 
sieur, que l'hydre du jeu n'est pas si bien appropriée aux 
salles publiques, qu'aux jeux clandestins, en chambres par- 
ticulières Le caractère des nations a été généralement 

applaudi, surtout des Anglais qui aiment qu'on parle laco- 
niquement (*). Messieurs les Polonais ont trouvé leur langue 

(1) L'auteur avait dit, en faisant allusion à M. de Limbourg dans son 
poème : • Je reviens à ma Nymphe dont je tâche d'être le fidèle client, je 
suis en cela le conseil du Grand Prêtre de cette Nymphe, de cet homme 
illustre a qui son habileté et ses ouvrages célèbres ont mérité une place 
distinguée parmi les sçavans de l'Angleterre et de la France et dont ils 
ont couronné et couronneront encore plus d'une fois, le front de lauriers 
immortels, etc. » 

(2j Parlant du concours des visiteurs de différentes nations qu'on voyait 
à nos eaux, l'auteur avait qualifié chacune d'elles : le Français vif et actif, 
l'Anglais taciturne, l'Hollandais pesant, l'Italien politique, l'Allemand sin- 
cère, le Polonais dont on déplore justement le sort et l'habitant de la froide 
Russie 



— 95 — 

estropiée dans l'impression, faute de caractères polonais. 
Quelques-uns de ces messieurs trouvent qu'elle aurait été 
mieux imprimée à Varsovie qu'à Breslaw, ce que vous ferez 
peut-être, avec quelques changemements aux additions 

En 1804, un grand seigneur polonais venu à nos eaux, le 
comte Stroynowsky, chevalier des Ordres de l'Aigle blanc 
et de Saint-Stanislas, manifesta à son médecin J.-P. de Lira- 
bourg le désir de lire l'épître du jésuite Piramowicz. En 
retournant le volume à son propriétaire, il y joignit cette 
lettre : 

« Cet ouvrage m'a fait le plus grand plaisir, en trou- 
vant par mon compatriote qui était un honnête homme 
et bien élevé, la justice rendue à la vertu, humanité et 
amitié, lesquels a reconnu dans la personne du Grand Prêtre 
de la Nymphe. 

En corrigeant les fautes d'imprimerie (sic) j'ai rendu à 
cet ouvrage le sens que l'auteur voulait avoir et qui était 
autant estropié que sans être corrigé il ne pouvait pas 
être compris même par aucun Polonais et c'est cela qui 
redouble encore mon plaisir vis-à-vis du Grand Prêtre de la 
Nymphe » 



Personne n'ignore que peu après le séjour qu'il fit à Spa 
(1717), le Czar Pierre-le-Grand envoya au magistrat de ce 
bourg, une tablette de marbre noir, surmontée de ses 
armes et portant en lettres d'or, une pompeuse inscription 
toute à la louange des fontaines ferrugineuses. 

L'envoi de ce monument qui attestait l'éclatante guéri - 
son opérée par nos sources, fut accueilli avec enthousiasme 
par les Spadois. Pas ne fut besoin de leur démontrer la 



— 96 - 

valeur d'un tel témoignage venant d'un tel souverain, tous, 
ils comprirent que ce don précieux serait pour leurs eaux 
la meilleure des réclames. 

Magistrats, notables, médecins, se concertèrent sur les 
moyens les plus propres à donner de la publicité à cette 
nouvelle. Au nombre des praticiens qui exerçaient à Spa, à 
cette époque, il faut citer Xhrouet, Godefroid Cocquelet, 
fils d'un chirurgien estimé, Edmond Nessel, etc., mais ce 
fut surtout l'apothicaire Jean Salpeteur (1) qui se livra aux 
démarches les plus actives, afin de faire connaître au public 
le témoignage dont l'empereur moscovite avait doté Spa. 

Les archives de Spa possèdent une série de lettres adres- 
sées par Salpeteur au greffier Storheaux (s), toutes rela- 
tives à cet objet. 

Il fut d'abord question de faire la traduction de l'inscrip- 
tion, puis de la paraphraser, enfin on voulut reproduire le 
monument par la gravure. 

Voici du reste les lettres de Salpeteur dont nous avons 
respecté l'orthographe : 

M. Storheaux, greffier de Spa. 

Monsieur, 

Ensuitte de la vostre jay voulu faire mettre quelque 
chose dans la Gazette touchant l'embellissement que S. M. 
Czarienne nous at envoie. Je suis d'avis d'y faire seulement 
une advertance de l'arivée de ce don et un petit détaille. 
Mons r Nessele voudroit y insérer Tespreuve que Ton en fit 

(1) Jean Salpeteur reçu apothicaire par la confrérie de Saint-Cosme et 
Saint-Damien, le 1er octobre 1695, fit partie du collège des médecins de 
Liège, en 1699. 

(2) Oui Heaume Storheaux nommé greffier en remplacement d'Etienne 
Storheaux, le 4 avril 1711. 



i 



— 97 — 

Tan 1716 publiquement, scavoir que les chaufant (les eaux) 
ou tiédissant ils ne vaillent rien et pour insinuer que les 
buvant à la source dans leurs naturelles, ils sont melieur 
sans comparaison. Yoicy le modèlle qu'il en avoit fait et 
celuy que moy jay fait 0); ensuitte beaucoup de gens sont 
d avis que Ton fasse graver ceste machine afin que on la 
fasse imprimer avec l'inscription pour la donner au publicq, 
que sela seroit fort avantageux pour Spa de le faire ainsi ; 
c'est pour cela que je n'ai rien fait imprimer affin que Ton 
prenne des mesures. Si on convient de cette dernière Mons r 
Xhouwet pourroit le faire en cuivre et on pourroit la 
donner à celuy qui fait la Clef du cabinet, afin de l'y faire 
mectre aussi ; car cela serat mieux encore que la Gazette 
à ce qu'il me parolt. 

Donnez-moi s'il vous plaît de vos nouvelles pour Lundi 
si faire se peult, afin de se régler à l'advenant. Entretems 
je vous remercie du soing qu'avez eu de m'envoier copie de 

(1) Voici la mention que Nessel rédigea : 

- Sa Majesté Czarienne ayante l'été dernier bu les eaux de la Fontaine à 
la source mesme de Gérons ter lez Spa, pour des incommoditez fort consi- 
dérables, dans quelles les médecins qui n'ont pas pris la peine d'examiner 
à fond les qualitez de ces Eaux ou qui n'ont pas vu les expériences que 
firent publiquement à la Fontaine les 8" E. Nessel l'un de nos principaux 
médecins et le s* Cocquelet médecin du lieu, très expert dans la connois- 
sancedes eaux minérales, le 16 juillet 1716, après avoir fait avertir tout le 
monde trois jours auparavant, et en présence de quantité de médecins, aux- 
quels ils firent au môme tems voir la différence qu'il y a d'une eau miné- 
raie transportée, à celle qui se boit comme elle est naturellement à la 
source mesme, auroient défendu de boire lesdites eaux à moins de les avoir 
foit chauffer ou tiédir, n'y a pas seulement trouvé du soulagement, mais sa 
santé, si bien affermie qu'elle a envoyé un monument magnifique avec une 
inscription en lettres d'or pour un tesmoignage éternel des vertus et effets 
surprenans qu'elle a trouvé dans lesdites eaux après avoir inutilement 
tenté quantités d'autres remèdes, et eaux minérales. La figure de ce monu- 
ment pourra se donner au Public avec l'inscription dès que la planche sera 
achevée. » 



— 98 — 

ce qui est venu. Je salue toute votre maisonnée et les amis 

et suis Mons r etc. 

J. Salpeteur. 

Liège, le 13 may 1718. 

P. S. On dit partout qu'il faut faire des dépences pour le 
faire connoltre dans les pays estrangers, parce que l'escrit 
du Czare donne des louanges admirables aux Eaux et plus 
môme qu'un livre entier ne le feroit, asteur que les eaux de 
Huy veuillent se fourer partout dans la connaissance. 

Beaucoup de gens me disent que Ton pourrait mettre cet 
ornement (î) sur le Marchez, par rapport à ce qu'il est mar- 
quez has ad Spadanas aguas, et qu'il déclare que sat estez 
par la Géronster qu'il a esté guéris. 



Monsieur, 

Ensuite de ce que j'ay eu conférez avec Mons r Leloup 
pour le translat de L'épitafe du Czare, jay parlez à la per- 
sonne que je luy avois proposez qui est très capable, mais je 
n'ay peu scavoir ce qu'il prétendroit, il dit seulement que 
c'est une ville, cela est commun. Si c'étoit un particulier, ce 
seroit autre chose, j'infère de là qu'il voudrait être bien 
récompensez ; si je savois ce que l'on voudrait donner, je me 
réglerai à l'advenant. Il voudrait faire cela par un petit 
araisonnement à la louange de Sa Majesté, et à la gloire de 
Spa de l'honneur qu'elle a receu et des belles qualités de ses 
eaux et y pourrait glisser quelque pensée que vous pourriez 
suggérer. Il luy faudrait environ sept à huit jours pour le 
repasser et le repolir. Je luy ai dit que on ne voudrait pas 
avoir quelquechose de grand mais ramassez à l'advenant du 

(1) C'est ainsi qu'il désigne la dalle. 



— 99 — 

latin qui y est. Donnez-moi s'il vous plaît vos pensées. Je 
vous suis obligez et je demeure Mons r votre très humble, 

J. Salpeteur. 
Liège, le 20 may 1718. 

Monsieur, 

Jay estez chez deux graveurs pour voire ce qu'il coutte- 
roit pour cette gravure, on me demande 20 escus pour ren- 
tière, 15 pour rentière sauve l'escriture et 10 pour faire 
seulement le rond avec les armes. 

Je voiray aujourd'huy un graveur en bois come les 
imprimeurs se servent. Si cela est si chère, il faudra se 
contenter de faire la description de cet ornement. J'ay com- 
mis une personne pour sonder Rossius ne mayant rien 
voulu dire sinon que c'étoit pour une ville, qu'il falloit luy 
faire une reconnaissance à l'advenant. Lundy j'espère de 
vous escrire le reste et vous diray ensuite ma pensée car 
quoique la chose mérite une dépence il n'est pas nécessaire 
de la faire trop grosse. 

Entretems je demeure Mons r votre très humble, 

J. Salpeteur. 
Liège, le 21 may 1718. 

Monsieur, 

J'ay fait inutilement mon possible pour obtenir de Ros- 
sius ce qu'il prétendoit pour le translat, mais un ami mat 
dit qu'un particulier, pour qui il avoit fait quelque chose luy 
avoit icy donnez 2 pistolles, mais il prétend que une ville 
comme il veut califler Spa doit estre plus (généreuse), estant 
une communautez. 



— 100 — 

Dites vos pensées et cornent je doit luy parler. 

Pour la gravure, il me paroît qu'il vaut mieux en faire 
le portray par escrit que de faire la dépence si grosse du 
gravage. Van Mils est aussi de ce sentiment et encore 
d'autres. 

Voila ma pensée, prenez la résolution et on ferat ce 
que me marquerez. La saison approche il se roi t bon que 
cela fut connu auparavant. 

Si on trouve quelques pensées à insérer dans l'ornement 
du translas, marquez le moy. 

Monsieur Nessei voudroit bien que sa pensée fut mise 
pour tacher d'empescher le transport des eaux. Voyez si 
vous seriez de cet avis. 

Si on a encore la copie de l'attestation que le médecin du 
Czare at donnez, il seroit bon de ravoir, pour moy je ne 
l'ay pas. 

Je demeure Monsieur vostre très humble etc. 

J. Salpeteur. 
Liège, le 22 may 1718. 



Monsieur, 

J'espère que vous aurez trouvez un dessein de porte 
propre, Mons r l'Escolatre Clercx trouve le plus petit le plus 
propre, il serat bon de se dépêcher car il faudrat encor 
quelque tems pour le faire. 

Le translat de lécriteau est tout achevez mais j'ay dit à 
Mons r le bourgmestre Leloup que je ne suis pas en estât 
d'avancer, pour que nous sommes arrestez (?) à cause que 
nous avons fait travailler, ainsi il faudrat que l'on m'en- 
voie de l'argent pour le prendre. Il est très beau et joli- 
ment tournez. J'espère que l'on en serat content ; il faudrat 



— 101 — 

aussi se résoudre pour l'impression cornent on voudrat la 

faire 

Je salue toute votre maisonnée et suis Monsieur vostre 

très humble et obéîssans serviteur, 

J. Salpeteur. 
Liège, le 6 juin 1718. 



Voicy une pensée qui m'est venue pour l'impression 

dont vous me demandez ma pensée ; il s'agira de la mettre 
en bon stile et voyez si cela est suivant vostre pensée; j'en 
ai retenu copie, il faudrat résoudre pour quant cest archi- 
tect reviendrat car on demeur trop long temps pour cela, 
et pour le transla. Je vous ay marqué qu'un particulier 
luy avoit donné 2 pistoles et que il tesmoigne que pour une 
ville ou communauté que c'est autre chose. Je luy présen- 
teray ce que l'on m'enverrat, a moins pour voire ce qu'il 
dirat ou s'il serat content, mais la chose est très joliment 
tournée. 

Il faudrait mettre cela dans la Clef du cabinet qui vat 

partout et en faire quelque chose pour que on puisse le faire 

voir et que ceux qui viendront à Spa puissent en avoir des 

exemplaires en retournant chez eu. Voila ma pensée. Avec 

cela je demeure et à toute votre famille, Monsieur, vostre 

très humble, etc. 

J. Salpeteur. 
Liège, le 9 juin. 



Monsieur, 

J'ay parler a cest architect il irat à Spa vendredi, il ne 
peu pas devant pour qu'il at une ordre des trois estats pour 
aller visiter la chaussée et un pont, si bien qu'il ne pourat 



— 102 — 

avant ce tems là. Il ne seroit pas mauvais il me semble que 
Ton pressât ce que Ton veu faire dans la Clef du Cabinet 
et autres, car la saison avance et cela doit donner pois. 

Je demeure Monsieur votre très humble et obéissant 

serviteur. 

J. Salpeteur. 
Liège, le 8 juin 1718. 



Monsieur, 

Nostre architect ne pourat estre à Spa que demain au 
soire pour qu'il doit estre demain à 9 heures à l'Estat. Mais 
il y sera sans faute. Il y a des gens qui sont d'avis de mettre 
les armes vers les Capucins par ce que c'est le chemin publiq 
pour les capucins et Géronster, c'est une pensée. 

La mienne est pour la chambre au Pouhon. 

On voit par cette correspondance, cotûbien l'apothicaire 
Salpeteur se démena. Tous ces pourparlers aboutirent en 
fin de compte à la publication chez Jean-François de Milst 
imprimeur de S. A. d'une brochure intitulée : Description 
du magnifique présent que Sa Majesté l'Empereur de 
la Grande Russie a fait au magistrat de Spa, en recon- 
naissance de ce que par le secours de leurs Eaux, il a 
obtenu V entier recouvrement de sa santé en 1717, in- 18 
de dix pages, plus un feuillet comportant un recès de l'As- 
semblée des médecins du Collège de Liège, spécialement 
convoquez le 27 juin 1718. 

Puis, un dessin du monument qui fut gravé par Servay 
Xhrouwet. Il doit figurer dans le Paralèlle (sic) des eaux 
minérales actuellement chaudes et actuellement froides 



— 103 — 

du diocèse et pays de Liège, etc., de Bresmal, paru chez 
Burton en 1721, mais nous avouons n'avoir pas vu un seul 
des exemplaires de cet ouvrage muni de cette planche. 

Elle fut également insérée dans le Recueil héraldique 
des bourgmestres où elle doit figurer à la page 562. 



Les restrictions apportées par les princes-évôques, à la 
liberté de la presse, sont connues (î). Pas un livre, quelque 
insignifiant qu'il fût, qui ne dût être pourvu de Y imprima- 
tur, avant d'être mis en vente. Le gouvernement du prince 
ne tolérait aucune critique, il poursuivait tout ce qui pou- 
vait porter atteinte à son prestige, à son autorité. 

Pour échapper aux poursuites, les imprimeurs liégeois 
avaient une ressource: ils mettaient sur leurs ouvrages, au 
lieu du vrai lieu d'impression, le nom d'une ville étrangère. 
D'où la foule d'ouvrages que peut revendiquer comme siens 
la bibliographie liégeoise et qui porteut néanmoins les noms 
de Cologne, Genève, Francfort, Paris, Londres, Rome, etc. 
Parmi ceux-ci, nous en voulons signaler un qui appartient 
spécialement à la bibliographie spadoise, et qui est des plus 
connus, Les nouveaux amusemens des Eaux de Spa 9 par 
J.-P. de Limbourg. 

Lorsque le savant médecin publia la seconde édition 
(1782-1783), en deux volumes, il s'adressa à F.-J. Desoer, 
avec lequel il était dès longtemps en relations d'amitié. 

Seulement au lieu de faire figurer son vrai nom d'éditeur, 
Desoer y substitua cette fausse indication qui se voit sur la 
plupart des exemplaires : Amsterdam, chez les libraires 
associés. 

(i; V Essai historique sur la propagande des Encyclopédistes français 
en Belgique, au xvm* siècle, par M. Kuntzigkr, en apprend long sur ce 
sujet. 



— 104 — 

Nous disons la plupart, car il est de rares exemplaires 
de l'ouvrage, dont le tome premier porte la vraie rubrique: 
A Liège et à Spa, en temps de saison, chez F.-J. Desoer. 

Voici les faits qui occasionnèrent cette modification de 
rubrique. Quelques passages du livre de Lirabourg avaient, 
parait-il, éveillé la susceptibilité des agents du prince qui 
s'empressèrent de les lui signaler. Ordre fut donné de sus- 
pendre l'impression de l'ouvrage. De Limbourg ayant écrit 
pour connaître les motifs de cette interdiction, reçut la 
lettre que voici : 

Monsieur, 

C'est d'autorité supérieure que la nouvelle édition des 
Amusemens de Spa, se trouve suspendue. Je n'avais vu, 
moi, dans cet ouvrage, que quelques changements (à la 
vérité absolument indispensables), à faire à certains articles 
concernant le gouvernement et la nation. Si quelques 
auteurs ou dictionnaires étrangers ont dit, en se répétant, 
que nous formions une espèce de république, c'est qu'ils 
parlaient de Liège d'après des temps de troubles, d'anar- 
chie, où l'on faisait grâce à notre pays, en l'appelant Repu- 
blique. Cependant les lois fondamentales n'en existaient pas 
moins alors qu'aujourd'hui ; mais nous avons le bonheur 
d'être ramenés au point de leur observation. Et c'est ce qui 
fait notre actuelle tranquillité. Puissions-nous pour nous et 
notre postérité, ne jamais plus nous en écarter 1 Peu nous 
importe l'erreur où donneraient quelques livres étrangers : 
mais, Monsieur, qu'un nouveau livre national, publié et 
universellement répandu de l'aveu et avec privilège du 
gouvernement, réitérât la même ancienne erreur, c'est ce 
qu'il nous était impossible d'admettre. En conséquence 
j'avais été chargé d'y projetter ces changements couve- 



— 105 — 

nables, et en le faisant, je proposais aussi quelque légère 
modération de certains passages où j'aurais voulu ne point 
articuler en termes exprès, les préjugés trop odieux que 
Ton a contre notre nation. Voilà, Monsieur, à quoi j'avais 
borné mes observations que j'avais remises à M. Desoer, 
pour vous les communiquer lorsqu'on est venu les retirer 
de ses mains pour les faire passer à Hex, où elles sont 
demeurées, avec le livre. 

Du reste, je dois vous rendre justice et en appréciant 
votre érudition, vos talents et vos travaux, j'ai toujours 
hautement déclaré qu'ils honoraient notre pays. 

C'est dans ces sentiments, etc. 

Signé : DE Chestret. 
Liège, le 22 juillet 1782. 

De Limbourg répondit par cette note : 

« La suspension de la nouvelle édition des Amusemens 
de Spa m'a détourné longtemps de l'idée d'en rédiger le 
second volume. 11 n'y en a eu d'exemplaires délivrés que 
pour Son Altesse et quelques-uns de ses ministres. On a été 
averti qu'il s'y trouvait quelques points contraires à notre 
Constitution et quelques autres qui expriment des préjugés 
défavorables à notre nation. 

Comme personne ici-bas n'est infaillible, je ne me suis 
jamais prévalu d'une telle prérogative. 

J'ai déclaré d'abord à M. C"*, et je le répète, que je 
n'aime que le mieux 

Voici, à ce qu'il semble, les seuls passages à redresser, 
savoir : 

Pages 149 et 150. Ce pays est une espèce de république 
gouvernée par le Prince-Evêque et les Trois Etats, etc. 

Et page 151. Le Prince concourt avec ses Etats pour 



— 106 — 

ce qui concerne les intérêts du Pays et les charges à 
imposer. 

Après ces remarques sur l'état de notre gouvernement, 
passons aux préjugés défavorables à notre nation. Voici, je 
le suppose, les articles qui peuvent paraître tels : 

Page 50. Liège est une des villes du monde où il y a le 
plus de chicane. Les affaires y traînent tant qu'il est 
passé en proverbe que les choses qui ne finissent jamais 
sont comme les procès du Pays de Liège 

Pages 152 et 153. Les abus qui peuvent y avoir lieu 
sont ceux dont on ne peut assurer qu'aucun coin de la 
terre soit exempt ; ceux possibles partout de l'igno- 
rance et de la corruption de quelques personnes en 
place 

On peut d'ailleurs mettre le livre imprimé à Amsterdam 
et sans privilège. » 

J. P. DE LlMBOURG. 

C'est à quoi se résolut l'auteur, car il ne changea rien 
au texte, ainsi qu'on peut le vérifier à la lecture desiVow- 
veaux amusemens. 

Albin BODY. 






A PROPOS DUNE CHARTE INÉDITE 



DELA 



CHAPELLE DES CLERCS 



En faisant naguère des recherches dans des pièces 
non cataloguées des collections léguées à la ville de 
Liège par le regretté Ulysse Capitaine, j'ai eu la bonne 
fortune de mettre la main sur un document de quelque 
intérêt qui avait échappé aux savants rédacteurs du 
catalogue de ces collections. Ce qui me semble plus 
étrange, il ne paraît même pas avoir appelé l'attention 
du propriétaire de ce riche dépôt. Il serait difficile d'ad- 
mettre, en effet, qu'Ulysse Capitaine, si amoureux des 
vieux souvenirs de la cité liégeoise, eût négligé de faire 
connaître une pièce qui est à la fois un document pour 
l'histoire de la peinture dans notre pays et une page 
intéressante où se retrouvent de curieux traits de mœurs 
de nos ancêtres. 

Je n'ai pas à refaire ici l'histoire de la Chapelle des 
Clercs : M. Théod. Gobert, dans ses excellentes études 
sur les Rues de Liège, a raconté par le menu l'origine 
et les développements de cette institution ; ce que je 
veux, c'est simplement présenter au lecteur la charte 



— 108 — 

que la Société des Bibliophiles a jugée digne de figurer 
dans son Bulletin. 

A l'époque où fut rédigée la pièce dont on trouvera le 
texte plus loin, en 1481, les membres de la confrérie 
étaient : c Henri Quarein, Mathieu Garin, Henri Boyon, 
Jean Sarteal, Jean Servacii, Léonard Fachyn, Lambert 
Coperman, Henri Ruttis, Louis de Meffe, Gérard Voroys, 
Nicolas Buzyn et Florent Bertrandi le jeune. » 

Ils s'avisèrent un beau jour que leurs liens spirituels 
se resserreraient davantage si quelque union plus maté- 
rielle venait à s'y joindre et, s'appuyant bravement sur 
les paroles du Psalmiste : c Ecct quant bonum ctjvcun- 
dum habitare f faites in unum, » ils décidèrent d'insti- 
tuer des agapes mensuelles qui devaient avoir lieu, k tour 
de rôle, chez les différents membres de la congrégation. 

Il ne fallait pas que la hiérarchie ecclésiastique perdit 
ses droite : les confrères se devaient recevoir dans l'ordre 
de leur admission ; que si pourtant l'un d'entre eux 
revêt quelque dignité, devient chanoine de Saint-Lambert 
ou d'une collégiale, il aura le pas sur les autres. 

Les sages rédacteurs ont dû prévoir que, la vanité 
humaine aidant, l'un ou l'autre pourrait essayer d'écra- 
ser de son luxe des confrères moins fortunés : aussi tout 
est réglé, dans ce repas commun, et c'est même ici une 
partie spécialement intéressante du document que nous 
analysons, puisqu'elle nous révèle ce que pouvait être, 
dans les dernières années du xv* siècle, un dîner d'amis 
au sein du clergé liégeois. 

Ne nous attendons point à voir défiler ces intermi- 
nables séries de mets et de services que décrit complai- 
samment Lancelot de Casteau, le maître d'hôtel des 



^- Î09 — 

princes-évôques Robert de Berghes, Gérard de Grois- 
beeck et Ernest de Bavière (*). 

Au Heu des quatre services du banquet célèbre servi 
au jour de l'inauguration de Robert de Berghes, nous 
n'en trouvons que deux, et bien modestes ; combien nous 
sommes loin des quarante-six plats que comportait le 
troisième service de ce festin pantagruélique, vous l'al- 
lez voir. 

Deux services etl tout, je l'ai dit déjà : le premier se 
devra composer de viandes salées, précédées d'un potage; 
sans doute quelque jambon de nos Ardennes, quelque 
langue fumée en faisait tous les frais. Le second com- 
prendra une viande fraîche, rôtie ou bouillie. Et voyez 
jusqu'où va la minutieuse précaution de l'auteur du 
règlement : on ne pourrait servir deux viandes à la fois, 
à moins qu'un seul plat ne les contint. Ajoutez, pour 
terminer, ad cîausuram stomachi, un peu de fromage 
ou quelque dessert semblable. 

On en conviendra, les confrères de la Chapelle des 
Clercs avaient des goûts simples. 

S'ils mangeaient peu, on ne peut les accuser d'avoir 
bu sec. 

Sans nul doute, pendant le repas, la bière du pays, 
cette petite bière dont se contentera plus tard le savant 
chanoine Sluse (s), servait seule à rafraîchir nos sages 
religieux : la charte n'en dit rien, mais elle semble fixer 
le moment où le vin apparaîtra sur la table des bons 

(1) V. l'article de M. H. Hrlbio : La haute cuisine à Liège, d'après 
une notice de Villenfagne, Le Bibliophile belge, t. II, p. 213. 

(S) Y. notre notice sur René-François de Sluse, Bullettino du Prince 
Boncompagni, t. XVII, p. 466. 



— 110 — 

frères ; elle règle, comme nous dirions aujourd'hui, 
Tordre des toasts. 

Le dessert apporté, l'hôte se couronne de fleurs ou de 
feuillage, puis il boit à la santé — potabit amicabilem 
haustum — du confrère qui devra, le mois suivant, faire 
les honneurs du repas commun. Chacun s'empresse 
d'imiter le président de la table, en buvant à ses compa- 
gnons, dans l'ordre hiérarchique bien entendu. 

À ce repas nul étranger n'est admis à moins que par 
hasard l'amphitryon n'ait sous son toit quelque parent, 
ou bien qu'un ami ne survienne au moment du dtner. 

Les domestiques de l'hôte, ceux qui habitent avec lui, 
ne sont point oubliés ; ils auront, aux frais de la bourse 
commune, une mesure de vin (quarta), semblable à celui 
dont on use à la table principale. 

La paix, la concorde doivent régner dans cette réu- 
nion. Aussi bien avant qu'après le repas, qu'on évite 
toute parole discourtoise, tout jeu capable d'amener des 
discussions ; que si, par malheur, l'un des confrères 
soulève quelque dispute, qu'il se soumette sans hésiter à 
la réprimande ou à la peine que lui infligera le maître 
de la chapelle : sinon, il pourrait lui en cuire et l'exclu- 
sion est là qui l'attend. 

Ce repas, si bien réglé, est obligatoire. On ne peut se 
dispenser d'y assister sans une excuse duement agréée 
par les confrères, et encore, au repas suivant, l'absent 
paiera-t-il, comme amende, deux mesures de vin, et du 
meilleur. 

Mais la journée n'est point close : l'hôte du jour 
devra inviter ses confrères à souper. Chacun est libre 
d'accepter ; cependant, comme le souper est à la discré- 



- 111 - 

tion de l'hôte, qu'il y peut inviter ses amis, ne pour- 
rions-nous croire, sans offenser la mémoire des bons 
religieux, que la partie la plus gaie de cette fête est celle 
dont on ne parle point. 

Les douze confrères se sont souvenus que Notre Sei- 
gneur était le treizième dans la compagnie des apôtres 
et que, plus tard, saint Paul compléta ce même nombre 
de treize. Ont-ils voulu protester, en fait, contre une 
superstition qui déjà sans doute existait à cette époque ; 
ont-ils voulu simplement, en invoquant les souvenirs de 
l'Evangile, se donner une raison suffisante pour intro- 
duire parmi eux un ami commun, nous ne le saurons 
pas; mais ils stipulent que l'on pourra, de commun 
accord, adjoindre à la réunion une treizième personne. 

D'une voix unanime, les frères de la chapelle accueil- 
lirent la demande que leur adressait un chanoine de 
Saint-Paul, Jean de Heinsbergh (i). 

Le tout fut établi le 19 novembre 1481, fête de Sainte- 
Elisabeth, reine de Hongrie. 

Et maintenant, il est facile de se rendre compte de la 
jolie peinture qui orne la charte, si bien reproduite sous 
la direction de M. Jules Helbig. 

Dans le haut, la Vierge et l'enfant Jésus, devant les- 
quels le psalmiste invoqué par les frères, le roi David, 
agenouillé, chante en s'accompagnant de la harpe. 

[I) Ce Jean de Heinsbergh est mentionné dans V Essai historique sur 
l'église Saint-Paul, de M. le chanoine Thimistbr, pp. 74, 283 et suiv., et 
dans une charte du 1 er mai 1466 (Cartulaire de l'église collégiale de Saint- 
Paul, pp. 483-485). 

Dans la liste des chanoines de Saint-Paul, qui figure à la fin du premier 
de ces ouvrages, Jean de Heinsbergh est indiqué comme vivant de 1460 
à 1472 ; on voit qu'il faut reculer cette dernière date de neuf années au 
moins. 



— 112 — 

Un peu plus bas, les douze confrères ; puis plus bas 
encore, protégé par le patron de la Collégiale l'apôtre 
saint Paul, le chanoine Jean de Heinsbergh. 

Il ne m'appartient pas d'apprécier la valeur de cette 
composition au point de vue de l'art, du groupement des 
personnages, des renseignements qu'elle peut fournir 
sur le costume de certains membres du clergé : qu'il me 
suffise de dire que des juges compétents en ont reconnu 
la -haute valeur. 

Je me permettrai seulement d'appeler l'attention sur 
la variété des types représentés : on serait fort tenté de 
voir, dans les personnages figurés, les portraits des 
confrères et de leur ami Jean de Heinsbergh ; cette con- 
jecture paraîtra d'autant mieux fondée qu'à partir du 
xiv e siècle, et surtout au XV e , le portrait dans la minia- 
ture est chose fort fréquente (4). 

Mais il est temps de s'arrêter ici et de laisser la parole 

à nos concitoyens d'il y a quatre siècles en transcrivant 

la charte dont nous venons, bien rapidement, de faire 

connaître le contenu. 

C. LE PAIGE. 



In nomine Domini amen. Nouerint universi presens hoc 
scriptum visuri et audituri, quod nos Henricus Quarein 
magister capelle clericorum Leodiensium, et undecim con- 
fratres çjusdem videlicet : Mattheus Garin, Henricus Boyon, 
Johannes Sarteal, Johannes Servacii, Leonardus Fachyn, 
Lambertus Coperman, Henricus Ruttis, Ludovicus de Meffia, 

(1) 11 serait facile de donner des preuves de ce fait; je ne yeux citer que 
l'ouvrage de M. Lbcoy de la Marche, Les manuscrits et la miniature, 
pp. 178-tOt. 



i 



— 113 — 

Gerardus Voroys, Nicolaus Busyn et Florentius Bertrandi 
junior, instructione propbetica psalmigraphi dicentis : Ecce 
quam bonum et quam iocundum ha bi tare fratres in unum, 
in divinis et spiritualibus in eadem capella uniti, considé- 
rai) tes quod quamquam verbum preallegatum ; Ecce quam 
bonum etc., in divinis et spiritualibus sit intelligendum : 
tamen conversacio humana multum confert et facit pro 
continuacione et manutencione cuiuscunque confratrie seu 
congregacionis spiritualis prout in monasterijs, cenobijs seu 
religiosis domibus oculatim perspicitur ; cupientes igitur et 
summopere desiderantes confederacionem fraternalem qua 
in pretacta venerabili confratria capelle Clericorum pre- 
tacte in divinis et spiritualibus sumus uniti et confederati, 
finaliter continuare et usque in finem dierum nostrorum in 
eadem perseverare, ordinavimus et quantum in nobis fuit 
confederacione humane conversacionis inter nos concl usi- 
nais semei in mense mensaliter lete, ioconde et fraterna- 
liter debere convenire in hune qui sequitur modum. In 
primis de mense ad mensem continuando, quilibet fratrum 
nostre confederacionis débet suos confratres pretactos et 
prescriptos, per aliquem pro nostra parte ordinandum, die 
sibi convenienti, in mensa prandii convocare seu convocari 
facere, tercio videlicet die precedenti, cuilibet fratrum con- 
gregacionem mensalem huiusmodi debere fieri insinuandum, 
et hoc, ecclesiastico more, secundum ordinem recepeionis 
nostre in dicta capella ; priraus videlicet in recepeione in 
primo mense, secundus in secundo mense et sic ulterius de 
confratre ad confratrem continuando. Verum quia in sacris 
ordinibus constitua alios précèdent, sacro ordini honorem 
exhibentes, sed si successu temporis aliquis nostre confede- 
racionis esset canonicus de maiori seu eciam de secundariis 
ecclesiis, talis in huiusmodi eventum débet alios précédera. 



— 1 14 — 

Si vero plures forent canonici, ut sic canonici de maiori, 
secundum ordinem recepcionis eorum in dicta capella pré- 
cèdent ; alii vero canonici de secundariis, ordinem recep- 
cionis eorumdem in eadem capella servabunt. Et ne aliquis 
nostrum in expensis seu mensa splendida alium videatur 
precellere, ordinavimus et inter nos conclusimus quod ille 
qui habebit ponere mensam, débet in prandio duo fercula 
tantum principalia ministrare: videlicet primo carnes 
salsasseu aliquid simile conveniens cum potagio preponere. 
Secundario et pro secundo ferculo carnes récentes elixas 
seu bullitas aut assaturam ; non tamen utrumque appo- 
nere nisi hoc fuerit in eadem scutella, ita quod pro uno 
ferculo possit repu tari. Et flnaliter cum caseo seu aliis ad 
clausuram stomachi convenientibus, mensam concludere. 
In diebus vero ieiuniorum seu quadragesime (xl rae ) commit- 
titur disposicioni et discrecioni hospitis obligati ad mensam 
de cibariorum ministracione. Verum quod ante omnia in 
principio ante commestionem débet fieri benedictio mense 
et postea Deo gracias referri. In mensa vero, ante vel post, 
nemo présumât aliquod verbum proponere detractionis seu 
quod causam litigii aut discordie possit generare, sed quae 
pacis sunt, iocunditatis et leticie ac honestatis omnino 
reserantur. Nemo enim nostrum a dicta mensa postquam 
fuerit invitatus présumât se absentare nisi racionali de causa 
per suos confratres fuerit excusandus; alioquin talis in 
proxima futura congregacione mensali in duabus quartis 
melioris vini condempnatur. Ille vero qui erit hospes pro 
tempore seu qui habebit mensam ad prandium disponere, 
caseo aut alio simili pro conclusione mense apposito, pota- 
bit primo amicabilem hauslum ï 1 11 qui in alio mense immé- 
diate sequenti habebit confrates mensali ter convocare, dabit- 
quesibisertumunum florum seu herbarum non ridiculosum 



- 115 — 

sed honestati conveniens. Potabunt ulterius omnes fratres 
in eadem mensa existentes sibi invicem semel amicabilem 
haustum, et hoc secundum ordinem prefatum, in signum 
vere unionis, pacis, amoris ac fraternalis dilectionis. Nemo 
enim poterit per hospitem principalem in prandio nostro pre- 
tacto invitari nisi de pretacta nostra sit confederacione men- 
sali et fraterna. Verum si huiusmodi hospes pro tempore 
habuerit in domo aliquem commensalem, vel si eidem ali- 
quis amicus seu consanguineus causa hospitandi ad domum 
suam supervenerit, talis in huiusmodi eventum in mensa 
nostra poterit admitti. Habebunt familiareshospitis in mensa 
eorum unam quartam vini similis vino mense nostre princi- 
palis, expensis communis simboli nostri. Computator dicte 
capelie si fuerit presens, alioquin hospes domus habebit 
symbolum exponere, sed in fine mense quilibet habebit 
partem suam exponere ac expositionem contentare. Prandio 
peracto habebit principalis hospes invitare confratres ibi- 
dem in prandio présentes ad cenam. Nemo tamen erit 
astrictus redire nisi voluerit et sibi placuerit. De cibariis in 
cena ministrandis committitur hospitis voluntati et benepla- 
cito. Poterit hospes in cena extraneos quoscumque voluerit 
nobiscum ministrare. Recipiens nobiscum pretactesocietatis 
mensalis fratemitatem non poterit eam dimittere seu 
renunciare nisi prius omnes confederatos in nostra societate 
pretacta invitet in uno prandio, expensis suis tam in vino 
quam in cibariis quo ad hoc honestatem servando. Numerus 
duodenarius, qui est numerus apostolorum, in comunica- 
cione nostra non excedatur nisi forte fratribus placuerit 
decimum tercium numerum adimplere, sicut Dominus in 
persona sua inter apostolos eundem numerum adimplevit 
et beatus Paulus inter apostolos decimus tercius nume- 
ratur. Et sic dominus Johannes de Heynsberch, canonicus 



— 116 — 

ecclesie collegiate sancti Pauli leodiensis, peticione et rogatu 
eiusdem, pro decimotercio unanimi consensu omnium nostre 
confederacionis confratrum primas fuit assumptus. tn con- 
Versacione nostra mensali, ante vel post, non immîsceantur 
aliqui ludi inhonesti seu eciam qui possent inducere aliquam 
commocionem ire seu discordie, veiuti taxillorum seu simi- 
lium ; sed omnia que honestatis sint et pacis inter nos trac- 
tentur. Si eciata quis nostrum habuerit, quod absit, aliquid 
discordie seu litigij adversus alium de nostris occasione 
societatis conversacionisque nostre seu alias, volumus quod 
in talibus stetur dictamini seu ordinacioni nostre. Et quia 
diverse congregaciones eciam spirituales sibi sepe in sta- 
tutis et ordinacionibus diversis contrariantur, nemo in 
nostre societatis confederacione pretacta admittatur qui 
fuerit cum simili alia congregacione confederatus, proot 
inter nos bona flde compromisimus non aliam similem 
societatis confederacionem acceptare, nisi de omnium nos- 
trum consensu. Omnia enim prescripta primo ad monicio- 
nem nostram si quis defectuosus fuerit sub pena generosa 
per nos ordinanda, secundario sub pena resecacionis socie- 
tatis nostre, si quis ordinacioni nostre acquiescere con- 
tempserit, volumus inviolabiliter observari ut tandem spi- 
ritu unionis, concordieet pacis uniti possimus ad unlonem 
sanctorum et supercelestium in patria celesti cum ipsis 
pervenire et congregari prout omnes sitibundo corde desi- 
deramus concludentes cum psalmista final i conclusion 
psalmi prenotati. Quam illic mandavit dominus benedictio- 
nem et vitam usque in seculum et in seculum seculi quam 
nobis prestare dignatur qui vivit in secula Deus. Amen. In 
premissorum omnium fldem, robur et testimonium quilibet 
nostrum fratrum predictorum has présentes litteras secun- 
dum ordinem prescriptum manu propria et nomine suo 



-r 117 - 

proprio subscripsit et subsignavit (1) prout per sequentes 
nostros seu pro parte eorumdem volumus subscribi et sub- 
signari in posterura. Datum et actum in loco capitulari 
sepetacte ca pelle clericorum leodiensium, anno a nati- 
vitate Domini millesimo quadringentesimo octuagesimo 
primo, raensis novembris die xjx a , videlicet ipso die sancte 
Elyzabeth regine Ungarie. 

(l) Les signatures manquent. 



♦ ■••» 



— 118 — 

Séance du 13 janvier 1889. 

La séance est ouverte à 10 î/t heures, sous la présidence 
de M. Bormans. 

Sont présents: MM. Bormans, chevalier de Borman, 
baron de Chestret de Haneffe, Coucîet, Gustave Francotte, 
Grandjean, Isidore L'Hoest, Le Paige, de Marneffe, Orban 
de Xîvry, baron de Pitteurs de Budingen, Eugène Poswick, 
baron Robert de Sélys-Fanson, baron de Sélys-Longchamps, 
baron Raphaël de Sélys-Longchamps, baron Albert de Vil- 
lenfagne de Sorinne, Wilmart et Alexandre, secrétaire. 

MM. Helbig et Wauters se font excuser de ne pouvoir 
assister â la séance. 

Le procès- verbal de la séance du 27 mai 1888 est lu et 
approuvé. 

M. le chanoine Dubois remercie la Société de ravoir reçu 
au nombre de ses membres. 

M. Jeanmart de Brouillant donne sa démission. 

M. le comte de Hemricourt de Grunne, ayant réclamé 
des volumes distribués depuis 1876 et 1877, ainsi que divers 
fascicules du Bulletin, la Société décide, sur une propo- 
sition formulée par M. le baron de Pitteurs, de faire par- 
venir, à l'avenir, à chacun des membres qui en fout partie, 
un avis, dont elle arrête les termes, contenant un récé- 
pissé qui devra être renvoyé à la librairie Grandmont- 
Donders. Les publications seront expédiées par celle-ci aux 
risques et périls des sociétaires, contre la remise de ce 
récépissé. 

M. le baron de Pitteurs, trésorier, communique les 
comptes de Tannée 1888. Il en résulte que les dépenses se 
sont élevées à 2,641 fr. 63, et les recettes à 5,167 fr. 62. Le 
solde en caisse au 1 er janvier 1889 est donc de 2,525 fr. 99. 



— 119 — 

Il est à remarquer que les aimâtes de Tannée 1888, n'ont 
pas été encaissées. Les comptes sont approuvés. 

Les annates de 1888 seront immédiatement mises en 
recouvrement ; celles de 1889, à la fin de Tannée. 

Le tome II de La principauté de Liège et les Pays- 
Bas au xvi e siècle est distribué aux membres présents. 

Sur la proposition de M. Poswick, il est décidé de laisser 
provisoirement en souffrance le dernier fascicule du Bulle- 
tin, tome III, qu'il se charge d'achever en y insérant la suite 
du catalogue des manuscrits de Warfusée et de Xhos. Le 
tome IV sera incessamment commencé, les matériaux du 
premier fascicule étant préparés pour Timpression. Le 
tirage du Bulletin aura lieu dorénavant à cent vingt-cinq 
exemplaires. 

Monsieur le Président propose de ne plus envoyer le 
Bulletin qu'aux sociétés qui remettront leurs publications 
en échange de celui-ci. — Adopté. 

M. de Marneffe annonce que les copies des tomes III 
et IV de sa publication sont prêtes pour Timpression. 

M. de Borman compte publier un fort fascicule de son 

ouvrage sur les Echevins de Liège aussitôt que le graveur 

aura terminé les sceaux et les armoiries qui doivent en 
faire partie. 

La séance est levée à midi. 

Séance du 3 mars 1889. 

La séance est ouverte à 10 i/* heures, sous la présidence 
de M. Bormans. 

Sont présents: MM. comte Guy de Berlaymont, che- 
valier Camille de Borman, Couclet, Gustave Francotte, 
deGéradon, Grandjean, Kurth, Naveau, baron de Pitteurs 
de Budingen, Eugène Poswick, baron de Sélys-Longchamps, 



— 120 - 

Schoolmeeslers, baron Albert de Villenfagne de Sorinne 
et Alexandre, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 13 janvier est lu et 
approuvé. 

MM. le baron de Chestret de Haneffe, Helbig, Pascal 
Lohest et Isidore L'Hoest s'excusent de ne pouvoir assister 
à la réunion. 

Le fascicule premier du Bulletin, tome IV, 1888-1889, est 
distribué aux membres présents. 

Monsieur le Président fait connaître que le Cercle hutois 
des sciences et des beaux-arts et Y Académie royale de 
Belgique acceptent réchange de leurs publications contre 
le Bulletin. L'envoi de celui-ci leur sera continué ; les autres 
sociétés cesseront de le recevoir. 

La bibliothèque de l'Université de Strasbourg est admise, 
à l'unanimité, au nombre des sociétaires. 

La discussion s'engage ensuite sur le projet de modifica- 
tion à l'article 2 du règlement : 

** La Société se compose de quatre-vingts membres rece- 
vant des exemplaires spéciaux de toutes les publications. » 

Cette modification est adoptée par huit voix contre six. 
Le vote définitif aura lieu à la prochaine séance. 

Le Secrétaire fait connaître l'état des publications. Le 
tome III de La principauté de Liège et des Pays-Bas au 
xvi e siècle est tiré jusqu'à la feuille huit inclusivement. 

L'impression de la Vie de saint Lambert éditée par 
M. Demarteau n'est pas terminée. 

M. Poswick annonce que le deuxième fascicule du Bulle- 
tin, tome IV, paraîtra prochainement. M. Bormans y publiera 
la liste des manuscrits de l'abbaye de Saint-Trond échappés 
à; un incendie en 1538. 

La séance est levée à midi. 



— 121 — 

Séance du 12 mai 1889. 

La séance est ouverte à 10 i/« heures, sous la présidence 
de M. Bormans. 

Sont présents : MM. Helbig, président d'honneur à vie, 
Body, Bormans, baron de Chestret de Haneffe, Couclet, 
Desœr, de Géradon, Le Paige, Herman Lohest, Naveau, 
baron de Pitteurs de Budingen, Eugène Poswick, baron de 
Sélys-Longchamps, Simonis, baron Albert de Villenfagne de 
Sorinne et Alexandre, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 3 mars est lu et adopté. 

MM. Isidore L'Hoest et Orban de Xivry s'excusent de 
ne pouvoir assister à la séance. 

Monsieur le Secrétaire rend compte de l'état des publi- 
cations. Les douze premières feuilles du tome III de l'ou- 
vrage de M. de Marneffe sont imprimées. 

Les articles destinés au Bulletin par le même éditeur ne 
sont point tirés; une indisposition Ta empêché de s'en occu- 
per. Il est probable que le deuxième fascicule du tome III 
qui doit les contenir, sera achevé dans une quinzaine de 
jours. 

M. Poswick fait connaître qu'il terminera le tome III 
par la liste des manuscrits conservés dans les châteaux de 
Warfusée et de Xhos. 

La proposition faite par M. Orban de Xivry, d'insérer, 
dans la publication jubilaire de M. de Borman, la liste de 
tous les membres de la Société depuis sa fondation et celle 
des ouvrages parus n'est pas adoptée. 

M. le baron Paul Misson est élu membre de la Société. 

La modification adoptée à la précédente séance, au para- 
graphe 1 er du règlement, est définitivement repoussée par 
onze voix contre six. 



— 122 — 

La Société s'occupe ensuite des ouvrages à faire paraître 
dans le courant de 1890. 

M. Poswick propose de commencer à imprimer en 1890 
un nouvel ouvrage en même temps que le volume actuel- 
lement sous presse de M. de Marneffe. Il annonce qu'il 
prépare une Histoire des troupes nationales liégeoises 
depuis 1649 jusqu'à 1 794, en deux volumes accompagnes 
de planches coloriées de costumes, de portraits, d'armoi- 
ries, etc. L'impression est votée. 

Le Cercle hutois des arts et des sciences envoyé la 
collection de ses Annales en échange du BuUetin et Y Aca- 
démie royale de Belgique le n° 5 de son Bulletin de 1889. 

Ces ouvrages seront tirés au sort, entre les membres 
présents, à une séance qui sera axée ultérieurement. 

La séance est levée à midi. 

Séance du 10 novembre 1889. 

La séance est ouverte à 10 î/t heures, sous la présidence 
de M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents : MM. chevalier de Borman, Cormaux, 
Couclet, Gustave Francotte, Grandjean, Isidore L'Hoest, 
baron de Pitteurs de Budingen, Eugène Poswick, School- 
meesters et Alexandre, secrétaire. 

Le procès-verbal de la séance du 12 mai 1889, est lu et 
approuvé. 

Monsieur le Secrétaire donne lecture de la correspon- 
dance. M. le baron Paul Misson remercie la Société de sa 
nomination en qualité de membre. MM. le comte de Lim- 
minghe, de Géradon, Naveau, Bormans et Helbig se font 
excuser de ne pouvoir assister à la séance. 

M. le baron Gaston de Villenfagne donne sa démission. 

Le Secrétaire rend compte de l'état des publications et 



— 123 — 

lit deux lettres de M. Demarteau, sous les dates respectives 
des 28 octobre et 10 novembre, dans lesquelles cet honorable 
membre explique les retards que son travail a subis, et pro- 
met de le continuer, la copie de la dernière partie de sa 
publication étant terminée. 

L'imprimeur annonce que le tome III de La principauté 
de Liège et les Pays-Bas au xvp sièle est tiré jusqu'à la 
page 152, soit dix-neuf feuilles; il fait savoir que l'éditeur 
est en possession, depuis longtemps, de quarante-huit pages 
d'épreuves qu'il a conservées et signale ensuite les len- 
teurs que M. de Marneffe, dans le Bulletin, et M. Demar- 
teau, dans les Publications, apportent à la correction des 
épreuves qu'ils ont reçues, le premier depuis le 8 février, 
le second depuis le 28 avril. Il annonce aussi que ces deux 
éditeurs ont fait» après la mise en pages, des remanîments 
et changements très importants à leurs publications. 

Conformément à la résolution prise, le 27 novembre 1887, 
la Société décide qu'elle ne supportera que le dixième du prix 
d'impression d'une feuille pour les frais occasionnés par ces 
modifications. Le surplus restera à la charge des éditeurs. 

MM. de Borman et Poswick font remarquer que des 
remanîments peuvent être nécessaires dans l'intérêt de la 
publication quand il s'agit de placer convenablement des 
gravures, des sceaux, des armoiries, etc. Il est entendu que 
les frais résultant de semblables changements seront payés 
par la Société. 

M. le baron de Chestret fait connaître que M. Bormans a 
recueilli un très nombreux répertoire de notes tirées des 
documents conservés aux archives de l'Etat à Liège, con- 
cernant les imprimeurs liégeois au xvi e et au xvn e siècles* 
Il propose d'autoriser M. Bormans à publier ces notes dans 
le Bulletin. Ce projet est adopté. 



— 124 — 

MM. de Chestret, de Pitteurs et Bormans déposent le 
projet de modification suivante à l'article 4 du règlement : 

« Aucune mesure ne pourra être adoptée si un septième 
au moins des membres personnels n'est présent à la réunion. » 
Cette proposition est votée à l'unanimité. Le second vote 
aura lieu à la prochaine séance conformément au règlement- 
La séance est levée à midi. 



\ 



\ 



+ 4a 



SOCIÉTÉ 

BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



BULLETIN 



' & 6 1 "' FASCICULES 



LIÈGE 
IMPRIMERIE L. GRANDMONT-DONDliRS 

1891 



/ 



N 



NOTICE 



SUR 



LIE Q-IÊIDIÊOIN' 

Tragi-comédie de Libert de Houthem. 



Les écrits de Libert de Houthem sont, comme on le sait, 
de la plus insigne rareté : dans la notice si complète qu'il a 
consacrée à ce poète (Biographie nationale, t. IX, col. 
546-554), et où il analyse toutes les œuvres connues de l'an- 
cien maître liégeois, le savant Recteur de l'Université de 
Liège, M. Roersch, a soin de signaler les bibliothèques, 
publiques ou privées, où se rencontrent ces travaux : il est 
rare que Ton connaisse plus d'un exemplaire de chacun 
d'eux. Il en est même qui avaient complètement disparu : le 
Gédéon figurait parmi ceux-ci (Art. cité, col. 549). Cepen- 
dant, en 1810, Villenfagne mentionnait encore cette tragi- 
comédie de façon à faire croire qu'il l'avait sous les yeux (î), 
et l'on pouvait espérer qu'une heureuse fortune la remet- 
trait au jour : c'est ce qui m'est arrivé il y a quelques mois 
à peine (2). 

Peut-être la Société des Bibliophiles accueillera-t-elle 

(1) Mélanges, 1810, p. 83. 

(2) Afin d'éviter que le texte au moins du Gédéon ne disparaisse de nou- 
veau, j'ai déposé à la Bibliothèque de l'Université de Liège, une copie 
représentant l'imprimé le plus exactement possible. 



— 126 — 

avec intérêt une courte note bibliographique sur cette rare 
production des presses liégeoises. 

C'est un petit in-quarto de vingt-six feuillets, non chif- 
frés ; les cahiers A-F sont composés chacun de quatre feuil- 
lets signés en trois; le dernier cahier G, n'a que deux 
feuillets. 

Voici le titre complet : 

oedeon || TRAGICO- 1| COMOEDIA || Sacra in qua tàquam in 
spécula ni- || tidUsimo nostrorum téporum fa- 1| ciern manifes- 
tissime relucentë in- 1| tueri lice t. || per fratrem libertvm 1 

HOVTHEM LEODIVM : HIE- ( RONYMIANAB APVD || SVOS PROFES- | 

sionis. g LEODII, || Ex Offlcina Gualteri Morberij. g m. d. lxxv. U 
Nutu et consensu Reueren. 

Ce titre est entouré d'un encadrement formé de fleurons 
typographiques assez artistement disposés (i) ; le verso est 
blanc. 

Les feuillets 2 et 3 sont occupés par la dédicace à Guil- 
laume du Pais, abbé de Floreffe, le même auquel Hou- 
them a dédié la seconde édition de sa Prosodie (Art, cité, 
col. 547). 

L'auteur fait connaître, dans ce morceau, qu'il a com- 
posé sa pièce cinq années auparavant, donc en 1570, inspiré 
en quelque sorte par les événements malheureux dont sa 
patrie était le théâtre. 

Représentée alors, elle fut accueillie par les applaudisse- 
ments de la ville tout entière; les amis du poète le pressèrent 
dès lors de livrer son œuvre à l'impression, mais pendant 
cinq ans, Houthem sut résister à leurs sollicitations. Le 

(1) On peut observer que cet encadrement est presqu'identique & celui 
qui orne le titre des différents livres d'Amadù de Gaule, imprimés A 
Anvers, par G. Silvius. Je compte publier prochainement quelques autres 
remarques sur la typographie morbérienne. 



— 127 — 

reste de la dédicace est occupé par des éloges adressés à 
l'abbé de Floreffe. 

Après cette dédicace, une pièce de vers (recto du feuillet 4) 
en acrostiche, adressée au même, puis (verso du feuillet 4), 
ce distique de Hanard van Gameren : 

De Gedeone tuo vis vt quod sentio dicam f 
Non alio Gedeon débuit ore cani. 

La liste des personnages achève de remplir le feuillet. 

Le prologue (feuillet 5) révèle, si je ne me trompe, l'exis- 
tence d'écrits inconnus, et qui sans doute n'ont jamais été 
imprimés, de notre poète. 

Voluebat animo multa quœ silentium 
Suadere cuiuis iure possent optimo, 
Benignitatis attamen vestrœ memor, 
Qua nunc fréquenter eius hanc opellulam 
Iuuistis, orta dum doceret quid mari 
Venus nephandis aduehat cultoribus 
Suis, pericîo Therei Thracum Ducis. 
Cum Bethsàba nati doceret maximam 
In iudicandis Utibus prudentiam, 
Exempta statuens iudicis longé optimi. 
Cum rursus huius ciuitatis gloriam, 
Ex hoste partant Geutico proponeret, 
JNos esse curœ maximo probans Deo, 
Qui sacra colimus ipsius mente intégra : 
Ea signa vidit tum fauoris omnium 
Vt nunc eandem sit palestram libéré 
Ingressus, atq; Gedeonem scripserit. 

Après ce prologue, vient la tragi-comédie qui occupe les 
feuillets 6 à 24. 

Je ne m'étendrai guère sur l'analyse du poème; Houthem 
paraphrase, en vers parfois élégants, parfois d'une tournure 
un peu bien tourmentée, l'épisode de la délivrance des Juifs 



— 128 — 

par Gédéon, rapportée au livre des Juges, chapitres VI, 
VII et VIII. 

L'auteur avait vu, dans la situation des Pays-Bas, trou- 
blés par les guerres de religion, et celle des Juifs, accablés 
sous le joug des Madianites, une certaine analogie. Il faut 
avouer que l'enthousiasme poétique se montre à peine dans 
sa pièce ; les malheurs de son pays ne l'ont guère échauffé 
et il se complaît bien plutôt dans la recherche des souvenirs 
de l'antiquité classique, que dans une peinture transparente 
des événements dont il était le témoin. 

Le héros lui-même, Gédéon, ne sait que gémir sur le 
sort de sa patrie et montre peu d'ardeur quand l'ange lui 
annonce qu'il est choisi de Dieu pour être le sauveur de 
son peuple. 

Houthem conserve au personnage le caractère que lai 
donne l'Ecriture : Gédéon ne semble pas avoir une foi bien 
vive, lui qui réclame du Seigneur miracle sur miracle, 
avant d'oser se charger de la mission sainte que l'Eternel 
lui confie; peut-être, cependant, dans une composition 
poétique, l'auteur aurait-il pu s'en tenir moins servilement 
au type historique. 

Même en conservant à Gédéon son caractère effacé, en 
voyant surtout, ce qui doit être, l'action de Dieu seul, dans 
la délivrance du peuple juif, l'auteur aurait-il pu trouver, 
pour chanter un tel sujet, des accents plus vraiment 
lyriques. 

Lorsque le Madianite a vu, en une nuit, s'écrouler sa 
puissance, tout l'enthousiasme du héros se traduit par ces 
trois vers : 

Laus œterna Deo, et perpetuum decus, 
Qui nos eripiens omnibus ex malts 
Monstrauiï populo quam faueat suo. 



— 129 — 

Avouons-le : c'est peu de chose. 

La pensée chrétienne semble trop loin du poète liégeois; 
sans douter de sa foi, on peut croire qu'il ne s'est guère 
abreuvé aux sources pures de l'antiquité biblique et que, 
suivant d'ailleurs en cela l'exemple de ses contemporains, 
il s'est laissé trop absorber par le souci de la forme clas- 
sique et les réminiscences des poètes du paganisme. C'est 
ce qui explique, dans cette pièce d'un caractère si essentiel- 
lement religieux, le mélange quelque peu puéril du sacré et 
du profane, où l'ange, messager du Dieu vivant, parle des 
lares d'Isaac, où Cerbère à la triple gueule fait bon ménage 
avec Baal. 

Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'en dire davantage 
pour montrer que le Gédéon n'est pas un chef-d'œuvre, ni 
même le chef-d'œuvre de Libert de Houthem. 

Je dirai quelques mots encore des courtes pièces qui 
terminent le petit livre dont je viens de faire connaître le 
contenu. 

Le feuillet 25 (verso) contient quelques vers adressés 
à l'auteur par Jean de Berghes, et d'autres (au verso), 
au lecteur, par Barthélémy Honoré, liégeois, chanoine de 
Floreffe. 

Cette pièce commence par les vers suivants, dont le pre- 
mier rappelle les tours de force bien autrement étonnants 
de Placentius et du père Hermannus a Sancta Barbara : 

Libéra letetur Liberti Legia Lusu, 
Quo voluit matrem iam recreare senem. 

Nous rencontrons enfin, au verso du feuillet 26, une 
dernière pièce de vers latins, due à Morberius lui-même ; 
elle est dédiée à Guillaume du Paix (dont le nom est écrit 
du Payas). 



— 130 — 

Je la reproduis ici parce qu'elle fournit une preuve nou- 
velle, après la dédicace du Remedium adversus Syco- 
phantarum marsus : sive Spongia, de Hannard van 
Garoeren (1569), que Morberius n'était pas un simple artisan, 
mais qu'il pouvait marcher de pair avec les savants impri- 
meurs du xvi 6 siècle. 

C'était déjà l'opinion de Vilienfagne : «* Tout ce que je 
« sais de cet artiste, <* dit-il, « c'est qu'il étoit assez savant 
» et bon Poète latin, à en juger par une pièce de vers de sa 
» composition que j'ai lue (1). » 

Cette pièce est peut-être celle que je vais citer et qui est, 
en effet, d'une facture assez agréable : 

REVERENDO IN 

CHRISTO PATRI AC 

Domino D. Gulielmo du Payx Monasterij 

Floreffiani Abbati multd dignissi- 

mo Gualtherus Morberius 

Typographus. 

d. p. s. 

SAlue cura Deûm, parts fidissime custos, 
Laus et pierff gloria prima chori. 
Salue magne parent, per quem Flore ffa triumphans 

Optima lœtitiœ débita corda gerit. 
Salue pacificum Gulielme piissime nomen, 

A proauis tractum pacificator habens : 
Et lege mittentis pacato carmina vultu, 

Quœ dat Morberica sedulus arte labor. 
An tibi turpe putes libris fouisse premendis, 

Atq; Typographicis posse vacare notist 
Non puto : nom docto cum vate Typographus vnatn 

Propositam laudem, quant mereantur haben t. 
Scilicet ille suam faciendis versibus artem, 

At factis operam versibus iste locat. 

(I) Mélanges de littérature et d'histoire, Liège, F.-J. Desoer, 1788, 
p. 120. 



— 131 — 

Après cette jolie pièce, au verso du dernier feuillet, l'ap- 
probation signée par Antoine Ghenart. 

Tel est, en résumé, le contenu de ce livre qui, s'il n'ajoute 
pas on fleuron à la couronne du poète-lauréat Libert de 
Houthem, fait honneur aux presses et au talent du premier 
imprimeur liégeois. 

C. LE PAIGE. 



♦ i 



V 



ANNOTATIONS HISTORIQUES 



L'espèce de petite chronique qui va suivre, est extraite 
d'un mémorial domestique tenu par Godefroid, baron de 
Seraing et de Hollogne-sur-Geer, seigneur de Boilhe, de 
Darion, de Manil, et ancien colonel de cavalerie au ser- 
vice d'Espagne (1). Ce ne sont, en somme, que des anno- 
tations, consignées pêle-mêle avec des notes d'intérêt 
privé, sur un cahier de dix feuillets in-folio oblong, 
paraissant avoir fait partie d'un registre. 

Bien que les faits auxquels ces souvenirs se rapportent 
soient généralement connus, nous croyons néanmoins 
que ceux-ci ne sont pas dépourvus d'intérêt. Outre qu'ils 
apportent le témoignage d'un contemporain sur les dé- 
vastations et les ruines incalculables que les armées de 
Louis XIV semèrent sur leur passage dans le pays de 
Liège, on y trouvera certaines appréciations qui, pour 
émaner d'un esprit quelque peu chagrin, n'en sont pas 

(1) Il était fils de Jean de Seraing, baron de Hollogne, qui périt de 
mort violente vers 1649, et d'Ernestine d'Ans. On ne connaît ni la date de 
sa naissance, ni celle de sa mort. Hélène-Isabelle de Ponty, son épouse, 
mourut le 9 décembre 1693. 



— 133 — 



moins piquantes. Dans la bouche d'un membre de l'Etat 
noble, cet écho de l'opinion publique du temps n'est 
pas sans valeur. C. B. 



mémorial. 

Le mardy 6 no vembre 1674,1e comtedeStrasmandorfve(i) 
aveq mille dragons Impériaux est venus loger à Holoigne. 
C'est ung homme fort obligeant, mais son monde incomo- 
doit tropt le vilage, étant par tropt ruinez. Le mercredi le 
lendemain du matin, il est sorty pour s'en aller à Gaier et 
Darion. Le dit jour au mesme temps de sa sortise, est ren- 
trez le régiment du prince Pyo, fort de quinze cents hommes 
d'infanterye, et bien cent chariot qui ont causse la dernière 
ruine. Au reste, ledit officier fort civile. Ils y sont restez 
jusques au samedy x susdit, qu'ils ont marché avec les 
autres du voisinage pour aller passer Huy, et nous demeu- 
rés dans une désolation toute complète, sans foiens, pailles 
ny fourage. Pour ce qui est du château, il n'y ont pas 
aproché. 

Le dimanche 1 1, jour de saint Martin ils ont comencez à 
entrer dans Huy, quatres régiments de cavalerie ont passez 
outre, le cinquiesme qui étoit celuy du prince Pyo d'infanterie 
qui avoit logez ici, y est restez s'ayant rendu... 

Le lundi et mardy ils ont continuez a passer le dis Huy. 

Le jour saint Andrez 1674, les Alemands et deux régi- 
ments espagnols, Baden et Maisière, ont canonez le château 
de Huy, c'étoit le vendredi. Le lundy ensuivant il s'at rendu 
par composition ayant sorty d'iceluy trois cents cinquantes 
hommes. Ils ont tenu trois jours, sans souffrir ny attacquez 

(1) Trautmansdorff, 



— 134 — 

ni approche. Ma femme assiégée dans notre château par 
24 à 25 milles hommes, sept canons, deux mortiers at tenu 
plus long tamps et fait milieurs composition, n'ayant pour- 
tant que 9 à dix hommes. Au dit château de Huy il n'y 
avoit pas plus de mille hommes aux bateries. 

Dinant quelques jours auparavant en at fait du mesme. 
On peut bien mettre des grands impost sur le pays, comme 
on fait, pour entretenir telles garnisons ! 

Mémoire pour la dysme de Saint Aubin. 

L'an 1672 que le Roy de France at campez icy, dont tous 
nos graiens et biens sont étez désolez, on at payez la 
dysme, comme notre curez Perye at fait le marchez aveq 
le chapitre... (vacat). 

Pour Taoust 1672 (1673?) que on at eut encor beaucoupt 
des grains et marsages gâtez, ont at donez cinquantes pata- 
cons par les mains Mademoiselle Gaiffler à Huy, où on 
avoit envoyez les dits 50 patacons, qui font cent et vint 
florins fort monoye, au moyen desquels ils sont plus que 
payez pour le dit an, d'autant que on en rend cent et trente 
florins monoye du Roy, et quelques petites choses à la 
fabrique. 

Pour l'aoust 1674 que tout a étez ruinez plus que pas une 
des années, ayant eut deux grands campements, scavoir 
l'armée du prince d'Orange, au nouvel an, et celle du prince 
de Condé en juin, dont il ne reste chose que ce soit, on a 
donez pour la dite dysme... (vacat). 

Le dit an 1674 en novembre on at eut six jours les Ale- 
mands, lesquels ont achevez le peu qui restoit. 

Le jeudi, troisième de Tan 1675, le comte Chavaignacq, 
comandant à Huy, françois de nation, et major de bataille 
de cavaillerie pour sa Maiestez Impériale, nous at écrit par 



— 135 — 

ung exprez de l'aller treuver, qu'il avoit quelque chose à 
nous coramunicquer. Notre fils y est allez le dit jour après 
midy. Ce n'étoit que pour avoir argent ; n'ayant donez aux 
surcéans que terme jusques au 6 susdit. Homme tiran et 
inexorable dans le dernier intérest, qui ne donne exemp- 
tion à persone. Il a fait mettre le feu en diverses lieux, 
faute de fournir vitement à ses demandes. Voilà les services 
de l'Empire ! 

Gareine proche la censé. 

L'an 1675 en febvrir a été recoupée la sudite gareine 
ruinée de fonds en comble par le campement du prince de 
Condé, en juin 1674. La coupe ne povoit être plus belle, 
entremeslée déjeunes chaisnes de la grosseur d'une jambe 
et des plus moiendres plus des deux cents, droits comme 
des lignes, lesquels sont etez tous ruinez aussy bien que 
les coriés (coudriers ?) aux milleure pour des cercles, coupez 
deux pieds et trois, arière de terre. Avecq le tamps il y 
auroit eut le plus beau bois de chaisnes que on auroit sceut 
voier. Bref, tout a étez désolez. Voilà les charitez donnée 
à tout le pays par Maximilien Henri de Bavière, notre 
évesque, instiguez par ung second évesque pys que luy, 
Egone comte de Furstemberch, évesque de Strasbourch, 
ayant les deux susdits pour ung trépied, l'évesque de 
Munster. 

Meusnier. 

Le 6 mars 1675 le susdit meusnier at eut huits stiers de 
poilx (î) à quatres florins moins 5 patar, font trente florins. 

Sur le dessus il at donez une pistolle et deux demy pata- 
cons, font dix huits florins, ergo reste douze florins, que on 
luy quitte, d'autant qu'il at peu à mouldre, à raison des 

(1) PoisT 



— 136 — 

grains réfugiez à Huy, que les Alemands retienent, se gou- 
vernant pys que Turcq, du moiens le comandant appelez 
Chavaignacq, homme par delà tiran et inexorable pour qui 
que ce soit. C'est le comte Cbavainacque, françois de nation, 
l'empereur se servant de ses ennemys. Le comte de Souche, 
général de son armée au Pays-Bas, étoit de la mesme 
nation. Ils l'ont fait parêtre à la bataille de Seneffe et siège 
d'Oudenaere où il ne tenoit que à eux de battre le prince 
Condé en ruine, pour être plus du double plus fort. Bref on 
ne scauroit action plus lâche. Le prince d'Orange seul avecq 
les holandois que on n'estimoit pas, at témoignez de la géné- 
rositez. 

Autre mémoire. 

Que n'ayant sceut vendre les carpes à ce caresme 1675, 
on en at rejettez des grosses sur le vivier cincques cents. 
On n'en vouloit doner que douses patar de la pièce, chascun 
voulant vendre, crainte les perdre par les soldats. 

Pendant le règne de Son Alteze Isabelle, le prince Car- 
dinal, le marquis d'Aytona, il y avoit du respect parmy les 
troupes espagnoles, la noblesse etoit considérée. Depuis la 
rupture que la France at fait Tan 1672 soub le règne Mon- 
terey, gouverneur des Pay-Bas, tout a etez foulez, sans 
exemption ny des nobles ny des esclesiasticques. 

Tous cloitres pillez et logez, aussy bien que les châteaux, 
hormy où on at treuvez de la résistance. Le dit Monteret 
après avoir dépouillez le pays, est retournez en Espaigne 
cet an 1675, laissant une mauvaise renomée. Le marquis de 
Villa Hermosa est venu en sa place. Dieu le fasse railleur 
que ses devanciers ! 

Maintenant il n'y at plus rien de bon entre les armées, 
ny françoises, espagnoles, alemandes, ny holandoises, tous 
tyrans. 



— 137 — 

Les François sont les autheurs de la danse. Ils ont fait 
payer des rations excessives en aveine, fourages et paille, 
à peine d'être pillez et brusiez, ce qu'ils ont fait. 

Au siège de Mastreck ils ont contraint les paysants d'al- 
ler travailler à leurs lignes. Aulcuns y sont étez; d'autres 
se sont rachaptez 2 patacons chasque homme. 

A Holoigne ils ont commandez de donner 35 hommes : il 
n'y en avoit pas 30 dans le vilage, étant morts de misères 
et maladies aportée par les dits françois, lesquels avoient 
encor demandez huits milles fachines ; toutes les hayes et 
arbres n'y auroient pas satisfait. On a évitez les hommes 
et fachines, mais la plus part du pays at payé soit en argent 
ou en nature. 

Lesdits françois ont pry Maseckue et le fortifiez. Tongre 
du mesme que après ils ont quittez, rasez et pillez. Item 
rasez Visez, s'entend les ramparts, autant en faut-il attendre 
de Maseckue. 

Aux holandois, il leur at fallut donner bonne somme 
d'argent pour avoir contribuez à leurs ennemys. 

Aux espagnols, Tan 1674, à l'imitation des françois, des 
rations en argent. A Holoigne ils en sont étez quitte pour 
400 florins, par grâce nous faite par Monteret, auquel j'avoit 
envoyez. 

Mémoire. 

Que l'an 1675 en mars, le 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25 il at 
gelez comme au cœur de l'hyver, que on ne povoit labourer, 
et la bize sy haute et picquante qu'il n'eusse sceut plus. Le 
26 le tamps at changé en pluye, le vent demeurant en bise, 
amenant l'après midy de la neige très abondament. Le 27, 
cest à dire commencé le dit 26 au soier, il avoit gelez 
extraordinairement, que tout portoit. Le 28 le mesmes. 



— 138 — 

La bise at continuez avec véhémence jusques au x may, 
les fruits avancés ont pérys par la gelée. 

Autre mémoire. 

Que ledit 28 à six hoeurs au soir, nous avons reçeut nou- 
velles par ung exprès que la nuit passée des traîtres ont 
introduit les françois dans le fort de Liège, que les bourgeois 
étoient aux armes trop tard; nous entenderonts ce qui en 
ariverat. Il sera icy notulez. 

Il n'y a point jusques au présent autres découverts de 
trayson, que Vierset gouverneur du fort qui les at introduit 
la nuit aveq des flambeaux. Iceluy Vierset at pour nom 
Bilet (1), son père étoit aussi Bilet, premier noble de sa race. 
Il avoit espousé la fille Ernest de Bavière, évesque prêtre 
et prince de Liège. Notez que elle étoit sa bâtarde, et elle 
avoit encor ung frère auquel on at donez le nom de Olinko- 
ven (t) qui a estez la créature de Ferdinand de Bavière, 
nepveux d'Ernest. Voilà leurs advancement desdits Biletz. 
Le gouverneur moderne dudit fort ayant étez héritier de 
son oncle Olinchoven, et luy après avoir été capitaine des 
gardes de Maximilien Henri de Bavière, aussy évesque 
dudit Liège, et autheur de la guerre, at my le dit Vierset 
sur le dit fort, comme bon françois. Le grand père dudit 
Vierset, selon le dit comun, ayant enseignez les escolles à 
la ville de Mastrech. 

Chronographe Vierset. 
arX LeoDIensIs proDItore VIerset gaLLIs DatVr. 

(1) Ferdinand de Billehé, baron de Vierset, capitaine des gardes du 
corps du prince-évèque Maximilien de Bavière, gouverneur de la Citadelle 
de Liège en 1673. 

(î) Guillaume de Bavière, baron de Hollinghoven, abbé commeodataire 
de Stavelot. 



— 139 — 

Roy de France. 

Le 30 du moys de may 1675, il est venu aveq une armée 
nombreuse se camper à Falaix et aux environs, aveq quele 
ruine et désolation, il ne se peut assez exprimer. 

Ledit jour Huy a étez investy par l'autre cotez, par le 
duc de Crekuy. 

Le 1 juin an dit le roy at détachez neuf à dix milles 
hommes pour le siéger de ce cotez, et le dit jour le ducq 
de Luxembourch nous at venu par ordre du Roy mettre 
50 homes de garnisons ; dans la brassine du greffier Ferme 
à Oumal dix hommes, à l'église de Darion six, à Lens les 
béguines cinquantes. 

Comme ils se gouverneront, nous le dirons par après, le 
commencement ne fait pas bien espérer. 

Ils y doibvent rester jusques à la reddition du château 
dudit Huy. 

Celuy de Dinant s'at rendu par composition, après s'avoir 
deffendu généreusement 5 à 6 jours. • 

Le lundi 3 juin après midy, on at comencé à canoner le 
dit château de Huy. 

Le jeudy 6 dudit, à neuf heures du matin, il s'est rendu. 
Le comte Grivelli, italien de nation, en étoit gouverneur. 
Il est sorty avec son balotage. 11 croyoit emener aveq luy 
le s r de Haupten (Philippe de Haultepenne) jadis gouverneur 
de Dinant, ses deux prisonier; on ne luy at pas voulu accor- 
der, ny une pièce de canon non plus. 

Le 7 juin susdit, on at fait saulter par mynes le château 
de Falaix. 

Creckuy icy dessus dit a étez envoyez en Alemagne et 
Beaufort est demeurez pour battre ledit Huy. 

Après la reddition dudit Huy, tout est repassez en deçà. 
C'est de voier où le tout s'en irat, la désolation est sy grande 



— 140 — 

et la ruine sy universelle, que on ne le scauroit exprimer. 
Il ne reste ny froment, ny espeaute, wassen, secourants 
(escourgeon?) ny d'herbes chose que ce soit, jamais ne s'est 
veu telles désolations, ny misères plus grandes, sans pains, 
sans viandes, le peuple mouroit de faiem, à des villages qu'il 
y at toutes les maisons tirées bas. 

Le samedi, jour saint Medaert, 8 juin susdit, notre gar- 
nison est sortie; le capitaine se nomoit Boistel, françois de 
nation, du régiment Navare; le lieutenant s'apelloit Bussy, 
italien, venetien, du régiment de Normandie. Il y avoit deux 
sergeants et ung caporal, gens diversement comandez. Le 
dit capitaine se faisoit tittrer du nom de gouverneur. Luy, 
ledit lieutenant et leurs valets ont eut leurs despens mais 
sans obligations ; les soldats ont eut deux vaches et deux 
ayroes de bière, à la charge de la communauté, pour leurs 
feux ils ont prys nos leignes deux à trois charée. 

Le 9 susdit, dimanche de la Trinité, tout est marchez, le 
Roy allant camper à Lamyne, le reste aux environs, après 
avoir laissez une famine et désolation sans pareille, aveq 
une infection semblable. 

Le lundi x dudit juin, Lymbourch a étez investie. 

Le jeudi 20, entre onzes et douses a mydy, après une 
généreuse résistance, se voyant hors d'espoier du secours, 
le gouverneur at fait doner la chamade pour capituler. Le 
22 dudit à 6 hoeurs du matin, il est sorty, armes et bagages, 
suivant les solemnitez de guerre, deux pièces de canon et 
ung mortier. 

Les espagnols et holandois. 

Après avoir fait ung grand bruit à, leurs acotumée quoy 
que plus puissants que les françois, ont fait la cagade ordi- 
naire, nuls effects que à manger le bon homme. 



J 



— 141 — 

Faisant dans le pays de Liège des exécutions pour des 
rations excessives au jour de la date que dessus, ce qu'ils 
ont praticqué sur les terres de Heers, demandant pour les 
fraix de la susdite exécution onze cents florins bb. Voilà 
leurs exploits, pendant que lesfrançois prenent leurs villes ! 

Roy françois. 

De Lymbourk, il est venu sur Louage (1) et se camper à 
Strotte (*) proche Saint Trond où le Roy étoit en persone. 
Le lendemain il est marchez et s'est aller camper aveq le 
prince de Condé et le ducque de Luxembourk à Esmal sur 
la Jausse, Haynedeur, Helixime et Wanck (3), le comte de 
Rochefort aveq son armée s'étant remys audit Strotte. 

Après avoir tout ravagez et désolez le pays jusque par 
de là Tirlemont et Dist, ils sont retournés audit Strotte le 
premier jullet 1675. 

Ledit premier jullet, les coureurs ont venu piller tout 
Abolen,Blehen, ayant emeneztous les bestiaux, nonobstant 
les sauvegardes. A Gaer et Villereaux le mesme, dépouillant 
lespersones nues, la propre chemise, et tous ceux qu'ils 
rencontraient le mesme. 

A Braifve le mesme jour, ils ont pillez la basse court, 
tuez des hommes, et Monsieur de Herck blessez se défen- 
dant du château. Bref sy tous les plus méchantes gens du 
monde venoient, ils ne traiteroient point plus tiranicque- 
ment que les françois. 

Voilà où le bon évesque at réduit le pays de Liège, aveq 
les traitres dudit Liège qui ont coopérez aveq luy et vendut 
le dit pays. 

(1) Lowaige. 

(2) Straten, hameau entre Saint-Trond et Kerkom. 

(3) Esemael, Hakendover, Elixem et Wanghe. 



— 142 — 

Mémoire. 

Que le 29 de Tan 1673, le vicomte de Looz dans sa 
chambre à son auberge au mouton blan sur la place Saint 
Paul, a étez assasinez par le jeune Walengin, fils aisné du 
s r de Valengin d'Àrslot; le dit Valengin aveq ses gens sont 
étez prys au flagrant delict et emprisonez ; le comte de 
Monterey, gouverneur des Pays-Bas, at réclamez le sudit, 
les échevins de Liège les ont relaxez. Voilà la justice que 
Madame la Vicomtesse de Looz en at eut (i). 

Ung an auparavant le capitaine Berloz de Sclessin a étez 
assasinez dans sa maison d'ung coup de pistolet par deux 
cavaillers lesquels ont venu demander après luy, que 
c'étoient de ses amys qui luy vouloient parler. Venant à la 
porte on luy at donez le coup. Le fils aisnez du comte de 
Hozemont en a étez accusez. Le parlier Berlo, fils du sudit, 
at une fois devant le mouton blan aveq le mayeur Jacob 
et ses gens, creu aprehender le dit fils dudit comte de 
Hozemont, lequel l'at gaignez à la course de son cheval par 
la porte d'Avroy ; du depuis on n'en at plus parlez. 

Le dit capitaine Berlo étoit fils naturele d'ung s r de 
Sclessin, qui sont des vrays Berlo ; par quelque dispute le 
dit capitaine aveq ses deux fils avoient misérablement tuez 
audit Sclessin, le fils du s r dudit Sclessin, jeune gentilome 
bien accomply, retournés nouvelement de la guerre de 
Hongrie ; nonobstant toutes les recherches faites par les 
légitimes de Berloz, ils n'en ont sceut tirer justice, les 
autres ayant été appuies par des juges leurs parents et 
alliez. 

Le 18 décembre 1674, le fils du sieur de Courtejoye, s r de 

(1) Cet assassinat est raconté en détail par M. le chevalier de Harenoe 
(Histoire du château de la Rocket te). 



— 143 — 

Grâce, a étez agressez à Liège devant Saint Hubert par le 
fils du conseiller Maret dit Charneux, au présent du Conseil 
ordinaire. Voicy la lettre m'écrite à ce sujet par Nicolas 
Lanthyn du dit Liège. Elle s'ensuit de mot à mot. 

» Le fils du conseiller Charneux, suivys d'ung valet et du 
Gamu, ont rencontrez le fils Monsieur de Grâce auprès de 
Saint Hubert. Ils ont passez outre, et tout à coup retour- 
nant ledit de Charneux at fourez son espée dans le corps 
dudit Grâce, lequel n'at eut le tamps de mettre la main à 
l'espée, mais enfiliez at prys l'autre au collet. Les deux sui- 
vants ledit Charneux ont débandés chasquun ung pistolet 
sur ledit Grâce, mais sans prendre feu. Le valet du dit Grâce 
atmys la main à l'espée qu'il at rompu contre le ventre 
d'ung des hommes dudit Charneux sans luy faire blessure, 
le monde les ont séparés. Mon fils Glaude at étez présent 
depuis le comencement jusques à la fyn, lequel at prys ledit 
Grâce par la main et le conduit à la maison du Soleil, 
taverne au vin, après luy avoir fait doner ung ver de vin, 
il at tombé foible, on at couru après le prêtre et le chirur- 
gien. Il at le coup par deseur le cœur, on ne scay encor ce 
qui en arriverat. » 

Notez que ledit Charneux, homme de lettre, at espousez 
la sœur du s r de Grâce, père au blessez ; pour ce sujet ayant 
toujours disputes tant pour la mésaliance que pour les biens 
que l'autre vouloit avoir. Son nom est Maret (1), mais depuis 
que ung chanoine Maret d'Ayse a étez pendu sur le fort à 
Liège, ils ont quitez le nom de Maret quoy que de la mesme 
famille, pour se doner celuy de Charneux. 

(1) L'assertion est exacte. Le 7 juillet 1648 Laurent de Maretz relève sa 
part du bois de Dalve lez-Flavion, par décès du seigneur et de la dame 
de Grâce, ses beaux-parents et de J. de Courtejoie (Bormans, Fiefs de 
Namur, t. II, p. 118 et Ibid., p. 113). 



— 144 — 

Les suivants dudit Charneux, signament le Camu en at 
meurdry plusieurs, sans justice, comme il se praticque à 
Liège. 

J'ay veu de mon tamps grandes quantitez de meurtres et 
d'actions les plus énormes du monde, et des meurdres plu- 
sieurs par ung seul homme, branscats, pilages, larcins, vols, 
sortilèges : nulles corections ; que on eusse assomez père et 
mère, et toute la généalogie, aveq argent on se décharge- 
rat, on ne fait que doner la saignée à la bourse; sy la jus- 
tice continue audit Liège au futur, comme elle a étez de 
mon tamps, la mitan des gens assasineronts les autres. On 
verat quele justice le s r de Grâce obtiendrat. 

Roy François. 

Il a étez auprès de Tirlemont 4 à 5 jours. Il a fait myner 
les portes de Saint-Trond. Nous dirons sy il les at fait sau- 
ter, aprenant la marche de ce jour 2 jullet 1675. 

Le 4 jullet 1675, environs les dix hoeurs du matin, nous 
sommes étez attaquez par des coureurs françois du régi- 
ment Conismaret (i) sans se soucier de la sauvegarde, sur 
laquele ils ont déchargez le premier; notre fils pour le gua- 
rantir ayant manquez d'y demeurer. Wonck ée-Darion y a 
étez tuez et Hector (*) blessez, deux soldats sont demeurez 
morts aux barières, quantitez d'autres en pas milleur état 
s en sont allez aveq le coup, notre dit fils avec la dite sau- 
vegarde ont étez remontrez le dessus à Monsieur de Louvoy, 
lequel at dit que on avoit bien fait. 

On at fait sauter Tirlemont, on travaille à la mesme 
chose à Saint-Trond, une partie étant présentement saultée, 

la reste vat suivre. 

(1) Konigsmarck. 

(2) Hector semble être le nom du fils du baron de Seraing. 



— 145 — 

A Hasque (1) on fait le raesme. Voila Maseckue, Tongre, 
Visez, Saint-Trond et Haskue réduite eu mesme état. On 
les at pourtant receus à l'amiable. Les bourgeois dudit Saint- 
Trond sont étez désarmez d'abord, et les armes envoyée à 
Mastreck. 

A cejourd'huy 5 susdit, nulle aparence de bouger. 

Hasque n'a pas été rasée, ce n a étez qu'un bruit. 

Le 8 juillet an dit, ils ont décampez d'amprès de Saint- 
Trond, et se sont venus poster depuis Bergilez, les trois 
villes, jusques auprès d'Oumal, tout a étez rasez, sans rien 
rester, ny grains, ny marsages navetes, arbres, ny quoy que 
ce soy. Ce Roy Louys XIIII représente ou at fait recusciter 
les empereurs Néron, Galba et leurs semblables. 

Le 9 il est décampez d'icy montant la chaussée après 
Bounaifve. 

Le dit Roy à Longchamps étoit à la censé dudit Long- 
champ, au présent Labricque (2). Le prince de Condé à la 
maison dudit Lonchamps ou Labricque. 

Le dessin dudit Roy étoit de prendre la ville de Leeuue. 
Il a été contraint de l'abandonner à sa honte. Les pluyes 
ont tombé en abondance, les eaux ont grossys et il est ren- 
trez du monde dans le dit Lieuwe(3), en sorte qu'il n'at osez 
le siéger. Il at ruinez totalement le pays. Voilà le progrez 
de sa puissante armée ! 

Les espagnols et holandais étoient pour le moiens aussy 
fort, ou beaucoup plus, mais faute d'union et de fldelitez, ils 
ne font nuls exploits, synon sur les paysants, on n'at pas 
encore veus d'autres, ainsi est servy l'Empereur et le Roy 
d'Espaigne ! 

(1) Hasselt. 

(2) Le château de Longchamps était en 1675 la propriété de Guillaume 
de Labrique. 

(3) Léau. 



— 146 — 

Le dessin du François étoit aussy de ruiner Hasque, le 
démolissant comme Saint-Trond, et le bruit avoit couru 
que elle estoit saultée, je ne scay encor le retardement. 

Le 12 jullet an susdit les françois campez à Champeau 
proche Huy, environs 15 cents ou deux milles renvoyés par 
le Roy étant à Vasage (i) ont marché sur Horion et de là se 
retirez sur la citadelle à Liège, trois milles espagnols étant 
pour les couper hors, ainsi se sont ils sauvés dans la dite 
citadelle. 

Leôaoust, ils ont fait plusieurs prisoniers par tout pour 
des nouvelles réquisitions ou extorsions. 

(1) Wasseige. 



18QO-18Q1 




LISTE DES MEMBRES 



Fiess (Joseph), docteur en droit, bibliothécaire de l'Univer- 
sité de Liège; fondateur. Décédé le 19 août 1875. 

Frésart (Oscar), à Liège ; reçu le 9 janvier 1876. Démis- 
sionnaire le 19 octobre 1886. 

de Marnbffe (Edgar), attaché aux Archives générales du 
Royaume, à Bruxelles ; reçu le 3 avril 1887. 



Helbiq (Henri), homme de lettres, à Liège; fondateur. 
Décédé le 21 mai 1890. 

Helbig (Jules), membre effectif de la Commission royale 
des monuments, à Liège; reçu le 9 novembre 1890. 



Bormans (Stanislas), docteur en philosophie et lettres, 
administrateur-inspecteur de l'Université de Liège, 
membre de l'Académie royale de Belgique; fon- 
dateur. 



— 150 — 



Polajn (Mathieu), administrateur-inspecteur de FUniver- 
sité de Liège, membre de l'Académie royale de 
Belgique ; fondateur. Démissionnaire le 17 février 
1871. Décédé le 4 avril 1872. 

Morren (Edouard), professeur à l'Université, membre de 
l'Académie royale de Belgique, à Liège ; reçu le 
10 mars 1872. Décédé le 28 février 1886. 

de Sélys-Longchamps (baron Walthère), docteur en droit ; 
reçu le 26 juin 1887. 

5 

Martial (Èpiphane), avocat, à Liège ; fondateur. Décédé 
le 1 er juin 1880. 

de Pitteurs de Budingen (baron Léon), docteur en droit, 
sénateur, à Liège ; reçu le 14 novembre 1880. 



4 

de Theux de Montjardin (chevalier Joseph), docteur en 
droit, à Bruxelles; reçu le 15 mars 1863. Décédé le 
16 juin 1868. 

Lohest (Pascal), membre correspondant de la Commission 
royale des monuments, à Liège ; reçu le 10 mars 
1872. 

7 

de Sauvage (chevalier Félix), banquier, à Liège ; reçu le 
3 mai 1863. Décédé le 10 juin 1880. 

Body (Albin), archiviste et bibliothécaire de la ville de Spa; 
reçu le 30 janvier 1881. 



— 151 — 

8 

db Looz-Corswarem (comte Hippolyte), sénateur, à Liège ; 
reçu le 12 avril 1863. Décédé le 19 octobre 1890. 

de Mercy-Argenteau (comte Cari), château d'Ochain (par % 

Clavier) ; reçu le 22 juin 1891 . Q^ ~^*' A- A c***^ /J9 < „^ 

de Theux de Montjardin (chevalier Xavier), docteur en 
droit, président de la Société des Bibliophiles de 
Belgique, à Bruxelles ; fondateur. 

40 

Francotte (Gustave), à Liège; fondateur. Décédé le 17 
octobre 1886. 

Francotte (Gustave), avocat, à Liège ; reçu le 3 avril 1887. 

41 

Terry (Léonard), professeur au Conservatoire royal de 
Liège, membre de l'Académie royale de Belgique/ 
: fondateur. Démissionnaire le 6 janvier 1871. 
Décédé le 25 juillet 1882. 

Matthieu (Jules), professeur et bibliothécaire de la ville 
» de Verviers, à Andrimont (lez-Verviers) ; reçu le 

12 mars 1871. 

42 

, Capitaine (Ulysse), conseiller provincial, à Liège; fonda- 
teur. Décédé le 31 mars 1871. 

de Limbourg (chevalier Philippe), bourgmestre de Theux ; 
reçu le 19 novembre 1871. 




— 152 — 

13 

de Borman (chevalier Camille), docteur en droit, député 
permanent du Limbourg, membre du Conseil héral- 
dique, à Liège ; fondateur. 

14 
Wittert (baron Adrien), à Bruxelles ; fondateur. 

15 

de Chestret de Haneffe (baron Jules), membre ftoprca^ 
lenrinn/de l'Académie royale de Belgique, à Liège ; 
reçu le 15 mars 1863. 

16 - 

Goffart (Eugène), docteur en médecine, conseiller pro- 
vincial, à Liège; reçu le 15 mars 1863. Décédé le 
22 février 1867. 

de Rknbsse (comte Camille), à Liège; reçu le 10 avril 1870. 
Démissionnaire en 1873. 

de Luesemans (Charles), gouverneur de la province de Liège ; 
reçu le 12 janvier 1873. Décédé le 20 mars 1882. 

Demarteau (Joseph), rédacteur en chef de la Gazette de 
Liège; reçu le 16 avril 1882. 

17 

Frésart (Jules), banquier, à Liège; reçu le 12 avril 1863. 

18 

de Limburg-Stirum (comte Philippe), sénateur, à Bruxelles; 
reçu le 12 avril 1863. 



— 153 — 

19 

Smeets (Théodore), pharmacien, à Liège ; reçu le 12 avril 
1863. Décédé le 6 septembre 1866. 

Hock (Auguste), homme de lettres, à Liège ; reçu le 8 mars 
1868. 

20 

Grandgaqnage (Charles), sénateur, président de l'Institut 
archéologique et de la Société de littérature wal- 
lonne, à Liège ; reçu le 7 juin 1863. Décédé le 10 
janvier 1878. 

de Marneffe (Edgar), à Bruxelles ; reçu le 24 novembre 
1878. Démissionnaire le 9 février 1881. 

Tbrme (Antonin), archéologue, à Liège ; reçu le 4 décembre 
1881. Démissionnaire en 1886. 

Terme (Georges), reçu le 3 avril 1887. 

21 

Doonke (Eugène), avocat, à Liège ; fondateur. Démission- 
naire le 26 février 1865. 

Grandmont (Alphonse), avocat, à Liège ; reçu le 1 1 mars 
1866. 

22 

Daris (Joseph), chanoine de la Cathédrale et professeur au 
Séminaire de Liège ; fondateur. Démissionnaire le 
12 novembre 1867. 

Dioneffe (Léonce), à Liège ; reçu le 10 mars 1872. Démis- 
sionnaire le 21 novembre 1890. 



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— 154 — 

Wauters (Hyacinthe), tanneur, à Liège ; reçu le 7 juin 
1863. 

24 

Van den Steen de Jehay (comte Xavier), à Bassinnes; 
reçu le 28 février 1864. Démissionnaire le 12 février 
1867. Décédé le 24 juillet 1885. 

Thys (Edouard), abbé, à Liège; reçu le 12 mars 1871. 
Décédé le 30 mars 1882. 

de Villenfagne de Sorinnes (baron Albert), conseiller 
provincial, à Liège; reçu le 16 avril 1882. Décédé 
le 13 juillet 1890. 

Lohest (Paul), ingénieur, à Liège ; reçu le 9 novembre 1890. 

2S 

Grandjean (Mathieu), docteur en philosophie et lettres, 
bibliothécaire de l'Université de Liège ; fondateur. 

26 

Van der Haeghen (Ferdinand), bibliothécaire de l'Univer- 
sité, membre de l'Académie royale de Belgique, 
à Gand ; reçu le 28 février 1864. 

27 

de Limburg-Stirum (comte Thierry), docteur en droit, 
sénateur, membre du Conseil héraldique, à Gand ; 
reçu le 28 février 1864. 

28 

Vergauwen (François), sénateur, à Gand ; reçu le 28 février 
1864. Décédé le 13 juillet 1881. 



— 155 — 

de Cartier de Marchiennes (baron Emile), château de 
Marchiennes; reçu le 4 décembre 1881. Décédé le 
24 octobre 1887. 

Simonis (Camille), à Liège ; reçu le 22 janvier 1888. 

29 

de Kerckhove de Denterghem (comte Charles), représen- 
tant, à Gand ; reçu le 17 avril 1864. Décédé le 21 
février 1882. 

de Sélys-Fanson (baron Robert), docteur en droit, à Liège; 
reçu le 16 avril 1882. 

30 

Serrure (P. C), professeur à l'Université de Gand, membre 
de l'Académie royale de Belgique ; reçu le 17 avril 
1864. Démissionnaire le 9 janvier 1870. 



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Couclet (François), graveur, à Liège ; reçu le 12 juin 1870^ , ^ 

S Ûl -7tf 1)1*4. 

Raikem (Joseph), ancien ministre de la justice, procureur- ^ 

général honoraire de la Cour d'appel, à Liège ; reçu 
le 15 janvier 1865. Décédé le 25 janvier 1875. 

d'Oultremont de Warfusee (comte Théodore), château 
de Warfusee; reçu le 7 mars 1875.* Décédé le 8 
octobre 1875. 

de Clermont (Guillaume), avoué, à Liège; reçu le 9 janvier 
1876. 

32 

Dereux (Mathieu), avocat, à Liège; reçu le 26 février 1865. 
Décédé le 15 février 1870. 

Dereux (Léon), avocat, à Liège ; reçu le 13 mars 1870. 



— 156 — 

33 

Chalon (Renier), docteur en droit, membre de l'Académie 
royale de Belgique, président de la Commission 
du Musée de la Porte de Hal, à Bruxelles ; reçu le 
21 mai 1865. Décédé le 23 février 1889. 

Bibliothèque de l'Université et du pats de Strasbourg; 
reçue le 3 mars 1889. 

34 

Dblhasse (Félix), homme de lettres, à Bruxelles ; reçu le 
21 mai 1865. 

35 
L'Université de Liège; reçue le 28 janvier 1866. 

36 

Caruer (Joseph), à Liège; reçu le 11 mars 1866. Décédé le 
10 mars 1876. 

Caruer (Hyacinthe), à Liège ; reçu le 1 1 juin 1876. Décédé 
le 11 mai 1887. 

Orban de Xitrt (Jules), à Stavelot ou au château de 
Gaillarmont (par Grivegnée, Liège); reçu le 18 mai 

1879. 

37 

Haobmans (Gustave), représentant, à Bruxelles ; reçu le 
8 avril 1866. Démissionnaire en 1875. 

de Limminghe (comte Léon), château de Gesves (Namur) ; 
reçu le 28 octobre 1877. Décédé le 8 février 1891. 



— 157 — 

Poncelet (Edouard), attaché aux Archives de l'État, à 
Liège; reçu le 22 juin 1891. 

38 

Poswick (Eugène), château d'Iugihoul (par Engis) ; reçu le 
8 mars 1868. 

39 

S. A. R. Monseigneur le Comte de Flandre, à Bruxelles ; 
reçu le 10 mai 1868. 

40 

de Selys-Longchàmps (baron Edmond), sénateur, membre 
de l'Académie royale de Belgique, â Liège ; reçu le 
19 avril 1868. 

41 

de Hemricourt de Grunne (comte Arthur), docteur en 
droit, sénateur, château de Hamal (par Tongres) ; 
reçu le 13 mars 1870. 

42 

d'Andrimont (Julien), sénateur, à Liège; reçu le 10 avril 
1870. Démissionnaire le 17 février 1879. 

Van den Berg (Joseph), à Liège; reçu le 14 novembre 1880. 
Démissionnaire le 31 janvier 1886. 

Janmart de Brouillant (Louis); reçu le 3 avril 1887. 
Démissionnaire le 29 mai 1888. 

Misson (baron Paul), docteur en droit, château de Vieux- 
Waleffe (par Fallais); reçu le 12 mai 1889. Décédé 
le 10 mai 1891. 



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— 158 — 

43 

La Société d'Histoire et d'Archéologie de Maastricht ; 
reçue le 8 mai 1870. 

44 

de Schoutheete de Tervarent (chevalier Amèdée), con- 
seiller provincial, château de Moeland (Saint- 
Nicolas- Waes) ; reçu le 8 mai 1870. Démissionnaire 
le 31 décembre 1887. Décédé le 22 avril 1891. 

Dejace (Charles), professeur à l'Université, à Liège ; reçu le 
18 mars 1888. Démissionnaire le 13 avril 1890. 

Fayn (Joseph), ingénieur, à Liège; reçu le 26 avril 1891. 

45 

de Goër de Hervé (baron Eugène), à Bruxelles ; reçu le 
8 mai 1870. 

46 

Alexandre (Joseph), archiviste provincial, à Liège ; reçu 
le 12 juin 1870. 

47 

de Croy-Dulmen (prince Alfred-Emmanuel), secrétaire de 
légation, au Roeulx (Hainaut) ; reçu le 6 novembre 
1870. Démissionnaire le 27 janvier 1882. 

Lohest (Herman), avocat, à Liège; reçu le 19 février 1882. 

48 

de Berlaymont (comte Guy), château de Bormenville (par 
Hamois-Condroz) ; reçu le 6 novembre 1870. 



— 159 — 

49 

Delecourt (Jules), conseiller à la Cour d'appel, à Bruxelles; 
reçu le 6 novembre 1870. Démissionnaire le 20 dé- 
cembre 1885. 

de Sélys-Longchamps (baron Raphaël); reçu le 8 mai 1887. 

80 

La Bibliothèque Royale de Bruxelles ; reçue le 6 
novembre 1870. 

51 
Renier (Jean), professeur, à Verviers; reçu le 8 avril 1883. 

52 

de GÉradon (Charles), banquier, à Liège ; reçu le 20 mai 
1883. 

53 

Ophoven (Armand), à Liège ; reçu le 20 mai 1883. Démis- 
sionnaire le 19 octobre 1886. 

Lamarche (Oscar), à Liège ; reçu le 8 mai 1887. Démission- , 

naire le 3 décembre 1890. ~ __ _ / fàj ^*~*% F!^_^ . 

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Carlier (Georges), à Liège ; reçu le 20 mai 1883. ^ 

55 

Schoolmeesters (Emile), curé-doyen de Saint-Jacques, à 
Liège ; reçu le 20 mai 1883. 

56 

De Soer (Maxime), à Liège; reçu le 20 mai 1883. 




— 160 — 

57 

van Eyll (baron Victor), château de Labaye (par Nandrin) ; 
reçu le 20 mai 1883. Démissionnaire le 1 er juillet 
1886. 

Kurth (Godefroid), professeur à l'Université, membre jfeor./ 
Ifrgpondnn^ de l'Académie royale de Belgique, à 
Liège ; reçu le 27 novembre 1887. 

58 

Poswick (Jules), à Limbourg; reçu le 20 mai 1883. Démis- 
sionnaire le 1 er décembre 1886. 

de Favereau de Jeneret (Paul), docteur en droit, membre 
de la Chambre des représentants, à Liège ; reçu le 
18 mars 1888. 

89 

Poswick (Prosper), château de Tihange (par Huy) ; reçu le 
20 mai 1883. 

60 
Frésart (Félix), banquier, à Liège ; reçu le 20 mai 1883. 

61 

Jamar (Edmond), architecte, à Liège; reçu le 50 mai 1883. 

62 

de Lhoneux (Madame Gustave), à Huy ; reçue le 17 juin 
1883. 

63 

Vierset-Godin (Emile), architecte, à Huy ; reçu le 17 juin 
1883. 

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— 161 — 

64 

de Geloes (comte René), château <f Eysden ; reçu le 17 juin 
1883. 

65 

de Villenfagne de Vogelsanck (baron Gaston), à Liège ; 
reçu le 17 juin 1883. Démissionnaire le 29 mai 1889. 

de Hasse (Ernest), à Liège; reçu le 11 janvier 1891. 

66 

Olivier (François-Jean), libraire, à Bruxelles ; reçu le 17 
juin 1883. Démissionnaire le 31 décembre 1886. 

Le Paige (Constantin), professeur à l'Université, membre 
de l'Académie royale de Belgique, à Liège ; reçu le 
3 avril 1887. 

67 

de Lamberts-Cortenbach (baron Rodolphe), château de la 
Zangrie (par Bilsen) ; reçu le 17 juin 1883. Démis- 
sionnaire le 27 janvier 1891 . i £>> j , i^*^ <g . 
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de Blanckart (baron Charles), docteur en droit, château 
de Lexhy (par Fexhe); reçu le 17 juin 1883. 

69 
Cormaux (Denis), imprimeur, à Liège ; reçu le 22 juin 1884. 

70 

Naveau (Léon), château de Bommershoven (par Tongres) ; 
reçu le 22 juin 1884. 








— 162 — 



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71 

L'Hoest (Isidore), inspecteur chef de service au chemin de 
fer Nord-Belge, à Liège ; reçu le 31 janvier 1886. 

72 

Wilmart (Charles), docteur en droit, *Y:4ge; reçu le 25 
juillet 1886. 

73 

L'Université de Louvain; reçue le 19 septembre 1885. 
Démissionnaire le 1 er janvier 1888. 

Dubois (Léon), chanoine de la Cathédrale, à Liège ; reçu le 
27 mai 1888. 

74 

Francotte (Henri), professeur à l'Université, à Liège; rpçji 
^yt le 22janvier 1888^ ^m^ ; Ji*u <*^l£K^ \ 




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Lahate (Léon), docteur en droit, conservateur des archivas * 
de l'État, à Namur; reçu le 27 novembre 1887. 



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BUREAU. POUR 189^ & 189/ 



Président A Baron de CH 




Vice-Président, (Chevalier de BORMAN , 
Secrétaire. J. ALEXANDRE, rue Volière, 15. 
Trésorier. Baron dd PITTEURO u& D 




* &trj Bibliothécaire. 







— 163 — 

Séance du 12 janvier 1890. 

La séance est ouverte à 10 1/2 heures, sous la présidence 
de M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents : MM. Alexandre, chevalier de Borman, 
Bormans, baron de Chestret de Haneffe, Couclet, Demar- 
teau, Gustave Franootte, Grancyean, Kurth, Isidore 
L'Hoest, Herman ,ohost, Pascal Lohest, Le Paige, Orban 
de Xivry, Eugène Poswick, baron Robert de Sélys-Fanson, 
baron Edmond de Sélys-Longchamps, baron Raphaël de 
Sélys-Longchamps et Terme. 

Le procès-verbal de la séance du 10 novembre 1889 est 
lu et approuvé. 

M. Dejace donne sa démission de membre de la Société. 

MM. de Géradon, baron de Pitteurs et chanoine Dubois 
se font excuser de ne pouvoir assister à la séance. 

Il est procédé au renouvellement du bureau pour les 
années 1890 et 1891. M. le chevalier de Borman est élu vice- 
président. MM. Alexandre, baron de Pitteurs et Couclet, 
sont réélus respectivement secrétaire, trésorier et biblio- 
thécaire. 

M. le Trésorier rend compte de la situation financière 
de la Société, au 31 décembre 1889. 

En caisse fr. 2,525 99 

Recettes de Tannée 1890 » 1,998 01 

» 4,524 00 

Les dépenses se sont élevées à .... » 1 ,987 36 

Boni en caisse » 2,536 04 

Les annates de 1889 ne sont pas encore entrées en caisse. 
Elles seront recouvrées après la distribution du fascicule 4 
du Bulletin, tome IV, et celles de 1890, après l'impression 
du tome IV de la publication de M. de Marneffe. 



— 164 ^ 

M. Poswick distribue aux membres présents les fasci- 
cules 2 et 3 du Bulletin, tome IV. Il propose de terminer 
le tome III du Bulletin, par le Nécrologe du Concile de 
Statte, manuscrit du xvi e et du xvn e siècle, qui fait partie 
de la bibliothèque du château de Warfusée. L'impression 
de ce manuscrit est décidée. 

Avant de procéder au second vote sur la proposition 
émanée, le 10 novembre 1889, de MM. le baron de Chestret 
et Bormans, M. Orban de Xivry propose l'amendement sui- 
vant : m Toutefois cette disposition ne sera appliquée que 
lorsque la proposition sera mise aux voix pour la première 
fois. Revenant à Tordre du jour dune seconde séance elle 
sera votée quel que soit le nombre de membres présents. » 

Cette modification sera portée à Tordre du jour de la 
prochaine séance. 

M. Bormans propose de publier tous les renseignements 
que Ton pourra réunir sur les imprimeurs liégeois des xvi 6 
et xvn e siècles. Cette publication est décidée. 

M. Bormans propose encore l'impression d'un livre de 
raison écrit à la an du xvi e siècle et au commencement du 
xvii siècle, par Philippe de la Ruelle, de Ham-sur-Heure. 

Sur la proposition de M. de Chestret, l'examen de ce 
manuscrit est renvoyé à une commission de trois membres, 
qui fera un rapport. 

M. Le Paige se charge de faire, pour le Bulletin, une 
analyse de la Tragédie de Gédéon, par Libert de Houthem. 

La séance est levée à midi. 

Séance du 13 avril 1890. 

La séance est ouverte à 10 î/t heures, sous la présidence 
de M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents : MM. Alexandre, baron de Chestret de 



— 165 — 

Haneffe, Cormaux, Couclet, Grandjean, baron Misson, baron 
de Pitteurs de Budingen, Schoolmeesters, baron Edmond 
de Sélys-Longchamps, baron Raphaël de Sélys-Longchamps 
et baron de Yillenfagne de Sorinnes. 

Le procès-verbal de la séance du 12 janvier est lu et 
approuvé. 

MM. Naveau, Renier, Isidore LTHoest et Eugène Poswick 
se font excuser de ne pouvoir assister à la séance. 

M. le Secrétaire rend compte de l'examen du manuscrit 
de Philippe de la Ruelle. Il est d'avis de renoncer à son 
impression à cause de ses nombreuses lacunes et de l'absence 
complète d'intérêt au point de vue liégeois. 

La décision est remise à une prochaine séance, à laquelle 
M. Bormans pourra se trouver. 

Le fascicule 4 du Bulletin, tome IV, est distribué aux 
membres présents. 

La proposition de MM. Bormans et baron de Chestret, 
amendée par M. Orban de Xivry, est définitivement adoptée. 

La Commission du Bulletin est renouvelée. Elle est com- 
posée du Président, du Secrétaire et de M. Poswick. 

M. le Président expose que des retards considérables 
sont apportés à l'impression de certaines publications. Il 
cite notamment les Vies de saint Théodard et de saint 
Lambert, dont les premières épreuves ont été envoyées à 
l'éditeur au mois d'octobre 1884. Pour éviter, dans l'avenir, 
de semblables mécomptes, il dépose la proposition suivante 
qui est appuyée par plusieurs membres : 

<* Dorénavant, aucune impression ne sera commencée si 
l'imprimeur n'a en mains la matière d'un volume, lorsqu'il 
s'agit des publications, ou d'un article, lorsqu'il s'agit du 
Bulletin. » 

La séance est levée à midi. 



— 166 — 

Séance du 19 juin 1890. 

La séance est ouverte à 10 i/t heures, sous la présidence 
de M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents : MM. Alexandre, baron de Chestret de 
Haneffe, Couclet, Le Paige et Simonis. 

Le procès-verbal de la séance du 13 avril est lu et adopté. 

MM. le chevalier de Borman, Bormans, Cormaux, Gus- 
tave Francotte, Isidore L'Hoest et Eugène Poswick se font 
excuser de ne pouvoir assister à la séance. 

Le Secrétaire rend compte du degré d'avancement des 
travaux en cours de publication. 

La discussion de la proposition de MM. Bormans et baron 
de Chestret est remise à la prochaine séance, le nombre des 
membres présents n'étant pas suffisant pour pouvoir déli- 
bérer, 

La Société désigne M. Couclet, pour la représenter au 
Congrès archéologique qui sera réuni à Liège du 3 au 
6 août prochain. 

La séance est levée à midi. 

Séance du 9 novembre 1890. 

La séance est ouverte à 9 i/t heures, sous la présidence 
de M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents : MM. Alexandre, Body, chevalier de Bor- 
man, baron de Chestret de Haneffe, Couclet, Gustave Fran- 
cotte, de Géradon, Grandjean, Kurth, Lahaye, Eugène 
Poswick et Schoolmeesters. 

Le procès-verbal de la séance du 19 juin est lu et 
approuvé. 

MM. Bormans, Isidore L'Hoest, comte de Limminghe, 
de Marneffe, baron Misson, Naveau et baron de Pitteurs 
se font excuser de ne pouvoir assister à la séance. 



— 167 — 

Le tome III de La Principauté de Liège et les Pays- 
Bas au XVI e siècle est distribué aux membres présents. 

Il est décidé que le volume IV de l'ouvrage de M. de 
Marneffe, comprendra la fin du règne de Georges d'Autriche 
et le règne entier de Robert de Berghes, avec le portrait 
de ce dernier. Après l'impression de ce volume, la Société 
prendra une décision pour le mode de publication des docu- 
ments concernant les règnes des autres princes-évêques de 
ce siècle. 

M. de Borman entretient la Société de son ouvrage sur 
les Echevins de Liège. 

M. Poswick fournira dans six mois, le manuscrit d'un 
volume de Y Histoire des troupes liégeoises. Il remettra 
le devis complet de ce volume, format in-4°, à la prochaine 
séance. 

M. de Borman. propose l'impression d'une chronique fla- 
mande rédigée vers 1500, en y joignant la traduction fran- 
çaise. La décision est remise à la prochaine séance. 

Le tome III du Bulletin sera terminé par une série de 
lettres adressées, de 1633 à 1638, par l'avocat de Marche, 
agent des Pays-Bas, à l'audiencier Verreycken, M. de Mar- 
neffe pourra les publier dans six mois au plus tard. 

M. de Marneffe offre encore de publier dans le tome IV, 
quelques pièces intéressantes, rédigées en flamand pour la 
plupart, concernant Jean de Hornes. 

MM. Jules Helbig et Paul Lohest sont élus, à l'unanimité 
des suffrages, membres de la Société. 

La séance est levée à midi. 



>*>*- 



J 



HENRI HELBIG 



Le 3 juillet 1813, naquit dans la vieille cité de Guten- 
berg, alors occupée par les Français, Henri-Antoine Helbig, 
fils de J.-M. Helbig, négociant appartenant à une ancienne 
famille catholique de Mayence, et de M.-A.-G.-J. Lauteren. 
L'enfant n'eut pas le temps de connaître son père, qui mou- 
rut six mois après ; il fut élevé dans la famille de sa mère 
jusqu'en 1818, peu avant l'époque où celle-ci épousa son 
beau-frère, J.-B. Helbig, banquier à Liège. Ce dernier était 
un homme éclairé, et plusieurs d'entre nous se rappellent 
encore l'empressement que le public lettré mit à assister à 
la vente de sa bibliothèque. 

Après avoir grandi dans cette atmosphère intelligente 
et fait ses humanités au collège de Liège, le jeune Henri vit 
tout à coup sa carrière interrompue par une suite de cir- 
constances malheureuses qui firent de lui un soldat. Appelé 
par le sort à porter les armes pour son pays adoptif (1832), 
il eut successivement deux remplaçants jugés impropres 
au service ; un troisième déserta ! Force fut au conscrit 
de s'exécuter, et il le fit de bonne grâce. Il est vrai qu'on 
eut égard à sa position exceptionnelle : incorporé dans le 
1 I e régiment de ligne, il resta attaché à la comptabilité du 



— 169 — 

dépôt et fut dispensé de porter l'uniforme. Cinq années 
s'écoulèrent ainsi, pendant lesquelles notre sergent (car il 
était assez rapidement monté en grade) eut amplement le 
loisir d'apprendre autre chose que Y École du soldat. Le 
fait est que les principales langues de l'Europe lui étaient 
familières, connaissance qui, généralement, ne s'acquiert 
pas dans un âge avancé. Aussi prétend-on que, peu d'an- 
nées après sa libération, lorsqu'il se mit à voyager pour 
une maison de commerce, on le rencontrait plus souvent 
chez les bouquinistes et les savants que dans les comptoirs 
des marchands. 

En qualité d'enfant de Mayence, ce fut comme membre 
de la Société historicité du grand duché de Hesse que 
Helbig entra, en 1839, dans le monde des lettres. Déjà il 
connaissait la plupart des livres spéciaux qui sont comme 
les outils du bibliographe de profession. 

Ainsi armé, il ouvrit à Liège une librairie ancienne, au 
mois de janvier 1846. N'était-ce pas, d'ailleurs, le meilleur 
moyen d'accroître les trésors de sa propre bibliothèque? 
L'historien Henaux, si passionné pour tout ce qu'il croyait 
de nature à donner quelque lustre à sa patrie, venait assi- 
dûment fureter dans les rayons de ce modeste établis- 
sement. Comme il y entrait un jour de l'année 1851, son 
attention fut attirée sur un vieux manuscrit en parchemin, 
trouvé dans le grenier d'un château de la Hesbaye : c'était, 
au dire du libraire, une copie du recueil des chartes de 
Saint-Lambert. Après bien des négociations qui aboutirent 
à un échange, l'historien s'estima certainement heureux 
d'en être devenu le propriétaire ; mais quelle ne fut pas sa 
joie, lorsqu'un examen plus attentif lui donna la conviction 
qu'il se trouvait en présence du Liber chartarum lui- 
même, commencé en 1185! Ajoutons que, dans la suite, 



— 170 — 

ce précieux cartulaire fut vendu à l'État pour la somme 
de 9,000 francs. 

Renonçant au commerce des livres, Helbig devint suc- 
cessivement, de 1853 à 1875, comptable et secrétaire de la 
société métallurgique de ['Espérance, d'abord à Seraing, 
ensuite à Longdoz (Liège). Ce n'était pas trop se dépayser, 
comme on pourrait le croire, et notre écrivain n'eut jamais 
l'occasion de s'écrier, avec un illustre exilé : 

Barbares hic ego sum, quia non intelligor ulli. 

A Seraing, en effet, il rencontra quelques hommes épris, 
comme lui, de littérature, et bientôt Helbig, N. Peetermans, 
le docteur Kuborn et d'autres, formèrent une espèce d'aca- 
démie au petit pied, dont les aimables productions ne sont 
pas oubliées. De cette époque date aussi le seul mandat 
officiel qu'il ait jamais rempli : le 22 août 1861, un arrêté 
ministériel le nomma membre de la commission adminis- 
trative de l'école industrielle de Seraing. 

Si Helbig se contenta d'être homme de lettres et de 
rendre à la science bibliographique, aussi bien qu'à la 
littérature nationale, des services absolument désintéressés, 
n'est-ce pas le cas, ou jamais, de répéter avec lui que « la 
vie d'un auteur est toute dans ses ouvrages? «. Il suffira, 
pour le mieux connaître, de jeter un coup d'œil sur une 
partie des innombrables productions de sa plume, car il 
n'a laissé, malheureusement pour sa réputation, aucune 
de ces œuvres capitales qui font époque dans la vie d'un 
homme ou dans l'histoire d'une science. 

Compatriote de Gutenberg avant tout, il débute, en 
1839, dans le Messager des sciences, par une série d'ar- 
ticles sur les anciennes impressions de Mayence, qu'il 
décrit avec autant de soin que d'érudition, le plus souvent 



— 171 — 

d'après ses exemplaires. Ce travail est à peine commencé 
qu'il élargit son cadre, et, faisant appel à ses connaissances 
littéraires, il aborde l'examen de ces livres rares et curieux, 
principalement du xvi° siècle, auxquels il revient en 1858, 
pour en faire l'objet d'études plus continues. S'agit-il d'un 
poète, rarement il résiste au plaisir d'en communiquer quel- 
que passage au lecteur; a-t-il affaire à un prosateur, sa 
notice n'est pas moins intéressante ; partout il se montre 
homme de goût, souvent il redresse des erreurs, et mêle 
à ses observations judicieuses des réflexions caustiques 
ou des saillies qui rompent la monotonie du sujet. Ce fut 
un véritable succès, au point que l'auteur crut devoir 
céder à des sollicitations diverses, en publiant une seconde 
série de notices (1867-1872), destinées spécialement à appe- 
ler l'attention sur des livres restés inconnus au savant 
Brunet, qui venait de terminer la dernière édition de son 
Manuel. 

On conçoit que les matériaux de pareilles publications 
ne devaient se présenter qu'avec lenteur. Aussi Helbig 
fit-il paraître, dans l'intervalle, une quantité d'articles 
dont plusieurs méritent une mention particulière. En 1847, 
il découvre la première production typographique liégeoise, 
le bréviaire de Saint-Paul, imprimé par Morberius en 1560. 
Puis viennent quelques petits travaux d'un certain intérêt 
historique, tels que la traduction d'un fragment des Mé- 
moires du général Eickemeyer — un compatriote — tra- 
duction utilisée par Ad. Borgnet dans son Histoire de la 
révolution liégeoise; et les Preces afllictœ Flandrïœ, où, 
après le récit des dévastations ordonnées par le roi très 
chrétien qui avait nom Louis XIV, nous relevons cette 
phrase: * Parfois aussi, revêtu en soleil, son emblème favori, 
le grand roi daignait, dans des entrées de ballet, réciter 



— 172 — 

quelques vers, voire même exécuter quelques pirouettes 
peu royales. Souverain d'un peuple dont presque chaque 
individu est comédien-né t ne devait-il pas, bien que peu 
soucieux de la popularité, monter, lui aussi, sur les 
planches ?. * 

Depuis 1845, Helbig collaborait au Bulletin du biblio- 
phile belge. Un article sur Les plus anciens caractères 
de Gutenberg et La Bible de 36 lignes (1855), eut pour 
effet de convertir Brunet à l'opinion que ce célèbre incu- 
nable devait être attribué non pas à Pfister, de Bamberg, 
mais au père même de l'imprimerie. D'un autre côté, la 
dissertation où il mettait en doute l'existence de Laurent 
Coster et son invention, lui valut, dans une publication de 
Harlem, une kyrielle d'injures. 

A cette époque de la vie de Helbig, le bibliographe tend 
à s'effacer devant l'homme de lettres. En décembre 1856, 
il lit, en présence du comité de littérature de la Société 
d'Émulation, sa notice sur Remacle Mohy du Rondchamp, 
et donne de ce vieil anecdotier des extraits qui nous ap- 
prennent du moins quelque chose. L'année suivante, autre 
lecture : c'est une étude sur YOeconomie chrestiewie, de 
J.-B. de Glen, « grand enfant qui n'ose faire un seul pas, 
sans être tenu en lisière par quelques auteurs anciens ou 
modernes. » Presque en même temps, il fait paraître une 
notice, aussi bien pensée que bien écrite, sur Edmond 
Breuché de la Croix, ce poète-orateur ignoré, qui se montre 
parfois l'émule de Racan et le précurseur de Bossuet. 

Encouragé par le succès de ces publications, Helbig 
conçut l'idée de réunir en un petit volume — un vrai 
volume de bibliophile — la quintessence des différents 
poètes ou, si l'on veut, de ces rimeurs que des recherches 
récentes avaient tirés de l'oubli. Ainsi parurent, en 1859, 



— 173 — 

les Fleurs des vieux poètes liégeois, avec une introduc- 
tion de N. Peetermans. Sous ce titre au parfum archaïque, 
Helbig nous offre non seulement un bouquet de fleurs labo- 
rieusement cueilli dans le jardin peu accessible de l'an- 
cienne littérature liégeoise, mais, comme le remarquait feu 
Scbeler, * nous y trouvons quelque chose de plus sérieux ; 
c'est presque un livre d'histoire, si ce n'est d'histoire poli- 
tique, du moins d'histoire sociale et morale. - 

Les Œuvres choisies d'Alexandre Sylvain de Flandre 
(Vanden Bussche) virent le jour en 1861, précédées d'une 
étude de Henri Helbig , la plus importante qu'il nous ait 
laissée dans ce genre. Le caractère honnête du poète fla- 
mand égaré à la cour corrompue des Valois, l'habitude 
où l'on est « d'excuser les dérèglements de la muse en 
disant que c'est là de l'esprit gaulois, » ne contribuent pas 
peu à, stimuler le biographe dans son œuvre de réhabili- 
tation. Celle-ci témoigne à la fois de son grand sens et de 
celui d'un écrivain qu'on ne peut juger sainement, sans 
penser - qu'il ne faut pas mesurer les vers du xvi* siècle 
avec le compas de Boileau. » 

Citons encore un morceau de critique historique inti- 
tulé : Henri de Valenciennes, précurseur de Froissart ; 
une première notice sur le baron de Walef; une autre 
sur Herman de Bourgogne ; puis reprenons avec l'auteur 
ses études bibliographiques. Dans les Notes et disserta- 
tiens relatives à l'histoire (des premiers temps) de l'im- 
primerie (1862), travail important où les Gutenberg et les 
Schoeffer sont de nouveau examinés de près, il termine 
par un vœu qu'on ne ferait pas mal d'appliquer aussi à 
d'autres matières : c'est qu'on écrive, en un tout petit 
volume, le « Résumé de l'histoire de l'invention de l'impri- 
merie d'après les sources authentiques. •» Une nouvelle 



— 174 — 

dissertation, publiée en 1865 sous le titre : Quel est Vimpri- 
meur du XV e siècle gui a employé la singulière lettre 
majuscule R ?, fait connaître Adolphe Rausch , ce typo- 
graphe de Strasbourg si remarquable, sur lequel on n'avait 
que quelques données presque toutes inexactes. Cet article 
fut traduit immédiatement en allemand par le docteur F.-L. 
Hoffmann, et inséré dans le Serapeum. En France aussi, 
la démonstration que Rausch n'était autre que le fameux 
imprimeur à la lettre R, fut adoptée sans aucune con- 
testation. 

Le Bibliophile belge venait de succéder au Bulletin. 
Helbig y publie quelques articles de bibliographie et de 
littérature où, comme dans La haute cuisine à Liège et 
Une double édition d'une tragédie de Saint-Lambert, 
le badinage et l'esprit occasionnent plus d'une surprise 
agréable au lecteur. Passant du plaisant au sévère, il nous 
dit le dernier mot de ce que Ton sait sur Les anciennes 
imprimeries de Mayence (Messager, 1874). Moins heu- 
reux dans ses recherches sur Grégoire Holonius (1877), 
trompé d'ailleurs par de Villenfagne, en qui il avait une 
confiance presque aveugle, il a pu voir sa notice critiquée 
par M. Roersch dans la Biographie nationale. 

Lorsque la Société des bibliophiles liégeois fut fondée, 
dans le but de publier les documents devenus rares con- 
cernant l'histoire du pays, on avait compté sur la collabo- 
ration de notre infatigable ami. L'événement prouva qu'on 
ne s'était pas trompé : Helbig se fit l'éditeur non seulement 
de quelques œuvres poétiques de Pierre Bello et du baron 
de Walef, mais encore de travaux infiniment plus impor- 
tants. Les hommes illustres de la nation liégeoise, par 
Louis Abry, qu'il publia en 1867, avec M. St. Bormans, 
seront toujours consultés par quiconque s'occupe du passé 



— 175 — 

artistique de l'ancienne principauté. Les prix que cet ou- 
vrage atteint dans les ventes, témoignent hautement de 
cette faveur et aussi, dit-on, du soin jaloux avec lequel les 
Bibliophiles liégeois s'obstinent à ne pas répandre leurs 
trésors. Enfin, le Mémoire (inédit) concernant les négo- 
ciations de la France relatives à la neutralité du pays 
de Liège, en 1630, et les deux pamphlets politiques réim- 
primés sous le titre de Chiroux et Grignouœ, ont été tout 
récemment mis à profit par un historien qui a pris à tâche 
de pénétrer le mobile des agitateurs liégeois de ce temps. 

De l'histoire à l'archéologie, il n'y a qu'un pas. On ne 
prétendra pas que Henri Helbig ait été un archéologue 
dans la véritable acception du mot, bien qu'il ait écrit dans 
le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois; mais 
son Analyse de l'ouvrage de Cappe : Description des 
monnaies de Mayence du moyen âge, dans laquelle il se 
montre justement sévère pour le compilateur allemand, 
prouve qu'il était numismate et connaissait à fond l'histoire 
de son pays natal. Un jour qu'il avait sans doute été victime 
de quelque supercherie, il prit vivement à partie * MM. les 
Experts, comme ils s'intitulent, ces aimables Israélites qui 
fabriquent habituellement les catalogues de ventes de mon- 
naies en Allemagne, » et s'attira de la part de l'un d'eux 
une protestation si violente qu'elle ne put être insérée. 

Terminons cette revue, déjà bien longue, par quelques 
mots sur les rapports de Henri Helbig avec la Biographie 
nationale, ce panthéon hospitalier accessible aux noms 
les plus modestes comme aux vraies gloires de la patrie. 
Au nombre des écrivains qu'il avait précédemment fait 
revivre sous sa plume, nous y retrouvons, avec un nou- 
veau plaisir, Biaise-Henri de Corte, baron de Walef, le 
seul représentant de la littérature classique du siècle de 



— 176 — 

Louis XIV dans le pays de Liège, cette littérature, dit-il 
autre part, qui convenait si mal au caractère indépendant 
des Liégeois, et où * la grande perruque artistement frisée, 
mais quelque peu raide du grand roi, projetait par trop sa 
grande ombre. » Mais, tout en collaborant à la Biographie 
nationale, Helbig ne se gênait pas pour lui décocher, à 
l'occasion, quelque trait de satire. Sa mauvaise humeur 
finit môme par se manifester dans un article spécial, inséré, 
en 1872, dans le Bibliophile belge. Un membre de la com- 
mission de la Biographie, M. Ad. Siret, releva le gant, dans 
le Journal des Beaux-Arts, et soutint que la Biographie 
était de nouveau attaquée «* avec une mauvaise foi insigne ; » 
il lâcha même le mot de calomnie. C'était couper court au 
débat; et, en effet, Helbig exprima le regret, non pas 
d'avoir écrit ce qu'il pensait, mais de n'avoir obtenu 
qu'une réponse « plus émue que péremptoire » et ren- 
fermant «■ moins de réfutations que de gros mots. * 

Des recherches si variées, jointes au commerce des 
livres, eurent pour résultat de mettre leur auteur en rela- 
tion avec nombre de savants et de littérateurs. Aussi bien 
la droiture de son caractère, une aménité qui n'excluait 
pas Tindépendance, son esprit tolérant, quoique profon- 
dément religieux et peu enclin aux nouveautés, sa parfaite 
simplicité enfin, lui conciliaient l'amitié des hommes de 
tous les partis. Pour ne parler que des morts, il suffira de 
citer le baron L. de Crassier, Weustenraad, Ed. Wacken, 
Th. Lacordaire, Sainte-Beuve, Polain, U. Capitaine; et 
parmi les bibliographes, A.-F. Didot et le docteur Hoff- 
mann, qui se plaisaient à le consulter. 

Nous n'entreprendrons pas d'énumérer les compagnies 
savantes qui s'empressèrent de l'accueillir dans leur sein, 
principalement pendant la seconde période de son activité 



— 177 — 

littéraire; mais nous devons une mention spéciale à la 
Société des bibliophiles liégeois, dont il fut un des fonda- 
teurs. Nommé secrétaire de cette société, le 15 mars 1863, 
il remplit ces fonctions jusqu'après le décès du président, 
Joseph Fiess, en 1875. Nui ne pouvait lui disputer la place 
qui était devenue vacante ; aussi fut-il appelé à la pré- 
sidence le 14 novembre ; et lorsque, malgré toutes les ins- 
tances, il crut que l'âge ne lui permettait plus de conserver 
ses fonctions, la société lui conféra, par acclamation, le 3 
avril 1887, le titre de président d'honneur à vie. 

Après avoir fourni une carrière littéraire de près d'un 
demi-siècle, Henri Uelbig avait certes le droit de jouir 
d'un repos mérité. Depuis quelques années, sa santé laissait 
d'ailleurs à désirer; il était devenu chagrin, d'une humeur 
difficile; on le trouvait, plus que jamais, absorbé dans ses 
lectures, mais un affaissement graduel de ses facultés 
annonçait que sa fin était prochaine. Une congestion céré- 
brale se déclara pendant qu'il était en visite chez un de ses 
amis, et quelques semaines après, le 21 mai 1890, il s'éteignit 
pieusement dans les bras d'un frère et d'une sœur qui l'en- 
touraient de soins affectueux. 

Ses obsèques furent des plus simples. N'ayant jamais été 
fonctionnaire, il n'était pas décoré. Ses proches, un long 
cortège d'amis le conduisirent à sa dernière demeure. 
Aucun discours ne fut prononcé sur sa tombe, et en cela 
le sentiment de modestie qui honore sa mémoire, fut 
respecté. 

Outre une remarquable collection de monnaies de 
Mayence, Helbig a laissé une bibliothèque importante et 
riche en livres rares. Naturellement l'histoire et les an- 
ciennes impressions de Mayence y tiennent la première 
place ; mais presque aussi nombreux s'y trouvent les repré- 



— 178 — 

sentants de notre vieille littérature, spécialement aux Pays- 
Bas et dans le pays de Liège. 

On vient de voir qu'il dissémina le fruit de ses recherches 
dans une foule de publications. Peut-être ne sera-t-on pas 
fâché d'en avoir sous les yeux une liste complète, si toute- 
fois il est possible d'être complet en pareille matière. 

Messager des sciences historiques de Belgique, in-8?. 

1839, 1842, 1843, 1846. Additions et corrections aux listes 
chronologiques des anciennes impressions de Mayence avec 
date, etc. (î). 

1841. Notice sur quelques livres rares et curieux du xvr* et 
xvn* siècle. 

1842. Notice sur quelques livres rares et curieux du xv« et 
xvf siècle. 

1846. Notice sur les descendants de Pierre Schoeffer, qui 
exercèrent l'imprimerie à Bois-le-Duc, etc. 

1847. Notice bibliographique sur le premier livre imprimé à 
Liège, par Morberius. 

1848. Notice sur Pierre Schoeffer le fils, imprimeur du xvr 
siècle, à Mayence, etc. 

1851. Campagne du corps d'exécution dans le pays de Liège, 
en 1790, extraite des Mémoires du général Eickemeyer et tra- 
duite de l'allemand. 

1856. Une Lettre d'indulgences, émanée et datée de Liège, 
1482. 

1857. Preces afflictae Flandrise. 

1858-1862, 1864. Notices sur quelques livres rares du xyi* 
siècle. 

1865. Quel est l'imprimeur du xv* siècle qui a employé la sin- 
gulière lettre majuscule R? 

(1) La première partie de ces recherches parut aussi en allemand, dans 
les t. II et III des Archiv fUr hessische Geschichle, a. 1841 et 184t. 



— 1T9 — 

1867-1870, 1872. Notices sur des livres rares du xvi* siècle, 
seconde série. 

1874. Les anciennes imprimeries de Mayence, etc. 

1875. Les d'Ennetières de Tournay. Nouvelles recherches lit- 
téraires et bibliographiques sur cette famille. 

1877. Les Holonius ou de Hologne. 

1878. Les trois premiers typographes de Strasbourg. — 
L'époque de la naissance de Grégoire Holonius. 

1880. Le bourgmestre La Ruelle et le chapitre de la cathé- 
drale de Liège en 1631. 

1882. Une ancienne impression de Pierre Schoeffer. Les scri- 
bes ou copistes après l'invention de la typographie. 

1883. Prix des livres en 1785. 

1884. Notice sur Gilles Periander de Bruxelles, poète latin 
du xvi« siècle. 

BULLBTIN DU BIBLIOPHILE BELGE, in-8°. 

II, 1845. Théâtre liégeois au milieu du xvn* siècle. 

VII, 1850. Introduction de l'imprimerie à Malmedy. — Notice 
sot la bibliothèque grand-ducale de Darmstadt. 

VIII, 1851. Notice sur une bulle du pape Pie II, imprimée en 
1461, par Jean Gutenberg. 

X, 1854. Notice sur un livre fort rare. (Pierre Bello de Dinant, 
et Denys Coppée de Huy, poètes dramatiques de la première 
moitié du xvn 4 siècle.) 

XI, 1855. Les plus anciens caractères de Gutenberg, etc. 
Albert Pflster, imprimeur à Bamberg. La Bible de 36 lignes. — 
Examen rapide des prétentions que Strasbourg et Haarlem ont 
à l'honneur d'avoir inventé l'imprimerie. 

XII, 1856. Le premier livre connu, imprimé à Lille. 

XIII, 1857. Remacle Mohy du Rondchamp et son Cabinet his- 
torial. (Réimpression, avec quelques additions, d'une notice insé- 
rée, la même année, dans Y Annuaire de la Société d'Émulation 
de Liège.) — Les plus anciens calendriers et almanachs belges 
imprimés. 



— 180 — 

XIV, 1858. Id. Supplément. — Edmond Breuchê de la Croix, 
sa vie et ses ouvrages. 

XV, 1859. Gilles Boileau de Bouillon, sa vie et ses ouvrages. 

XVI, 1860. Un pamphlet belge, dirigé contre Louis XIII et 
contre le cardinal de Richelieu. — Charles de Rouillon, poète 
belge du milieu du xvi e siècle. 

XVII, 1862. Notice sur l'édition originale et très- rare du li?re 
intitulé : Le fidèle et vaillant gouverneur. — Une vieille chan- 
son sur la destruction de la citadelle de Liège, en 1676. 

XVIII, 1862. Notes et dissertations relatives à l'histoire de 
l'imprimerie. — Une rectification bibliographique. 

XX, 1864. Jean Mohy du Rondchamps, poète de la première 
moitié du xvn e siècle; sa vie et ses ouvrages. — Un opuscule 
inconnu de Jean Fischart. 

Le Bibliophile belge, in-8°. 

1, 1866. Une histoire de Liège en vers. 

II, 1867. La haute cuisine à Liège au XVI e siècle. — Editions 
du poème Y Éventail, de Ch. Millon de Liège. 

III, 1868. Notice sur deux anciens ouvrages sur l'éducation. 
— L'auteur de VAmy véritable et loyal. 

V, 1870. Une édition de Bruxelles très-rare d'une traduction 
française de Don Quichotte. 

VI, 1871. Une double édition d'une tragédie de Saint- Lambert. 

VII, 1872. Les Discours du sieur Willaert. — La Biographie 
nationale. — Encore à propos de la Biographie nationale. 

XI, 1876. Les concurrents de Pierre Schoeffer à Mayeoce 
pendant le xv e siècle. — Supplément. — Les dernières impres- 
sions de Pierre Schoeffer de Gernsheim. 

XIII, 1878. La Bible de 56 lignes. 

Annuaire de la Société libre d'Emulation de Liège, in-lô. 

1857. Remacle Mohy du Rondchamp et son Cabinet historial. 

1858. Jean- Baptiste de Glen et son Oeconomie chres tienne. 



— 181 — 

1860. Rapport sur l'ouvrage intitulé : Bibliographie montoise, 
par H. Rousselle. — Alexandre Sylvain de Flandre. Notice bio- 
graphique (détachée de l'introduction aux Œuvres choisies de ce 
poète). 

1861. Henri de Valenciennes, précurseur de Froissart. 

1862. Jean-Baptiste de Glen; son Tableau de la ville d? An- 
vers, etc. 

1863. Le baron Biaise-Henri de Walef. Coup d'œil sur le 
caractère de ses écrits. 

1865. Racan et Breuché de la Croix. 

1866. Herman de Bourgogne, comte de Fallais, poète du 
commencement du xvii 6 siècle. 

1867. Jean Van der Noot, patrice d'Anvers, poète du xvi 6 
siècle, sa vie et ses ouvrages. 

Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, in -8°. 

IX, 1868. Quand est né le baron de Walef? 

XII, 1874. A propos du cinquantième anniversaire de la mort 
de Villenfagne. 

XIV, 1879. L'exemplaire du baron de Crassier, à Liège, de la 
première bible imprimée. 

XV, 1880. Le plus ancien typographe liégeois. 

Bulletin de la Société des Bibliophiles liégeois, in-8°. 

1, 1882-1883. Questionnaire. — Leodiensis et Leodius. 
II» 1884-1885. Chronique bibliographique. 

Revue belge de numismatique, in-8°. 

1857. Analyse de l'ouvrage de H.-P. Cappe : Description des 
monnaies de Mayence du moyen âge. 

1861. Le fameux écu de Mayence, daté de l'année 1438. 

1875. Lettre à M. R. Chalon sur un quart de florin de Guil- 
laume de Oennep, archevêque de Cologne. 



— 182 — 

1877. Une médaille janséniste de 1609. — Deux florins d'or 
anonymes de Mayence, et leur attribution. — Lettre à M. R. 
Chalon sur un florin d'or frappé à Fosses. 

1879. Les monnaies en argent de Mayence an xit* siècle. 

Biographie nationale, gr. in-8°. 

I, 1866. P. d'Amour. — P.-E.-R. d'Ans. — L. Balista. 

II, 1868. P. Bello. — G. Boileau de Bouillon. — Chr. de Bonours. 

— J. Boulogne. 

III, 1872. E. Breuché de la Croix. — G. Caoursin. — L. de 
Casteau. — J. Chapeau ville. 

IV, 1873. G. Charlet. — M.-N. Comhaire. — Conrad de We»t- 
phalie. — D. Coppée. — F.-R. Coppenneur. — G.-P. de Crassier. 

— L.-M.-G.-J. de Crassier. — P. de Croix. — B.-H. de Corte. 

V, 1876. 0. De Haye. — H.-J. Delloye. — M.-G. Delvenne. - 
G. De Poetou. — B. Deschamps. 

VI, 1878. F. Du Rieu. — R. Du Triez. — M. d'Ennetières. - 
Jasp. d'Ennetiôres. — J. d'Ennetières. — Etienne de Walcourt. 
— J. Fabricius. 

VII, 1880-1883. B. Fisen. — J.-F. Foppens.— G. Fourmennois. 

— M. Gervais de Tournai. — A. Ghénart. — J.-B. de Glen. 

VIII, 1884-1885. G. Guillon. 

IX, 1886-1887. Henri de Valenciennes. — G. Héris. - J. 
Hologne. 

Journal La Meuse. 

Comptes-rendus des ouvrages suivants : 1858. Hubert Thomas 
de Liège, etc., par Aug. Schelbr. — Froissart, Etude littéraire, 
etc., par Kervyn de Lettrnhove. — 1859. Jean Polit, par H. 
Kuborn. — Essai d'une liste chronologique des ouvrages et 
dissertations concernant Vhistoire de ^imprimerie en Belgique 
et en Hollande, par L. F. (Hoffmann). — 1860. Résumé de no- 
toire de Liège, par Warnkoenig ; et Louis de Bourbon, par 
Garnier. — 1861. Recherches sur les monnaies des comtes de 
Namur, par R. Chalon. — Histoire de Seraing, par H. Kubor*. 

— Opuscules latins de François de Bourgogne, publiés par F.-L. 






— 183 — 

Hoffmann. — 1863. Les Chroniques de Jean Le Bel, publiées 
par M. L. Polain. — 1864. Une histoire du pays, par M. Flbury. 

Nécrologie : 1858. Nicolas-Joseph Baudoux. 

Variétés : 1859. Le fantôme du Rodenstein. 

Journal de Liège. 
1865. Discours prononcé aux funérailles de M. F. Behr. 



Catalogne des collections léguées à la ville de Liège par 
Ulysse Capitaine, dressé par H. Helbig et M. Grandjean. Liège, 
Vaillant» 1872, 3 vol. in-8°. 

Catalogue de l'exposition de l'art ancien au pays de Liège. 
1881. Introduction à la section de la Typographie. 

Ouvrages édités par H. Helbig. 

Fleurs des vieux poètes liégeois (1550-1650), avec une intro- 
duction historique par N. Peetermans, recueil publié et accom- 
pagné de notices biographiques par H. Helbig. Liège, F. Renard, 
1859, gr. in-18. 

Œuvres choisies d'Alexandre Sylvain de Flandre, poète à la 
cour de Charles IX et de Henri III, précédées d'une étude sur 
l'auteur et ses œuvres, par H. Helbig, et accompagnées d'une 
notice inédite, par G. Colletet. Liège, F. Renard, 1861, gr. in-18. 

Publications de la Société des bibliophiles de Belgique, in-8°. 

Denis Coppée. Chant triomphal de la victoire de Statlo. Nou- 
velle édition par H. H. Bruxelles, 1879, in-8°. 

Publications de la Société des bibliophiles liégeois. Liège, 
Grandmont-Donders, in-8°. 

Le Martyre de saint Eustache, tragédie de Pierre Bello, 
rééditée par H. Helbig, 1865. 

Les hommes illustres de la nation liégeoise, par Louis Abry, 
édités par H. Helbig et S. Bormans, 1867. 



— 184 — 

Mahomet H, tragédie par Biaise Henri baron de Walef, 
publiée pour la première fois par H. Helbig, 1870. 

L'Anarchie à Liège, poème satirique en quatre chants, par le 
baron Biaise Henri de Walef, publié pour la première fois par 
H. Helbig, 1871. 

Mémoire concernant les négociations de la France relatives à 
la neutralité du pays de Liège, en 1630, publié pour la première 
fois par H. Helbig, 1875. N 

Chiroux et Grignoux, deux pièces imprimées en 1645, réé- 
ditées par H. Helbig, 1883. 



Continuation de la Bibliothèque curieuse, de D. Clément, 
par H. Helbig; ouvrage en manuscrit, 247 pp. 



B on DE CHESTRET. 



«•••» 



CONCERNANT 

US RAPPORTS DE JEAN DE HORNBS AVEC LOUIS PYMOCK 



NOUVELLE SÉRIE 



1485-1504 



En publiant la première série de ces documents, nous 
disions qu'elle ne devait être qu'une partie d'une collec- 
tion beaucoup plus étendue. La découverte des pièces 
qu'on va lire, est venue justifier cette opinion, du moins 
dans une certaine mesure. 

Cette nouvelle série ne le cède pas en intérêt à la 
première. 

La physionomie de Jean de Hornes s'y dessine avec 
plus de netteté encore, malheureusement sous des traits 
de moins en moins flatteurs. Il se montre dans la lettre 
reproduite sous le n° VI en homme que le besoin a rendu 
odieusement rapace. 

Signalons d'abord à l'attention du lecteur les deux 
premières pièces. Ces lettres écrites entièrement de la 
main du prince, et dont l'une dut être remise à Pyn- 
nock en personne, feraient croire .que celui-ci ne fut 



— 186 — 

pas étranger au piège dans lequel on fit tomber Guil- 
laume de la Marck pour se saisir de lui et le faire périr. 

Le compte du maïeur de Louvain aussi est un docu- 
ment des plus curieux. Il fait connaître la façon dont le 
prince dépensait ses nombreux emprunts. Ses besoins 
personnels d'abord, l'acquisition de bijoux et de che- 
vaux destinés à des présents, et les dons pécunaires 
ensuite, en absorbaient la plus large part. 

On trouve en outre dans ce document la mention de 
divers voyages de Jean de Homes à Curange, à Liège, à 
Maastricht, à Bruxelles, à Malines, à Anvers et ailleurs. 
Mais il est à regretter que l'auteur du compte n'ait pas 
été plus précis quant aux dates. Il eût fourni ainsi des 
renseignements souvent fort utiles pour l'histoire. 

Enfin, on sait que Jean de Homes finit par se brouiller 
avec ses créanciers, et qu'ils obtinrent contre lui une 
sentence d'excommunication, qui fut affichée, à Liège, 
à la porte de la cathédrale. La dernière pièce se rapporte 
aux difficultés qui provoquèrent ces censures contre le 
prince-évêque. E. M. 



I. 

Liège, 2 mai (1485). 

Lyeve her meyer, Weer laessen uch weesse dat wel nou 
van stonden aen ons tzydyng kommen is wye dat heer 
Wyllem (i) Saynttruyen is kommen, ende heeft syn geriet 
laessen halen tzo Luytgen, um bye myn heren van Oesten- 
rych, in Brabant, tzo ryden* ende dyt lais ich uch weessen 

(1) Guillaume de la Marck. 



— 187 — 

in dem besten. Gescreven. tzo Luy tgen, met ons sellefs hânt, 
op den ij en dach van mey. 

Item, waer eer mych dat moerken (1) nyt en sent met 
desen boden, soe en scryf ich ter myn Iefdach nimmermeer 
um, ende, dye daghe dye ghy left, en suit eer nimmer pert 
yan meer gekrigen. 
Johan. 

Suscription: Aendem meyer van Loeven, in syn hant. 

Original autographe. Archives du Royaume, à Bru- 
xelles. Chambre des comptes, carton n° 9. 

IL 

(Juin 1485?) (2). 

Lyeve her meyer, Weer bydden uch seer fruntlych dat 
ghy toch nyt laten en wylt ghy en besegelt toch desen bry f 
van myn nycht van Nassouen. Dat bydde ich uch seer 
fruntlych. Ende laet ouch nyt ghy en kompt nou en donre- 
dach, of en goinsdach, tzo Sayntrouen, bye ons. Kompt, 
ende des en laet nyt. Gescreven met ons sellefs hant. 
Johan. 

Suscription: Den eirberen ind vromen, onsen Jieven rait 
ende getruwen heren Lodewyck Pynnock, meyer tôt Loeven, 
Ridder. 

Original autographe. Ibidem, ibidem. 

(1) Cheval noir. On voit dans le compte, reproduit plus loin, qu'un 
cheval de cette couleur fut livré par Pynnock au prince- évoque, en 1485. 
C'est ce qui nous a permis de déterminer Tannée de cette lettre. 

(2) L'absence dans la suscription du titre de drossard de Montenaken, 
donné à Pynnock sur plusieurs lettres à partir de i486, nous porte à croire 
que cette lettre est de l'année 1485. Quant au séjour à Saint-Trond auquel 
le prince tait allusion, c'est sans doute celui qu'il y fit pour assister aux 
fêtes où Guillaume de la Marck fut arrêté. 



— 188 — 

III. 

Anvers, 3 novembre 1485. 

Johan van Huerne, busschop tôt Ludich, hertoch tôt 
Bullion ind grève tôt Loen. 

Eirber ind vrome, lieve rait, ind getruwe, wy hebn 
gelast unsen lieven getruwen secretair Frederich Burchart, 
mit u te spreken van sekeren penninghen die men aldair, 
tôt Loeven, upbrengen seulde. Dairomme wy begeren den 
selven to willen geloeven, u bewysen ind doin as wy u to 
betrouwen. Gegeven tôt Antwerpen, iij daige in novembri, 

anno lxxxv. 

De la main de l'évêque: Lyeve heer meyer, 

Ich bydde uch seer fruntlych dat yr mych toch 

Johan. nyt en weygert op dyt pas, want myn eer lycht 

daer aen, ende soude verre scade. Federych sal 

uch ail gelegenhey t sagen. 

Dugardin. 

SuscHption: Den Eirberen ind vromen unserm lieven Rait, 
ind getruwen, heren Lodewych Pynnock, hère tôt Velp ind ter 
Horst, meyer tôt Loeven, Ritter. 

Original. Ibidem, ibidem. 

IV. 

Liège, 30 août 1486. 

Johan van Hoerne, Busschop tôt Ludich, hertoge tôt 
Buillon, ende grève tôt Loen. 

Strenge ende vrome, lieve raedt, ind getruwe, wy halden 
uch genoech indechtich wesende van den twee brieven 
wir uch lestwerven gescreven hebben, omme xviij staelen 
bogen, mit honnen gereetscape, oick eenen anderen brieff 



— 189 — 

beroerende eenen ringe met eenen goeden zaffiere, die wy 
hebben moeten in onser eerster missen, die welk, roitter 
hulpen Goidts, celebreren sullen in sinte Lambrechts dage(i) 
neest kommende, alhier bynnen onser stad Ludich. Ende 
want dan onss grooten noet is den voirscreven zafier ende 
staelen bogen te hebben, schryven wy noch aen uch zeer 
ernstelich en begherende dat ghy, aile onscholt affgestalt, 
in properen persoene kommen ende syn wylt in onser 
eerster messen voirscreven. Ënde met uch doet kommen 
den zafier ende staelen bogen voirscreven. Ende hier en 
laet gheen gebreck inné syn, want wy uch vorn allet wael 
ende duechdelycken vernuegen sullen, mitter hulpen Gotz, 
die uch, strenge ende vrome, lieve raedt ende getruwe, 
bewaeren wille. Gescreven in onse voirscrevene stadt Lu- 
dich, des xxx en daigs in augusto, anno lxxxvj. 

De la main de Vévêque : Lyeve her meyer, 
en lat toch nyt ghy en sent ons dye stelen 
bogen, ende den rynck,ende dye roe slang van 
Loeven, op aile soe lyfals eer ons doen moecht. 
Ende fort als van Henrych van de Kerkofs 
Johan. gelde, xxxviij gulden, daer syn 
housvrou voer steyt, betzallet 
niet de wysseller, dat betzalt Jo. Pauli. 
worde, ende dat van desen an- 
deren egheyn faut in en sye van 
stonden aen. 

Suscription : Den strenge n ind vromen onsen lieven Raedt 
ind getruwen heeren, Lodewyck Pynnock, Ritter, meyer tôt 
Loevene ende drossaert ons lants van Montenaken. 

Original. Tbidem, ibidem. 
(1) Le 17 septembre. 



— 190 — 

V. 

Liège, 4 juillet 1487. 

Johan van Hoerne, by der genaden Goids Busscop tôt 
Ludich, hertoghe tôt Buillon ende grève tôt Loon, doen 
condt ende bekennen alsoe der strenge ende vrome, onse 
lieve raidt ende getruwe, heer Lodewyck Pynnock, ridder, 
heere tôt Velpen ende ter Horst, meyer der stadt van Loe- 
vene, etc., hier voermaels in onsen treffelycken noetsaken, 
ende omme onse verderfelyche scade te verhueden, tôt synre 
scaden ende lasten opbracht ende ons in gereeden penningen 
gedaen ende geleendt heeft gehadt de somme van vierduy- 
sent Rinscher gulden, gerekent jegelycken gulden tôt twin- 
tich stuvers, die welke wy hem over langen tyt gelœft 
hadden wederom te gevene, doch omme vill lasten ville [die] 
ons synt overkomen syn, en hebben wy hem van der seiven 
vierduysent gulden bis [nu] noch niet kunnen vernueghen 
noch betalen tôt syne verderfelychen scaden, ende heeft ons 
daerommegebeden hem tho wilien bewysen ende versekeren 
over eyn jegelyck der voerscrevene duysent gulden hondert 
gulden tsiaers ter plaetsen daer ons dat gelieven solde, op 
dat hy om onsen wille niet verdorven dangelost syn mochte. 
Ende want dan wy mit hem begeren ende wilien in desen 
stucke procederen in goeder trouwen, als eeyn prince ende 
heer van eeren sculdich is te doene, hebben wy den voer- 
screvenen heeren Lodewych, synen erven off behelder diss- 
briefe mit synen wille, geassigneert ende bewesen, ende 
overmits desen onsen brieve assigneren ende bewysen van 
nu voertaene jegelycx siaers te nemen, optebueren ende te 
ontfangen, tôt syns selfs off synre erven behoef, uut allen 
ende jegelycken prouffyten, censien, demeynen ende op- 
komlinghen vervallende ende verscinende in onsen rent- 



— 191 — 

• 

meesterampte van Montenaken, daer van wy bem die ad- 
ministratie gegeven hebben, ende geven overmitz desen 
onsen brieve, in voegen ende manieren als onse brieven 
van commissien, hy daer aff heeft, innehalden, ende we- 
derroepen hier mit die commissie kurtz daer van verleent 
onsen lieven, getrouwen Wolter van Gorsswarem, de somme 
van vierhondert Rinscher gulden, gerekent jegelycken 
gulden tôt twintich stuvers, ende dat bis der tyt ende soe 
lange dat wy hem, synen erven off behelder dissbriefs die 
voerscrevene vierduysent guldenen, ten pryse voerscreven, 
ganselich ende geheelich vervoecht oft daer van gequeten 
sullen hebben. Dan off onse censien, demeynen ende andere 
prouffyten comende van ons rentmeesterampte van Monte- 
naken voerscreven, omme tempeest, oirlogen oft andere 
inconvenienten niet in eynen der toecomende jaeren wer- 
dich en weren die voerscrevene somme van vierhondert 
guldenen, soe sal hy die gebrekelichen van den selven jaeren 
moegen verhalen in den neesten toekomendejaer oft jaeren, 
ende off oeck de selve cénsen, renten ende prouffyten 
meer loopen dan de voerscrevene vierhondert guldenen 
sjaers, sal hy oft syne substituyt, rentmeester ons slants 
van Montenaken, daer van sculdich syn goede bewys, 
rekening ende reliqua doen ende geven inder cameren van 
onse rekeninghen. Ende off sake were dat wy hier voermaels 
gegeven hadden, oft hiernaemaels geven mochten eenige 
assignatie op dat voerscrevene rentmeesterampt van Mon- 
tenaken in contrarien des voerscreven is, soe declareren wy 
hier mit ende wilien de selve assignatie van egheene weer- 
den off valuer gehalden te hebben, ontbieden ende bevelen 
daeromme onsen rentmeester gênerai ende voirt onsen 
rekenmeesteren die nu syn, off in toekomende tyden syn 
muchten, dat sy van nu voertaen den voerscrevenen heeren 



— 192 — 

Lodewyck Pynnock, syn erven off behelder dissbriefe mit 
synen willen der voerscrevene jaerrenten van vierhondert 
Rinscher gulden, kommende uut ons rentmeesterampte ons 
lants van Montenaken, ganselych ende geheelich dœn ende 
laten gebruicken, génie ten, ende hem, off syne substitut, die 
selve in lionne rekening jaerlycx passeren ende afikurten 
in aire vuegen ende manieren als boven gescreven steit, 
want ons dat alsoe geliefft ende gedaen willen hebben, 
allet sonder indracht off argenlist. In orconden der waer- 
heit hebben wy onsen segel secreet aen desen onsen brieve 
doen hanghen, die gegeven is in onse stadt Ludich, int jaer 
ons Heeren duysent vierhondert seven ende tachentich des 
vierden daechs der maent van julio. 

Onder gescreven : Uut beveie myns genedighen 

heeren voerscreven. 
Geteekent by den secretaris : Ja. de Cambrât. 

Ende buiten opten rugge is gescreven : Op de somme in 
't wit van desen gescreven syn gelaten in heer Lodewyck 
Pynnock, ritter, oeck in desen brief genoempt, handen de 
partien hier na volgende : in den iersten acht hondert een 
ende tachentich ponden, sesthien scellinghen, j den. artois, 
die hy sculdich is by reste van syne rekeninghe van den 
rentmeesterampt van Montenaken van drie jaeren eindende 
Jo. Baptiste, a xiiij c xcj excluis, als in't slot der selver reke- 
ningen blyct. Ende by reste van syne rekeninge, oec van 
drie jaeren, van der selver officie van Montenaken, eindende 
Jo. Baptiste a xiiij c drie ende negentich excluis, vyf hon- 
dert vyf ponden, twee scellingen, j den. artois, als oec in der 
selver rekeninge blyct. Item, by reste van synen achden 
rekeninge van der selver officie, eindende Jo. Baptiste a 
xiiij c xciiij excluis, drie hondert vyf pondt, vyf scellingen, 



— 193 — 

thien penningen artois, alst in't slot der selver rekeninge 

blyct. 

Copie, authentiquée par notaire. Ibidem, ibidem. 

VI. 

Maastricht, 2 septembre 1588. 

Johan van Huerne, busschop tôt Ludich, hertoch tôt Bul- 
lion ind grève tôt Loen. 

Lieve rait ind getruwe, as van den thienden ind renten 
desabty van Sinte Jacops, die nu by onsen vyanden bynnen 
onse stat Ludich is, ind hoen parthye helt, syn wy to vree- 
den dat ghy die untfanget, ind onss dair van reeckenynge 
doit, seynden u dairom mit twe brieven, den eenen an 
unsen scholt tôt Gestellt ende Bergh-Eyck, ende den ande- 
ren an de thiendeners desselven abtz, dat sy u die selven 
thienden leveren, in unsen name ende tôt ons behoeff, 
nemende qwytantie dair van, want wy sy dair van sullen 
ontlasten ende qwythalden. Ende wilt hierom den selven 
scholt van Gestelt ind Bergh-Eyck by u doin halen, die u 
aile gestalt seggen sali, an wyenne dat die tour is omme 
die thienden te krygen. 

Item, Wy begeren dat ghy Glauden de Tyly wilt leveren 
die iiij e gulden as ghy weet, ind vortan dat beste doin. Wy 
sullen u halden as wy u hebn toegesacht, ind doit in allen 
dat beste, as wy u toebetrouwen. 

Item, Wy begeren dat ghy an de Konincklycke Majes- 
teit wilt diligentieren omme Hoyo (î), dat wy dat in onsen 
handen mogen krygen, offten mynsten dat iet u bevoelen 
werde. Dair mit suit ghy unss vill dienst ind lieffde bewy- 

(1) La Tille de Huy. 



— 194 — 

sen, ind wat u hier van ter antwoort sali werden, wilt unss 
wederom schryven. 

Iiem, die Tan Luydick, die onse vyanden syn, hebn vast 
vill geltz, si 1 vers, cleynoden ende anderes gaetz bynnen 
onse stat Tricht. Weert nu mogelick te werben eyn mande- 
ment Tan den Koynynck an de stat Tan Trycht, dat men 
aile de gnede as confiskiert antassten ind neemen mocht tôt 
unsern proffyt, ghy soit dair van eynen gueden drinckpen- 
nynck hebn. Ende hier op moet ghy u wyslick bedencken- 
ende beraiden eere ghy dit to werck stelt, up aventure off 
der Konynck unss dat schauden wolde maicken an der stat 
Tricht, so weere beter dat men dit hadde nyet vertoent (?). 
Dairom wilt hierynne doin dat beste, aswyu betrouwen, 
want konde men dat gekrygen, iet solde by aventure oever 
xx m guldenen bai t en. Alsus is noet dat dit wysslich werde 
bedacht, in wat manyeren dat iet an den Konynck te doin 
sy. Dair van wy u die wysheit bevelen, ind wilt unss van 
ail wederomme scbr3rven. Gegeven in onse stat Trycht, des 
andere daigs in septembri a lxxxviij. 

JOHAN. BURCHART. 

Stacription : Unserm lieven raide ind getruwen Lodewych 
Pynnock, heren tôt Velpen ind ter Horst, ritter, maior tôt 
Loeven, hoevemeister, etc. 

Original. Ibidem, ibidem. 

VII. 

Uutgeven des meyers van Loevene, Heeren Lode- 
wycx Pynnock, tegen synen ontfanck die hy mach 

hebben. 

A- LXXXIIJ. 

In den iersten, gecocht ende, by myns Heeren Genade 



— 195 — 

bevel, gegeven mevrouwen van Gaesbeke een horeken (1) 
mit eenen diamante ende mit eender peerlen. . . xxx 1. 

Item, voer een cruice van goude mit v scilden van dya- 
mante ende eender perlen, dat myns Heeren Genade selve 
hadden, coste u° 1. 

Item, ten bevele van myns Heeren Genade gegeven 
Heere Jan Pynnox huisvrouwe clxxx 1. 

Ander uutgeven, a LXXXIIIJ. 

Primo, Pierre Michiel de somme van xxv L, by den 
voerscreven Heer Lodewyck betaelt op een somme van 
lx L, die myn genedige Heer hem sculdich was, blykende 
by quitancie van den voerscreven Pierre, van der datum 
xu2 Uak marcij anno lxxxiuj, liier overgegeven . . xxv 1. 

Item, Pierre Baudyn, coepman van Florencie, de somme 
van vij« 1. art, hem betaelt om voert te leveren Baptista de 
Annelis, op myns Heeren Genade brieven van confirmacien. 
by quitancie desselfs Pierre Baudyns gescreven opten 
xxv*° dach septembri a xiiu e lxxxiiij, hier overgegeven. 
Alsoe hier de voerscreven vu e 1. 

Item, Janne de Quyngny de somme van c L, hem betaelt 
in den naem van myn Heer den grève van Heurne by qui- 
tancie van den selven Janne gescreven opten xxviiJ en dach 
septembri a lxxxiiij, hier overgegeven cl. 

(1) Ce compte mentionne plusieurs bijoux façonnés de cette manière. 
Le cor étant l'emblème héraldique des Homes, il est à croire qu'on don- 
nait anciennement aux joyaux destinés à des présents la forme du meuble 
principal des armoiries du donateur. La charte no 779 du Chartrier des 
comtes de Namur parle d'une fleur de lis d'or, ornée de pierreries, qui fut 
donnée à Marguerite dTSvreux le jour de ses noces. Marguerite reçut sans 
doute ce cadeau d'un membre de la famille royale de France. 



— 196 — 

Item, aen xu scalen, wegende xvnj marc, ende xu 
croesen, wegende xu marck, te xvj 1. d'marck, die myns 
Heeren Genade gelevert waren op d'iaer synre postulatien, 
oft corts daer nae, ende waren vercocht by Adriaene 
Drappe, te Namen, valent uu e lxxx 1. 

Item, van den voerscrevene xu scalen ende xu croesen, 
die genomen waren ter flnancien, den penning x, van ix 
jaeren, induis d'jaer van xciu, elx siaers xliiij 1., valet. 

iu« lxxxvj 1. 

Item, van u peerden, den eene scymmel ende d'ander 
bruyn, myns Heeren Genade vercocht elck c leeuwe, valet. 

iu«l. 

Item, noch een horeken, voer der vrouwen Pynnock, 
mit een diamant ende eender peerlen xxx 1. 

Item, noch van een horeken, Heer Willem van Aren- 
berch gegeven, coste xl 1. 

Item, t' Antwerpen gegeven Pieteren Coustain . xvj I. 

Item, te belsier gegeven Claes den kokemeester, te 
Hoeye, doen myns Heeren Genade aldaer syn incompst 
dede vjI., xs. 

Item, synre Genade cappitain van den stalen bogen gege- 
ven, te Loevene vj 1. 

Item, synre Genade scilder, te Bruessel woenend . x 1. 

Item, aen enige coepluede als sadelmakers, harnasma- 
kers ende plumagiers, te Bruessel, betaelt . . . . lx 1. 

Item, myns Heeren Genade te Kueringhen, als by te 
Ludicke reisde x 1. 

Item, gçgeven Heere Olivier de la Marche, in myns 
genedigen Heeren incompst, a lxxxiiu 1 1. 



— 197 — 

Ander uutgeven, a LXXXV. 

lnden iersten, Pieter Baudyn de somme van m ponden, 
hem by den voerscreven Heer Lodewyck betaelt voer zyden 
laken, myns Heeren Genade gelevert, by quitancie van den 
voerscreven Pieter gescreven ultima marci a lxxxiiij, hier 
overgegeven. Ergo hic xc 1. 

Item, omtrent may, a lxxxv, gecocht eenen hincst 
tegen Heer Machiel Abseloens, die myns Heeren Genade 
gave den Heer van Santraine cl. 

Item, gelevert myns Heeren Genade eenen moer (1), die 
coste cl. 

Item, ten bevele van myns Heeren Genade, gelevert den 
Heere van Montignis eenen grauwen hincst, voer . lx 1. 

Item, ten selven tyde, te vrede gestelt ende betaelt Geer- 
den van den Troncke, te Bruessel, van zydene lakene ende 
andere comenscapen iiij c 1. 

Item, myns Heeren Genaden gelevert xvj marck silvers, 
te xvj 1. de marck, valet u c lvj 1. 

Item, gelevert Jo. Pauli, secre taris van myns Heeren 
Genade, een grau peert van xxxij 1. 

Item, Janne van Bolle, in Cranenborch, te Loevene, 
betaelt lxvj 1. 

Item, der princeissen van Oraingnen gegeven eenen 
hincst van cl. 

Item, Henri d'Yvori betaelt, a lxxxv v c 1. 

Item, doen die coeplueden ontflngen opten wissel v m 1., 
geleent om die te volmaken u e 1. 

(1) Cheval noir. 



— 198 — 

Ander uutgeven, a° LXXXVJ. 

Primo, nae uutwysen van myns genedigen Heeren brie- 
ven, gescreven op S 1 Andries avent, a° lxxxvj, hier over- 
gegeven, gelevert mynen genedigen Heer een bruyn pert 
voer de somme van cl. 

Item, aen eenen diamant, die Heer Beys heeft gehadt, 
cost. c pondt,ende by appoinctement myns Heeren. lxxx 1. 

Item, betaelt voer een peert dat myns Heeren Genade 
gave Lodewyck Pynnock, cost xx 1. 

Item, te diversen stonden, soe V Antwerpen, soe te 
Bruessel, soe te Mechelen, soe te Tricht ende in anderen 
plaetsen, in myns Heeren dienst, iu c 1., getracteert by 
mynen genedigen Heer op u c 1. postulaten. 

Item, doen myns Heeren Genade van syne lande gecon- 
senteert waren, a lxxxvj etc., LXVJ m 1. (î), soe waren myn 
Heer van Camerycke, den proest van Tricht, Heer Olivier 
de la Marche ende den voerscrevenen Heer Lodewyck 
geconsenteert eiken m 1. Alsoe hier voer den voerscreven 
Heer Lodewyck [m L] 

Item, aen een grauwe die Wyflet hadde, camerlinck 
myns Heeren van Nassouw cl. 

Item, gegeven Franchemont om te treckene by den 
Coninck, in Hollant xv 1. 

Item, aen de weduwe Reyner Peeters, t' Antwerpen, 
voer seker lakene die myns Heeren Genade gehadt heeft, 
lopende ter sommen van clxxxij 1. 

Item, opten selven dach aen swert laken voer myns Hee- 
ren Genade tabbart, vj elle, d'elle te vj 1., valet, xxxvj I. 

(l) Une note marginale porte que ces sommes ne furent jamais payées 
au prince-évêque. 



— 199 — 

Ander uutgeven, a° LXXXVIJ. 

In den iersten, Heer Diericken Huaghen, priester, de 
somme van duisent gulden, by den voerscrevenen Heer 
Lodewyck betaelt tôt behoef Steven Spinola, coepman te 
Brugge, in afcortinghen desgeens des myns Heeren Genade 
den voerscrevenen Spinola, ende meer andere, te Rome, 
verobligiert waren voer syn bulleu, by quittancie van den 
voerscrevenen Dierick, gescreven opten xiu en may a voer- 
screven, hier overgegeven. Ergo hic x c 1. 

Welke penninghen ter financien gehaelt synde, den pen- 
ning x te u lijnen, is, zedert Paesschen lxxxvij tôt Paes- 
schen xcnu induis, vu jaeren, s'iaers c 1. faciunt . vu c 1. 

Item, aen Geerden van den Troncke, soe van zydene 
doeken, soe van swerten lakene, totten rouwe van den 
Heer van Montignys, soe van geleende gelde. 

xj c xxxvj 1., v s., vj d. 

Ende den commer van den verlope van vj jaeren, incluys 
d'jaer van xciu vj c lxxx1. 

Item, soe t' Antwerpen, in de Bamesmerct, soe te Tricht, 
soe te Bruessel, soe te Brugge, soe te Mechelen, t'samen 
vertert iu c 1. 

Item, myns Heeren Genade cleermakere . . . xvu 1. 

Item, den selven by den voerscrevenen Heer Lodewyck. 

xxvj1.,x s. 

Item, meester Jacop de Cambray aen de brieven te beta- 
lene xu 1. 

Item, myns Heeren Genade t' Aelst vu 1. 

Item, t* Ypere nu 1. 

Item, den hoefmeestere v 1. 

Item, myns Heeren Genaden gesonden ten huise des R rs 
van Vlaenderen mit Janne van der Heiden . . . . xv 1. 



— 200 — 

Item, den contrôleur (?) van der Pyen vj l. 

Item, des Cancelliers van Bourgoingnen barbier . vj 1. 

Item, dien van den keldere vj 1. 

Item, Jennyn, d'Anchin ende Coillet gegeven . . xu 1. 

Item, den cappellaen van myn Heer gegeven, . xiu s. 

Item, verleit voer meester Gort Roelants perden in syn 
logys viul., xs. 

Item, den becker t 1 Antwerpen betaelt . xxix L, vj s. 

Item, Dionys Doddeken, om een grau part . . . lx 1. 

Item, Janne Cole, om een cleinhoet, te wetene een ketene 
mit een cruyce, lx croenen, valet lxxij I. 

Item, den coeplueden t' Antwerpen gegeven, daer mede 
gelost waeren heer Philips Kerman, heer Jan van Yramer- 
selle, d'abt van Heilischem ende andere .... xxj* 1. 

Item, van den commer van den selven xxj c ponden, 
induis d'jaer van xciu, syn vu jaeren . . . xiiij c lxx 1. 

Item, Philips Pynnock, om een peert te copene te 
Brugge, by bevele van myns Heeren Genade .... l 1. 

Item, myns Heeren Genade te Brugge geleent . xiu 1. 

Item, den cleermakere voer diverse werken te raakene 
voer myns Heeren Genade ende synen hoefmeester, mit oec 
der stoffen, alsoe hy dat by partien pvergegeven heeft. 

xix L, xu s. 

Item, gegeven Franchemont om te treckene te Roome. 

Ll. 

Item, mitten selven gesonden te Roome daer de segelere 
voer stont sub pénis camere u e l- 

Item, corts daer nae gegeven den selven, om te treckene 
te Bruessel, om te halene des hem myns Heeren Genade 
bevolen hadden xxu 1. 



— 201 — 

Item, daer nae gesonden myns Heeren Genade xvj ellen 
damast, elke elle te iij gouwen guldenen, ende iu pelsen 
van marters, ende elken pels om xv croonen, valet, eu 1. 

Item, daer nae gesonden mitten dienere van myn heer 
de segellere hondert postulaten cl. 

Item, noch gesonden ter selver tyt myns Heeren Genade. 

clxv 1. 

Item, Hans den voetknecht, doen hy orlof nam van 

myns Heeren Genade, xxv j*julij lxxxvij . . . . vj 1. 

Item, betaelt aen meester Jacop, die betaelt hadde ende 
verleit sekere costen voer Jan de Vy, die hy gedaen hadde 
te Mechelen, daer hy by myns Heeren Genade comen was. 

ix 1., xv s. 

Item, betaelt aen Igelte Wyns, te Mechelen, ende voer 
de tortsen die myns Heeren Genade geleit hadden tôt in 
syn logys xvu s. 

Item, noch betaelt aen meester Jacop de Cambray van 
dat hy verleit hadde te Walem, opten back, voer sekere 
clein costen van bier, wyn ende om Gode te gevene, t'sa- 
men xix s., vj d. 

Den selven meester Ja. gerembourseert dat hy betaelt 
hadde den portier van Vilvorden, doen myns Heeren Ge- 
nade besochten den Heer van Poelham, aldaer gevangen. 

xlij s. 

Item, betaelt in handen van Glauden de Silly, viu en 
octobrj, in de stadt van Mechelen .... viu 1., xu s. 

Item, noch gesonden myns Heeren Genade eenen over- 
decten croes, die gegeven is Berlo kinde (î) . . . xxx 1. 

Item, Lucas den stalenboechmakere, te Bruessel. xliij 1. 

Item, aen den goutsmet, te Bruessel, betaelt . . XL 1. 

(1) V. la pièce no II de la première série. 



— 202 — 

Ander uutgeven a* LXXXVIIJ. 

Ierst, Jaques de Sarasin de somme van u e ende xl 1., te 
xl groten vlems 't pont, by synre quitancie gescreven v* 
februarij lxxxviij, ende by eender cedelen inhoudende de 
partien, hier overgegeven. Ergo hic u e xl l. 

Item, Philips van Bourgoignen, ritter, cl L artois, ter 
causen van sekerer erfrente hem verschenen opte hellicht 
van Grimbergen by synder quitancie gescreven xxvu 
augusti a lxxxviij cl 1. 

Item, Janne van Monfort l 1. by quitancie van heere 
Ghuy Gérard i, syn capellaen, gescreven ix s septembij a° 
Lxxxvnj l1. 

Item, heere Janne van Herlaer de somme van u* I., op 
't gène myns Heeren Genade van Ludicke hem sculdich is, 
by synder quitancie gescreven nu^decembrj lxxxviij. 

Item, ten bevele van myns Heeren Genade gegeven heere 
Philips van der Horst xlvj 1. 

Item, aen vj scalen te lossene die t alren te pande ston- 
den aen den schouthet van Tricht lxxxv 1. 

Item, noch vj croesen, elken wegende j marck, te xvj 1. 
d'marck, valet xcvi 1. 

Item, aen Franchemont vj 1. 

Item, aen Arnoldus van Kets, te Loevene, in 't Woudt, 
aen flueelt tôt eenen tabbart totten halven beene . xu 1. 

Item, Geerden van den Troncke van xvj elle swerts 
flueel, d'elle te nu z croonen, valet . . lxxxvi 1., vin s. 

Item, den abt van S te Gertruiden, daer voer verobligeert 
waren myns Heeren Genade, de segeleer ende de voorscre- 
vene heer Lodewyck vi e 1. 



— 203 — 

Item, van den coursiere die soe spranck, is myns heeren 
Genade sculdicli III e 1. 

Item, betaelt aen costen van myns Heeren Genade aen 
synre Genade dieners t' Antwerpen, in diversche partien 
welke van meerdere sommen hem afgeslagen werden, opten 
ixiuj ende xxvi en july a°Lxxxvin, v utresche gulden, i 
gouden gulden ende v goude cronen .... xxm 1., i s. 

Item, betaelt voer den wyn die myns Heeren Genade 
gehadt heeft t' Antwerpen, in den kelder van den capitle, 
daer meester Claes van Dinter borgh voer was. . . lx 1. 

Item, aen den becker aeldaer, doen myns Heeren Ge- 
nade van daer reisde, betaelt . . xxxvm 1., xvm s., ix d. 

Item, aen den vleeschouwer insgelycx gerekent betaelt 
t'samen cm 1., ni s., vi d. 

Item, aen den vischer die myns Heeren Genade gelevert 
hadde, belopende t'samen xviu 1., xvn s. 

Item, aen Jacop Dole, weerdt in de Gans, t 1 Antwerpen, 
ende aen syn gebueren, daer myns Heeren Genade peerden 
gelogiert waren mit synen scutten, mitsgaders den heer van 
Hamele, voer de costen clv 1., xvi s. 

Item, aen den pasteibecker aldaer, van pasteyen, tarten 
endegebacken, etc xi 1. 

Item, aen meester Gielis, botellier, ende den clerck van 
den koekende, voer sekere partien van costen, kekene, 
gatisen ende dergelycke vin 1. 

Item, in den Helm, voer de costen van Frederycken, 
betaelt xlii 1., vu s. 

Item, te Mechelen, in den Ketel ende in S 1 Jacop, den 
xxvu july, voer al des myns Heeren Genade aldaer behoef- 
den xvm l.,xns., vi d. 



— 204 — 

Item, voer de costen van meester Jan le Cusenier, t* 
Antwerpen, betaelt vi 1. 

Item, doen myns Heeren Genade tôt Vilvoerden passer- 
den, ende daer aten, betaelt vi 1., vm s., vi d. 

Item, betaelt Trappart, den xxv* n augusti a lxxxvïïj. 

ml. 

Item, te Mechelen betaelt, in januario, voer myns Heeren 
Genaden costen aldaer gedaen, belopende in diversen par- 
tien vu«l. 

Item, gegeven voer d'offerande van myns Heeren Ge- 
nade in den dienst van den grave van Baden . . xxiu s. 

Item, aen eenen notaris, xxvj julij, die myns Heeren 
Genade sekeren dienst gedaen hadde aen de coeplueden. 

XXIIJS. 

Item, geleent meester Jan Arnulphi van myns Heeren 
Genade wegen, te xxvn s. den gulden, xxvj gouden gul- 
denen, valet xxxv 1., u s. 

Item, betaelt aen Arnden Cloet, te Mechelen, die geleent 
hadde Janne van Halmale ende Frederycken, om by den 
Roems Coninck te reisene, xxvu en julij lxxxvïïj. xviij 1. 

Item, gegeven Glauden Silly, om te trecken tôt Sintrui- 
den, om sekere lasten myns Heeren Genade aengaende. 

xiiwl., vjs. 

Item, Henri dTvori van myns Heeren Genade wegen 
op d appointement tusschen myn genedige Heer ende hem 
gemaect, daer voer de segeleer oec borge was . . vu c 1. 

Item, myns Heeren Genade gesonden Sintruiden, doen 
de voerscrevene Heer Lodewyck assignatie soude gehadt 
hebben van dien van Lummene iwl. 



— 205 — 

Anno LXXXIX. 

Ierst, Amdt van den Hove betaelt ende wederomgegeven 
lx 1., die hy verleit hadde aen Jo. Fabri voer een termyn 
van synre jaerrenten versceenen xviij* may lxxxix, by 
quitancie van den voerscrevenen Jo. Fabri, gescreven xu* 
augusti lx 1. 

Item, Arnden van den Hove c 1. van sekere leveringe 
van vleesche dat hy gelé vert heeft in myns genedigen Hee- 
ren cokenen, by quitancie van den selven gescreven decem- 
bri xix, a voerscreven cl. 

Item, voer 't poeder dat te Mechelen gearasteert was, 
a lxxxix, om der lancen wille u c 1. 

Item,doen Colemont gewonnen was, corts daer nae gege- 
ven den trompet van Colemont om een trompet te copene. 

xl. 

Item, gelé vert myns Heeren Genade soe voer Franche- 
mont, soe voer Maseicke, soe elders, by drie voyagien, bus- 
poeder ende psalpeter om vu c xxxvl. 

Item, verleit te Viivoerden, opten viu° n januarij, a 
lxxxix, doen de gedeputeerde van Loevene ende Bruessel 
dair waren xl 1. 

Item, voer de costen des voerscrevenen heer Lodewycx 
te diversche stonden, soe te Brugge, soe t' Antwerpen ende 
elswaer iu e xu 1. 

Item, gegeven Johannes, om sekere brieven te drae- 
gene te Berghen, ende te Brugghe, ende elders . . vj 1. 

Item, gegeven dengenen die te Rome waren van myns 
genedigen Heeren wegen, doen de selve syn Genade voer 
Maseicke lagen ix c (i). 

(1) La désignation de la monnaie a été omise. 



o 



— 206 — 

Anno XC. 

Ierst, myns Heeren Genaden gedaen v c 1. blyckende by 
synder Genade brieven, gescreven xix daghe in april a xc, 
getekent : Johan, ende by den secretaris : Jo. Pauli. Ergo 
hier v« 1. 

Item, myns Heeren Genade noch u c gouden guldenen, 
van een perde, blyckende by synre Genade brieve, gescre- 
ven xvj daghe in novembri, a xc, valet. 

u e gouden guldenen. 

Item, gegeven myns Heeren Genade camerlinck, om te 
halen des hem myns Heeren Genade bevoien hadden. vm 1. 

Anno XCI. 

Meester Gorden Roelants geleent xx Rinsgulden by syn- 
der quitancle, xxu januarij a xc, by der welke hy geloeft 
die weder te gevene soe verre myn genedige Heer hem die 
niet en passerde xxl. 

Item, Heer Kasper betaelt voer eenen hincst die joncker 
Philips van Nassouwen hadde, c xxxvj Andréas guldenen. 
Ergo hier c xxxvj Andréas guldenen, op . . c lxxxiij 1. 

Item, in septembrj a xcj gesonden mit Arnden Mo- 
nlnck te Mechelen xxv I. 

Item, voer een voederinghe van jennetten a xcu. 

xciiij 1. 

Anno XCU. 

Bertelincq de Ruissche betaelt xrx Rinsgulden voer u 
termynen verscenen 2« marcij lxxxvij ende lxxxviw, stilo 
Brabantie, op Anthonis Roelofs by synre quitancie ges- 
creven xxiiij in meye xix 1. 



— 207 — 

Àndere uutgeven in diverse par tien. 

Ierst, te Breda v c 1. 

Item, gesonde by handen van Trappart aen myns Hee- 
ren Genade, t' Aken v c 1. 

Item, voer een blesse (i) u« gouden guldenen by appoinc- 
temente a xcnu, u e gulden Brabant, ergo hier . . u c 1. 

Item, betaelt te Loevene, doen myns Heeren Genade daer 
waren, xxviij 1 julij, voer syn costen . . . xvul., xvjs. 

Item, in den Hane, te Dieste, voer de scutten van myns 
Heeren Genade, vin augusti xxxvj 1., vu s. 

Item, by banden van Jo. van den Steinehuis, voer de 
costen van myns Heeren Genade ende syne lueden, xxviu 
augusti lx 1. 

Item, Frederycke betaelt ter causen van dien van den 
Bossche gaende ende comende, daer om hy gevaceert heeft 
xx daghen, te xu st. 'sdaechs, valet xul. 

Item, Thiry Pouillon ande Glauden Silly, doen sy by den 
Heer van Nassouwen, te Bruessel, waeren, geleent. xvi 1. 

Item, xiiij ellen swerts fluweels, d'elle iij cronen, die 
myns Heeren Genade hadden doen geven, gelyck syne 
Genade wel weten l 1., viu s. 

Item, aen de rente die heer Jan van der Heiden hadde 
op sekere silvere pande, gelyck Ponte die hadde betaelt. 

u c x 1. 
Item, aen i calabrer voederinghe, coste .... ciu 1. 

Item, voer eenen velen hincst dat Olivier de la Marche 
hadde ten bevele van myns Heeren Genade, a xcnu. 

cxx 1. 

(1) Cheval pie. 



— 208 — 

Item, aen j tabbart laken, van vj ellen taerneyts, dat 
Lenart Clossonen t' Antwerpen haelde, te hj gulden d'elle, 
valet xviul. 

Item, noch j swart tabbart laken, te Loevene, van vj 
ellen, d'elle als voer, valet xviul. 

Item, betaelt voer myns Heeren Genade Bénédicte Pel- 
gryn ende syne geselle xvj c 1. 

Ende van den commer van iu jaeren, induis d'jaer van 
xciu, elx siaers clx 1., valet nu e lxxx 1. 

Item, betaelt myn vrouwe van Nevel op sulke pensie als 
myns Heeren Genade haer hadden toegeseit. . . . xl 1. 

Item, derselver j laken camelots ten bevele myns Hee- 
ren Genade xx 1. 

Item, aen j pert dat de man te Tricht hadde, die myns 
Heeren Genade te Ludicke soude gelevert hebben . xiu 1. 

Item, aen j pertken dat heer Lodewyck, myns Heeren 
capellaen, hadde ix 1. 

Item, den abt van Grimbergen, die myns Heeren Ge- 
nade sculdich was iiij c 1. 

Item, Henri Roelofs op sulke pensie als myns Heeren 
Genade hem sculdich is xlij 1. 

Item, Bernart de Cock, ontfanger van der Gilden, op syn 
brulocht te Bruessel gegeven van wegen myns Heeren 
Genade de somme van xxv horners postulaten, valet. 

xvu 1., xs. 

Item, mits diversen sommen van penningen, die myns 
Heeren Genade sculdich waren Geerde van den Troncke, te 
Bruessel, daer voer de voorscrevene meyer gesproken heeft 
ende verantwert, soe heeft de selve meyer moeten besettea 
den voerscrevenen Geerden op syn goede ende heerlicheit 



— 209 - 

van Velpen, den lesten dach van meye a° lxxxvij, een 
rente van lxiij Rinsgulden erflyck, den penning xviu, die 
verloopen syn van ultima maij a lxxxviij, voer den iersten 
termyn, tôt ultima maij a° xcv, van viu jaeren, elcx siaers 
lxiij 1., valet v c nu 1. (i). 

Original. Ibidem, ibidem. 

VIII. 

9 février 1504 (n. st.). 

Op huiden ix en dach februarij a xv € ende vier, stil 'shoffs 
van Ludick, overmitz die gedeputeirden myns genedigen 
Heeren van Ludick, ter eenre, ende des meyers van Loeven, 

ter ander syden, is verdragen ende ver lt (?) dat hier 

na volght : 

Ierst, sullende voerscrevene gedeputeirden van 's meyers 
weegen van stondt an overleveren in handen Johan van den 
Steynenhuys, rentmeestertot Sintruiden, aile alsulken brie- 
ven ende zegel als deselve meyer van mynen genedigen Heer 
heeffl, ende sullen die selve brieven in des voerscrevenen 
Steynenhuys handen bliven, bis ter ty t toe dat die rekenscap 
tusschen mynen genedigen Heer ende de meyer geslicht sal 
werde. Doch sal de meyer schuldich syn de selve rekenschap 
te uteren tusschen dit ende Sint Jansmisse, nu nest ko- 
mende. Dan war't sake dat de selve rekenscap nyet ges- 
licht en weree bynnen den voerscrevenen tyt, soe sal myn 
genedige Heer asdan de selve brieven ende zegel wede- 
romme mogen uut des voerscrevenen Steynenhuys handen 
nemen, ende deselve Steynenhuys sal mogen overleveren 
sonder eynich begrip. 

(1) Ce dernier poste est biffé. 



— 210 — 

Item, wert asdan bevonden bi den selven rekenscap dat 
rayn genedige Heer den voerscrevenen meyer schuldich 
weere, sal myn genedige Heer de meyer vernuygen, ende 
is de meyer mynen genedigen Heer sculdich, sal de selve 
meyer ende syn erven myns genedigen Heeren mœt dae 
van mogen hebben ende vercrygen. 

Item, sal de voerscrevene meyer oick nu behoerlicke 
quitancie geven Anthuenis Koelen, myns genedigen Heeren 
kemmerlinck, van den geloeffte die deselve Anthuenis hem 
gedaen heefft, aengaende myns genedigen Heeren zegel ende 
die emolumenten offt proffyten daevan komende, soe dat 
myn genedige Heer syn zegel ende emolumenten voerscre- 
ven van nu voertan gebruicken ende soe hem dat beiieven 
sali dae van ordeneren mach, etc. 

Item, de voerscrevene brieven ende zegel aldus overge- 
levert synden van 's meyers weegen, soe sal myn genedige 
Heer an hem nemen alsulken duisent croenen, eyns, mit 
eynen jair renten, dair voer Johan van Halle borgen steit 
voer de voerscrevene meyer an diverse personen, ende 
deselve duisent cronen, eens, van nu vortan op syn Gêna- 
den last behalden tôt dat gequeeten sal syn in sulfcer 
fourme als van myns genedigen Heeren pensionarisen in der 
stat Loeven geschiet is, ende daer voer doen verbinden 
synen rentmeester ende renten van Hougardes, etc., ende 
oick brieven dae van geven, in behoerlicke forme, onder zyn 
Genaden zegel. Ende omme te doene dat boven gescreven 
steit, soe sal myn genedige Heer doen ontbieden synen rent- 
meester generael ende de voerscrevene rentmeester van 
Hougardes van nu over acht dagen hier tôt Sintruiden te 
syn 's avonts in de herbergeQ. In orkonde der waerheyt soe 
syn deser cedel twee gemaeckt, gelick luidende, ende d'een 
uten ander gesneeden, opten jare, maent ende dach boven 



— 211 — 

gescreven, in byweesen van myns genedigen Heeren weegen 
Johan van dea Steynenbuys, rentmeester tôt Sintruiden, 
Anthuenis Eoelen ende Henry Bardoul, ende van *s raeyers 
weegen den werdige heer, heer Jan van Langeroede, abt 
van Vliederbeecke, Jan van Lathem ende Jan van Halen. 

Copie authentique, du temps. Ibidem, ibidem. 



-s— 



— 212 — 

Séance du 11 janvier 1891. 

La séance est ouverte à 10 1/2 heures, sous la présidence 
de M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents : MM. Alexandre, chevalier de Borman, 
Bormans, Cormaux, Gustave Francotte, Grandyean, Kurth, 
Isidore L'Hoest, Paul Lohest, baron Misson, baron de Pit- 
teurs, Eugène Poswick, Schoolmeesters et Wilmart. 

Le procès-verbal de la séance du 9 novembre 1890 est 
lu et approuvé. 

MM. Helbig et Paul Lohest remercient la Société de les 
avoir reçus au nombre de ses membres. 

MM. Léonce Digneffe et Lamarche donnent leur démis- 
sion pour 1891. 

M. de Marneffe annonce renvoi de documents destinés 
à compléter le tome III du Bulletin. Il a commencé la trans- 
cription des lettres de l'avocat de Marche à Verreycken. 

M. Poswick fournira, pour la prochaine séance, le devis 
de sa publication sur les Troupes liégeoises. 

M. le baron de Chestret publiera dans le Bulletin une 
notice biographique sur feu Henri Helbig. 

M. Bormans annonce qu'il ne pourra livrer son étude 
projetée sur les premiers imprimeurs liégeois. M. Le Paige, 
à la demande de M. le Président, se charge de ce travail. 

M. Kurth renouvelle la proposition qu'il a faite, en 1876, 
de publier les Chroniques d'Anselme et de Harigère, 
d'après un manuscrit de la bibliothèque d'Averboden, dont 
le texte est le plus correct connu. L'impression est décidée. 

M. le Trésorier présente les comptes de l'année 1890. 

Les recettes se sont élevées à . . . . fr. 4,380 13 

Les dépenses à » 2,837 77 

En caisse au 31 décembre 1890 . . . . » 1,54186 
M. Ernest de Hasse est élu membre de la Société. 



'r + X. ' 
SOCIÉTÉ 

y 



BIBLIOPHILES LIÉGEOIS 



BULLETIN 
IV 



7«- & 8- FASCICULES 



LIÈGE 

IMPRIMERIE !.. GRANIlMONT-DONnFRS 



— 213 — 

Séance du 26 avril 189t. 

La séance est ouverte à 10 i/< heures, sous la présidence 
de M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents: MM. Alexandre, chevalier de Borman, 
baron de Chestret de Haneffe, Cormaux, Couclet. de Géra- 
don, Grandjean, Le Paige, Naveau, baron de Pitteurs, 
Eugène Poswick, baron Edmond de Sélys-Longchamps. 

Le procès-verbal de la séance du 11 janvier est lu et 
approuvé. 

« 

La Société prend connaissance de la correspondance. 
M. le baron Rodolphe de Lamberts-Cortenbach donne sa 
démission; M. Isidore L'Hoest prie d'excuser son absence; 
M. Ernest de Hasse accuse réception de sa nomination. 

Il est rendu compte du degré d'avancement des publi- 
cations. 

L'impression du tome IV de La Principauté de Liège 
et les Pays-Bas au XVI e siècle, restera provisoirement 
suspendue. Le tome III du Bulletin sera terminé par la 
Correspondance de l'avocat de Marche que M. de Mar- 
neffe s'est charge de publier. Le travail de M. Le Paige 
sur les premiers imprimeurs liégeois, pourra faire, dans 
l'avenir, l'objet d'une publication spéciale. L auteur avisera. 

M. de Borman expose la manière dont il compte impri- 
mer son Recueil des échevins de Liège. Il est autorisé à 
reproduire la pierre tombale de l'echevin Hellin de Boisée 
et de sa femme, qui se trouve dans une cour de l'ancien 
couvent des Mineurs à Liège. 

M. Joseph Fayn est élu membre de la Société. 

M. Naveau est désigné pour représenter la Société à la 
septième session du Congrès archéologique, qui se tiendra 
à Bruxelles du 2 au 5 août prochain. 



— £14 — 

M. Poswick présente les devis de son Histoire des 
troupes liégeoises. Ils sont approuvés par la Société. 

La séance est levée vers midi. 

Séance du 22 juin 1891. 

La séance est ouverte à 4 heures, sous la présidence de 
M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents : MM. Alexandre, chevalier de Borman, 
baron de Chestret de Haneffe, Couclet, Félix Frésart, 
Grandjean, Helbig, Orban de Xivry, Eugène Poswick, 
Schoolmeesters et Terme. 

Après lecture et approbation du procès-verbal de la 
séance du 26 avril, on communique la correspondance. 

M. Fayn remercie la Société de son admission parmi les 
membres; MM. le baron de Pitteurs et Isidore L'Hoest 
s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. M. le cheva- 
lier Marchai fait connaître sa nomination aux fonctions de 
secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Belgique. 

M. le Président expose que la Société est convoquée prin- 
cipalement pour aviser au moyen de mettre fin aux retards 
apportes par M. de Marneffe à l'achèvement d'un article du 
Bulletin, tome III. Les différentes lettres écrites par M. le 
Président à ce sujet étant restées sans résultat, M. de Bor- 
man propose de faire à son tour, officieusement, une der- 
nière démarche auprès de M. de Marneffe. Si elle ne réussit 
pas, le Bureau aura plein pouvoir de terminer cette affaire 
au mieux des intérêts de la Société. 

M. Gustave Francotte n'a pas encore remis un article 
destiné au Bulletin sur Dominique Lampson. 

La Société décide d'y insérer un Mémoire sur le Pays 
de Liège, écrit en août 1783, par Nicolas-Michel Jolivet, 



— 215 — 

secrétaire du marquis de Sainte-Croix, résident de France 
à Liège à cette époque. 

M. Helbig est prié de se charger de ce travail, dont il 
a déjà été question en 1867. 

L'impression du Recueil des échevins est commencée; 
vingt-cinq armoiries sont gravées. 

M. Schoolmeesters entretient la Société d'une carte du 
Pays de Liège au xvn e siècle, gravée par Gérard de Lai- 
resse; il propose de la reproduire en la complétant. 

M. Orban parle, dans le même sens, d'une carte de la 
principauté de Stavelot. 

La Société s'occupera ultérieurement de ces objets. 

M. le comte de Mercy-Argenteau, à Ochain, et M. Pon- 
celet, attaché aux Archives de l'Etat à Liège, sont élus 
membres de la Société. 

La séance est levée à 5 heures. 

Séance du 29 novembre 1891. 

La séance est ouverte à 10 î/t heures, sous la présidence 
de M. le baron de Chestret de Haneffe. 

Sont présents : MM. Alexandre, chevalier de Borman, 
baron de Chestret de Haneffe, Cormaux, Grandjean, Kurth, 
Le Paige, Isidore L'Hoest, Orban de Xivry, baron de Pit- 
teurs, Poncelet, Eugène Poswick, baron Edmond de Sélys- 
Longchamps et Wilmart. 

Le procès-verbal de la séance du 22 juin 1891 est lu et 
approuvé. 

M. le comte de Mercy-Argenteau et M. Poncelet accusent 
réception de leur nomination et remercient la Société. 
M. de Géradon prie d'excuser son absence. 

La Société d'archéologie de Bruxelles propose l'échange 



— 216 — 

de ses publications contre celles des Bibliophiles liégeois. 
Il sera répondu que le Bulletin seul peut être échangé, les 
publications étant réservées exclusivement aux membres. 

M. de Borman annonce que l'impression du Recueil des 
échevins est arrivée à la 96 e page ; plusieurs autres sont 
composées ; il soumet à l'assemblée le dessin de la pierre 
tombale de Hellin de Boisée et de sa femme. 

L'ouvrage se composera de deux volumes; le premier, 
comprenant environ 350 pages, pourra être achevé vers les 
Pâques de 1892. 

M. Poswick communique 16 pages de YHistoire des 
troupes liégeoises. Cet ouvrage comprendra deux volumes; 
le premier aura à peu près 300 pages. 

On décide l'insertion, dans le tome IV du Bulletin, d'un 
article de M. Albin Body, sous le titre : Les aventuriers 
à Spa au xviip siècle. 

L'article de M. Francotte sur Dominique Lampson n'est 
pas encore remis à l'imprimeur. 

M. le chevalier de Harenne et M. Brahy, sont admis, à 
l'unanimité des voix, au nombre des membres de la Société. 

M. Orban de Xi vry propose de vendre les livres reçus par 
la Société en échange de ses Bulletins. 

M. Borraans est d'avis qu'il faut se conformer à une dé- 
cision prise le 12 mai 1889 et les tirer au sort entre les 
membres qui assisteront à une séance prochaine. 

La Société s'occupera ultérieurement de cet objet. 

M. Poncelet est nommé bibliothécaire, en remplacement 
de M. Couclet, décédé. 

La séance est levée à midi. 



■40»- 



\^ 



LES AVENTURIERS A SPA 



Le Prince d'Albanie. — Le Prince Justiniani. — 
Casanova. — Le Baron de Trenck. 



Nulle part, les aventuriers, les aigrefins, les indivi- 
dualités douteuses ne trouvèrent un terrain aussi favo- 
rable à leurs exploits que celui des villes d'eaux. Tout 
y semble, en vérité, concourir à leur rendre la besogne 
aisée, commode même. C'est, d'une part, la population 
indigène dont l'affabilité est de profession, qui, avide 
de clients, rivalise d'empressement envers l'étranger 
et subit merveilleusement le prestige d'un grand nom, 
de la morgue, de l'insolence môme. C'est, d'autre part, 
une société flottante, cosmopolite, condensée, d'autant 
plus prompte à l'accueil qu'elle est désœuvrée, peu scru- 
puleuse dans le choix de ses relations parce qu'elle les 
sait éphémères, et prenant communément les gens pour 
ce qu'ils se donnent. 

Rien d'étonnant donc à ce que l'on vit ces rendez- 
vous du beau monde foisonner par instant de ces gens 



— 218 — 

que Ponsard a mis en scène dans sa comédie L'honneur 
et l 'argent : 

Banqueroutiers, valets, libertins, renégats, 
Fripons de toute espèce et de tous les Etats. 

Plus que tout autre, Spa eut, autrefois, ce triste pri- 
vilège. Et Ton peut dire qu'il n'est pas un aventurier 
légendaire qui n'ait fait étape au bord de ses fontaines. 
Au dernier siècle, de Limbourg constatait déjà qu'il 
n'y avait point de saison, où ne parussent à Spa, c de 
faux princes, de faux marquis, ou de soi-disants gentils- 
hommes, jadis hommes de néant... (i) > 

Dans sa spirituelle diatribe, l'auteur du Perroquet 
de Spa avait dit de notre bourg, qu'il était c le paradis 
des femmes et des grecs. > 

Les nouveaux amusemens mentionnent quelques-uns 
de ces escrocs ; mais les plus fameux, ceux dont les 
noms se sont perpétués jusqu'à nous, et auxquels s'est 
attachée une sorte de célébrité néfaste, n'ont guère été 
signalés pour leurs aventures à Spa. Ce sont quelques- 
unes de ces physionomies curieuses que nous grou- 
pons ici. 

LE PRINCE D'ALBANIE 

De tous les aventuriers qui ont eu l'honneur d'être 
admis dans les biographies modernes, il n'en est peut-être 
pas un dont l'existence ait été semée de plus d'événements 
bizarres, que celle du soi-disant prince d'Albanie. 

Larousse, Weiss, d'autres encore, ont esquissé la vie 
de ce personnage étrange, de son vrai nom, Stéphano on 

(1) Nouveaux amusemens, t. II, p. 37. 



— 219 — 

Stiépan Zarmovitch, né à Pastroviccio (Albanie) en 1751, et 
qui, fils de simple savetier, parvint par son astuce et son 
audace, à faire des dupes dans l'Europe entière, durant plus 
de vingt ans. 

Le premier acte qui le signala à l'attention générale fut 
de se faire passer dans le Monténégro pour le czar Pierre III. 
Chassé de ce pays, on le retrouve en Pologne où il se donna 
pour le prince Castriotto d'Albanie (Stiépan-Annibal), descen- 
dant de Scanderberg. Après avoir séjourné quelque temps 
en Allemagne, où il réussit à s'insinuer à la cour de maints 
principicules, on le voit, en Italie, dans une nouvelle incar- 
nation; et comme comte de Warta, il est accueilli à Rome 
par la plupart des cardinaux qui lui témoignent une rare 
déférence, tant à cause de son rang que de sa naissance. 

Bientôt il fit en cette ville la connaissance de la du- 
chesse de Kingston (Miss Elisabeth Chudleig), l'une des 
femmes alors les plus en vue, en Angleterre, et dont les 
aventures eurent assez de retentissement (1). 

Stiépan était doué d'une physionomie extrêmement ave- 
nante et expressive; il avait les plus beaux yeux du monde, 
la taille superbe et avec cela toutes les allures d'un grand 
seigneur. Aussi n'avait-il qu'à se montrer pour s'attacher 
tous les cœurs. Ajoutons qu'il était passé maître dans l'art 
de séduire les femmes. La belle Anglaise ne tarda pas à 
être complètement subjuguée. Elle combla le prince de pré- 
sents; boites enrichies de diamants, bagues de prix, joyaux 
de toute espèce, emplirent en peu de temps les apparte- 
ments du noble étranger. Il était près de faire son épouse 

(1) Il parut en 1789 V Histoire de la vie et des aventures de la duchesse 
de Kingston. Deux parties, Londres et Paris, in-12. A la suite de ce volume 
figurait un Précis sur le prétendu prince d'Albanie. L'exemplaire de 
l'ouvrage que nous avons consulté à la Bibliothèque nationale de Paris, ne 
contient pas le Précis. 



— 220 — 

de la duchesse, quand tout à coup elle s aperçut qu'elle 
n'avait affaire qu'à un vil imposteur. 

Expulsé d'Italie, le pseudo-prince retourna en Prusse, 
et y usa des mômes stratagèmes pour y approcher les plus 
hauts personnages, notamment Frédéric-Guillaume et le 
prince Henri de Prusse, dont il devint l'ami. 

Sentant néanmoins bientôt son crédit diminuer, il tourna 
ses regards vers les Pays-Bas, où devaient s'accomplir ses 
derniers exploits. 

En vrai Protée, Stiépan multipliait ses transformations. 
Peu d'aventuriers du reste firent preuve de plus d'ingénio- 
sité dans leurs avatars. 

Dans cette nouvelle patrie d'adoption, il se présenta 
comme l'ami de Tipo-Saïb, et prétendant au trône des Indes- 
Orientales. Ce n'était là que la répétition d'un subterfuge 
déjà usité auparavant. En effet, il avait naguère fait accroire 
aux Saxons que le Congrès d'Amérique l'avait désigné pour 
être couronné Roi de l'autre hémisphère. 

Coïncidence assez bizarre; ce sont les écrits d'une autre 
personnalité d'allures également étranges, qui nous four- 
nissent les détails les plus curieux sur Castriotto et sur 
sa fin. 

Clootz ou Cloots, l'utopiste qui avait troqué son prénom 
de Jean-Baptiste contre celui d'Anacharsis ; celui-là même 
qui se proclamait tour à tour V orateur, puis V ambassa- 
deur du genre humain, et qui monta sur l'échafaud le 
23 mars 1794, toujours en faisant appel au genre humain ; 
Cloots, disons-nous, fut mêlé innocemment aux aventures 
de Stiépan. 

Amené par hasard à Amsterdam pour y recueillir une 
succession, au commencement de 1786 et peu après l'arri- 
vée du prince d'Albanie en cette ville, Cloots se lia avec lui. 



— 221 — 

Le prince exerça sur le naïf baron son prestige habituel. D'un 
seul coup d'oeil, il avait décelé là, une âme crédule, facile 
à abuser. 11 en profita pour 1 éblouir de son faste, de ses 
manières de grand seigneur. Cloots était dans l'enivrement 
et, dès lors, il eut pour le prince un engouement aveugle. 

Les èpitres qu'il lui adressait portent les suscripiions 
les plus emphatiques. 11 le traitait tout à la lois & A liesse 
et de Prince adorable, ou bien il le qualifiait de Capitaine 
général et Patriarche des Monténégrins. Castriotto, il est 
vrai, avait une kyrielle de titres varies, plus sonores les uns 
que les autres. C est Cloots qui nous l'apprend et qui nous 
en a même conservé la nomenclature. 11 se titrait : Vieux 
Berger, Magnat de Pologne, Prince du Saint-Empire 
romain, Duc de Saba et d'Herzégovine, JNoble Vénitien, 
grand d'Espagne de première classe, grand-prieur de Malte, 
grand-croix de l'Ordre de Saint-Constantin et onzième des- 
cendant de l'illustre Scanderberg, etc., etc. 

11 n'est guère étonnant que Cloots se soit laissé prendre 
aux belles façons de ce personnage madré. 11 en avait 
trompé de plus adroits. Ne l'avait-on pas vu naguère entrer 
dans les bonnes grâces du prince de Ligne, — homme d'es- 
prit s'il en fût, — au point de se faire inviter à Bel-Œil. 

L'imposteur fameux s'enferma six mois dans la biblio- 
thèque du château et y reçut même, dit-on, la visite du 
comte d'Artois. Mais n'anticipons pas. 

Quand il vint à Spa, Castriotto jugea prudent de quitter 
momentanément son titre fastueux de prince d'Albanie. 11 
se fit inscrire sur la Liste des seigneurs et dames, sous 
le nom modeste de M. de Babyione (i). La saison venait de 

(1) Numéro du 13 juin 1782. Il logea à l'Hôtel impérial, rue de la Pro- 
menade de sept heures. 



— 222 — 

s'ouvrir et il n'y avait encore à ce moment que peu d étran- 
gers. Il est à présumer que notre aventurier avait quelques 
raisons pour dissimuler sa présence dans cette ville ; peut- 
être voulait-il dérouter ceux qui auraient pu le recon- 
naître. Spa, en effet, donnait asile à des visiteurs de toutes 
nations. 

Peu de temps après, pourtant, il leva le voile transparent 
de son incognito et se montra dans les salles d'assemblées. 
Les grâces de son esprit, le charme de ses manières opé- 
rèrent comme partout ailleurs. Et au milieu de la foule 
d'étrangers de marque dont Spa regorgeait, il devint le 
point de mire, il fut l'objet de toutes les visées. Contraire- 
ment à ce que Ton attendait, le prince s'abstint de figurer 
aux parties de Crebs ou de Pharaon qui se tenaient aux 
maisons privilégiées. A ceux qui lui marquaient leur éton- 
nement d'une semblable réserve, il répondait qu'ayant 
perdu des sommes énormes au jeu, il avait renoncé à tenter 
la fortune. Il saisit même cette occasion pour déclamer avec 
énergie contre cette passion, prétendant au reste ne lavoir 
jamais eue. On cria au paradoxe, car sa renommée de beau 
joueur était universellement répandue. 

Quelques incrédules voulurent savoir s'il était de bonne 
foi, et si la belle diatribe qu'il venait de débiter n'était pas 
un accès de moralité occasionné par un manque momentané 
de ressources. Ils se concertèrent pour mettre à l'épreuve 
cette vertu. Ils allèrent donc à son hôtel et lui firent les 
propositions les plus alléchantes, lui offrant même de jouer 
aussi petit ou aussi gros jeu qu'il voudrait. Bref, ils mirent 
tout en œuvre pour l'amener à transiger avec les principes 
rigoristes dont il avait fait étalage la veille. 

Tandis que ces aimables viveurs se relayaient dans 
l'assaut livré à sa résistance, le prince se promenait dans 



— 223 — 

son appartement, paraissant préoccupé d'un tout autre 
objet que celui dont on l'entretenait. Sortant tout à coup 
de son mutisme : Eh bien ! Messieurs, dit-il, vous insistez? 
J'aurais décidément mauvaise grâce à vous refuser. Seule- 
ment, vous jouerez le jeu que je vais vous proposer. Il est 
le seul qui puisse désormais m'intéresser. Puis, hélant un 
valet, il fit monter dans l'appartement un tonneau vide, 
d'un demi-rauid. Et s'adressant aux joueurs étonnés : Mes- 
sieurs, nous mettrons l'un après l'autre, un louis dans ce 
tonneau. Lorsqu'il sera plein, celui de nous dont le louis 
tombera le premier à terre, aura tout gagné. On pense bien 
que les assistants ne trouvèrent pas la proposition de leur 
goût. Aussi cessa-t-on, dès lors, de le presser. Longtemps 
il fut question à Spa de ce qu'on appela « le jeu du prince 
d'Albanie. » 

Stiépan ne mena point ici la vie fastueuse qu'on était 
dans l'habitude de lui voir pratiquer. Peut-être méditait-il 
de nouveaux desseins pour se créer les ressources dont il 
avait besoin. Ou bien, sous l'influence des sites enchanteurs 
au milieu desquels il séjournait momentanément, céda-t-il 
à la passion qu'il avait pour les œuvres d'esprit. 

L'audacieux aventurier n'était pas dépourvu de savoir. 
A parcourir le monde, il s'était instruit dans les arts et 
dans les sciences. Il maniait, avec une égale aisance, l'ita- 
lien, le français, l'allemand, l'anglais. Cloots ajoute qu'il 
avait môme appris le latin et le grec sans maître ni gram- 
maire, et qu'il possédait une mémoire telle «* que ce n'avait 
été pour lui qu'un jeu de retenir par cœur les ouvrages 
d'Homère, d'Hésiode, de Pindare, de Virgile, d'Horace, 
d'Ovide, du Dante, du Tasse, de l'Arioste, de Boileau, de 
Rousseau, de Voltaire, ainsi que le théâtre grec, latin, ita- 
lien et français. » Il est vrai que le témoignage de Cloots est 



— 224 — 

ici do mince valeur. On sait qu'il s'en laissa imposer par 
le pseudo-prince qui, pour lui, fut, durant quelque len^s. k 
plus prand homme des temps passés et des temps modernes. 
Il faut néanmoins convenir que Stiépan avait unevaréie de 
connaissances peu commune. 

Il a laissé ainsi tout un bagage littéraire et on coanal: 
de lui une douzaine d'écrits polyglottes, ouvrages curieux 
et pou connus en France (1), qui contiennent des épitres, 
poésies, morceaux divers. Ils ont été catalogués par Que- 
rard, dans ses Supercheries littéraires. 

11 donna ainsi, de Spa, plusieurs œuvres en prose. Telles 
sont : La solitude, épître en style oriental; de Babylone 
de Spa ; à bYèdèric-Guillaume de Prusse, avec cette 
rubrique : De l'imprimerie de la ville impériale de 
liabylone sur VEuphrate (*) et : Fragment original et 
intéressant d'une lettre de Babylone de Spa, à Frédéric- 
Guillaume de Prusse, etc., sur la calomnie et les calom- 
niateurs (3). 

Le trop fameux prince qui attirait l'attention de tout le 

(V A ce que dit Larousse. 

[T Notre auteur affectait de prendre, pour ses publications, des 
rubrique* bigarres. En voici des spécimens : « Dans la pyramide de Tho- 
lomie d'Egypte. — A Porto- Vecchio. — Albanopolis, aux dépens de 
l\iuteur. » 

Il avait du reste varié aussi ses pseudonymes en littérature, et avait 
signé ses écrits : Saratabladas, Prince de Babylone, Bel fini, Bdbindon, 
Bonenshy, Csernowitch, etc. Récemment il a été vendu, à Paris, an 
exemplaire de ses Lettere 7\trvhe, revêtu de cet envoi d'auteur : « Ex dooo 
autoris Comltis de Cernovich-Castriotto. »• 

(3^ H fait partie de l'ouvrage intitulé : Stiépan- Annibale d'Albanie à 
Frédéric-Guillaume de Prusse. Epltre pathétique, philosophique, his- 
torique, etc., ou VAlcoran des Princes destinés au Trône, traduit de la 
dixième édition italienne par main de maître. Saint-Pétersbourg. De 
l'imprimerie de V Académie impériale (Mons, Roy ois}, MDCCLXXUI, 
petit in-8°. — Bizarrerie du hasard, l'Alcoran a été attribué par quelques 
bibliographes, & J.-B. Cloots. 



— 225 — 

monde, à Spa, y finit comme un vulgaire aigrefin. Prétex- 
tant un jour qu'il devait voir un riche banquier hollandais, 
de passage à Liège, il partit et ne revint point, laissant pour 
gages des dépenses qu'il avait faites à son logis, quelques 
défroques et le portrait de sa femme, toile prétenduement 
de grande valeur et peinte par un maître (1). 

Nous retrouvons Stiépan au commencement de Tannée 
1786, en Hollande, où — ainsi que nous l'avons dit — il fit 
la connaissance du baron de Cloots du Val-de-Grâce («). Le 
naïf Allemand, qui s'était enthousiasmé au début pour Stié- 
pan, ne tarda pas à avoir les yeux dessillés, il reconnut 
enfin dans le fameux prince * le plus grand frippon que la 
terre eut jamais porté (3). » 

Aussi s'empressa-t-il d'instruire de sa découverte la 
duchesse de Kingston et le comte Oginski, grand général 
de Lithuanie, deux des principales victimes du soi-disant 
prince (<). En effet, malgré la trame la mieux ourdie et la 
plus compliquée, toutes les machinations de l'aventurier 
albanais furent dévoilées. 

Une correspondance insérée dans le Journal général 
de l'Europe (5), contient des détails explicites sur la fin de 
Stiépan. Les voici : 

« Une affaire singulière a fait depuis peu diversion aux 
querelles intestines qui continuent cependant de déchirer 

(1) Les registres de la Cour de Justice de Spa mentionnent le décret de 
▼ente de ce tableau, - représentant une jeune femme appuyée sur le coude 
et écrivant. » 

(2) C'est de ce nom qu'il signa notamment l'ouvrage intitulé : Vœux 
d'un Oallophile, où il narre ses rapports avec le prince. 

(3} Ibidem. 

(4) La lettre de Cloots à la duchesse est a lire. Il y raconte avec une 
verve gouailleuse, de quelle façon il fut berné par Stiépan. 

(5) T. VII, no CLV, daté du 1« juin 1786. 



— 226 — 

la République. C'est l'emprisonnement pour dettes, puis la 
mort du trop fameux An ni bal Stiépan, soi-disant prince 
d'Albanie et Knès du Monténégro. Cet aventurier vraiment 
extraordinaire par ses connaissances assez vastes et par ses 
intrigues qui en ont imposé à plusieurs Puissances, et par 
les difierens rôles qu'il a joués en Europe, depuis vingt ans, 
n'a pas eu une fin moins étonnante que sa vie ne l'avoit été. 

» Parti de Liège en 1784, dans le dessein d'aller offrira 
l'empereur un corps de Monténégrins, il avoit cru bientôt 
après qu'il auroit apparemment meilleure composition des 
Hollandais, et il leur avoit fait les mêmes offres. Mais les 
Etats-généraux s'étoient bornés à exiger de lui qu'il empê- 
cherait ses prétendus sujets de passer au service de S. M. 
Impériale. 

» Après la paix qui s'est faite, sans avoir été précédée 
par aucune guerre et par conséquent sans qu'on eût eu 
besoin du secours des Monténégrins d'aucun côté, le soi- 
disant prince revint à Amsterdam redemander la récom- 
pense qui lui avoit été promise; et il présenta à cet effet à 
LL. HH. PP. une requête en quatre langues (i). Dans l'inter- 
valle, des créanciers peu sensibles à cet appareil d'érudition 
le firent arrêter pour dettes. 

» L'on eût alors quelques indices que ce personnage 
n'étoit qu'un aventurier criminel et impliqué dans l'escro- 
querie connue, faite aux négociants Chomel et Jordan, 
escroquerie plus sérieuse que celle du fameux collier (t), 
puisqu'elle avoit pensé allumer une guerre entre les deux 
Républiques de Hollande et de Venise. Le soupçon s'étant 
tourné en conviction, l'arrêt civil a été changé en arrêt 

(1) « Dont une en hébreu » Gazette de Liège du 31 mai 1786. 
(î) Allusion à l'affaire du collier où furent impliqués le cardinal de 
Rohan, M™ de la Motte, MU« d'Oliva et Cagliostro. 



— 227 — 

criminel et le prince passa de la chambre qui avait servi de 
prison à tant de personnages illustres avant lui, dans des 
cachots destinés aux derniers criminels. C'est alors qu'il a 
eu le courage de pratiquer la seconde de ses maximes favo- 
rites, souffrir et mourir et il a prévenu le sort rigoureux 
qui l'atiendoit, en s'etranglant (i). » 

Les biographes ne sont pas d'accord sur le genre de sui- 
cide choisi par Zannowitch. Cloots rapporte qu'il s'ouvrit les 
veines avec ses ongles; Larousse dit que ce fut avec un 
morceau de verre. La biographie Weiss le fait mourir par 
erreur le 25 avril 1785, une année plus tôt qu'en réalité; 
Quérard enfin reporte la date de cet événement au 25 mai. 
Ajoutons un détail : le cadavre du suicidé fut traîné sur la 
claie et jeté à la voirie. 

Entre autres fantaisies, Stiépan avait eu celle de se pro- 
curer le plaisir de lire, de son vivant, son oraison funèbre. 
Il avait fait en conséquence répandre le bruit de sa mort, 
en publiant, en 1775, un volume de ses Œuvres posthumes. 

Les journaux italiens furent dupes de cette mystification 
et firent un éloge sans pareil du prétendu défunt. C'est dans 
ses Opère postume que l'auteur se mettant en scène sous 
le nom d'Abraham Levi, rabbin de la Synagogue de Cons- 
tantinople, donne entre autres règles de conduite à tenir, 
celle-ci : « Si vous avez fait la folie de jouer, gardez-vous 
de faire encore celle de payer, car vous serviriez en enfer 
de risée aux avares et aux prodigues. » 

Cet étalage de cynisme, donne la mesure de la moralité 
du prince d'Albanie (*). 

(1) La Gazette de Liège du 31 mai 1786, elle aussi, raconte en quelques 
lignes la mort du prince. 

(?) Plusieurs personnages ont porté ce nom de prince ou duc d'Albanie. 

Le pape accorda ce titre au Prétendant, dernier rejeton de la famille 
proscrite des Stuarts, qui vivait À Florence en 1733, et auquel la Cour de 



— 228 — 

Le hasard a mis sous notre plume le nom du prussien 
Cloots; il nous sera permis de rapporter une particularité 
vraisemblablement ignorée par beaucoup de nos compa- 
triotes, savoir la présence à Liège et À Spa de cet esprit 
bizarre. 

Voici, au surplus, l'aventure telle qu'il la raconte dans 
une lettre datée du mois d'avril 1786 et adressée au comte 
Oginski. 

« Il y a sept ans qu'après m'ètre renfermé dans mon 
château du Val-de-Gràce pour composer la Certitude des 
preuves du mahomêtisme, je me rendis à Maestricht pour 
remettre le manuscrit au libraire du Four, qui trouva mon 
écriture trop menue et ne put me servir assez prompte- 
ment, ce qui me détermina à le faire imprimer chez Viam, 
à Amsterdam. J'allois partir pour Liège, quand un Monsieur 
que j'avois vu à table d'hôte, me pria fort poliment de lui 
donner place dans ma voiture. Jétois trop heureux de ren- 
contrer un compagnon de voyage aussi aimable. Nous 
déjeunâmes à Visé. Je vois arriver un jeune homme à che- 
val; il descend et me demande d'un air niais une chopine 
de vin, comme s il me prenoit pour l'aubergiste. 11 s'assied 
et nous raconte niaisement ses aventures ; ses réticences 
piquèrent notre curiosité; mon compagnon lui donne rendez- 
vous dans un café de Liège. Nous descendons à l'Hôtel 
de l'Aigle noir; nous dînons. Je ne songe plus qu'à me 
rendre au spectacle; mais mon quidam me fit mille instances 
pour aller voir notre original de Visé. Je le suis à regret. 
Nous rencontrons dans la rue notre homme qui s'arrètoit 
à chaque pas, en agaçant les femmes qu'il trouvoit toutes 

Versailles faisait une pension. On peut consulter sur les relations de ce 
personnage avec Gustave III, le livre de Léouzon le Duc, Gustave III, roi 
de Suède» Paris, 1861, pp. 99 et suiv. 



— 229 — 

jolies et en admirant la beauté du gros village. Il venoit 
d'être fort bien reçu chez deux princesses à qui il avoit 
donné un rouleau de louis et dont il avoit reçu un présent 
très cuisant. Nous visitons la Chartreuse ; en entrant dans 
l'église, il nous présente de l'eau bénite et se jette dévote- 
ment à genoux. Il nous dit dans le cloître qu'il étoit Alsa- 
cien, qu'il s'étoit échappé de la maison paternelle après 
avoir volé son cher père. Il pleuroit à chaudes larmes, j'en 
eus pitié et l'idée me vint de ramener cette brebis dans le 
bercail. Nous traversons la rivière et nous entrons dans une 
charmante guinguette. Le niais jetoit son argent à droite 
et à gauche ; il donnoit six francs pour une livre de cerises. 
Mon compagnon lui proposa de jouer aux cartes. Le niais 
qui n'y entendoit d'abord rien, prit du goût pour la chose. 
Il s'étonnoit de me voir simple spectateur; il se moquoit de 
moi, en disant que je n'avois donc pas le sol. Les insinua- 
tions de l'autre joueur achevèrent de me piquer; et je crus 
donner uue bonne leçon â mon niais en mettant cent ducats 
sur la table. Le niais fit raison à mon défi et mes ducats dis- 
parurent en un clin d'œil. J'attribue ce malheur au hasard 
et l'on me proposa la revanche. L'Alsacien reste dans la 
guinguette pendant que nous allons à l'hôtel pour alimen- 
ter ma bourse. Je tire cent ducats de ma malle. Mon com- 
pagnon me donne les plus grandes espérances ; il regrette 
amèrement les pertes qu'il vient d'essuyer. Nous n'étions 
plus loin du bateau, quand un rayon vint m'éclairer. Je fus 
tout à coup convaincu que ces deux Messieurs étoient d'ac-* 
cord et je quittai brusquement mon ami, en me disant que 
l'or que je venois de mettre dans ma bourse, je le regardois 
comme cent ducats gagnés. Et sans écouter ses remon- 
trances, je rebrousse chemin et je vais rire au théâtre de la 
pièce qu'on m'avoit jouée hors du théâtre. 



— 230 — 

y> J'arrivai le lendemain à Spa où je me gardai bien de 
toucher une carte, non plus qu'à Aix-la-Chapelle. Quelques 
mois après, en retournant à Paris, je vis mon niais au spec- 
tacle, à Bruxelles; il avait une tournure toute différente. 
Ce joli garçon ne m'eut pas plutôt apperçu qu'il décampa : et 
je n'avois d autre dessein que de plaisanter avec lui sur là 
bonne aventure de Liège. » 

Cloots, en narrant cette aventure où il fut victime de 
deux vulgaires filous, s'accuse d'étourderie, mais se vante 
en même temps de la sagacité qu'il eut d'échapper à leur 
entreprise. Il nous parait qu'il était fort indulgent pour sa 
sottise et peu clairvoyant au contraire. Et il n'est pas éton- 
nant, après ça, que Stiépan Annibale eût trouvé en lui une 
bonne brebis à tondre (i). 

LE PRINCE JUSTINIANI 
OU PRINCE DE CHIO 

Spa avait possédé en 1777, un autre type d'aventurier 
presque aussi étonnant : le prince Justiniani ou prince de 
Chio. Car ce flibustier, comme à peu près tous ses pareils, 
cumulait les titres ronflants. 

(1) Nous avons vainement cherché le nom de J.-B. Cloots, dans les 
Listes des seigneurs et dames venus à Spa. Peut-être, il est vrai, vint-il en 
notre bourg sous un pseudonyme. 

On sait que Fauteur du Bréviaire philosophique, termina sa vie sur 
l'échafaud. Il figure dans la Liste générale et très exacte des condamnés 
à mort, no 3, sous le n<> 515. « J.-B. Cloots dit Anacharsis, âgé de 38 ans, 
né à Clèves, dans la Belgique, baron, portant le même nom, demeurant en 
France depuis onze ans, ayant voyagé dans l'étranger plusieurs fois, domi- 
cilié à Paris, rue de Ménars, no 153, section Lepelletier, avant la révolu- 
tion homme de lettres, et depuis membre de la Convention, a été condamné 
à mort et exécuté le même jour (4 germinal 1794). »• 

Hébert, dit le Père Duchesne, l'avait précédé de quelques instants sur 
les marches de l'échafaud. 



— 231 — 

On le trouve inscrit dans la Liste des seigneurs et 
dames de cette année, comme Altesse et Monseigneur, 
et qualifié de : « Chevalier- né de l'Ordre de Sa Majesté très 
fidèle, etc. » Il était accompagné de Son Altesse Madame la 
Princesse, et de leur fils le prince Maximilien (1). 

Avant de venir â Spa, ce prince de contrebande avait 
habité Paris et il s'y était donné comme étant de religion 
grecque. 

Grâce à quelques amis complaisants, il parvint à s'insi- 
nuer dans la société du haut clergé de la capitale, et il 
manifesta l'intention de faire baptiser son fils. Ce catéchu- 
mène avait 22 ans. L'annonce de ce projet ne pouvait que 
recevoir le meilleur assentiment chez ses nouveaux amis, 
qui promirent de le seconder. Le prince écrivit à Son Altesse 
l'Electeur de Bavière pour qu'il daignât servir de parrain 
au néophyte, et il allégua, pour obtenir cette grâce, que son 
père avait été attaché au grand-oncle de l'Electeur, Arche- 
vêque et Electeur de Cologne. Cette faveur lui fut accordée, 
et, Tannée suivante, Justiniani et son fils se rendirent à 
Munich à l'effet d'y remercier le Prince. Le jeune homme 
se présenta à l'Evéque, sous l'uniforme français, et afin de 
se faciliter Tachât d'un régiment en France, il supplia son 
parrain de lui accorder le brevet de colonel. 

Son Altesse ne crut pas devoir refuser ce don à son 
filleul. Dès qu'ils furent munis de cette pièce, le père et le 
fils s'empressèrent de regagner Paris où ils séjournèrent 
près d'un an. 

En 1775, le prétendu prince, avec sa femme et leur fils, 
se rendirent de nouveau auprès de l'Electeur pour lui faire 
leur cour. Ils étaient en possession d'un passeport du Roi, 
in optima forma, parfaitement en règle. Sur ces entre- 

(1) Lûte n© 3, du 15 juin. Us logèrent à l'Anneau d'or, rue de l'Assemblée. 



— 232 — 

faites, le comte d'Eyck, ministre du Prince à Paris, informa 
son maître que le soi-disant prince Justiniani n'était qu'un 
aventurier, que, pour éviter un éclat, on l'avait engagé 
secrètement à quitter la France. Averti à temps, l'Electeur 
fit signifier à ce fieffé dupeur de ne point se présenter au 
palais, et on lui donna, par la même occasion, le conseil de 
sortir des Etats de l'Evêque. C'est ce que firent le prince 
et sa famille; en partant ils dirent qu'ils se rendaient en 
Russie. 

L'année d'après, on retrouve les Justiniani à Francfort. 
Maximilien-Joseph en profita pour ordonner au comte de 
Lerchenfeld, son ministre à la Cour de Mannheim, de rede- 
mander au jeune Justiniani, le brevet de colonel de Bavière 
qui lui avait été délivré par surprise, et au cas où il se 
refuserait à le rendre, il fut enjoint à l'envoyé du Prince de 
publier dans la Gazette de Francfort, un avis informant 
le public qu'on devait considérer le dit brevet comme sans 
valeur aucune, attendu que la famille des Justiniani de 
Venise, de Rome et de Gênes, avait fait déclarer ces aven- 
turiers de purs usurpateurs d'un nom qu'ils n'avaient nul 
droit de porter, au surplus, qu'ils avaient été reconnus pour 
faussaires en France (1). 

Quoi qu'il en soit, le tas de documents, attestations, 
diplômes et lettres dont le soi-disant prince était porteur, 
qu'il exhibait à tous venants, et dont l'authenticité avait un 
semblant de vérité, grâce au passeport du Roi de France, lui 
permirent de continuer à se parer de son titre d'emprunt. 
On le vit même aller de capitale en capitale avec une im- 
perturbable audace. 

(I) Le nom de Justiniani est bien connu en Italie ; Becdelièvre, à propos 
du graveur Natalis, raconte qu'un prince de cette famille employa l'artiste 
liégeois à graver les statues antiques de sa collection. 



— 233 — 

Inspirant aisément de la confiance là où il n'était pas 
connu, il obtenait du crédit et fit des dupes innombrables. 

Justiniani passa, à Spa, presque toute la saison de 1777. 
Il y mena une vie luxueuse, dépensant largement et menant 
assez grand train. Il fréquentait assidûment la Redoute et 
fut de toutes les parties de plaisir. Bien qu'il jouât avec 
habileté son rôle de grand seigneur, tout le monde ne 
fut pas ici sa dupe, et quelques étrangers conçurent des 
soupçons. 

Un certain comte de Saint-Léger que ces manières 
pleines d'ostentation blessaient, déclara un jour haute- 
ment que M. de Justiniani n'avait aucun droit à porter 
le titre de prince, que son nom même était d'emprunt, et 
plus encore, que c'était indûment qu'il s'affublait du titre 
d'officier au service de France. Le fils Justiniani se plai- 
gnit vivement au chevalier de Chestret, commandant de 
la police à Spa. 

Celui-ci savait parfaitement à quoi s'en tenir sur Justi- 
niani, mais comme il avait également des doutes sur l'au- 
thenticité de M. de Saint-Léger, il l'invita non seulement à 
prouver ses assertions, mais encore à justifier son identité. 
Mis directement en cause, ce gentilhomme répondit qu'en 
effet son nom n'était pas de Saint-Léger, mais qu'il s'appe- 
lait M. Sully de Sabran, chose qu'il avait dû taire momen- 
tanément pour des raisons de famille. 

Tous les étrangers de Spa semblèrent le reconnaître pour 
M. de Sabran. Aussi, dès lors, le prit-il de haut et fit-il pas 
mal de tapage. Il fut même en personne chez le Prince- 
Evêque, pour lui porter plainte, et se fit présenter chez 
Son Altesse par M. Sabatier de Castres, ministre plénipo- 
tentiaire du Roi de France, à Liège. 

De retour à Spa, tous ses amis l'attendaient, impatients 



— 234 — 

de savoir les suites de sa démarche; il leur apprit la récep- 
tion gracieuse que lui avait faite le prince Velbruck. Dès 
lors, les soi-disant s princes Justiniani virent pâlir leur 
étoile, et on se tint vis-à-vis d'eux dans l'extrême réserve. 
Mais cette attitude ne dura guère. 

Un beau matin, le bruit courut que M. de Sabran, alias 
de Saint-Léger, avait déguerpi sans tambour ni trompettes. 
On interpréta naturellement cette fugue de la façon la 
moins bienveillante pour son auteur et on en inféra que 
le fameux comte de Saint-Léger n'était lui-même qu'un 
personnage des plus douteux. Les princes Justiniani béné- 
ficièrent de cette situation. Il y eut un véritable revirement 
en leur faveur, et beaucoup de bobelins leur rendirent la 
considération dont ils jouissaient auparavant. Ils profitèrent 
de cette circonstance pour exhiber, à qui le voulait voir, 
un volumineux mémoire imprimé, contenant la généalogie 
et l'histoire de leur famille. 

Momentanément rassurés sur l'éventualité d'être démas- 
qués, ces faux princes continuèrent à séjourner à Spa, mais 
on put remarquer qu'ils y vécurent d'une façon moins 
ostensible. Toute la famille faisait néanmoins montre de ses 
sentiments religieux. Elle se montrait assidûment à l'église 
paroissiale et avait les meilleurs rapports avec le clergé. Le 
prince Justiniani ayant lié connaissance avec le curé de 
Stavelot pendant son séjour à la Cour du Prince, fit don à 
l'ecclésiastique de cette abbaye d'un paquet de reliques et 
d'indulgences que venait de lui envoyer le Pape. C'était - 
on le devine — un moyen de se créer des amis et d'inspi- 
rer ainsi plus de confiance. On constata alors que le prince 
Maximilien exhibait plus rarement ses divers uniformes de 
gala qu'il portait avec lui. La famille avait soldé partie 
des fournisseurs qui, depuis longtemps, réclamaient leurs 



— 235 — 

payements; les Justiniani en profitèrent pour renouveler 
leur garderobe, et firent des commandes importantes aux 
tailleurs de Spa qui s'empressèrent de les exécuter (i). On 
était à la fin de la saison; ô surprise! un matin, on s'aper- 
çut que le logis de Y Anneau d'or était vide. Il fallait s'y 
attendre. 

Les détails que nous venons de rapporter sont extraits 
d'une correspondance échangée entre le médecin Philippe 
de Limbourg et le chevalier de Wolter, conseiller intime et 
premier médecin de Son Altesse l'Electeur de Bavière (*). 

Le chevalier qui avait visité Spa, dès 1766, fut lié d'une 
amitié durable avec le praticien franchimontois. 

Le docteur Bovy, dans ses Promenades historiques, 
nous fait connaître un autre épisode de la vie de ces indi- 
vidus. Nous lui cédons la plume. 

* Vers Tan 1781, un certain L..., comte de L..., vint se 
fixer à Liège. Repoussé par sa famille, dont il avait encouru 
la disgrâce, il s'y trouvait sans ressource et dans un état 
voisin de la mendicité. 

» Il n'est aucune ville où les étrangers soient aussi bien 
reçus qu'à Liège. Il suffit de la moindre recommandation 
pour y trouver plus que de la simple politesse, et pour être 
admis dans la société de ses habitants avec autant de cor- 
dialité que si Ton était né parmi eux. Aussi l'hospitalité lié- 
geoise est-elle généralement citée. 

» # Il ne fut donc pas difficile au sieur L... de s'introduire 

(1) Les registres de la Cour de Justice de Spa contiennent de nombreuses 
pièces de procédure relatives aux actions intentées par les marchands et 
négociants spadois au prince fugitif. 

(2} Nous en devons l'obligeante communication à notre collègue et ami, 
M. Philippe de Limbourg, petit-Ûis du célèbre médecin. 



- 236 - 

dans plusieurs bonnes familles. Peu de temps après, il 
épousa la baronne de B.. M dame de B..., par le crédit de 
laquelle il obtint une compagnie à la citadelle. 

» De ce mariage naquirent trois enfants, un garçon et 
deux filles. L'aînée de celles-ci, à l'âge de treize ans, s'enfuit 
de la maison paternelle pour se réfugier chez les parents de 
son père à Paris ; elle y épousa son oncle (c'est la branche 
des L... de N...). 

» Quelques années après, arriva à Liège, avec grand 
fracas, dans une voiture à quatre chevaux un homme 
d'assez mauvaise mine, se disant le prince de Chio. Par 
cette disposition souvent fatale à accueillir trop facilement 
les étrangers, celui-ci ne fut pas seulement reçu dans nos 
premières maisons, le Prince-Evêque lui-même l'invita à 
sa table. 

» Cependant le ton et les manières plus que plébéiennes 
de ce nouveau débarqué firent naître des soupçons sur l'au- 
thenticité de son rang. Son fils, au contraire, était un cava- 
lier des plus séduisants; il paraissait avoir reçu une éduca- 
tion accomplie. 11 rencontra à la Cour la comtesse Adélaïde 
de L..., jeune personne remarquable par sa beauté; il l'aima, 
fut payé de retour et la demanda en mariage. 

» Eblouis par une alliance qui flattait leur vanité, les 
L... repoussèrent avec indignation le conseil prudent qu'on 
leur donna de ne point accorder leur consentement, avant 
qu'il leur fût bien prouvé qu'ils ne livraient point leur fille 
à un aventurier. 

» Le mariage eut lieu. Mais à peine trois mois étaient-ils 
écoulés que Ton apprit par la police de Paris, que le soi- 
disant prince de Chio n'était qu'un vil intrigant, ancien 
valet de chambre de celui dont il usurpait le nom, et qu'il 
avait accompagné dans ses voyages. Son maître ayant été 



— 237 — 

tué en duel, il s'était emparé de ses titres et de ses effets 
et se faisait passer pour le prince de Chio. A cette nouvelle, 
grande fut sans doute la confusion des L... Les faux princes 
se réfugièrent à Maestricht. Vainement on proposa à la 
jeune épouse de faire dissoudre son mariage pour cause 
d'erreur dans la personne. Elle idolâtrait son mari, elle 
voulut partager son sort et sa mauvaise fortune. Ce mal- 
heureux, après avoir tenté tous les moyens possibles pour 
satisfaire aux premiers besoins de la vie, se vit réduit à 
faire le messager de Maestricht à Herstal. Enfin, ces deux 
époux allèrent se fixer à Wetzlar, où le mari obtint une 
place d'huissier à la Chambre impériale. Sa femme se fit 
laveuse de bas de soie. Ils eurent plusieurs enfants, et l'un 
d'eux est actuellement major au service d'Autriche (1). » 

Nous avons acquis récemment de M. E. Charavay, à 
Paris, une lettre autographe du duc de Penthièvre, adres- 
sée à M. de Malesherbes, qui paraît jeter quelque jour sur 
l'origine et le lieu de naissance de l'aventurier Justiniani (*). 

Voici cette lettre qui est datée de Vernon, le 30 sep- 
tembre 1785 : 

» Je vous demande pardon, Monsieur, de vous importu- 
ner d'une lettre, mais j'espère que vous ne me sçaurés point 
mauvais gré de profiter d'une occasion de me rappeler dans 
vostre souvenir, et que vous voudrés bien m'éclairer sur un 
fait dont vous devés avoir connaissance, à l'égard duquel les 
avis viennent d'estre partagés dans la conversation : vous 
vous rappelés, je crois, qu'il parust, il y a quelques années, 
à la Cour, un certain prince Justiniani, accompagné de son 

(1) Bovy, Deuxième promenade, 1. 1, pp. 90 et suiv. 
12) L.-J.-M. de Bourbon, duc de Penthièvre, grand amiral de France, 
né en 1725, mort en 1793, était le beau-père de la princesse de Lamballe. 



— 238 — 

fils le prince de Chio qui finirent par estre conduits à 
Bicôtre. On dit alors que ces M™ étoient des paysans de 
Malesherbes. Ce dernier fait est-il vrai ou faux? S'il est 
vrai, quel artifice ces paysants de Malesherbes ont-ils em- 
ployé pour se produire à la Cour ? 

» Pardon encore une fois, Monsieur, de l'indiscrétion 
dont je me rends coupable : n'en recevés pas moins favo- 
rablement, s'il vous plaist, les nouvelles assurances de la 
véritable et sincère amitié que j'aurai toute ma vie pour 

vous. 

L.-J.-M. de Bourbon. » 

Nous ne possédons malheureusement pas la réponse de 
M. de Malesherbes au duc. C'eût été le véritable épilogue 
à l'histoire de nos deux héros (1). 

CASANOVA 

Nul, peut-être, dans la pléiade des chevaliers d'industrie, 
n'a laissé un nom aussi connu, n'a joui d'une réputation 
plus étendue que Casanova. 

Cela tient, non pas tant à l'homme en lui-même, qu'aux 
Mémoires qui portent son nom. 

Il était bien aussi, pourtant, l'être le plus bizarre, le 
spécimen légendaire le plus extraordinaire qui se pût ren- 
contrer; le véritable aventurier enfin, tel qu'on le trouve 
au xviii 6 siècle, et tel surtout que la société et les mœurs 
de ce temps pouvaient l'engendrer. 

Le prince de Ligne, qui se plaisait à faire des portraits, 
l'a fait figurer dans sa galerie sous le nom iï Aventuras. 

(1) On trouvera, en appendice, à la fin de cet article, le contrat de ma- 
riage du prince de Chio avec la comtesse de L... ( dont l'original repose 
aux archives de Liège, parmi les minutes du notaire Ch. Dumoulin. 



— 239 — 

Il nous parait avoir embelli son modèle ou du moins en 
avoir dissimulé les laideurs. 

A l'entendre, Casanova était rempli d'esprit, savant 
môme, ayant de l'honneur, du courage et de la délicatesse. 
Il l'accuse bien aussi d'avoir de l'amour-propre, d'être ama- 
teur du beau sexe et quelque peu goinfre, mais, selon lui, 
ses défauts capitaux sont d'être susceptible et rancunier. 
La plume du prince semble avoir été émoussée à dessein, 
peut-être craignait-il le caractère vindicatif de son modèle. 
Il n'y a guère que le pseudonyme dont il a affublé son sujet 
qui soit significatif et trouvé. 

Jules Janin, dans ses Causeries qu'il signait Eraste, 
traçait de ce personnage, au contraire, un crayon bien plus 
vrai, plus véridique : « joueur, libertin, débauché, dit-il, il 
fut surtout le Don Juan du carrefour, le Richelieu de la 
borne. Il alla de vice en vice, côtoyant le crime et n'y tom- 
bant pas, tant il était lâche (i). » 

Concilie qui pourra ces deux façons de voir si opposées. 

On peut être aisément édifié sur son compte, rien que 
par la lecture de cette odyssée cynique où il raconte ses 
lascives aventures avec tant de complaisance et de laisser- 
aller. 

Né à Venise en 1725, des amours d'un acteur et d'une 
actrice, Casanova, dit Seingalt (*), fit ses études à Padoue 
où, à 16 ans, il soutient ses thèses de droit et'entre au Sémi- 
naire. Il en est chassé pour une intrigue scandaleuse qui 
lui valut de la prison. Il en sortit par le crédit de sa mère 
et obtint d'être placé auprès du cardinal Aquaviva. Pris du 
besoin de courir le monde, on le voit à Rome, à Naples, 

(1) Les Et cœtera du temps présent. Octobre 1876. 

(2) Jules Janin orthographiait Saint-Galt. 



— 240 — 

à Corfou, à Constantinople, tour à, tour publiciste, prédica- 
teur, abbé, diplomate, et surtout homme à bonnes fortunes. 
Emprisonné sous les plombs du palais de Saint-Marc, pour 
raisons d'Etat, il s'en échappe et va se cacher dans la 
maison du chef des sbires. Tant d'audace lui donna une 
vaste renommée : ayant repris ses pérégrinations, il forma 
des liaisons d état avec Rousseau et Voltaire, le grand Fré- 
déric et Catherine II (i). 

Chassé de Varsovie, de Paris, de Madrid, il rentra, après 
dix-huit ans d'absence, à Venise, où il prétendit se réha- 
biliter en rendant des services secrets à l'Etat. Enfin, en 
1782, à bout d'expédients, il accepta d'être bibliothécaire 
du comte de Waldstein, en Bohême. Ce furent les inva- 
lides de cette vie orageuse qui pourrait délier l'imagina- 
tion du romancier le plus fécond. C'est alors qu'il composa 
ses Mémoires, confession sans repentir de faiblesses sans 
nombre, et tableau parfois trop fidèle d'une société plus 
spirituelle que morale («). 

D'après ses Mémoires, qui sont exacts sur ce point, 
Casanova vint une première fois à Spa, en 1767. 

(1) Jules Janin ajoute : « On le vit à la Cour de Louis XV qui portait le 
manteau de Madame de Pompadour, orné de la Croix du Pape et de tout 
les ordres de chevalerie inventés par les petits Princes d'Italie. » 

(2) Les Mémoires rédigés sur des manuscrits laissés par Casanova, 
parurent pour la première fois en Allemagne. Voici le titre de l'édition 
originale : Casanova, aus den Mémoiren oder sein Leben, une er es su 
Dux in Bôhman niederschrieb. Nach dent original. Afanuscript, bear- 
beitet von W. von Schûtz. ZwÔlf Bande. Leipsig, 1822-1828, in-8°. Voyez 
l'ouvrage de Barthold, publié à Greiswald, en 1846. 

C'est d'après cet ouvrage, traduit par Àubert de Vitry, que partirent 
à Paris, en 1826, puis en 1829, les premières éditions françaises. 

Méline, puis Rozez, en notre pays, donnèrent également des éditions 
successives, en 1835, 1863 et 1872. 

Ajoutons ce renseignement bibliographique : Etienne Arago, sous le 
titre de : Casanova au fort Saint-André, a mis au théâtre (Vaudeville, 
20 juillet 1836), l'aventurier fameux. 



- 241 — 

On le trouve en effet mentionné dans la Liste de cette 
année, numéro du 1 er août, page 30, « Monsieur de Casanova, 
à la Fontaine d'or. » Vient immédiatement après, le nom 
de son ami, M. le comte de Tomatis, au duc d'Aremberg, 
dont il est question dans ses Mémoires (i). 

Le récit qu'il nous fournit de ses aventures à Spa donne 
une assez juste idée de ce qu'était la petite ville à cette 
époque, alors que le jeu y régnait en maître, faisant et 
défaisant les fortunes en moins de rien. Lieu de plaisirs 
essentiellement propre aux rencontres inattendues, aux 
intrigues amoureuses, aux surprises du hasard. 

Avant de se rendre à Aix pour aller à Spa, Casanova 
s'arrêta à Cologne. Il avait à demander réparation au rédac- 
teur de la Gazette qui avait inséré à son sujet un article 
assez déplaisant, article qui témoigne du reste de la répu- 
tation peu avantageuse dont jouissait notre voyageur. 

Voici ce que cette feuille avait dit de lui, un an aupara- 
vant : « L'aventurier Casanova qu'on avait perdu de vue à 
Varsovie, y a reparu subitement ces jours derniers ; mais 
on a appris des choses si scandaleuses sur son compte, que 
le roi lui a défendu de jamais revenir à la Cour. •> 

Il ne nous dit pas quel accueil on fit à sa réclamation. 

A Aix-la-Chapelle, il rencontra d'anciennes connaissances 
qui le revirent avec plaisir. Mais comme elles partaient pour 
les Eaux de Spa, il les y suivit. 

Nous ne pouvons songer à relater ici, d'après son livre, 
les romans qu'ébaucha à Spa l'exotique aventurier, et qui 
ne diffèrent pas beaucoup de ceux où il s'attribua un rôle. 
Résumons plutôt: ainsi, à peine au débotté, à Spa, appre- 
nant du chapelier chez lequel il logeait qu'il a pour voisine 

(1) Casanova rapporte les aventures de ce personnage à Varsovie, au 
t. IV, chap. xv de ses Mémoires. Edition Paulin, 1843. 



— 242 — 

de chambre une jeune fille, il ne nous parle plus que de 
ses intentions erotiques. « Le lect